Voici la suite !

Et vous savez quoi ? J'ai fini ma thèse ! Je vais avoir un peu plus de temps pour écrire maintenant normalement. Je pense finir cette fic d'ici la fin de l'année. On entre le dans le dernier tiers de l'histoire. La fin est déjà écrite dans ma tête, j'attends pour la poser sur le papier.

Oh et vous savez quoi ? Il y a un nouveau chapitre sur Rowling a dit ! Si, si vous ne rêvez pas !

Merci aux reviewers et bonne lecture!


La Baguette de Sureau

Samedi 25 mai 1996 : maison

Quand je me suis réveillée, je me sentais plutôt bien. Merci aux 8 heures de sommeil de plomb qui m'ont permis de récupérer. J'étais courbaturée, mais rien d'insurmontable. Mes blessures étaient nettoyées, bandées et soignées. Un flacon de dictame était posé non loin : un de mes elfes avait dû le récupérer au Phare et avait eu la bonne initiative d'en badigeonner mes plaies. Je ne leur aurais pas attribué de connaissances en potions si on me l'avait demandée, mais j'étais contente qu'ils en aient, sans doute parce qu'il m'arrive de leur demander de m'assister dans mon travail.

Je me suis levée et étirée lentement avant de me lancer un sort de diagnostic, cherchant des blessures cachées et ne trouvant, à mon soulagement, aucun problème.

Dumbledore était réveillé mais semblait incapable de se redresser tout seul. Il m'a dévisagée pendant que je posais ma main sur son front pour vérifier s'il avait de la fièvre – non – puis quand j'ai soulevé les couvertures pour voir l'état de son bras gauche. Je ne sais pas ce que j'avais espéré, peut-être un mieux, mais ce que j'ai vu m'a fait grimacer. On aurait dit que son membre avait été calciné. Noir, décharné et sur le point de s'effriter.

- Vous avez mal ? ai-je demandé.

- Pas tellement non.

Sa voix était faible, mais distincte. Il semblait lucide.

- Vous pouvez bouger votre main gauche ?

Ses doigts ont tressauté. Je doute qu'il puisse encore se servir de ce bras là. L'amputer aurait été la meilleure solution de mon point de vue, mais il a refusé. Je l'ai légèrement redressé sur une pile de coussin pour qu'on puisse discuter sans que l'un de nous ne se torse le cou.

- Vous avez mangé ?

- Vos elfes se sont admirablement bien occupés de moi Crystall.

J'ai hoché la tête : je ne m'attendais pas à moins de leur part, mais c'était tout de même bon de l'entendre. D'un mouvement de baguette, j'ai rapproché le fauteuil où j'avais dormi du lit et je m'y suis assise. Le silence s'est étendu entre nous. Je ne savais pas quoi dire et il m'a épargné la peine de commencer la pénible conversation qui se profilait. Celle-ci n'a toutefois pas débutée comme je le pensais :

- Avez vous amené ma baguette ici ?

Haussant un sourcil, j'ai lancé un Accio : je ne savais plus ce que j'avais fait de ladite baguette, même si j'étais sûre de l'avoir au moins ramenée avec moi jusqu'au Phare. L'objet a sauté dans ma direction et je la lui ai tendue. D'une main tremblante, il l'a saisie et l'a intensément regardée avant de demander :

- Connaissez -vous le conte des Trois Frères ?

Je me suis demandée si le sort n'avait pas atteint son cerveau d'une manière ou d'une autre : quel intérêt de savoir ça ? Comme chaque enfant né-sorcier, j'avais été élevée avec les contes de Beedle le Barde, même si celui-ci n'avait jamais été mon préféré.

- Pourquoi ?

- Voyez vous, Crystall, certains contes ne sont que ça : des contes. D'autres tiennent plus de la légende. Voyez vous la différence ?

- Un conte est entièrement fictif, une légende se base sur des faits tout ou partie réel, ai-je répondu.

Je ne voyais pas d'avantage où il voulait me mener, sachant qu'il y avait des sujets beaucoup plus importants à discuter, mais vu son état et ce qu'il venait de vivre, je ne souhaitais pas le brusquer plus que nécessaire.

