Bonjour,
Aujourd'hui un petit chapitre plein de douceur entre un grand père et son petit-fils.
J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture, biz Craft.
Dimanche 9 Février.
Avec celui qu'il peut aujourd'hui appeler « grand-père » et après l'accord de ses pères à sa demande –à savoir saluer ses grands-parents seuls-, Arthur écoute avec attention les consignes de celui-ci et regarde avec concentration les gestes de ce vieil homme.
Au milieu de l'après-midi et dans l'atelier du père de Shion, au bout de ce jardin tenu avec amour et passion, les deux hommes sont en grande construction et personne ne les dérange.
Une scie circulaire à la main, autant qu'un crayon et un mètre, l'homme âgé a dans l'esprit de terminer la cabane à oiseau qu'il a pensé et dessiné depuis des mois. Ce n'est pas quelque chose de farfelu ou de grandiose. Ce n'est pas prétentieux ou artistique, c'est juste une cabane en bois à deux étages, avec une mangeoire et un bac d'eau. Sans autre artifice que l'utile et la construction en est à sa moitié.
Le grand-père –lui-, est heureux de pouvoir apprendre quelque chose à un enfant qu'il peut appeler « petit-fils ». Qu'ils soient du même sang ou non, cela n'a aucune importance pour lui, seul l'alchimie compte et il est certain de parfaitement s'entendre avec ce jeune homme de dix-sept ans.
_ Pourquoi tu ne poses pas entièrement la planche de derrière ? Demande Arthur qui ne comprend pas pourquoi, le toit est déjà occupé d'être fixé.
_ Parce que ça sera plus facile pour moi de remettre de la nourriture et de l'eau. Au lieu d'enlever le toit et de risquer l'humidité à l'intérieur, je préfère faire comme ça. Explique le père de Shion.
_Voilà pourquoi il y a des sortes de gouttière, pour ne pas que ça glisse sur l'ouverture. Tu en fabriques souvent ? Continue d'interroger le Brun.
_ Disons que ça m'occupe et qu'elles sont de mieux en mieux. Sans me vanter.
_ Je n'avais jamais rien fabriqué avant aujourd'hui. Confie le jeunot en regardant légèrement sur le côté, un peu embarrassé de cet aveu autant que fier de lui puisque parler de lui-même n'est pas son fort.
_ Dans ce cas, je t'apprendrais à faire d'autre chose si tu veux. Tu n'auras qu'à venir le week-end si tu n'as rien de prévu avec tes amis ou tes parents. On serait ravi de t'avoir ici, ta grand-mère et moi. Affirme l'homme dans un sourire radieux et ridé par le temps.
Un instant de silence se fait et Arthur entend encore résonner les mots de cet homme. « Grand-père », « grand-mère ». Un pincement au cœur se fait et une sorte de boule remonte à sa gorge, c'est légèrement oppressant mais ça ne fait pas mal… ou alors s'il a mal, c'est de bonheur, il en est certain.
Et il est certain de retenir ses larmes. Il ne vient pas de réaliser sa chance qu'il a eu d'être adopté, non, il réalise seulement qu'il a le droit d'être heureux et que tous l'encouragent dans cette direction.
_ Est-ce que je…-, tente de demander l'adolescent, un peu en peine et un peu gêné par ce qu'il s'apprête à demander.
_ Oui, dis-moi. Je peux tout entendre, crois-moi. Sourit le père de Shion d'une voix rassurante.
_ Je peux… t'appeler papi ?! Ose-t-il finalement en pinçant sa lèvre comme s'il a dit une connerie plus grosse que lui.
_ Bien sûr ! J'en serais ravi et si tu veux surprendre mon épouse, tu n'auras qu'à l'appeler « mamie » et tu verras que la grande bavarde qu'elle est, deviendra muette. Parle avec joyeuseté le nouveau « papi ».
_ Ça je… …je ne sais pas si j'oserais. Murmure Arthur avec beaucoup d'embarras.
_ Je ne te forcerais pas de toute façon, ne t'inquiète pas ! Rit légèrement l'homme qui voit une nouvelle facette de ce jeune homme. Allez, continuons pour ensuite le mettre dans cet arbre là-bas !
L'accord donné, les deux hommes reprennent leur activité et s'ils trouvent un autre sujet de conversation, les deux continuent de s'apprendre. Ils sont encore parfois maladroits entre eux mais c'est assez drôle et ils passent un bon moment ensemble. Ils restent donc dans cette cabane une bonne partie de la journée ensemble. Une fois la construction terminée, ils installent la cabane à oiseau haut dans l'arbre. Enfin, de retour dans la maison principale, Arthur regarde son grand-père et d'une voix incertaine mais décidé, un « mamie » apparaît dans la discussion et comme prédit par son mari, plus un mot n'est prononcé par cette dernière durant un moment, avant bien sûr d'embrasser et de serrer dans ses bras son petit-fils qu'elle trouve adorable.
