Bonjour,

Je constate que plusieurs personnes ajoutent cette histoire à leurs favoris. Bienvenue aux nouveaux, postez vos avis. Ça aide beaucoup à avancer dans l'écriture. Merci aux personnes qui me laissent un message, c'est réconfortant.

Bonne lecture.

La sentence ne tarda pas à tomber. À le remise des emplois du temps je découvrais que l'ex petit ami de ma mère ferait bel et bien parti de mes professeurs de cette année. Pire encore, comme si cette mascarade ne suffisait pas, je commençais avec deux heures de cours en sa compagnie.

Adossée contre le mur du couloir du troisième étages, je patiente avec mes camarades en attendant notre professeur. Les autres sont euphoriques à l'idée de rencontrer un nouvel enseignant. Je peste intérieurement contre cette perspective.

Le cours se déroule avec les Gryffondors. En face de nous Ginny Weasley est en pleine conversation avec Colin Crivey, le nouveau préfet des rouges et or. Quelques mètres plus loin Gauïs et Grâce s'échangent des baisers. Cette vision me donne un haut-le-cœur, dégoûté je tourne mon intention dans une autre direction… Comment pouvait-elle embraser un mec pareil ? Immonde.

« Tu as un problème ? » Grogne Ginny.

Pendant un instant, je m'interroge sur le destinataire de l'agression verbale. En furie, Ginny Weasley inspecte froidement Jack. J'avais remarqué que mon ami reluquait la rousse avec un peu trop d'insistance. Sa discrétion laissait à désirer. Pourtant, à la question Anderson fronce les sourcils. Il faut dire que l'intervention était plutôt menaçante…

« Quoi ? » Il demande avec surprise.

« Tu préfères peut-être quand c'est mon frère qui porte mes robes !? » Elle provoque.

Je simule une toux pour éviter de rire. Mon comportement n'est pas celui d'un bon ami, mais je dois avouer que la repartie de cette Weasley est hilarante. Pauvre Jack, il récoltait les conneries de Malefoy une fois de plus.

« Hein ? Tu es cinglée… » S'étrangle Anderson les joues en feu.

Bruce échange un regard avec moi. Inutile de parler. Nous venions tous les deux de remarquer le malaise de notre camarade. Lestrange explose de rire et je ne parviens pas à m'empêcher de le suivre. Ce n'était pas très sympa de notre part de nous moquer de notre ami. Mais pour une fois qu'il se rendait vulnérable avec une fille, l'occasion était trop bonne.

« Allez tous vous faire cuire une bouse de dragon… » Termine Anderson, vexé.

La porte de la classe s'ouvre et tous les élèves entrent afin de prendre place. Je repère Jack, orgueilleux, installé seul à une table. Je décide de le rejoindre. Bruce s'installe un peu plus loin avec Greengrass.

« Avoue que c'était drôle… » Je ne peux m'empêcher de glousser.

« Arrête, Coba. Je t'ai pas enquiquiné avec Isida à ce que je sache… » Rumine le Serpentard.

« Oh que si… »

Je me rappellerais parfaitement de ses pitreries lorsque je lui avais annoncé qu'Isida me plaisait. Ça lui passerait, les histoires de cœurs de Jack ne restaient jamais sérieuses très longtemps. Je sors mes manuels de mon sac afin de suivre le cours. Je tourne les pages pour continuer mon chapitre de la vieille.

« Bonjour, jeunes gens. Je suis le professeur Bequir. Cette année nous allons étudier les fondamentaux des Défenses Contre les Forces du Mal afin de vous préparer au mieux pour l'examen de BUSE. Une petite question avant de commencer, combien d'entre vous souhaite continuer cette matière l'année prochaine ? »

Je lève la main tout comme la bonne majorité de la classe.

« Parfait. Désolé pour les quelques élèves qui devront subir encore une année de torture, on va faire en sorte que tout se passe bien pour tout le monde. Accrochez-vous les gars, c'est bientôt la fin ! »

Il accompagne son intervention d'un high five avec un des étudiants qui n'avait pas lever la main. Cette humeur amicale enchante mes camarades. Ce professeur faisait bonne impression malgré son style bizarre. Aucun de nos professeurs venaient enseigner en tenue moldu. Suliman faisait exception, il portait une veste en cuir avec des rangers et son jean troué amoindrissait son sérieux.

« Aujourd'hui nous inversons les rôles ! Je suis nouveau, alors je souhaiterais faire un rapide tour de classe afin de mieux vous connaître. Nom, prénom, votre projet professionnel. Allez, on commence par toi ! »

« Gauïs Black. Je souhaite devenir Auror. »

« Cool ! On va être copain toi et moi ! » Annonce Suliman avec un grand sourire.

Cette fausse complicité est une plaisanterie. C'est tellement grotesque. Je grimace discrètement. Les élèves adoraient sa méthode de copain-copain…

« À ton tour Miss. »

« Grace Potter. J'aimerais devenir potioniste. »

Hum… La fabrication des baguettes magiques n'était plus sa tasse de thé ?

« Ahhh intéressant comme projet. Bien du courage à toi, mes compétences en potion sont pitoyables… Potter ? Hum je crois avoir vu un autre élève portant ce nom dans ma liste d'étudiants. »

« Mon frère Harry, en sixième année. » Confirme la Gryffondor.