- Le conte des Trois Frères devrait plutôt s'intituler la légende des Trois Frères. Les Peverell étaient les détenteurs initiaux de trois fabuleuses reliques : la baguette de sureau, la pierre de résurrection et la cape d'invisibilité. Qu'ils les aient fabriqués ou que la Mort les leur ai donnés, je ne saurais le dire cependant.

- Quel intérêt ?

- J'ai passé… de longues années de ma jeunesse à chercher les Reliques de la Mort avec un de mes amis de l'époque. Nous avons tracé l'histoire et le parcours de ces extraordinaires objets. Sans grand succès pour ma part, je le crains. Jusqu'à ce que j'acquiers ceci après avoir défait Grindelwald.

Il a soulevé sa baguette, et j'ai commencé à comprendre où il voulait en venir. Ce n'était pas bien difficile en même temps. Et c'était totalement délirant. Cela a dû se voir sur mon visage car il a eu un faible sourire avant de me tendre sa baguette d'un petit mouvement.

- Prenez là, vous comprendrez.

- Dumbledore, nous n'avons pas de temps à perdre avec ces fadaises, ai-je répondu.

- S'il vous plaît : faites plaisir à un vieil homme blessé.

OK, j'avoue, ce salopard m'a eu en me prenant par les sentiments. Je me suis aussi dit que si je m'exécutais, il me ficherait la paix après et qu'on pourrait enfin parler de choses sérieuses. J'ai tendu la main et j'ai attrapé la baguette.

Au moment où elle s'est retrouvée calée dans ma paume, j'ai senti un puissant souffle magique me parcourir et une chaleur inattendue. C'était fort, presque ravageur. A la fois loin et si proche de ce qu'on ressent quand Ollivanders nous met en main la baguette qui nous convient. Mes sensations me disaient que je tenais une baguette conçue pour moi, mais en même temps quelque chose clochait. Je ressentais du bien être, mais aussi l'incroyable puissance de l'objet. L'impression d'être invincible s'est emparée de moi.

- Elle est à vous, m'a dit Dumbledore comme je gardais le silence. Voldemort m'a désarmé, et en a un instant été le Maître, mais le fait que vous la lui ayez reprise en fait de vous la propriétaire.

- Je… Je ne comprends pas ?

- La baguette de sureau ne réagit pas comme une baguette ordinaire. Elle est continuellement à la recherche d'un Maître puissant et elle a… soif de combat. On l'obtient en l'arrachant, par un sort ou physiquement, à son propriétaire. Je me doutais qu'elle m'échapperait bientôt. Je me fais vieux et elle s'ennuyait. Qu'elle tombe dans les mains de Voldemort aurait été catastrophique. Heureusement, vous l'avez récupérée.

La baguette n'avait en soit rien de particulier. Dans un bois clair, sans fioriture. Légère, rigide, maniable. Rien d'extérieur n'indiquait sa puissance. Je l'ai tournée dans ma main, ne sachant trop quoi faire… Si ce que raconte Dumbledore est vrai, la prudence me dit que je devrais la briser immédiatement. Je me bats régulièrement. Qui savait quand j'allais perdre et quand cette baguette risquait de se trouver aux mains des Mangemorts ? D'un autre côté… Mary avait besoin de toute l'aide possible pour son combat final contre Voldemort. Connaissant ses capacités, cette baguette ne serait pas de trop. Et dans le laps de temps, je pourrais m'en servir. J'envisage de graver une rune sur la base de la baguette, rune qui me permettrait de la détruire si jamais je la perdais au profit d'un ennemi.

- C'est donc ma baguette à présent ? ai-je demandé, prudemment.

- En effet. Faites en bon usage.

Avec un hochement de tête, je l'ai empochée. Ça impliquait de Dumby n'ait plus de baguette, mais dans son état, je n'étais pas certaine qu'il ait assez de force d'ici à sa mort prochaine pour en avoir encore l'utilité.

