Bonjour,
Joyeux noël à tous. J'espère que hier soir ou ce matin le papa noël vous a bien gâté ? Moi oui ainsi que le reste de ma famille.
Aujourd'hui un plus petit chapitre mais toujours plein d'émotion. On y retrouve nos professeurs et la famille Elision. Bonne lecture et à demain pour le 100ième chapitre. Biz Craft.
Prochain rendez-vous : jeudi 26 décembre.
Mercredi 25 décembre
Cela fait à peine deux ou trois heures qu'ils dorment quand une bande de gamin de tout âge débarque dans leur chambre et se met à crier.
- Camus, Aphrodite, c'est l'heure.
- Hey c'est qui les nouveaux ?
Les adultes sursautent au son des cris, mais l'adolescent qu'ils avaient vu dans la nuit se met à siffler fort au pas de la porte. Tous se retournent vers lui et se figent, faisant s'arrêter instantanément le brouhaha.
- Bande de petits monstres, est-ce une façon de parler ? Allez tous vous laver et vous habiller au lieu de faire du boucan pour rien. Regardez-vous ! Que va penser le Père Noël s'il vous voit comme ça, moi je vais lui dire de rentrer chez lui et de reprendre les cadeaux.
- Non, crient tous les petits pendant que les plus grands se marrent. Chaque année c'est pareil. Tu ne peux pas, continuent les plus jeunes.
- Alors, allez-vous préparer et attendez sagement que vos aînés viennent vous chercher. En moins de deux secondes le dortoir des adultes est vide. Désolé, ici l'intimité n'existe pas. Il va aux pieds du lit de Camus et le défi du regard. Sœur Angèle va mourir et… Je veux rester jusqu'à son enterrement, dis-lui. Je veux être là pour tout le monde.
- Elle veut…
- Je sais ce qui est bon pour moi, tout comme toi.
- Je lui en parlerais, mais je ne te promets rien. Cette nouvelle famille…
- Elle a l'air bien, mais c'est de Sœur Angèle qu'on parle ! Claque la voix de l'adolescent.
Camus ne répond rien, sort du lit et vient enlacer le gamin dans ses bras. Celui-ci se débat mais Camus le garde dans ses bras.
- Je suis là et que tu le veuilles ou non je serais toujours là. Alors entraîne toi avec moi.
Le gamin hésite mais resserre sa prise sur le Marine tout en hurlant.
- Je déteste quand un adulte me touche, seule Sœur Angèle peux me prendre dans ses bras, j'ai peur. Puis il repousse Camus. Pervers ne me touche plus et enfile ton costume on ne va pas les retenir longtemps.
- Ok, le Bleu Marine ébouriffe ses cheveux et l'adolescent après une énième insulte disparaît. Au moins il n'a pas fait une crise d'angoisse, dit Camus plus pour lui que pour les autres.
Camus sourit heureux en se rendant dans la salle de bain, il en ressort vêtu de son costume. Après, les uns après les autres, chacun fait de même et ils se retrouvent en lutins, ce qui les fait tous rire avant de descendre.
En bas, une centaine d'enfants les accueillent, les yeux larmoyants de joie, cela les émeut. Pendant plus de deux heures, ils donnent de la joie à des enfants qui en ont besoin. Ensuite, ils se changent afin d'aller déjeuner avec les petits mais vu l'heure Aphrodite fait un passage exprès et repart avec Ikki. Shun reste avec Shion qui promet de le ramener pour le repas. Le déjeuner se passe bruyamment mais plein d'allégresse. Les invités découvrent le fameux patio, avant de repartir pour le repas familial.
Camus lui reste pour le repas de midi et rentre chez lui vers dix-huit heures où il est ravi de retrouver ses deux amants.
La matinée de Shion n'a pas été de tout repos mais très heureuse et épanouissante. Il a même appris de nouvelles petites choses sur l'un de ses amant –Camus- et ça comble son cœur un peu plus.
