FIN 2019 ne m'a fait aucun cadeau XD. Et du coup je ne vous en ai pas fait non plus.
Quelle tristesse u_u. Remercions cependant Titou Douh qui a corrigé ce chapitre.
Koeur.
Natsu : Merci , merci ^^
Hellehaare : Aaah bientôt, bientôt encore plus d'action ! Merci, merci, William va enfin se concentrer sur les vrais trucs de la vie XD. Oh mais c'est fou il y aura vraiment tout ça dans ce chapitre XD.
Aussidagility : Haha décidément tout le monde veut que ça soit coupé XD.
Ewi : Je te soutiens, Je me sens comme le lapin blanc d'Alice ^^. Les posts sont clairmenet plus dispersé. Tout ça a cause de mon retard des vacances, et maintenant les grèves. Je mets 2h boulot/maison et comme je ne suis pas au 35h, ça devient l'enfer et nowel approche, ça va devenir impossible XD. Maaiiss j'écris ! Je promets u_u.
Voilà les agneaux ! Bonne lecture !
.
.
REPOS ET REPROCHE
« Ohh I'm sorry for blaming you
For everything I just couldn't do
And I've hurt myself by hurting you »
Hurt. Christina Aguilera
.
.
Narcissa hurla.
Elle avait l'impression qu'on lui déchirait les entrailles. Et la douleur… Oh, la douleur était insupportable.
Elle sentait ses larmes et sa sueur couler le long de son visage et l'odeur du sang envahissant ses narines lui donnait des hauts le cœur. Malgré tout ça, elle continuait à se demander comment les choses avaient pu devenir si dramatiques.
Son fils enlevé, l'état de son mari qui ne s'améliorait pas et maintenant ça... L'affreuse douleur et la sensation que ses forces la quittaient peu à peu.
- Narcissa ! claqua une voix.
La femme battit des paupières pour tomber sur deux orbes vertes. Les yeux d'Harry… Non. Les yeux de Lily.
- Écoutez-moi, Narcissa ! Je ne vais pas pouvoir faire ça sans vous ! Si vous tombez dans les pommes maintenant, votre magie protégera votre corps et les potions antidouleur ne feront plus d'effet. Je ne peux pas faire de césarienne parce que c'est la magie de vos enfants qui prendra le relais et qui m'empêchera de vous faire du mal. Vous en avez conscience ? Narcissa, répondez-moi ! Si vous fermez les yeux…. Vous les fermerez pour toujours !
- Oui, gémit l'épouse Malfoy.
Lily posa une main sur son front.
- Je vous ai promis que je vous aiderais, je vais vous aider ! Mais j'ai besoin de vous ! Il y a votre fils qui vous attend et vos enfants vont avoir besoin de vous. Restez avec-moi !
Narcissa ferma de nouveau les yeux et une contraction violente lui fit se mordre la lèvre.
- Maintenez le sort de stase sur la plaie. Je ne peux pas faire de couture maintenant. Injectez lui une potion d'éveil et une autre antidouleur !
- Madame, fit une autre voix. C'est la cinquième, ça ne fera plus d'effet !
- Faites-le, tenez-vous prêts pour un Enervatum et maintenant… On amène ces anges à la lumière ! Poussez, Narcissa !
Narcissa poussa en hurlant.
Encore.
Encore.
La douleur.
Elle poussa encore.
- Madame Potter, le cordon est…
- J'ai vu, répliqua sèchement Lily Potter.
Narcissa ferma les yeux.
- Non, non, non ! Ne dormez pas ! Tenez-bon !
La femme serra les dents et rouvrit les yeux au moment où un cri strident envahit la pièce.
OoooooooooooOooooooooooO
Du soutien. C'était quelque chose auquel il ne s'était pas vraiment attendu. Du soutien de personnes qu'il connaissait à moitié. Avec qui il avait discuté uniquement parce que la situation l'exigeait parfois. Ou parce que c'était un devoir.
Pourtant, il ne s'était pas attendu à ça. Il ne s'était pas attendu à autant de soutien.
Ses doigts serrés sur la lettre de Blaise Zabini, Draco relut la missive une seconde fois. Blaise exprimait dans un ton extrêmement formel son inquiétude pour ses parents et leur souhaitait un « prompt rétablissement. » Draco avait laissé un petit rire moqueur s'échapper de ses lèvres. Blaise n'envoyait pas de courrier mais quand il le faisait, c'était vraiment pathétique.
Malgré tout, l'intention le touchait beaucoup. Il plia la lettre et la rangea dans sa poche avant de reposer son regard sur le couloir.
Des lettres, il en avait reçues d'autres de la part de beaucoup de Serpentard. Il avait même reçu la visite de Théodore à l'hôpital. Mais aujourd'hui, c'était Hermione Granger et Nolan Corgan son soutien. Neville et Luna étaient passés plus tôt dans la matinée. Quant à Harry... Il l'avait brièvement salué la veille en compagnie de Natasha et Dimitri avant de quitter définitivement Sainte-Mangouste.
Draco savait que c'était le jour où ses deux meilleurs amis rentraient en Russie. Mais il aurait donné cher pour que le brun soit avec lui en ce moment. Il avait réellement besoin d'une personne à qui broyer la main... Malheureusement, les interactions avec Harry ces trois derniers jours étaient devenues compliquées et Draco était encore plus dépité après avoir appris que Harry avait parlé avec William Chester.
Il baissa la tête et agrippa ses cheveux avec ses mains en grognant. Il se sentait complètement à l'ouest de penser à Harry et uniquement à Harry quand sa mère était en train d'accoucher et son père entre la vie et la mort mais il ne savait plus où trouver du réconfort.
Une main se posa brutalement sur son bras et Draco sursauta. Hermione Granger s'était assise à coté de lui. Nolan Corgan était appuyé contre le mur en face, les bras croisés et l'air épuisé.
- Tout ira bien, dit-elle d'une voix blanche.
Draco avait l'impression qu'elle tentait plus de se convaincre elle-même. Puis d'un coup, Corgan se redressa et Draco et Hermione en firent de même. Lily Potter avançait vers lui.
- Draco ?
Le jeune homme se figea devant le visage plein de douceur de la médicomage.
- Et si tu venais voir ton frère et ta sœur ?
OoooooooooooooOooooooooooooooO
Regulus Black ne courrait pas, il marchait rapidement.
Il se força pourtant à ne pas se mettre à trottiner. Pourtant, Merlin savait qu'il en avait envie. Son calvaire, cependant, prit fin quand il distingua la chambre qu'on lui avait indiquée. Il entra sans même frapper.
La première chose qui lui apparut fut la présence de sa cousine Andromeda qui tenait déjà dans ses bras une petite chose toute rose. Juste à coté d'elle, Tonks qui faisait des grimaces bizarres. En avançant un peu plus dans la pièce, il trouva Draco assis prés du lit de sa mère, serrant lui aussi un nouveau né.
Enfin, il leva les yeux vers Narcissa. La jeune femme était pâle mais un sourire tranquille détendait son visage.
- Bonjour, Regulus.
Le jeune homme fit le tour du lit pour s'asseoir de l'autre coté.
- Sirius n'est pas avec toi ?
Regulus se mordit l'intérieur de la lèvre.
- Il m'a dit qu'il passerait en fin d'après-midi. Tu me présentes ?
Narcissa se tourna vers Draco.
- Trésor ?
Le garçon qui n'avait pas levé les yeux du bébé revint subitement sur terre.
- Ah, c'est… Calypso Lily Malfoy.
Regulus écarquilla les yeux. Draco souriait paisiblement, caressant du bout des doigts le petit front fragile de sa sœur.
- Et j'en suis le parrain.
On sentait la fierté dans sa voix.
- Et moi sa marraine ! s'exclama Tonks.
- Laisse-moi te présenter quelqu'un d'autre, fit Andromeda en s'approchant de lui.
Doucement, elle glissa l'enfant dans ses bras. Regulus constata avec une certaine fierté que le bébé avait déjà des cheveux noirs.
- Voici Corvus Leo Malfoy.
Narcissa se pencha doucement vers lui.