- Souhaitez-vous rester ici ou voulez-vous que je vous tranplane chez vous ?

- Je vais abuser de votre hospitalité encore quelques jours, si cela ne vous dérange pas, Crystall.

- Et pour la suite ?

- Voldemort ne va pas s'arrêter là. Il a pris le Ministère. Sa prochaine cible sera Poudlard. Malheureusement… Je ne pense pas que nous puissions l'arrêter.

- Il faut prévenir l'école !

- Crystall, à quel point êtes vous consciente de ce qu'il se passe dans cette école ?

Sa question a fait remonter un frisson le long de ma colonne. Depuis que j'ai arrêté de boire, il s'est passé tellement de chose, que, même si j'ai conscience que quelque chose cloche à Poudlard, je ne m'en suis pas inquiétée plus que ça. Les patronus de Jonathan, bien que quelque peu inquiétants, ne semblent pas refléter de réel mal être et ni lui, ni Mary, ni Cameron n'ont fait parvenir de messages qui m'amèneraient à aller gueuler un bon coup. Mais, à bien y penser, aucun d'eux n'est du genre à se plaindre.

- Je sais que les hiboux entrant et sortant de l'école sont interceptés, ai-je dit.

- C'est bien plus inquiétant que ça. Dolores Ombrage a instauré une discipline de fer qui n'est guère propice à une bonne ambiance. Le château est totalement isolé du reste du monde. Quand bien même vous tenteriez d'avertir la direction, vous ne trouveriez aucune oreille là-bas.

- Étant donné que la nouvelle directrice ainsi qu'Ombrage sont en conflit ouvert avec moi, cela ne m'étonne pas. Je pensais plutôt que vous pourriez parler à McGonagall. Elle doit certainement pouvoir faire quelque chose ?

- Minerva fera son possible, mais ses mains sont liées. Un seul faux pas, et elle se fera renvoyer, ce qui, vous en conviendrez n'est pas dans notre intérêt.

Je me suis rencognée dans mon siège, bras croisés. Pourquoi donc fallait-il que chaque chose soit compliquée ?

- Voldemort a attaqué le Ministère : Ombrage et la directrice agirons bien en conséquence. Un événement pareil ne saurait être manqué ! Surtout que Mary se trouve là-bas ! Elle est une cible évidente.

Fallait-il que je retire Mary de Poudlard ? A cette période de l'année, il n'était pas difficile de deviner où elle se trouvait. Mais si je la prenais avec moi, il ne la trouverait jamais ! Ou tout du moins beaucoup moins facilement. Cependant, je n'étais pas en mesure de m'occuper des enfants dans l'immédiat avec ce qu'il venait de se passer et Dumbledore qui était un mort en sursit. Prenant ma baguette, l'ancienne, pas celle de sureau, j'ai créé un patronus. Le griffon est apparu, fidèle à son habitude :

- Mary, le Ministère est tombé. Dumbledore pense, et je le pense aussi, que Poudlard sera sa prochaine cible. Garde toujours tes affaires prêtes au cas où et ne quitte jamais ta cape d'invisibilité ! Si jamais l'école est attaquée, préviens moi immédiatement : je viendrais te chercher. Surtout, sois prudente. Préviens Jonathan et ton frère ainsi que tes amis.

Après une seconde, mon patronus s'est transformé en une boule lumineuse et a quitté la pièce. Dumbledore et moi avons contemplé un instant l'endroit où il a disparu et je me suis redressée.

- Je vais voir comment a évolué la situation. Vous ne sauriez pas comment arrêter la propagation du Feudeymon par le plus grand des hasard ?

- Il existe… un très vieille incantation qui pourrait contenir cette monstruosité jusqu'à épuisement de l'oxygène qui est son élément vital. Mais cela nécessiterait plus de sorcier que vous ne pourriez en rassembler. A présent, seul un Eaudeymon pourrait l'arrêter.

- Ça existe ?

- Si le Feudeymon existe pourquoi pas son opposé ? a-t-il doucement pouffé. Mais je ne connais personne qui ne sache faire cela.