« Oui exact ! Obtention d'un Optimal à son BUSE en défense contre les forces du mal si je me souviens bien. Impressionnant… Ce résultat devient tellement rare de nos jours… »

Depuis mon arrivé à Poudlard j'obtenais des O dans cette matière. Rien d'incroyable, ce n'était pas un exploit … Le professeur se montrait tellement honnête avec tous les élèves que je redoutais mon tour. Il avait réussi son entourloupe, le professeur Bequir commencerait vite à faire de l'ombre au professeur Lupin. Je ne pensais pas regretter le Loup Garou de si tôt. Je déteste cet homme, personne ne peut être si gentil sans cacher quelque chose. Mon tour arrive. Suliman s'approche de moi, je relève les yeux de mon manuel scolaire.

« Toi, je te connais déjà. Coba Jedusor. Ton projet ? » Il me demande avec moins d'enthousiasme.

Et si je lui répondais mage noir, histoire de l'ennuyer un peu ? Sa remarque m'agace. Souligner devant tout le monde qu'on se connaît ne m'enchante pas. D'ailleurs je trouve tout cela un peu prématuré. On ne se connaît absolument pas. Je décide de garder bonne figure. Je relativise, son intervention aurait pu être pire.

« Indécis. » Je déclare

« Vraiment ? Partage tes ambitions. Nous sommes en comité restreint, ici. Tu peux parler librement, personne ne juge personne entre ces murs. » Insiste Suliman.

À quoi il jouait ? En tout cas je remarque Gauïs Black se moquer de moi dans le dos du professeur. Si le but de cet homme était de me rendre mal à l'aise, il venait de gagner. C'était déjà humiliant de ne pas connaître sa voie, pas besoin de l'exposer devant tout le monde. Néanmoins, je ne me laisse pas faire. Mon père m'avait bien incité à me défendre dernièrement.

« Inventeur, Auror ou bien Premier Ministre, qui sait ? » Je réponds d'un ton glacial.

« Premier ministre ? Plutôt ambitieux comme projet, tu penses avoir les atouts nécessaires ? »

De quoi il se mêle ? De la provocation, tout simplement. Ce type ne me connaît même pas. Je ne souhaite pas devenir premier ministre, quelle idée absurde. Il s'agissait d'un test pour voir sa réaction. Il venait d'échouer lamentablement. Suliman se vengeait sur moi. Il pensait me déstabiliser en exposant mes défauts en public. Il n'allait pas être déçu…

« Je pense me débrouiller en matière de mensonge. Alors, il semblerait que je possède bel et bien un atout indispensable. »

Les réactions ne se font pas attendre. Certains protestent contre ma supposition, d'autre l'encourage en applaudissant. Avouer que Cornelius Fudge était un menteur me faisait le plus grand bien. J'étais en colère contre l'autorité, Grindelwald avait fait tellement mal de mal autour de lui.

« Quoi ? Vous avez bien entendu Dumbeldore, hier ? Notre premier ministre est un menteur… » Je clame devant toute la classe.

Cependant, j'étais assez intelligent pour ne pas dévoiler le fond de ma pensée de manière explicite. Tout le monde écoute, bien attentif au prochain débat qui allait suivre. Même Gauïs Black abandonna ses pitreries pour écouter avec attention.

« Stop. On arrête tout de suite, le sujet est clos… » Intervient le professeur Bequir.

« S'il vous plaît, professeur. Personne ne nous dit rien. » Proteste le petit Crivey.

« Grindelwald est-il encore en Angleterre ? » Demande Daphnée.

Les élèves voulaient des réponses. Tous ces mensonges commençaient à créer des tensions entre nous.

« Même si j'étais autorisé à vous parler de tout ça, je n'ai pas de réponses à vous donner. Jusqu'à maintenant je vivais dans un autre pays et je peux vous assurer que personne ne connaît ce mage noir là-bas. Mais en connaissance de cause, sans l'arrestation de ce sorcier, Grindelwald recommencera. Ici ou bien ailleurs…»

« Donc, vous pensez que nous sommes en danger ? » Continue Black.

« Ce n'est pas ce que j'ai dit… » Conteste Bequir.

« Mais à quoi ça sert de nous mentir ? » Demande Bruce.

« À rassurer la communauté. » Répond sombrement Grace.

À la réplique de jeune fille le silence revient dans la classe. Ma mère avait raison. Peu de personnes adhéraient aux mensonges de Fudge. De nombreux parents inventaient des histoires pour rassurer leur progéniture. Ici à Poudlard, les élèves venaient chercher des réponses.

« Dans les conflits, il y a toujours une histoire de pouvoir ou d'argent. C'est une triste réalité, mais la plupart d'entre nous sont impuissants devant les injustices. Aujourd'hui, mon seul moyen de vous aider est de vous préparer du mieux que je peux. La Défense Contre les Forces du Mal, ce n'est pas juste une matière où vous devez obtenir un BUSE pour valider votre année. Non, cet enseignement va vous servir tout au long de votre vie. Et d'avantage durant les périodes sombres qui nous attendent. Si ce n'est pas Grindelwald aujourd'hui, un autre prendra sa place demain. Croyez-moi, il y en a toujours un qui veut sortir du lot… »

Malgré la pagaille que je venais d'amorcer, Bequir était parvenu à rétablir l'ordre sans aucune difficulté. Pire encore ses conseils regorgeaient de bons sens. Son enseignement dépassait les chapitres du manuel scolaire. L'Objectif premier de l'homme était respectable : nous apprendre à se défendre.

