Bonjour,

Aujourd'hui on revient sur les Elision et leurs employées. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture à bientôt Craft.

Prochain rendez-vous : Samedi 11 janvier.


Vendredi 10 Janvier.

La semaine est passée à une vitesse folle dans l'agence de Publicité et pour l'une des rares fois, les deux dirigeants de cette agence ont amenés leurs employés dans un restaurant où la boisson est bonne, autant que la nourriture.

Ce soir, ils ont tous quelque chose à fêter et non des moindre. Le jour d'avant, Rhadamanthe et Hadès ont peaufiné les choses dans le bureau du plus jeune des frères et s'ils y ont passé l'après-midi, ils en sont ravis. L'invitation de tous est évidement une idée du Blondin mais, le Noiraud a fini pas acquiescer bon gré mal gré. Rin a réussi avec succès le challenge donné par son aîné et s'il est le premier étonné, il sourit aussi du compliment reçu –même à demi-mot- et remercie d'avoir eu une autre chance de montrer ses compétences.

Installé depuis près de deux heures maintenant dans ce restaurant et les ventres pleins, toutes et tous continuent de savourer l'alcool qui n'arrête pas d'inonder les bouteilles et les verres.

_ Ha c'est tellement bon ! Sourit de plaisir et surtout d'ivresse Leïla en laissant son verre presque tomber sur la table. Encore félicitation à toi Sato ! Dit-elle entre deux gorgées d'un autre verre alors qu'elle se laisse tomber sur Sara encore là et beaucoup moins ivre que ses amis et collègues.

_ Merci ! Et merci à vous aussi Rhadamanthe-san et Hadès-san. Clame haut et fort le Brun aux yeux foncés qui a encore du mal avec cette nouvelle. Jamais il n'aurait pensé devenir l'adjoint de Rhadamanthe. …J'travaillerais encore plus dur qu'avant, vous pouvez compter sur moi !

_ Ah Rin, tu peux me passer un peu de ça s'il te plaît.

Donnant la bouteille à son aîné à ses côtés, le Noiraud se ressert lui-même après ça et continuant d'écouter le brouhaha environnant à cette table. Ils s'installent comme suit depuis le départ de Karin qui officie généralement comme secrétaire et d'Aoi. Il y a Hadès, Sara et Leïla d'un côté et Rhadamanthe, Sato et Rin de l'autre et tous ont plus ou moins bu.

Les paroles continuent de fuser dans tous les sens et les plus jeunes sont les plus énergiques évidemment. Ce qu'Hadès voit indéniablement puisque son regard porte souvent sur le plus jeune de tous qui se fait embêter par Satô et taquiner par Sara qui prennent toujours un malin-plaisir à faire ce genre de chose.

_ Et avec l'idée de nos patrons on va encore plus crouler sous les contrats c'est obligé ! Se vante Satô. Et faut pas oublier notre petit-bonhomme ici, c'est pour lui aussi qu'on n'est là pas vrai Rhadamanthe-san ! Les premiers chiffres reçus par la vente du jeu sont énormes et c'est grâce à lui ! Indique-t-il avec cœur et en empoignant de nouveau la nuque de celui à ses côtés. Bravo pour ton premier travail aussi d'accord, et continue de bosser comme ça !

_ J'vais faire de mon mieux mais s'il te plaît lâche-moi Satô-san, grogne Rin en essayant d'échapper aux mains de son aîné. …Hé ne boit pas mon verre toi ! Peste-t-il en fusillant du regard celle face à lui qui vient de chiper sa boisson.

_ Arrêtez d'embêter notre bébé, ricane Sara qui prend oui et non la défense du Noiraud. Regardez, il boude, …ah Rin tu es adorable. Tu as une petite-amie en ce moment ? Demande-t-elle intéressée et surtout éméchée.

_ Tu as encore une fois trop bu Sara-san, siffle l'interpellé alors que les deux autres continuent de se moquer de celui-ci. Et tu le sais déjà, je n'ai personne et tu ne m'intéresse pas.

_Tu es si cruel avec moi. Je t'adore moi, tu sais. Se plaint maintenant la jeune femme en manque d'amour depuis des mois entiers. Ton genre c'est plutôt Satô alors ou Leïla ? Ah moins que ce ne soit les blonds comme Rhadamanthe-san ! Confie-t-elle. Elle n'a plus vraiment la notion de son environnement ou bien du fait que ces patrons sont encore présents et entendent tout.