- Je vais chercher.

Je me suis levée et je suis sortie de la chambre, refermant la porte avec soin derrière moi. Je crois que le vieux sorcier est retombé endormi avant même que je ne quitte la pièce.

- Veillez bien sur lui, d'accord ? ai-je demandé à mes elfes qui attendaient dans le couloir. Prévenez moi si son état se dégrade. Où avez-vous enterré Vri ?

Ils m'ont emmenée dans un coin reculé du jardin, près de la petite rivière qui délimite le terrain du manoir. Il y avait là un petit buisson de rose, que je savais à présent beaucoup moins innocent qu'il ne le paraissait.

- Nous l'avons enterré là, Maîtresse. Ainsi, il continuera à servir la famille Entwhistle en renforçant les protections du Manoir.

Il n'avait pas besoin de préciser comment : le Rosier allait se nourrir de ce corps, enterré sous une partie de ses racines, comme une plante classique le ferait d'un bon engrais. Quelque part, je trouvais le Rosier abjecte et rebutant. Mais son utilité me faisait passer outre cela. J'ai fermé quelques secondes les yeux pour rendre un hommage silencieux à l'elfe qui m'avait si bien servie.

- Tu as bien travaillé, ai-je finalement déclaré avant de transplaner pour me rendre jusqu'à 12 Square Grimmaurd.

Kreattur est apparu dès que j'ai fait un pas dans la maison.

- Maîtresse, a-t-il gémi, au bord des larmes. Ils disaient que vous étiez morte avec Albus Dumbledore !

Kreattur n'étant pas rattaché directement à mon service malgré mon statut d'Intendante, il ne peut pas savoir si je suis morte ou pas comme le peuvent mes elfes.

- Ça n'a pas encore été pour cette fois Kreattur. Ils sont à la cuisine ?

- Oui, Maîtresse.

- Peux-tu nous préparer des boissons ? Pas d'alcool pour qui que ce soit s'il te plaît, même si on te le demande. Ils se contenteront de thés.

Je suis abstinente depuis ce qui me semble être un long moment, mais je ne me sentais pas de voir des gens boire devant mon nez et encore moi résister à une bouteille sur la table. J'avais envie d'un verre. De plusieurs verres en fait. J'essayais de me rassurer en disant qu'avec ce que je venais de vivre, c'était normal, que ce n'était pas un violent signe de rechute. Ça m'était déjà arrivé plusieurs fois, bien sûr, mais pas aussi puissant. Pas au point de vouloir me noyer à nouveau dans le Whisky Pur Feu.

Je me suis dirigée vers la cuisine, ignorant le regard assassin que me lançait portrait de la mère de Sirius. La cacophonie qui en émergeait ne me donnait pas du tout envie d'y aller, mais je me suis engagée dans l'escalier descendant au sous-sol jusqu'à la grande cuisine, seule pièce à la disposition de l'Ordre qui soit assez grande pour accueillir tout le monde.

Et du monde, il y en avait ! J'ai reconnu Dedalus Diggle, Elphias Doge, Alastor, McGonagall, Sturgis Podmore, Emmeline Vance, Kingsley Shacklebot, Andreas et son fils, Augusta Londubat, Rogue, les Tonks, les Weasley –Molly, Charlie, Bill, Fred et George –et quelques autres. Je n'avais pas vu Molly depuis qu'elle a appris la mort d'Arthur. Elle avait beaucoup maigri et semblait fatiguée. Je ne suis pas sûre qu'elle avait sa place là. Elle n'intervenait même pas dans le débats alors que ses 4 fils ne s'en privaient pas. Il manquait quelques personnes, dont Remus et Sirius, mais je ne m'inquiétais pas pour eux. Ils devaient encore être en train de se battre au lieu de paniquer dans ce sous-sol.

Il a fallu un moment avant qu'on ne remarque ma présence. Andreas a été le premier grâce à ses sens de lycanthrope, suivit par Alastor qui a été nettement moins discret que lui :

- GAMINE ! a-t-il rugi en se dirigeant vers moi, claudiquant plus que jamais.