- Est-ce que tu accepterais d'être son parrain ?
Regulus ouvrit la bouche puis la referma d'un coup, reportant son attention sur le petit être qui dormait tranquillement dans ses bras.
Tout ça, toute cette situation, c'était plus qu'une demande. C'était la façon de Narcissa de lui dire : peut-on redevenir une famille ?
Comment pouvait-il seulement lui refuser ça ? Regulus releva les yeux sur sa cousine.
- Avec plaisir, dit-il avec un immense sourire.
OoooooooooooooOooooooooooooooooO
- Charles s'est endormi dans le lit de Harry. Et moi qui pensais qu'il avait perdu cette habitude...
Lily leva les yeux sur son époux qui grimpa sur le lit conjugal.
- Après ce qu'il vient de se passer ? Je pense que Harry est bon pour partager son lit jusqu'à la rentrée. Et c'est à ton fils d'être un peu plus ferme, plaisanta la jeune femme.
James rigola légèrement puis s'empara des feuilles éparpillées autour de son épouse.
- Même moi, je n'ai pas lu de chose aussi sombre. Lily…
- Connais ton ennemi, répliqua cette dernière. Lucius Malfoy est toujours dans le coma.
Elle se frotta les yeux et referma le livre qu'elle était en train de consulter.
- Narcissa aurait pu mourir.
- Et elle est bien en vie, avec deux enfants en plus. Tu as fais ce qu'il fallait.
Il entoura ses épaules de son bras et Lily vint caler sa tête dans le creux de son cou.
- Ça va être comme ça tout le temps, n'est-ce pas ? Dans les années à suivre. Des sorciers vont réapparaître et s'en prendre à ce qu'on a de plus cher.
James embrassa sa tempe avec douceur.
- Je sais que notre fils aime jouer au héros mais ça… Je ne sais pas si je vais le supporter. J'ai envie d'emmener mes enfants loin de tout ça.
- On l'a déjà fait, Lily, tu t'en souviens. Même ça, ça n'a pas marché. Peu importe où nous allons, on sera accompagné de « si » et de « peut-être que ». On vaut mieux que ça, tu ne crois pas ?
Lily entoura la taille de James et le serra fortement contre lui.
- Tout ira bien, ma puce… Harry ira bien.
- Tu sais que je ne te crois pas.
James sourit tristement.
- Peut-être… Mais ça me fait du bien de le dire.
OoooooooooooooooOoooooooooooooooO
Narcissa trouva son fils de dos dans le salon. Et l'espace d'un instant, elle faillit l'appeler Lucius.
La même carrure, les mêmes épaules un peu larges. Déjà presque aussi grand qu'elle. Et ses cheveux blanc-gris caressant ses tempes et dégageant sa nuque. De là, elle pouvait presque voir l'homme qu'il deviendrait plus tard. S'il y avait un plus tard.
- Draco ?
Le garçon se tourna vers elle et Narcissa se fustigea intérieurement de l'avoir confondu avec son père. Il y avait des similarités, beaucoup, mais Draco possédait quelque chose de plus doux, de plus vrai sur son visage. Il ne serait pas Lucius. Il ne serait pas un homme qui garderait ses émotions enfouies en les enterrant plus profondément à chaque nouvelle difficulté.
Draco savait ce qu'il voulait et il savait pourquoi il voulait se battre. Une bouffée de fierté s'empara d'elle en s'approchant de son fils. Elle posa sa main gantée sur sa joue et le garçon prit ses doigts pour les embrasser.
- Comment vous sentez-vous, mère ?
- Ce n'est pas un bon jour pour se sentir bien...
Elle posa ses mains sur les épaules de son fils et remonta sur son col noir. La robe de deuil que portait Draco dévoilait presque tout de sa carrure et Narcissa se prit l'envie de juste poser sa tête sur son épaule et ne pas quitter leur maison.
Pas encore.
Draco continuait de la regarder d'un air neutre mais ne se dégagea pas de son étreinte.
- J'ai reçu la lettre de Beauxbâtons qui accepte ton refus d'inscription.
Un simple hochement de tête fut la réponse de son fils.
- Ton père… Draco… Il aurait changé d'avis, j'en suis sûre. Et même si ce n'était pas le cas, il faisait ça pour…
- Me protéger, oui j'ai bien compris. Mère… Écoutez-moi.
Narcissa ancra son regard glacé dans celui de son aîné.
- Quand père se réveillera, et il se réveillera… J'aimerais que nous discutions.
- Oui, ça me semble être une bonne idée.
Draco ferma brièvement les yeux et poussa un bref soupir.
- Il faut que je vous dise. Vous auriez fini par l'apprendre mais… Harry Potter compte beaucoup pour moi.
Narcissa papillonna des yeux et laissa un sourire amusé fleurir sur ses lèvres.
- Je m'en étais doutée.
Son fils secoua la tête.
- Non, vous ne comprenez pas. Il compte beaucoup pour moi.
Il insista sur chacun des mots de sa dernière phrase et Narcissa sentit ses lèvres trembler.
- Harry est important. Il fait partie de ma vie… Il…
- Je crois que j'ai compris, le coupa Narcissa.
Draco prit un air blessé et elle s'en voulut immédiatement.
- Draco… C'est une preuve d'amour incroyable de prendre soin de ceux qu'on aime et Harry a…
« Toujours pris soin de toi », voulue t-elle dire.
- … Harry a l'air d'être bien entouré. T'ai-je dit, Draco, que j'aime l'homme que tu deviens ?
Draco lui décocha un sourire en coin.
- Tout le mérite vous revient, je crois.
Narcissa embrassa sa joue.
- Ton père y a contribué.
Draco ne répondit rien mais se dégagea lentement pour s'emparer de la poudre de cheminette.
Une autre longue journée les attendait.
OoooooooooooOoooooooooooO
Il avait la détestable impression de revivre l'enterrement de Dumbledore. Et pour couronner cette journée affreuse, le temps avait décidé d'accompagner la peine de chacun avec de la pluie.
Harry gardait serré contre lui Charles qui devait encore se demander ce qu'il faisait ici. C'était une bonne question. Aucun d'eux, ni les Potter ni les Corgan ni Sirius, Severus et Louve n'était proche d'Archibald d'Alexandrie.
La seule raison de leur présence était Draco Malfoy.
Ils se tenaient donc tous là, loin des bancs du premier rang, dans le cimetière sorcier de Londres pour un dernier adieu à une tombe vide.
William avait tenté de lui demander de nouveau où se trouvait l'endroit où Draco s'était retrouvé, parce qu'il avait compris qu'ils avaient dû utiliser les dons de Louve. Harry n'avait rien fait pour démentir. Mais Draco lui avait brièvement raconté l'histoire de l'inferius et Harry avait finalement refusé de dire où était le corps.
William Chester avait compris.
Harry pencha légèrement la tête pour chercher l'homme du regard et le trouva à coté de Cassius Corgan.
Avec un pincement au cœur, il repensa à leur discussion à Sainte-Mangouste. Peut-être que William Chester était parti avec de nouvelles résolutions mais Harry Potter s'était lui aussi fait des promesses. Il y avait des vérités qui pouvaient être révélées. Il y avait des mots qui pouvaient encore être dits. Il y avait des risques que l'on pouvait encore prendre. Il y avait des jours à apprécier sans se soucier de rien.
Tant qu'il restait en vie. Tout ce qu'Adams, tout ce qu'un Harry Potter orphelin n'avait pas dit. Il pouvait le dire, à présent.
Il serra Charles un peu plus et son petit frère lui fit une grimace sans se détacher de lui.
- Est-ce que c'est bientôt fini ? souffla le garçon.
- Bientôt, lui répondit Harry.
Bien sûr, ça arriva moins vite que ce qu'il avait prévu. Mais au final, la foule finit par se disperser, abandonnant un autre corps à la terre.
Harry vit Hermione prendre Draco dans ses bras, accompagnée de Théo.
Son ami était resté digne. Impassible. Harry se souvenait avec une émotion indescriptible de la fois où il avait pensé que Draco ressemblait à un vicaire dans sa robe de sorcier au col noir trop remonté et sa coupe trop droite. Ça avait été la haine qui l'avait fait penser.
