.

106 – Edward

Tampa… Mardi 29 juin 2010 à 19 h 03

Cette réunion avait semblé durer une éternité. Pas seulement parce que j'étais mort de faim mais ça prenait de mon temps avec Bella. Alice nous attendait sur la terrasse quand nous arrivâmes. Au lieu de courir vers Jasper comme c'était l'habitude, elle courut vers moi et me prit par la main.

"Il faut que tu y ailles," gronda-t-elle, au début j'ai cru qu'elle jouait mais l'expression de panique sur son visage me fit comprendre que je me trompais.

"Qu'est-ce qu'il se passe Alice ?" demandai-je, en la prenant par les épaules.

"Tanya a appelé," dit-elle avec une grimace.

"Ici ?" demandai-je bouche bée. "Qu'a-t-elle dit ?"

"On ne sait pas," répondit Rose qui descendait les marches. "Et Bella n'a voulu rien dire."

"Putain," sifflai-je, en poussant tout le monde pour entrer et attraper le téléphone de la maison en passant dans l'entrée.

J'étais furieux parce que je savais de quelle façon Tanya avait pu obtenir mon numéro de téléphone, c'était grâce à son père. Et on n'avait pas besoin de me dire ce que cette garce avait dit à Bella, plus spécialement si elle lui avait dit qu'elle était avec moi. Tanya devenait impitoyable quand la situation dégénérait.

Je fis défiler la liste des appels entrants et ça me confirma ce que je pensais. Tanya avait appelé de chez ses parents à Chicago.

Je trouvai Bella dans le lit et je pensai qu'elle était endormie jusqu'à ce que je mette à genoux à côté d'elle. La voir comme ça me brisa. Elle était dans un de mes t-shirts, avec mes plaques d'identification mais le pire c'était qu'elle pleurait et ça me tuait.

"Ma douce que s'est-il passé ?" demandai-je, connaissant la réponse mais il fallait que je sache pourquoi elle était dans cet état. Bella savait bien qu'elle ne devait pas se laisser atteindre.

"T… Tanya a appelé… elle a… a dit que tu tu l'avais contactée et qu'elle ne faisait que te rappeler. Elle sait comment on s'est rencontrés," bégaya-t-elle, en s'essuyant le visage mais je tendis ma main pour le faire. "Tu lui as dit Edward ?"

"Elle a dit que je l'avais contactée?" répétai-je abasourdi et très énervé. "Bella je te promets que je ne l'ai pas fait. Pas elle. Assis-toi. Je veux te montrer quelque chose."

J'allumai la lampe sur la table de chevet pendant qu'elle s'asseyait puis j'attrapai mon ordinateur et le posai sur les genoux de Bella qui s'était appuyée contre la tête de lit.

"Qu'est-ce qu'elle t'a dit d'autre ?" grognai-je en ouvrant l'ordinateur. Je n'étais pas fâché contre Bella mais j'étais tout proche de perdre le contrôle. "Dis-moi !"

"Elle m'a remercié de m'être occupé de toi quand tu étais en Afghanistan et que tu allais rentrer avec elle." Elle ne me regardait pas.

"Je parie qu'elle l'a fait," murmurai-je, ma lèvre se retroussant de haine. "Ouvre les mails ma douce. Il te faut le mot de passe." Je pris sa main dans ma mienne pour taper le mot de passe, il fallait qu'elle sache que toute ma vie tournait autour d'elle, même dans les plus petits détails. "C'est voleurcookie." Je soulevai un sourcil et vis un sourire apparaître sur son visage.

Je regardai le téléphone dans ma main et tapai sur dernier appel. Je me penchai vers Bella pour ouvrir mes mails en pointant sur le mail dont Tanya parlait mais il ne lui était pas destiné. Il était pour son père. Mon putain d'avocat. Je l'avais contacté par mail depuis que j'étais rentré aux Etats Unis parce que c'était lui qui s'occupait de mes finances pendant que je n'étais pas ici. Je lui faisais savoir que je pouvais reprendre les choses en main, que j'allais bien et je lui avais donné le numéro de téléphone de la maison au cas où il devrait m'appeler. Et parce que c'était la personne la plus proche que j'avais, je lui avais parlé de Bella, comment nous nous étions rencontrés et ensuite je m'excusai de la façon dont les choses avaient pris fin avec sa fille et que j'allais sûrement faire venir mes affaires vers Washington. Et ensuite j'avais ajouté Bella comme bénéficiaire si quelque chose m'arrivait.

