BONNE ANNEE !

J'ai encore le droit de le souhaiter il me semble vue que ce n'est pas la fin du mois de janvier !

Bon parlons peu, parlons bien. Nous voici au chapitre de transition charnier qui marque le début de…LA CHASSE AUX HORCRUXE MOZAFUCKA !

Entrecoupé de problème de ci de là.

Ce qui me laisse croire que nous en somme au trois quart de l'histoire ou au deux quart et demie. Bref un petit peu plus de la moitié avant la fin.

La chasse aux horcruxe et l'avant dernier arc principal. Il sera long bien sûr…hahaha. Enfin, il n'en reste plus beaucoup. Oserais-je vous parler du dernier Arc ? Non voyons mais je pense que vous ferez le lien étant donné que je suis le chemin du canon de JKR.

J'espère sincèrement que vous prendrez plaisir à lire les prochains chapitres parce que comme je l'ai dit précédemment je me suis beaucoup amusée à écrire ce qui arrive.

Autre chose. Je suis terriblement désolée de ne pas avoir répondu à vos reviews. C'est la troisième fois, comme on dit jamais deux sans trois, je crois que j'en ai finis avec ça. Vos retours, vos mots et vos théories en tout genre sont toujours un régal pour les yeux.

Merci de continuer à me soutenir et lire cette histoire.

Et merci à Titou Douh pour sa correction et d'être toujours là malgré la longueur du projet.

Espérons que cette histoire se termine cette année XD !

KOEUR SUR VOUS LES AGNEAUX ET BONNE LECTURE.

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SE CACHER OU COURIR

« Let him know that you know best
Cause after all, you do know best
Try to slip past his defense
Without granting innocence »

How to save a life. The Fray

- Je sais à quoi tu penses.

- Ah oui ? fit sa mère.

Un sourire espiègle se posa sur ses lèvres.

- Tu te demandes comment tu peux saboter le Poudlard Express pour que je puisse encore rester ici.

Lily Potter rit doucement avant de passer une main dans ses cheveux. Le sourire de Harry s'agrandit. Sa mère avait insisté pour les lui couper et il se retrouvait avec ses boucles uniquement sur le dessus de son crâne et ses cheveux coupés à ras à l'arrière et derrière ses oreilles.

Ce qui avait été un comble, c'est qu'ils ne repoussent pas durant la nuit. Mais peut-être que la magie était dans les doigts de sa mère.

- Très drôle Harry, l'informa son père. Et moi, à quoi je pense ?

Harry fronça les sourcils et fixa son père intensément.

- Tu te demandes comment tu aurais pu saboter la cheminée de Sirius pour qu'il puisse encore rester avec toi.

Son père éclata de rire.

- Depuis quand es-tu un aussi bon legilimens !? s'amusa sa mère.

- Depuis que j'ai entendu papa et Sirius pleurer devant leurs cheminées.

Lily se tourna vers son mari, les yeux exorbités.

- Tu as fait ça ! A quelle heure ?

- Tu dormais déjà et je suis descendu boire un verre d'eau. La cheminée était là et… Pourquoi je me justifie !? Sirius est mon frère !

- Et moi, Harry, à quoi je pense ?

Harry se baissa vers Charles et le regarda dans les yeux avec concentration.

- Bon sang, Charles, tu es plus doué que papa et maman pour cacher tes pensées ! Un vrai futur sorcier en puissance !

Charles gloussa.

- Je pensais à quand ça sera mon tour d'aller à Poudlard !

- Ola, jeune homme ! Tu as huit ans et nous sommes encore très loin de ce moment ! paniqua sa mère.

- Oui, oui très loin, grinça James. Ne nous emballons pas : tu as encore quelques années à passer avec tes vieux parents !

Charles leva les yeux au ciel.

- Et c'est à eux que tu m'abandonnes, Harry !? s'insurgea Charles.

- Apprends à dormir dans ton lit et nous parlerons de ton futur de sorcier en puissance, jeune homme, répliqua sa mère.

Harry rit devant la mine déconfite de son frère et leur petite chamaillerie prit fin dès que la sirène du train se fit entendre.

- Tu as tout ce qu'il faut ? La cape, la carte, ta baguette ? Tes pyjamas ?

