Bonjour,
Hier il y a eu deux tête à tête et aujourd'hui il y a le réveil. J'espère que ce chapitre qui suit la soirée d'hier vous plaira. Bonne lecture Biz à bientôt Craft.
Prochain rendez-vous : lundi 20 janvier
Dimanche 19 janvier
Il se réveille dans un endroit inconnu et spacieux. Accroché à la couette qui le couvre, Rin lorgne les alentours et laissant doucement son cerveau faire le lien avec ses souvenirs de la veille, lentement il assimile. Il assimile et comprend qu'il est certainement dans l'appartement de son aîné et patron.
Crispé sur la couverture, il espère encore ne pas avoir dérangé celui-ci mais se connaissant et connaissant la non-patience de son aîné, il en doute. Prenant une profonde inspiration, il sort de ce lit deux places et restant un temps à regarder ses jambes nues, il cherche tout autour de lui son pantalon trouvé sur le dos d'une chaise non loin de là et l'enfile peu de temps après.
Avec une certaine lenteur ce Noiraud ouvre la porte, tend l'oreille dans l'espoir d'y entendre un bruit mais le silence lui répond et il est bien obligé de visiter les lieux pour y retrouver le propriétaire.
Longeant le couloir et descendant l'escalier, cet Ebène est toujours autant impressionné par l'immensité de l'appartement et faisant des pas muets, bientôt un bruit le fait saisir et conduire jusqu'à la cuisine.
_ Il est tard, souffle Hadès en apercevant son invité –pas surpris, ni indésiré- mais intempestif dirons-nous. Tu as faim ? Demande-t-il à présent en lorgnant celui-ci et en voyant ce pantalon sur les jambes de son cadet qu'il a pu voir fines.
_ Je ne voudrais pas vous déranger davantage. Je suis désolé pour hier soir, je me suis endormi et j'ai dû vous causer des soucis. S'excuse Rin en griffant ses lèvres et en se courbant légèrement.
_ J'en ai l'habitude avec toi, affirme l'aîné qui sort à présent des croissants d'un sachet qu'il a récupéré le matin même dans la boulangerie non loin de chez lui. …Mange. Tu veux une tasse de café ?
_ Non merci je…, n'aime pas. Je préfère le chocolat chaud mais si vous n'en n'avez pas je prendrais du lait. C'est suffisant, merci. Explique le dessinateur en herbe qui vient de s'assoir sur l'un des tabourets autour du plan de travail central.
« Comme les gamins » pense Hadès dans un automatisme mais pour une fois, il ne révèle pas sa pensée à voix haute. Il se tait et verse dans un mugs du lait alors que son invité « par dépit » croque dans le croissant proposé et légèrement accompagné de confiture même si celui-ci aurait préféré du chocolat –encore-. Disons que c'est son pêché mignon et qu'il commence toujours sa journée avec ça. Le silence revenu, l'Elision prend un siège non loin de là et s'il scrute son cadet sans rien dire ça a quelque chose d'effrayant et d'étrange. Rin n'y est pas habitué et se sent embarrassé et surtout mal à l'aise.
_ Tu peux prendre une douche aussi et, je te ramènerais ensuite. Explique le Publicitaire en laissant ses orbes bleues posées sur l'insecte chez lui. Un gamin qui ne le dérange pas et qu'il n'est pas pressé de voir disparaître. Le reconnaître est déplaisant mais vrai.
_ Merci Hadès-san, répond gentiment le Cadet alors qu'il termine une bouchée de sa viennoiserie. Vous ne déjeunez pas ?
_ C'est déjà fait depuis longtemps, si tu as besoin je peux aussi te prêter un vêtement. Indique d'une voix sombre le propriétaire des lieux et qui ne quitte pas des yeux ce Noiraud.
_ ça ne sera pas nécessaire, je vais remettre ces vêtements-ci et me changer chez moi. Assure Rin en terminant son déjeuner offert et préparé par son employeur.
_ Très bien. Pour trouver la salle d'eau tu n'auras qu'à traverser le salon et prendre la porte à gauche dans le petit couloir. Souffle Hadès qui lâche sa place pour quitter la cuisine.
_ Vous… …me laissez ? Demande le Noiraud un peu perdu et ne voulant pas rester seul malgré le fait qu'il soit stressé de la présence de son aîné.
_ Mh.
L'intonation donnée, l'Elision part de la pièce et rejoint une salle inconnue pour s'y enfermer. Le suivant du regard, Rin ne dit rien. Une fois sa tasse de lait finie il en profite pour prendre une douche comme proposé plus tôt.
