Coucou mes lapins, me voici avec l'avant dernier chapitre à vous proposer… J'espère de tout cœur qu'il vous plaira, n'hésitez pas à me laisser une petite review pour m'en parler.

Une bonne année 2020 à vous tous, pleine de bonheurs, de lectures merveilleuses et de films issus de l'univers MARVEL (5 il me semble ?)

Bonne lecture !


Chapitre 50


- Lâchez-moi, Nick, il faut que j'y aille. Lâchez-moi ou je me verrai dans l'obligation de vous arracher le bras !

Le directeur du SHIELD ôta prudemment sa main de l'épaule métallique d'Iron-man. Ils étaient obligés de crier pour s'entendre, tentant tant bien que mal de couvrir la cohue générale.

- C'est de la folie Tony. La situation dégénère partout en ville. Nous avons affaire à une révolution, vous allez vous faire tuer !

Peter ne tenait plus en place, il sautillait, déjà prêt à en découdre. Il vola au secours de l'ingénieur :

- Monsieur Fury, si on ne sert pas à aider les gens quand ils en ont besoin, on ne sert à rien. Autant ranger les masques et les collants et rentrer chez nous. Et croyez-moi, Tony et moi on n'a pas passé cinq-cents heures à améliorer mon costume pour que je le range dans un placard !

Nick Fury soupira et appuya ses paumes contre ses yeux. Une odeur âcre leur parvint, laissant présager qu'un incendie venait de prendre dans le Conference Center. Une tâche brillante filant à travers une fenêtre leur apprit que Thor venait de disparaître, probablement à la poursuite des Asgardiens en fuite. Harry et Zeke qui attendaient jusque-là sagement dans les loges se précipitèrent vers eux.

- Tony, balbutia Zeke, il faut qu'on y aille ! Regarde ça !

Sur son téléphone, des images en direct montraient un affrontement terrifiant dans un endroit que tous reconnurent : à deux pas de la tour Stark. Lors d'un plan agité, ils virent avec horreur que les grandes baies vitrées du premier niveau étaient prises d'assaut. Tony se décomposa.

- Mais qu'est-ce qu'ils font ? Pourquoi ils font ça ?

- C'est comme ça partout dans la ville, répondit Zeke, désolé de voir ainsi ce monument pris d'assaut.

- Quelle bande d'abrutis, grogna Harry. Ils n'ont rien compris.

Il était plus pâle que jamais et ses poings étaient enfoncés dans ses poches pour masquer le tremblement de ses mains. A cet instant, en voyant la panique recouvrir sa ville comme un brouillard épais, il regretta d'avoir arrêté de prendre le sérum du gobelin.

- Les foules sont difficilement contrôlables, intervint Nick Fury.

- Mais je suis de leur côté, s'emporta Tony Stark. Ils n'ont donc rien écouté ? Il faut qu'on y aille. Zeke, tu devrais ramener Harry à la maison, ou n'importe quel endroit qui te paraît sécuritaire. Il va tourner de l'œil d'ici peu.

- C'est faux, mentit Harry, mais le fait qu'il vienne de s'adosser au mur, la respiration un peu trop saccadée, démentait son propos.

- Peter et moi on y va, trancha Tony. Je ne peux pas les laissez détruire ma tour comme ça ! Et il faut qu'on retrouve Loki. Il faut que ça cesse. Une bonne fois pour toutes. Directeur, je compte sur vous pour trouver des gens capables de ramener Harry et Zeke à l'abri.

Nick Fury grogna vaguement un assentiment. Il était au téléphone et donnait déjà une floppée d'ordres, les sourcils froncés.

- L'armée va intervenir, annonça-t-il. Vous ne devriez pas trop vous approcher de la tour Stark.

Mais Peter et Tony étaient déjà partis, fendant la foule d'un pas décidé. Nick Fury soupira, contrarié.

- Messieurs Stane, Osborn. Je vais trouver quelqu'un pour vous faire raccompagner.

Les deux amis échangèrent un regard entendu. L'idée de fuir les combats ne leur ne plaisait ni à l'un, ni à l'autre. Le directeur du SHIELD interpréta correctement leurs expressions :

- Ah non, ne me dites pas que vous allez aussi vous rendre en plein cœur de la mêlée ?

L'électricité revint subitement dans le bâtiment, et l'alarme incendie se déclencha enfin, inondant la salle d'un son strident. Ils grimacèrent et se hâtèrent de se diriger vers la sortie de secours la plus proche, fermement encadrés par une cohorte d'agents du SHIELD dotés de boucliers anti-émeutes.

- On ne va pas laisser Tony et Peter y aller seuls, grogna Harry. Ils sont gentils mais parfois un peu stupides, il faut au moins un cerveau pour veiller sur eux…

Nick fit quelques signes à sa faction, qui vira à droite à la sortie du bâtiment, s'approchant d'un gros van noir blindé.