Maintenant dans la maison familiale, il est également ravi de pouvoir discuter avec ses parents de tout et de rien mais aussi de sa vie privée à présent. Il a toujours omis ce sujet pour une question de praticité et de secret également. Et ce qu'il a fait depuis des années également, c'est de laisser son jeune frère s'occuper de tout avec leurs parents. Mais il s'est dit que ce Noël-ci serait différent et jusqu'à présent, il réussit à merveille. Il ne veut pas voler la vedette ou avoir toute l'attention pour lui –loin de là-, il veut simplement donner un peu de souffle à son cadet et profiter de cette fête autrement que de trop se dévoiler alors même qu'il ne le veut pas.
_ On espère que ça vous plaît ! Sourit Shion qui vient d'offrir avec son frère à leurs parents un week-end dans un osen de luxe.
_ Les enfants…, vous êtes si gentil. Se retient de pleurer leur mère en les serrant dans ses bras l'un après l'autre. Vous en faites toujours trop vous savez ?
_ On ne fait jamais de trop pour nos parents, qu'est-ce que tu racontes maman. Se plaît à rassurer l'aîné des frères en gardant la main de sa maternelle dans la sienne.
_ Vous êtes des enfants parfaits et je ne dis pas ça parce que vous êtes les miens, attention. Plaisante-t-elle en amenant ces deux rejetons vers la table de la salle-à-manger où tout est installé pour le dessert. Chéri, Shaka-kun, vous amenez la bûche s'il vous plaît ?
_Tout de suite, assure le mari caché par les murs de la cuisine.
_ Au fait, Shion tu es sûr que Camus et Saga ne viendront pas ? Redemande la Maman un peu déçue de ne pas voir les compagnons de son fils.
_ Non, ils avaient d'autres impératifs mais ils m'ont dit de vous saluer. Indique de nouveau le Vert en prenant place à table.
_ Très bien, soupire la Matriarche en se recoiffant légè père et le Blond arrivent avec une magnifique bûche de Noël faite maison et déjà découpée. Oh voilà le dessert, c'est le parfum que vous préférez ! Shion pendant que tu distribuais des cadeaux aux enfants Shaka-kun nous a appris à faire une magnifique bûche. La prochaine fois on fera un repas avec Saga et Camus et c'est moi qui ferais le dessert. Avec des beaux-fils si doués il va falloir que je me surpasse, sourit chaleureusement madame Ariès.
- Maman tu es parfaite, répond Shion en souriant. Et ils apprécieront j'en suis sûr. Surtout qu'ils aiment les gâteaux de Shaka et les repas fait maison.
- Oui, Camus passe m'en acheter dès qu'il peut, confirme le Blond. Il sourit se rappelant la fois où il en avait profité pour se présenter à son Parme et inviter tout le monde au restaurant. Il en profite aussi pour rassembler tout le monde.
Voyant les trois jeunes rires, - surtout ses deux enfants comprenant l'allusion du Blond - la mère les interroge du regard. Les trois racontent la rencontre de Mû et Kanon avec Camus.
- Il est vraiment intéressant, sourit le père imaginant l'homme imposant toute ses envies avec un grand sourire et en comblant celles des autres en même temps. Il a l'air d'être une personne sur qui on peut compter.
- Oui il l'est, déclare Shion fier de son homme. Pareil pour Saga, même si je sais qu'il ne l'a pas toujours été. Puis regardant Mû, il s'en veut vraiment pour Kanon. Il fera ce qu'il faut maintenant pour être un bon frère pour lui.
Mû sourit, il est ravi d'entendre cela pour son ami qui au fond n'attend que ça de la part de son jumeau. Les discussions reprennent et des félicitations se font pour l'excellent goût de la bûche qui est dégustée avec envie et gourmandise. Toute la petite famille est remplie de bonheur et de joie de vivre. Des sourires trônent sur tous les visages qui se créent de nouveaux souvenirs en famille. De nouveaux sujets de conversations font surface et si des éclats rire apparaissent de temps à autre cela réchauffe les cœurs et les âmes. Malgré les quelques révélations survenues quelques temps plus tôt, leur relation ne change pas, au contraire, les deux enfants sont sûrs que cela a renforcé leur lien avec leurs parents. Et ils sont ravis que leurs amants soient si bien acceptés.