Il ne voit rien d'anormal dans le comportement de son aîné et il ne lui reproche rien non plus donc peut-être, se dit-il, peut-être qu'il n'est pas une gêne. Dans la salle de bain, ce Noiraud se dévêtit et sous la douche, il respire et se détend. Pendant près de vingt minutes, sa tête se vide de tous ses tracas et une fois entouré d'une serviette pour se sécher et se rhabiller, il quitte la salle d'eau les cheveux mouillés et les joues rougies par la chaleur pour revenir vers le salon où l'Elision l'attend ou non, lisant un magazine.
_ Hadès-san j'ai terminé, encore merci. Souffle le jeune Tomura en continuant de marcher vers son aîné.
_ Je-, débute le plus âgé des Ebènes en se coupant de lui-même alors que son regard se pose sur son invité. A l'instant, son cœur vient de perdre un battement. Je veux te montrer quelque chose avant de te ramener. Suis-moi.
Acquiesçant d'un geste de la tête, le plus petit suit sans un mot de plus et est entrainé dans une étrange pièce qu'on peut appeler bureau une fois à l'intérieur. C'est spacieux et l'espace est parfaitement rangé et cadré. Il y a des bibliothèques entièrement remplies de livres et de magazines en rapport avec le dessin, le graphisme ou la publicité. Deux bureaux, l'un avec tablette graphique et ordinateur, l'autre avec papier de différentes tailles, crayons, boites à feutres, critériums, gommes, règles etc et plus loin, près de la fenêtre une sorte de bureau-chevalet avec une esquisse dessus, presque terminée, presque débutée. Et les murs apparents sont pas mal remplis de croquis en tous genres…, la pièce respire le travail et la passion et Rin se sent privilégié de pouvoir apercevoir un bout de la vie privée de son patron.
_ C'est…, c'est ici que vous travaillez quand vous n'êtes pas au travail ? Wouah, c'est si spacieux et apaisant. Il ne manque rien et tous ces livres…, soupire d'aise le jeune Noiraud en s'avançant lentement vers les bureaux. Ce sont vos dessins accrochés au mur ? Et ici, c'est pour un contrat ? Je n'avais encore jamais vu ce genre de trait dans vos précédents travaux et même…, oh vous…, Hadès-san, vous essayez la couleur ? Dit-il de sa voix enthousiaste et excitée en regardant alternativement son hôte et les croquis tout autour de lui. Vous êtes tellement doué, marmonne-t-il à présent, en même temps envieux, admiratif et heureux.
_ Ce sont mes premiers essais d'université qui sont rassemblés ici, je n'arrivais pas à les jeter, raconte d'une voix neutre l'autre Ebène qui répond assez facilement aux questions même si elles sont trop nombreuses et enquiquinantes. Et disons que j'essaie… de nouvelles choses. Avoue-t-il en s'approchant de son chevalet pour apercevoir son croquis rempli de noir et de gris et parsemé d'essai de couleur. Qu'en penses-tu ?
C'est la première fois qu'il demande l'avis extérieur de quelqu'un. Généralement, quand un doute lui malmène la vie il demande à son frère de lui donner des conseils ou de le diriger convenablement mais là, il veut un avis extérieur et sur celui qui représente le mieux la couleur pour lui. Il est pétillant et rempli de vie, ce qu'il n'est assurément pas. Il veut connaître ses pensées et voir s'il est assez doué pour prendre une autre direction. Pour innover et élargir son horizon comme souvent on lui demande.
_ Moi ? Hadès-san je ne suis qu'un apprenti et-
_ Parle Gamin. Ordonne le susnommé d'un ton impérial et de son air supérieur qu'il a en toute circonstance.
_ Eh bien, euh…, d'accord. Dit le plus jeune en reportant son regard sur le dernier dessin en date durant de longues minutes. Les couleurs sont… un peu trop pâle je dirais, ça ne vous ressemble pas. Elles ne ressortent pas assez avec le noir. Elles sont comme mangées du coup, je ne crois pas qu'elles aient leur place ici. Murmure doucement puis avec plus d'assurance Rin montre ici et là, la platitude des couleurs qu'il remarque. Mais ce n'est que mon avis alors ne le prenez pas au sérieux.
_ Je pense pareil. Rien ne va là-dedans. Ici, ici et là, ça ne me convient pas. Montre du doigt l'Elision qui se penche également sur son croquis par-dessus son cadet. J'avais pensé à un rouge plus bordeaux, sanguin même mais…-
_ Non, un rouge plus sombre s'harmoniserait beaucoup plus vous avez raison et vers l'intérieur beaucoup plus pétillant, donne-t-il raison en tournant son visage vers son aîné qui est bien plus près de lui qu'il ne le pensait et qui le trouble énormément. Pour preuve son cœur s'accélère de seconde en seconde et il ne peut rien y faire. … …Hadès-san~
_ Je pourrais essayer, affirme l'appelé qui scrute son dessin et qui visualise parfaitement ce qu'il peut devenir. Ça pourrait me convenir ce genre de chose, continue-t-il en laissant sa main se poser sur les mèches humides de son cadet. Reste-là d'accord.
