Troisième année d'étude

C'était clairement une journée de merde. Mais vraiment. Comme Louis en avait rarement eue. Déjà, tous les magizoologistes avaient été lourdement réprimandés, lui le premier. Des nifleurs étaient en liberté dans le quartier moldu d'Edimbourg et commettaient des vols tous les jours. Ils étaient plus cinq cents et ils avaient du mal à tous les attraper. Sans compter sur tous les moldus, qu'il fallait oublietter.

Ils se rendirent tous sur place. Louis n'était pas bien réveillé, il avait mal dormi la veille, parce que Molly et Camélia, sa petite-amie, avait fait la fête toute la nuit. En plus, il n'avait pas pu voir Allénore de la semaine, à cause de ses cours, trop prenants.

- WEASLEY ON SE RÉVEILLE !

Tommy avait ricané. Parce que Tommy était du voyage, en tant qu'apprentie auror. Le ministère pensait que ces niffleurs n'étaient pas ici par hasard, et qu'il s'agissait d'un mouvement de sorciers un peu turbulents, qui cherchaient à semer la zizanie, à cause des nouvelles taxes imposées sur les permis d'autorisation pour posséder une créature magique en tant qu'animal de compagnie.

- On fait équipe ?

- Bien sûr Tommy ! Mais c'est quoi cette moustache ?

- Tu peux parler ! T'as vu ta barbe ?

- Allénore non plus ne l'aime pas trop. C'est justement pour ça que je la garde ! lui apprit-il.

- Pour la faire râler ?

- Très précisément.

Il passa une main dans sa barbe de trois jours, l'air espiègle. Il adorait faire râler sa petite-amie…

- La pauvre…

Ils s'esclaffèrent, et en cherchant les niffleurs en liberté, ils discutèrent. Ils marchèrent pendant plus de deux heures dans tous le centre. Louis avait des ampoules aux pieds.

- Je déteste ce genre de tâche ingrate…

- C'est sûr que c'est moins excitant que d'affronter des dragons. Tu penses te spécialiser en dragonologie ?

- J'aimerais, avoua Louis. Mais les places sont peu nombreuses…

- Tu es excellent dans ce que tu fais ! Je suis certain qu'ils te prendront.

A eux deux, ils réussirent à capturer une bonne cinquantaine de niffleur, les appâtant avec de l'or de farfadet. Louis couru toute la journée après ces petites créatures, malicieuses, et capricieuses.

Comme si cette journée n'était pas assez catastrophique, il se mît à pleuvoir des cordes, et un niffleur, plus vif que les autres, leur avaient piqué leurs baguettes. Ils avaient parcouru tout le centre-ville pour réussir à les reprendre, non sans mal. Louis avait les os complétement trempés.

- Euh… Tu sais où nous sommes ? maugréa Tommy.

- Non, pas du tout.

Et en plus de ça, il était maintenant perdu. Il lança un sort de localisation, et ils réussirent à trouver leurs chemins. Tous les autres sorciers étaient déjà partis. Il ne restait qu'Isaak, le frère de Tommy, qui les accueillit avec un regard glacial :

- Vous êtes les derniers…

- Nous sommes tombés sur les niffleurs les plus coriaces, cependant ! se justifia Tommy.

- On sait pourquoi ils étaient ici ? Vous avez réussi à mettre la main sur les coupables ? demanda Louis.

- Non, grommela simplement Isaak. Et ça m'inquiète énormément.

- Ce ne sont que des niffleurs Isaak, roula des yeux Tommy.

- Pour l'instant…

Et Louis s'était dit que sa journée se finirait bien. Il était rentré chez lui, son ventre gargouillait, parce qu'il n'avait pas eu le temps de manger ce midi… Puis Victoire était arrivée, en tenant Jane dans ses bras :

- Tu peux me la garder ? Dominique a un rendez-vous et je ne peux pas encore déranger papa et maman ! Je dois absolument me rendre à ce vernissage et Teddy est encore au travail…

- Je n'ai rien pour la garder ici !

- Mais si, j'ai apporté ses affaires ! insista Victoire en passant le pas de la porte.