Le téléphone sonnait à mon oreille pendant que des yeux bruns remplis de compréhension étaient fixés sur les miens après qu'elle eut fini de lire.

"Allô ?"

"Bonjour tante Irina. C'est Edward," soupirai-je, reconnaissant que ce ne soit pas directement Tanya. C'était une femme aimable et pas arrogante.

"Edward que c'est bon de t'entendre. Tu vas bien ? Comment c'est la Floride ?" demanda-t-elle et le son de sa voix me fit comprendre combien entendre ma mère me manquait.

"Je vais bien, il fait très chaud," ris-je mais "Il faut que je parle avec Garrett s'il te plait.

"Bien sûr, attends," dit-elle, puis elle rajouta. "Tu sais Tanya est ici pour l'été…"

Je soufflai de frustration mais appuyai sur le haut-parleur du téléphone. "Je suis au courant mais j'ai vraiment besoin de parler à oncle Garrett en premier."

Il y eut des bruits de téléphone et de voix étouffées et enfin, "Edward comment vas-tu fiston ?" demanda Garrett avec sa voix tonitruante habituelle.

Je m'assis face à Bella sur le lit mais restai concentré sur le téléphone dans ma main, je le serrai tellement fort que mes articulations blanchirent.

"Je vais bien. Quoi qu'il en soit je m'inquiète parce que quelqu'un a vu mes dossiers à ton bureau. Quelqu'un qui a pris des informations dans ce mail…"

"Quoi ? Qui ?"

"Tanya."

Le silence choqua Bella qui soupira doucement.

"Oh diable," grogna-t-il et je savais qu'il était en train de se frotter le visage de frustration."J'ai laissé mon ordinateur ouvert au bureau à la maison Edward. Je pensais qu'elle n'était pas là. Je veux dire… je n'approuve pas ce comportement."

"Je veux que tu confies mon dossier à quelqu'un d'autre, lundi au plus tard. Tu as bien compris oncle Garrett ? Je déménage, je ne reviendrai plus à Chicago sauf pour déménager certaines choses. Il me faut quelqu'un qui puisse me les envoyer quand je serai là-bas," dis-je et mes yeux fixèrent ceux de Bella où les larmes recommençaient à briller. "Et je ne veux plus que des informations personnelles filtrent à mon sujet."

"Non fiston, je suppose que non," soupira-t-il, semblant fatigué et déçu parce qu'il savait qu'il pourrait avoir des ennuis – peut-être même être radié pour avoir laissé des informations à la connaissance de quelqu'un d'autre même si c'est sa fille unique. "Je passerai tout ça à Marcus demain matin."

"Maintenant … où est Tanya ?" craquai-je.

"Oh ! Edward … je t'en prie ne fais pas ça," supplia Garrett. "Elle a eu des problèmes avec ses notes à Harvard…!"

"Ce n'est pas mon problème," dis-je les dents serrés. "Passe-lui le téléphone. Qu'on en finisse… maintenant. Elle ne peut pas m'appeler sa maison, cracher des mensonges et croire que tout va bien. Et si vous croyez que je ne sais pas tout la concernant… alors vous délirez. Vous n'êtes pas les seuls avec qui je parle. Les activités de Tanya sont connues par tous… et largement."

"Comme ses jambes," pensai-je avec un ricanement.

"Merde !" murmura-t-il avant d'appeler sa fille.

"Eddie !" couina Tanya dans le téléphone et je tressaillis pendant que Bella roulait ses beaux yeux.

"Ne m'appelle pas comme ça. Qu'est-ce qui te passe par la tête Tanya ? " dis-je en me relevant et en commençant à arpenter. "Tu te souviens ? Tu as rompu avec moi."

"Oh bébé je ne voulais pas. J'avais peur, je n'avais pas les idées claires. Je viens juste de réserver un vol pour te voir," divagua-t-elle joyeusement.

"Oh ne t'embête pas," lui dis-je carrément et plutôt froidement. "Tu avais peur et étais confuse ? Vraiment Tanya tu m'as demandé de te renvoyer ta putain de photo ! Et je l'ai fait avec plaisir après avoir parlé avec Katie."

Le halètement de l'autre côté de la ligne me fit sourire mais les sourcils de Bella montèrent presque derrière la ligne de ses cheveux, l'expression pleine de curiosité.

"Je sais tout concernant les gars à l'université. Tu as vraiment sous-estimé vers qui la loyauté des gens que nous connaissons irait," constatai-je, en secouant ma tête.