« Les mages tels que Grindelwald ne vous affronterons pas de manière loyale. Aucune règles, ni aucune pitié. Tous les coups seront permis. Vous serez absolument seul contre la mort. »

Les moins téméraires abordaient des mines choquées. Les autres élèves ayant déjà pris conscience de cette réalité suivaient les paroles du professeur attentivement. Il est doué, je dois le reconnaître. J'écoute son discours avec précaution. Pour une fois, il semblait que nous avions une personne qui savait de quoi il parlait en face de nous.

« Un mage noir utilisera vos points faibles contre vous. Oui, Black absolument tout le monde possède au moins un point faible. »

Fidèle à lui-même Gauïs venait de marmonner une réflexion vantarde. Évidemment de ma place je n'avais rien entendu.

« Je me fiche de mourir. » Contredit Gauïs.

« La mort ne t'effraie pas, bien… Courageux. Mais maintenant, si je te dis que la vie de ta famille est menacée ? Tu ne possèdes toujours aucun point faible ? »

Black ne répond pas, ses yeux se voilent avec colère. La famille… Grindelwald essayait souvent de me manipuler en l'utilisant.

« Aucune pitié, je vous ai prévenu. Que ce soit votre petite sœur de trois ans ou bien votre petit copain, un mage noir n'hésitera pas à les assassiner pour vous atteindre. » Ajoute Bequir avec une note grave.

Je ne craignais pas pour la vie de mon père, car je le savais suffisamment puissant pour se défendre. En revanche, je m'inquiétais toujours pour ma mère. Et Isida ? Je ne le supporterais pas si Grindelwald venait à s'en prendre à elle.

« Nous arrivons donc au début de notre leçon… Quels seraient les sorts qu'un mage utiliserait contre vous ? »

De nombreux élèves lèvent la main avides de commencer. Je décide de participer, si le cours prenait la direction escomptée, il deviendrait fort intéressant.

« Crivey, je vous écoute."

« Expelliarmus."

« Un sort de désarmement ? Tu es bien trop gentil. Il menace ta vie, réfléchis… Quels maléfices il utiliserait ?"

Collin médite les paroles du professeur. Les Gryffondors étaient trop sages… Ou bien trop stupides.

« Toi, Lestrange c'est ça ? »

Depuis le début je lève la main et Suliman ne daigne même pas m'interroger. Je continue quand même de me porter volontaire.

« Oui professeur. Les sortilèges impardonnables."

« Excellent, parfait on y arrive. Combien en existe-t-il ? » Continue Bequir.

Il désigne Grace Potter pour répondre.

« Trois, professeur. »

« Parfait, tu peux me les citer ? »

« Et bien je connais le sortilège de l'Imperium. »

« Tu connais ses effets ? »

« Il permet de contrôler totalement la personne sur laquelle il est lancé. » Explique Grace.

« Effectivement, rien d'autre à son sujet ? » Ajoute le professeur.

Je suis désormais le seul à lever la main. Pourtant Suliman m'ignore royalement en balayant la classe des yeux.

« Il est indétectable à l'œil nu ! Sans le contre sort, vous serez incapable de prouver son utilisation. »

Je baisse définitivement mon bras. Comme je l'avais imaginé ce Suliman avait décidé de me pourrir ma vie. Il ne voulait pas que je participe. Tant pis pour lui, qu'il continue avec ces ignorants. Renfrogné, je ferme brutalement mon livre avant de le jeter dans mon sac. Je garde mon carnet de note pour continuer à griffonner de nouvelles inventions.

« Quels sont les deux autres ? »

Jack, à ma gauche lève timidement sa main. Bequir, le regarde. Finalement, son champ de vision n'était pas limité. Pitoyable comme comportement…

« Anderson, je t'écoute. »

« Je crois qu'il s'appelle le Doloris. Un sortilège de torture… » Répond Jack sans confiance.

Un souvenir douloureux ravive mes sens. Une douleur atroce me revient en mémoire. L'impression de se consumer de l'intérieur. Les convulsions incontrôlables, tous ces craquements dans tous mon corps… Je n'avais jamais autant souffert de toute ma vie. Même ma désartibulation était ridicule à côté de cette douleur. Je ferme les yeux un instant pour reprendre contenance.

« Effectivement. Je vous souhaite sincèrement de ne jamais avoir à le subir. Pourtant, si je vous demandais de le réaliser maintenant, aucun d'entre vous ne serez capable d'exécuter ce sortilège correctement. Pourquoi ?"

Tu veux parier ? Je n'en serais pas si sur à sa place. Bruce lève la main avec conviction. J'oubliais que le garçon côtoyait une famille adepte de la magie noire. Comme moi, il devait connaître les impardonnables sur le bout des doigts.

« Il faut le désirer pour qu'il ait un effet. C'est-à-dire, il faut souhaiter la souffrance de la personne à qui on l'inflige. »

« Bien… Je vois que la plupart d'entre vous sont plutôt bien instruits. Et pour finir, le plus radical ?"

« Le sortilège de la mort… L'Avada Kedavra." Intervient Black sans demander la parole.