Il a alors fait un truc que je n'aurais jamais imaginé venant de lui : il m'a donné une puissante accolade. Le silence s'est fait dans la pièce.

- T'es vivante, a-t-il ensuite continué.

- Il semblerait.

- Et Albus !? s'est exclamé Dodge.

J'ai jeté un bref coup d'œil à Rogue, qui m'a adressé un petit rictus que j'ai très bien interprété : il ne leur avait rien dit. Sans doute pour le plaisir de les voir s'affoler.

- Il est vivant et en sécurité. Mais grièvement blessé : il va mourir d'ici quelques semaines. Voldemort l'a touché d'un sort de magie noire irréversible.

L'information les a aussi bien rassurés que douchés. Dumbledore est, après tout, le pilier de la lumière. Une nouvelle vague d'agitation s'est propagée. Qu'allaient-ils devenir sans leur leader ? Voldemort allait gagner c'est sûr ! J'ai été énervée qu'ils se laissent démonter aussi facilement : si la résistance ne tenait qu'à un seul homme nous étions foutus dès le départ, pour puissant qu'il soit.

- Quelles sont les nouvelles ? ai-je demandé en m'approchant de la table à mon tour.

On m'a lancé quelques regards de travers, mais ceux qui sont de mon côté n'ont pas bronché tandis qu'Alastor me faisait un résumé de la situation.

- Le ministère est sous le contrôle de Voldemort. On a pas pu faire le compte des morts, ni du nombre d'otage qu'il a. Tu as lu la Gazette d'aujourd'hui ?

- Non ?

- Il a nommé Pius Tickeness responsable du Ministère. Il y a un article encensant la nouvelle politique en place. Tous les employés, ceux encore vivants s'entend, sont invités à revenir travailler.

- Logique, la Gazette tombe avec le Ministère, ai-je soupiré en hochant la tête. On parie que ces imbéciles vont y retourner ?

- Tout le monde n'a pas de quoi vivre sur ses réserves, alors oui, ils vont le faire, a commenté Emmeline Vance sèchement.

- Certes, mais entre grignoter ses économies et aller travailler au Ministère après ce qu'il vient de se passer, toute personne censée devrait savoir quoi faire pour préserver sa vie et son intégrité physique, ai-je répliqué. Y aller, c'est soutenir Voldemort. Et le Feudeymon ?

- Il continue sa vie, a dit Andreas.

Jusque là, lui et son fils étaient planqués dans un coin sombre de la cuisine, refusant de manière très intelligente de se mêler aux discussions.

J'ai pris note mentale d'envoyer un message à Callum Rorschach pour qu'il recherche quelqu'un capable d'invoquer un Eaudeymon suffisamment puissant pour calmer le Feudeymon de Londres. Bien que je n'ai guère fois en cette solution. Sommes-nous condamnés à voir l'Angleterre brûler entièrement ? Et une fois l'île entière dévastée, cette chose ne serait-elle pas assez puissant pour aller jusqu'en Irlande ? Puis en France ? Quel que soit l'imbécile qui l'a invoqué, il pourrait bien avoir gagné la guerre en anéantissant le pays entier.

- Poudlard ?

- La direction a été mise au courant de la situation, m'a dit McGonagall du bout des lèvres.

- Et ?

- La gestion de crise n'est pas leur fort.

J'ai haussé un sourcil pour l'inciter à en dire plus, nous nous sommes affrontées un instant du regard puis, j'ai eu l'impression que quelque chose se brisait et elle a détourné les yeux, les fermant brièvement. Quand elle les a rouvert, elle avait l'air résignée :

- Un mouvement de résistance initié par votre fille a vu le jour au cours des dernières semaines face à ce que je ne pourrais qualifier que d'abus, de la part de Dolorès Ombrage quant à la direction de cette école. Les choses n'ont fait qu'empirer depuis.

- Aux dernières nouvelles, ce n'était pas elle la directrice.

