Salut mes lapins… Comment allez-vous ? Ce début d'année ?
Merci pour vos petits mots trop mignons sur le chapitre précédent. Ça y'est, le moment est venu, après deux ans et demi de bons et loyaux services, voici le dernier chapitre de cette fic… Je n'en reviens pas. J'espère qu'il vous plaira et que vous aurez apprécié cette grande aventure à mes côtés, en tout cas j'ai passé de très bons moments à écrire cette histoire, à la partager et à en discuter avec vous.
Humor : Ton pseudonyme me laisse un doute sur le fait que je doive prendre tant de remarques positives au sérieux, mais dans le doute, je vais choisir de le faire quand même :D Merci d'avoir pris le temps de me lire, je suis ravie si j'ai pu élargir tes horizons littéraires et si tu as trouvé ton bonheur ici. Il y a tout un tas d'auteurs de fictions qui méritent un coup d'œil, et si jamais ta curiosité te pique, je me ferais un plaisir de t'en proposer quelques-uns !
Allez, c'est parti, je vous laisse avec la conclusion de cette épopée.
Bonne lecture.
Chapitre 51
Zeke pinçait fermement l'arrête de son nez, en pleine réflexion.
Les images des caméras de surveillance lui révélant la progression inéluctable des envahisseurs dans la tour Stark ne lui laissaient guère le choix. Il lui fallait un moyen de sortir d'ici, et vite. Pas d'armure fonctionnelle disponible, et impossible de redescendre, entre les flammes et les manifestants en colère…
- Jarvis, on a des prototypes quelque part ? demanda-t-il à l'intelligence artificielle.
- Au cinquième sous-sol, confirma JARVIS. J'ai dû désactiver tous les ascenseurs, et la plupart des escaliers sont pris d'assaut, ajouta-t-il, confirmant les craintes du jeune homme.
Zeke se redressa et inspira profondément pour tenter de reprendre son calme.
- Bon, je ne peux pas descendre, et je ne peux pas sauter par la fenêtre. JARVIS, dis-moi qu'il y a un hélicoptère sur le toit ?
- C'est le cas, Monsieur. Un robinson R66.
- Super. Bon, j'ai aucune idée de comment ça se pilote. Tu pourras m'aider ?
- Je pense que oui, répondit JARVIS. Je puis également vous suggérer d'appeler Tony pour qu'il vienne vous chercher dans le cas contraire.
- Oui, accepta Ezekiel. Si jamais je ne m'en sors pas, je ferais ça. Mais en attendant, il doit être assez occupé comme ça. Bon. Eh bien allez, direction le toit, maugréa-t-il en s'élançant vers les escaliers les plus proches, tentant d'ignorer le grondement désordonné qui montait depuis les étages inférieurs.
Des crampes lui dévorèrent bien vite les mollets, mais l'angoisse générée par la précarité de sa situation suffisait à lui faire accélérer le mouvement. Il avait les mains moites et la gorge serrée.
Il pensa à Harry, qu'il avait laissé seul pour aller affronter Richard. Il espéra que tout se passerait bien pour lui, et pour les autres.
- Richard, qu'est-ce que tu mijotes…
Harry conservait un équilibre discutable sur le gobelin glider. Il lui faudrait probablement de nombreuses heures de pratique pour perfectionner sa conduite.
Il avait pris en chasse son ancien collègue, remorqué par un mutant aux immenses ailes de corbeaux. Leur vol était lourd et pesant. L'étrange convoi tournoya un moment au sommet de la tour de l'horloge, puis le Corbeau lâcha son fardeau et disparut.
Harry, les yeux plissés pour tenter d'en voir un peu plus, se rapprochait à grande vitesse. Arrivant trop rapidement et en tanguant au sommet de la tour, il sauta à bas du gobelin glider et roula au sol, alors que la planche allait finir sa course contre un mur dans un fracas de tous les diables.
Harry se redressa immédiatement, pestant de ne plus avoir ni force ni rapidité supérieures à celles d'un être humain normal.
- Richard ! cira-t-il en apercevant le jeune homme de l'autre côté du toit. Richard !
L'intéressé jura en croisant son regard.
- Harry, qu'est-ce que tu fous là ?
- Et toi alors ? accusa Harry.
Le gros sac de toile qu'il voyait sur le dos du mutant ne lui disait rien qui vaille.
- Ça ne te regarde pas, gronda-t-il. Barre-toi d'ici ou ça va mal tourner.