- Papa, ce n'est pas la première fois que je vais à Poudlard…

Son père haussa brièvement les sourcils et Harry se retrouva collé contre son torse.

- Je sais, Harry. Porte toi bien.

- Je serai là à Noël !

- Il y a plutôt intérêt, jeune homme, le gronda sa mère.

- Salut, Harry ! Tu m'enverras des lettres !

- Quel genre de frère je serais si j'oubliais cette tâche importante ?

- Le genre pas cool, rigola Charles.

Harry lui fit un clin d'œil en grimpant les marches du train.

- Bye, Harry !

- Au revoir, mon grand !

Harry vit son père fermer la porte et afficher un immense sourire. Sourire que lui rendit son fils.

Si Harry avait à un moment sous-estimé le pouvoir des liens familiaux, aujourd'hui il avait du mal à le faire. Quitter ses parents dans une telle effusion de bons sentiments le mettait en joie et il se sentait prêt à tout affronter... Même une année qui pourrait s'avérer compliquée.

Il ouvrit la porte du compartiment avec brusquerie et eut comme une impression de déjà vu.

- Salut Dorothy et... Tu es Tommy ?

Le garçon qui avait été envoyé à Serdaigle fronça les sourcils.

- Mon prénom, c'est Thomas.

Dorothy lui donna un coup de coude dans les côtes et le garçon prit l'air le plus vexé au monde.

- Salut, Harry ! Tu as passé de bonnes vacances ? s'enquit la jeune fille.

- Mouvementées, on va dire, et toi ?

- Tommy et moi sommes allés en Allemagne. Ses parents m'ont invitée, c'était super !

Harry coula un regard amusé au fameux Thomas qui le fusillait du regard ; nul doute qu'il n'était pas le bienvenu.

- Tant mieux alors, répondit Harry. On se voit plus tard, j'ai un groupe à retrouver.

- Oh Malfoy et, hum… Granger, c'est ça ? Ils sont dans la cabine des préfets en tête de train.

Harry leva le pouce dans sa direction.

- Merci, mademoiselle !

Il entendit le gloussement de Dorothy en fermant la porte et un « qu'est ce que tu lui trouves » de la part de Tommy, ce qui le fit sourire encore plus.

Il réfléchit un bref instant. Nolan, Hermione, Draco et Pansy devaient tous se trouver ensemble. Il détestait ce moment où il devait faire tous les compartiments pour trouver ses amis et regretta la faculté que son père avait d'être en retard.

Il se décida tout de même à tenter sa chance. Au bout du troisième compartiment, il tomba sur Susan Bones qui lui indiqua celui où Neville se trouvait. Harry s'empressa de s'y rendre et il y trouva bien Neville, de même que Ginny et Luna.

- Oh, salut Harry !

- Tu étais en retard, fit Neville. Hermione a fait le pied de grue jusqu'à ce que le professeur Chourave les appelle.

Harry se laissa choir à coté de lui.

- Ce n'est pas comme si j'avais été incapable de traverser le mur de la gare.

- Une chose comme ça peut arriver ? s'étonna Ginny.

Harry se contenta d'un sourire mutin.

- Alors, ces vacances avec Zabini ?

- Tu veux déjà me mettre en colère dès le début de la journée, Harry ? Je te pensais plus sympa que ça !

Harry leva un sourcil, même Neville semblait intéressé. Ginny secoua la tête, agacée.

- On a rompu ! J'ai quitté l'Espagne plus tôt ! Blaise est un vrai fils à maman, c'était insupportable. Parfois, j'avais l'impression de me retrouver avec Percy. On s'est disputés et j'ai demandé le premier portoloin pour rentrer. Je ne veux pas d'un garçon qui ne sache pas se débrouiller seul. Blaise n'a que son joli visage, j'aurais aimé qu'il ait un peu plus de… D'indépendance, je crois.

- Ginny, commença Luna, tu ne peux pas en vouloir à Blaise d'être proche de sa mère. Après tout, c'est la seule constance dans sa vie, non ? Moi aussi je suis proche de ma mère.

Ginny croisa les bras avec un air mauvais.

- Ce n'est pas pareil, c'est…

- En fait, tu voulais que Blaise fasse plus attention à toi qu'à sa propre famille, dit Neville.

