Bonjour,

Aujourd'hui on retrouve les adolescents au lycée, pour eux se ne sont pas les vacances scolaires comme nous. Bonne vacance à ceux qui en ont.

Aujourd'hui vous allez enfin lire le réveil d'une personne que beaucoup attendent mais on est un peu sadique, il n'y a que le début aujourd'hui et la suite demain. Bonne lecture biz Craft.

Prochain rendez-vous : mardi 11 février.


Lundi 10 Février.

Au Lycée, l'effervescence est à son comble, il a encore neigé. Depuis le mois de Décembre la neige est présente dans la ville. Tous sont donc habillés très chaudement ce qui plaît beaucoup à Arthur. Il déteste devoir montrer son corps. Tellement qu'il a demandé une dispense de sport à l'année, que Shion a accepté devant le hochement de tête de Camus.

En cet instant, il est comme les autres insouciants et rigole de voir les batailles de boules de neige auxquelles il ne participe jamais. Ses amis lui proposent d'aller prendre une boisson chaude à la cafétéria de l'établissement. Tout va bien jusqu'à qu'un cri retentisse et un poids lui tombe dessus. Une jeune fille vient de glisser tout près de lui et dans sa chute elle l'attrape et se retient à lui. Ainsi maintenu par le bras le garçon se raidi d'un coup et va hurler en repoussant « son agresseur » loin de lui. Quand une autre voix au-dessus de lui – reconnaissable – l'appelle fortement et lui fait prendre conscience de sa future action.

- Arthur vient me voir maintenant ! Retentit l'ordre de Camus d'une voix forte venant faire sursauter tout le monde au-dessous de lui et faisant aussi lâcher la prise de la jeune fille sur son fils. Je dois te parler de toute urgence, insiste-t-il pour que le jeune homme fasse demi-tour et le rejoigne.

- … Arthur est déboussolé mais comprend alors il relève la tête et dit : j'arrive Camus-sensei.

Le gamin part rapidement vers la première entrée de l'établissement, sans un regard pour qui que ce soit d'autre. Il ne voit pas ses amis hésiter un instant et le suivre.

Camus lui aussi quitte la fenêtre de la salle des professeurs après avoir soupiré de soulagement d'avoir regardé les élèves au bon moment. Il sort en trombe sous l'œil intrigué des professeurs et va à la rencontre de son fils. Il le croise devant des toilettes pour homme et l'invite à y entrer. Dedans, il trouve trois jeunes de seize ans s'essayant à la cigarette.

- Foutez le camp et que je ne vous y reprenne plus ! Tonne la voix mécontente du professeur.

Les trois sortent, il vérifie le reste des toilettes qui sont vide. Son regard se pose sur le gamin. Il est accroupi et recroquevillé dans un angle de mur en larme. Il entend la porte s'ouvrir et voit la tête de Seiya, Shun et Hyoga inquiets. Il leur fit signe de ne pas faire de bruit et reporte son attention sur le gamin. Il s'assoit à même le sol non loin de lui et ne fait pas attention à l'eau par terre. Il respire un grand coup et prend une voix douce et rassurante.

- Arthur je ne suis pas en colère. Je ne vais pas crier ou m'énerver.

- J'allais la pousser, la frapper, je…

- Tu n'es pas ton père… Camus cherche ses mots. Arthur tu t'es senti en danger et tu allais réagir, c'est normal.

- Non si ça avait été Seiya, Shun ou Hyoga ils ne l'auraient pas fait, ils l'auraient aidée et ils se seraient inquiétés pour elle.

- C'est vrai, fait Camus en faisant taire d'un geste Seiya. Mais ils n'ont pas eu ton enfance.

- Je les envies, surtout Shun… Il avait Ikki pour le protéger.

- Oui je comprends. Moi j'ai envié un tas de bébé et toi aussi.

- Vraiment ? Pourquoi ? Arthur ne voit pas en quoi il peut être envié.

