Bonjour, voici un nouveau chapitre.

« Ras-le-bol de vos mensonges ! »

« Donnez-nous la vérité ! »

« Avez-vous perdu la tête ? »

« Vous avez oubliés nos morts !? »

Depuis les dernières révélations je prenais conscience de la véritable situation. Quelques minutes plus tôt, ma mère avait émis l'idée de faire une surprise à mon père en l'accompagnant déjeuner. Un peu rébarbatif au début, j'avais accepté d'accompagner la jeune femme. Même si elle ne risquait rien au ministère, je n'étais pas assez idiot pour la laisser seule dans le monde extérieur. Mon père ne me l'aurait jamais pardonné.

Évidemment cette surprise était une mauvaise idée. Des manifestants bloquaient l'entrée du ministère avec extravagance en s'allongeant à même le sol. Des sorciers scandaient des paroles haineuses contre les gens du pouvoir. Une véritable mascarade. Soudain, un des illuminés s'accroche hermétiquement à ma cheville.

« Viens mon frère ! Rejoins nous. Ne laisse pas ces mensonges t'emporter ! »

Je renifle avec dégoût et retire mon mollet de sa poigne. Si mon père me retrouvait allongé avec ces cinglés, son image en prendrait un coup. J'imaginais déjà les gros titres. Le fils du Directeur des Aurors rejoins la cause des manifestants. Non, même si je rejoignais leurs idées je ne pouvais pas me permettre un tel comportement en public.

« Coba, viens. Par là. »

Glass attrape mon bras pour m'entraîner vers la place centrale du ministère. Des sorciers de la garde des patrouilles se pressent de calmer les excès. Certains des sorciers sont emmenés de force lorsqu'ils deviennent trop virulent.

Nous rejoignons la fontaine. Un moment nostalgique me ramène en enfance. Petit, j'adorais jeter des pièces dans cette dernière en attendant mon père. La sculpture monumentale se situait au centre de l'atrium. Un sorcier menait l'architecture, un Gobelin, un elfe de maison et un centaure admiraient cet édifice. Plutôt grotesque en somme, jamais ces espèces dévisageraient un sorcier avec tant d'admiration… La fontaine de la fraternité magique. Encore une note d'hypocrisie de la part des autorités magiques. La position du sorcier au sommet était plutôt explicite. Nous étions supérieurs aux autres espèces.

« Je crois que c'est une mauvaise idée. » Je ne peux m'empêcher de répéter à Glass.

« Mais non, Coba. Ton père va être content de nous retrouver pour déjeuner. »

« Tu ne l'as pas prévenu ? » J'insiste.

« Ça ne serait pas une surprise en cas contraire. » Souligne le jeune femme.

L'homme détestait les surprises. Lorsqu'il nous apercevrait dans le hall, mon père sera tout sauf content de nous voir. Il nous imaginait certainement en sécurité dans l'appartement. Nous voir en dehors du cocon allait le rendre furax…

« C'est bon Coba. On ne va pas se cacher éternellement. On à le droit de vivre. » Continu Glass avec agacement.

Je reste silencieux. Resté enfermer me rendait dingue moi aussi. Cependant, je semblais un peu plus mature que ma mère à ce sujet. Apparement mon père ne l'avait pas sermonné autant que moi. Grindelwald pouvait apparaître à n'importe quel moment. Sur mes gardes je scrute les horizons. Mes pas m'éloignent à quelques mètres de la jeune femme. Je regarde ma montre à gousset. Midi et demi, mon père quitterait son bureau dans un quart d'heure. C'est l'effervescence autour de nous. Des employés s'activent à rétablir l'ordre.

« Excusez-moi ? Est-ce que …? Glass ! C'est toi ? »

Je me retourne rapidement vers l'interlocuteur de ma mère. La voix ne m'est pas familière, mais au-delà de ce détail un autre m'interpelle. L'homme venait de s'adresser à la jeune femme en Albanais. Les dernières personnes rencontrées dans ma langue maternel n'avaient pas été des plus accueillant. Je décide de me méfier, ma main cramponne ma baguette.

« Je… Suliman ? » Propose ma mère en anglais.

« Oui ! Glass je n'en reviens pas ! Ça fait combien d'années déjà ? »

Mes sourcils se froncent. La jeune femme n'est pas sur la défensive. Les joues de ma mère rougissent. Je m'applique à détailler cet homme. Selon les critères de la gent féminine je le qualifierai de charmant. Élancé, des yeux caramels, un teint bronzé. Ses cheveux châtains sont soigneusement peignés, un raie sépare deux côtés parfaitement plaqués. Une petite balafre se dessine sur son arcade. Il est vêtu d'une robe de sorcier noir. Une cape de voyage repose sur ses épaules.

« Dix-huit ans » Répond Glass avec un sourire gêné.

« Quand je pense à toutes ces années… Mais qu'est-ce que tu fais, ici ? »

« Je te retourne la question ? » Élude précipitamment ma mère en regardant le portillon de contrôle.

Je comprends rapidement à son empressement que ma mère ne souhaite pas que mon père débarque. Qui était ce Suliman ? Dix huit ans ? Mes parents étaient ensemble depuis presque autant d'années.

« Le travail. Enfin j'imagine que tu t'en doutes. Après tout, tu es venu en Angleterre pour les mêmes raisons, non ? »

Cet aveu contracte mon estomac douloureusement. Je connaissais très bien la raison qui avait poussé ma mère à rejoindre ce pays. Et le travail n'en faisait pas parti. Glass avait suivi mon père, laissant sa famille derrière elle pour rejoindre l'homme qu'elle aimait. Mais ce Suliman ne paraissait pas au courant…

« Viens en aux faits, Suliman. C'est Finéas qui t'a dit que j'étais ici ? » Tente de comprendre la sorcière.

Oh, Suliman connaissait donc mon cousin. La question de ma mère sonne comme un avertissement. J'ai l'intime conviction que la présence de cet homme n'est pas au goût de Glass. Un malaise est perceptible.

« Effectivement, Fin m'a dit qu'il s'était installé à Londres. En précisant qu'il souhaitait rester proche de la famille qui lui restait. »

Un sourire chaleureux recouvre les lèvres du sorcier. Je connais bien ce regard séducteur et il ne me plaît pas du tout. Ma mère avait toujours eu beaucoup de succès avec les hommes, je n'y prêtais pas attention en général. Néanmoins cette insistance semble déranger ma mère. D'ailleurs, comme me le répétait mon père, c'était mon rôle de protéger la jeune femme durant son absence. Contrarié par le comportement de cet homme, je décide de m'avancer à sa rencontre.