Harry suivait l'échange avec attention et s'attendit à ce que Ginny leur envoie un sort bien vicieux. A la place, elle soupira.

- Peut-être. Je devais être jalouse… Chez moi, on se bat pour éviter l'attention de ma mère et chez lui… Elle n'avait d'yeux que pour lui. Je me sentais vraiment de trop. Je crois que j'aime Blaise. Il est vraiment super.

Harry toussa.

- Tu arrives à tolérer son coté statue de marbre et sa propension à ne se soucier de rien.

Ginny lui fit un sourire en coin.

- Je suppose que ça me canalise. Je suis la flamme et il est le glaçon. Blaise est…

Ginny fut interrompue par l'ouverture de la porte de leur compartiment sur un Blaise Zabini au regard froid. Harry aurait pu en rire s'il n'avait pas été occupé à avoir la mâchoire décrochée, tout comme Neville.

- Blaise, quelle délicieuse surprise ! On parlait justement de toi, fit la voix douce de Luna. Ginny nous disait à quel point elle aimait ton petit coté froid.

- LUNA ! s'exclama Ginny.

Blaise ignora superbement tout le monde et se contenta de fixer Ginny.

- Est-ce qu'on peut… Discuter ?

Harry et Neville se tournèrent brusquement vers la jeune Weasley qui avait l'air d'hésiter mais apparemment, leurs regards furent suffisant pour la faire se lever. Elle trouva tout de même le moyen de leur jeter un regard furibond avant de fermer derrière elle.

- Quelle joie, ils vont tellement bien ensemble, soupira Luna.

Harry se mordit brièvement l'intérieur de la bouche. A son ancienne époque Luna n'avait jamais fait de commentaire de ce genre sur le couple qu'il formait avec Ginny. Il se demanda alors ce que la jeune serdaigle pouvait bien penser de sa relation avec Draco.

- Au fait, Harry, j'ai ramené le livre et je me suis renseigné… Auprès de ma grand-mère.

Harry observa Neville, intéressé.

- Il y a certains sorts... Des sorts de sang très proches des malédictions, en vérité, qui permettent de cibler le sang sorcier et sa pureté. C'est pour ça que j'ai pu le prendre.

- Donc je ne serais pas capable de le toucher, et encore moins Hermione...

Neville acquiesça avec une moue dépitée.

- Il y a autre chose. Je peux toucher le livre mais je ne peux pas l'ouvrir.

Harry prit un air contrit.

- Tu ne peux pas l'ouvrir ? Comment ça ?

- Il doit y avoir une protection, intervint Luna. Je ne sais pas de quel livre vous parlez mais il faut sûrement l'ouvrir en certaines occasions. Par exemple, mon oncle Agaratus possédait un livre qu'il ne pouvait ouvrir qu'à la nouvelle Lune. C'était vraiment compliqué de lire mais il s'est accroché et en fait, c'était une histoire d'amour sans intérêt. Autant vous dire qu'il était vraiment déçu...

Neville et Harry se regardèrent, troublés. Pourtant, Harry n'en démordait pas. Il avait la certitude que sa chance était dans ce livre.

- Alors il faudrait…

La porte du compartiment s'ouvrit de nouveau sèchement, faisant sursauter Harry et Neville.

- Mais ce n'est pas possible ! grogna Harry.

- Je les ai trouvés ! Salut Harry, Londubat, Lovegood…

Pansy entra et s'assit à coté de Harry avec un grand sourire en le poussant de ses fesses, forçant Neville à se caler contre le coté fenêtre.

- Bouge, Pansy, pesta une voix derrière.

Harry leva les yeux et fustigea son cœur de s'emballer avec autant de force.

- Oh, Draco, laisse-moi profiter de notre petit brun favori !

Draco se décala pour laisser entrer Hermione et Théo qui prirent place à coté de Luna sans faire d'histoire.

- J'ai dit : bouge, Pansy.

- Tu n'es vraiment pas drôle.

Elle s'écarta de Harry, laissant Draco s'asseoir entre elle et lui. Harry savoura l'odeur de menthe qui envahit ses narines et envoya un bref sourire de contentement à Draco.

- Qu'est ce qu'il s'est passé, Harry ? attaqua Hermione. Tu étais en retard !