Katie était à l'école avec nous et travaillait maintenant au cabinet d'avocat. J'avais appelé pour parler avec Garrett après avoir reçu la stupide lettre de Tanya, pour essayer de savoir ce qu'il se passait vraiment. Katie et moi étions amis et elle était si énervée contre Tanya qu'elle m'avait tout raconté – les tromperies de Tanya et ses vraies raisons de me quitter. Tanya couchait avec un prof, peut-être même avec d'autres. J'étais sûr de cela.

"Edward je t'en prie ne fais pas ça," pleura Tanya. "Tu me manques. Je sais que je te manque aussi je suis la seule famille que tu aies. Quand tu rentreras nous arrangerons tout ça. Je quitte l'université de l'Illinois l'année prochaine alors nous pourrons être ensemble. Chicago c'est chez toi. Nous sommes nés ici. C'est là que tes parents sont enterrés."

Le visage de Bella se détourna de moi pour regarder le ciel du soir. Elle avait posé mon ordinateur par côté et enroulé ses bras autour de ses genoux. Je soupirai en passant ma main dans mes cheveux de frustration parce que j'aurai donné n'importe quoi pour savoir ce qu'elle pensait.

"Tu te trompes Tanya. J'ai une nouvelle famille et ma maison ? Ma maison est où est Bella," déclarai-je en haussant les sourcils quand elle tourna sa tête pour me voir.

"Elle ne te connait pas, bébé. Nous avons grandi ensemble."

Je ricanai fort en secouant la tête. "Elle me connait mieux que personne. En fait je devrais te remercier. Si ça n'était pas toi, Bella et moi ne nous serions jamais rencontrés," dis-je d'un ton sec et sarcastique parce que je savais que ça l'énerverait. Je dus m'empêcher de rire en voyant Bella mettre sa main sur sa bouche pour retenir son rire. "Tanya, il faut que j'y aille. Ne rappelle plus. Le numéro sera changé demain. Et ne viens pas en Floride sinon je te ferai arrêter pour harcèlement. Tu as bien compris ?"

"Eddie, non ! Je t'en prie !" supplia-t-elle en sanglotant. "Je ne veux pas te perdre mais j'avais peur. J'ai réagi trop fort."

Je grimaçai parce que détestais absolument entendre une femme pleurer mais c'était Tanya qui avait fait ça toute seule.

Je secouai la tête et les mots de ma mère me revinrent en mémoire. "Tanya si tu ne peux pas rester avec moi au plus mal et quand c'est difficile alors tu ne me mérites pas quand je suis au mieux. J'étais à la guerre… et tu avais peur ?" crachai-je, en roulant des yeux. "C'est des conneries et tu le sais. Tu m'as trompé… Je t'avais laissé le choix avant de partir. Tu n'as pas voulu. Ce n'est plus mon problème."

"Et tes affaires ?" demanda-t-elle et je savais qu'elle avait quelques affaires qui avaient appartenu à mes parents. Pas grand-chose – des vêtements, un film ou deux, quelques cd et peut-être des photos. Rien d'essentiel parce que toutes les affaires étaient dans un garde-meuble auquel elle n'avait pas accès.

"Garde tout. Je m'en fiche," lui dis-je en haussant les épaules. "Il faut que j'y aille maintenant. Bonne chance Tanya !"

Sur ce je mis fin à l'appel, coupant une litanie de sanglots et de jurons. Je ne pouvais plus l'écouter parce que tout avait toujours été pour elle, ce qu'elle ressentait elle. Ce qu'elle voulait ou ce dont elle avait besoin. Et j'avais des choses plus importantes à gérer.

Je m'appuyai contre le mur et attrapai les plaques d'identification que Bella portait autour de son cou. "Dis-moi ma belle ?" demandai-je doucement, en appuyant mon front contre le sien. "Explique-moi pourquoi tu as perdu la foi en moi à cause d'un seul mot d'elle ? Je pensais avoir été parfaitement clair au sujet de ce que je ressens pour toi."

Ses yeux se remplirent de larmes mais elle ne me regardait pas. "Je suis désolée, Edward… ce n'était pas juste un mot, c'est tout ce qu'elle a dit."

Je soupirai ignorant mon estomac qui grondait. Je la pris dans mes bras et tombai sur le lit à côté d'elle et je déposai des baisers sur son front. "Dis-moi chérie à quoi tu penses."