S'asseyant sur le tabouret, il prend un crayon en main et se met à griffonner sous le regard de Rin qui essaie en même temps de calmer ses pensées désireuses et de suivre les gestes de son aîné. C'est difficile mais il y arrive et donc statique et bien à côté de son patron, il regarde le croquis changer et prendre une autre forme, d'autres couleurs et apercevoir le visage de son patron si concentré le rend heureux et l'attendrit également.
Pendant plus d'une heure, ils restent tous les deux dans ce bureau à dessiner et pendant plus d'une heure, ils échangent sans élever la voix ou se battre. En étant même parfois d'accord. C'est étrange, carrément surnaturel pour tout dire mais ce dimanche matin-là n'a rien d'ordinaire alors, ça n'a pas d'importance. Puis, comme sorti de nulle part, en se retournant légèrement après avoir déposé son dernier feutre, Hadès prend la liberté d'attraper la nuque de Rin pour lui voler un baiser. Peut-être une sorte de remerciement ou de moyen de paiement, quoi qu'il en soit, la fièvre monte chez le jeune Tomura et ses jambes flanches.
_ J'vais te ramener maintenant, affirme l'Elision comme si son geste est normal et commun. …Ton aide…, merci.
C'est sûrement le mot de trop puisqu'à cet instant la température du corps de Rin doit facilement dépasser les quarante degrés. Le regard Miel brille d'un tout et son cœur est sur le point de rendre l'âme. Être embrassé et félicité dans le même temps c'est trop et il se dit qu'il va peut-être mourir de bonheur à cet instant même si son aîné se moque peut-être et encore de lui.
_ De… de rien. Je vais prendre le métro pour rentrer, ne vous dérangez pas plus et puis j'ai assez abusé de votre gentillesse. Souffle-t-il dans un monologue dit à une vitesse incroyable. On se voit demain au bureau Elision-san donc encore merci et ne bougez pas, je connais le chemin.
Perturbé au possible, le jeune Noiraud prend littéralement ses jambes à son cou en embarquant avec lui ses dernières affaires qui trainent à l'entrée et affabulé de son manteau et de ses chaussures, il disparaît de l'appartement et court jusqu'à la première station de métro en vue.
Il n'a pas bien compris tout ce qui s'est passé hier et aujourd'hui mais pour une fois, son aîné ne l'a pas repoussé ou rejeté la faute sur lui. C'est peut-être encourageant ou fait pour le martyriser mais quoi qu'il en soit, c'est perturbant. Perturbant alors qu'il aime tous les baisers échangés et leur rapprochement.
Hadès de son côté, n'a pas eu le temps d'agir que Rin a disparu pour de bon de son appartement. Etrangement, il ne lui en veut pas et ne comprend pas bien lui-même pourquoi il lui a attrapé la nuque mais peu importe. Ce qui le tracasse bien plus à l'instant, c'est le fait qu'il envisage déjà de le réinviter chez lui. …Ou pas, il est occupé de se perdre entre ses convictions et ses sentiments. Les poings serrés sur ses cuisses, il soupire longuement puis se relève d'un souffle pour rejoindre son salon et lire un peu.
A huit heures du matin la sonnerie retentit dans la maison, Camus va ouvrir après dix bonnes minutes. Il sait que ce n'est pas Arthur il a dit qu'il passait le week-end entre chez Seiya et Hyoga et ne revenait que ce soir. De plus, il a les clés donc il n'a pas besoin de sonner.
La sonnerie retentit plusieurs fois alors Camus se lève pour ouvrir. Les trois professeurs ont du mal à se réveiller. Pour eux la nuit a été courte. Depuis le vendredi soir ils ont passé leur week-end au lit à rattraper leurs dix-sept jours d'abstinence. Cela leur a plus et ils auraient aimé continuer encore un peu. Mais voilà la réalité les rattrape.
- Aphrodite que fais-tu là ?
- Camus dis-moi qui tu es vraiment ? Je veux dire si je te dis que je suis Aphrodite chevalier d'Or des Poissons tu me dis…
- Je suis Camus chevalier d'Or du Verseau.
- Je suis Shion Grand Pope du Sanctuaire d'Athéna et là c'est Saga chevalier d'Or des Gémeaux, sourit Shion derrière Camus pour le rassurer.
- Ikki est avec toi ? Demande Camus en regardant par-dessus l'épaule de son ami.
- Non je… Je l'ai laissé à l'appart.
- Tu sais s'il est réveillé ? Je veux dire nous on s'est réveillé ensemble tous les trois alors j'imagine qu'il se rappelle aussi sa vraie vie et comme tu n'es pas là… Bien laisse-moi m'habiller on y va.