« Je dirais qu'il s'agit du plus impardonnable. Il n'existe aucun moyen de le parer. Aucun bouclier ne vous protégera. »

Ginny Weasley interrompt alors Suliman.

« Professeur, vous dites qu'il n'existe aucun bouclier contre le sortilège de la mort. Comment sommes-nous censés nous protéger s'il est utilisé en informulé ? »

« Les impardonnables ne peuvent pas être utilisés en informulé. » Réfute le professeur.

Je suis obligé d'intervenir. Il n'y connaissait rien.

« Alors, pourquoi Grindelwald y parvient ? » Je l'affronte.

Suliman me fixe avec intérêt. C'était la deuxième fois que son cours se voyait perturbé par une de mes interventions.

« C'est impossible. Prononcer un impardonnable en informulé demande un pouvoir démesuré. » Rétorque l'homme.

Furieux je commence à ouvrir la bouche pour lui rappeler qu'il n'a aucune idée de qui il parle, mais je suis devancé.

« C'est vrai. Il dit la vérité. Je l'ai vue moi aussi. Nous sommes plusieurs à avoir assisté à cette exécution…" Intervient Grace Potter.

« Et il n'a pas prononcé un seul mot. » Confirme froidement Black.

Cette aide est surprenante. Je ne m'attendais pas à l'intervention de ces deux-là. Seulement j'oubliais vite que Grindelwald ne s'attaquait pas uniquement à ma famille. L'exécution en question était celle de mon oncle Morfin. Ma cicatrice brûle sur ma joue. Cet ignorant n'avait aucune idée de tous ce que j'avais subit par la faute du mage.

« Comme je vous l'ai dit plus tôt. Je ne connais pas ce Grindelwald. J'ai sans doute sous estimé ses capacités. On va passer à la suite. Je souhaite que vous approfondissiez vos recherches sur les impardonnables avant de continuer le sujet. Vous me rédigerez 60 centimètres de parchemin sur leurs descriptions, pour notre prochain cours."

Plusieurs élèves protestent contre le devoir. Notre prochain cours était dans trois jours. La plupart des enseignants nous laissaient d'avantage de temps pour travailler. En tout cas, je comptais bien lui démontrer mes compétences dans cette rédaction. Aussi un détail me préoccupait. Je devais avoir une conversation avec Bequir. Il était hors de question que mes notes pâtissent à cause de ma génétique. Mon plan bien en place, je décide d'attendre la fin du cours afin de parler au sorcier. La sonnerie annonce le début des hostilités.

« Je vous rejoins. » J'annonce à mes amis.

Bruce et Jack quittent la salle. Je patiente, le temps que tout le monde s'en ailles. Puis, je m'adresse au professeur Bequir.

« Professeur, je souhaiterais vous parler si c'est possible. » Je demande poliment.

Suliman me toise avec difficulté. Ses yeux caramels se glissent distinctement de bas en haut sur ma silhouette. Je prends cette attitude de pleins fouets. Cet homme venait de me snober sans aucune délicatesse. Je prends sur moi pour ne pas l'insulter. Je récoltais notre première rencontre. Seulement, ce n'était pas moi l'adulte ici.

« S'il vous plaît." J'insiste en pinçant les lèvres.

Je déteste me rabaisser…

« Désolé, Jedusor. Je n'ai pas de temps pour toi. Un autre cours m'attend. »

Sur ses derniers mots, l'homme récupère ses affaires avant de tourner les talons pour quitter la salle.

/(I)\

Je le hais. Je ne pensais pas pouvoir haïr un enseignant à ce point. Cependant, Suliman Bequir avait continué de me snober durant les cours suivants. Pire encore cet imbécile s'amusait à dénigrer mon travail. Un vulgaire Acceptable, c'est une insulte. Mon travail était excellent ! J'avais consacré des soirées entières à travailler dessus pour rendre quelque chose d'impeccable. Je méritais un Optimal. Pas question que je compromette mon avenir professionnel à cause de lui. Le sorcier refusait de m'écouter. Je voulais simplement mettre les choses à plat et cet homme m'ignorait avec condescendance.

Seulement, j'étais coincé. Si j'en parlais à mon père les choses se compliqueraient et je ne voulais pas impliquer ma mère dans cette histoire. De plus, récemment j'avais pris la décision de me débrouiller tout seul. Sans mes parents. Pourtant, c'était bel et bien de leur faute si je me retrouvais dans une telle situation ! Non, cette note venait de faire déborder le chaudron. Désemparé je venais d'atterrir dans l'endroit auquel je m'attendais le moins…

« Et bien ce devoir est très bien construit. Beaucoup de détails, surtout en ce qui concerne les sensations du Doloris… Oui c'est un très bon travail, Coba. J'ai du mal à te suivre. Pourquoi as-tu souhaité que je le lise ? » Me demande Dumbeldore.

Stupide… Qu'est-ce que je fabrique dans le bureau de Dumbeldore ? J'évitais toujours cet endroit et voilà que je venais d'y entrer volontairement. Évidemment le vieu fou m'avait ouvert la porte sans objection.

« Vous venez de le dire, c'est du très bon travail ! Alors, pourquoi je dois me coltiner un A." Je proteste en colère.

Renfrogné, je croise les bras sur ma poitrine. Je n'appréciais pas l'injustice. Dumbeldore me dévisage derrière ses lunettes demie lune. Il dépose le parchemin sur son bureau avant de s'installer dans son fauteuil.