_ Je ne te répondrai pas, avertit par avance Rin qui laisse une seconde ou deux son regard dériver sur Hadès par inadvertance. Donne-moi la bouteille Satô, tu n'es pas le seul à avoir soif.

La conversation dérive une nouvelle fois et on entend Rhadamanthe rire de ce petit cirque et féliciter son cadet de son succès auprès de la gente féminine.

La table redevient bruyante, les verres claquent autant que les bouteilles mais finalement le Doré opte pour terminer la soirée en douceur parce qu'il remarque sans effort les tics nerveux de son frère qui devient de plus en plus irrités. Par de nombreuses choses assurément mais toutes ne sont pas identifiées.

_ Sérieusement ! Hadès-san tu vas tous nous raccompagner ! S'émerveille Leïla, certainement la plus éméchée de toutes et accrochée au bras de sa certainement meilleure amie.

_ Evidemment, il ne va pas vous laisser prendre le dernier train avec autant d'alcool dans le sang. N'est-ce pas Hadès ? Sourit mesquinement Rhadamanthe qui coince son frère qui ne peut pas refuser.

_ J'vous préviens que si vous salissez ma voiture, je vois renvoie. Ordonne l'aîné des frères Elision de son regard orageux et sans appel.

A la sortie du restaurant, tous avalent leurs salives et ferment leurs bouches pour ne pas contredire leur supérieur. Le Blondin de la bande continue de plaisanter et de faire enrager son frère autant que ses employés et s'ils approchent de la voiture du plus âgé, tous donnent leur adresse après que le principal concerné la demande et chacun à sa place dans la voiture, Hadès maudit son frère alors que celui-ci est fier d'avoir ouvert une voix royale à son aîné même s'il est sûr qu'il ne va rien en faire malgré tout ce qu'il a pu remarquer durant la semaine passée.

Il installe Rin devant avec lui parce qu'il prévoit déjà de l'amener en dernier et certainement pour le protéger de la prédatrice à l'arrière et sur la banquette, Satô est coincé entre les deux jeunes femmes et ne s'en plaint pas réellement.

Toute la soirée, l'Elision a observé son cadet. L'a vu rire, se rebeller, crier sur ses aînés, rougir, grogner aussi et sûrement qu'il a détesté parce qu'il n'a pas été le seul à voir ces expressions.

Le trajet dure un moment et non sans bruit.

Les trois pires ivrognes de la planète à l'arrière jacassent comme pas permis, chantent même parfois et les yeux rivés sur la route, il peut tout de même entendre le rire de ce Noiraud non loin de lui et même l'entendre pousser la chansonnette après de nombreuses menaces de la part de Sara.

La balade est donc certainement un calvaire pour le seul adulte encore sobre. Définitivement une torture mais pas jusqu'à la fin. Parce qu'une fois seul avec ce gamin, il peut l'entendre soupirer et le voir s'assoupir légèrement. Ce truc, ce n'est encore jamais arrivé, déjà parce que très peu de monde a été invité à monter dans sa voiture mais aussi parce que personne ne s'assoupit à côté de lui.

Et là, il prend son temps pour terminer « sa course ». Il descend même de son véhicule garé pour accompagner le plus jeune jusqu'à la porte de son appartement sur le toit. Il le suit en silence et il est vrai que ses yeux s'attardent sur les fines jambes qu'il peut apercevoir et plus d'une fois.

_ Encore merci de m'avoir raccompagné Elision-san, sourit finement Rin après être arrivé devant sa porte et s'être retourné. Et de me faire confiance aussi, je n'ai pas eu l'occasion de vous le dire avec ces abrutis, dit-il sans langue de bois grâce à la boisson ce qui donne un rictus à son aîné.

_ J'vais un peu plus compter sur toi à partir de maintenant alors tâche d'être à la hauteur. Indique à présent Hadès en faisant un autre pas vers son cadet qui le suit du regard.

_ Bien sûr ! Affirme cet Ebène qui s'emmitoufle un peu plus dans son écharpe à cause du vent qui vient de se lever brièvement. Mais si ça ne fonctionne pas, ça ne sera pas de ma faute d'accord ? Marmonne-t-il en jetant des œillades à l'autre Noiraud.