- Je vais aller chercher une armure, expliqua Ezekiel. Et on les rejoint.

Harry ne fit pas mention du revolver qu'il avait amené et qui attendait bien sagement sous son blouson. Ce n'était pas un super-pouvoir, mais ce serait mieux que rien. Nick Fury distribua quelques ordres et se retourna vers eux.

- Bien. J'ai l'impression que je ne vous ferais pas changer d'avis, et de toutes façons, je pense que nous avons besoin de toute l'aide possible. Vous êtes assez grands pour choisir par vous-même. Et dans ce cas, Harry, j'ai quelque chose pour vous. Quelque chose qui appartenait à votre père…

Zeke serra l'épaule de l'héritier Osborn qui avait pâli davantage encore à l'évocation de son géniteur, tué au cours d'un affrontement avec Spider-Man l'année précédente.

- Je sais que vous en ferez meilleur usage que lui, dit le grand homme en tendant une mallette noire au binôme.

Harry caressa la lourde valise. Il l'ouvrit avec précaution et contempla l'objet qu'il connaissait bien.

La dernière version du Gobelin glider, le planeur de son père, du temps ou il était le Bouffon Vert. Semant la terreur à travers la ville. Un bijou de technologie, semblable à deux ailes de chauve souris dépliables à l'envie et capables de porter facilement deux-cents kilogrammes tout en fendant l'air avec habileté. Cette vision provoqua un mélange de sentiments mitigés dans le cœur d'Harry. Ezekiel l'aida gentiment à refermer la mallette et répondit à sa place :

- Merci, Directeur Fury. Nous allons en faire bon usage. Harry, est-ce que tu peux t'en servir pour m'emmener à la tour Stark, où je pourrais attraper une armure ?

Harry hocha la tête, les yeux brillants.

- Oui, dit-il. Oui. On va utiliser ce truc pour faire le bien. Il est plus que temps.


- Tony regarde, hurla Peter dans l'oreillette, il y a des blindés de l'armée qui arrivent par Times Squares !

Tony volait de toute la puissance dont son armure était capable. Il tourna la tête dans la direction indiquée par Peter qui était un peu en retrait, bondissant d'un immeuble à l'autre.

- Merde, jura-t-il. Merde, ce n'est pas possible… Des chars d'assaut contre les civils ?

Il avait l'impression d'évoluer en plein cauchemar. Vue d'ici, depuis le ciel, New York ressemblait à une ville en pleine guerre. Les rues noires de monde, de fumigènes, de débuts d'incendies, une cacophonie mélangeant ronronnements d'hélicoptères, sirènes et cris d'une foule démente.

- Va à la tour, trancha Peter. Je vais voir ce que je peux faire sur Times Square

Tony accepta en grognant, gardant pour lui le fait qu'il visualisait assez mal ce que Peter allait bien pouvoir faire contre les véhicules de l'armée.

Déjà, l'araignée bifurquait alors que lui-même fonçait vers la tour Stark dont il apercevait le sommet.


Peter n'avait jamais traversé la ville aussi rapidement. La colonne menaçante des chars, vue depuis le sommet des bâtiments, avait l'air d'être une enfilade de jouets miniatures. C'était une source de motivation suffisante.

Il atterrit en plein milieu de Times Squares. La célèbre avenue était transformée en champ de bataille. Une nuée grouillante de manifestants s'était constituée face à la parade militaire qui les repoussait lentement, les forçant à reculer au cœur de la ville. La plupart des écrans affichant des publicités ne fonctionnaient plus, certains étaient même décrochés, tombés au sol. Une enfilade de taxis avait pris feu et le soleil rasant qui disparaissait loin derrière les buildings conférait à l'ensemble une atmosphère d'apocalypse.

- C'est la merde, gronda Peter, attrapant d'une main une petite fille perdue et s'envolant pour aller la poser sur à l'abri sur la terrasse d'un appartement.

Il empêcha deux personnes de se faire écraser, attrapa plusieurs explosifs faits-maison au vol pour dévier leurs trajectoires, tout en cherchant une solution pour réellement arrêter le massacre. Il y avait beaucoup trop de gens qui se pressaient contre lui, qui criaient, certains civils armés d'un revolver, d'une batte de baseball ou du premier couteau de cuisine qu'ils avaient pu trouver en dévalisant les magasins éventrés. Plus rien n'était très clair pour personne : qui était l'allié, et qui était l'ennemi ? Des groupes de mutants s'étaient rassemblés et tentaient de protéger les civils des tirs défensifs de l'armée.

Occupé partout, les sens en alerte, Peter entendit un peu tard un cri derrière lui.

- Attention !