- Est-ce que ça valait la peine que je sois en avance, vu que vous aviez une réunion de préfets ?

- Et bien, grinça Draco, ça nous aurait évité d'ouvrir des tas de portes et de faire choux-blanc.

- Mais comme on dit : qui cherche trouve, plaisanta Luna.

Seul Harry et Neville rirent.

- Je ne vois pas même pas pourquoi on a eu cette réunion, en plus, soupira Pansy. Ce n'était que les recommandations habituelles et ce n'est pas nous qui passons des examens d'une importance capitale !

Harry fronça les sourcils.

- En parlant de ça : où est Nolan ?

- Encore avec les professeurs présents. Comme il est préfet-en-chef, il a droit à une liste plus longue, s'amusa Hermione. Quel dommage que tu ne sois pas préfet, Harry.

Harry bascula sa tête en arrière et grogna.

- Je n'ai pas besoin de ça pour faire une brillante carrière dans le Quidditch !

- Harry James Potter, tu peux faire mieux que joueur de Quidditch ! s'emporta Hermione.

Harry afficha un air guindé.

- Oh oui… Tu t'en mordras les doigts quand je te sifflerai ta place de Ministre de la Magie !

Draco éclata de rire et Théodore afficha un sourire suffisant. Hermione leva les yeux et les mains au ciel en secouant la tête.

- Vous êtes impossibles.

- Au fait, demanda Pansy. Vous avez vu Blaise ?

Harry et Neville s'observèrent en souriant.

- Il est en très bonne compagnie, répondit Neville.

Et sur ses mots Harry, Luna et lui rirent.

OoooooooooooOoooooooooooO

C'était long.

Harry écrasa son menton dans sa main et cessa d'applaudir le dernier élève qui avait été chapeauté pour entrer à Serpentard.

Il était fatigué d'attendre et avait de plus en plus de mal à détacher ses yeux de Draco.

Contrairement à ce qu'il avait cru, Harry n'avait pas pu le revoir à la fin des vacances. Ils avaient préféré laissé le blond renouer les liens avec sa famille. Ils ne s'étaient envoyé qu'une lettre et Harry avait rendu le miroir à Natasha et Dimitri, ce qui voulait dire qu'ils n'avaient plus eu de vrai moyen de communication.

Harry se languissait de Draco même quand ce dernier était à deux mètres de lui, discutant sérieusement avec Pucey.

Frustré, il expédia son repas sans véritable appétit et faillit pousser un profond cri de désespoir quand il vit Draco et Pansy s'éloigner avec les nouveaux arrivant.

- Tu as l'air…

Un bras entoura son épaule.

- Vraiment désappointé…

Un autre bras venant de l'autre coté arriva et il se trouva encerclé par les jumeaux.

- Je n'aurais pas dit non à quelques jours de vacances en plus, soupira Harry.

- Et rester loin de nous !? s'offusqua Fred.

- Alors que nous attendions ces retrouvailles avec joie !?

- Tu nous as terriblement manqué, Potty !

- Chaque nuit, j'ai rêvé de ta mèche blanche volant au vent !

- De tes grands yeux de biche !

- De tes jolies petites canines !

- D'accord ! D'accord ! J'ai compris, vous m'avez manqué aussi, les gars.

- En voilà, une bonne nouvelle ! Pourras-tu prendre le temps de tester quelques produits de notre superbe marque que nous avons créée ?

- Qu'est ce que j'y gagne ? demanda sournoisement Harry.

Fred fouilla dans sa poche et lui tendit des clés qu'il reconnut parfaitement.

- Un accès illimité à notre petit nid.

Harry fronça les sourcils.

- Ton préfet de petit-ami a laissé passer sa chance d'avoir une chambre personnelle. Du coup, on s'est dit que vous seriez ravis de ce petit cadeau...

- Ne te fâche pas, l'ami, on sera doux avec toi. Tu ne testeras rien de ridicule, rien de gênant, rien qui ne te fasse devenir la risée de toute l'école.

- On réserve ça pour des personnes que nous ne portons pas dans notre cœur, dirent-ils en même temps.

Harry resta silencieux mais George prit sa main pour écarter ses doigts et Fred posa les clés dans sa paume.

- Marché conclu ?

Harry serra les clés dans sa main.

