Merci à Elowlie, Airi-chan, Wado21, MiaoiFuki, Shinory, Julia Lutecia, Erwael, Kuroshine, Laacy, Lijovanchan et Hellow's pour vos reviews.

Bonne lecture.

Réponses aux reviews anonymes:

Airi-chan: Merci beaucoup! Et nous ne sommes pas encore tout à fait à la fin, même si bien sûr on s'en rapproche.

Laacy: j'ai beaucoup travaillé cette scène de la danse pour qu'elle soit à la fois lourde d'émotion mais aussi suffisamment pudique pour nos deux personnages. Et que Zoro ait une révélation. Comme je l'ai dit plus haut, il reste encore de quoi profiter, ne t'inquiètes pas.


Chapitre 87

Par-delà nos rêves

Zoro ralentit sa marche comme il arrivait en vue de l'antre des cuisiniers. La détermination irrépressible qui l'avait envahi quelques instants auparavant l'avait poussé à rejoindre le blond sans plus réfléchir mais maintenant qu'il allait se confronter à lui, les défauts liées à sa démarche lui sautaient aux yeux, le faisant douter. Qu'allait-il dire à Sanji? Qu'il avait bien réfléchi et qu'il voulait partager à nouveau une relation avec lui? Mais de quel droit? Alors qu'il était lui-même parti, repoussant leur attachement pour mieux se consacrer à son rêve. Peut-être n'avait-il plus peur de ce qu'il ressentait à présent mais n'avait-il pas déjà manqué à sa promesse lorsqu'il s'était détourné en invoquant sa propre faiblesse face à l'intensité de leurs sentiments?

Zoro soupira. Il avait probablement commis des erreurs d'appréciation à l'époque et le temps lui permettait désormais de voir les choses sous une autre lumière. Il ne pouvait cependant pas revenir en arrière mais il lui restait la possibilité d'exposer son ressenti au blond pour demeurer le plus honnête possible envers lui-même et le plus respectueux envers ce qu'ils avaient partagé. Et tant pis s'il devait se mettre à nu et livrer ses émois les plus intimes. Sanji s'était bien dépouillé de tout pour tenir l'engagement qu'ils avaient pris, il lui revenait donc de tenir l'avenir de leur relation entre ses mains. C'était le sabreur qui les avait privés de ce lien unique alors c'était à son compagnon de la leur rendre s'il le désirait, et selon ses conditions.

Sa volonté raffermie, Zoro passa sa tête dans l'entrebâillement de la cuisine. Il fronça ensuite les sourcils en avisant la pièce vide et se retourna vers la salle où il repéra notamment Malek en train de discuter avec Vivi et Adrien à une table. Sanji n'était nulle part en vue et l'escrimeur secoua la tête. Il était certain d'avoir vu l'autre cuisinier disparaître ici alors il décida d'y pénétrer totalement. Il constata ainsi qu'une petite porte donnait sur l'arrière de la salle, probablement pour faciliter l'acheminement des provisions en toute discrétion, et Zoro la poussa pour rejoindre l'extérieur.

Sanji était là, à quelques pas. Dos à lui et une cigarette à la main près d'un arbre qui projetait ses ombres sur son costume toujours impeccable malgré l'avancée de la soirée, il avait le regard tourné vers les terres. Parmi le silence de la nuit, Zoro le vit porter sa cigarette à ses lèvres et remarqua que la main du cuisinier tremblait légèrement. Il avança alors d'un pas vers lui.

"Est-ce qu'on peut parler?"

Le blond ne bougea pas, continuant d'inspirer sur sa cigarette comme s'il ne l'avait pas entendu même si le sabreur était certain du contraire. Il attendit donc patiemment le temps nécessaire et ce n'est que lorsque le cuisinier souffla sa fumée vers le ciel qu'il répondit, toujours dos à lui.

"Ca dépend. De quoi tu veux parler?

- De nous."

Sanji tira de plus belle sur son mégot et Zoro le vit secouer la tête. Il jeta enfin sa cigarette et se tourna vers lui.

"Je ne suis pas sûr de pouvoir le faire, admit-il.

- Dans ce cas, j'aimerais juste parler, proposa le bretteur, indécis. J'ai besoin de… de dire certaines choses. Je crois que ce sera plus simple ensuite..."

Le blond finit par hocher la tête et Zoro franchit les quelques pas qui les séparaient encore. Cependant, Sanji se détourna et son compagnon se figea, surpris. Il remarqua alors qu'il se dirigeait vers un petit muret sur lequel il s'assit et le sabreur l'imita rapidement.