« Assied toi, je t'en prie."

« Je ne veux pas m'asseoir ! Je veux juste obtenir la note que je mérite ! » Je m'agace en lui tournant le dos.

Mon geste est volontaire. Mes émotions commençaient à prendre le dessus. Je cache ma tristesse de sa vue. Mes parents étaient responsables de mon mal-être. Mais, je ne souhaitais pas les accuser devant le Directeur. Je me méfiais de lui, pourtant j'étais naturellement venu dans son bureau pour me plaindre. Quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Après, il s'agissait d'un simple devoir, mon comportement restait logique.

Impolis, je commence à regarder les objets disposés sur les étagères. Des gris-gris s'entassent les uns sur les autres. Je continue mon inspection sans permission, néanmoins Dumbeldore ne m'arrête pas. Un cadre illustre son titre d'ordre de Merlin première classe. C'était toujours impressionnant d'en apercevoir un en vrai. Soudain, un objet en forme de briquet moldu retient mon attention. Il est disposé sur un couffin, des dorures ornes ses flans. Je commence à tendre la main pour l'analyser de plus près avant de me raviser. Ce n'était pas le bureau de mon père, ici. Cette pensée me rend inconfortable, l'homme détestait me savoir si proche du vieu barbue.

« C'est un déluminateur." Annonce Dumbeldore en repérant mon geste.

Je me tourne dans sa direction. L'homme avait suivi mes interactions sans prononcer un mot. Ses yeux bleus me scrutent avec profondeur. Mes protections mentales sont remises en place, paré à toutes intrusions. Cet objet piquait ma curiosité.

« Un quoi ? »

Je n'avais jamais entendu ce terme. Son utilité restait un mystère pour moi. Évidemment je ne comptais pas interroger le vieux citronné sur la question. Je ne souhaitais pas lui montrer mon intérêt. Cependant, l'homme quitte son siège pour venir me rejoindre. Il attrape l'objet avant de le disposer dans ma main.

« Un déluminateur. Ou un éteignoir si tu préfères. Il permet, d'éteindre… »

Ses doigts pressent les miens afin d'actionner le mécanisme. Une sensation étrange envahie mon corps. Cette proximité me dérange. Puis, la lumière de la pièce s'évapore en rejoignant l'appareil. Dumbeldore recommence son action, cette fois la lumière revient illuminer le bureau.

« Ou bien d'allumer les endroits les plus sombres. Il peut même aider certaines personnes à retrouver leur chemin lorsqu'elles sont perdues. »

Je suis impressionné et cette expression doit être visible sur mon visage. Car Dumbeldore glousse en retirant sa main de la mienne. Mes soucis reviennent alors avec entrain…

« Une de mes plus brillantes inventions."

J'ignorais que Dumbeldore était un inventeur à ses heures perdues. Ce genre d'objet me fascinait. Exactement pour ce type de découverte que je souhaitais travailler au département des inventions magiques. Je ne compte pas féliciter le Directeur pour son artefact. Aussi, je repose l'objet avant de m'installer sur le fauteuil en face du bureau directorial. Le sorcier me rejoint.

« Un bonbon au citron ? » Propose Albus Dumbeldore.

« Je déteste le citron. » Je soupire avec ennuis.

« Hum… Comme ton père."

Le vieil homme attrape une friandise avant de la dévorer. Je sens son regard perçant sur ma personne. Trop blessé par la situation je n'arrive plus à cacher mon malaise.

« Ce n'est pas possible de récupérer le professeur Lupin ? » Je demande plein d'espoir.

« Je crains en effet que ce soit impossible. » Confirme le Directeur.

« Alors faites quelque chose s'il vous plait. » Je rumine.

« Qu'est-ce qui se passe, Coba ? Tu n'es pas du genre à venir te plaindre, encore moins devant moi. »

L'homme continue à s'empiffrer de sucreries. Je lève les yeux au ciel. Si je lui demandais de l'aide c'est que je n'avais pas d'autre choix. Aussi, plusieurs idées se baladaient dans mon esprit. Je pense que tout comme moi, l'homme souhaitait que notre conversation reste confidentiel.

« À Poudlard, une aide sera toujours apporté à ceux qui le désir… Vous avez oublié ? » Je l'accuse.

« Je ne peux pas t'aider si tu ne m'expliques pas, Coba. Je ne peux pas forcer le professeur Bequir à changer ta note s'il considère qu'elle est justifiée." Explique calmement l'homme.

Dire le secret d'une autre personne est une trahison, les vrais raisons étaient bien trop personnelles pour être confiés. Je voulais simplement que le professeur reconsidère son comportement.

« Vous faites vraiment confiance à n'importe qui…» Je m'oppose avec colère.

« L'expérience prouve que celui qui n'a jamais fait confiance à personne ne sera jamais déçu. »

« Et bien moi je suis terriblement déçu. Le professeur Bequir refuse de m'interroger ou même de m'écouter. C'est comme si je n'existais pas !»

« Ne te soucis pas de ne pas être remarqué, Coba. Cherche plutôt à faire quelque chose de remarquable. »

« Ce devoir est remarquable ! Et ça ne change strictement rien. » Je crache avec venin.

Ces paroles de sage m'enquiquinaient. Justice… C'est tout ce que je demandais. Cet homme n'était pas professionnel. Je n'ai rien fait et pourtant il me détestait. Tout ça parce que mon père était le mien.