- Il y a quoi dans ton sac ? demanda Harry d'un ton menaçant.
Il s'approchait de Richard comme un loup de sa proie. Richard montra les dents, adoptant mécaniquement une posture défensive.
- Ça ne te regarde pas, répéta-t-il. Harry, ne m'oblige pas à te coller une raclée !
- J'aimerais voir ça !
Harry bondit vers son ennemi, tentant de lui arracher le sac des mains. Ils luttèrent en grognant, mais Harry savait ne pas faire le poids, pas sans l'aide du sérum.
- Lâche ça ! Lâche ça !
Harry obéit et relâcha brusquement sa prise sur l'objet des convoitises. Le déséquilibre soudain perturba Richard qui recula de deux pas et trébucha.
Harry en profita pour lui sauter dessus et lui arracher le sac. Il eut à peine le temps d'ouvrir la fermeture d'une main tremblante et d'apercevoir plusieurs kilogrammes d'explosifs que Richard ripostait.
Mais pas avec la force brute.
Le monde tourna soudain tout autour d'Harry. Le ciel devint sombre et grondant, le sol s'amollit sous ses pieds, l'endroit et l'envers n'existaient plus. Des créatures abominables, croisement de scolopendres et d'araignées d'argent, grimpaient sur les murs face à lui dans un cliquètement métallique. Déstabilisé, il lâcha le sac et tituba, prêt à vomir. Il n'arrivait plus à marcher droit et avait l'impression que la tour fondait sous ses pieds, alors qu'une lumière rose et violette irradiait de partout et nulle part à la fois. Face à lui, le rebord du toit de la tour lui sauta aux yeux et il se sentit aspiré par le vide, reculant frénétiquement pour ne pas s'y laisser attirer. Richard lui apparut comme une silhouette démesurée, haute et menaçante. Plus aucun détail sur son visage ou son corps, simplement, un amas de matière sombre à l'allure vaguement humaine, des yeux et une bouche comme des trous noirs qui aspiraient tout autour de lui.
Richard récupéra son bien en pestant. Il avait beaucoup travaillé à la qualité des hallucinations qu'il pouvait générer chez autrui. Le résultat était visiblement efficace et terrifiant.
- Je t'avais prévenu, grogna-t-il alors qu'Harry peinait à rester debout. Maintenant, si tu veux un conseil, casse-toi d'ici. Je vais répartir ça un peu partout dans la tour, et ça va faire un joli feu d'artifice.
Harry cligna plusieurs fois des yeux, observant le monstre dévoreur de planètes face à lui, dont la voix sonnait grave et distordue. Son esprit fonctionnait au ralenti, lutant contre l'illusion, tentant de reprendre pied dans la réalité.
Il y avait sa vie, son père disparu, sa réconciliation avec l'homme qu'il aimait, et qui en avait choisi un autre. Le manque, et l'impression persistante d'être devenu inutile sans le sérum. Il y avait Wade, qui prendrait soin de Peter. Il y avait Richard, ou ce qui ressemblait à Richard, en face de lui. Il y avait le sac d'explosifs, et cette tour, au milieu de la ville. Et, à deux mètres sur sa droite, il y avait le rebord du toit. Cent-trente mètres de vide.
Son cerveau était comme broyé par l'hallucination massive et la perte de ses sens. Et pourtant, jamais une situation ne lui avait parue aussi limpide.
- Il faut qu'on rejoigne les autres, grogna Peter en déposant Wade sur un trottoir.
Celui-ci hocha la tête et dégaina un katana pour faire face, menaçant, à un petit groupe de mutants qui les regardaient d'un mauvais œil.
Peter Parker, super héros à la solde du gouvernement, n'avait pas très bonne presse auprès de ses collègues héroïques pour l'instant.
- Tony, t'en es où ? demanda-t-il dans l'oreillette. Tony ? Tony ? Merde…
L'ingénieur ne lui répondait pas. Ils s'étaient séparés une dizaine de minutes plus tôt : il avait forcément déjà atterri sur la tour Stark. Peter plissa les yeux pour tenter de discerner quelque chose sur le toit du bâtiment qui pointait à l'Ouest, mais depuis le sol et à cette distance, c'était impossible.
Une étrange procession dans le ciel attira néanmoins son regard.
Deux créatures entremêlées dans un vol irrégulier, comme un immense oiseau trop chargé, suivies par un point vert qui fonçait à toute vitesse derrière eux.