« Suliman, je ne suis pas partie pour le travail. » Commence à expliquer Glass.

« Maman, un problème ? »

Tout en posant ma question, je me positionne défensivement devant le jeune femme.

« Maman ? Effectivement, tu sembles m'avoir menti sur tes ambitions … » Comprends amèrement Suliman.

« C'est ce que je m'apprêtais à te dire. » Explique gentiment ma mère.

Le sorcier débat intérieurement des révélations. Cette gentillesse définissait trop bien ma mère. Pourtant cet homme l'importunait, mais elle restait tout de même courtoise. Après un instant et au prix d'un grand effort, l'homme m'affronte d'un regard noir. Je ne flanche pas, il en fallait plus pour m'impressionner.

« Bien. Enchanté… ? »

Le sorcier tend une main afin que je me présente. Je n'en fais rien. Je regarde alternativement sa main et son visage. Mes pensées sont hermétiques derrière mon bouclier mental. Il n'avait rien à faire ici.

« Coba, mon fils. » Présente Glass à ma place.

De la déception et de la tristesse parcourent son visage. Il me fixe amèrement en me saluant d'un signe de tête. Je ne lui réponds toujours pas. J'espérai que ma froideur l'éloigne de ma mère sans devoir devenir agressif. La tension monte entre nous deux. Mon comportement le contrariait…

« Je peux savoir ce que vous faites ici, tous les deux ? »

Mon père venait de se positionner devant moi, cachant Suliman de mon champ de vision. Ses yeux sévères s'adressaient aussi bien à ma mère qu'à moi. L'homme remarque mon agacement, d'un poigne autoritaire il attrape mon bras afin de m'éloigner et de reprendre sa place de leader. Sa poigne m'arrache une grimace.

« Et voici, Tom. Mon mari. » Continue Glass en ignorant la question de mon père.

Cette fois-ci Suliman ne se donne même pas la peine de tendre sa main. Les deux hommes s'affrontent avec froideur. Suliman réfléchit activement, un détail le préoccupe. À ma gauche je sens ma mère se tortiller. Son malaise est palpable.

« Votre tête m'est familière, vous aurais-je déjà menacé ? » Questionne Tom.

Sa demande aurait pu être comique si la situation n'était pas si tendue. Mon père fouillait dans ses souvenirs. Je n'interviens pas, comprenant que cette échange commençait à devenir bien plus personnel. Ce Suliman était-il une des victimes de mon paternel ? Cet homme semblait avoir un rapport avec ma mère…

« Je me disais aussi... Sans votre capuchon sur la tête, vous êtes tout de suite moins personnifié Voldemort. » Susurre Suliman.

Un sourire carnassier retrousse les lèvres de mon géniteur. J'entendais ce nom bien trop régulièrement ces derniers temps.

« Le temps est plus clément en Angleterre… » Répond le directeur des Aurors avec amusement.

« Ou bien les séquelles de la magie noires sont moins prononcés avec les années. » Affronte l'homme.

La mâchoire de mon père se contracte férocement. Il vérifie les alentours, de tels propos ne pouvaient pas être répétés. La branche sombre de la magie était connue pour ses effets nocifs. Cet affront me rends curieux. Mon père avait-il déjà subit des séquelles par le passé ? Car présentement son physique restait parfait, sans aucun défaut.

« Les yeux rouges ont disparu aussi, par Merlin la panoplie du parfait petit mage noir est devenu d'un ridicule. » Se moque Suliman.

Cet homme devait être suicidaire ! Mon père amorce un pas dans sa direction. Tom Jedusor ne tolérait pas d'être dénigré. Je l'aperçois retirer sa baguette magique de sa poche. Ce crétin allait vite rencontrer le regard de braise du sorcier ! Glass intervient avant que son mari commette un meurtre au beau milieu du ministère de la magie.

« Suliman ça suffit ! Si tu es venu insulter ma famille rentres chez toi ! » Fulmine la sorcière.

Soudain mon père comprend quelque chose. L'emploi de ce prénom ne lui était pas inconnu.

« Suliman… J'avais oublié. Épargnez-moi ce spectacle larmoyant. Inutile de vous ridiculiser. Glass est avec moi désormais. Passez votre chemin. » Menace Tom.

« Je suis venu pour le travail. » Rétorque le sorcier avec colère.

« Vous n'en obtiendrez pas au ministère. Je m'en assurerai personnellement. » Termine mon père avec venin.

Avec autorité mon géniteur nous éloigne de notre interlocuteur. Je ressens la magie de l'homme se déverser dans l'atmosphère. Sa colère est tangible. Il nous dirige vers l'extérieur sans prononcer un mot. Je me sens de trop entre mes parents. Vraisemblablement mon père souhaitait obtenir une conversation privée avec sa femme.

« On est venu pour déjeuner avec toi… Histoire de te changer les idées. » Explique Glass.

L'homme ne répond pas. Décidant de leur laisser un instant d'intimité je baisse la cadence en retrait derrière eux. Remarquant mon geste, l'homme jette un coup d'œil derrière son épaule. Il est très en colère. Ses paroles silencieuses sont plutôt claires. Tu restes là.

Possessif, le sorcier accroche la taille de sa compagne afin de la retenir hermétique contre lui. Mon père n'aimait pas la concurrence, j'en avais entendu assez pour comprendre. Apparement ce Suliman avait fait partie de la vie privée de ma mère. Enfin, le comportement de mon géniteur confirmait mes suppositions. Il devenait très possessif quand d'autres personnes s'intéressaient à sa femme.

« Tom, je ne savais même pas qu'il était ici. Arrête tu sais très bien que… »

« Bon, où est-ce que vous voulez manger ? » Interrompt Tom.

La scène de ménage n'aurait pas lieu devant moi à mon grand soulagement. De cette façon mon père clôturait le sujet. Son intervention restait agressive mais compréhensible à mon sens. Pour ma part, je détestais voir cette crapule de Nott tourner autour de ma copine… D'ailleurs cette main accrochée autour de la taille de Glass signifiait que l'homme lui faisait toujours confiance.

« Italien ? » Je propose pour détendre l'atmosphère.

Mes parents ne débattent même pas et nous nous dirigeons vers un restaurant où nous avions l'habitude de nous rendre. J'aurais pu demander un fast-food cela aurait été la même chose. Les adultes se détachaient complètement de l'environnement. Glass était vexé du mutisme de son conjoint.