Aujourd'hui, il était à mille lieux de se faire ce genre de réflexion. Il aimait son maintien, sa façon de se tenir, sa manière de remercier ceux qui venaient lui présenter leurs condoléances. Il aimait le pincement de ses lèvres et ses yeux qui ne se baissaient jamais.
Harry eut soudain l'impression de crever d'amour. C'était douloureux et libérateur en même temps. Il avait la certitude que Draco Malfoy était ce qu'il ne pourrait pas abandonner. Pour cette raison et pour tant d'autres, il n'avait qu'une envie : le prendre contre lui et ne plus le lâcher. Ne plus le laisser partir.
Enfin vint leur tour.
- Draco, je suis vraiment navrée pour cette perte, commença sa mère.
- Merci. Je suis content que vous soyez venus. Et merci pour… Ma sœur et mon frère.
Les yeux glacés de Draco attrapèrent son regard et Harry oublia l'espace d'un moment comment respirer.
- Tu ne les as pas encore vus ?
Charles lui donna un coup de coude et Harry se rendit compte qu'il n'avait pas entendu Narcissa s'adresser à lui.
- Pa… Pardon ?
- Corvus et Calypso. Ça me ferait plaisir que tu puisses venir les voir, Harry. Au moins avant la rentrée.
Harry écarquilla les yeux. Il regarda sa mère et Narcissa tour à tour et pouvait presque sentir le regard acéré de Draco lui piquer la peau.
- C'est une bonne idée ! s'enthousiasma sa mère. Tu ne vas pas refuser, Harry ?
- C'est qui, Corvus et Calypo ? demanda discrètement Charles.
- Calypso, rectifia Harry. Ce sont les frère et sœur de Draco.
- Est-ce que je pourrais les voir, moi aussi ?
Narcissa sourit avec douceur.
- Vous êtes tous les bienvenues. N'est-ce pas, Draco ?
Harry osa enfin revenir sur le blond et dut réprimer un effort pour ne pas l'embrasser.
- Tout à fait, dit-il.
Malheureusement ils n'eurent pas le temps de prolonger leur échange que d'autres personnes se dirigeaient vers eux pour tenir le même discours tristement célèbre. Harry fit demi-tour à contrecœur.
Il était fatigué d'être loin de Draco.
OoooooooooooOooooooooooooO
La fiole.
Le journal.
Harry écarquilla les yeux face aux deux objets.
- Tu sais ce que c'est ?
- Où est-ce que vous l'avez trouvé !?
- Tu parles de la bouteille ou du journal ? demanda Nolan. Qu'est ce qui est le plus important ?
Harry tendit la main vers le journal mais suspendit son geste pour observer son cousin.
Derrière lui, Louve faisait grincer sa chaise sans dire un mot tandis qu'Hermione regardait avec une avidité à peine camouflée le journal. Harry tourna la tête vers Neville, ce dernier était appuyé contre la fenêtre, pour le voir se frotter l'arrière du crâne les yeux plissés.
- Là ou Draco était enfermé, abdiqua Nolan. C'est là qu'on les as trouvés. Tu sais ce que c'est ?
Harry réfléchit intensément. Devait-il vraiment se demander comment Abraxas était entré en possession du journal ? Ou peut-être que ça n'avait pas d'importance ? Il pouvait y avoir des tas d'hypothèses : Voldemort avait confié le journal à Lucius mais Abraxas s'en était emparé. Ou alors Abraxas était le gardien du journal et l'avait gardé pour faire pression sur Voldemort.
- Je sais ce que c'est, oui. Je suppose que vous voulez des explications ?
- Il serait temps, Harry, pesta Louve.
Harry inspira profondément.
- Inutile de revenir sur le fait que Voldemort est de retour et bien vivant.
- Parfaitement inutile, confirma Louve.
Harry vit le visage de Nolan se décomposer. Pourtant, il savait que son cousin avait profondément envie de savoir la suite. Aussi terrible qu'elle soit.
Plus de faux-semblant, plus de demi-vérité, plus de mensonge. Enfin…
- Et ça - Harry tapota le journal - c'est une des choses qui peut le détruire. Mais je ne vous dirais pas pourquoi.
Il regarda Louve.
- Je suis presque sûr que Nolan t'a déjà fait part de mes problèmes de mémoire.
Nolan grimaça.
- Il l'a fait, oui. Ne lui en veux pas, Harry, nous étions inquiets. Ça fait un an qu'on attend que tu te décides à tout déballer ! Je trouve qu'on a vraiment été patients.
Harry soupira.
- Oui. Je suis désolé. C'est plus simple de réfléchir en n'impliquant personne. Parce que plus vous en savez, moins je peux maîtriser ce qu'il pourrait arriver si ce que vous savez finit entre de mauvaises mains. La vérité, c'est ça : je vous mets en danger. Hermione et Draco savent ce qui se joue uniquement parce qu'ils n'ont pas réussi à contenir leur curiosité. Pour vous… La famille de Nolan s'est faite capturer, tes parents sont morts Louve et…
- Et on est parfaitement conscients de tout ça, intervint Nolan. Mais j'accepte plus que tu avoues que certaines choses ne peuvent être dites plutôt que de rester enfermé dans ton silence.
Harry acquiesça piteusement.
- Et Neville ?
Harry fronça légèrement les sourcils à la question de Louve et se tourna vers Neville. Le blond se frotta le bras, gêné, mais Harry lui fit un imperceptible sourire.
- Neville avait autant le droit de savoir que toi et tu sais pourquoi.
Louve secoua la tête avec dépit.
- Donc qu'est ce qu'on est sensé faire ?
- Rien, je suppose, soupira Hermione. Tu as essayé de retrouver Voldemort et il t'a attrapée dans un monde que seuls les mediums peuvent traverser, ce qui n'est pas normal. Ça sous-entend que Voldemort peut très bien avoir ce même genre de don.
- Impossible, se braqua Harry. Voldemort n'est pas un medium.
- Je pourrais faire des recherches pour ça, fit Louve. J'ai fini mes études, je pourrais essayer de me concentrer sur mon don. S'il y a une guerre... Et c'est ce à quoi tu t'attends, Harry, n'est-ce pas ? Il vaut mieux être prêts.
- Du moment que tu promets de ne pas retenter l'expérience… On ne sait pas ce qui pourrais t'arriver.
- J'ai compris je ne jouerais pas les Harry Potter.
Harry leva les yeux au ciel mais ne protesta pas.
- Et le journal et la bouteille ?
- L'eau n'est pas dangereuse, elle est…
- Harry ?
Harry écarquilla les yeux.
- C'est l'eau de jouvence ! s'exclama Hermione. C'est ça, n'est-ce pas !?
- C'est quoi, l'eau de jouvence ? demanda Louve.
Nolan se tourna vers elle, surpris.
- Louve, c'est l'eau qui rend immortel.
- Pas immortel, elle soigne et rajeunit. Bien sûr, si tu te rajeunis encore et encore à chaque fois que tu atteins les cent ans, ça rallonge ta vie, expliqua Harry, mais cette bouteille est sûrement tout ce qu'il reste de ce qu'Adams a ramené !
- Adams, siffla Louve. Harry… Ce Adams…
Harry, qui avait les yeux braqués sur la bouteille, releva son regard vers Louve. Celle-ci le fixait avec une intensité qui le fit tressaillir.
- Je ne t'ai pas tout dit quand j'ai vu Voldemort… J'ai vu quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui te ressemblait. Qui te ressemblait vraiment.
Harry se mordit la lèvre.
- Je sais, Regulus me l'a dit. Louve, Nolan… Ce garçon que tu as vu, ce n'est pas moi. Je ne sais pas ce que c'est… Mais ce n'est pas moi. Et si vous deviez lui faire face... Je vous conseille de fuir.
Louve et Nolan le regardèrent comme s'il leur avait annoncé la fin du monde. Mais Harry sentait qu'il n'aurait pas besoin d'insister. Parce que si lui était incapable de faire face à cette éventualité, il n'espérait pas que les autres le fassent.