- Hélène Gilbert n'est rien de plus qu'un fantoche du Ministère. C'est cette horrible bonne femme qui dirige Poudlard à présent, toujours suivie de Mr Linch. Quel abjecte personnage ! Mr Rusard m'était bien plus agréable.

Pour qu'elle en vienne à parler ainsi, Ombrage et Linch avaient dû vraiment lui déplaire. L'histoire de rébellion de Mary m'a cependant fait froncer les sourcils. Je connais ma fille et malgré ce que les sorciers aimeraient qu'elle soit -leur sauveur- elle n'est pas du genre à aller à l'encontre de l'autorité et à prendre la situation en main à moins qu'il ne se passe des choses extrêmement graves. Elle a ce côté très solitaire et et très individualiste qu'on trouve souvent chez les Serdaigles, sans vouloir caricaturer cette Maison : c'est un trait qui est aussi retrouvés ailleurs.

Cette manière d'être est pour beaucoup de ma faute. Elle a déjà trop donnée à cette Angleterre ingrate de mon point de vue et je l'ai éduquée dans l'optique qu'elle ne devait rien à personne. Qu'on ne pouvait exiger d'elle un sacrifice, conscient cette fois, en lui demandant d'affronter Voldemort. A 15 ans qui plus est ! Ce n'est pas à elle de faire cela. Si Voldemort ne s'acharnait pas à vouloir la tuer de sa main et ce aussi loin que je pourrais l'emmener, je nous aurais déjà fait quitter le pays depuis longtemps.

J'ai repoussé ces pensées au fond de mon esprit : j'avais plus urgent à penser. Sans Dumbledore, ils semblaient tous apeurés. Moi, j'ai renoncé à l'aide du vieux glucosé depuis bien des années. Et j'étais bien préparée à ce moment où Voldemort allait enfin sortir de sa cachette. J'avais les idées claires quant à ce qu'il fallait faire.

- Minerva, Rogue. Le Ministère n'est plus. Ce qui signifie que Hélène Gilbert, Dolorès Ombrage et Jeptah Linch ont perdu leur soutient. C'est le moment de faire le ménage. Jetez les hors du château et reprenez en les rênes. Préparez le pour résister à une attaque. Maintenant que les instances de pouvoir sont sous le contrôle de Voldemort, le seul lieu symbolique qu'il n'a pas annexé est l'école… Sans compter que Mary s'y trouve et qu'après Dumbledore il s'agit de sa cible prioritaire. Préparez aussi un plan d'évacuation pour les élèves. Pas de Poudlard Express pour eux cette année. Je veux des Portoloins.

- Le Poudlard Express semble quelque peu dangereux comme moyen de transport, en effet.

- Minerva, je vous laisse ça en main : je suis sûre que reprendre le contrôle de l'école ne devrait pas être bien difficile. Rogue, je veux te parler à la fin de cette réunion, ai-je dit.

Il a haussé un sourcil tandis que d'autres les fronçait. J'ai secoué la main pour balayer les objections qui pourraient être émises et j'ai continué :

- Si vous avez des parents qui pourraient être utilisés contre vous, comme otage par exemple, je vous conseil de prendre vos dispositions pour les faire disparaître. Je possède des maisons sécurisées qui sont habitables.

En disant cela, j'ai surtout regardé Agusta qui a son fils et sa belle fille à Ste Mangouste. L'hôpital a des défenses contre les intrusions, mais ne résistera pas bien longtemps aux assauts des Mangemorts quand ils se feront la réflexion qu'il s'agit d'un lieu tout aussi stratégique que le Ministère ou Poudlard.

- Si ce n'est pas déjà fait, protégez vos maisons, utilisez le Fidelitas si nécessaire mais faites attention de ne pas confier vos vies aux mauvaises personnes. Dans l'immédiat nous devons éviter de nous faire chopper. Par la suite, nous mettrons en place un réseau d'évacuation pour les Nés-Moldus et les traites à leur sang dont la vie va devenir compliquée à compter d'aujourd'hui.