- Pour les bébés, à chaque fois qu'un arrivait dans ma famille d'accueil ils l'adoptaient et me renvoyaient à l'orphelinat. Camus se souvient de toutes ces fois où il a maudit les adultes et les bébés. Puis, il reprend voyant Arthur attendre la suite. Sœur Angèle, quand tu es arrivé, j'avais beau être plus grand que toi je n'aimais pas la voir s'occuper de toi plus que de moi.

- C'est pour ça que tu as fait n'importe quoi et couché avec tout le monde ?

- Plus ou moins. Je me cherchais et je cherchais ma famille. Arthur tu sais dans la vie il y a un moment où on doute, où on se dit qu'on est seul mais c'est faux. Shun avait Hyoga et Ikki. Mais toi tu as Seiya, Shun, Hyoga, Marine, Shaina, Saori, Saga, Shion et moi. Tu peux aussi compter sur Ikki et Aphrodite. On est tous une famille. On a tous nos cicatrices et…

- Tu parles métaphoriquement, râle le jeune garçon en resserrant sa prise sur son corps.

- Oui tu es différent en ça, ton père a laissé les traces sur ton corps. Camus ne sait plus quoi dire. Puis, il se souvient d'une discussion avec sœur Angèle. Tu sais, tu auras toujours sœur Angèle aussi. Ne te méprend pas je suis… Je ne crois pas en son dieu. Dire qu'il est athée serait faux, au fond il a une déesse qu'il sert. Et celle-ci vient d'arriver avec Marine et Shaina, les trois jeunes femmes semblent inquiètes. Alors, il leur sourit et les voit se détendre. Je veux dire que Sœur Angèle était de bons conseils. Un jour elle m'a dit « la famille ce n'est pas le sang, c'est le cœur. On la choisit avec amour, car elle nous protège autant qu'on désire la protéger. » Arthur tu as déjà une famille. Tu te souviens de samedi soir quand Seiya a dit que tu te laissais approcher par lui et Ikki, c'est ce qu'il voulait dire. Tu leur fais confiance et ils te font confiance. La preuve tu es mon fils et Ikki n'empêche pas Shun de traîner avec toi. Alors qu'il me voit comme un pervers.

- Tu l'es ! Sourit Arthur.

- Ok je ne peux pas vous dire le contraire. Arthur - Camus se reprend et devient très sérieux captant enfin le regard du jeune adolescent - que tu sois mon fils, ou celui d'un autre, de façon biologique ou non, tu ne seras pas comme nous. Tu seras toi. Et pour aujourd'hui, tu as eu peur, ce n'est pas grave ça va sûrement encore t'arriver, mais ça passera avec le temps.

- Dans longtemps ?

- Je ne peux pas te répondre. Certaines cicatrices de l'âme peuvent être persistantes, mais tu n'es pas obligé de les affronter seul.

Là, un bruit se fait derrière Camus et six adolescents débarquent. Ils veulent prendre Arthur dans leur bras. Le jeune homme pleure silencieusement en voyant leur effort pour ne pas le faire et surtout le sourire réconfortant sur leur visage en larmes pour certains et triste pour d'autres. Il tend une main et tous vont la prendre.

- Merci papa, murmure Arthur, et tu as toujours été le préféré de Sœur Angèle.

- En même temps, je suis le plus mignon de nous deux, déclare Camus fier de lui.

Un grand silence se fait dans la pièce et tous se regardent avant de partir en éclat de rire, qui se meut peu à peu en fou rire et quand la sonnerie retentit Camus réussit à se calmer.

- Allez-y et essayez de reprendre votre souffle.

L'homme se lève et laisse les enfants dans les toilettes. Son pantalon est foutu mais qu'importe il a rendu leur sourire à tous et il a réussi à calmer son fils. Oui il tiendra sa promesse auprès d'Apollon et Poséidon, s'il le faut, il se prosternera devant Zeus pour la survie de Shin, Himiko, Sheera, Rin, Inoué, Hatsuharu et Arthur. Car ils sont des membres importants de leurs familles à tous.