Dans un tout autre endroit et une famille différente, l'ambiance est tout autre. Plus froide et silencieuse. Même le repas n'est ponctué que de très peu de conversations assez longues pour faire taire le silence qui règne dans la maison.
La Matriarche Gémini a dû mal avec les jumeaux et surtout les récentes révélations qui l'ont mise dans un état épouvantable. Ne pas avoir de petits-enfants est le cadet de ses soucis par rapport au fait que ces deux fils sont bel et bien gays et que l'un d'entre eux n'est pas avec un homme mais deux. …C'est bien trop difficile pour elle d'accepter ce genre de chose sans rien dire.
Son mari fait peut-être bonne figure pour deux mais, elle sait que lui aussi a été choqué par ces vérités outrageuses même si lui, contrairement à elle, perçoit le bonheur de ses enfants, même si eux-mêmes sont « maltraités ».
_ Sinon votre réveillon s'est bien passé ? Revient le Paternel de la famille en s'adressant à ses deux enfants assis l'un à côté de l'autre.
_ Très bien, j'ai pu voir la famille de Camus, les sœurs qui l'ont élevée quand il était enfant et faire plaisir à des enfants. Répond avec entrain Saga qui est heureux de pouvoir partager ce moment-là avec les siens même si certains n'en n'ont rien à faire. C'était un bon moment. Et toi Kanon, tu étais où !?
Saga donne la parole à son frère parce qu'il veut l'entendre mais aussi parce qu'il est persuadé que son sourire de façade est encore plus faux qu'à l'ordinaire quand il se trouve dans la maison familiale.
Ça lui paraît étrange et s'il veut lui demander si tout se passe bien pour lui, il s'abstient attendant un meilleur moment. …Par exemple, quand ils seront seuls.
_ Bien, je me suis aussi beaucoup amusé et-
_ Épargnez-moi vos relations anormales, coupe la mère des jumeaux, et dis-moi plutôt comment se passe ton travail Saga. Malgré les congés de Noël, tu dois avoir du travail à faire et certainement corriger des centaines de copies. Change-t-elle de sujet pour elle-même et pour ne pas se rappeler de trop mauvais souvenirs.
_ J'ai assez de temps libre Maman, répond tout de même l'aîné des frères pour ne pas offusquer ou plomber un peu plus l'ambiance. Et le plus gros du travail sera à la rentrée, il va de nouveau falloir discipliner certains élèves.
_ Il est vrai que beaucoup de parent relâchent leur attention pendant les fêtes et les enfants en profitent pour faire des tas de bêtises. Assure la Dame en hochant de la tête.
_ Heureusement qu'on a eu des parents stricts alors…, soupire contre son gré Kanon qui se souvient brièvement de son enfance et qui a un peu mal au cœur. Désolé, je monte à la salle-de-bain me rafraîchir.
La disparition de Kanon faite, le silence revient entre les trois restants, mais ayant trouvé un moyen de détourner le malaise, le père de famille demande à sa femme de l'accompagner à la cuisine pour l'aider à amener le dessert et les boissons.
Celle-ci accepte d'un regard et seul dans la grande et large salle-à-manger, Saga peut tout entendre ou presque de la conversation qu'ils entretiennent à huit-clos.
_ Tu pourrais te montrer un peu plus douce chérie, souffle cet homme d'âge mûr en massant les épaules de son épouse.
_ Je ne peux pas admettre ce qu'ils font aussi facilement que toi. J'ai toujours dit que Kanon aurait une mauvaise influence sur Saga mais tu n'as pas voulu l'éloigner davantage. Ils me font du mal…, je ne peux pas accepter ce qu'ils sont, soupire-t-elle lentement et la voix souffrante. C'est tellement dur pour elle de voir ses enfants partir dans une direction qu'elle ne connaît pas et n'a jamais connu. …Ce monde n'est pas pour eux. Saga est tellement gentil et doué.