_ On va faire semblant que je suis d'accord avec ça, soupire l'Elision qui sent son cœur bredouiller quelque chose, il en est certain.

La réponse fait sourire et Hadès a l'occasion de revoir les canines extrêmement pointues de son cadet. C'est mignon et ça donne envie. Et voilà que ses pulsions qu'il pensait de moins en moins malsaines reviennent à la charge.

Il est là à le jauger, le scruter et en cette froide nuit d'hiver ses mains le démange, elles ont froids et ont besoin de chaleur.

Au plus, il regarde ce Noiraud aux dents de vampire –il n'a jamais appelé personne de cette façon-, au plus, ses désirs se réveillent et s'il se l'interdit ses barrières s'écroulent les unes après les autres. Pour preuve, sa main droite est posée sur la joue de son interlocuteur depuis des lustres et il ne l'a même pas remarqué.

_ Tu es… …si petit, soupire Hadès sans pouvoir se taire et en continuant de dévisager son cadet et de retirer sa main de cette joue tiède.

_ C'est vous qui êtes trop grand Elision-san, réplique Rin en laissant ses yeux dériver sur le côté et en se mordant la lèvre d'être aussi stupide. De dessouler aussi vite puisque depuis quelques minutes l'autre l'hypnotise.

_ …Un vrai gamin…, continue le plus âgé sur sa lancée et qui n'arrête plus de le scruter encore et encore. Il a beau le traiter de gamin en longueur de temps, c'est certainement le plus mignon de tous.

Pourtant, il fait souffrir le plus jeune qui a des frissons d'effroi de toutes ses remontrances à répétition. Certes, il est petit, immature, jeune et sûrement stupide mais, ce n'est pas une raison pour le lui dire à chaque occasion. Il a compris tout ça depuis longtemps et c'est pour ça que quelque part, il ne voulait pas être raccompagné par son supérieur. …Parce qu'à chaque fois, il est sur le point de craquer et de se confesser une fois de plus à son supérieur cruel et froid.

Les poings serrés et les épaules tendues, il se mord une dernière fois la lèvre avant de reprendre cette conversation pour y mettre un terme et se retrouver seul chez lui.

_ Vous devriez rentrer maintenant Elision-san…, encore merci pour tout, souffle ce Noiraud en relevant la tête et en se forçant à sourire. Faite attention sur la route.

Clairement, il se fait rejeter, se dit Hadès et cette chose le contrarie.

Il est rempli de doutes, de questions sans réponse et d'incertitude mais, il ne veut pas partir. Pas tout de suite, pas maintenant même si on l'y pousse. Alors, il se dit que se brûler une énième fois n'est pas mauvais et que peut-être ses incertitudes changeront. Enfin cette pensée n'est qu'un flash dans son esprit parce que sa main revient déjà envelopper le visage de cet Ebène pour le rapprocher de lui, jusqu'à lui voler un baiser.

Pendant un instant Rin tente de le repousser mais, la seconde main d'Hadès agrippe sa nuque et lui vole sa langue et le plaque à sa porte d'entrée. Le baiser est intense et profond. Envahissant et bouillonnant d'envie. Mais le plus jeune des Noirauds ne veut pas de nouveau être le bouc-émissaire de son aîné alors ses mains se posent sur les hanches de son supérieur et s'efforce de le faire arrêter leur petite activité nocturne.

_ Ah…~ Hadès-san… arrêtez s'il vous plaît, se plaint Rin en éloignant sa tête de celle attirante de l'autre. Vous avez trop bu ce soir et je vous ai dit de ne plus faire ça. Renchérit-il en écartant un peu plus celui-ci.

_ Je ne te le reprocherais pas et c'est toi qui as trop bu ce soir, grogne Hadès d'une voix rauque et terriblement enivrante alors que son pouce joue avec cette bouche qu'il peut goûter. …Il faut que je m'assure de quelque chose, continue-t-il en revenant à la charge.

_ Vous assurer de quoi ? Questionne le jeune Tomura qui voit ses bras perdre de leur force et céder une nouvelle fois.

_ J'en sais rien, claque la voix de l'Elision avec certitude et force, mais… j'aimerais t'enfermer quelque part le temps que je comprenne.