Ils ont tous hoché la tête, la peur se lisant sur la plupart des visages. Ce qui est arrivé à Dumbledore les a vraiment démonté. Ils ont tous pris congé les uns après les autres. Bientôt, seuls restaient Rogue, Andreas, Lavrenti et Alastor. Je les ai évalué du regard avant de me tourner vers Rogue qui m'intéressait.

- Je sais que tu espionnes les Mangemorts pour Dumbledore. Je sais qu'il te fait confiance et… considérant ce que je sais, je pense qu'il n'a pas entièrement tord.

- Qu'est ce que tu veux Entwhistle ?

- Je veux savoir si je peux compter sur toi, même si Dumby va mourir. Je veux savoir si tu souhaites continuer à tenir ton rôle auprès de Voldemort ou si tu préfères te retirer. Je peux te faire disparaître de la circulation.

- Tu me proposes une échappatoire ?

Le cas Rogue était épineux. Je ne savais pas moi-même si je pouvais lui faire confiance ou pas. Certaines de ses actions passées me faisaient dire "oui", mais la relation conflictuelle qu'il a entretenue avec les Maraudeurs et avec moi me faisait dire non. Si je ne pouvais pas compter sur lui, le faire disparaître était la meilleure option. Une part de moi considérait également qu'après la vie qu'il a menée jusque là, même en temps de paix vu qu'il déteste les enfants, il méritait de se retirer et qu'on lui foute une putain de paix royale. J'en rêverai aussi pour moi, tiens.

Il m'a toisée un long moment. Nous nous sommes évalués du regard en silence, ce que nos spectateurs ont respecté. Je crois que personne ne lui avait jamais proposé une telle chose ou montré un minimum de considération. Voldemort certainement pas, Dumbledore s'est empressé de se servir de lui en utilisant sa culpabilité vis-à-vis de la prophétie et de Lily. Je ne peux pas prétendre le connaître, mais ça a dû me faire marquer des points.

- Je reste Entwhistle, a-t-il finalement déclaré. Et je t'aiderai.

- Je sais que nous ne nous sommes jamais très bien entendus, ai-je répondu. Et je ne pensais jamais dire ça un jour mais : je compte sur toi Rogue, ne me déçois pas et reste en vie.

- Cela va de soi.

Il m'a adressée un mouvement de tête avant de partir dans une de ses grandes envolées de cape dont il a le secret. Je me demande combien de temps il a passé à s'entraîner avant de réussir à faire ça sans s'empêtrer dedans. L'imaginer faire des essais devant le miroir m'a fait sourire avant que je ne me tourne vers Andreas et Alastor qui me tiennent à présent lieu de lieutenants.

- Tu lui fais vraiment confiance ? m'a demandé l'ex-auror.

- Étrangement oui. Mais tenons le tout de même à l'œil au cas où. Il a toujours su se sortir de toutes les situations et j'aimerais éviter que nous soyons pris à revers si jamais les choses empirent.

Ils ont hoché la tête et... J'ai décoché une méchante droite à Andreas. Ne s'y attendant pas le moins du monde, il n'a pas eu le temps de complètement esquiver et s'est retrouvé le cul par terre. Je l'ai toisé, campée sur mes deux jambes avant de lui cracher :

- Tu m'as livrée en pâture à Voldemort connard !

Il n'a essayé, ni de se relever, ni de riposter. Il s'est contenté d'essuyer le sang qui a coulé de sa lèvre fendue. Il est resté silencieux et je lui ai asséné un coup de pied bien sentit dans le tibia :

- Pourquoi ? Parle ! ai-je exigé.

Je n'étais pas d'humeur très clémente : c'était une tentative d'assassinat ! Mais s'il avait réellement voulu me tuer, il n'aurait pas pu le faire en raison du Serment Inviolable qui nous lie. Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose. Il avait crû avoir trouvé le moyen de me procurer la puissance suffisante pour faire jeu égal avec le mage noir. Seulement quelque chose avait loupé. Je voulais savoir quoi et comment on pouvait faire pour que ça ne rate pas une seconde fois.