- C'est un plaisir de faire affaire avec toi, l'ami Harry ! Tu ne le regretteras pas !

- Je le regrette déjà, fit Harry entre ses dents.

Les jumeaux firent comme s'ils ne l'avaient pas entendu et le lâchèrent en riant. Harry finit par accélérer le pas pour retrouver sa chambre et trouva Théodore et Blaise rangeant leurs affaires. Harry en fit rapidement de même et tira son pyjama.

- Alors, Ginny ? s'intéressa Harry.

Blaise se pinça l'arrête du nez.

- Cette fille va me rendre fou. Si dans cinq ans je ne l'ai pas épousée, je me jette dans la manche.

Harry et Théo écarquillèrent les yeux de surprise et Blaise renifla en souriant avec dédain.

- Si vous pouviez voir vos têtes !

Ils se dirigèrent vers les douches sous les ricanements de Blaise.

Harry revint de la salle de bains complètement exténué. Il ne s'était rien passé durant cette journée mais il avait l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur.

D'un œil morne, il fixa la petite boite qui servait de lit pour Apophis et grimaça. Il avait laissé le serpent chez Hagrid et devait le récupérer le lendemain. Il s'attendait déjà au milles et une insultes de son camarade reptilien.

Puis il s'écrasa dans son lit.

Il aurait bien aimé courir après Draco mais il savait qu'il avait juste à prendre son mal en patience : Draco n'allait pas disparaître. Sur cette idée réconfortante, il ferma les yeux.

Il les rouvrit pour constater qu'il était dans le noir complet et qu'il n'y avait plus aucun bruit, si ce n'était une faible respiration. Il avait du s'endormir complètement et bouger pendant la nuit parce qu'il se retrouvait contre le mur. Il se tourna et sa mâchoire frappa quelque chose de dur. Il retint un juron et laissa sa main essayer de comprendre ce qu'il avait percuté.

C'était une épaule.

Harry retira vivement sa main et ce qui l'avait poussé sur le coté bougea à son tour. Une main glissa tout contre son ventre. Harry frissonna.

- Draco…

La main se fit plus possessive et raffermit sa prise sur hanche, comme pour le rapprocher. Harry se laissa faire et posa la sienne sur le torse du garçon. Un soupir s'échappa des lèvres qu'il ne voyait pas mais il les sentit se poser contre son front maladroitement.

- Tu t'es endormi, espèce d'imbécile, murmura le blond.

Harry rit doucement.

- Et alors… Tu avais prévu autre chose ?

Il sentit les lèvres de Draco picorer son front de baisers. Harry se trouvait à présent parfaitement éveillé et laissa ses doigts gambader sur la peau ferme de son torse jusqu'à buter sur l'un de ses tétons. Avec un plaisir non feint, il se mit à jouer avec et savoura les soupirs de plaisir de son amant.

D'un coup, Draco se releva et bascula sur le coté, surprenant Harry. Enfin, sa surprise fut de courte durée quand il entendit Draco prononcer un sort de silence à voix basse et un Lumos entre eux. Harry trouva un visage déjà assombri par le désir. Draco ne perdit pas une minute et plongea sur ses lèvres.

Sa langue n'eut aucun mal à trouver la sienne et Harry enlaça la nuque de son petit ami dont l'une des mains avaient déjà glissé à l'intérieur de son bas de pyjama pour englober une de ses fesses. Harry eut du mal à se retenir de gémir et gâcher le baiser, parce que la main de Draco massait son postérieur de façon plutôt explicite et le brun dut rompre le baiser au moment où un doigt inquisiteur se glissait dans sa raie.

- Draco…

- Si tu savais depuis combien de temps j'ai envie de faire ça...

Harry plongea son visage dans le cou du blond, ajustant sa position pour se retrouver au-dessus de lui.

- Qu'est ce que je devrais dire ? souffla Harry. Te voir est aussi difficile qu'obtenir un foutu rendez-vous avec la reine d'Angleterre...

Draco rit, cessant toute ses caresses intimes et ramenant ses mains dans le dos de Harry. Ils se fixèrent en silence.

- Harry… Ce que tu as fait pour mon père...

- Je n'ai rien fait.

Draco ferma les yeux et soupira.