"Dis-moi", reprit aussitôt le cuisinier, le regard tourné vers le village endormi et une nouvelle cigarette aux lèvres.

Malgré l'empressement manifeste de son compagnon, l'épéiste ne répondit pas tout de suite. Il sentait la tension du blond et son envie d'en finir au plus vite mais ce qu'il avait à dire méritait qu'il choisisse précautionneusement ses mots.

"Je ne sais pas comment dire ça mais…"

Zoro passa une main sur sa nuque pour chercher l'inspiration.

"Je suis désolé de t'avoir demandé de rester il y a deux ans", soupira-t-il finalement.

Sanji secoua la tête, les yeux toujours fixés sur les habitations assombries tandis qu'il portait sa cigarette à ses lèvres.

"Ce qui est fait est fait, tête d'algue, ne t'en fais pas pour ça. Et puis, je ne serais jamais resté si je n'étais pas d'accord."

Zoro fronça les sourcils, embêté. Les termes qu'il avait utilisés étaient les bons et pourtant, ce n'était pas exactement le message qu'il avait voulu faire passer.

"Je suis désolé de t'avoir demandé de mettre un terme à notre relation lorsque je suis parti, clarifia-t-il alors. Je n'avais pas le courage de le faire moi-même et je t'ai fait porter ce choix... C'était stupide et je le regrette aujourd'hui."

Sanji eut un sourire crispé autour de son mégot.

"Je ne t'en ai jamais voulu, Zoro. Et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde."

Le sabreur lui jeta un regard étonné à ces mots.

"Tu le referais?

- Sans l'ombre d'un doute, approuva son compagnon en inspirant sur sa cigarette.

- Pourquoi? lui demanda le bretteur après quelques instants, visiblement confus. Est-ce que tu... n'en souffres pas aujourd'hui?

- Bien sûr que j'en souffre, tête d'algue", murmura le blond, son mégot toujours coincé entre ses lèvres.

Il secoua ensuite de nouveau la tête.

"Ca me fait tellement mal que j'ai l'impression d'en avoir le souffle coupé en permanence mais ce n'est rien en comparaison de ce que j'aurais ressenti si je t'avais empêché d'atteindre ton but", souffla-t-il ensuite.

Zoro n'ajouta rien et Sanji tapota sa cigarette contre le muret pour en faire tomber la cendre.

"Même si ça m'arrache le cœur et que je dois l'endurer jusqu'à la fin de mes jours, je l'accepte, conclut-il doucement. On l'a fait pour ton rêve, et c'est le plus important. C'est ce qu'on s'était promis."

L'escrimeur releva alors le regard vers lui.

"Dans ce cas, quand je serai le meilleur sabreur du monde, est-ce que tu crois que ça pourra de nouveau être comme avant?

- Qui sait, murmura le cuisinier en fixant son regard au loin. Le temps aura passé, on aura peut-être tous les deux pris des chemins différents…"

A cet instant, le vent fit frémir les feuilles des arbres aux alentours et le silence tomba entre les deux hommes. Sanji termina sa cigarette, son mégot rougeoyant illuminant la nuit à chacune de ses inspirations tandis que le sabreur à ses côtés semblait perdu dans ses réflexions. Il reprit pourtant soudain la parole.

"Je ne veux pas attendre, je ne veux pas prendre le risque."

Sanji tourna la tête vers lui, surpris.

"Le risque de quoi?

- Qu'on soit séparé à nouveau."

Le blond fronça les sourcils.

"Qu'est-ce que tu racontes, on est déjà séparé. Vous allez bientôt repartir maintenant que le mariage touche à sa fin et moi, j'ai des projets aussi.

- J'te parle de toi et moi, cuistot. On s'en fout que tu restes ici et que je sois sur le Sunny ou l'inverse ou… Peu importe. Je parle de toi et moi, ensemble. Comme avant."

Sanji le dévisagea et Zoro se mordit les lèvres, embarrassé.

"J'imagine bien que t'as pas trop envie de remettre ça après tout ce qui s'est passé mais… Je sais pas, je me dis que ça veut forcément dire quelque chose si même après deux ans, il y a toujours ce… truc entre nous."

A ses côtés, le cuisinier s'était totalement immobilisé, sous le choc.

"Qu'est-ce que tu veux dire?

- Juste que… j'aimerais que ça redevienne comme avant, admit le bretteur, les joues rouges.

- Mais… et ton rêve?"

