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103 – Bella

Tampa… dimanche 27 juin 2010 à 16 h 16

"Oh merde!" haletai-je en me levant de ma place sur le canapé où j'étais installée la tête sur les genoux d'Edward, en regardant un film.

"Qu'y a-t-il?" Edward sembla inquiet et perdu ainsi que les autres, qui étaient dispersés partout dans le salon et regardaient avec nous.

"Je réalise que j'avais promis d'appeler Charlie hier et avec notre journée au zoo…" sans parler du temps passé dans la chambre avec Edward ensuite, "… j'ai complètement oublié." Je l'avais appelé juste après que nous soyons arrivées à Tampa et il m'avait demandé de le rappeler dans une semaine juste pour voir. Après tout j'étais avec un étranger dans une ville étrangère, pensai-je avec un grognement.

Edward tendit la main et attrapa mon téléphone sur la table, à côté du canapé et me le passa.

J'appuyai sur la touche 4, le raccourci, et me tournai, installant mes pieds sur les genoux d'Edward en remuant mes orteils vers lui. Il me fit un clin d'œil et commença à caresser le dessus de mon pied doucement pendant que j'attendais que Charlie décroche.

"'Lô?" la grosse voix de mon père me fit sourire. Il détestait parler au téléphone et il le montrait.

"Salut papa. Désolée de n'avoir pas appelé hier. Nous sommes allés au zoo et j'ai complètement oublié." Je roulai des yeux à l'expression coquine d'Edward qui me souriait.

"Hey Bells. Ravi que tu appelles. J'étais prêt à appeler un de mes anciens amis de l'armée qui est à Tampa pour voir si tout allait bien pour toi."

Je ris mais étais très sérieuse – parce que je connaissais mon père – je lui dis : "Tu n'oserais pas. Tu sais bien comment je réagirais si tu faisais cela."

Edward et les autres me regardaient avec curiosité, avec une expression interrogative. Je leur fis un signe de la main pour leur faire savoir que ce n'était rien d'important.

Charlie rit doucement. "Non je ne sais pas comment tu réagirais. Alors comment ça va ? Est-ce que ce garçon te traite bien?"

Je souris en regardant Edward, qui regardait alternativement mon visage et mes jambes sur lesquelles ses mains allaient et venaient de mes pieds à l'ourlet de mon short. "Oui papa. Edward est génial. C'est mieux… que tout ce que j'avais pu rêver."

Je gagnai un sourire timide de mon homme sexy de l'autre côté du canapé.

Il racla sa gorge puis soupira finalement. "Bien. Je veux juste que tu sois heureuse, Bells. Si cet Edward te rend heureuse, c'est tout ce qui importe."

Mon père et moi nous étions rapprochés après que je sois allée vivre avec lui mais aucun de nous deux n'avaient été particulièrement démonstratif quant à ses émotions alors qu'il admette cela était une sacrée douce chose.

Je déglutis et lui dis doucement, "Merci papa."

Quand il parla après un moment de silence un peu inconfortable, sa voix était de nouveau comme elle l'était souvent, sèche. "Et comment vont mes autres filles? Et leurs maris?"

En souriant je dis, "Tiens papa je vais mettre le haut-parleur, comme ça ils pourront te dire bonjour."

J'appuyai sur le petit bouton en tenant le téléphone et regardai mes amis. "Dites bonjour à Charlie, les gars."

"Charlie!" crièrent Alice et Rose. Elles adoraient mon père. Il était devenu comme le deuxième père pour Alice depuis que nous étions amies. Puis à l'université la première fois que Rose était venue à la maison elle l'avait charmé en réparant un problème ennuyeux sur sa voiture de patrouille que ses gars n'avaient pas pu encore arranger. Il l'avait adoptée vu que ses parents n'étaient pas dans les parages.

"Yo Charlie," hurla Emmett, son sourire partageait quasiment son visage en deux. "Tu as attrapé quelque chose d'intéressant récemment?" C'était le pote de Charlie pour la pêche, ce qui paraissait totalement incongru vu sa personnalité bruyante et envahissante mais ça avait été la façon dont ils avaient commencé ensemble.

Jasper était plus tranquille, "Bonjour Charlie," on sentait qu'il le respectait. Ils aimaient s'asseoir tous les deux et discuter. Ils pouvaient parler des heures à propos d'histoire. L'histoire militaire était leur préférée bien sûr.

Charlie rit en se détendant un peu. "Salut les gars. Tout le monde passe un bon moment?"

Je restai tranquille pendant qu'Alice et Rose parlaient, leur racontant notre voyage.

Mon père fit des bruits en écoutant, montrant qu'elles avaient toute leur attention. Quand elles n'eurent plus rien à dire il dit "On dirait bien que vous passez de bons moments. Les gars je suis content que vous soyez rentrés. Vous êtes contents de Tampa?"

"Enfer oui," répondit Emmett en premier. "Le soleil, l'océan et le seul sable qu'on voit ici est sur les plages. Sans parler des jolis filles en bikini."

Rose leva la main et le tapa derrière la tête en roulant des yeux.

Jasper rigola en les voyant faire puis il dit à mon père. "C'est bien mais je pense qu'on serait bien mieux chez nous."