Puis comme si des pièces d'un puzzle complexe venait de tomber entre ses mains, Harry se mit à comprendre quelque chose. Quelque chose que Draco lui avait dit il y a longtemps.
Harry Adams parlait fourchelangue.
Pas lui, il le comprenait, de la même manière qu'il comprenait le globarbill, parce que c'était sûrement ce qu'Adams lui avait laissé en étant un horcruxe. Mais il ne parlait toujours pas fourchelangue.
Il mit cette pensée de coté, parce qu'il avait tout d'un coup plus important à faire.
- Ne touchez pas ce journal, n'écrivez pas dedans. Il faut que je parle à Regulus, ou que l'un d'entre nous le lui donne. Il a ce qu'il faut pour le détruire.
- Le détruire ? Et si on le gardait ? Pour… Pour faire chanter Voldemort par exemple ? tenta Neville.
Harry ouvrit la bouche, stupéfait.
- Neville n'a pas tord, fit Louve. On a quelque chose qu'il aimerait sûrement récupérer. S'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous, ça serait un bon moyen de pression.
Harry allait parler mais Nolan le coupa dans son élan.
- C'est stupide ! Harry vient de dire que c'était « l'une » des choses qui pouvaient le détruire. Ce qui induit qu'il y en a sûrement plusieurs. Ce qui veut dire que si Voldemort apprend qu'on possède cet objet, il ira sûrement vérifier si le reste est en sûreté. Et s'il fait ça…
- Est-ce que ça veut dire que tu sais où se trouvent les autres objets ? demanda Louve à Harry.
- J'ai quelques idées. Mais je ne les crierai pas sur les toits. Pas tant que je n'aurais pas un peu plus de certitudes. Une chose à la fois : détruire le journal est important… Sauver Lucius Malfoy est important.
Sur ces mots, Harry attrapa la bouteille et fouilla le bureau de Louve jusqu'à trouver une fiole plus petite. Il versa une partie du contenant de la bouteille dans la fiole et la referma.
- Tu vas l'utiliser pour sauver le père de Draco ? Après ce qu'il voulait faire ?
- Lucius avait toutes les raisons du monde d'éloigner Draco. Je ne lui en veux pas pour ça et je sais que ça pourrait le sauver. Quelqu'un veut garder la bouteille ?
Nolan, Louve, Hermione et Neville ne firent même pas semblant d'être intéressés et Harry sentit une vague de soulagement l'envahir.
- Et moi qui avais cru pendant un bref instant que vous étiez des Serpentard, plaisanta Harry.
Neville rougit.
- Désolé, j'ai juste cru que ça serait…
- Un bonne idée. Si ça avait été le dernier objet, j'aurais accepté sans hésiter, concéda Harry.
Harry abandonna ses amis et se précipita dans les escaliers.
- Hola, jeune homme ! Tu quittes ta fête sans un mot ?
Harry s'arrêta devant son parrain.
- Sirius ? Tu n'es pas au bar ?
- Tu sais que je vis ici aussi.
Harry haussa un sourcil. Sirius rigola et combla la distance qui les séparait.
- Tu allais où comme ça ?
- A l'hôpital. Demander à ma mère des nouvelles de Lucius Malfoy.
Son parrain sembla réfléchir à l'idée de le laisser partir ou non. Malgré son empressement, Harry n'arriva pas à être agacé par le comportement de Sirius.
- Écoute, je sais que toi, Regulus, Severus, l'auror Chester - bon sang la liste est longue… Je sais que vous n'appréciez pas Lucius Malfoy mais c'est le père de mon ami. Draco serait avec moi s'il était arrivé quelque chose à mon père.
Sirius grimaça et Harry regretta de lui avoir mis en tête l'image d'un James Potter agonisant. Cependant, il ne s'excusa pas.
- Tu as raison. Parfois, je continue à me comporter comme un gamin.
- Ce qui fait de toi l'adulte le plus proche de nous, rigola Harry.
Sirius lui sourit avec amusement.
- Ça m'avait manqué…
- Quoi donc ? s'étonna Harry.
- Ton rire, tes blagues. Ces derniers temps, on ne se parle plus beaucoup. J'ai l'impression de te voir de moins en moins.
Harry en resta interloqué.
- Sirius ! Tu es mon professeur ! C'est normal que je t'évite, on risquerait de m'accuser de favoritisme ! s'offusqua faussement Harry.
Sirius partit dans un éclat de rire et Harry le suivit. Mais Sirius avait raison. Ça faisait longtemps. Même s'ils avaient une partie des vacances ensemble, Harry avait laissé son esprit vagabonder vers des sujets sérieux plutôt que de profiter de sa famille et il s'en voulut pour ça.
- Je suis désolé, parrain. Tu as raison, j'avais la tête… Ailleurs.
- Je suppose, oui. Minerva nous a fait part d'une nouvelle inquiétante, celle de Draco Malfoy partant pour Beauxbâtons. Je pensais que tu m'en parlerais pendant les vacances mais tu ne le savais pas.
Harry se sentit bêtement rougir.
- Je le savais mais en parler aurait juste rendu la chose la plus réelle. Je me disais juste que j'y ferais face à la rentrée.
- Harry… Draco Malfoy a annulé son transfert, ça serait de très mauvais goût de remercier l'attaque de Lucius Malfoy, donc je vais le faire à ta place.
La douce compréhension de ce que ça signifiait remplit le corps de Harry d'une chaleur qu'il eut du mal à contrôler ou réprimer. Enfin, un sourire idiot se posa sur ses lèvres.
- Je suis donc aussi transparent ?
- J'aimerais juste que tu me parles un peu plus. Tu sais que quoiqu'il arrive, je serai là pour toi.
Harry perdit de sa superbe. Lentement, il prit Sirius dans ses bras et son parrain lui rendit son étreinte.
- Je sais, parrain. Je sais…
OoooooooooooOoooooooooooO
Il trouva sa mère dans son bureau, entourée de livres qui flottaient autour d'elle, de parchemins plus longs que lui et la tête enfouie dans ses bras.
Harry s'approcha d'elle en douceur pour toucher son épaule. Sa mère se redressa d'un coup.
- Je ne dors pas ! s'écria t-elle.
Harry pouffa.
- Harry ! Qu'est ce que tu fais là !? Tu vas bien ? Tu es blessé ?
- Non, Maman. Je vais bien, je vais très bien. J'ai juste… C'est quoi, tout ça ?
Sa mère s'étira et bascula sa tête en arrière.
- Des recherches sur le sort qui a été jeté sur Lucius Malfoy. J'ai comme la désagréable impression que c'est un sort inventé par Abraxas.
D'un coup de baguette, elle ferma tous les livres et les fit s'empiler sur son bureau.
- Narcissa m'a prêté des livres noirs de leur bibliothèque et… Ça fait froid dans le dos. Ils n'ont été d'aucune utilité. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant travaillé. J'ai perdu la main.
Harry se laissa tomber dans le canapé et sa mère vint le rejoindre.
- Pourquoi es-tu ici ?
Harry hésita mais se redressa légèrement et se tourna pour lui faire face.
- Ce qui s'est passé avec Abraxas…
- Tu vas enfin me dire la vérité ? J'ai cru que ça n'arriverait jamais... Merci Merlin ! soupira sa mère.
Harry papillonna des yeux.
- Quoi ?
- Ton père a retrouvé un Dimitri épuisé. Impossible que Draco Malfoy ait pu user du sort de l'appel de la sirène et courir comme un lièvre vers la bibliothèque. Même moi, Harry, je ne gère pas ce sort à la perfection. Et ne me mens pas, jeune homme. J'ai retrouvé dans ta chambre une écharpe de Serpentard et des affaires qui n'étaient pas vraiment à toi donc je suppose que tu as entraîné Louve dans tout ça. Ne pas prévenir les aurors est une chose mais ne pas nous prévenir nous... ! Tes parents !
- Je pensais que vous m'empêcheriez d'y aller.
- Bien sûr qu'on l'aurait fait ! J'aurais demandé du polynectar à Severus et on aurait pris ta place et celle d'Hermione.
Harry la regarda, horrifié.