Les fourchettes et les couteaux résonnent contre les assiettes. Le repas se déroule dans un silence pesant. Des moldus discutent autour de nous. Toute cette ambiance devient pesante. La couleur blanche qui domine l'endroit contraste fortement avec l'humeur des adultes installés en face de moi. Ma mère avait annoncé un moment convivial, il n'en était rien. J'aurais mieux fait de rester tranquillement chez moi pour réviser les potions.

« Et moi qui voulait te faire plaisir… » Rumine la sorcière en terminant son plat.

Je finis la dernière bouchée de mes lasagnes. Mes yeux restent fixés sur mon assiette. Finalement je ne suis pas le seul effronté dans cette famille. Pour la première fois du repas ma mère prenait la parole. La jeune femme rancunière ne voulait pas en rester là. Pour elle, Tom était le fautif dans cette histoire.

« Que veux-tu entendre, Glass ? » Réplique dangereusement mon père.

« Rien, Tom. Vraisemblablement le silence est préférable. » Provoque la jeune femme.

Les yeux rouges, l'homme s'apprête à exprimer sa colère, mais il est interrompu par le serveur. Ses yeux reprennent rapidement leurs couleurs onyx, ses défenses bien en place. L'homme était bien plus doué que moi pour cacher ses émotions. En moins d'une seconde il redevenait complètement normal. Du moins physiquement. Car bien entendu Tom Jedusor restait un sorcier à des années lumières de la normalité…

« Un dessert peut-être ? » Demande le moldu.

Mes parents ne répondent pas. Bien décidé à ne pas laisser le meilleur moment du repas m'échapper je m'exprime.

« Un tiramisu, s'il vous plait. »

« Très bien, autre chose ? »

« Un café. » Sourit Glass à l'adresse du serveur.

« Et pour monsieur ? »

Tom balaie la question de l'homme d'un geste de main. Il pouvait me reprocher ma politesse la sienne était exécrable. D'ailleurs ma mère tique à cette attitude.

« Je peux savoir ce que vous fichez, ici ! Je n'ai pas été assez clair lorsque je t'ai demandé de rester à la maison ? » M'agresse l'homme.

J'étais étonné que le sorcier ne se soit pas défoulé sur moi plus tôt. Un grognement de rage s'échappe de ma gorge. Renfrogné j'adresse un regard de reproche explicite à ma mère. Je l'avais pourtant prévenu !

« Pas besoin de t'en prendre à lui, Tom. C'était mon idée. » Déclare sévèrement Glass.

« La prochaine fois tu te débrouilles toute seule. J'en ai marre de servir de punching-ball ! » Je crache avec rancœur.

Rageusement je balance ma cuillère sur la table. Maintenant je payais pour les idées stupides de ma mère. L'homme m'engueulait assez souvent comme ça. Il fallait qu'il apprenne à passer ses nerfs sur quelqu'un d'autre ! J'en avais plus que marre d'être la bonne poire.

« Ça suffit, Coba. Ce n'est pas de ma faute si ton père est complètement stupide. » Critique la sorcière.

Un rire nerveux quitte la gorge de mon géniteur. Il n'avait pas pour habitude de se laisser insulter de la sorte.

« C'est moi qui suis stupide, Glass ? Dis-moi, si ton fils avait été tué par un des sbires de Grindelwald, qui serait le plus stupide de nous deux ? » Réprimande Tom.

« Oui tu as raison, Tom. J'ai été stupide de vouloir qu'on passe un instant en famille. On ne t'a presque pas vue depuis une semaine ! » Critique la jeune femme.

« Ça n'a aucun rapport ! Tu sais pertinemment que vous n'êtes pas en sécurité lorsque vous franchissez la porte de cet appartement ! Et pourtant ça ne te dérange pas d'exposer Coba au danger ! Qui est la personne responsable de l'autre ? Tu es l'adulte, montre l'exemple au lieu de te comporter égoïstement ! »

Un frisson remonte le long de mon échine. Mes parents s'étaient déjà disputés, mais jamais devant moi. Les mots de mon père sont assez violents. Ma mère était la personne la moins égoïste du monde, elle voulait sincèrement passer un moment agréable avec sa famille. Néanmoins l'homme bloquait sur ce type de sentiments. À croire qu'à l'inverse de la jeune femme, on ne lui avait pas manqué…

« On a utilisés le réseau de cheminé du chemin de traverse, c'est plutôt sûr. Pas besoin de s'emporter. Tout le monde va bien. » Je ne peux m'empêcher de défendre Glass.

Je me tiens prêt à affronter l'homme, mais il n'en fait rien. Les bras croisés sur sa poitrine, il se contente de soupirer bruyamment. Cette attitude ne lui ressemble pas. Ou bien mon père se rendait compte de son débordement. Évidemment il ne s'excuserait pas, ça aurait été à l'encontre de ses principes. Encore un : fais ce que je dis, pas ce que je fais. Le serveur dépose mon assiette devant moi, le café devant ma mère. L'addition est confiée au sorcier. Ce dernier s'empresse de déposer de l'argent moldu et regarde sa montre.

« Dépêche toi de finir ton dessert. » Indique fermement Tom.

« Et c'est moi qui suis égoïste… »

Je n'en pouvais plus. Ma mère était terriblement têtue. Toujours à vouloir obtenir le dernier mot. Dans ces moments je me retrouvais un peu chez la jeune femme. Mon père avait plutôt raison au final. J'avais le caractère de Glass. Tom pince les lèvres, s'empêchant de sortir une remarque abjecte.

« On rentrera tout seul. Va t'en si tu as du travail. Après tout, on s'est très bien débrouiller pour venir jusqu'ici. » Insiste Glass.

« Non. » Répond Tom dans un souffle glacial.

Des reproches. Finalement, je n'étais pas le seul à blâmer mon père à propos de son boulot. Je me sentais souvent déplacé au second plan. Apparement ma mère également… Présentement l'homme aurait préféré être dans son bureau plutôt qu'en notre compagnie.

« Tu as fini, oui ou non ? » Me dispute l'homme.

J'avais le droit de finir mon assiette à mon rythme ! Qu'il se défoule sur ses collègues au lieu de m'enquiquiner ! L'acharnement sur ma personne est inacceptable.

« Tu préfères peut-être que je demande un doggy bag ? » Je provoque.

Je sens la baffe arriver, d'instinct je me recule dans ma chaise. Ma mère stoppe le geste de son mari en attrapant sa main.