Aphrodite dit « oui » de la tête et Shion le fait entrer le temps que son amant s'habille. Il lui parle pendant quelques minutes mais Aphrodite regarde Saga d'un air bizarre. Camus revient rapidement et l'invite à partir mais il s'approche du chevalier du Gémeau.
- Si Shion peut t'aimer, je peux te pardonner. Et Ikki… J'ai fuis par peur mais tu me redonne de l'espoir, c'est la première fois.
- Je crois qu'il a compris et tu as une discussion bien plus importante à avoir. Avec Saga ça peut attendre, déclare Camus en tirant son ami par le bras.
Il veut aussi l'empêcher de mettre plus mal à l'aise l'un des hommes de sa vie. Saga blanchit en se souvenant de certaines choses faites dans le passé et cela lui fait mal pour les deux. Car il sait plus ou moins de quoi parle Aphrodite étant celui qui s'occupait de lui après les entretiens du Poisson avec le Gémeau.
Les deux entrent rapidement dans la voiture de Camus et une trentaine de minutes plus tard ils sont dans l'appartement du fleuriste. Là, ils trouvent Ikki debout dans le salon raide comme un piquet et les poings serrés.
- Ikki…
- Tais-toi, on fait l'amour et tu te barres chez ton ex.
- Ikki tu sais que je ne le suis pas réellement, n'est-ce pas ? Questionne Camus pour savoir s'il est réveillé ou non.
- Qui me dit que vous ne l'avez jamais fait dans l'un de vos temples ou pendant l'une de vos missions communes ou même en Sibérie, je suis sûr que tu y as été.
- Jamais de la vie pour tout, font les deux en même temps outrés.
- Je n'ai jamais été en Sibérie, il fait trop froid, même si j'ai vécu en Suède et au Danemark, sourit Aphrodite pour détendre l'atmosphère.
- Aphrodite je n'ai pas envie de rire, grogne Ikki. Ce matin je me suis réveillé et j'étais seul. Je te dis que je t'aime et… Tu te barres.
- J'ai eu peur. Quand mes souvenirs sont revenus et que je t'ai vu… Je me suis battu à mort contre ton frère et même si j'ai perdu… Je suis vu comme un renégat, un traître et même si Athéna m'a pardonné… Je ne suis pas une personne fréquentable.
- Comme moi, claque la voix d'Ikki.
- Ou Saga et moi, rajoute Camus. Nous aussi on est vus comme des renégats même Shion au fond. Ikki ! Aphrodite…
- Camus ! Je l'aime ! Alors dégage ! Je ne compte pas lui faire de mal je veux juste faire une mise au point avec lui.
Le Bleu Marine sourit rassuré et sort après avoir embrassé sur la tête le Bleu Ciel. Mais avant de les quitter pour de bon il rajoute de façon très sérieuse et avec une voix des plus froide.
- Le trois Janvier il y avait tous ceux enfermés dans la ville. Zeus m'a donné pour mission de m'occuper de tout le monde réveillé ou non et de réussir la mission d'Athéna. Pour l'instant seul Shion, Saga, vous deux et moi sommes réveillés. Alors si vous avez besoin de parler, venez nous voir et personne d'autre, ordre de Zeus. Et s'il vous plaît…
- On ne fera pas de bêtise et on viendra vous voir dans la journée pour savoir ce qu'il en est, explique Ikki. Arrête de nous prendre pour des gamins.
- Très bien et une dernière chose, Zeus m'a dit que ma relation avec Saga et Shion était sa suite logique. Il a insinué que de toute façon on aurait sûrement fini ensemble avec ou sans cette vie. Que cette vie, nous permet d'être nous-même et nous vivons ce qu'on aurait pu vivre si nous n'étions pas chevalier. On est nous-même, sans faux semblants, Camus insiste sur cela.
- Dégage pervers ! Tonne la voix d'Ikki.
Camus lui sourit et part pour de bon.
Dans l'appartement les deux Bleus - un Foncé et un Clair – se font face.
- Je ne dis pas « je t'aime » à tout le monde alors j'aimerais un minimum de confiance de ta part, tonne la voix furieuse d'Ikki. Sinon je suis d'accord avec ce pervers, on est nous-même ici et… Il s'approche de son amant et agrippe sa nuque et l'embrasse avant de finir sa phrase. Tu es la personne la plus belle que j'ai rencontré et Shun t'apprécie, on était en guerre et chacun à fait ce qu'il devait faire mais maintenant on est tous du même côté et on doit se battre ensemble et faire gagner Athéna. Et puis réellement, je t'aime.
- Ikki, je t'aime aussi…, …tellement.
Les deux hommes s'embrassent encore un moment avant de prendre leur déjeuner en amoureux. Ils planifient leur journée en mettant une visite chez le trio Camus, Saga et Shion. Tous doivent discuter.