_ Il n'a pas changé pour autant de caractère, tu sais. Et on n'a pas le droit de décider de son orientation sexuelle. Avoue la Patriarche de la famille Gémini.
_ Pourquoi ? Avec une gentille fille…
_ C'est sa vie et sa façon d'être et tu devrais d'ailleurs être fier de lui de nous l'avoir dit, tout comme Kanon. Lui-même est courageux depuis longtemps. Reconnaît le Paternel qui accuse ses propres fautes et erreurs envers ses enfants, un en particulier. Et en pensant au cadet des jumeaux, lui-même reconnaît qu'il doit encore avoir plus de rancœur envers eux, puisqu'ils acceptent bien plus facilement l'homosexualité de Saga que celle de Kanon.
Dans la salle-à-manger, Saga se lève sans bruit et monte à l'étage rejoindre son frère pour quelques minutes. Il veut laisser un peu plus d'intimité à ses parents et contre toute attente comprend sans mal leur réaction, notamment celle de sa mère. Lui-même ne sait pas comment il aurait réagi si son enfant lui aurait fait son comming-out.
Les escaliers gravis, il retrouve son jumeau dans la salle d'eau et si celui-ci s'essuie le visage, il peut également voir cet air soucieux.
Appuyé sur l'encadrement de la porte, pendant un moment l'aîné des jumeaux n'a pas soupiré un mot puis, il s'est vu contraint de le faire voyant l'autre se terrer dans son silence.
_ C'est les parents qui-, débute Saga avant d'être coupé d'un regard. …Non, apparemment ce n'est pas eux. Quelque chose s'est passée ?
_ Rien ne t'en fait pas et profite des fêtes. S'exclame Kanon qui n'a pas très envie de se confier sur son rejet –même s'il n'est pas définitif ou même dit-.
_ J'suis sûrement pas la meilleure oreille que t'ai eu mais je peux t'aider tu sais. Assure le premier né d'une voix claire. Et au fait, j'aurais pensé que t'aurais réussi à passer le réveillon avec Rhadamanthe ! Ou alors, tu n'as voulu dire aux parents que-
_ Il était en famille…, probablement, marmonne à lui-même ce Bleuté. J'étais avec Deathmask et compagnie et c'était très bien.
_ Tu ne veux pas en parler c'est ça ? Conclut rapidement Saga qui ne veut pas non plus forcer son jumeau à se confier.
_ Je ne le reverrais probablement plus. …Rhadamanthe, soupire après de longues minutes Kanon qui inspecte son frère et juge pour savoir si oui ou non, il doit le lui dire.
_ Pourquoi ça ? Comment ?
_ Je lui ai avoué mes sentiments et ça devait se finir comme ça après tout, il n'est pas gay de base et ne m'a toujours vu que comme un ami ou une connaissance. …C'est pas grave, clame à présent Kanon qui ne veut pas en parler plus que ça et faire l'impasse pour l'instant sur son cœur fragile.
_ Mais…-, ne peut s'empêcher de commencer l'aîné sans pour autant continuer. On en parlera plus tard d'accord et dans un autre endroit. Je ferais tout pour t'aider, crois-moi. En attendant, redescendons et terminons-en rapidement avec ce diner.
_ …Je te suis.
Les jumeaux redescendus, le dessert est installé autant que les boissons –certaines alcoolisées- et si l'apnée est ici une sorte de compétition, le vainqueur aurait été dur à départager.
De retour à ce silence qui monopolise la pièce, les quelques bavardages des jumeaux entre eux n'ont pas été suffisants pour faire oublier les derniers temps passés, tout comme ces fêtes qui normalement devrait être remplies de vie ou du moins de parlotes incontrôlées et brouillonnes. Mais peu importe, après ça chacun reprendra leur vie comme ils l'entendent et les interactions entre eux ne seront que minimes –du moins les jumeaux l'espèrent-.