Zoro haussa maladroitement les épaules.

"Je crois que… que ça n'a pas d'importance, marmonna-t-il. La distance, je veux dire, ajouta-t-il devant les yeux agrandis du blond. C'est ce lien qui compte. Même…"

Le sabreur soupira avant de secouer la tête.

"Même mes épées m'ont fait comprendre que mon rêve et toi, vous n'étiez pas si éloignés en réalité, lui avoua-t-il alors.

- Comment ça?"

Zoro se mit à rougir à nouveau, définitivement mal à l'aise.

"Tu te rappelles quand on ramassait tes fruits et que tu t'es énervé parce que j'arrivais pas à contrôler mon Haki avec mes épées."

Sanji hocha la tête et l'escrimeur poursuivit.

"Tu m'as foncé dessus et ça m'est... revenu. J'ai réussi à entendre mes lames.

- Oui, j'ai remarqué que tes réflexes avaient réapparu à ce moment-là. Quel est le rapport?

- En fait, mes épées avaient besoin de s'exercer au combat. C'est comme ça que j'ai forgé mon lien avec elles alors c'était logique mais je n'y avais jamais pensé, j'ai surtout insisté sur la concentration et la méditation. En réalité, il fallait qu'elles retrouvent leurs habitudes et avec toi, c'était évident."

Comme le cuisinier haussait un sourcil, Zoro releva les yeux pour contempler son compagnon d'équipage. Éclairé par la faible lumière des étoiles, ses cheveux blonds légèrement décoiffés par la danse et son unique œil bleu visible fixé sur lui, il ne lui avait jamais paru aussi proche de l'image qu'il avait gardée de lui dans ses souvenirs.

"Le combat avec toi, c'est comme... respirer. C'est naturel. Je connais tes forces et tes faiblesses, tu connais les miennes, et c'est l'élément qu'il me manquait. Je sais que tu ne me fais pas de cadeaux et c'est de ça dont j'ai besoin. Mes épées… t'appellent, murmura-t-il en passant la main sur leurs gardes pour les lui montrer. Elles ont soif de pouvoir te renvoyer tes coups et de bloquer tes attaques pour se perfectionner, encore et encore, parce que c'est de cette manière qu'on s'est amélioré pendant tout ce temps sur le Sunny. Pour protéger l'équipage. Pour demeurer aux côtés de Luffy. C'est pour ça que je crois que toi et mon rêve, vous êtes liés", ajouta-t-il en étudiant les réactions du blond face à lui.

Comme celui-ci demeurait figé, l'escrimeur secoua doucement la tête.

"Je ne l'ai pas compris dans ce sens il y a deux ans, reconnut-il. J'ai cru que je connaissais déjà tout ce que ce lien pouvait m'offrir mais j'avais tort. Je me suis souvenu trop tard que tu m'avais prévenu que ce genre de relation pouvait réveiller une puissance inattendue et considérable. Il a fallu que j'en vienne presque à perdre mes épées pour le comprendre mais désormais, je sais que si ça n'avait pas été toi, je n'aurais jamais pu envisager à nouveau d'être le meilleur sabreur du monde. Je ne sais pas pourquoi, c'est juste… parce que c'est toi."

Le bruit du vent dans les dernières feuilles d'automne s'infiltra parmi eux tandis que Sanji contemplait le sabreur, aussi stupéfait que déconcerté. Ce dernier décida alors de soutenir simplement son regard, conscient de l'énormité de sa confession, et il observa la cigarette du cuisinier se consumer seule jusqu'à ce qu'il finisse par la déposer précipitamment sous sa chaussure pour l'éteindre lorsqu'elle lui brûla les doigts.

"Je… Tête d'algue, je-

- Tu n'as pas besoin de répondre ou de te justifier, intervint doucement l'escrimeur. Je sais que c'est bizarre de te dire tout ça maintenant après tout ce temps et tout ce qu'on a traversé… Je n'attends pas que tu partages mon point de vue ou même ce que je ressens. Il fallait simplement que je te le dise pour que tu le saches et que tu en fasses... ce qu'il te semblera le mieux."

Un autre silence s'installa entre les deux hommes et Zoro laissa cette fois son regard se perdre à son tour vers le village. L'île était calme à cette heure avancée de la nuit, profondément endormie, et il profita de sa sérénité pendant plusieurs minutes sans que le blond ne fasse un geste à ses côtés. Finalement, les feuilles frémirent à nouveau au-dessus d'eux et le bretteur se reconcentra sur l'instant présent.

