Seconde année d'étude
- J'aime ce grain de beauté à l'intérieur de ta cuisse gauche !
Il aimait tant d'autres choses chez elle. Quand elle soupirait de plaisir, qu'elle gémissait son nom... Il adorait ça aussi. Et tout était si nouveau...
Rose s'esclaffa et rabattit la couverture sur leurs deux corps nus. Blottie dans ses bras, elle s'amusa à lier et délier leurs deux mains. Scorpius embrassa son épaule et elle soupira, les sens en éveil. Ils s'étaient découverts, et Rose pour la première fois de sa vie, avait la sensation de n'avoir jamais été aussi intime avec quelqu'un, de n'avoir jamais été autant à sa place, dans les bras de Scorpius. Ils étaient fait pour elle, et les siens, étaient faits pour lui. Ils s'étaient vus comme jamais ils ne s'étaient vus, partant à l'aventure d'un autre corps qu'ils connaissaient depuis si longtemps, sans vraiment le connaître.
- Je savais que ce serait fort, marmonna Rose. Mais je ne m'attendais pas à ça.
Embrasser Scorpius, c'était… Indescriptible. C'était comme avancer dans le noir : on mettait les mains devant soit en priant pour ne pas se cogner dans un objet. Ça avait quelque chose de terrifiant, mais de grisant. Et après mille baisers échangés, Rose ne s'en lassait toujours pas. Les couleurs n'étaient pas plus vives, le monde ne s'arrêtait pas de tourner, au contraire : tout allait à la fois plus vite ou plus lentement, mais la vie continuait. Elle continuait, mais avec Scorpius à ses côtés.
- Moi, je ne m'attendais pas à toi tout court, répondit Scorpius en fermant paresseusement les yeux.
Avec les vacances de pâques, Allénore était partie en France rendre visite à sa famille et Albus retourné chez ses parents, profiter un peu de Lily, de ses parents, et même s'il ne l'avouerait jamais, de son frère. Ils avaient eu l'appartement pour eux seuls, pendant une semaine.
Ils avaient profité de la cuisine. Du salon. De la salle de bain. Scorpius était débordant d'imagination... Rose ne s'en était pas plainte un seul instant.
Officiellement, le rousse était retournée chez elle, et Scorpius lui, était en vacances avec ses parents en Cornouailles. Officieusement, ils allaient de sa chambre à lui, pour aller de sa chambre à elle, en passant par la salle de bain et par la cuisine de temps en temps. Scorpius attrapa la main de Rose et la posa sur son pectoral gauche, là où battait son cœur :
- Tu crois que ça passera ?
Rose se mît à sourire, et l'embrassa sur la bouche avant de descendre vers sa mâchoire, son menton :
- Ça fait combien de temps déjà ? demanda-t-elle.
- Je crois que ça a commencé quand nous étions en sixième année à Poudlard.
Peut-être même avant.
- Trois ans. La passion dure trois ans, murmura Rose.
Dans sa voix il y avait une pointe de peur et d'angoisse.
- Nous, c'est pas de la passion Rose !
Il bascula au-dessus d'elle, et l'embrassa à son tour, semant sur sa gorge une multitude de baisers, qui la firent frissonner. De ses lèvres il chatouilla son oreille. L'intérieur de son ventre se noua et elle l'emprisonna de ses bas pour le serrer contre elle, peau contre peau.
- C'est quoi alors ? l'interrogea-t-elle en riant légèrement.
Scorpius se mît à réfléchir : est-ce qu'ils étaient forcés de nommer leur relation ? Amis, meilleurs-amis, amants ? Amis-amants ? Meilleurs-amants ? C'était compliqué. Et Scorpius se suréleva, en appuie sur ses coudes pour planter ses yeux gris dans ceux de Rose :
- C'est nous, c'est tout. *
- « C'est nous, c'est tout » ? reprit-elle en fronçant les sourcils.
- Tu sais ce que je veux dire Rose.
Elle caressa ses cheveux, et il reposa sa tête, se nichant en creux de son cou :
- Qu'est-ce qu'on dire à Albus et Allénore ? Ou à nos parents ? Qu'est-ce qu'on va dire aux autres ? s'effara soudainement la jeune femme.
- Ma mère sera contente, mon père montrera sûrement plus de réserve. Albus me gratifiera d'un regard menaçant et essaiera de me faire peur, et Allénore se réjouira pour nous. Les autres on s'en moque.
- Tu sais, en première année, je ne savais pas quoi faire, quoi penser de toi.
Il haussa un sourcils, calant sa respiration sur la sienne.
- Tu es un Malfoy, je suis une Weasley.
- Finement observé Rose, plaisanta Scorpius.
- Je veux dire, que tout le monde s'attendait à ce qu'on ne s'entende pas, ou à ce qu'on soit au contraire amis, juste pour contester une quelconque autorité parentale…
- Ma mère a beaucoup d'autorité parentale tu sais ! la coupa Scorpius.
- Et moi je voulais pas faire ce qu'ils attendaient de nous.
- Et pourtant on est devenu amis.
- Et aujourd'hui nous sommes… « Nous » ! murmura Rose.
Un bruit de verre casser les fît sursauter et Rose se redressa. Scorpius lui intima de se taire et précipitamment, il se leva. Il y avait eu quelques vols dans le quartier, et les protections et sortilèges de leur appartement étaient un peu inefficaces contre les moldus.
- Reste ici ! chuchota-t-il.
Rose hocha la tête, mordillant sa lèvre, et observa Scorpius enfiler un pantalon avant de sortir de la chambre. Il jeta un dernier coup d'oeil derrière lui, pour s'assurer que Rose restait en sécurité. Évidemment, la rousse, sans l'écouter, attrapa un pull et sortit à son tour. Bouche-bée, elle découvrit son cousin à moitié nu sur le canapé, chevauché par Nilam pas plus habillée, qui poussait des cris que Rose et Scorpius voulurent immédiatement oublier. Albus les remarquant, hurla de toute ses forces, et tira plusieurs coussins à lui.
- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FICHEZ ICI ?
- On pourrait te poser la même question ! grimaça Scorpius.
Nilam, rouge, s'était réfugiée derrière le canapé. La porte d'Allénore claqua et, les cheveux en bataille, elle salua Scorpius et Rose comme si de rien n'était :
- Salut vous !
- Mais depuis quand t'es ici ? demanda le blond.
- Très exactement deux jours !
- On ne t'as pas entendu, murmura Rose.
- J'ai jeté une multitude de sorts sur vos deux chambres dès que je suis arrivée. Insonorisation totale. Je me suis dit que ça serait utile quand je suis rentrée et que je vous ai…, elle s'arrêta avec une petite mine dégoûtée. Bref je me suis dit que ce serait utile.
Rose se tortilla mal-à-l'aise et Scorpius était rouge cramoisi.
Elle se servit un verre d'eau, avant de remarquer Albus. Elle le posa et se mît à hurler :
- TES FESSES NUES SUR MA PLACE DU CANAPÉ ! T'ABUSES AL' !
- OUI BON T'AS QU'A PAS REGARDER AUSSI ! répondit ce dernier.
Il se tourna vers Scorpius et Rose, toujours plantés debout.
- Et vous depuis quand vous… ? demanda-t-il sans réussir à terminer sa phrase.
Rose regarda Scorpius, amusée. Oui… Tout irait bien !