« Je peux envisager une conversation avec le professeur Bequir pour clarifier la situation si c'est ce que tu souhaites. » Intervient Dumbeldore.

J'hésite. Si les deux hommes venaient à discuter, des aveux seraient apportés sur la table. D'ailleurs Dumbeldore ne m'appréciait pas également, pourquoi voudrait-il m'aider ? Non, laisser deux personnes qui me détestent discuter de mon cas ne porterait pas en ma faveur.

« Laissez tomber, je ne sais même pas pourquoi je suis venu ici. » Je marmonne.

Sans prendre la peine de m'excuser, je me lève pour rejoindre la porte de sortie.

« Je ne te déteste pas, Coba. » Ajoute le Directeur.

Je fais volte face. Venait-il de lire dans mes pensées ? Impossible mon bouclier mental ne laissait rien passer. Dumbeldore donnait toujours l'impression d'être omniscient.

« Pardon ? »

« Tu as toujours fait des conclusions hâtives. J'ai déjà été plusieurs fois fâché contre tes agissements… Mais je ne te déteste pas. »

Je reste silencieux. Ces aveux n'étaient pas réciproque. Je détestais profondément l'homme installé au bureau ovale. Au-delà des critiques de mon père, j'avais appris à le haïr de moi-même. Tous ces mensonges alors que nos vies étaient en danger. Je ne lui faisais pas confiance. Mes souvenirs ravivent des moments douloureux. Ma mère inconsciente, la dague qui traverse mon abdomen… Dumbeldore ne mérite pas ma complaisance.

« Vraiment ? De la même manière que Grindelwald ? Ses agissements vous fâchent… Pourtant, vous l'aimez toujours. » Je siffle avec dégoût.

Je ne suis pas stupide. J'avais passé suffisamment de temps coincé entre les deux sorciers pour comprendre cette étrange familiarité. À l'air triste du professeur je comprends que je venais de viser juste. Et ça se permettait de faire la morale…

« Qui est le plus fourbe des deux ? Vous cachez à tout le monde votre vraie nature ! Vous ne valez vraiment pas mieux que lui. Avec vos mensonges sur les bienfaits de la lumière, vous embobinez tout le monde alors que vous avez vous même traînez dans la magie noire ! » Je crache avec fureur.

Tous ces mensonges me donnent la nausée. Je voulais qu'il connaisse le fond de ma pensée.

« On fait tous des erreurs, Coba. Les miennes m'ont permis de reconsidérer ce qui est juste. La magie noire m'a aveuglée dans ma jeunesse, l'amour s'y est mêlé. Jusqu'au jour où j'ai pris conscience de mes véritables désires. J'ai alors compris une chose importante. Tout Pouvoir sans contrôle rend fou. La possession d'un grand pouvoir corrompt inévitablement la raison. »

Dumbeldore ne niait pas mes propos. Il accusait le pouvoir de l'avoir mené vers ce chemin. Ridicule… On est toujours responsable de ses actes.

« Dis moi, Coba. Tu l'as deviné tout seul ? Ou bien Geller s'est chargé de parler de moi ? »

C'était d'une logique… Doutait-il vraiment qu'une personne puisse deviner son ancien béguin ?

« C'est évident. Vous avez eu de nombreuses occasions de l'affronter et finalement vous avez toujours une excuse pour éviter le combat. Alors que tout le monde sait parfaitement que vous êtes le seul capable de l'envoyer à Azkaban.»

« Tu as raison. Je manque de courage. J'ai peur de l'affronter... Mais tu te trompes, actuellement, nous sommes au moins deux à être capable d'affronter Geller. »

Je fronce les sourcils. Dumbeldore un Gryffondor qui manque de courage ? Non cet homme n'avait peur de rien. Puis je comprends alors. L'homme était encore amoureux… Selon ses mots une autre personne pouvait affronter Grindelwald en espérant une victoire.

« Et bien Coba. Nous savons tous les deux que Tom Jedusor est un sorcier extrêmement puissant. »

« Pourtant, il ne l'a jamais attrapé. » Je m'oppose.

« Parce qu'il ne se retrouve jamais seul face à Geller. Réfléchis, Coba. Pourquoi Geller choisit d'apparaître devant ton père lorsque toi ou ta mère êtes présents ? »

Parce que Tom Jedusor n'intervient pas lorsque la vie de sa famille est menacée. On servait de bouclier à Grindelwald. Pourtant, le mage était incroyablement puissant, je ne le voyais pas craindre mon père. Quoique depuis que ce dernier lui avait sectionné plusieurs phalanges, Grindelwald ne l'affrontait plus en duel.

« Grindelwald se pense invincible. Pourquoi ferait-il une différence avec mon père ? » Je demande avec agressivité.

Dumbeldore réfléchit. Un dilemme se mélange dans sa tête. Il semble vouloir me confier une information, mais il hésite. Pesant le pour et le contre, il s'exprime alors.

« As-tu pris connaissance de la prophétie ? » Il me questionne.

« Non… » Je réponds avec méfiance.

Le directeur reste silencieux. De la déception est perceptible. Comment suis-je censé connaître cette prophétie ? Je me doute de la réponse et elle ne me plaît pas. Mes papilles s'enflamme.

