CE CHAPITRE SE DEROULE EN MEME TEMPS QUE LE CHAPITRE 77 DE "A DEMI-MOTS" ET SE DEROULE AUSSI EN MEME TEMPS QUE "LE GOUT ARC-EN-CIEL"


Vacance

Il faisait toujours plus de trente-cinq degrés dehors. C'était étouffant, et Louis entendait Allénore faire les cent pas dans le hall de réception avant de décider de se lever à son tour pour la rejoindre.

La coupe du monde de Quidditch était terminée depuis deux jours maintenant, et même si l'hôtel de sa tante Gabrielle était désert, se balader dans le hall n'était pas forcément une bonne chose.

Il savait que c'était Allénore. Il savait que c'était elle, parce qu'il l'entendait murmurer, qu'il avait reconnu le son de ses pas hésitants et un peu lourdauds quand elle avait descendu l'escalier.

Il la trouva en pyjama, un livre à la main, probablement l'un de ceux qu'elle avait sauvé dans l'après-midi, à un vide grenier. Rose, Albus, Scorpius, Allénore et Louis, avait rejoint Molly qui était partie en France, chez la tante de ce dernier. Elle avait récemment rompu avec Haylina et elle avait eu besoin de se retrouver…

Ils avaient tous réussit leurs années d'études et profitaient de leurs vacances… La coupe du monde de Quidditch qui avait lieu en France, avait fait que la majorité des Weasley avait migré sur le sol français et profité des avantages à avoir une belle-famille sur place.

- Tu ne dors pas ? demanda-t-il.

- Non, je n'y arrive pas, marmonna Allénore.

- Tu fais encore des cauchemars ? s'inquiéta Louis.

Elle se mordit l'intérieur de la joue, et elle lui mentit, en le regardant droit dans les yeux :

- Non, ce n'est pas ça.

- Tu veux faire quelque chose ? demanda Louis.

- Et si on allait à la plage ?

Louis avait tout de suite approuvé, souhaitant se rafraîchir, et ils étaient partis en direction de la mer. Et ils étaient désormais à la plage, faisant la planche dans l'océan, en silence. Les vagues étaient assez fortes pour les bercer, et les clapotis de l'eau salée sur leur corps avaient quelque chose d'apaisant. Ce fut Louis qui rompit le silence :

- Tu lisais quoi quand je suis descendu ?

- Du Victor Hugo, répondit-elle.

- « Qui souffre, scarabée amoureux d'une étoile. », récita Louis.

Allénore se redressa et éclata de rire :

- Bien tenté, mais c'est un ver de terre pas un scarabée.

Il pencha la tête sur le côté, une grimace faussement sceptique sur le visage :

- T'es sûre ?

Elle hocha la tête et l'éclaboussa après avoir compris qu'il se moquait d'elle :

- Je préfère ma version avec le scarabée.

- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait les vers de terre ? lui demanda la brune.

- Ils n'ont pas de cerveau.

- Ça vous fait donc un point commun…

Louis lui tira la langue, profitant d'une petite vague pour passer la tête sous l'eau. Il voulait se rafraîchir. Parce qu'il faisait chaud… Tellement chaud !

- Le scarabée c'est la résurrection, le soleil. La phrase n'aurait été que plus belle avec un scarabée à la place du ver de terre…

- T'as creusé longtemps au fond de toi pour trouver tout ça ? se moqua un peu Allénore en s'approchant de lui.

En fait, Louis détestait Victor Hugo. Sa mère lui avait imposé tous ses ouvrages ou presque. Ça avait été une véritable torture, et même s'il l'avait fait, pour parfaire son français et pour faire plaisir à sa maman, il n'en avait pas tiré grand-chose. Si ce n'était cette phrase, "Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là, qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile, qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile."…

Elle était belle, cette phrase. Un peu pompeuse, un peu hachée. Mais ce soir-là, il la trouvait criante de vérité. Comme il se sentait misérable parfois, devant Allénore.

- Je croyais que tu n'aimais pas Victor Hugo, reprit Allénore.

Elle le connaissait par cœur. Dès fois, c'en était presque affolant.

- C'est vrai. J'ai toujours besoin de lire trois fois ses phrases avant de les comprendre !

- « Viens, bel enfant ! Je suis la Fée. Je règne aux bords où le soleil / Au sein de l'onde réchauffée /Se plonge, éclatant et vermeil. »

Il leva les yeux au ciel :

- Il y a des façons plus simple d'exprimer tout ça…

- Mais ça ne serait pas aussi beau ! nota Allénore.

- Peut-être. Mais la simplicité est belle, elle aussi.

Il observa ses cheveux bruns, qui formaient un halo au-dessus de sa tête. Elle les avait détachés et on aurait presque dit que c'étaient des reflets dans l'eau. Une nouvelle vague arriva, mais il ne la vit pas. Il se fît emporter, et cracha toute l'eau, en remontant à la surface. Pourtant, il était un bon nageur... Allénore se colla à lui, ce qui ne l'aidait absolument pas à reprendre ses esprits :

- Tout va bien ?

Il s'époumona un instant, hochant la tête. Louis était un très bon nageur ! Il aurait dû pouvoir prendre sa respiration avant… Allénore insista pour le ramener sur le rivage et elle l'enveloppa dans une serviette.

- Tes lèvres sont bleues, remarqua-t-il.

Louis se demandait si elle respirait vraiment parfois.

- J'ai un peu froid, murmura-t-elle.

C'était bien la seule à être capable d'avoir froid pendant une chaleur pareille...

Elle se serra contre lui, et instinctivement, il la prit dans ses bras, la couvrant de sa serviette. Allénore plaqua l'une de ses mains sur son torse, les joues rouges, et il la laissa faire alors qu'elle nichait sa tête dans le creux de son cou.

Ils restèrent un moment, creusant le sable pour construire un château immense. Ils finirent par s'endormir tout doucement… Louis rêva d'une fée, au long cheveux châtains qui flottaient sur la surface d'une eau bleue. Une fée en train de lire du Victor Hugo, un scarabée sur l'ouvrage, qui se baladait de page en page… Et quand il se réveilla, Allénore était dans ses bras et leurs jambes emmêlées les unes aux autres.