Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Avant toutes choses, je vous souhaite une excellente année, en espérant que vos fêtes de fin d'année se sont bien déroulées, sans maladie et sans pépins. Pour 2020, je vous souhaite le meilleur. On terminera cette fic cette année, mais sans larmes, je vous le promets.
Bien... On continue ?
Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi.
Enjoy ;)
BLACK JACK
- Partie XI. Passé, présent, futur -
- chapitre 33 -
Lui et Evergreen
...
En revenant de mission ce soir là, Evergreen se sent d'humeur massacrante. Bixrow n'arrête pas de faire des blagues nulles et Fried n'a fait que de se plaindre de tout le trajet. Luxus est rentré retrouver sa petite famille et les Raijin retournent chez eux. Evergreen n'ouvre pas la bouche du trajet et file se doucher avant de s'enfermer dans sa chambre. Fried et Bixrow ne s'en formalisent pas. Ils la trouvent à peu près comme d'habitude. Fried se prépare une infusion tandis que Bixrow installe le jeu d'échec sur la petite table du salon. Evergreen les entend jusque tard s'insulter à voix basse en bougeant les pions sur le plateau avant d'enfin s'arrêter, vainqueur ou vaincu, et d'aller se coucher. Evergreen les écoute dans la salle de bain puis, les petits mots échangés sur le pallier avant de fermer chacun leur porte. Il y a encore du bruit, bruissement, cognement. Puis, plus rien. Evergreen compte dans sa tête. Pas les moutons. Les secondes.
Et lorsqu'elle entend leurs deux ronflements distinctifs, elle se lève et sort sans bruit. Elle enfile une paire de bottine, passe un grand poncho sur ses épaules frêles et sort dans le jardin. À la faveur de la lune, elle s'assied sur le petit banc que Luxus est venu leur filer la semaine dernière. Mirajane l'avait trouvé dans une décharge en revenant de mission et Bixrow l'avait retapé en le peignant de couleurs vives. Assise, Evergreen regarde le ciel étoilé parcouru de petits nuages grisâtres. Elle pousse un soupir. Son énervement est retombé. À présent, elle s'interroge. Sur ce qu'il s'est passé le matin même.
Ce qu'il s'est passé ?
Elle s'est fait draguer. Ouvertement. Par un homme absolument parfaitement banal : grand, brun, un peu musclé ou disons bien proportionné. Il avait un sourire charmant et de profonds yeux verts.
La première réflexion qu'a eu Evergreen à son intention, c'est qu'il portait dans ses yeux sa couleur préférée. Elle avait bloqué sur ces deux orbes, en se disant qu'elle n'avait jamais vu d'yeux aussi beaux. Puis, elle avait froncé les sourcils et elle avait voulu le repousser. L'homme n'en avait eu rien à faire. Il avait ri. Tout avait l'air parfait. Son physique répendait en Evergreen un sentiment de désir qu'elle ne chercha pas à refouler. Elle le laissa parler, attentive à ses moindres changements. Elle osa même accepter le verre qu'il lui avait proposé. Sans rechigner.
Elle s'offusque à présent de sa propre audace. Qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête ? Elle se sent terriblement mal avec le recul.
Après le verre, tout est allé très vite. Evergreen a très rapidement vu le changement dans le regard de l'homme. Son vert féérique s'est changé en vert vipère. Et Evergreen a compris ce qu'il voulait. Elle a refusé tout net, lui renvoyant dans le nez tout le désir qu'elle savait déçu. Ses garçons avaient choisi ce moment pour revenir de leurs courses. Leur colère leur avait valu le regard étonné et désaprobateur des passants mais qu'importe. L'honneur d'Evergreen était sauf. Fried s'était accroché à son cou en lui posant mille questions et Bixrow l'avait entouré de ses totems qui grondaient son prénom. Et Luxus était passé à deux doigts d'électrifier tous les passants avec le sale type. Evergreen n'avait pas bougé. Elle avait vu le changement chez l'homme, cet air qui disait : « merde, elle n'était pas libre ». Avant qu'il ne se carapate définitivement, elle avait sorti son éventail et lui avait donné un coup sur la joue en s'exclamant :
- Gougeat !
Et elle avait fait un demi-tour, gracieux, calculé, faisant danser sa longue chevelure ondulée. Puis, elle avait rangé son éventail et déclaré :
- Les garçons, on rentre à la maison.
Ils avaient suivi sans rien dire. Et l'humeur d'Evergreen en avait été affectée pour le reste de la journée.
...
À présent, elle regarde le ciel étoilé. Ce qui la gêne réellement, c'est qu'elle se soit surprise à constater son propre désir pour une personne du sexe opposé. Un désir brut et ardent. Alors, certaines personnes sont vraiment capables de provoquer ce genre de sentiments chez les gens ? Elle comprend un peu ce que Fried a dû ressentir la première fois qu'il a été face à Rufus. Une sorte de décharge électrique qui vous bloque le cerveau pendant une seconde d'inattention. Fatal.
Mais pas pour elle, non pas pour elle. Elle a eu l'instinct de prendre du recul. Sans doute vivre sur les routes et se battre contre plus fort qu'elle l'a conditionnée. Elle a inconsciemment pris du recul sur l'attitude de l'homme. Et, passé la rencontre et le premier effet « beau gosse », la réalité s'est installée, glaciale et imparable : cette personne n'était pas capable d'aimer. Cet instinct inconscient il porte un nom. Il s'appelle Elfman Strauss. C'est son lui à elle.
Depuis qu'elle est allée au bal avec lui, elle en a la certitude, Elfman est l'homme qui lui faut. Elle ne le désire pas spécialement mais il avive en elle des envies lointaines d'amour et de reconnaissance. Il est celui qui pourrait la faire grandir, la faire devenir femme, la faire évoluer. Evergreen s'est toujours vu comme la fille du trio. Elfman pourrait faire d'elle une personne à part entière. Elle a envie de le connaître en profondeur. De s'éveiller le matin à ses côtés. De voir son visage en premier lorsqu'elle rentre de mission.
Elle avait une vague idée de sa vie d'adulte lorsqu'elle était petite fille. Elle voulait une maison, un mari, des enfants. Avec le temps, elle avait oublié la simplicité d'une vision pareille. Cet homme, ce matin, lui a rappelé à la pelle des souvenirs d'enfance profondément enfouis sous des couches et des couches de souvenirs incartables. Elle ne veut pas d'un beau gosse qui l'aime pour son corps ou ses beaux yeux. Elle veut quelqu'un qui la connaisse et qui l'accepte malgré ses évidents défauts et ses faibles qualités.
Elle le veut lui.
Point.
Frissonnant dans l'air du soir, Evergreen sourit. Honnêtement, elle n'est pas prête à quitter ses garçons et sa vie confortable pour le grand saut de la vie de couple. Mais l'idée creuse son sillon. Lentement mais sûrement.
NdZ Et un bon chapitre où il ne se passe rien, comme j'adore en écrire ! On se retrouve la semaine prochaine avec Elfman ! On dirait qu'il y a du grand amour dans l'air ! Et pour les review, ya pas de mystère, c'est juste dessous :)