- L'énerrrgie cirrrcule au sein d'une meute. Elle est charrrriée d'un membrrre à l'autrrre, forrrmant un rrréseau. En temps norrrmal, cette énerrrgie n'est pas décelable. En cas de danger, en rrrevanche, l'alpha peut y avoirrr accès et l'utiliser pourrr augmenter sa es alpha malgrrré toi, mais tu l'es. Tu aurrrrais dû pouvoirrr utiliser l'énerrrrgie des tiens. Ça a fonctionné au début, mais soudainement, le lien s'est coupé. Comme si le loup avait disparrru.

Qu'il y ait une vraie bonne raison m'a rassurée. Et le concept m'a intéressée. J'ai en revanche immédiatement compris pourquoi ça n'a plus marché une fois que je me suis retrouvée face à Voldy.

- Il était terrifié. Le loup dans ma tête est allé se cacher.

Andreas m'a regardée un instant, comme s'il ne me croyait pas, avant de reprendre.

- Cette rrréaction est norrrmale. Mon loup a fait parrreil. Mais qu'il batte en rrretraite ne devrrrait pas avoir d'influence sur ta capacité à utiliser ses atouts. Nous allons devoirrr trrravailler ce point.

J'ai hoché la tête et il s'est redressé, lançant un coup d'œil à son fils qui avait l'air hautement amusé de ce qu'il venait de se passer. Ou tout du moins amusé que j'ai donné une beigne à son père.

Nous avons ensuite quitté à notre tour Square Grimmaurd. De mon côté, ça a été pour me rendre sur mon île. Comme je m'en doutais, il y avait des traces du passage des Mangemorts. Heureusement, les sorts apposés sur le Phare avaient remplis leur office : personne n'avait pu y entrer. Voldemort n'avait pas fait le déplacement en personne sinon ça n'aurait pas été le cas. Il s'agissait toutefois d'une nouvelle preuve que mon lieu de résidence était connu de mes ennemis...

Je voyais les traces de leur essais infructueux. Ils s'étaient acharnés sur les tables et chaises présents sur la terrasse, avaient détruits toutes les serres, quelques moutons étaient morts, sans doute par dépit et vengeance. Rien de bien grave, mais j'avais l'impression que tout était souillé à présent.

En entrant dans le Phare, j'ai été accueillie par Ofero, que j'avais, à ma plus grande honte, oublié dans le feu de l'action. Il m'a fallu un long moment pour le rassurer et je me suis demandée si je n'allais pas l'emmener au Centre. Il y serait en sécurité, pourrait jouer le rôle de gardien et aurait de la place pour se dépenser.

J'ai décidé de nettoyer ce que les Mangemorts avaient saccagé, tout en les maudissant et en réfléchissant à la suite. Je devais impérativement apposer les barrières autours de l'île, mais je n'étais pas prête. Pas encore. Il me manquait quelque chose une dernière clé pour arriver à combiner les deux sceaux qui rendraient possible le contrôle de l'énergie tellurique.

C'est Ofero qui m'a alertée. Il a redressé la tête et s'est mis à grogner, crocs dévoilés. J'ai brandi ma baguette dans la direction concernée tout en me demandant ce qu'il allait encore m'arriver.

- Montrez vous ! ai-je exigé.

Une silhouette a surgi de derrière un bosquet mais je n'ai pas vu de baguette et au lieu de me foncer dessus, elle s'est assise. Il y avait du sang, de la terre, des débris, de la poussière et ça sentait fort la sueur, la peur et le désespoir. Je n'ai reconnu la personne que lorsqu'il a levé les yeux vers moi.

- Remus ?

Je me suis rapidement approchée et j'ai écarté de son visage les mèches de cheveux qui y étaient collées. C'était bien lui, avec ses cicatrices et son regard lunaire.

- Remus, ai-je appelé plus doucement. Qu'est ce qui t'es arrivé ?

Il m'a regardé quelques secondes comme s'il ne me reconnaissait pas, puis, l'air profondément désolé il m'a annoncé :

- Les Mangemorts… Ils ont capturé Sirius.


A suivre...