Prompt : 74) "On peut partager."
Robot.
Je suis un robot. Monty le robot. J'avance et je recule mécaniquement. Il suffit que tu me souries, pour que ma tête tourne, et si tu me prends la main, je sens mes engrenages qui coincent, tandis que mon cœur de robot a une surchauffe. J'ai un peu l'impression d'être ton pantin, ton pantin robot, qui ne fonctionne et réagit qu'en fonction de toi. Mais ce n'est pas grave, parce qu'avec toi je suis un robot vivant.
Je pense que tu ne le sais pas, tout l'effet que tu me fais, tu n'as pas conscience quand tu m'embrasses sur la joue avec tendresse, que tu me fais péter les plombs tout là-haut dans mon crâne. On joue à celui qui monte les escaliers le plus vite et je suis sur le point de gagner quand tes lèvres atterrissent sur mon crâne. Tout mon système s'est arrêté d'un coup et pendant dix bonnes secondes, je dois attendre que ça redémarre pour pouvoir grimper les quelques marches qu'il me reste.
- Ben alors Monty, tu sais plus monter des escaliers ?
Je te tire la langue et je fais comme si, moi petit robot, je n'étais pas en train de perdre le contrôle. Tu ne m'aides pas beaucoup, en attrapant le devant de mon tee-shirt et en me tirant contre toi, doucement. Je n'ai plus de volonté propre, j'ai même du mal à faire entrer l'air dans mes poumons de métal. Car je suis un robot qui respire. Enfin, là, qui ne respire plus.
J'aime ta façon de me regarder avec l'air malicieux, je me demande si je te fais autant d'effet que tu m'en fais. J'espère bien. Où ça ne serait pas juste. J'embrasse le bout de ton nez pour voir, et si des papillons dérèglent ma carte mère, toi tu as les joues qui chauffent et c'est mignon de te regarder rougir. Tu lèves alors le nez et un peu maladroitement, c'est sur ma bouche que tu poses tes lèvres. Je court-circuite. Tout mon système s'éteint, adieu carte mémoire. Je ne sais pas combien de temps le baiser dure, mais il me paraît à la fois cours et interminable, comme chacun de nos baisers. J'ai du mal à quitter ta bouche, mais tu te recules quand même et quand je me rapproche pour t'embrasser encore, aimanté par tes lèvres, tu mets entre nous la tablette de chocolat qu'on est allé piquer en cuisine.
- Le chocolat d'abord, l'amour ensuite.
Je hausse les épaules, mon système central redémarre. On va s'asseoir sur ton lit dans ta chambre et tu coupes la tablette en deux.
- On peut partager, dis-tu.
Ça prouve au moins combien tu m'aimes, si tu es prêt à partager.
- Merci Jasper.
Je souris et prends la moitié. Le chocolat me répare, recharge mes batteries. Je suis prêt pour le nouveau déferlement d'émotion que tu provoqueras en moi.
Fin.
L'autatrice : je me suis un peu amusée avec cette fic.