"Ça c'est sacrément sûr," marmonna Edward en caressant mon genou.

"Oui," renchérit Charlie, il semblait pensif. "Je me souviens d'avoir eu ce même sentiment."

Après un moment de silence, avant qu'Edward prenne une profonde inspiration et dise," Euh, bonjour, chef Swan. Je suis ravi de pouvoir vous parler. Bella m'a raconté beaucoup de choses."

"Sergent Masen," dit Charlie d'un ton de nouveau un peu réservé. "Puis-je te parler en privé fils?"

"Papa!" sifflai-je, ne voulant pas qu'il mette Edward mal à l'aise.

"Ça va aller, Bella," murmura Edward pendant que je secouai ma tête. "Calme-toi ma douce."

"Isabella Marie…" La voix de Charlie était sérieuse à présent, un ton que je n'avais pas entendu depuis un certain temps. "Laisse-moi gérer ça, je suis ton père. J'ai le droit de poser des questions à un homme qui fréquente ma fille, qui plus est si elle ne l'a rencontré que sur internet et ne l'a vu en personne pour la première fois que la semaine dernière..."

Je gémis en argumentant, "Nous avons échangé des lettres d'abord papa. Et tu sais qu'il est un bon gars. Emmett et Jasper te l'ont dit!"

"Mais c'est quand même ma prérogative," me dit-il, sur le ton qu'il aurait employé pour gronder un enfant. "Maintenant passe-lui ce téléphone, s'il te plait!"

En soupirant je lui tendis le téléphone, en lui disant à voix basse, "Désolé," pendant qu'il le prenait et se dégageait de mes pieds.

Il fit un bruit et enleva le haut-parleur, amenant le téléphone contre son oreille et il se dirigea vers la chambre. Je pouvais entendre sa voix tranquille pendant qu'il parlait à mon père une fois qu'il eut tourné dans le couloir.

ooo

Les cinq premières minutes de la conversation d'Edward avec Charlie filèrent vite. Je les passais à discuter et à regarder la porte depuis le séjour espérant que tout se passe bien.

Les cinq suivantes passèrent au ralenti. Je pouvais entendre les conversations autour de moi mais c'était seulement un bruit de fond, j'étais totalement concentrée sur l'endroit où Edward avait disparu de ma vue.

Quand presque quinze minutes se furent écoulées, mes genoux s'agitaient et mon talon tapait le sol et j'étais quasiment prête à me casser les poignets.

"Qu'est ce qui leur prend autant de temps par l'enfer?" sifflai-je, interrompant l'histoire que les gars racontaient à Alice et à Rose.

Emmett rit. "Bellsy détends-toi. Tu te souviens comment était Charlie la première fois que Rose m'a amené avec elle, le jour où nous sommes allés le voir… et tu es sa fille."

Je les regardais et soupirai.

"Oui, B, Em a raison," dit Alice, en souriant gentiment, elle était installée sur les genoux de Jasper. "Il joue son rôle de père protecteur. Tu n'as pas à t'inquiéter. Edward et Charlie vont bien s'entendre."

"Elle va bien," entendis-je depuis l'autre côté de la pièce. "Tu n'as pas besoin de t'inquiéter mon cœur."

Je me levai en un éclair pour serrer Edward dans mes bras. "Raconte-moi tout!"

Il rit en secouant la tête. "D'abord ton père veut te dire au revoir."

J'entendis des pas dans le téléphone, je le pris timidement à Edward et le posai contre mon oreille.

"Salut papa," soupirai-je.

"N'essaie pas de soutirer des informations à cet homme, Isabella," dit Charlie. "Notre conversation était privée."

"Mais…"

"Pas de mais." Sa voix s'était adoucie. "Il semblerait que tu aies le bon, Bells. Profite bien de la fin de ton séjour et viens voir ton vieil homme quand vous rentrerez les filles, d'accord ? Peut-être pour le quatre ?"

Je ris en secouant la tête. "D'accord j'en parle aux filles et on va voir. Nous pourrions avoir de la lessive à faire mais bon si tu veux de nous pour le quatre…"

"Ça me parait bien. Bon je vais aller chercher quelque chose pour le dîner et puis il y a un match que je veux regarder. On se parle bientôt."

"Merci papa," dis-je doucement. "A bientôt."

Je raccrochai en soupirant. "Il m'a dit de ne rien te demander alors je ne vais pas le faire. Mais dis-moi si j'ai une raison de m'inquiéter," demandai-je, en regardant le doux visage d'Edward.

"S'il y avait une raison de s'inquiéter je te le dirais ma belle." Il me sourit et caressa mes lèvres des siennes. "Alors si on finissait ce film hein ?"

J'hochai la tête et l'amenai sur le canapé où je m'installais sur ses genoux voulant être aussi proche de lui que je le pouvais. Que mon père ait mentionné le quatre juillet* m'avait fait me souvenir qu'il ne me restait que moins d'une semaine avec Edward. Et cette simple pensée me rendait malade alors j'étais déterminée à rester aussi près que possible de lui jusque-là.

Le 4 juillet est le jour de l'Indépendance aux Etats-Unis