Sa phrase terminée, il reprend les lèvres de son cadet en otage. Les mains du plus vieux descendent rapidement sur la taille de Rin cachée par ce manteau et d'un geste précis et sans effort, il glisse ses doigts sur le fessier de ce Noiraud pour le soulever et le mettre à sa hauteur.

Coincé entre le corps d'Hadès et sa porte, le jeune Ebène entoure la nuque de son supérieur et suit maintenant ce baiser avec ardeur et envie. Il ne sait que trop bien que le lendemain arrivé, tout sera oublié ou juste passé aux oubliettes mais, le seul fait d'entendre une chose aussi égoïste de la part de son aîné le rend heureux. Même si cet égoïsme va le tuer plus tard. Ne touchant plus le sol, ses jambes s'enroulent aux hanches de l'Elision légèrement cambré dans les bras de celui-ci, de temps à autre il fixe son supérieur de ses yeux miels terriblement amoureux.

Personne ne sait combien de fois ils recommencent cet éternel baiser mais, quelques longues minutes plus tard –un grand quart d'heure après-, on peut les apercevoir tout autre part et dans une autre position, néanmoins toujours sur la terrasse du cadet –ou le toit-. Posé sur le mur avec entre ses jambes son patron –aux heures de bureau-, son visage est repris en otage par des grandes mains tandis que lui-même s'agrippe corps et âme à la veste de l'autre –caché par un manteau épais-. Ils ne font que s'embrasser et pourtant, ça semble être tout autre chose.

_ Hadès-san…, il faudrait arrêter, affirme Rin à contrecœur et en griffant sa lèvre parfaitement rougie par tant de baisers volés.

_ Pourtant tu-, pour l'une des rares fois, le plus âgé s'arrête à temps dans sa phrase et ses propos parce qu'il le sait, lui-même aurait dit quelque chose de dur et de faux. Alors refoulant ses mots, il s'éloigne –du moins son visage- de son cadet et reprend sa phrase autrement. Tu n'as pas tort, j'ai assez profité d'un gamin pour ce soir, ce n'est pas meilleur comme propos mais ce n'est pas pire. C'est même affectueux mais seul Hadès peut le dire.

_ …Hadès-san, arrêtez maintenant avant de le regretter pour de bon, laissez-moi descendre s'il vous plaît, soupire le plus jeune des deux qui revient à la réalité des choses à l'aide des mots entendus et en se voyant offrir un chemin vers la porte de son appartement toujours scellé. Faites attention en rentrant.

_ …Rin, souffle l'Ebène aux yeux bleus en suivant l'autre de près et en posant l'une de ses mains sur la chevelure épaisse qui vole au gré du vent glacial, …attend-

Il ne termine pas sa phrase et est sûrement incapable de la terminer à ce moment précis mais, il débute et c'est déjà pas mal. Il fixe une dernière fois son cadet et retire sa main au dernier moment de ces mèches duveteuses et s'il suit sans un mot, c'est sûrement pour le mieux. Il est coincé entre sa raison et son désir. Hadès voudrait succomber mais quelque chose l'en empêcher et en même temps, voir ce Noiraud accrocher à un autre le débecte. Puis, il n'a personne à qui en parler, comment pourrait-il de toute façon avouer son attirance –force est de le constater- pour un petit jeunot de onze ans son cadet. Personne ne pourrait le comprendre, il en est certain.

En haut du bâtiment, Rin est encore occupé de regarder cet escalier à présent vide et perdu dans ses pensées et ses souvenirs récents, il n'arrive pas à comprendre ce que l'autre veut lui dire. Attendre quoi ? Il n'a rien à attendre, il le sait très bien et Lundi au travail, tout redeviendra exactement comme avant. Son supérieur a simplement trop bu et lui-même s'est laissé faire après une explication muette.

Mais cette main dans ses cheveux, sur sa nuque, au creux de ses reins, il les a senties et les a aimées. Autant que cette bouche sur la sienne et ces deux billes orageuses qui l'ont scruté. Ah, il est complètement à la merci de cet homme, lui-même le reconnaît et ça n'a rien de bon. Tout ce qu'i gagner sont quelques cicatrices et un cœur brisé. Chez lui, il ferme la porte à clef, se déchausse, se déshabille et se laisse tomber dans son lit et s'enroule de sa couette pour pouvoir dormir et ne plus penser.