Peter crut que son cœur allait cesser de battre. Il connaissait bien le gobelin glider. Normal Osborn, le père d'Harry, était mort empalé avec lors de leur dernier affrontement.
- C'est pas possible…
Il attrapa le poignet de Wade et le serra, capturant son attention en parlant très vite, agité :
- Il faut que j'y aille. Je ne sais pas c'est quoi ce bordel, mais j'ai un mauvais pressentiment. Harry est là, en plein milieu de la bataille. J'espère que Zeke est en sécurité. Fais gaffe à toi.
Il ponctua sa phrase d'un baiser sur la joue râpeuse du mercenaire qui n'eut pas le temps de répondre. Déjà, l'araignée s'élançait vers les hauteurs de la ville. Wade fronça les sourcils. Il n'aimait pas la tournure des évènements non plus. Il prit lui aussi la direction de la tour de l'horloge.
Peter survolait la foule, électrisé par l'adrénaline, inquiet pour Tony, pour Harry, pour chacun de membres de leur équipe.
Sauf pour Wade. C'était l'avantage, avec Wade. Il ne lui arriverait jamais rien. Malgré le désastre global qu'ils étaient en train de vivre, le savoir de nouveau à ses côtés était un soulagement incroyable, la réponse à une question douloureuse qu'il s'était trop longtemps posée.
Alors qu'il s'approchait rapidement de la tour de l'horloge, il put voir distinctement le Corbeau lâcher son colis humain sur le toit. Dans leur sillage, le Goblin Glider ne ralentissait pas et alla se fracasser contre un mur. Peter accéléra le rythme, son cœur frappant ses côtes dans cet insupportable sentiment que tout lui échappait.
Il se rapprocha suffisamment pour voir Harry faire face à Richard, se battre avec lui, tomber au sol en se prenant la tête entre les mains.
Il se rapprocha suffisamment pour le voir se redresser en titubant, la tête basse, les épaules rentrées dans la nuque. Sortir un revolver de sous son manteau et le pointer en direction du mutant, le forçant à s'approcher dangereusement du rebord du toit.
Il assista à distance, impuissant, à la réaction violente de Richard qui bondit sur Harry, luttant avec lui pour lui ôter l'arme des mains. Peter se hissait à son tour sur le toit lorsque le coup de feu parti, lui glaçant la moelle épinière.
- Harry ! hurla-t-il en courant vers les deux adversaires qui se redressaient en chancelant.
Dans l'altercation, le revolver avait fini sa course juste au bord du toit, et Peter maudit le sens de précognition qui réveillait toutes les alarmes dans son esprit sur le danger à venir. Une tache rouge grandissait sur le torse de Richard qui cria de rage, se jeta sur le revolver. Harry, plus pâle que la mort, aperçut Peter de l'autre côté de la tour.
Une fraction de seconde qui s'éternisa, un sourire un peu triste, mais un sourire quand même.
Peter bondit vers eux, présentant parfaitement ce qu'Harry allait faire, criant son nom. C'était trop tard : l'héritier Osborn sautait déjà sur Richard qui avait récupéré l'arme à feu et la pointait dans sa direction. Un nouveau coup de feu, au moment où les bras d'Harry se refermaient sur les épaules de son ennemi, puis la chute lancinante des deux corps irrémédiablement attirés par le vide.
Peter força ses jambes à accélérer davantage encore, se jeta à leur suite du haut des cent-trente mètres de la tour, plongeant derrière eux, projetant une toile sifflante vers Harry dans une course effrénée pour le rattraper en pleine chute. Il vit les deux corps entremêlés attirés par la gravité se rapprocher du sol, alors que la toile filait dans leur direction, attrapait le dos de Harry une seconde avant qu'il ne s'écrase au sol.
Ou une seconde après ?
Le choc fut terrible et Peter sentit l'onde se propager dans tout son corps alors qu'il gagnait le sol et se précipitait vers son ami immobile, retenu par la toile un mètre au-dessus du béton comme une poupée de chiffon. Richard gisait sur le trottoir dans une mare pourpre. La vérité était trop insoutenable. Peter cria et pleura en récupérant Harry, en le serrant dans ses bras, et l'exhortant à lui parler, à cligner des yeux. Dans la rue autour de lui, des dizaines d'inconnus choqués avaient assisté à la scène, mais s'en détournaient déjà, courant pour fuir, jetant à peine un regard au corps de Richard désarticulé sur le sol, et à cet adolescent qui pleurait en serrant une silhouette pâle contre son torse.