« Je n'interviendrais pas contre la volonté de ton père, ce choix lui appartient désormais. »

Une colère me submerge. Ses leçons de morales étaient pitoyables ! Je lui confiais le moindre de mes secrets et lui taisait des informations capitales. Il possédait cette prophétie depuis combien de temps exactement ? Certainement depuis le moment où Dumbeldore avait proposé de me la transmettre. Je suis furieux, je me sens trahis. Ce voyage en Albanie était-il une diversion pour me dissuader de chercher des réponses ? Je doutais désormais de la sincérité de l'homme qui m'avait élevé.

« Connais-tu la particularité des baguettes de sureaux ? » Continu Dumbeldore.

Je savais qu'il venait de remarquer ma colère. Ce changement de sujet était probablement une diversion. Mais je dois me contenir. Dans mon cœur toute allégeance venait de s'évaporer. Je ne supportais plus toutes ces confidences à sens unique. Ma déception est incontestable et la blessure profonde. Je me sens tellement manipulé en cet instant que je décide de participer au petit jeu de Dumbeldore.

« Elles ne sont pas très fidèles. » J'explique.

Grace m'avait bien instruit sur le sujet avant notre dispute…

« Je dirais plutôt qu'elles sont capricieuses. Elles ont tendance à se donner au plus offrant. Une baguette de sureau changera facilement de propriétaire si elle considère un sorcier plus puissant qu'un autre. »

« Grindelwald possède la baguette de sureau. » Je confirme.

« Geller crains ce changement de propriétaire. Même s'il a tendance à oublier que la puissance d'un sorcier ne résulte pas dans de sa baguette magique, mais de la personne elle-même. »

« Les reliques de la mort sont une légende pour la plupart des sorciers. » Je signale.

Je commençais à comprendre où la discussion se dirigeait. Le mage m'avait montré son arme. Je possédais également une baguette en bois de sureau. Mais je savais que la sienne était spéciale. Ma mère me contait les contes de Beebles le Barbe lors de mon enfance. Mon père pouvait aisément utiliser ma baguette jusqu'à maintenant, Dumbeldore insinuait que celle de Grindelwald pouvait lui devenir fidèle.

« Effectivement… Beaucoup de sorciers pensent qu'il s'agit uniquement d'un conte pour enfant. Mais la légende de trois frères existe réellement. »

« La baguette, la pierre de résurrection et la cape d'invisibilité. » Je complète.

« Deux de ses reliques continuent d'être transmise dans leurs familles respectives. »

Les Peverells. J'avais fini par comprendre tout seul. Le vieux sorcier ne m'apprenait rien de nouveau. Potter possédait cette cape…

« Nous possédons bien la pierre. » Je réponds à sa question silencieuse.

Inutile de mentir. Dumbeldore savait pertinemment que mon père détournait la vérité. Je ne me sens même pas coupable de ma révélation. La trahison de mon père est trop forte à mes yeux. J'aurais besoin d'une excellente excuse de sa part pour lui pardonner un jour.

« La plus intéressante. » Annonce le sorcier.

Je ne suis pas d'accord. Je préfère la baguette de sureau, posséder une arme invincible est plutôt jouissif. Les descendants de la baguette étaient ambitieux, ceux de la cape d'invisibilité étaient rusés. Des trois reliques je descendais du frère Peverell le plus pathétique. On ne demande pas à la mort de ramener la vie. C'est contre nature. Cette pierre de résurrection était voué à l'échec depuis le début.

« As-tu essayé de t'en servir ? » Insiste Dumbeldore avec curiosité.

« Non. » Je clos la conversation.

J'évite de justifier mon inaction face au directeur. Cette Pierre encerclait fermement l'index de mon père. Impossible pour moi de m'en emparer sans qu'il s'en aperçoive. D'ailleurs, depuis que j'avais découvert le signe de Grindelwald gravé dessus, il m'avait lâchement éjecté de mes découvertes.

Je me suis toujours demandé si quelqu'un viendrait me visiter par le biais de la pierre de résurrection. Gamin, ma mère aimait me rassurer en confirmant que mon grand-père maternel serait là. La curiosité de Dumbeldore m'interpelle. À l'évidence le sorcier désirait revoir une personne…

« Tu sais Coba, tu possèdes un bagage qui te rend exceptionnel. Ne te laisse pas influencer, réalise tes propres choix. »

Je n'ai rien d'exceptionnel. Mon bagage ? Parler fourchelang n'apporte rien. La résistance au feu ? Ce n'est pas comme si je me brûlais tous les jours. Non aucune de ces compétences étaient exceptionnelles ! Je restais le fils de Tom Jedusor qui ne possède aucun talent. Ma pitoyable participation au concours des écoles demeurait une preuve irréfutable de ma médiocrité. Mon nom m'obligeait à devenir remarquable, pourtant je ne suivais pas les traces de mon père. Mes ambitions étaient moins exubérantes.

« La génétique n'apporte rien d'autres que des ennuis. » Je réfute avec dégoût.

Salazar, Merlin, mon père, Suliman, Finéas. Ces personnes possédaient toutes un lien avec moi et pourtant elles ne m'apportaient que des problèmes. À quoi bon descendre de sorciers célèbres s'il faut jalousement le taire ! Depuis ma naissance Tom Jedusor ne me faisait que de l'ombre. Quoi que je fasse on me comparait à lui sans aucune retenue. Finéas me détestait et maintenant Suliman saccageait mon année scolaire.