Ce matin-là, les enfants sont des plus heureux et des plus souriants. Sous leur arbre de Noël, des tas de cadeaux trônent et non loin de là, se trouvent leur père et leur Oncle.
Il est un peu moins de dix heures ce matin-là et dans des jérémiades incessantes les deux enfants Elision ne font qu'embêter leur père pour pouvoir ouvrir leurs cadeaux et découvrir ce que le Père-Noël leur a apporté.
Après des minutes de suppliques et d'œil larmoyant, l'autorisation est faite et les deux se ruent vers les paquets.
Et ils sont heureux, très heureux. Pourquoi ? Parce qu'ils sont gâtés évidemment. Hatsuharu reçoit toute la panoplie du parfait petit dessinateur. Et quand on dit la panoplie, c'est tout. Hadès a pris le bureau adéquat et une immense mallette de feutre recensant toutes les couleurs et son père a pris la tablette graphique –la plus récente sous les conseils de son frère- et le nécessaire pour débuter en plus des dernier jeux vidéo demandés. Inoué –elle- reçoit de nouvelles poupées et service à thé pour jouer avec ses amis, ainsi que deux passes annuels pour l'aquarium qu'elle a déjà visité et aimé –chose payée par son Oncle- et comme elle est attirée par les animaux, une peluche à l'effigie du tigre, une encyclopédie sur les animaux sauvages et une mallette de vétérinaire pour ausculter ses peluches –qui sait, cela peut donner une vocation s'était dit son père-.
Heureux au possible et détaillant tout ce qu'ils ont eu, ils harcèlent les adultes et les intiment de jouer avec eux. Ce qui est refusé.
La matinée passe donc très vite et si le passage à la salle-de-bain est un calvaire puisque les deux gamins ne veulent pas se laver et profiter de leurs jeux, Rhadamanthe doit hausser le ton et se faire entendre. Chose qu'Hadès apprécie sans le dire ou même de commentaire sous-entendu. Ensuite, a lieu le traditionnel repas de Noël et si la jeune Blondinette clame haut et fort qu'elle ne veut pas manger de dinde parce qu'il s'agit d'un animal mort, ses convictions sont vite corrigées sous l'odeur et la vue appétissante de son assiette. Elle n'a d'ailleurs pas laissé une miette de son repas, ce qui vaut quelques remarques moqueuses.
La journée est des plus simples mais la petite famille s'amuse énormément et profite de cette journée comme tout le monde en ville et dans le monde. Même si parfois les pensées sont ailleurs et envahissantes, on peut voir Hadès dessiner pour son neveu ou le voir prendre une tasse vide versé par sa nièce et la boire en complimentant la demoiselle à sa façon. Le père des deux gamins ne rate aucune image de son frère en mauvaise posture et les seize heures se montrent très vite.
Rhadamanthe en cuisine avec ses enfants, prépare le dessert dans la joie et le sourire. Derrière eux, Hadès les fixe sans aucun goût à déranger mais l'esprit pensif et contradictoire. Dans un souffle, il prévient alors son frère qu'il se pose une minute ou deux sur le balcon histoire de prendre un peu l'air. Une fois seul à l'extérieur, il joue avec son cellulaire. Il a bien une idée de ce qu'il veut faire dans les prochaines minutes et depuis ce matin, mais, il a aussi peur de gêner et de se montrer stupide.
Néanmoins et s'il essaie de comprendre ses soudaines pulsions, c'est sa main et ses doigts qui choisissent pour lui puisqu'une tonalité se fait déjà entendre à son cellulaire et le regard sur son écran, il attend à présent qu'on lui réponde. Il ne sait pas trop ce qu'il fait mais, il décide ainsi et reculer n'est plus permis.
_ Allo ? Marmonne une voix légèrement surprise à l'autre bout du téléphone.
_ Je…- …Bonjour,grogne plus que ne soupire Hadès. Es-tu chez toi aujourd'hui ? Demande-t-il en omettant le son surpris qu'il donne à son interlocuteur.
