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105 – Bella

Tampa… Mardi 29 juin 2010 à 16 h 52

Je venais de plier un t-shirt d'Edward quand mon téléphone émit un bip me signalant un nouveau texto.

E: Bella je déteste cela mais nous allons être en retard ce soir. Appelés à la dernière minute pour une réunion concernant notre programme d'entrainement.

B : Oh ça va bébé. Les lasagnes sont dans le four donc je n'ai qu'à l'éteindre et ce sera prêt quand vous rentrerez. Ça va être long?

E : Nous attendons juste les retardataires mais ils vont arriver dans cinq minutes et nous allons commencer. Je ne sais pas quand nous rentrerons.

Merde il ne nous reste que moins d'une semaine ici et tout temps supplémentaire qu'il doit passer à la base n'est pas pour moi. Je déteste ça mais il n'y a rien que je puisse y faire alors je lui répondis.

B : Bon on se verra quand on se verra je suppose. Essaie de ne pas trop t'ennuyer en attendant ;) Je t'aime sergent.

E : je t'aime aussi. On se voit bientôt

Rose et Alice revinrent quand je posai mon téléphone sur la table, la mine soucieuse.

"Vous avez eu leur message aussi?" souris-je.

"Oui," grogna Alice, en croisant ses bras sur sa poitrine et en s'installant dans un des relax.

Rose hocha la tête. "Heureusement ça ne devrait pas prendre trop longtemps. "… Comment ça se passe Sergent Masen? Bien Monsieur. Les soldats apprennent rapidement." "Vous pouvez y aller alors…" imita-t-elle. "Tu vois ça ne va pas être long?"

Je ris et lui envoyai une paire de chaussettes et l'esquivai quand elle me la renvoya.

Elle s'assit à côté de moi sur le canapé et posa ses pieds sur la table basse en agitant ses orteils fraichement vernis en rouge foncé.

Quelques minutes après le téléphone de la maison se mit à sonner interrompant notre conversation.

"Vas-y réponds," dit Alice, en montrant le téléphone qui était posé de mon côté.

"C'est leur téléphone. On n'a qu'à le laisser sonner jusqu'à ce que la boite vocale décroche." Je trouvais ça bizarre de répondre au téléphone quand les gars n'étaient pas là.

En roulant des yeux Rose me poussa l'épaule. "Allez réponds, Bells. C'est égal."

Je lui tirai la langue et attrapai le téléphone à la quatrième sonnerie. "Allô ?"

"Allô !" répéta une voix féminine. "Pourrai-je parler à Edward ?"

Je haussai les sourcils. "Il n'est pas là. Mais vous pouvez lui laisser un message."

Elle souffla de frustration. "Oui, dites-lui que Tanya a appelé ?"

Tanya ? Pensai-je avant de bégayer. "T… Tanya ?"

Alice et Rose se levèrent les yeux plissés.

"Oui, c'est ça, Edward m'a contacté pour me dire qu'il était de retour aux Etats-Unis alors évidement il fallait que je le rappelle." Elle s'arrêta et demanda. "Qui êtes-vous ? L'une des femmes de ses colocataires ?"

Edward l'avait appelée ? Pourquoi ? Je déglutis essayant d'avaler la boule qui était coincée dans ma gorge et dit. "Non je suis sa petite-amie, Bella."

"Oh oui… Celle qu'il a rencontrée par cette lettre stupide. Il a parlé de quelque chose comme ça. Mais je n'y ai pas fait attention. Après tout maintenant qu'il est de retour aux Etats-Unis et qu'il a quasiment fini son travail terrible, il va vouloir rentrer à la maison. Je suis sa seule maison et le seul lien avec ses parents. Il sera incapable de renoncer à ce lien, de sorte que tu devrais t'y préparer dès à présent, Beth." Elle avait une voix de garce condescendante et je me battis avec l'envie de jeter le téléphone par la fenêtre du salon. "Merci beaucoup de l'avoir aidé pendant qu'il était à l'étranger mais je vais prendre le relais à présent. Il n'aura plus besoin de toi. Nous pourrons être heureux à nouveau comme avant qu'il ait pris la décision qui nous as séparés."

Soudain j'étais très énervée. "D'abord mon nom c'est Bella."

Puis je marmonnai "Et peu importe !"

"Ensuite si Edward avait projeté de rentrer à la maison comme vous le dites," dis-je, sarcastiquement, "alors pourquoi a-t-il tout vendu ? Hein ?" Je regardai Rose et Alice qui semblaient aussi en colère que moi, ça me rappela autre chose. "Et oui aussi il me semble que vous avez des photos qui ne vous appartiennent pas. Prenez un stylo je vais vous donner l'adresse où vous pourrez les renvoyer."

Quand enfin elle répondit sa voix était calme. "Tout n'a pas été vendu Becky. Eddy a encore beaucoup de choses à faire ici. En fait… je crois que j'ai encore des cartons chez moi. S'il ne rentre pas il ne pourra pas les récupérer." Elle souffla. "Comme pour les photos il était juste en colère. Je sais qu'il a collecté ces photos pour me rendre jalouse alors je les ai jetées. Eddie ne me tromperait jamais."

Je reculai et lui assénai : "Celle qui l'a trompé c'est vous."

Tanya haleta. "Sale garce ! Tu ne sais rien de moi ni de ma relation avec Eddie. Attends. Quand il saura que je l'ai appelé il te virera et me fera venir. En fait je pense que je vais aller réserver mon billet d'ores et déjà !" Et elle raccrocha sans autre mot.

Je tâtonnai pour reposer le téléphone. Je me sentais complètement et totalement engourdie de la tête aux orteils et j'avais bien peur que si je restais là j'allais être malade. Je savais que ma réaction à l'appel de cette garce n'avait pas de sens. Edward m'aimait et j'en étais sûre, je l'aimais aussi. Alors quel était le problème ? Pourquoi avais-je laissé ces mots me toucher comme ils le faisaient. Je n'étais pas du tout sûre qu'ils se soient parlé ou qu'elle ait encore des cartons qui lui appartenaient mais si j'avais simplement été naïve ?

Je n'arrivai à penser à rien d'autre. Il fallait que j'aille me coucher avant que mes genoux ne cèdent.

"Bella qu'est-ce qui ne va pas ?"

"Parle-nous chérie."

"Bella Swan tu me fais peur. Qu'est-ce qu'elle a dit ?" Alice avait les bras croisés et une expression meurtrière sur le visage.

Elles étaient toutes les deux inquiètes et je savais que si j'essayais de parler j'allais m'effondrer. Alors je secouai la tête et passai devant elle pour aller dans la chambre. Je laissai mes amies, mon téléphone et ma confiance en moi derrière moi.

Une fois dans la chambre j'enlevai mes vêtements gardant ma culotte puis je pris l'oreiller d'Edward ainsi qu'un de ses t-shirts, un vert foncé qui me rappelait ses yeux... je vis les plaques d'identification qu'il m'avait données sur la commode, je les pris et passai la chaine par-dessus ma tête.

En tremblant je me glissai sous la couverture et me tournai de côté et j'espérai pouvoir m'endormir peut-être que quand je me réveillerai je constaterai que la dernière heure n'avait été qu'un cauchemar.