Seconde année d'étude

Finalement, Rose avait envoyé une lettre à Monsieur Ollivander, qui lui avait répondu. Rose n'avait pas lu la lettre en entière, parce que, chaque fois qu'elle s'apprêtait à le faire, elle s'arrêtait à la première ligne :

« Je serai honoré de vous avoir pour apprentie. »

Les huit mots les plus beaux que Rose n'ait jamais lu. Surtout quand on savait qu'en plus d'un demi-siècle de service aux sciences de la baguette, Ollivander n'avait pris qu'un seul apprenti. Elle avala une gorgée de son thé et entendit la porte de la chambre d'Allénore s'ouvrir. Louis partait, torse nu et ses chaussures dans les mains pour ne pas faire grincer le parquet :

- Tu t'enfuies comme ça ? le taquina la rousse en le regardant enfiler son t-shirt.

- Allénore dort encore. Je n'ai pas le cœur de la réveiller, et je dois partir travailler !

Louis avait trouvé un petit stage rémunéré au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques en tant qu'apprenti magizoologiste. Rose le regarda lasser ses chaussures :

- Vous êtes heureux ? demanda-t-elle d'une toute petite voix. Avec Allénore ?

Louis leva les yeux et prit le temps de réfléchir. Allénore et lui, ça avait toujours été à la fois si simple et si compliqué… Cependant, il était certain de son bonheur :

- Oui.

- Tu n'as pas peur de mettre en danger votre amitié ?

Il s'approcha de sa cousine pour lui voler une tartine de confiture :

- J'ai essayé, tu sais. De penser, de sortir avec d'autres filles. Mais c'est elle, pas une autre, murmura-t-il.

- T'es mielleux, geignit la voix d'Albus derrière lui.

Louis lui tapota l'épaule :

- Mais heureux !

Il sortit de l'appartement, en les saluant tous les deux. Et Albus regarda sa cousine :

- Ça va roucouler tous les jours, soupira-t-il.

- Tu ne m'as toujours pas parler de ce qui s'était passé avec Nilam.

- Pas grand-chose en fait.

- Je te connais. Tous tes baisers signifient quelque chose, Albus Severus Potter.

C'était vrai. Même si Albus était moins enjôleur et séducteur que son grand-frère, il prenait toutes ses relations au sérieux. Mais avec Nilam, c'était différent. Il avait l'impression qu'elle jouait avec lui parfois… Elle était un tigre, et lui une toute petite souris.

- Je sais pas où ça va me mener, mais j'y vais ! ironisa-t-il en se servant du jus de fruit. Je dois y aller ! J'ai une soutenance sur les guerres de territoires entre les Trolls !

Rose grimaça et Albus lui tira la langue, s'enfuyant à son tour. Bonnie émit un petit cri, une lettre attachée à sa patte gauche et Clyde l'accueillit joyeusement en voletant tout autour d'elle. Rose se leva pour prendre la lettre, et reconnaissant l'écriture, afficha un petit sourire. La calligraphie était masculine, les O étaient ovales et les L ressemblaient un peu à des crochets de pêcheur. Elle prit le temps de l'ouvrir, avant d'être interrompue :

- Bonjour Rosie ! la salue Scorpius en déposant un baiser sur sa joue.

Comme à chaque fois, cette dernière s'électrisa un instant, la picota agréablement, et devient l'épicentre d'un séisme qui la secoua. Rose déglutit.

- Je suis allé te chercher un vrai petit déjeuner pour ton premier jour ! lui apprit Scorpius en désignant un sachet dans ses mains.

- Oh ! fit-elle en lâchant sa tartine.

L'odeur de viennoiseries emplit l'appartement :

- Dépêche-toi d'en prendre avant que la française du coin ne se lève et mange tout ! plaisanta Scorpius.

Rose hocha la tête, et s'empara d'un croissant. Elle plia, le dégusta, sous les yeux de Scorpius qui se posa à côté d'elle, faisant nerveusement bouger sa jambe. Rose se mordilla la lèvre. Aujourd'hui, pour la première fois de sa vie, elle allait entrer dans la boutique d'Ollivander non pas comme simple cliente, mais comme son apprentie. Ça lui tordait l'estomac dans tous les sens. Rose avait un peu peur en fait. Si elle n'était pas à la hauteur ? A l'Institution Internationale des Sciences des Baguettes Magiques, on apprenait aux élèves que la théorie n'était rien, que des mots, et que c'était la pratique, qui ferait d'eux des artisans de la baguette. Bien sûr il y avait des rudimentaires à connaître. Mais ce n'était rien, et ça donnait à Rose, une trouille monstrueuse. Rose, elle, sa passion, c'était les livres, apprendre… La pratique l'effrayait toujours un peu.

- Tout va bien se passer ! la rassura le blond.

- Tu crois ? déglutit-elle.

- Oui !

Elle regarda sa montre. Elle allait être en retard, et pour un premier jour, ce n'était pas vraiment recommandé. Avant de passer le seuil de la porte, elle entendit Scorpius :

- Passe une bonne journée au travail !

Elle opina, avant de fermer la porte à clés, le laissant seul. Il débarrassa la table, époussetant les miettes laissées par Rose et fronça des sourcils en tombant sur la lettre que Rose n'avait pas fini d'ouvrir. Scorpius ne put s'empêcher de la prendre et d'en regarder l'émissaire.

Il ricana. Décidément, ce garçon n'avait pas perdu de temps ! Scorpius essaya de se rappeler de son visage, mais ne se souvenait que de son dos. Quand ce garçon avait dansé avec Rose au mariage de Teddy et de Victoire, Scorpius n'avait regardé son dos… Ceci dit, il aurait peut-être dû se méfier de cet Ethan Carter qui échangeait désormais avec une Rose, une correspondance régulière.


Après Rose et Sebastian, je vous présente un nouveau couple... Rose et Ethan ! Soit, le Rosethan ! Alors ? Vous aimez ?

evite une pluie de lancées de tomates

Bah ? Quoi ? Un problème ?