Peter ne devrait jamais savoir si la nuque d'Harry s'était brisée parce qu'il avait percuté le béton, ou a cause du choc brutal de la toile qui avait tenté de le sauver.
Le monde extérieur, cet amas de gens, de cris et de violence, n'existait plus autour de Peter. Il resta longtemps à tenir Harry dans ses bras, les yeux aveugles, l'esprit sourd et muet. A un moment, il sentit que quelqu'un s'agenouillait à côté de lui, lui serait les épaules, le prenait à son tour dans ses bras. Wade ne prononça pas un mot, se contentant de partager en silence cette étreinte douloureuse.
Tony s'approchait de la tour Stark, le cœur au bord des lèvres.
Les flammes qui sortaient par les fenêtres et remontaient le long du bâtiment familial lui donnaient envie de pleurer. Langues orangées brûlantes détruisant tout sur leur passage. Mais ce n'était pas le moment de se laisser abattre, il fallait trouver une solution, et vite.
Alors qu'il était à moins de cent mètres de la tour, un choc considérable le secoua et fit dévier la trajectoire de son armure. Il comprit rapidement d'où venait le fracas : sur le toit de la tour Stark, des silhouettes s'agitaient, voletant dans les airs, attirant la foudre et de gros nuages noirs au-dessus d'elles.
Thor et Amora.
Tony fonça vers eux le plus vite possible, les mâchoires crispées. Si Thor et Amora étaient là, Loki ne devait pas être loin… Il était temps de le confronter, et de l'obliger à tempérer ses partisans. Ne plus lui laisser le choix. Coûte que coûte.
Tony atterrit sur le toit en même temps que deux gros hélicoptères blindés du SHIELD. Amora, défigurée par un rictus de haine, envoyait des pointes de glace aiguisées à quiconque osait s'approcher d'elle. En retrait, Loki observait les hélicoptères, ennuyé. Thor quant à lui fonça sur l'enchanteresse, déviant la trajectoire des pointes blanches acérées à grands coups de marteau. Le prince héritier percuta Amora et ils roulèrent au sol en criant, alors que des hommes en tenue de combat complète dégringolaient des hélicoptères et s'éparpillaient sur le toit pour encercler les Asgardiens.
- Ça suffit ! hurla Tony.
Dans son dos, les hommes du SHIELD armaient leurs fusils et adoptaient une posture agressive peu engageante. Ceux restés dans les hélicoptères les observaient à travers la lunette de leurs armes de précision, points rouges menaçants se promenant sur les fronts et sur les poitrines. Thor et Amora se redressèrent en échangeant un regard mauvais, mais suspendirent un instant l'affrontement.
- Ça suffit, répéta Tony hors de lui. C'est ça que vous voulez ? demanda-t-il en pointa du doigt la ville embrasée sous eux. Détruire la Terre ? Un monde qui n'est pas le vôtre, qui est le mien ? Détruire ma Tour, ma ville, ma putain de vie entière ?
Le bourdonnement des hélicoptères en vol stable couvrait ses propos et il devait crier pour se faire entendre.
- J'en ai assez, poursuivit l'ingénieur. Il faut que ça cesse. Il faut une solution pacifique, et il la faut maintenant. Sinon…
L'instant s'étira. La tension à son paroxysme était presque palpable. Un son brutal attira l'attention générale de l'autre côté du toit. La porte de l'issue de secours débouchant sur le toit s'ouvrit, et claqua un peu fort.
Tony eut à peine le temps d'écarquiller les yeux en reconnaissant le visage rouge et essoufflé d'Ezekiel que le coup de feu retentit.
L'ingénieur n'entendit pas Zeke mais vit ses lèvres esquisser une remarque surprise :
« Tony ? »
Ezekiel s'effondra.
Adam était fatigué. Il n'avait pas dormi depuis plus de quarante-huit heures.
Sa femme était à l'hôpital, gravement blessée à la suite d'une émeute. Sa mère gardait les gamins en attendant, mais lui n'arrivait pas à se concentrer. Il pensait à sa femme. Il priait qu'elle sorte du coma, il y pensait à chaque seconde.
Il était au premier plan, sur le front, avec ses gars de l'escouade depuis deux jours. A courir dans les rues, agiter des boucliers anti-émeutes, lancer des gaz dans la foule pour tenter de maîtriser cette bête enragée.
Il avait déjà perdu deux hommes. L'un écrasé par une voiture qui tentait de fuir une rue prise d'assaut par les manifestants, l'autre déchiqueté par un mutant en colère et ses griffes acérées.