- Je sais que tu as utilisé l'eau de jouvence et que toute ta famille est venue nous secourir. On doit avoir une pile de dettes envers les Potter...

- J'efface tes dettes si tu continues de m'embrasser.

Draco laissa ses ongles glisser le long de sa colonne vertébrale et Harry se mordit la lèvre.

- Écoute-moi, répliqua le blond.

Harry se redressa et se retrouva assis, les jambes de part et d'autre du bassin de Draco. Il pouvait sentir l'érection du blond se presser contre la sienne et c'était presque impossible de ne pas juste bouger. Il voulut se dégager mais les mains de Draco attrapèrent ses hanches.

- Je vais avoir du mal à être concentré.

Draco lui offrit un sourire plein de promesses.

- Je sais. Mais laisse-moi au moins le temps de te remercier.

- Draco… Cette fiole était entre les mains de ton grand-père et c'est toi qui a eu l'idée de la récupérer, tu es le seul qui a sauvé ton père. Ce n'est pas moi qui suis venu te secourir dans cette grotte. Et tu m'as sauvé lors de l'attaque de Neville... Et ce sont des choses qui vont arriver de plus en plus, je crois.

Harry caressa gentiment le torse de Draco tout en fronçant les sourcils.

- Abraxas… Il m'était sorti de l'esprit.

- Harry…

- On avait les souvenirs d'Adams sous les yeux et on ne s'est même pas posé de questions. Bon sang, c'est fou ce qu'un Malfoy peut être obstiné !

Draco rit et les tremblements de son corps qui en résultèrent firent gémir Harry. Le blond se redressa, forçant Harry à se reculer pour se retrouver assis sur ses cuisses. Draco attrapa ses fesses à pleines mains et le regarda droit dans les yeux avant de laisser ses doigts vagabonder dans son dos, sous son haut de pyjama.

- Hermione m'a dit qu'une des statues t'avait lacéré le dos... Il n'y a aucune cicatrice ?

Harry entoura la nuque de Draco de ses bras et posa sa bouche contre son front.

- Ma mère est médicomage, tu te souviens ?

- Tu aurais pu mourir…

- Je crois qu'on a fait le tour de cette question, Draco. Je ne suis pas la personne qui attire cette rare chose qu'on appelle la tranquillité.

Draco étouffa un rire contre son torse et Harry se sentit sourire.

Draco bougea de nouveau et entraîna Harry pour l'allonger sur le lit. D'une main taquine, il vint caresser son ventre tout en se positionnant à coté de lui. Harry avait détaché ses mains de sa nuque et, dans un geste paresseux, glissa ses doigts sur la joue de son petit ami.

Il n'était plus dans l'optique de faire l'amour, même si l'idée continuait à faire tendre son sexe : l'envie de juste profiter de la présence de Draco, même silencieusement, lui semblait plus que suffisante.

Ils ne s'étaient pas lâchés du regard, Draco ajustant sa position, soutenant sa tête dans sa main en s'appuyant sur son coude, continuant à frustrer Harry en griffant avec douceur la peau de son ventre, passant sa main contre sa cuisse à l'intérieur de celle-ci sans jamais aller droit au but.

Harry se mordait les lèvres sous la torture mais aucun mot ne sortit de sa bouche pour ordonner au blond d'être moins cruel. Il y avait sur le visage de Draco un sourire amusé et empli de tendresse et Harry ne se sentait pas l'âme de lui retirer ce petit plaisir.

- Comment est-ce que j'aurais fait ? commença le blond. A Beauxbâtons ? Sans toi dans mon lit... Sans ton odeur sur mes draps...

Draco enfouit sa main dans son pantalon et attrapa presque fermement l'intérieur de la cuisse de Harry, le forçant à écarter les jambes. Le brun souleva son bassin et s'accrocha maladroitement aux épaules de Draco en gémissant.

- J'aurais du me contenter de me souvenir de cette nuit en Espagne ? C'était d'un kitsch, non ?

Harry rit.

- Disons qu'on a rendu honneur aux efforts qui ont été faits pour nous.

Draco massait à présent la peau de sa cuisse.

- Tu aimeras savoir, continua Harry en serrant les dents, que Fred et George nous ont gracieusement fait don de la clé.

Draco l'observa, septique.

- Et qu'est ce que tu vas devoir faire en échange ?

