Seconde année d'étude
L'ambiance était électrique et cela n'avait rien à voir avec les orages incessants qui secouaient la Grande-Bretagne depuis une semaine maintenant. Allénore et Albus ne savaient plus où se mettre, où se positionner, coincés entre leurs deux amis. Rose ne sortait de sa chambre que pour aller en cours, ou pour se rendre chez Ollivander. Scorpius à peu de choses près, faisait exactement la même chose. Dès qu'ils quittaient leurs antres, l'un comme l'autre, s'assuraient de fixer des yeux le sol, au risque de croiser le regard de l'autre. L'air n'avait jamais était aussi irrespirable. Rose aurait voulu inspirer et expirer normalement.
Rose avait peur d'avoir besoin de Scorpius. Et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Pour autant, les faits étaient là. Son corps l'empêchait d'être avec un autre, et son esprit était enchaîné à celui de Scorpius. Son corps, son esprit, tout ce qu'elle était, réclamaient Scorpius comme ses poumons avaient besoin d'air, son coeur de sang... Parfois, il fallait peut-être juste arrêter de lutter… Scorpius était sa première et sa dernière pensée de la journée. Elle avait besoin de lui parler, de lui raconter sa vie, d'entendre son rire, de le voir lever les yeux au ciel, d'être présente dans sa vie et lui d'être présent dans la sienne. Et cette présence, cette amitié, Rose pensait qu'elle aurait pu s'en contenter encore très longtemps. Mais ce n'était pas le cas. Voir Elzima dans ses bras, ça l'avait mise en colère, plus qu'elle ne l'aurait pensé. Ca avait fait bouillir son sang, au point de saccager tout à l'intérieur d'elle.
Rose était persuadée que c'était le bonheur de Scorpius, qui était important.
Que leur amitié était plus importante.
Mais égoïstement, aujourd'hui, elle ne voulait plus de tout ça.
Elle le voulait juste lui.
Elle le voulait, de toutes les façons possibles et imaginables.
- Rose ? l'appela une voix à travers sa porte.
Elle reconnue le timbre hésitant d'Allénore et se leva pour lui ouvrir. Rose avait toujours été une personne organisée : chaque chose avait sa place, ou tout du moins, un endroit où aller : les cahiers dans les tiroirs, les livres dans la bibliothèque, les vêtements dans la penderie… Cependant, sa chambre ressemblait à un champ de bataille. Et on savait qui venait de la perdre, la bataille. En vérité, le vrai bazar se trouvait dans sa tête. C'était brumeux et elle voulait que tout soit clair.
- Ca va durer encore longtemps ? demanda froidement sa meilleure-amie.
Rose la regarda, les yeux écarquillés :
- T'as bien vu comme moi ? Elzima et…
- Je m'en contrefiche de cette fille ! la coupa Allénore. Comme je me contrefiche d'Ethan. Parce que vous, vous vous en contrefichez.
- Ce n'est pas vrai…
- Oh si Rose.
Rose s'affala sur son lit et observa Allénore, qui d'un sortilège informulé, rangea sa chambre en un coup de baguette.
- Pourquoi vous n'êtes pas ensemble ? soupira-t-elle finalement.
Rose la fusilla du regard, parce qu'elle, elle s'était bien abstenue de lui poser cette question, quand elle batifolait avec Edward alors qu'Allénore était déjà folle de Louis...
- Et si ça ne marchait pas ? s'écria Rose en ravalant ses mots. L'amitié dure toujours, l'amour non. Je ne veux pas le perdre. Et toi et Albus ? Si on se déchire quelles seront les conséquences ?
- L'amitié ne dure pas toujours Rose, s'esclaffa Allénore. Tu es toujours amie avec les enfants que tu fréquentais en école primaire toi ?
- Non mais ce n'est pas pareil. Je parle de notre amitié à nous. Nous quatre, c'est différent. C'est...
- Pour toujours, termina Allénore. Quoiqu'il arrive. Que Scorpius et toi soyez ensemble ou non. Je pense que tu te cherches des excuses.
Rose resta silencieuse.
- Je crois que tu te poses trop de question et que vous êtes en train de passer à côté de quelque chose de qui vous dépasse, continua la brune.
Allénore s'en alla et Rose reprit son devoir.