« C'est bon stop ! Nous sommes tous les trois très énervés. On va tranquillement passer à autre chose. » Termine Glass

« Tsss, tu m'étonnes que les gens s'inquiètent de mes conditions de vie… » Je marmonne pour moi-même.

Au moment où je prononce ces mots je prends conscience de ma bourde. Ma plainte ne venait pas de tomber dans l'oreille d'un sourd.

« Pardon ? » Siffle Tom.

« Quels gens ? De quoi tu parles !? » Tente de comprendre Glass.

Machinalement je frotte ma nuque. Impossible de cacher mes émotions. Pourquoi je ne réfléchissais jamais avant de parler ? Mes parents voulaient des explications désormais. Je continue d'avaler mon dessert. Avec de la chance, la méthode de mon père fonctionnerait également pour moi.

« Coba, on t'a posé une question. » Insiste sévèrement mon père.

Je l'ignore en continuant de manger. Après tout il voulait qu'on sorte d'ici, non ?

« COBA ! »

L'homme attrape violemment mon poignet afin de m'obliger à le regarder. Une honte me submerge. Non je ne pouvais pas parler de ça…

« Rien… Ce n'est pas important. » J'essaie de les convaincre.

« Tes conditions de vie, qu'est-ce que ça signifie, Coba ? » S'obstine la jeune femme.

Subitement les deux adultes s'entendaient parfaitement sur un sujet. Mes parents ne me lâcheraient pas. Les conneries de Coba les réunissaient sans aucun problème. Je n'avais pas d'autres choix que de passer aux aveux.

« Je ne voulais pas vous le dire… Pour ne pas vous vexez. L'autre jour à Saint Mangouste, en fin de compte ce n'était pas vraiment une consultation post opératoire… » J'explique d'une voix rauque.

« Continu. » Ordonne mon père.

Mon pouls s'accélère, mes mains deviennent moites. Il y avait eu assez d'insulte dans cette journée…

« Et bien… Le docteur Torns trouve que mes séjours à l'hôpital ont été répétitif cette année… »

Les prunelles de l'homme deviennent dangereuses. À l'inverse de ma mère, le sorcier comprend rapidement où j'allais en venir.

« Bref… Il pensait que je suis maltraité. Bien entendu je lui ai fait comprendre que tout ça été complètement grotesque ! » Je m'empresse d'ajouter.

Le sorcier relâche vivement mon poignet. Il s'adosse contre sa chaise. Ses doigts fins s'entrelacent devant son visage. L'idée de ce médecin le répugnait.

« C'est absurde. Ce sont tous des accidents magiques ! » S'emporte Glass.

Ces accusations dégoutaient Glass tout autant que son mari.

« Ou alors ses conclusions sont fondées ? » Tranche Tom.

Sa femme le dévisage avec incompréhension. Elle savait très bien que Tom ne maltraitait pas son fils. Même Glass n'avait jamais osé me donner une baffe. Mes joues s'empourprent malgré moi. L'homme avait compris les fondements du médecin. Inutile de protester.

« Je ne voulais pas vous inquiéter… Mon ventre, ce n'était pas une mauvaise chute. J'ai reçu un coup de poing… Le docteur Torns s'en ait rendu compte. »

Choquée, ma mère attrape son visage entre ses mains. Elle reprend contenance avant de s'exprimer.

« Un coup de poing ? Où ça ? À l'école ? » Comprends la jeune femme.

« Ça n'a pas d'importance. » Je tente de minimiser.

« Qui ? » Demande l'homme avec autorité.

Voilà exactement la question que je redoutais. Mes parents allaient faire des conclusions hâtives. Néanmoins mon père ne lâcherait pas l'affaire. Il voulait un nom.

« Gauïs Black… Mais je l'avais insulté… » J'explique.

Seulement ce n'était pas la première fois qu'ils entendaient parler de mon ennemi.

« Toutes ces bagarres à Poudlard, Coba. Je me trompe où elles se produisent toujours avec cette même personne ? » Déduit ma mère.

C'est vrai qu'en y repensant la plupart de mes altercations avaient lieu avec Black. Ce garçon me détestait depuis notre première rencontre dans le Poudlard Express.

« Est-ce que mon fils se fait martyriser à l'école ? » Tranche mon père.

« Non ! Je sais me défendre ! » Je proteste immédiatement.

Les yeux de ma mère se remplissent de tristesse. Mes parents ne croient pas un mot de mes paroles. Mon gabarit n'était pas imposant néanmoins je parvenais à prendre le dessus la plupart du temps.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit, Coba ? » Insiste mon père avec déception.

« Non, mais… Papa je te jure que je ne suis pas la bonne goule de l'école. La vérité c'est que tout le monde ne m'apprécie pas et c'est réciproque. Black et moi on se provoque depuis qu'on est gamin. Tu le sais très bien je t'en ai déjà parlé. Alors oui, il m'a blessé dans la pire des situations. Je lui ai rendu la monnaie de sa pièce. Ce ne sont que des chamailleries sans conséquences. » J'explique à toute vitesse.

« Sans conséquences ? Tu as fini à l'hôpital pendant plusieurs semaines. » Contredit ma mère.

« On sait très bien que le premier responsable de ma blessure n'est pas Black, mais le poignard qui m'a transpercé le ventre ! » Je termine en colère.

Cette journée était un vrai cauchemar. Je n'étais pas une victime. Je ne supportait pas cette pitié. On savait tous les trois que Grindelwald était derrière tout ça. La plupart de mes séjours dans cet hôpital résultait de son action. Seulement à cause des mensonges du ministère mes blessures se voyaient remises en cause.

« Dois-je m'inquiéter ? » Poursuit Tom.

« Tu vois ! Tu ne me crois même pas ! » Je m'exaspère en le désignant.

« Pardonne moi de douter de ta sincérité. Une fois de plus j'ai dû t'arracher les vers du nez pour que tu parles, Coba ! » S'emporte mon père.

« Ah oui ? J'ai essayé de t'en parler à l'arriver de Jack ! Tu as oublié ? Et de toute manière quand aurais-je pu t'en parler ? Comme le dit maman ça fait plus d'une semaine qu'on te voit pas ! »

Je suis furieux. Ma respiration s'accélère, je n'arrive plus à me contrôler. Les couverts sur la table commencent à trembler dangereusement. L'homme m'attrape pour m'entraîner dans la rue, ma mère sur nos talons. Il ne manquait plus à ce que je produise de la magie devant des moldus et je serais renvoyé du collège. La brise fraîche m'aide à me canaliser. Mon père patiente le temps que je me calme, puis il reprend notre conversation.