Le problème du mot "attention", c'est qu'il ne précise pas la nature exacte du danger. Les réflexes prodigieux de l'araignée lui permirent néanmoins de se retourner à temps pour voir deux rangées de militaires s'organiser et armer leurs fusils d'assaut.

- Attends… Ils font ça de manière dissuasive, non ?

Mais les tirs retentirent avant que Peter n'ait réellement le temps de réfléchir à sa propre naïveté. Un nuage de balles volait vers lui alors qu'il écarquillait les yeux, stupéfait. Une masse sombre le percuta violemment et l'envoya rouler sur le sol, entraînant d'autres civils dans leur chute.

- Ah putain. Ça fait mal.

Peter se tortilla pour se redresser, secoué.

- Je… Wade ?

Se relevant à sa droite, le mercenaire grimaçait. Il n'était pas dans son costume de Deadpool, mais avait deux fusils sanglés sur ses hanches et ses katanas dans le dos. Une blessure béante entre ses omoplates colorait de sang sa nuque et son blouson noir. Deux balles l'avaient transpercé. Alors qu'autour d'eux, le front de manifestants refluait, courrait pour fuir les chars, Peter se précipita vers son ami. Malgré la situation dramatique dans laquelle ils étaient plongés, un profond sentiment de soulagement l'envahit.

Wade était là.

- Wade ! Bordel, qu'est-ce que tu fous là ?

- Comme d'habitude, grogna l'intéressé, se tortillant en essayant d'atteindre la blessure dans son dos. J'ai replongé. Malgré toute ma bonne volonté je n'arrive pas vraiment à me passer de toi, alors me revoilà, encore à te sauver les miches…

Peter fut partagé entre l'envie de rire et de pleurer. Il choisit de faire les deux, écrasant Wade entre ses bras, l'embrassant furieusement au milieu du chaos, insensible à la débandade autour d'eux.

- Tu m'as manqué, dit-il en lui caressant le visage entre deux baisers, peinant à reprendre son souffle. Tu m'as tellement manqué. Je suis désolé d'avoir été aussi… Con. J'avais besoin de temps pour réfléchir et faire le tri dans mes sentiments. Je crois que c'est fait. Je crois aussi que c'est pas du tout le bon moment d'en parler, ajouta-t-il tout en lançant une toile vers les hauteurs du building le plus proche.

Il attrapa Wade, passant une main dans son dos pour le soutenir et leur permettre de fuir avec le reste des manifestants. Ils s'élevèrent au-dessus de la foule, s'éloignant rapidement.

- La vache, grogna le mercenaire, accroché fermement à l'araignée qui les rapprochait du cœur du conflit. J'ai longtemps imaginé venir te voir et t'embrasser, mais jamais je n'aurais cru que ce serait en plein milieu d'une guerre…

Peter hocha gravement la tête.

Mais peu importait. Wade était de nouveau là. Et à ses côtés, il était prêt à affronter n'importe quel ennemi.


- Harry je vais vomir…

- Désolé mais diriger ce truc ce n'est pas inné, gronda l'intéressé en guise d'excuse.

Le Gobelin glider zigzaguait dans les airs, menaçant régulièrement de les envoyer tous deux valser cinquante mètres en contrebas. Ezekiel, assis sur la planche aux pieds d'Harry qui pilotait, s'agrippait si fort aux jambes de son ami qu'il en avait les bras tout engourdis. Le spectacle horrifique des affrontements en dessous d'eux n'avait rien pour rendre la situation plus agréable. L'explosion d'une voiture dans une rue propulsa jusqu'à eux des débris de verre et de métal, et Harry dût subitement gagner de la hauteur pour éviter les projectiles.

Heureusement, la pointe aiguë de la tour Stark se profilait à l'horizon. Zeke commanda à son estomac de se tenir tranquille.

- Mec, dit Harry qui tentait de stabiliser le vol de la planche. Tu as vu le peuple qu'il y a en bas de la tour ? Et la fumée noire qui sort par les fenêtres ?

Zeke en avait les larmes aux yeux. A ce rythme-là, il ne resterait bientôt plus grand-chose de l'emblématique bâtiment.

- Dépose moi au trentième étage, tu verras, il y a une petite plateforme en métal noir qu'on a fait aménager pour nos essais avec les armures. Je ne pense pas que les manifestants aient déjà atteint cet étage. J'enfile l'armure, et puis je vous rejoins.

- Attends… Ce n'est pas Richard, en face ?

Harry ralentit un peu l'allure alors qu'ils s'approchaient de la tour Stark. Il plissa les yeux et confirma sa première impression.

Porté par un mutant doté d'immenses ailes de corbeau qui lui permettaient de survoler les rues, Richard s'éloignait du gros de l'affrontement. Il se dirigeait vers la tour de l'horloge, immense construction qui devait offrir à l'heure actuelle un point de vue imprenable sur le champ de bataille. Une vingtaine d'hélicoptères venaient d'apparaître à l'horizon, points noirs menaçants dans une formation tactique millimétrée.