"Si tu préfères, je peux te laisser seul maintenant…"

La main du cuisinier qui agrippa aussitôt son avant-bras l'empêcha de vouloir se relever et l'épéiste hocha la tête, comprenant le message. Sanji s'octroya ainsi une minute supplémentaire avant de reprendre enfin la parole, la voix presque éraillée sous le coup de l'émotion.

"Zoro..."

Le sabreur fixa son regard vers lui, attentif. Il savait que le blond était fébrile, il l'entendait à son souffle court, à la prise trop forte sur son bras qu'il tenait toujours et à son regard profondément intense posé sur lui.

"Qu'est-ce que tu ressens quand tu es avec moi? Après… Après tout ce qu'il s'est passé ces deux dernières années... Il faut que je sache pour prendre une décision."

Zoro approuva et se concentra un instant sur la question avant de soupirer.

"Je ne sais pas comment je me sens, lui avoua-t-il alors. Il n'y a pas qu'une réponse, je ressens plein de choses… mélangées. D'abord, je me sens heureux d'avoir pu retrouver mon lien avec mes épées grâce à toi et j'aime l'idée qu'on peut se battre à nouveau comme avant. Mais j'ai un peu peur aussi, en quelque sorte, admit-il. J'ai peur d'avoir fait le mauvais choix il y a deux ans et d'avoir perdu quelque chose que je ne retrouverai jamais…"

Il fronça ensuite les sourcils, poursuivant son introspection.

"Je me sens aussi plein d'énergie et calme à la fois. Parce que tu me comprends. Je me sens perdu parce que tout ce que tu me fais vivre, je ne le ressens avec personne d'autre que toi. Et en même temps, je me sens à ma place parce que tu es là, près de moi. Et aussi… c'est étrange mais je me sens… à l'abri. Comme si je savais que je pourrais toujours compter sur toi pour comprendre ce qui se passe si je n'y arrive pas. Et ça me fait me sentir en danger d'une certaine façon parce que je me rends compte à quel point tu es devenu indispensable à ma vie. En fait, je ne suis sûr que d'une chose, réalisa-t-il en reportant son regard dans le sien.

- Quoi? souffla Sanji, hypnotisé.

- Ce lien, reprit le sabreur. Ces sentiments entre nous, ou quoi que ce soit d'autre, c'est plus puissant que moi. Être avec toi me rend plus fort que lorsque je suis seul et ça… C'est nouveau pour moi. C'est une nouvelle force que je ne trouve nulle part ailleurs."

Zoro secoua ensuite doucement la tête.

"Je ne sais pas si ça peut t'aider mais c'est ce que je ressens en tout cas."

A ses côtés, Sanji réprima un frisson et Zoro l'interrogea du regard lorsque sa main quitta enfin son bras. Il vit alors le blond se passer une main tremblante sur le visage.

"Ca m'aide, tête d'algue. Ca m'aide beaucoup…"

Le bretteur sentit son cœur accélérer dans sa poitrine mais Sanji se figea brutalement. Au bout d'une minute, sa fébrilité se transforma ainsi en nervosité et il bougea, mal à l'aise.

"Ca m'aide mais ça ne rend pas les choses moins difficiles, lui expliqua le blond en abaissant sa main, conscient du trouble de son compagnon. J'ai juste besoin de réaliser que… que c'est bien toi, que tu es là. Que je ne suis pas en train de tout imaginer comme je l'ai fait des centaines de fois depuis que vous êtes partis…"

A ces mots, Zoro se rapprocha du cuisinier pour plonger son regard dans le sien et leurs deux yeux se rencontrèrent.

"Je suis là, cuistot. C'est bien moi."

Il passa sa main dans ses cheveux blonds, révélant son autre œil bleu, et Sanji tressaillit.

"Et si tu le souhaites, je serais toujours là."

Zoro vit les yeux du cuisinier se voiler et il se pencha vers les lèvres de son compagnon sans plus réfléchir. Il ne voulait pas lui forcer la main mais lui parler de ses sentiments les plus enfouis les avait rendus plus éclatants qu'ils n'avaient jamais été et il ne voulait plus les ignorer. L'homme qu'il désirait se trouvait presque à portée de ses doigts et Zoro était un combattant né : il ne renoncerait pas sans s'être battu jusqu'au bout. Mais tandis qu'il se penchait pour enfin sceller leurs lèvres, le corps de Sanji se crispa. L'escrimeur releva alors lentement les yeux vers lui.