« Excuse-moi de ne pas avoir deux mois de vacances, comme toi ! » Il rétorque amèrement.

J'engouffre mes mains dans mes poches et le toise avec rancœur. Les vacances n'étaient pas le problème. Il rentrait très tard le soir pour repartir aussitôt aux lueurs du jour. Dans ces conditions, impossible de le voir. Glass, protectrice m'enlace tendrement dans ses bras. La seule à comprendre ma tristesse. J'avais besoin de mon père, mais l'homme en face de moi ne le comprenais pas.

« Tiens. Puisque c'est tout ce qui t'intéresse. » Je termine en lui donnant la carte du docteur Torns.

Vexé je tourne les talons pour rentrer chez nous.

/(I)\

Tom était un homme à principes. Il détestait contredire ses convictions. Oui, Tom ne s'excusait pas. Alors, hors de question qu'il déroge à la règle, même pour son stupide gamin. Par ailleurs, le sorcier avait souhaité faire un effort pour arranger la situation. Après quelques jours agrémentés de lourds silences, Tom avait eu une idée. D'après Glass, son fils souhaitait passé du temps en sa compagnie. Évidemment le directeur ne pouvait se permettre d'autres vacances dans cette période mouvementé. Par conséquent, le gosse viendrait à lui. En rentrant un soir Tom avait proposé à Coba d'effectuer un stage de quelques jours avec lui. Après tout l'homme venait de découvrir que le môme souhaitait devenir Auror. Cet idiot lui avait sauté au cou en apprenant la nouvelle. Tom regretta aussitôt sa proposition…

« Hey ! Tu as vu ? Même pas tombé… » Annonce fièrement Coba.

Tom venait de les faire transplaner à l'entrée du ministère. Son fils sourit fièrement de sa réussite. Aucun exploit notable selon Tom. Le sorcier lève les yeux au ciel face à cette pitrerie. Néanmoins le gosse ne quitte pas son sourire parfait. La fine cicatrice logée sur sa joue contraste fortement avec son bronzage. À l'inverse de son père, le gamin était capable de prendre des couleurs. Merlin, que Tom détestait cette balafre. Pourtant ce n'était pas la première de Coba. Certes, mais il s'agissait de la première administrée par une autre personne que le gamin lui-même.

Tom se souvenait de la longue année de rééducation à la suite de son désartibulage. Il en avait réalisé des allé retour entre l'hôpital et leur maison, cela avait même empiété sur le début de la scolarité du garçon. Heureusement Coba avait récupéré entièrement les capacités de sa main droite.

L'hôpital… Quand Tom pensait à ce docteur Torns sa fureur se consumait. Comment ce vile sorcier avait-il songé un seul instant à une telle absurdité ?! Tom ne blesserait jamais Coba, du moins pas intentionnellement. Cet idiot se faisait bananer à l'école et ne disait rien ! Bien entendu le sorcier savait pertinemment que le gamin se défendait. Mais son gabarit lui laissait facilement deviner l'issu de ces altercations…

« Coba Jedusor. Il est avec moi pendant quelques jours. » Déclare Tom au contrôle de sécurité.

Le sorcier vérifie les informations inscrites sur la convention de stage. Il s'applique à ne rien oublier. Une boulette devant le responsable et il pourrait dire adieu à son poste. Tom ne plaisantait pas avec la sécurité. Le directeur avait ajouté une dérogation pour que le gamin puisse garder sa baguette sur lui, ainsi il se sentait plus serein.

« Parfait tout est en règle. Vous pouvez y aller. »

Tom dirige Coba vers les ascenseurs de services. Le gosse était déjà venu une fois dans son bureau , mais il ne devait plus s'en souvenir. Lorsque la cabine arrive le sorcier s'engouffre dans cette dernière, son fils sur les talons.

« Tu as vu sa tête ! »

« Aussi grosse qu'une pastèque ! »

Deux sorciers hilares entrent dans l'ascenseur. Tom reconnaît immédiatement ses deux recrues.

« Potter, Black. » Salue le directeur.

« Oh… Mr Jedusor. Vous êtes bien moins matinal aujourd'hui. » Constate James Potter en regardant sa montre.

Les sorciers s'échangent des poignées de main professionnelle. Tom jette un coup d'œil en coin. Son fils reste silencieux isolé dans l'angle de la cabine. Ses yeux gris clairs sont fixes devant lui.

« Effectivement. Je vais avoir de la compagnie pendant quelques jours. » Explique Tom en désignant son môme du menton.

Les deux Aurors remarquent alors la présence de Coba. Sirius Black réalise une poignée de main par simple courtoisie. Apparement cette animosité entre leurs enfants respectifs étaient également connus par l'homme. Tom connaissait le petit Black. Sa carrure était bien plus imposante que l'allure frêle de Coba. La prochaine fois que son rejeton finissait à l'hôpital à cause de ce crétin de Black, Tom interviendrait, peu importe l'avis de son fils.

« Coba, comment vas-tu ? Tu t'essaies à un autre domaine cette année ? » Constate Potter.

Tom n'avait jamais compris l'engouement de cet homme. Il ne connaissait même pas son fils et pourtant il le lui en demandait régulièrement des nouvelles. Certes Coba venait d'effectuer un stage avec sa compagne l'année dernière, mais ça ne justifiait en rien cette proximité.

« Très bien merci. Oui, je voulais découvrir un nouveau métier. » Répond poliment Coba.

« Grace m'a dit que tu étais plutôt brillant comme garçon. Tu devrais t'y plaire. » Continue James Potter.

Après l'utilisation du prénom de la fille Potter, le gamin resserre hermétiquement sa mâchoire. Tom remarque le sourire forcé de son môme. Les souvenirs lui reviennent. Coba avait aidé la gamine des Potter à s'en sortir lors d'une attaque au près au lard. Connaissant l'Auror, il devait certainement lui vouer une reconnaissance inébranlable.

« D'ailleurs Harry souhaiterait également effectuer un stage avec nous. Vous pensez que ça serait possible ? Évidemment j'en prends l'entière responsabilité. » Ajoute Potter.

Tout le monde sort de l'ascenseur, ils venaient d'arriver à l'étage du département des Aurors. Le sorcier possédait du culot pour demander une telle faveur à Tom. Cependant le directeur n'oubliait pas que le mioche était resté près de Coba lorsque celui-ci agonisait dans la forêt interdite. Tom pouvait se permettre un petit moment de charité. Il détestait être redevable…

« Bien. Mais pas avant l'année prochaine. J'ai besoin de vous à pleine capacité en ce moment. Et je ne veux pas d'un gosse dans mes pattes, Potter. Je me suis bien fait comprendre ? »

« Parfaitement monsieur. Merci. » Confirme James.

