Troisième année
- Respire Allénore !
Elle releva la tête et il s'empêcha de faire un commentaire sur le teint effroyablement livide de sa petite-amie. Il passa une main dans son dos et fit de petits cercles : ça l'apaisait toujours quand il le faisait.
- Je respire ! répondit-elle en le fusillant du regard.
Il suspendit son geste, un peu amusé.
- Non, respire par le nez !
Il encadra son visage de ses mains. Elle était pâle. Très pâle. Et un peu verte aussi.
- Tu ne vas pas me vomir dessus hein ? dit-il en s'éloignant.
- Arrête ce n'est pas drôle !
- Si c'est drôle ! s'amusa-t-il en passant une main dans ses cheveux bruns.
Il prit une mèche entre ses doigts, qui s'était défait de sa coiffure.
- Et défais-moi cette tresse.
Il enleva l'élastique, pour libérer ses longs cheveux. Il passa ses doigts entre ses mèches, pour les démêler :
- T'as raison. Ils épongeront mon vomis, admit Allénore.
Louis leva les yeux au ciel. Il savait qu'Allénore se sentait plus en sécurité les cheveux détachés, parce qu'elle avait l'illusion de pouvoir se cacher de tout le monde et d'y dissimuler son visage. Elle pouvait se montrer trés théâtrale et dramatique parfois...
- Arrête Allénore ! Tu as déjà rencontré ma famille au moins une bonne dizaine de fois.
- Mais pas en tant que ta petite-amie, couina l'ancienne Serdaigle.
- Ma mère te mange dans la main parce que tu es française…
- Super, maugréa Allénore. Juste pour ma nationalité…
Louis grimaça. Le fait qu'Allénore soit française, avait ravie Fleur, la première fois qu'elles s'étaient rencontrées. C'était lors d'un Noël. Allénore était en quatrième année et elle était venue avec Rose, parce qu'elle n'avait pas trouvé le moyen de revenir en France. Sa mère aimait vraiment beaucoup Allénore, Louis le savait. Ce n'était vraiment pas la première fois qu'Allénore venait manger chez les Weasley-Delacour...
- Elle t'aime bien, parce que tu es gentille, polie et que tu as dit que son bœuf bourguignon était super bon ! ajouta Louis.
- Il est vraiment super bon, murmura-t-elle.
- Et mon père t'adore ! Il te trouve amusante ! continua Louis.
- Amusante ? souleva Allénore. Amusante comme les vidéos de chats sur YouTube que je te montre, ou amusante comme...
- Ne stresse pas pour si peu… , l'interrompit-il en la prenant dans ses bras.
Elle se laissa aller et posa sa tête contre son torse, avant de se dégager de son étreinte :
- Et tes sœurs ? Tes sœurs ! s'effara-t-elle.
Louis soupira, et posa ses deux mais sur les épaules d'Allénore, la forçant à le regarder :
- Allénore, pour l'amour du ciel, je t'en prie : tout ira bien !
Elle déglutit, et accepta finalement son bras, pour transplaner jusqu'à la chaumière aux coquillages. Elle se pencha, les mains sur ses genoux :
- Je déteste ce moyen de transport…
- Louis ! Allénore ! les salua Dominique, alors qu'Allénore se concentrait pour ne pas rendre tout le contenu de son estomac sur le sable.
Louis lui caressa le dos une nouvelle fois, en faisant de grands mouvements circulaires et l'aida à se relever, avant d'entrer. Jane les accueillit, dans une petite robe bleue, assortie aux cheveux de Teddy qui serra la main libre de Louis, toujours en train d'essayer d'apaiser Allénore. Victoire l'embrassa sur les deux joues, et s'arrêta un instant :
- Allénore…
Elle allait vomir.
-Je suis heureuse que tu sois ici.
Finalement peut-être pas.
- Du coup, vous êtes amis ou… ? demanda Dominique.
Ou peut-être que si.
- Dominique ! reprocha sa sœur.
- Non mais moi aussi je veux savoir ! s'impatienta Teddy en prenant Jane dans ses bras.
- Voyons, les enfants ! les reprit leur père. Il me semble que la chose est officielle depuis le mariage !
Louis se frappa mentalement et Allénore se tortilla, mal-à-l'aise.
- Tu es avec elle depuis mon mariage et tu ne m'as rien dit ? s'offusqua Victoire.
- Tu étais sûrement trop occupée pour les remarquer…
- J'espère qu'Allénore aime les framboises ! J'en ai acheté ce matin parce qu'il n'y avait plus de fraises, et je sais combien elle aime ma tarte aux fraises ! J'espère qu'elle ne sera pas trop déçue, intervint Fleur en sortant de la cuisine. Oh ! fit-elle en remarquant la brune qu'elle prit dans ses bras.
Allénore répondit à son étreinte, non sans lâcher la main de Louis, à laquelle elle s'agrippait avec force. La brune commença à mieux respirer. Surtout quand Fleur lui murmura à l'oreille qu'elle était ravie de la recevoir.
- Nous allons pouvoir passer à table ! leur indiqua Fleur.
D'un coup de baguette, les assiettes, les couverts, et les verres prirent place. Allénore s'installa à côté de Louis, en face de Victoire et Dominique qui la regardaient avec insistance :
- Tu es à l'école des enchantements et des sortilèges supérieurs, c'est ça ? lui demanda la première.
- Oui.
- Elle est très douée ! A Poudlard, Monsieur Flitwick disait que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu un tel potentiel, ajouta Louis.
Gênée, Allénore but une gorgée d'eau :
- Ne t'inquiète pas, je suis passé par là moi aussi ! lui chuchota Teddy à sa droite.
- Et du coup tu es en deuxième année ?
- Oui. Et je compte y poursuivre mes études jusqu'à l'année prochaine…
- Pourquoi tu étudies ici ? Tu n'avais pas envie de retourner vivre en France ? lui demanda Fleur. Je crois que l'université publique des sortilège de Paris est trés bien classée.
- J'adore la France. Mais…, Allénore regarda Louis, et songea à Rose, Scorpius et Albus. La Grande-Bretagne est devenue ma maison.
- Je peux comprendre ça. C'est dommage que tu ne sois pas allée à Beauxbâton ! C'est si …
- « Élégant par rapport à Poudlard », finirent Victoire, Dominique et Louis à la place de leur mère en s'esclaffant.
Tout se passa relativement bien. Ils connaissaient tous Allénore. Et finalement, la seule que cela avait inquiété depuis le début, c'était elle.
- Prend bien soin de notre petit-frère, lui conseilla Dominique. On y tient, à cette canaille ! fit-elle en se surélevant pour secouer les boucles blondes de son frère.
Allénore contempla Louis, déjà repartit pour jouer avec Jane dans le sable. Il éclata de rire, en prenant l'enfant dans ses bras, pour lui éviter d'être mouillée par les vagues qu'ils n'avaient pas réussir à fuir assez vite. Son coeur se gonfla d'amour, quand il lui sourit.
- Je tiens à lui, moi aussi, murmura-t-elle.
Bien plus qu'elle n'arrivait à le dire…
