Troisième année d'étude

Toutes les équipes avaient été formées, et il ne restait plus que Louis, seul, sans coéquipier pour lui faire la conversation… Il maugréa :

- C'est vraiment une obligation de faire un recensement de toutes les créatures et espèces, vivant dans le lac de Poudlard ? geignit Louis. Je veux dire, on sait qu'il y a des poissons là-dedans…

- Monsieur Weasley, arrêtez de broncher et plongez ! lui ordonna le coordinateur de l'exercice.

Quand il pensait qu'il avait accepté de prendre un stage, compris dans ses études, avec Ministère de la Magie Britannique, au sein département de régulation des créatures magiques, juste pour se rapprocher d'Allénore et de sa famille… Il pesta, et lança un sortilège de Têteenbulle. Il observa le paysage : c'était la première fois qu'il remettait les pieds à Poudlard depuis l'obtention de ses ASPICS… C'était étrange.

- WEASLEY ! La tête sous l'eau ! Allez donc me marquer les strangulots !

Le compteur derrière le coordinateur, augmentait chaque fois qu'un sorcier marquait une espèce. Ils en étaient déjà à plus de trois mille strangulots, mille pitiponks, une centaine de mini-calamars et une cinquantaine d'êtres de l'eau…

Louis s'exécuta, et plongea. Il nagea un instant, se débattant avec les algues verdâtres. Il croisa d'autres sorciers, qui lui firent signe de se rendre ailleurs, que cette zone avait déjà été exploré. Il y avait du mouvement dans le lac de Poudlard, plus que Louis le pensait… Il commença à marquer les strangulots, pour mieux les compter.

Il avait toujours aimé ces petites bêtes. Leurs petits yeux enfoncés dans leurs orbites leur donnaient l'air d'être constamment sous l'emprise de drogues… Il marqua une strangulot, visiblement enceinte, et se demanda si le compteur à la surface allait afficher une décimale.

- La maternité vous va à ravir madame la strangulot !

A défaut d'avoir un partenaire, il pouvait essayer de sympathiser avec la population aquatique du lac de Poudlard ! Malheureusement, même les strangulots semblaient ne pas vouloir profiter de son agréable compagnie.

La créature se cacha dans les profondeurs, s'y sentant sûrement plus en sécurité. Cependant, sa fuite alerta les autres, qui se mirent à encercler Louis.

- Je veux juste vous compter. C'est même pas par plaisir. En même temps, qui plongerait en plein mois d'octobre dans une eau aussi froide par pur plaisir ? Je vous le demande ?

Les strangulots lui jetèrent des regards étranges, et finalement, ils s'éloignèrent, laissant cependant Louis les marquer temporairement de sa magie. Il décida de remonter à la surface, après plus d'une heure sous l'eau. Il était gelé et bava presque d'envie, en apercevant le repas chaud qui lui était servi pour le déjeuner.

- Allez d'abord vous sécher Weasley. Vous allez attraper froid ! l'avertit le vieil homme moustachu.

- J'ai un système immunitaire infaillible ! le rassura Louis, en avalant une pomme de terre chaude. Je ne suis jamais tombé malade !

Louis, en vingt ans, n'avait jamais attrapé le moindre petit virus et s'en félicitait.

- Weasley… Vous êtes l'une des personnes les moins lucides qu'il m'ait été donné de rencontrer.

- C'est un très beau compliment, Monsieur, je vous remercie. Mais je dois y aller ! Mon service est terminé !

- Filez Weasley ! maugréa le coordinateur.

Louis se fît pas prier, et transplana directement jusqu'à la boutique que Victoire lui avait indiquée.

- T'es en avance ! s'avança celle-ci, dans une magnifique robe banche

- Tu es magnifique…

Elle l'était. La robe était brodée de fines perles … Victoire tourne sur elle-même, ravie du résultat :

- Dominique ne devrait plus tarder. Ainsi que maman !

Louis hocha la tête, et se changea à son tour, enfilant un costume gris, parfaitement ajusté, qui mettait ses yeux bleu-vert en valeur. Sa mère l'applaudit, quand il sortit de sa cabine et il l'embrassa sur les deux joues.

- Où est Dom ?

- Elle se dispute avec Victoire…

Louis s'avança vers l'arrière-boutique :

- Pourquoi forcément une robe ? s'injuria Dominique.

- Parce que tu es une femme, et que c'est plus jolie une robe ?

- Elle a raison Dominique, approuva Fleur.

Dominique baissa les bras, leur désignant son corps. Elle était plus carrée et costaude que sa soeur, et n'était pas, selon les critères de la société, « féminine ». Elle ne portait pas de robe, parce qu'elle n'aimait pas ça. Et même si elle était une fille !

- Je refuse de porter cette robe !

- Dominique, arrête de faire l'enfant c'est pour mon mariage !

- Et alors ? J'ai quand même le droit de m'habiller comme je le désire ! Pourquoi je ne pourrais pas porter le même costume que Louis. Il est carrément trop cool !

- Parce que c'est pour les hommes !

- Et alors ?

- Et alors tu es une femme !

Victoire était de ceux qui voyaient le monde de façon trop binaire parfois, mais elle n'était pas méchante. Louis la trouvait seulement affreusement trop maladroite.

- Et si je ne veux pas être une femme ?

Victoire se tût, ne trouvant pas de réponse à cette question. Dominique n'avait jamais parlé de ça… Du fait qu'elle ne se sentait ni femme, ni homme, mais entre les deux, et qu'elle refusait de s'habiller de telle manière parce que les codes actuels le lui imposaient. Louis les regarda se battre, sans rien dire, se disant qu'il aurait finalement préféré compter les strangulots…

- Louis !

- Quoi ? demanda ce dernier.

- Essaie de la raisonner !

- De me raisonner ? s'injuria Dominique. Tu n'es pas sérieuse ?

- Vous n'allez pas vous battre juste pour une tenue ? se plaignit Louis.

- « Juste pour une tenue » ? répéta Victoire.

- Dominique essaie de comprendre Victoire, et Victoire, essaie de comprendre Dominique ! dit-il finalement.

Louis était incapable d'ajouter quoique ce soit, parce qu'il ne voulait fâcher personne, et que parfois, c'était un gros défaut qui bridait son honnêteté. Dominique baissa les bras, et s'en alla, furieuse contre sa sœur et son frère. Louis grimaça, encore plus quand Victoire retourna en cabine, aussi furieuse que Dominique.

Fleur regarda ses trois enfants tour à tour. Dominique et Victoire se disputaient assez souvent… Mais Louis, lui, il arrivait toujours à les réconcilier, à leur rappeler qu'elles étaient sœurs, mais aussi amies. Cette fois-ci, il n'y était pas parvenu, et ça la peinait énormément. Autant que cela peinait Louis…