Sirius Black appuis un regard sur Coba lorsque Tom prononce ses consignes. Bien entendu le directeur contredisait ses règles en amenant son propre fils sur son lieu de travail. Seulement le sorcier était le chef pour une raison bien précise. Il faisait ce qu'il voulait. Tom ouvre la porte de son bureau avant de se rappeler d'un détail.

« Black ? Cette histoire d'armoire à disparaître est enfin classée ? »

« En cours de traitement… J'ai besoin d'un mandat pour vérifier mes sources. Le propriétaire de Barjot et Buck n'est pas très coopératif. » Explique Sirius.

« Et alors… ? Qu'est-ce que vous attendez ? Rassurez-moi, je n'ai pas besoin de vous accompagner jusqu'au département juridique. Au bout de quinze ans vous connaissez le chemin n'est-ce pas ? » Susurre dangereusement Tom.

« Je suis en route… » Confirme Black en s'éloignant.

Des incapables. Le sorcier répugnait la fainéantise, la plupart de ses hommes remettaient leurs tâches au lendemain. C'était toujours la même histoire, il devait intervenir pour accélérer les choses. Lasse il dépose ses affaires sur son bureau. Une pile de dossier plus importante que la veille est disposée dans un coin.

« Il ne fonctionne toujours pas ton scrutoscope. » Renseigne Coba en trifouillant l'objet posé sur une étagère.

Le gamin se rappelait donc de son court séjour dans ce bureau. L'objet en question avait déjà attiré son attention dans ses jeunes années.

« Je l'ai désactivé. En cas contraire il sifflerait toute la journée avec les menteurs qui vagabondent dans les couloirs. »

Coba hausse les épaules à la révélation. L'objet le fascinait.

« Si tu ne sais pas quoi m'offrir à mon anniversaire. Ça m'intéresse. » Continue malicieusement le garçon.

Tom lâche un sifflement d'agacement. Le gosse ne perdait pas le nord. Il s'appliquait toujours à lister ses cadeaux. Néanmoins son père savait parfaitement ce qu'il lui offrirait cette année. Tom devait s'appliquer à ne pas faire tache à côté du grand-père. Car le sorcier connaissait pertinemment les intentions de Tom Sr. Coba aurait 16 ans, par conséquent il serait autorisé à conduire une roulotte moldu. Oui, son fils obtiendrait une voiture et cette option ne l'enchantait pas. Le bolide resterait chez son grand-père point final.

« Tu peux le prendre. » Déclare Tom.

« Vraiment ? Tu es sûre ? » Demande Coba avec surprise.

L'objet venait de finir sa course dans la poche du môme et ce bien avant que Tom donne son autorisation. Le gosse possédait un don pour dérober les choses. La génétique quelle plaie. Lui-même possédait des tendances kleptomane dans sa jeunesse. Heureusement Coba se limitait à voler les affaires de son père.

« Oui. » Confirme le sorcier.

Il n'avait pas besoin de cet objet pour reconnaître ses ennemis…

« Cool. »

Tom grimace. Un banal petit objet venait de le rendre heureux. Le gamin s'installe en face de lui, les yeux rivés sur la toupie. Il en analyse les moindres détails.

L'homme s'applique à étudier ses traits. Le gosse n'en était plus un. Du moins physiquement. Ses joues avaient définitivement perdue les rondeurs de l'enfance. Sa mâchoire était désormais carrée, un grain de beauté se dessinait sur le coin de sa bouche. Le même que Glass. Coba avait fini par prendre ses propres décisions, sa coiffure n'était plus une pâle copie de Tom. Coupé court sur les côtés et des boucles brunes parfaitement ordonnées sur le sommet de son crâne. Des yeux gris clairs si expressifs… Le détail physique préféré du sorcier, cette condition le réconfortait, le gamin n'avait pas tout hérité de lui.

Coba relèvent ses yeux dans sa direction. De petites cernes sont visibles. Comment ce gamin pouvait il être fatigué ? Il passait ses vacances à faire des grasses matinées.

« Quoi ? » Questionne le gosse sur ses gardes.

Tom ne quitte pas son regard inquisiteur. Il ne brusquerait pas le gamin, mais il voulait avoir la conscience tranquille.

« Nous n'avons pas fini notre conversation de la dernière fois. » Explique calmement le père.

Un sifflement digne d'un serpent quitte les lèvres du garçon. Renfrogné il croise ses bras contre son torse. Ce geste n'est pas anodin. Tom sait parfaitement que le gosse se tasse dans sa carapace.

« En fin de compte je ne suis pas là pour découvrir ton métier ? Tu m'as emmené pour pouvoir mieux me cuisiner ? » Comprend le gamin.

Coba possédait un esprit vif. Inutile de lui mentir, leur relation s'entretenait par la vérité. Tom avait besoin de la confiance de son fils.

« Entre autre. » Avoue Tom.

« Et moi qui pensais que tu prenais vraiment mes ambitions au sérieux… » Rumine le garçon.

Tom réfléchis. Ses mots devaient être choisis minutieusement. Le sorcier ne voulait pas que son rejeton devienne Auror. Étrangement pour les mêmes raisons que Glass. Du moins en partie. Actuellement son fils n'était pas apte à se défendre tout seul. Les mauvais sorciers en ferait qu'une bouchée. À ne pas s'y m'éprendre, Coba était brillant, mais pas encore excellent. Son héritage le rendrait exceptionnel, Tom n'en doutait pas. Seulement, le garçon manquait cruellement de maturité.

« Je te sais capable, Coba. Néanmoins je ne te pense pas prêt à suivre cette voie. » Conclut l'homme.

L'enfant se brime aux paroles de son père. Tom s'agace. Il n'avait pas voulu contrarier son fils, en cas contraire ses mots auraient été bien plus virulents. Ses yeux deviennent subitement brillants. Non ! Hors de question que cet idiot se mette à chialer dans son bureau !

« Je ne dis pas que tu ne deviendras pas Auror, Coba. Je pense que tu es trop jeune pour décider de ton avenir. » Continu le sorcier.

Le gamin renifle, ses larmes sont absentes, mais la déception persiste. Tom répugnait toutes les faiblesses, il avait toujours été très maladroit pour consoler son garçon. Glass se débrouillait bien mieux dans ce domaine.