Ses yeux le brûlaient, son cerveau tanguait. Il se sentait tendu, et seule une somme de réflexes nerveux agitaient encore son corps, le faisant marcher, courir, obéir aux ordres ou en distribuer. Sauter de l'hélicoptère, se mettre en formation, mécaniquement, se préparer à intervenir, à séparer les deux oiseaux qui s'échangeaient des coups de marteau et de pieux glacés. Les mains bien serrées sur le canon de son arme.
Une somme de réflexes. Respirer, observer, le corps aux aguets, dans un automatisme reptilien nécessaire à sa survie.
La peur primitive, lorsqu'un claquement retentit de l'autre côté du toit. La peur primitive, la fatigue, l'instinct de survie, le réflexe ultime. Le coup de feu partit tout seul, sans même qu'il ne s'en rende compte.
Instinctif, guidé par des années de pratique.
Mortellement précis.
- Non !
Le hurlement ne venait pas que de Tony. Amora, le visage livide, avait crié aussi. Thor et Loki, figés par la surprise, avaient les yeux écarquillés.
Les ordres claquèrent dans l'air, la panique consuma les lieux en une fraction de seconde. D'autres coups de feu, les formations militaires qui se resserraient, l'attaque frontale lancée immédiatement.
Amora cria de nouveau, transfigurée par la colère, alors que Tony se précipitait vers le corps immobile d'Ezekiel. L'enchanteresse se dressa face à l'escadron du SHIELD. Des lianes grises s'extirpèrent du toit en béton et vinrent s'enrouler autour des soldats. Thor ne savait visiblement plus quel camp rejoindre. Alors que les hélicoptères se tournaient vers eux, regorgeant de tireurs embusqués prêts à l'action, il sauta sur l'un des appareils et le déséquilibra juste à temps pour empêcher les tueurs d'agir. Son poids entraîna l'hélicoptère vers le bas, alors que Loki, s'embarrassant de moins de manières, s'occupait du second véhicule et l'envoyait s'écraser contre le building le plus proche.
Les yeux du Jotun embrasèrent l'ensemble de la situation. Amora semait la mort et le chaos dans les rangs adverses, les soldats encore debout du SHILED continuaient de se rapprocher pour les encercler…Les hurlements, les coups de feu, les sirènes, l'alarme incendie de la tour en train de se consumer, les volutes de chaleur de l'incendie qui montaient désormais jusqu'à eux en vagues irrégulières. Tony, à genoux au-dessus d'Ezekiel, le visage baigné de larmes. Trop d'informations violentes. Les mêmes que ces derniers mois, en boucle. Sa lassitude atteignit un point de non-retour.
Tony avait raison, cela devait cesser. Alors que plusieurs agents du SHIELD arrivaient à quelques mètres de Tony et le menaçaient de le tuer s'il ne se rendait pas, Loki tendit une main vers eux. Ils furent projetés en arrière et une matière noire et visqueuse jaillit du sol, monta vers le ciel, formant un mur circulaire autour de Tony, d'Ezekiel et de lui, les coupant du reste du monde. Un globe protecteur et sombre. Plus de bruit. Plus de chaleur, plus de menaces, plus personne. Seul demeurait le silence entrecoupé des sanglots de Tony.
Loki vint s'agenouiller à côté de l'ingénieur qui pleurait sans pouvoir s'arrêter, caressant les cheveux d'Ezekiel dont le regard figé exprimait toujours cette surprise d'avoir aperçu son meilleur ami au sommet de la tour.
- Pas lui, supplia Tony entre deux gémissements, serrant Ezekiel entre ses bras comme s'il ne voulait jamais s'en détacher. Pas lui, s'il vous plaît. Pas lui. Loki…
Loki posa deux doigts sur le front d'Ezekiel pour sonder son âme. Elle était partie. Il était trop tard. Même lui ne pouvait pas ramener un être d'entre les morts.
- Je suis désolé, murmura-t-il, la voix rauque.
Il se rendit compte que les larmes perlaient aussi aux coins de ses propres cils.
-Je suis désolé.
Il enserra à son tour les épaules de Tony, et le laissa pleurer de longues minutes, indifférent au chaos qui régnait au dehors de leur muraille magique infranchissable. Lorsque Tony eut si mal à la gorge, et les yeux si secs qu'il ne parvenait plus à pleurer, Loki prit la parole :
- Partons.