- Je ne sais pas m'occuper d'un bébé !

- Mais Jane n'est plus un bébé, n'est-ce pas chérie ?

- Non ! Plus bébé ! répondit la petite Jane en commençant à courir dans tout l'appartement.

- Fais la manger, une petite histoire et dodo !

Victoire avait déjà claqué la porte, avant que Louis n'ait eu le temps de dire quoique ce soit. Il regarda Jane dans les yeux, et déballa ses affaires, en sortant un petit lit que sa mère avait fourré dans un sac enchanté par un sortilège d'extension :

- Comment il se monte ce machin ?

- J'ai faim !

- Moi aussi ! déclara Louis.

Il lui prépara un repas, et la fit manger en quatrième vitesse, pour la coucher et être au calme. Quelqu'un toqua à la porte, et il ronchonna, déclarant que c'était ouvert :

- Woauh ! Tu es grincheux !

Louis regarda la brune passer le seuil de la porte. Ses cheveux étaient attachés en un chignon maladroit et elle ne portait qu'un vieux sweat bleu marine informe et un jean trouvé… Pourtant, il la trouva éblouissante, magnifique… Il embrassa Allénore rapidement, avant de se retourner vers Jane :

- Tu me l'enfiles ce pyjama de princesse ?

Il regarda Allénore, la suppliant de lui venir en aide :

- Tu as un pyjama de princesse, Jane ? s'extasia la brune. Montre-moi ça !

Louis souffla deux minutes. Allénore s'occupa de Jane, faisant rire aux éclats la fillette, la soulevant dans les airs. Cette journée était un enfer pour Louis… Il n'avait pas eu une seconde à lui. Après avoir couchée la petite dans son berceau, Allénore revint vers lui, passant ses bras autour de son cou :

- Je peux revenir à un autre moment si tu veux…

- Non reste… , la retint-t-il par le poignet.

Elle lui sourit, et hocha doucement la tête. Allénore s'agrippa à lui, et il sentit ses cheveux, lui chatouiller les bras alors qu'il défaisait son chignon pour passer ses mains dedans. Il ferma les yeux, somnolant…

- Allez, va donc au lit ! Se moqua Allénore.

Il la tira tout doucement jusqu'à la chambre et il les fit tous les deux tomber sur le lit. Il se blottit contre Allénore qui se mit à lui caresser les cheveux. Cela l'apaisa, et il ne se concentra plus que sur les mains d'Allénore qui descendirent jusqu'à sa taille, pour l'enlacer et le serrer contre elle. Elle se colla à lui, et il soupira parce qu'il se sentait mieux, et à sa place.

- Louis tu dors ?

Il n'avait pas la force de répondre. Ses paupières étaient trop lourdes. Allénore le secoua, et il sentit son sourire, ses lèvres embrassant son épaule nue. Il s'empêcha de frissonner, à ce simple contact.

- Louis, je t'aime.

Il ouvrit les yeux, et se retourna pour lui faire face. Elle le lui avait dit comme ça, timidement, alors qu'elle pensait qu'il dormait. Elle lui sourit, et il passa ses pouces au-dessus de ses oreilles, rapprochant leurs deux visages dans la nuit.

- Je ne t'aurais pas attendu plus de trois ans si ce n'était pas le cas, petite tête !

Elle l'injuria, et lui fit signe de se taire pour ne pas réveiller Jane. Allénore s'esclaffa silencieusement. Elle était au-dessus de lui, elle le dominait, le surplombait.

- Tu crois que tu pourrais me le redire ? demanda Louis.

Elle fondit sur Louis, tout doucement, embrassant son menton, sa mâchoire, son nez, son front, ses lèvres, puis ses oreilles :

- Je t'aime.

Finalement, cette journée était merveilleuse…

- Je t'aime, je t'aime…

Elle ponctuait ses mots par ses baisers, et Louis lui répondait avec encore plus d'ardeur.

- J'adore te l'entendre dire…

Et maintenant qu'elle était capable de lui sortir ces trois petits mots, il comptait bien en user, et en abuser.