"Zoro, c'est dangereux, lui souffla la voix du blond, son regard rivé au sien.

- Pourquoi?

- Parce que si tu m'embrasses, je ne te laisserais plus t'en aller. Plus jamais."

Un sourire étira alors les lèvres du sabreur.

"C'est nous qui sommes dangereux, cuistot. Et si je refais un jour cette erreur de vouloir partir, je compte sur toi pour me retenir."

Ses lèvres rencontrèrent enfin celles du cuisinier et subitement, plus rien n'eut d'importance. Le blond passa brutalement ses mains autour de sa nuque en retour pour mieux l'attirer contre lui, tout aussi assoiffé, et la passion les dévora comme au premier jour, les emportant loin du reste du monde.

Avant de se faire totalement happer par le tourbillon de l'instant cependant, au milieu de leurs souffles déjà courts et de leurs baisers brûlants, Zoro se rendit compte qu'il n'avait plus aucun doute. Pour mieux l'aider à atteindre son but, il y avait Sanji. Et par-delà son rêve, l'horizon était infini.


"Hé, Nami, regarde ce que j'ai trouvé sur la plage!"

Depuis les marches extérieures de la salle de réception sur lesquelles elle se trouvait, la jeune mariée se retourna vers Luffy qui arrivait en courant dans sa direction. Elle avisa alors les morceaux de bois épars que le garçon au chapeau de paille tenaient contre lui.

"On dirait du bois de navire, constata-t-elle lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur.

- Je les ai trouvés avec Ussop! Tu crois qu'un bateau a coulé? lui demanda-t-il. J'ai rien vu pourtant!

- Va savoir, un équipage pirate a peut-être rencontré un obstacle sur son chemin ce soir, suggéra la navigatrice, un sourire en coin.

- Il y avait peut-être un trésor à l'intérieur!" lui fit-il alors remarquer.

A ces mots, Nami fixa son capitaine. Elle allait rentrer se réchauffer dans la salle lorsque le garçon au chapeau de paille avait fait son apparition mais elle était désormais tentée par une autre option.

"Maintenant que tu le dis, je crois que ça mérite qu'on aille vérifier.

- Génial, allons-y!

- D'accord mais ne crie pas si fort, ne les dérange pas."

La navigatrice lui désigna son cuisinier et son second à quelques dizaines de mètres à gauche de la salle, presque dissimulés par les ombres de la nuit et assis sur le petit muret en bord du chemin. Un énorme sourire éclaira le visage de leur capitaine à leur vue.

"Ils se sont enfin réconciliés alors!"

La jeune femme haussa les épaules, un sourire aux lèvres, avant de se détourner pour rejoindre le chemin principal de l'autre côté de la bâtisse, entraînant Luffy avec elle. Elle avait cherché le cuisinier blond en remarquant que le sabreur avait de nouveau disparu, craignant une nouvelle menace, et c'est ainsi qu'elle s'était aventurée à l'extérieur comme elle ne le trouvait pas non plus. Elle venait tout juste de passer le seuil de la porte quand elle les avait aperçus étroitement enlacés.

"Je savais bien que leur rupture ne tenait pas debout, ils ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre depuis le départ. Que ce soit pour se frapper ou pour s'aimer, leurs destins sont irrémédiablement liés.

- Sanji et Zoro ont toujours fonctionné ensemble, approuva le garçon au chapeau de paille, visiblement ravi.

- Espérons simplement qu'ils ne se séparent pas à nouveau quand on reprendra la mer, nota la rousse en soupirant. C'est tout de même dommage que cet océan soit la cause de tant de tourments alors qu'il aurait dû les rendre si heureux puisque Sanji a réalisé son rêve…

- C'est parce que c'est une nouvelle aventure! s'enthousiasma son capitaine. Ca peut faire un peu peur mais au final, on regrette pas d'y être allé!"

Nami haussa un sourcil amusé à ces mots et tout en marchant, elle lui montra son alliance.

"Le début d'une nouvelle aventure, hein? N'oublie pas que tu as créé la tienne ce soir, Capitaine, lui rappela-t-elle alors.

- C'est ça qui est trop bien avec les rêves, c'est qu'on peut en avoir plein! affirma le garçon au chapeau de paille avec un grand sourire, ses morceaux de bois toujours serrés contre lui.

- Tant mieux parce qu'après avoir dessiné la carte du monde, je me vois bien administratrice du trésor du Roi des Pirates…"


J'espère vraiment que ce chapitre vous a plu.

A la semaine prochaine...