Troisième année

- Tu m'as manqué ! l'accueillit Allénore en l'embrassant.

Louis était parti en mission pour le Ministère de la Magie Britannique. Des verts gallois semaient la terreur sur des terres habitées par des moldus. Il avait fallu les attraper, et lancer de nombreux sorts pour effacer la mémoire des moldus. Puis il avait dû retourner une petite semaine en Roumanie, pour passer ses examens semestriels. Ensuite, il s'était rendu en Egypte, pour s'occuper d'oiseaux-tonnerres blessés…

Louis avait toujours aimé voyager. Ils avaient la moitié du cœur français, l'autre britannique. Depuis tout petit, ce qu'il attendait lors des vacances d'été, c'était de de voir son père arriver le soir, et de lui demander quand est-ce qu'ils partiraient tous les cinq, avec sa mère et sœurs, et quelle serait leur destination. Un pays chaud ? Un pays froid ? Un pays où il pleut ? Un pays dangereux ? Un pays avec des châteaux ? Des cavernes à explorer ? Est-ce qu'il y avait des trésors à trouver ? Et comment s'y rendraient-ils ? En avion, comme les moldus, pour atteindre les endroits où la magie était trop faible pour transplaner ? En port-au-loin ? En bus ?

A seulement vingt ans, Louis pouvait se vanter d'avoir déjà beaucoup voyager. Il était comme ça Louis… Il aimait le monde, la vie, les cultures par centaines et toutes les couleurs de la Terre. Chaque fois qu'il visitait un pays, il y laissait un petit bout de lui, qui lui donnait toujours envie de revenir, irrésistiblement attiré… Il se sentait lié à chacun de ses pays. Il aurait pu passer sa vie à errer, à chercher tous les trésors, à déchiffrer les énigmes de tous les tombeaux, à découvrir toutes les créatures magiques peuplant la planète. Parce que, Louis avait longtemps pensé que c'était ça, la vraie richesse. Découvrir. Apprendre. Toujours et encore, et encore, et encore… Son trésor, c'était ses voyages, ses souvenirs.

Puis il s'était rendu compte que l'excitation d'un départ, de plonger dans l'inconnu, l'allégresse de poser ses pieds sur un territoire inexploré, n'étaient rien … Rien du tout en comparaison de la joie qu'il avait de retrouver sa famille, de les embrasser et de partager avec eux, tout ce qu'il avait vécu.

"Les tortues retournent toujours sur la plage sur laquelle elles sont nées pour y pondre leurs œufs ", avait fait remarquer Allénore un jour.

C'était quand elle avait encore peur de le voir partir et de ne jamais le voir revenir. C'était ce qu'elle se répétait pour se rassurer, pour avoir la force de le laisser partir, même quand ils n'étaient que des amis. C'était ce que faisaient les gens qui aimaient. Ils laissaient partir. Et ceux qui aimaient encore plus, revenaient. Louis avait compris quelque chose : il rentrerait toujours. Peut-être qu'il était une tortue… Peut-être qu'il était toujours aimanté, relié « à sa plage » et qu'il ne pouvait pas lutter contre ça. Et sa plage, c'était Allénore.

- Tu m'as manqué aussi…, répondit-il en embrassant son front.

Il l'aimait. D'une façon dont il n'avait jamais aimé personne. Ça grandissait tout le temps… Il pensait connaître Allénore, mais en fait, il en apprenait tous les jours. Elle était surprenante. Parfois, elle lui apportait son café le matin, alors qu'il dormait encore. Elle le posait sur sa table de nuit, et elle attendait qu'il se réveille. Il le sentait toujours, son regard empli de tendresse sur lui. C'était assez rare, parce qu'Allénore était une grosse dormeuse. Il avait appris qu'elle était mille fois plus têtue qu'il ne le pensait, que par fierté, elle était capable de s'obstiner jusqu'au bout, même quand elle avait tort. Il avait appris qu'elle n'aimait pas se coucher sans avoir lu au moins un chapitre, de n'importe quel roman, et qu'elle adorait lire à voix haute. Il adorait quand elle le faisait et elle lisait avec tant de passion, qu'il était presque jaloux de ne pas être un personnage, pour qu'elle lui donne vie, à lui aussi, à travers ses mots...

La nuit, elle hurlait à cause de ses cauchemars, et elle frappait le vide de ses poings. Il arrivait toujours à la ramener à la réalité, à la rassurer, sans jamais la réveiller. Il la serrait dans ses bras, jusqu'à ce que ça passe, jusqu'à ce qu'elle s'apaise complémentent. Et quand elle ne se réveillait pas avant lui, qu'il quittait le lit, elle se blottissait un peu plus dans ses bras, en essayant inconsciemment de le retenir près d'elle, juste un peu plus de longtemps.

- Tu restes longtemps cette fois-ci ? lui demanda-t-elle.

- J'espère oui…

- Chouette !

C'était sa façon à elle de lui dire qu'elle préférait quand il était près d'elle, mais qu'elle le laisserait toujours partir.

- Je suis content d'être ici.

C'était sa façon à lui de lui dire qu'il rentrerait à chaque fois, qu'il avait besoin parfois de s'en aller, mais qu'il aimait encore plus la tenir dans ses bras.

Il adorait les retrouvailles avec Allénore. Louis encadra son visage de ses mains, et l'embrassa, au beau milieu de nulle part, son port-au-loin étant dans une forêt perdue dans le pays-de-galle. Allénore l'avait rejoint, impatiente. Elle était toujours le premier visage qu'il apercevait quand il rentrait.

Allénore était sa plage.

Et il comprenait maintenant Molly quand elle disait que « son endroit », c'était partout où Camélia était. Il lui prit la main et le dit. Parce qu'il le pensait depuis longtemps. Et que même s'ils n'étaient ensemble que depuis trois tous petits mois, il les vivait, ces mots, chaque fois qu'il la voyait :

- Je t'aime.


ATTENTION CACHECOEUR RACONTE SA VIE PAS INTERESSANTE

Pour la petite histoire, c'est le premier chapitre que j'ai écrit pour cette histoire. Donc je suis légèrement émue de le publier. Ennnnnnnnnnfin breffffff. A la prochaine !