- J'ai un mauvais pré-sentiment, grogna Ezekiel. On devrait le suivre ?

Harry ne quittait pas Richard des yeux. Son ancien allié, se battant becs et ongles pour sa cause. Que pouvait-il bien mijoter ? C'était une occasion rêvée d'aller l'attraper et de le livrer au SHIELD. Tony voulait en finir, et cela serait beaucoup plus évident avec le meneur de la révolte derrière les barreaux.

- Toi, tu ne vas nulle part sans armure, grommela Harry en stabilisant enfin l'engin quelques centimètres au-dessus de la plateforme au trentième étage de la tour. J'y vais. Rejoins-moi dès que possible.

Zeke hocha la tête et quitta le gobelin glider avec soulagement. Retrouver un semblant de terre ferme sous ses pieds avait rarement été aussi agréable.

- Soit prudent, dit-il à Harry qui faisait de nouveau ronfler les moteurs de son engin.

- L'étage a l'air désert, trouve rapidement l'armure et tire-toi. A tout à l'heure, conclut Harry.

Ezekiel cligna plusieurs fois des yeux en le regardant s'éloigner dans un ronronnement infernal. Il contempla, loin à ses pieds, les petits points sombres et agités qui hurlaient en tous sens. Il avait l'impression d'être déconnecté de la réalité. Le vent cinglant qui régnait à cette altitude l'ébouriffa et le réveilla un peu, le ramenant à l'instant présent. Il n'y avait pas une seconde à perdre. Il courut le long de la jetée installée quelques mois plus tôt, se présenta au sas à double porte blindée qui lui faisait face et présenta son œil au lecteur rétinien.

- JARVIS, dit-il, c'est moi ! Laisse-moi entrer !

- Bonjour Monsieur Stane, le salua l'IA. Les procédures de sécurité sont toutes activées au niveau maximal. Je ne peux que vous enjoindre à quitter les lieux au plus vite.

- Je ne reste pas longtemps, approuva le jeune homme alors que le sas s'ouvrait dans un bruit de décompression.

Il se jeta dans l'atelier privatisé où Tony et lui passaient de longues heures à perfectionner les armures. Il glissa sur le carrelage, ignora les hologrammes tridimensionnels qui flottaient dans tout le laboratoire, et s'arrêta devant une vitrine transparente censée contenir la dernière armure de leur création.

Censée.

- JARVIS, demanda Ezekiel, alarmé, les mains appuyées sur les vitres fraîches. Où est l'armure ?

- Il me semble que Monsieur Stark l'a rapatriée à votre appartement en début de semaine. Il avait espoir que vous la portiez lors de la conférence, si je ne m'abuse.

Le cœur de Zeke tomba tout au fond de son estomac. Un vertige le saisit et il se laissa glisser contre le mur, sentant l'étau de la peur se resserrer sur lui.

D'ici, il entendait le brouhaha indistinct des hommes et des femmes qui infiltraient la tour, qui cassaient tout sur leur passage, aveuglés par leur colère. Tony Stark, qui s'était élevé pour les défendre, était devenu pour eux l'image d'une marionnette manipulée par un gouvernement qui n'avait aucunement l'intention de les écouter, et encore moins de résoudre leurs problèmes. Avoir élu quatre ans plus tôt un président motivé uniquement par la croissance économique de leur pays, mettant de côté tout aspect social, n'était peut-être pas une si bonne idée après tout.

Et eux, Tony, lui, la tour… Dégâts collatéraux.

- Fais chier. Fais chier putain, jura-t-il en frappant le sol du poing.

- Les intrus arrivent au vingt quatrième étage, Monsieur Stane. Il y a deux départs de feu, un au troisième, et un au premier sous-sol. L'un d'eux sera rapidement maîtrisé par les buses d'aspersion, j'ai bien peur que le second ne soit d'origine magique et beaucoup plus difficile à enrayer. Je vous invite à quitter les lieux immédiatement.

- Bien sûr, répondit amèrement Ezekiel.

Quitter les lieux. Sans armure, il se voyait mal sauter par la fenêtre du trentième. Et il se voyait mal redescendre les étages et traverser la foule furieuse. Une sensation de claustrophobie aiguë l'envahit. Il se sentit soudain prisonnier de cette tour qu'il chérissait tant, et l'odeur âcre des fumées se mêla à cette sensation de colère impuissante qui le dévorait.

Il essuya une larme rageuse au coin de ses yeux.


Voilà pour cet avant dernier chapitre. Le prochain risque d'être un sacré morceau, et puis il y aura un petit épilogue.

Je vous fais des bisous en attendant de vous poster la suite !

A très vite,

Charlie