- Mais… Et si Abraxas aurait découvert la supercherie !? Il vous aurait tués sans se poser de question ! Et il aurait sûrement tué Draco presque immédiatement ensuite.
- Mais c'est toi qui as failli mourir, Harry ! Ta vie est aussi importante que celle des autres !
Harry baissa les yeux.
- Il me prenait pour le Cavalier, murmura-t-il.
- Quoi ? répondit sa mère surprise.
- Il pensait que j'étais le Cavalier. C'était inconscient, je sais, mais… Vous n'auriez pas pu faire face aux statues. On avait déjà prévu de rentrer dans la bibliothèque. Les cercles utilisés étaient dus à des semaines de préparation. Je suis désolé de vous avoir fait peur mais… J'avais confiance en eux.
Harry leva un regard déterminé vers sa mère. Cette dernière sourit entre ses larmes puis le serra fortement dans ses bras.
- Maman ?
- Je sais que tu es fort, Harry ! Bon sang, je le sais ! Tu as vécu tellement de choses et je te crois quand tu me dis que tu ne laisseras personne te prendre cette vie. Je sais que c'est du génie ! Vous vous en êtes tirés comme des chefs et je suis plus impressionnée que fâchée. Mais je suis fâchée tout de même. Ton père et moi avons compris que tu devais faire des choix difficiles. Et je suis heureuse que tu aies demandé de l'aide à tes proches. Que tu n'aies rien fait seul… Mais j'aurais préféré comme mot : « je suis partie sauver Draco, je ne mange pas à la maison. »
- Vraiment ?
- Non, bien sûr que non ! Je me serais fait un sang d'encre. Mais tu as compris le fond. Quand tu sens que tu vas au-delà du danger comme ça, je veux le savoir, Harry. Je veux absolument le savoir !
Elle le relâcha pour le laisser respirer et trouva un sourire sur les lèvres de son fils.
- Maintenant, dis-moi que tu es là pour une bonne raison.
- Je suis là pour une bonne raison.
Harry prit une feuille au hasard et s'empara du stylo que sa mère portait sur sa poche avant. Il inscrivit un mot dessus et le donna à sa mère. Lily Potter lut le mot et pouffa comme une enfant.
Je suis là pour sauver Lucius, je mange à la maison.
OoooooooooooOooooooooooooO
Il aurait fallu des mois avant d'obtenir l'autorisation d'utiliser des larmes de Phoenix.
Lily avait toujours détesté ce système autour de l'utilisation des produits magiques qui pouvaient hautement sauver des vies mais dont les réserves étaient rares et conservées pour l'élite. Pour ceux qui avait obtenu l'Ordre de Merlin, pour les haut-placés du Ministère et parfois… Pour des joueurs de Quidditch célèbre.
Elle s'était renseignée auprès de Rebecca pour savoir en combien de temps elle pouvait obtenir le droit de l'utiliser sur Lucius Malfoy. Et sa presque belle-sœur lui avait répondu qu'il serait mort avant que ça n'arrive.
Lucius Malfoy était encore considéré comme un traître ou un homme indigne de confiance. De plus, le fait que le sort était inconnu, rien n'aurais permis de plaider en sa faveur s'il n'y avait pas la certitude d'une guérison. Et Lily n'aurait pu mentir à ce propos.
Alors, quand elle se retrouva avec la fiole que son fils lui avait ramenée entre les mains, elle était déjà en train de réfléchir à l'entourloupe qu'elle allait pondre pour justifier un tel trésor. Parce que si elle officialisait le moyen de guérison, elle était persuadée que des tas de questions lui seraient posés.
Rebecca Corgan tapota la fiole et la leva au dessus de ses yeux.
- On dirait de l'eau... Ça ressemble à des larmes de phœnix.
- Même couleur mais pas la même odeur. Les larmes de phœnix sentent le bois fumé.
Rebecca reposa la fiole.
- Donc ton but, c'est de détourner les lois pour utiliser cette eau de manière à pouvoir prouver que tu n'as pas miraculeusement soigné Lucius Malfoy.
- Si possible rapidement, oui.
- Si Lucius n'avait pas été emmené à Sainte-Mangouste, ça aurait juste une partie de plaisir. Mais la Gazette en fait déjà ses choux gras et le proclame mort et toi incapable de le guérir. Enfin, tu as tout de même le beau rôle.
- Si tu savais comme je me fiche de ce que dit la Gazette..., soupira Lily.
Rebecca rit.
- Je sais, oui. Pour moi, c'est très simple : il nous faut quelqu'un qui a beaucoup voyagé, qui s'est fait des contacts dans le monde entier, qui sera prêt à témoigner, à voir ses souvenirs modifiés et être capable de contrer les effets du Veritaserum.
Lily écarquilla les yeux.
- Tout ça pour une vie ! On ne peut pas juste administrer l'eau et puis c'est tout !?
- Tu pourrais. Et ensuite, on te demanderait comment tu as fait et soit tu parles de l'eau soit tu mens sur une technique. Si tu parles de l'eau, attends-toi à encore plus de questions.
- Je ne demanderais pas à Regulus de mentir au Ministère. Le mieux serait d'éviter au maximum toute interaction avec le Ministère.
Rebecca croisa les jambes et sourit avec complaisance. Lily soupçonna que son cerveau devait bouillir sur les flammes de l'enfer quand elle la regardait comme ça.
- Alors on va faire passer ça pour un miracle. Tu as les mains liées parce que tu travailles dans une institution avec une équipe qui serait capable de faire une erreur ou de dire la vérité sans le vouloir. Alors il faut que tu sois discrète… Voir… Invisible. Et confier une partie de ton travail à quelqu'un qui te connaît par cœur.
Lily n'eut pas de mal à comprendre le sous-entendu.
OoooooooooooOooooooooooO
Harry leur avait garanti que ça soignait tout. Et que si Abraxas l'avait gardé soigneusement avec lui, c'est que c'était forcément l'eau de jouvence.
Qui étaient-ils pour ne pas croire leur fils ? De toute façon, ils n'avaient plus vraiment le choix...
- Je récapitule : tu prends la cape et tu désactives les sorts de protection de toute la section laboratoire. Ce va faire paniquer l'hôpital et retiendra les équipes d'observation pour vérifier qu'aucune potion n'a été altérée. On ne fera pas appel à moi immédiatement, mais ça te laissera le temps d'opérer. Tu auras vraiment le temps d'opérer ?
- Je n'ose pas passer par la voix orale. Donc oui, je vais avoir besoin d'opérer.
- Et ça ira avec ma baguette ?
- Voyons, James, on partage tout.
Son mari grommela quelque chose et Lily sourit.
- Je t'ai connu plus intrépide que ça... Où est passé ton esprit de maraudeur !?
- Des blagues, Lily : on faisait des blagues !
- Et bien, il est temps de changer de répertoire. Je me suis entraînée avec ta baguette, tout ira bien. Sois juste… Plus comme moi.
- Je n'arrive pas à croire qu'on fasse ça.
- Que veux-tu, le bonheur de nos enfants avant tout...
Lily embrassa son mari avant de se couvrir de la cape d'invisibilité. Elle observa James faire une grimace face à la potion qui contenait le polynectar et un de ses cheveux.
Elle savait qu'il ne la prendrait qu'une fois qu'elle serait sortie. Alors doucement, elle s'extirpa de son bureau et traça sa route jusqu'au laboratoire des potions. Y détruire les protections n'était pas le plus difficile. Elle avait connu pire pendant la guerre et elle connaissait chaque sort qui avait été établi.
Ce qui fut plus compliqué fut d'entendre une drôle de sirène mugir à travers les murs et éviter les premiers médicomages qui s'étaient précipités. Lily ne s'était pas attendue à autant de cohue et elle aurait vraiment pu paniquer en se disant que des hommes et des femmes mettaient en péril la vie de certains patients mais elle avait été prévoyante. Elle avait étudié la liste de toutes les personnes présentes et personne n'avait besoin d'une surveillance constante. Ce qui était une chance.
Sauver Lucius Malfoy oui, mais pas au détriment d'une autre vie.