« Je sais ce que tu ressens, Coba. »

« Vous en n'avez aucune idée. » Je contredis avec conviction.

Porter le nom de Dumbeldore ne ressemble en rien à mon calvaire. Tout le monde admirait cet homme, personne ne lui demandait de rendre des comptes. Je devais sans cesse penser aux conséquences de mes actes pour éviter de causer des tors au célèbre Tom Jedusor. Sa réputation avant tout, même avant sa propre famille…

Dumbeldore me sonde avec ses yeux bleus. Je détourne le regard. C'était la première fois que nous avions une conversation digne de ce nom. Je bravais l'interdit, je n'avais pas le droit de parler avec cet homme. Tant pis, je mentirais à mon père, après tout, lui-même n'était pas entièrement honnête. Faire ses propres choix, ne pas être influencé…

« Pourquoi m'avez-vous nommé préfet ? »

Je voulais vérifier les informations transmises par mon géniteur. Ma confiance s'amoindrissait à présent. L'homme me bourrait le crâne pour m'éloigner de Dumbeldore. Pour quelle raison au juste ?

« Le professeur Rogue se charge de recommander des étudiants. Je me contente de valider ses choix. » Explique sincèrement le directeur.

Donc, pas nécessairement pour me surveiller ? Hum… je n'écarte pas cette hypothèse. J'essaye de percer les défenses de Dumbeldore pour connaître le fond de sa pensée, mais ce dernier me bloque. Déterminé, j'actionne la poignée pour quitter le bureau, soudain Dumbeldore reprend parole.

« Au faite Coba, j'apprécie énormément que mon discours de rentrée t'inspire. Tu sembles particulièrement rebuté face à l'injustice. C'est sans doutes particulièrement difficile pour toi d'entendre ces mensonges au sujet de Grindelwald.»

Je campe sur mes positions. Évidemment que toute cette médiatisation me rendait dingue. Je souhaitais clamer haut et fort que le mage noir était responsable des dernières atrocités. Dumbeldore poursuit son monologue.

« Comme tu le sais, je fais partie du Mangenmagot, la plus haute juridiction du monde des sorciers. Ce tribunal est composé d'une cinquantaine de membres parmi les sorciers les plus vénérables. Y siège également un représentant des sorciers mineurs choisi parmi les jeunes de moins de 17 ans. »

Incertain de bien comprendre je me tourne vers Dumbeldore. Je ne prends pas la peine de cacher mes suspicions.

« Ce poste est vacant à vrai dire. En tant que Président-Sorcier, je suis un des membres autorisés à proposer des candidatures. »

« J'ai du mal à vous suivre. » J'interviens avec méfiance.

« C'est une opportunité gratifiante qui aide à réparer les injustices dans notre société. Les membres du Mangenmagot sont appelés ponctuellement, la plupart du temps sur des procès de grande importance. »

Tout devient alors explicite. Dumbeldore me proposait un rôle. Je connaissais l'importance de ces membres dans notre société. Leur sélection était très prisée. J'ignorais qu'un membre mineur devait y siéger, mais en y réfléchissant cela paraissait logique. Par ce biais je n'aurais plus besoin de chercher mes réponses, j'assisterai directement aux confrontations importantes. Mieux encore mon opinion compterait. L'excitation me submerge, mais je me reprends très vite. Un élément clochait…

« Le ministre de la magie choisit ses membres. » Je lui rappelle.

« En partie. Notre fonctionnement de nomination est jalousement gardé. Si tu es d'accord je souhaiterais proposer ta candidature ? »

Est-ce que l'homme essayait de m'amadouer ? Dans tous les cas cette distinction m'attire. Faire partie du Mangenmagot ne faisait pas partie de mes projets, cependant, je savais ce qu'elle représentait. Généralement les sorciers qui y siégeaient cumulaient leur rôle avec une autre profession. Mon père allait être furieux s'il apprenait que le vieux fou traînait dans cette histoire… Au-delà de la trahison que cela impliquait, je rêvais de fourrer mon nez dans les affaires du ministère. Pire encore, Tom Jedusor se retrouverait complètement impuissant. Ce rapprochement avec Dumbeldore le rendrait exécrable. Il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même. Mon père ne s'était pas montré honnête avec moi. Je pouvais accepter cette opportunité sans me rendre coupable.

« C'est une plaisanterie ? » Je ne peux m'empêcher de vérifier.

« Absolument pas, Coba. » Assure le sorcier.

Son air est tout à fait sérieux. Il attend ma réponse. Et pour une fois je sais que je n'ai pas besoin de l'autorisation de mes parents. J'étais libre de prendre ma décision.

« Ça serait absurde de choisir une personne comme moi. » J'interviens.

« Cette remarque me confirme que tu es prêt. » Abdique le Directeur.

Je sais que mes chances sont moindres. Les candidatures doivent être multiples. Pourtant, je ressens toute l'importance de ma décision. Même s'il s'agissait d'un stratagème pour se rapprocher de moi, ce titre ne pouvait pas me causer de tors. Après tout, je ne serais pas obligé de rester avec Dumbeldore si on venait à me choisir. Plus de cinquante membres siégeaient à ce tribunal. J'ouvre la bouche afin de confier ma décision.