« Violetta Beauvais est une célèbre fabricante de baguettes magiques de La Nouvelle-Orléans. Pendant de nombreuses années, elle refusa de révéler quelle substance elle utilisait comme cœur de ses baguettes faites en aubépine des marais. Lorsque l'on découvrit qu'elles contenaient du poil de rougarou, une rumeur persistante selon laquelle ses baguettes se nourrissaient de magie noire commença à se faire entendre… »
Puis elle laissa tomber sa plume. Parce qu'elle s'en moquait bien de Violetta Beauvais et de ses baguettes en aubépine des marais. Elle aurait aimé pouvoir se concentrer. Seulement, elle n'y arrivait plus.
Rose était désolée d'avoir été si aveugle, de n'avoir pas cru qu'un jour, quelqu'un pourrait l'aimer comme ça, ou qu'elle-même pourrait aimer comme ça. Elle sortit de sa chambre. Il était seize heures et elle voulait des pancakes. Alors elle se dirigea vers la cuisine, sortit les ingrédients, le fouet, un grand récipient. Et elle se rappela qu'elle ratait toujours la pâte, que c'était Scorpius qui fouettait, parce qu'elle, elle faisait toujours des grumeaux parce qu'elle n'avait pas assez de force malgré toute la volonté qu'elle y mettait. Et ça la frappa. Elle n'y arriverait pas sans lui. Elle n'arrivait à rien sans lui... C'était lui, qui l'avait poussé à aller Ollivander. Lui qui lui avait offert son dernier match de Quidditch à Poudlard. Lui, et encore lui qui la poussait à aller de l'avant, qui la confrontait, qui la rassurait ... Rose laissa tout en plan dans la cuisine. Les oeufs, la farine... Tout.
Elle entra dans la chambre de Scorpius. Elle attendit. Elle détailla la pièce, son grand lit aux draps bleus, ses murs dont on ne savait plus la couleur tant ils étaient recouverts de photographies. Elle caressa du bout des doigts, l'une d'entre elle. C'était un cliché d'elle, de Scorpius et de Clyde, deux jours après qu'elle le lui ait offert.
Cette situation, ça ne pouvait plus durer. Rose refusait d'avoir mal comme ça une seconde de plus. Et si elle était condamnée à se jeter dans le vide pour que ça s'arrête, pour que la douleur se taise, alors elle le ferait, même si elle avait peur. Elle ne voulait pas perdre Scorpius.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
Rose sursauta et se tourna vers Scorpius. Les larmes coulèrent et elle déglutit, pour mieux faire monter les mots dans sa gorge, mais rien ne sortit. Et elle pensa aux pancakes, et à toutes ses choses qu'elle n'arriverait, ne pourrait pas à faire si Scorpius ne faisait pas partie de sa vie. Ecouter les jérémiades d'Albus, rire, elle n'aurait jamais pu remonter sur un balai, elle ne serait jamais sortie avec Sebastian, sa peau serait même restée bleue pour toujours, elle n'aurait jamais ouvert sa lettre pour l'ISBM, Allénore et elle ne se seraient peut-être jamais réconciliées...
Rose aimait Scorpius.
- Je n'y arrive pas sans toi…, murmura-t-elle.
ATTENTION CACHECOEUR RACONTE SA VIE PAS INTERESSANTE :
Hello hello, ici CacheCoeur en direct du wifi de sa résidence universitaire réparée ! Bon bon bon ! Faut pas m'en vouloir de vous laisser avec ce cliffhanger. Pas de chapitre mercredi en plus, parce que je vais avoir une semaine chargée, et que je n'aurais probablement pas le temps de publier !
Mes lectures :
- Flocons, neige et patatra de Bibi2 : Bon, il faut aller faire un tour sur le site HPF, que je vous recommande chaudement si vous ne le connaissez pas déjà. L'allure du site pour faire peur, mais on y trouve des pépites et la communauté HPF est juste... formidable, chaleureuse et je le dois beaucoup en réalité. Donc bref, Bibi2 a écrit cet OS pour moi, dans le cadre de l'échange de Noël du forum. Donc je manque sûrement d'objectivité. Mais bref. Si vous aimez le doux, le sucré, ALLEZ LIRE ! On y découvre Hannah, qui vient tout juste de racheter les Trois balais après la guerre, et est déterminée à rendre un peu de magie et de chaleur à l'endroit, qui est resté tout gris et triste depuis... bah depuis la guerre. Elle y rencontre Neville, et... bref. Allez lire, c'est tout simplement d'une douceur infinie !
CacheCoeur :)