Rapidement, elle fit demi-tour, emprunta les escaliers et parvint enfin au niveau des soins contre les attaques magiques. Puis elle se posa devant la porte de la chambre de Lucius Malfoy et attendit.
Il ne fallut pas plus de cinq minutes avant qu'une autre Lily Potter, flanquée de deux médicomages, n'arrive dans le couloir.
- Le laboratoire est le seul endroit touché par la « défaillance » de protection mais au cas ou, je veux que vous vérifiiez chaque chambre. Chandlers est sûrement déjà en train de vérifier les autres niveaux, par conséquent je vais me rendre au laboratoire pour voir s'ils ont besoin de moi.
- Oui, madame Potter, fit l'une des médicomages.
- S'il y a le moindre problème et que vous ne me retrouvez pas au laboratoire, je serais dans mon bureau et ça sous-entendra qu'ils n'ont pas besoin de mon talent inné.
Lily leva les yeux au ciel en entendant son mari placer sa petite boutade. Bien heureusement, elle devait sûrement avoir ce genre d'humour sans s'en rendre compte parce que les deux femmes gloussèrent. Lily pensa avec un peu d'amusement que son mari déteignait trop sur elle.
Enfin, son double pivota sur ses talons et Lily admira la démarche de James dans son corps et faillit presque manquer le moment où la médicomage entra dans la chambre de Lucius tant elle était subjuguée par son mari. Mais elle n'avait pas de temps à perdre. Chaque chambre avait une protection qui empêchait toute personne extérieure d'entrer hors temps de visite, en dehors des médicomages. Si James était entré dans la chambre, leur petit jeu aurait pris fin. Lily était parfaitement habilitée mais elle devait cacher sa présence sous celle plus officielle d'une médicomage.
La femme fit les rectifications basiques, soupira en face de l'homme et nota l'heure de sa ronde avant de sortir, laissant le champ libre à Lily qui était entrée en même temps qu'elle s'en en ressortir.
- A nous deux, Lucius.
Elle fit le tour du lit. Retira les draps et observa les dégâts de la jambe. Le sort de stase avait été repoussé car les insectes avaient commencé à dévorer la magie après s'être repus des os, des muscles, de la graisse, du sang et des tendons, ne laissant qu'une peau flasque. Ils étaient à présent logés à mi-cuisse et Lily pouvait les voir se mouver sous la peau de Lucius.
Elle retira la cape, lança un sort de nettoyage sur ses mains et un autre qui lui offrirait suffisamment de lumière puis elle découpa la peau de Lucius en silence, écartant les morceaux flasques, réprimant une grimace en voyant qu'il ne restait rien, jusqu'à ce qu'elle distingue l'un des premiers insectes.
Son équipe avait déjà tenté cette méthode, voulant retirer les insectes un par un ou même les détruire. Mais quand ils en tuaient un, il y en avait deux qui apparaissaient. Ils avaient rapidement abandonné cette méthode. L'autre solution pensée avait été de couper la jambe de Lucius, mais rien ne garantissait que les insectes se multiplient encore plus en découpant le membre endommagé.
Avec dégoût, elle observa les parasites grignoter paresseusement ce qu'il restait de la jambe de Lucius. Elle n'attendit pas une seconde : elle lança un sort de mutisme à Lucius, sortit la fiole de l'eau de jouvence qu'elle transforma en une sorte de vaporisateur, puis vaporisa le tout sur les insectes.
Ses yeux s'agrandirent de stupeur devant l'efficacité du liquide. Un sifflement aigu raisonna, celui des insectes sûrement, et elle vit les créatures se racornir sur elles-même jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de leur coquille.
Lily regarda méticuleusement qu'il ne reste aucune trace des bestioles et constata avec effarement que le peu de liquide tentait aussi de recréer les tissus détruits. Malheureusement, elle n'avait pas assez d'eau et le travail s'acheva dans le vide. Il n'y avait cependant rien qu'elle était incapable de réparer alors elle se contenta de refermer la plaie béante.
Elle releva les yeux vers le visage de Lucius pour le voir parfaitement éveillé. Il la fixait et la terreur se lisait sur son visage. Elle savait qu'il aurait aimé hurler mais son sort de mutisme était d'une efficacité redoutable.
Elle posa une main sur son front et chuchota :
- Bienvenue dans le monde des vivants, Lucius. Ça serait long de vous expliquer pourquoi je vous soigne de nuit. C'est la deuxième fois qu'une petite fiole d'eau vous sauve la vie, il me semble. Faites bon usage de ce cadeau. Dès demain, je vous répare votre jambe.
Elle retira sa main, fouilla dans une de ses poches et en sortit une potion de sommeil qu'elle lui administra. Dès qu'elle fut sûre que Lucius s'était pleinement endormi, elle sabota par un sort d'explosion une partie du mûr sans trop l'endommager et attendit de nouveau. La porte s'ouvrit après à peine une minute. Elle s'empressa de sortir de la chambre, entendant déjà les médicomages s'effarer autour de Lucius Malfoy.
- Qu'on appelle Potter ! cria l'un deux.
Lily courut aussi vite que lui permettait la cape. Elle monta les escaliers et croisa son sosie.
- James !
L'homme ne s'attarda pas en paroles. Il l'embrassa avec une fièvre qui lui donna le tournis. Lily pensa un bref instant qu'elle s'embrassait elle-même et des idées de jeux totalement perverses lui traversèrent l'esprit. Il prit sa baguette, lui rendit la sienne et tira la cape sur lui.
- Je t'aime, fut sa seule phrase d'encouragement.
Elle vit l'ombre de son talon disparaître en haut des marches au moment où la porte s'ouvrait derrière elle.
- Madame Potter ! Tout le monde vous cherche !
Lily se tourna brusquement.
- Je suis là ! Ne me dites pas que d'autres protections ont été détruites, pitié !
- Non… Non… C'est Lucius Malfoy.
Lily déploya tous ses talents d'actrice et afficha un visage réellement effrayé puis poussa un peu sèchement le jeune homme.
- S'il est mort, gronda t-elle, je le tue !
- C'est tout le contraire ! affirma le garçon sur ses talons. C'est même un miracle.
Lily ne répondit rien et se força à ne pas afficher de sourire triomphant.
Quand elle rentra chez elle plus tard dans la nuit après avoir rassuré tout le monde qu'ils tireraient au clair cette histoire avec les aurors, Lily Potter fit l'amour à son mari comme jamais elle ne l'avait fait depuis la fin de la guerre.
OooooooooooooOooooooooooooO
S'il avait fait des cauchemars, il ne s'en souvenait pas. En revanche, il se souvenait parfaitement des yeux verts qui s'était posés sur lui.
Lucius Malfoy n'avait peut-être pas de souvenir de ce qui s'était réellement passé mais il savait que des yeux verts l'avaient sauvé… De nouveau.
Il lui fallut un peu de temps pour retrouver le reste de ses sensations, sa conscience se soulevant avec difficulté du noir dans lequel elle avait était plongée. Quand ce fut fait, il sentit nettement la poigne d'une main serrer la sienne avec force.
Il voulut parler mais sa gorge et sa langue l'avaient abandonné en cours de route. Alors il se concentra sur ses yeux et les ouvrit. Ce ne furent pas des yeux verts qui l'accueillirent. Ce ne furent même pas des yeux mais l'éclat éblouissant d'une chambre d'hôpital.
Il n'était pas mort. Il n'en avait pas été sûr en reprenant conscience mais maintenant que les couleurs revenaient, il en était persuadé.
Ses pupilles bougèrent pour trouver la source de la douleur qui étreignait sa main.
Narcissa, bien sûr.
Il n'y avait plus rien de digne dans sa posture. Ses cheveux blonds n'étaient pas soigneusement coiffés mais tombaient de toute leur longueur autour de son visage et sur ses épaules. Il distinguait ses cernes, l'absence de rouge à lèvres, une robe qu'elle avait déjà mise... Mais rien ne lui sembla plus beau que sa femme à cet instant précis.
- Lucius…
Sa voix était tremblotante.
- Père ?
Lucius tenta de tourner la tête et ses yeux suivirent le même chemin avec violence.