« Pourquoi ? C'est une mauvaise chose de devenir Auror ? » Provoque Coba.

Tom avait choisi cette voie par dépit. Avec une famille à charge les choix n'étaient pas nombreux. Auror avait été un bon compromis au début. Par la suite le poste de Directeur du département avait agrémenté ses désirs secrets. Pouvoir, domination… Cette profession permettait à l'homme de ne pas s'ennuyer continuellement. Néanmoins, Tom était persuadé que son gosse ne choisissait pas cette direction pour les bonnes raisons.

« Et toi Coba ? Pourquoi as-tu subitement changé d'avis ? C'est une nouvelle lubie de vouloir devenir Auror ? »

« J'ai changé d'avis, c'est tout. » Réponds Coba d'une voix blasé.

Il mentait. Son fils avait tendance à laisser son masque de côté lorsqu'il discutait avec son père. L'enseignement de l'occlumentie restait purement théorique lors de leurs échanges. Coba utilisait cette compétence à bon escient. C'est-à-dire pour lui cacher ses nombreuses conneries…

« Rassure-moi. Tout ça n'a rien avoir avec moi ? »

Le gamin reste muet. Tom comprend alors. Il fallait vraiment que son fils arrête de se comparer à lui. Il n'y avait rien à admirer dans son parcours. Le sorcier avait gâché son potentiel, le gamin n'avait pas le droit de faire de même.

« Ce n'est pas en me copiant que tu me rendras fière, Coba. Je préfère te voir épanouie dans un laboratoire plutôt que de te voir gâcher ton talent. Pourquoi avoir jeté tes carnets ? Il n'y a pas longtemps tu passais ton temps libre à griffonner de nouveaux sortilèges. » Sermonne le directeur.

La veille, Tom avait retrouvé les carnets de son fils dans la poubelle de la cuisine. Cette vision lui faisait mal au cœur. Le sorcier les avait récupérés et enfermé précieusement dans un tiroir de son bureau. Le gosse était doué pourtant… Son maléfice de fumée paralysante l'impressionnait encore aujourd'hui. Le père ne comprenait pas, un avenir logique se dessinait devant lui.

« Je ne sais pas… ça manque d'action. » Avoue le garçon.

Tom ne comprend pas.

« Manque d'action ? Parce que tu penses qu'en tant qu'Auror tu passeras tes journées à disputer des duels à tout va ? C'est seulement vingts pour-cent du boulot. Le reste se résume à des réunions et de la paperasse. » Tranche sévèrement Tom en désignant ses dossiers.

Être Auror était avant tout une vocation avant d'être un métier. Le gosse possédait une image de la profession bien à lui. Finalement ce petit stage lui ferait le plus grand bien. Si ça pouvait l'aider à retourner dans le droit chemin.

« C'est juste que… Enfin, en Albanie j'ai vraiment apprécié cette parenthèse. Alors, je pensais qu'en tant que Auror il vous arrivait de participer à ce genre de choses. »

Ce môme était débile. À moins d'être chasseur de trésor une telle profession n'existait pas. Le gosse avait vraiment besoin d'affronter la réalité. Coba ne connaissait pas encore le prix de l'effort, bien trop habitué à obtenir le moindre de ses désirs. Tom devait lui remettre les pieds sur terre.

« Mûri un peu, Coba. Nous ne vivons pas dans un monde de pirates où je ne sais qui ! Un tel métier n'existe pas. Il y a toujours des côtés négatifs, tous domaines confondus. »

« C'est bon j'ai compris. Pas besoin de m'engueuler. » Proteste Coba.

Ce gosse possédait un don pour lui taper sur les nerfs. Heureusement pour sa survie qu'il s'agissait de son fils. Présentement il voulait secouer cet idiot pour le ramener à la réalité. Tom avait raison depuis le début.

« Tu veux vraiment que je t'engueule ? Crois moi ça n'a rien à voir avec le ton employé dans cette discussion. » S'emporte le sorcier.

Tom préfère ignorer le môme pendant quelques instants. Il n'avait même pas prévu d'aborder ce sujet en arrivant ce matin. Coba apprendrait la vie à la rude. Pas de traitement de faveur pour lui. Il souhaitait découvrir le métier de son père. Il ne serait pas déçu… Le garçon ne lui demanderait plus jamais de remettre les pieds ici.

« Tu veux découvrir la vie trépidante d'un Auror. Commençons. Classe cette pile de dossier par priorité. » Ordonne Tom.

Silencieux le gosse s'exécute. Il n'avait pas le choix, un refus et Tom le ramenait chez lui illico. Ce stage ne serait pas une partie de plaisir. Coba devra se montrer utile, le sorcier ne voulait pas d'un boulet en sa compagnie. Son père venait consciemment de taire ses critères concernant le trie. Il attendait le résultat, espérant que la logique de son fils ne l'obligerait pas à tout reclasser. Machinalement il clôture des dossiers classés avant de passer au suivant. Heureusement la journée était plutôt calme aujourd'hui.

« Tu penses vraiment que je possède un talent ? Je veux dire pour la création de sortilège. »

« C'est d'une évidence. » Râle l'homme.

Tom avait étudié ces carnets. Coba manquait de confiance, la plupart de ses idées n'aboutissaient pas par manque de volonté.

« Non ça ne l'est pas. » Contredit le garçon.

Le directeur soupire lourdement. Les compliments n'étaient pas sa tasse de thé. Difficile pour lui d'exprimer ses sentiments. Tom admirait sincèrement son parasite, cependant sa méthode d'expression restait bien personnelle.

« Si tu persévérais dans tes idées, tu obtiendrais beaucoup plus de résultat. »

« Je manque d'inspiration. » Insiste sombrement Coba.

Tom repose sa plume. Avait-il conscience de son patrimoine génétique ?

« Merlin l'enchanteur. L'enchanteur, Coba. »

Cette comparaison dérange le gamin. Néanmoins Tom tenait à le réveiller. Il ne supportait plus ces plaintes incessantes. Durant leur séjour en Albanie, son père avait définitivement compris que Coba descendait belle et bien de l'illustre sorcier. Il savait que son fils n'était pas fou. Après tout, de nombreux sorciers avaient déjà eu des visions. Certains même réalisaient des prophéties. Évidemment, Tom avait reçu un sacré choc en l'apprenant. Mais ces pupilles dorés aperçu dans la forêt il s'en souvenait parfaitement. Comment les yeux de Coba pouvaient-ils changer de couleurs aussi rapidement ? La réponse est simple. Une partie de l'âme de son aïeul vivait en lui tout comme Salazar Serpentard. Un don génétique tout comme le fourchelang.