_ Argh...~ Elision-san ? Comment avez-vous eu mon numéro ?Questionne le Noiraud qui s'est un peu éloigné de sa famille pour mieux entendre les propos de son aîné.
_ Ton dossier. Maintenant répond-moi. Il ordonne toujours plus qu'autre chose mais les habitudes ne peuvent plus être changées depuis longtemps.
_ Je ne suis pas en ville aujourd'hui, je suis avec ma famille jusqu'à demain. Vous aviez besoin de moi pour un travail ? Suppose Rin qui demande à l'un de ses cadets de se taire.
_ Non, j'aurais voulu…, peu importe. Passe de bonnes fêtes.Change de sujet ce Publicitaire qui n'est à l'aise avec rien, pas même avec lui-même à cet instant.
_ Merci, vous aussi, sourit à présent le plus jeune qui n'a jamais osé penser entendre son patron un jour comme celui-ci. Elision-san j'espère… pouvoir vous être utile cette année à venir. Je vous le dis maintenant même si ce n'est pas encore le moment mais-
_ Tu n'auras qu'à me le répéter le premier,soupire Hadès qui voit là un moyen de le voir pour aucune raison apparente d'ailleurs. Au temple, on pourrait s'y retrouver le premier si tu es en ville.
_ Avec plaisir ! Dit Rin d'une voix bien trop joyeuse et guillerette pour tout le monde et sans même réfléchir au fait qu'il a décidé de ne plus l'approcher outre-mesure. J'en serais ravi ! Ah, attend Hanaka j'arrive bientôt, murmure-t-il à une petite fille qui lui tire sur le pantalon et l'éloigne du téléphone.
_ Je vais te laisser, je dérange.Indique à présent ce Noiraud qui n'aime pas gêner les autres.
_ Ce n'est pas ça mais je suis heureux que vous ayez appelé. Passez un bon noël Elision-san et reposez-vous bien ces vacances.
Après une dernière salutation, Hadès raccroche et s'il fixe ce cellulaire avec des tas de pensées en tête, il n'a pas entendu la porte derrière lui coulisser et son frère attendre le moment propice pour lui adresser la parole.
Rhadamanthe attend que son aîné prenne une décision muette avant d'élever la voix. La décision en question ? Déposer le présent qu'il a acheté spécialement pour une tête noire devant sa porte avant de rentrer chez lui dans la soirée. Un cadeau guidé par une pulsion mais aucunement regrettable.
_ Tu peux revenir à table, le dessert est servi et les petits nous attendent. Indique Rhadamanthe de sa voix neutre. Un appel important ? Questionne aussi ce Blond par curiosité.
_ Non, rien d'intéressant. On peut rentrer. Soupire Hadès en rangeant son bien dans la poche arrière de son jean –pantalon qu'il porte rarement- et en suivant la direction de son frère.
_ Très bien, normalement tu devrais aimer. Assure le Blondin puisqu'il s'agit d'un dessert pas trop sucré.
De nouveau autour de la table et les assiettes de nouveaux remplies, la dégustation se fait avec beaucoup de turbulence mais aussi avec de larges sourires enfantins.
Voyant sa table aussi radieuse et de bonne humeur, Rhadamanthe n'a aucune raison d'être morose ou avec un goût amer à la bouche et pourtant, il aurait au moins aimé voir ou parler à Kanon. C'est entièrement de sa faute s'ils ne se sont pas revus depuis qu'il a demandé du temps pour réfléchir mais et s'il hésite beaucoup, c'est parce qu'il n'a aucune idée de comment débuter la conversation et l'aborder.
Il a juste très peur d'être mal-à-l'aise ou de gêner ce Bleu pourtant, il sait à peu près ce qu'il veut, il n'a plus qu'à se retrouver face à lui pour prendre sa décision finale.
Mais décidant de se concentrer sur ses enfants et son frère, il retrouve son sourire et se promet de faire quelque chose prochainement pour le reste.