Draco.
Draco était là.
Vivant.
Son fils était en vie.
Des larmes lui montèrent aux yeux et il ouvrit la bouche.
- … Co… Dra… Co.
Draco lui sourit. D'un sourire heureux.
OooooooooooOoooooooooO
Les deux jours qui suivirent son réveil, il les vécut dans le flou le plus total. Il se souvenait des caresses de Narcissa sur son front, de la présence tendue et silencieuse de Draco, de la tempête d'exclamations de Tonks et des mots plus doux de sa mère et de son mari.
Mais il se souvenait surtout du bref moment qu'il avait pu partager avec Lily Potter, seul à seul.
- J'aimerais que ma petite excursion soit notre petit secret. Vous ne serez pas interrogé là-dessus et comme ça, vous m'épargnerez des justifications barbantes.
Ça avait été ses premiers mots dès qu'elle était venu vérifier l'état de sa jambe. Il ne lui restait qu'une mauvaise épreuve à passer : la potion Poussos. Lily Potter lui avait dit qu'après tout ce qu'il avait vécu, ça serait une partie de plaisir.
- Qui… Comment ?
- Vous avez un ange gardien au-dessus de la tête, Lucius. Ou peut-être que la présence de votre fils incite une certaine personne à être extrêmement clémente envers vous.
Lucius avait ri.
- Vous m'en voulez.
Lily avait étiré ses lèvres sur le plus beau de ses faux sourires.
- Si je vous en voulais, Lucius, je n'aurais pas sacrifié des nuits entières à essayer de vous sauver. Comportez-vous en homme. Faites-moi ce plaisir.
Lucius avait été incapable de répondre quoi que ce soit.
Aujourd'hui, les choses lui apparaissaient plus clairement.
Il aurait aimé rire de lui-même, de sa capacité à se remettre profondément en question dès qu'il frôlait la mort. Il n'avait pas oublié les mots de Lily. C'était la deuxième fois qu'une petite fiole lui sauvait la vie. Il savait qu'il ne devait ça qu'à une seule et unique personne.
C'était plus qu'un ange qu'il avait au dessus de la tête. Pourtant, Lucius eut une pensée dérangeante.
Une pensée qu'il n'avait jamais essayé d'approfondir, et pourtant... Pourtant, il aurait du en avoir conscience depuis plus longtemps : ce n'était pas pour lui que cet ange était venu. Depuis le début, c'était pour une seule et unique personne.
C'était pour Draco.
Et aujourd'hui, il savait qu'il allait devoir faire face à ses choix.
OooooooooooooOoooooooooooooO
- Je crois que je n'ai plus de question. Merci d'avoir éclairé certains points, Monsieur Malfoy.
Lucius ferma un court instant les yeux avant de les rouvrir sur l'auror Chester.
- Vous ne m'aimez pas, hasarda Lucius.
L'auror Chester quitta son carnet des yeux et ne sembla même pas surpris par la conclusion de Lucius.
- En effet, je ne vous apprécie pas. Mais ça ne veut pas dire que c'est le genre de chose que je vous aurais souhaité.
- Ce n'est pas beau de mentir, répondit calmement Lucius.
Chester croisa les bras et étira ses lèvres en un rictus déplaisant.
- Vous avez raison. Je trouve que votre père à peut-être été un peu trop gentil.
Lucius ne se vexa pas.
- Il me détestait aussi, vous savez… Harry.
Chester resta silencieux mais Lucius savait qu'il avait toute son attention.
- Je n'ai jamais autant été aussi insulté qu'en sa présence. Il avait le mot pour me faire me sentir comme un moins que rien. Mon père et Voldemort s'en sortaient aussi très bien mais Harry… Harry avait ce petit ton qui semblait dire « je sais ce que vous deviendrez Lucius et ça sera pathétique. » Pourtant, j'ai fini par croire que nous étions proches. Que nous étions amis. Il m'a sauvé la vie, a sauvé celle de mon fils et de ma femme d'une certaine façon. Et je n'ai pas fait grand-chose pour lui mais… Il était mon ami. Mon seul ami.
- C'est peut-être un peu tard pour vous repentir, vous ne croyez pas ?
Lucius secoua la tête.
- Pouvez-vous… Mettre fin au serment ?
Chester le foudroya du regard et sortit de la pièce sans répondre. Lucius se mordit la lèvre.
Il avait essayé.
Bien plus tard, Draco et Narcissa vinrent lui rendre visite et Lucius ne réussit pas à se départir de ce sentiment d'échec qui lui collait à la peau. Jamais de sa vie il ne s'était senti aussi sale... Derrière eux apparut Lily Potter et William Chester.
Lucius capta le regard curieux de son fils mais son attention revint vite sur Chester. L'homme lui présenta sa main et Lucius n'hésita pas un seul instant avant de la prendre. Lily Potter se rapprocha à son tour et leva sa baguette.
- Moi, Lily Evans Potter, enchaîneur des sorciers William Chester et Lucius Hyperion Malfoy, par ma présence et par mes mots, mets fin au Serment Inviolable les liants si les deux parties y consentent.
- J'y consens, grinça Chester.
- J'y consens, fit Lucius.
Une première corde d'un rouge brillant devint d'abord bleue avant de s'évaporer.
- Que chacun répète les termes de l'enchaînement.
- Moi, William Chester, interdis à Lucius Hyperion Malfoy de prononcer le nom de Harry Adams, de rappeler à sa mémoire qui que ce soit, de rétablir la vérité le concernant.
- Moi, Lucius Malfoy, accepte de ne plus prononcer le nom de Harry Adams, de rappeler sa mémoire à qui que ce soit, de rétablir la vérité le concernant.
- Moi, Lily Evans Potter, accepte de briser les chaînes du Serment si les deux parties y consentent.
- J'y consens.
- J'y consens.
Soudainement, trois chaînes rouges devinrent elle aussi bleues avant de se transformer en un nuage de fumée. William Chester lâcha sa main et Lucius la laissa en suspend dans le vide puis ses lèvres bougèrent doucement.
- Harry… Adams.
Rien ne se passa. Il ne se retrouva pas mort. Alors, enfin, ses yeux se posèrent sur son fils qui le regardait avec la même froideur dont il avait fait preuve à Beauxbâtons.
- Je pense que nous allons vous laisser, fit Lily Potter.
- Non. Non… Restez, répondit Lucius. Tous les deux. Draco… Tu as des questions. Laisse-moi savoir avant comment tu as tout découvert.
Son fils prit une posture bien droite, les poings serrés le long du corps.
- J'ai appris l'existence de Harry Adams grâce à un elfe et un loup-garou.
Lucius vit Chester se tourner avec force vers Draco. La stupeur se lisait sur son visage, ce qui était une expression bien trop rare pour ne pas la savourer.
- J'ai appris qu'il avait été élève à Serpentard en même temps que Lily Potter et James Potter et toutes les personnes liées à eux. L'auror Chester, deux de mes professeurs : Sirius Black et Severus Rogue. Le couple Corgan et deux autres personnes maintenant décédées : les parents de Louve Lupin. J'ai appris que Harry Adams était un élève respecté, voir adulé mais j'ai aussi appris que toute trace de son existence avait été effacée. Et par la même occasion j'ai appris qui était Voldemort.
Lucius vit sa femme hoqueter, Lily Potter se tendre et remercia presque l'impassibilité de Chester. Il allait intervenir mais son fils reprit la parole.
- A part Mère, je crois savoir que toutes les personnes dans cette pièce savent ce qu'il est réellement de Harry et je ne parle pas de Harry Adams mais de Harry Potter.
Draco scruta le visage de la médicomage et de l'auror comme s'il attendait de savoir si ces derniers allaient l'interrompre mais ils n'en firent rien.
- Je sais que Harry Adams a abandonné Poudlard pour poursuivre Regulus qui avait décidé de rejoindre Voldemort et je sais que Regulus a rejoint Voldemort à cause de vous.
- Regulus a rejoint Voldemort par honneur et par obligation due à sa fa…
Draco renifla avec dédain et Lucius en fut profondément blessé.