Il a mal au crâne depuis hier soir et si cette chose ne cesse pas depuis ce midi, là, à cet instant ce n'est plus supportable. Il a l'impression que sa tête va exploser et il lui est impossible de réfléchir ne serait-ce que deux minutes d'affilées. Il s'est déjà drogué avec plusieurs aspirines mais aucuns des médicaments pris n'a fait son effet et là, enfermé dans son bureau, il se tient la tête et essaie de trouver une respiration lente sans réel succès.

Son corps est crispé et tendu au possible, si bien qu'il n'entend pas la porte s'ouvrir ni même la voix qui essaie de capter son attention.

_ Rhadamanthe-san ? …Vous avez une sale tête, vous allez bien ? Demande à présent Sato, doucement inquiet pour son aîné. Vous voulez que je vous apporte quelque chose ?

_ …ça va…, tu as besoin de quelque chose ? Marmonne le Doré sans même regarder son interlocuteur.

_ Je ne crois pas, vous devriez peut-être rentrer chez vous. Soupire le Brun qui ne répond pas à la question de son aîné. Vous couvez sûrement quelque chose Rhadamanthe-san.

Ses pensées dévoilées, le Brunet sort du bureau pour accoster l'une de ses collègues et l'amener avec lui devant leur patron.

De là, il demande à Leïla de raccompagner leur employeur chez lui et si le Doré bataille et affirme que c'est inutile, ils sont obligés d'employer la manière forte. C'est-à-dire, appeler l'aîné des Elision.

_ Ne fait pas d'histoire, laisse-la te ramener chez toi Rhadamanthe. Tonne la voix d'Hadès d'un regard sévère et sans appel. Dans ton état tu es inutile. Rajoute-t-il pour appuyer les dires et de ce fait, le Blond ne peut faire appel. A l'instant, il se sent incapable de lutter contre son frère.

_ …Très bien…, c'est d'accord. Râle la voix du Doré d'un air sombre.

_ Prend-le avec toi, Sato…, toute la 3D est pour toi. Ordonne ensuite l'Ebène d'un ton suprême ce qui stresse mais motive également son cadet pour donner le meilleur de lui-même.

Disparaissant de l'étage après les dernières paroles entendues et/ou soufflées, Rhadamanthe est ramené jusqu'au parking et installé à la place du passager.

De là, il donne son adresse à sa collègue qui entre celle-ci dans le GPS intégré au véhicule et se laissant guider, ils mettent environ une demi-heure pour rejoindre l'immeuble de ce Blond qui souffre de plus en plus. Elle gare le véhicule de celui-ci à sa place attitrée et une fois aux portes de l'immeuble, Leïla s'assure une dernière fois de l'état de son patron avant de reprendre la route –cette fois par le métro- pour retourner à son travail.

Il grimpe difficilement les étages à l'aide de l'ascenseur et maintenant dans le calme de son appartement, le Doré fait un passage dans la salle d'eau à la recherche d'un médicament plus ou moins puissant et celui-ci ingurgité, il se laisse tomber sur son lit après avoir retiré la veste de son costume ainsi que sa cravate devenue étouffante et déjà desserrée depuis longtemps.

_ J'en peux plus…, souffle l'Elision en barrant son visage de son bras comme pour faire écran à la lumière extérieur qui le brûle.

Des sortes de flashs blancs le traversent sans cesse dès que la douleur est trop violente ou persistante. Il est aussi sûrement en sueur de lutter contre ce mal infernal et peut-être un peu accroché à ses draps, il s'évanouit.

Allongé sur son lit, Rhadamanthe fini par succomber à ses maux et par s'endormir. Il a lutté toute la journée et à cet instant, il a épuisé ses dernières forces. A la merci de n'importe qui, il laisse son esprit et son corps se reposer ou pas…, parce que durant ses heures d'inconscience, il ne fait que rêver ou alors se souvenir de choses qu'il a complètement oubliées. De choses qu'une personne lui a enlevée pour pouvoir se divertir.

C'est dans les alentours de dix-neuf heures que Rhadamanthe revient à lui et la main sur la tête et le cœur à plat, il est confus et incertain sur tout.