Coba était parvenu à utiliser l'ancienne magie en bas âge et ce, à plusieurs reprises. Maintenant Tom comprenait pourquoi. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que son fils commence à exploiter les dons de l'enchanteur. La résistance au feu ne serait pas son unique héritage, Tom en restait persuadé…

« C'est bien trop lourd à porter. Je préfère rester moi-même. Juste Coba, le fils de Tom et Glass Jedusor. » Affirme le garçon.

Une heure à peine et le gamin commençait déjà à le fatiguer. Ce dénigrement il ne le tolérait pas. Comment son fils pouvait en arriver là ? Tom avait toujours confiance en sois. Même Glass était une sorcière qui ne doutait pas.

« Je peux savoir d'où te viens ce manque de confiance ? Tu n'es pourtant pas à plaindre ! » Rouspète Tom.

« Tu me rabaisses tout le temps. Tu es toujours en train de me critiquer ! » S'offusque le gosse.

Hum… Bon, Tom n'était pas tendre avec son môme, mais ça ne justifiait pas tout ! Oui ça lui arrivait de se moquer de son fils, cependant ses agissements restaient purement instructifs. Embêter le garçon faisait partie de ses rares moments de plaisir. Tom ne se doutait pas que cette perte de confiance puisse résulter de ses interventions.

« C'est pour t'embêter, Coba. Tu n'as toujours pas compris… » Souligne l'homme.

« Et bien à la longue ça devient pesant… » S'oppose le gamin.

« Apprend à te défendre, nom d'un hippogriffe ! Si tu avais un peu plus de répartie tu ne te braquerais pas stupidement. »

Non, Tom n'abandonnerait pas ses critiques. Coba apprendrait à faire avec. Cet idiot avec besoin de s'endurcir, alors l'homme continuerait à l'entraîner généreusement. La violence verbale était bien plus efficaces que la violence physique. D'ailleurs, Tom souhaitait aborder le sujet premier…

« Et sers-toi de ta baguette si tu veux éviter de te ridiculiser dans un combat moldu ! » Il ajoute.

« Je ne suis pas ridiculisé… » Siffle Coba entre ses dents.

« Vraiment ? Ça fait combien de fois que ce Black te colle son poing dans la figure ? » Provoque le sorcier.

Frustré, le garçon lui envoie un regard noir. En fin de compte Tom avait raison une fois de plus. Il savait que son fils était un bagarreur pour autant il ne soupçonnait pas ses défaites.

« J'aime autant me prendre un coup plutôt que tu te mêles de mes affaires. À chaque fois que tu interviens c'est bien pire ! » S'énerve Coba.

Le garçon faisait référence à son altercation avec le jeune Nott. Bien des paroles horribles avaient été prononcés devant lui. Certainement une nouvelle victime pour le basilic si Tom n'était pas intervenu à temps ce soir là. Le sorcier essayait de ne pas s'immiscer dans la vie de Coba, pourtant il n'appréciait pas que son gosse soit chahuté au collège.

« Si je le juge nécessaire j'interviendrai, Coba. En attendant contente toi d'éviter les ennuis et de te concentrer un peu plus sur tes cours. » Termine autoritairement Tom.

Le gamin soupire d'agacement mais s'empêche de répliquer. Il continue son trie sans un mot. Bien, Tom en avait plus qu'assez qu'on lui tienne tête. Déjà Glass se permettait de franchir des limites ces derniers temps… Un enfant était suffisamment pénible à gérer. Les nerfs du Directeur étaient à crans, sa colère se déversait plus facilement sur le gosse. Entre sa femme, son gamin, le ministère et Grindelwald, Tom n'en pouvait plus. Son self-control menaçait d'exploser.

Glass… Tom était furieux qu'elle ait osé mettre la vie de Coba en danger pour un grotesque déjeuner. Elle connaissait les conséquences de ses actes et pourtant elle n'en faisait qu'à sa tête. Évidemment Tom comprenait ses convictions. Elle ne supportait plus de rester enfermée, surtout que la communauté sorcière se relâchait depuis quelques mois. Inconsciente et effrontée comme toujours. Glass était une excellente duelliste, mais son talent ne les sauverait pas en cas d'attaque. La magie blanche ne surpasserait jamais la partie sombre du pouvoir. Leur fils se débrouillait, mais ses sorts restaient bien trop douillets au goût de Tom.

« Au faite, qui est Suliman ? » Intervient Coba.

Le gamin apprenait vite. Il venait d'attaquer volontairement Tom sur un sujet qui le dérangeait particulièrement. Bien entendu Coba connaissait parfaitement la réponse. Le soir de cette rencontre Glass et Tom avaient eu une grande dispute. L'homme avait tardé à déployer un sortilège de mutisme sur la chambre parentale, par conséquence le gamin connaissait la réponse à sa question. Tom venait de l'attaquer sur un sujet sensible alors le gamin se vengeait. Un vrai petit Serpentard…

En adéquation à tous ses problèmes, un élément perturbateur se glissait dans le tableau. Suliman… Qu'est-ce que ce type faisait ici ? Cette présence avait littéralement enragé Tom. Ce détail insignifiant venait de refaire surface. Pourquoi lui reprocher sa réaction ? Après tout, personne n'appréciait d'apercevoir une des anciennes conquêtes de sa femme rôder autour de sa famille. Tom n'avait pas eu besoin d'être très persuasif à l'époque. Glass avait facilement quitté cette vermine pour rejoindre les bras de Voldemort. Tom ne se souvenait même pas du sorcier tellement il se fichait de lui. Pourtant Le directeur l'avait déjà rencontré une fois où deux avant de le destituer de son bien.

« Attention, Coba… » Prévient Tom.

Sa menace s'accompagne d'un regard glacial. Ce crétin le provoquait. Tom lui ferait ravaler son sourire s'il continuait sur ce terrain glissant. Un mot de plus et il ne répondrait plus de lui.

« Tu m'as dit de me défendre. » Ajoute le garçon avec plainte.

Stupide gosse ! Ses instructions se dirigeaient vers ses tortionnaire et ça, Coba le savait très bien.

« Continue de me provoquer, encore un mot et tu le regretteras ! » Siffle Tom avec rage.

On ne jouait pas à ce jeu avec Tom Jedusor…

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