- Vous étiez un rabatteur, Père. Vous étiez l'homme qui faisait la liaison entre de pauvres esprits malléables et un sorcier minable que vous pensiez supérieur au reste d'entre nous.
- Draco ! siffla sa mère.
Draco l'ignora.
- Je sais qu'Adams a fait tout son possible pour ne pas tomber entre vos griffes et vous l'avez piégé en ramenant Regulus auprès de vous parce que vous saviez qu'Adams tenait à ce garçon. A la mort d'Adams, vous avez compris qui il était comme presque tout le monde ici. Par une quelconque magie ou un quelconque coup du sort, Harry Potter est en réalité Harry Adams !
Lucius en eut le souffle coupé. Lily Potter étouffa un cri et posa ses main sur sa bouche.
C'était dit.
Personne ne l'avait prononcé à haute voix. La cruelle vérité. L'aberration de l'existence de Harry Adams.
- Ce que vous ne savez pas, c'est la raison pour laquelle Adams a accepté de se plier à ce jeu. Regulus allait trahir Voldemort et il allait le payer de sa vie. Adams voulait empêcher ça, tout comme il voulait empêcher que je devienne exactement comme vous.
- De quoi est-ce que tu parles, Draco ? demanda sa mère au bord des larmes.
- Je parle d'un monde où Voldemort a réussi à tuer Lily et James Potter. D'un monde où mon père a pu continuer sa vie sans jamais remettre en question les profonds principes racistes et dégradant de sa famille. D'un monde, d'une réalité ou j'ai été élevé comme ça. Un monde, Mère, où vous avez sûrement renoncé à toute idée d'avoir d'autres enfants parce qu'il n'y avait personne pour vous aider à les mettre au monde.
Lucius écarquilla les yeux d'horreur et de compréhension. Autant pour sa femme que pour l'existence de Harry.
- Harry Adams savait que ce nous nous apprêtions à devenir. Et j'ai vu ce que j'aurais du devenir. Et ça ne me plaît pas. Et ça me plaît encore moins quand je sais que vous n'avez pas gâché ce temps précieux. Vous m'avez élevé de sorte à ce que je comprenne le monde qui m'entoure, avec moins de mensonges et tout autant ! Vous m'avez élevé pour me battre pour mes principes et pour savoir quand me remettre en question mais vous n'avez jamais respecté vos propres paroles. Je vous remercie d'avoir fait de moi ce que je suis mais la personne que je devrais remercier en réalité c'est Harry Adams, n'est-ce pas ?!
La voix de son fils était devenue plus forte. Lucius aurait pu le faire taire. Sèchement. Mais c'était une épreuve qu'il avait accepté de subir. Pourtant, les connaissances de son fils lui brisaient le cœur... Et ce fut pire quand il vit les larmes dans les yeux de Draco.
- Dites-moi, Père, saviez-vous ? Saviez-vous ce que vivait Harry Adams en présence de Voldemort ? Saviez-vous ce que Voldemort lui faisait subir ? Que Voldemort le…
- TAIS-TOI !
Tout le monde sursauta sous l'éclat de William Chester. Draco fixa Lily Potter qui était en larmes. La femme se détourna d'eux et quitta la pièce, suivie de l'auror. Lucius était estomaqué et la bile lui monta à la gorge.
Cruel, ce procès était cruel.
- Je… Savais sans savoir. Ou, à un moment, j'ai décidé de fermer les yeux.
- Oh, Lucius, soupira sa femme.
- Au final, j'étais celui qui me confiais en permanence à Harry et jamais Harry ne m'a avoué quoi que ce soit. Parfois de lui transpirait la colère et c'est tout ce à quoi j'avais droit. Pas une seule fois je n'ai eu une parcelle de sa vie, de ses envies, de ce qu'il désirait. Mais il m'écoutait.
- Il vous suffisait de lui demander ! Lui avez-vous seulement posé la question ? Non, vous étiez si… Si…
Lucius sourit, d'un sourire triste.
- Si lâche. C'est ce que tu voulais entendre ? C'est vrai. J'ai été lâche toute ma vie. Devant mon père, devant Voldemort, devant Harry. Et rongé par la jalousie de le voir hausser le ton, d'ouvrir la bouche quand il le voulait. Jaloux de Regulus d'avoir eu le cran de s'enfuir. Je n'avais pas ce courage, je n'avais pas cette force et j'enviais tous ceux qui l'avaient. Pourquoi m'entourer de personnes plus bruyantes que moi ? Plus aptes à parler à ma place ? C'est si facile d'être celui qui ne prend jamais de décision, Draco... Tellement plus facile.
Lucius leva un regard empli d'un chagrin immense et vit les épaules de son fils s'affaisser.
- Je n'ai peut-être pas fait les bons choix. J'aurais pu me rendre et aller à Azkaban, j'aurais pu me lever et faire face à Voldemort ou à mon père. Mais comment aurais-je fait alors pour t'inculquer tout ce qu'Adams m'a appris ? Comment aurais-je fait pour t'élever en te donnant le goût de tout remettre en question ? Comment aurais-je fait pour te dire qu'il n'y a que toi qui puisses décider de ton destin et que tu ne dois jamais laisser personne te dicter ta conduite si ça te semble aller contre tes principes ? Tout ce que Harry m'a dit, je ne l'ai jamais oublié, Draco. Ça a fait de toi le jeune homme que tu es, qui ose me parler comme tu le fais et… Je n'ai jamais été aussi fier ! Tu es ce qu'il y a de meilleur en moi, la voix que je n'ai pas réussi à avoir. Je suis désolé. Désolé d'être l'homme que je suis. J'espère qu'un jour tu trouveras la force de me pardonner. Parce que si je ne me pardonne pas moi-même, tu es le seul à pouvoir le faire.
Lucius sentit une larme couler le long de sa joue et son fils se jeta sur lui dans une étreinte à laquelle il ne s'attendait pas.
- Je suis désolé ! Désolé de vous avoir dit des choses horribles avant l'attaque ! J'ai eu tellement peur !
Lucius serra son fils contre lui et embrassa ses cheveux.
- Moi aussi, Draco. Moi aussi, je suis désolé. Tu as une voix et je n'ai pas pris le temps de l'écouter. Pardonne-moi… Pardonne-moi…
Draco se contenta de sangloter contre son cou et Lucius de le bercer.
Tout ça, sous le regard douloureux de Narcissa Malfoy.
OoooooooooooooooooOooooooooooooooooooooO
- Dis moi que c'est faux…William ? Dis moi…
Lily essuya avec force les larmes qui innondaient son visage. Mais William se contenta de la regarder tristement.
- Pitié William…dis moi ! Harry…Harry n'a pas..souffert comme ça…
L'auror se mordit les lèvres avant de prendre la médicomage dans ses bras.
- Je suis désolé.
- Tu le savais ! Tu le savais ! C'est mon fils !
Elle essaya de se dégager de son étreinte mais William la serra encore plus fort.
- Je suis désolé.
- Mon fils…c'est mon fils…Je le tuerais Oh par Merlin ! Je tuerais ce monstre…
Puis ses sanglots devinrent incompréhensibles. William ne la lâcha pas.
.
.
.
Vilain break de décembre. Je suis navrée de n'avoir pu vous livrer qu'un seul chapitre ce mois-ci et j'avais vraiment envie d'écrire un OS pour nowel mais toutes les histoires auxquelles je pense ne tiennent pas en un seul chapitre XD. Et je ne ferais plus l'erreur de poster des histoires que je n'ai pas finis au préalable. Bon Retour est un monstre dont je continue à être fier et encore plus quand je lis que d'entre vous relisent même le livre I. ça me fait du bien à mon petit cœur. J'aurais aimé vous remerciez pour votre soutiens et remercier ma Bêta mais tout part en freestyle. Donc ça sera rdv en janvier et on reviendra à Poudlard. Les trois ou quatre prochains chapitres j'ai hâte de vous les montrer ^^. J'ai fait des recherches, et il y a des tas de référence sur des trucs que j'aime beaucoup (des séries notamment). Il y aura de l'action, du mystique et de l'amour! Et je me suis super amusée! Allez a CIAO les agneaux!