Dans son esprit, deux histoires se jouent, s'entremêlent et il lui est impossible de discerner le vrai du faux. Tout est bien trop vague et nageant entre rêve et réalité, il est certain de repartir se coucher après avoir avalé un morceau et s'être repris un médicament pour calmer ses migraines qui persistent.

Marchant difficilement à travers son appartement, il se tient au mur pour ne pas tomber et déambuler droit. Il lutte définitivement. Il ne veut pas sombrer de nouveau et son mental l'aide beaucoup à tenir.

Mais plus vraiment sûr d'être éveillé ou non, Rhadamanthe fait des gestes automatiques et prend cette bouteille d'eau pour hydrater sa gorge sèche et douloureuse. Puis son interphone sonne, il en est presque sûr, donc se dirigeant vers lui, il ouvre la porte à l'intrus sans même vérifier l'identité de celui-ci. Quelques minutes plus tard cependant, se tient devant lui son frère.

Hadès jauge longuement son cadet qui tient à peine sur ses pieds et s'il le repousse pour qu'il tombe sur le canapé, l'autre ne lui résiste même pas. Signe que ce Blond n'est pas dans son état normal.

_ Je suis venu voir si tu allais mieux, soupire Hadès de son ton reconnaissable. …Ne revient à l'agence qu'une fois en pleine forme …et repose-toi.

_ Y'a des tas de truc à faire… Mais je vais t'écouter, grogne de mauvaise humeur le Doré qui déteste entendre sa voix et celle de son aîné parasiter sa tête. …J'suis désolé pour aujourd'hui…

_ Je gère. Tu as besoin de quelque chose ? Demande à présent le Noiraud qui voit l'autre se tenir la tête et geindre sans le vouloir.

_ …Non. Marmonne Radhamanthe non sans froncer les sourcils et en détestant tout et n'importe quoi.

_ Bien. Je t'ai amené du pudding si tu as faim. …Rhadamanthe, je vais te laisser, sous-entend « tu as besoin de te reposer » mais ce soir, le Blond ne fait pas dans les sous-entendus, ça lui donne trop mal au crâne. Appelle si tu as besoin.

Déposant son sachet sur le bar qui longe la cuisine, Hadès met tout de même à disposition des médicaments et un verre d'eau non loin de son frère et si sa façon maladroite de prendre soin de son cadet peut être étrange, c'est en revanche pour lui, une chose qu'il ne fait pas tous les jours. …Encore moins pour tout le monde.

Examinant une dernière fois son frère, le Noiraud hésite durant une longue minute à rester un peu plus longtemps puis voyant que ce Doré bredouille ses prochaines activités, l'aîné des Elision acquiesce et s'éclipse une nouvelle fois en faisant promettre à son frère de ne pas revenir avant d'être complètement d'attaque.

De nouveau seul, Rhadamanthe trouve la démarche de son aîné vraiment sympa et s'il a envie de sourire, seul une grimace se dessine sur son visage. Attrapant les pilules à disposition, deux d'entre-elles tombent dans sa main et juste après ça, il prend la direction de la salle-de-bain.

Lentement, il se déshabille pour pouvoir se laisser-aller sous la douche et s'il ne profite à aucun moment de celle-ci, il se sèche tout de même et s'habille de vêtements plus confortables, avant de piocher dans le sachet apporté et de prendre ce pudding facile à manger et à digérer avec lui, dans sa chambre.

Sur son lit, Rhadamanthe continue d'apercevoir des flashs blancs au plus haut de sa douleur et s'il mange difficilement, il ne laisse rien dans ce pot.

Par la suite, ce Doré se rallonge sur son matelas encore tiède et les rideaux tirés, il ne met pas longtemps à se rendormir. Les tempes pressées et le crâne en éruption, il a l'impression d'être pris en otage par une force supérieure et dans son rêve, c'est le cas. Il se fait manipuler et utiliser comme un jouet.

Et au plus il s'enfonce dans ses rêves, au plus sa mémoire se ravive mais ça…, il va le comprendre un peu plus tard. Au petit matin. Quand une nouvelle journée va débuter et qu'il va se rendre compte d'un tas de choses.