Tony ne répondit pas, les yeux vitreux, toujours fixés sur ceux d'Ezekiel. Les yeux gris de son compagnon, d'abord ennemi, puis ami, puis la personne la plus importante de sa vie. Celui qui l'avait aidé à chaque épreuve, qui avait toujours été là. Lors de l'enlèvement, lors du décès de ses parents, lorsque Loki avait été banni, et depuis le début de cet horrible conflit ravageant la civilisation. C'était trop dur à concevoir. Imaginer qu'il ne le verrait plus jamais, qu'ils n'auraient pas de nouveaux projets ensemble, qu'ils ne partageraient plus ces moments si simples qui l'avait soutenu dans les périodes les plus difficiles de sa vie…
- Partons, répéta Loki. Cette Terre ne veut pas de moi, mais elle ne veut pas de toi non plus. Elle t'a tout pris. Ta famille, tes amis, tout ce que ton père avant toi avait construit… Tu es trop bon pour cet endroit, Tony. Et moi, j'ai cru que j'aurais un poids. J'ai cru que je pourrais changer les choses. Quelle naïveté…
Tony ferma les yeux. Sa tête se posa sur l'épaule de Loki qui l'enserrait toujours d'une étreinte protectrice. Il respira son odeur, sentit une mèche de longs cheveux noris caresser son front. Il s'raccrocha comme un noyé à la dérivé, écouta la voix suave teintée d'amertume qui poursuivait son discours :
- ils t'ont tout pris, Tony, mais moi je suis là. Je serais toujours là, si tu veux de moi. J'ai commis des erreurs, et j'en commettrai d'autres à l'avenir. Mais, avec un peu de chance, tu seras là pour me remettre dans le droit chemin. Si nous n'avions jamais été séparés…
Il ne réussit pas à finir sa phrase, perdu en conjectures. Au fond de lui, il en était sûr. S'ils n'avaient jamais été séparés enfants, la situation n'aurait pas dégénéré ainsi. Ils auraient grandi ensemble, se seraient compris, soutenus, entraidés. Ils auraient évolué dans la même direction : qui aurait pu les en empêcher ?
- Partons. Je t'emmènerai aux pieds des racines de l'Arbre-Monde, je t'emmènerai au cœur d'une étoile vivante, aux confins de l'univers. Nous marcherons sur la glace de Jotunheim, dans les volcans actifs de Muspellheim, dans les ruines des châteaux-montagnes de Vanir, nous irons rencontrer les elfes noirs et les géants… Toi et moi, Tony, nous avons toujours été des marginaux. Ce monde ne veut pas de nous : trouvons en un autre. Partons.
Et Tony, pensant à sa tour dont les cendres se dispersaient dans les rues de New-York en un ruban de poussière argentée, pensant à ses parents, pensant à Ezekiel, se dit qu'il n'y avait plus rien pour lui dans ce monde. Que le seul élément d'intérêt de sa vie, à présent, la seule personne pour qui il se retenait d'aller immédiatement se jeter dans le vide, était celle qui lui chuchotait des paroles réconfortantes tout en embrassant son front.
- Partons, répéta Loki, murmurant à son oreille.
Et Tony accepta d'un hochement de tête silencieux.
PFIOU.
J'espère que vous avez passé un bon moment. (Bon, peut-être pas sur ce dernier chapitre en particulier hein, je m'attends bien à quelques remontrances et gentilles tapes sur les doigts, mais hé ! Y'avait-il vraiment une autre issue possible ?)
Je posterai bientôt un petit épilogue, pas grand-chose, pour conclure le tout. Merci de m'avoir accompagnée tout au long de cette aventure. Certains d'entre vous ont pris le temps de me laisser des reviews, de temps en temps ou à chaque chapitre, et sans vous, je n'aurais probablement pas réussi à tenir le projet jusqu'au bout. Alors encore MERCI. Vous êtes la force vive qui motive les auteurs de ce site. Je vous aime.
Je ne sais pas trop ce que je vais faire maintenant, si vous avez des suggestions, je prends ! N'hésitez pas à m'ajouter sur facebook ( Charlie Eriksen – Laukaz) ou à aimer ma page si vous êtes trop timides pour la première option… ! Je vous tiendrai au courant de mes prochains projets par ce biais. Dans tous les cas, je continuerai à écrire des fics, alors vous pouvez toujours surveiller mon profil de temps à autres.
A bientôt pour les derniers mots de cette fiction…
Des bisous,
Charlie