- Poser nu pour eux.

Draco écarquilla les yeux d'horreur et Harry éclata de rire.

- C'est malin, grogna Draco.

Il frappa sa cuisse et Harry se redressa pour lui lécher la joue. Sa langue fut immédiatement capturée dans un baiser plus que possessif. et cela fit définitivement tomber les barrières de Draco. Sa main s'empara enfin de son membre et Harry laissa son gémissement troubler leur baiser.

Draco se détacha de ses lèvres et s'activa avec plus d'entrain sur sa queue tendue.

- Tu m'as manqué, Harry…

- …. Mmh… Manqué… Aussi…, souffla le brun.

Harry eut un sursaut de clarté, assez pour ne pas laisser ses propres mains inactives, mais Draco repoussa ses tentatives.

- Non, laisse-moi faire, chaton. Laisse-moi te faire du bien.

Harry plissa les yeux mais Draco s'y prenait tellement bien qu'il abdiqua et les ferma de nouveau, basculant la tête en arrière, encourageant les mouvements de mains de Draco contre son sexe en baisant avec ardeur la main de ce dernier.

Draco le laissa faire et Harry put sentir son regard sur lui, parce que ses doigts drapés autour de son pénis ne lui laissaient aucun répit. Il finit par éjaculer sans même comprendre où et comment.

Draco plongea dans son cou et y suça la peau avec force. Harry savait qu'il se réveillerait avec une marque mais qui était-il pour se plaindre ? Il se sentait terriblement aimé. Tellement aimé que ça le troublait...

C'était Draco Malfoy.

Draco qui faisait de lui une masse sans muscle et le cerveau plein de petits picotements de plaisir.

C'était Draco qui faisait battre son cœur, qui faisait chauffer son sang comme s'il avait bu la meilleure des bièraubeurres.

C'était Draco qui le rendait fou d'un désir qu'il n'arrivait plus à contenir.

Harry rouvrit les yeux, juste pour voir son petit ami qui l'observait avec attention et trop sérieusement.

- Harry ?

- Qu'est ce que tu veux? souffla Harry.

Draco se pencha vers lui et posa un baiser sur ses lèvres.

- Tourne-toi, fit-il contre sa bouche.

Harry s'exécuta. Draco frotta son nez contre sa nuque et sa main pleine de sa semence s'empressa de dégager le bas d'Harry.

- J'adore ta coupe de cheveux, fit Draco.

Harry tendit les fesses au moment où le blond passait son majeur le long de sa raie.

- Et j'adore la marque de ton bronzage.

Le doigt quitta sa peau et Harry soupira de frustration. Soupir qui fut coupé quand la main de Draco passa en-dessous de lui pour serrer son torse tandis que l'autre tenait sa hanche. Harry sentit la pression du sexe de son amant contre ses fesses.

- Putain, grogna Harry.

- Langage, s'amusa Draco.

Harry bascula un peu plus sur le coté pour se retrouver presque allongé sur le ventre. Draco avait suivi le mouvement. Il se frottait comme un démon contre lui, faisant glisser sa queue contre ses fesses. Le contact de la peau de son membre contre la sienne fit gémir Harry. Draco était tout aussi bruyant contre son oreille.

Il écrasait Harry de presque tout son poids ; le brun aurait aimé resté couvert par ce corps qu'il aimait de plus en plus chaque jour.

- Oh, Harry… Harry !

Les mouvements de hanches de Draco étaient totalement désordonnés mais il ne faisait rien lascivement. Il se branlait contre le cul de Harry et Harry levait les fesses pour lui donner encore plus de marge de manœuvre et c'était affreusement bon.

La main de Draco se crispa sur son torse tandis que l'autre obligeait Harry à entrer en contact avec force avec le sexe de Draco. La seconde suivante, il sentait un liquide tiède s'écouler contre sa peau. Draco appuya ses lèvres contre sa nuque, le tenant fermement contre lui. Il fit quelques légers vas et viens avant de s'arrêter complètement.

Harry le sentit se détacher de lui et prononcer des sorts de nettoyage sur eux deux. Le brun se tourna pour faire face à Draco.

- J'aurais du demander cette chambre de préfet, pesta t-il d'une voix erratique.

Harry ferma les yeux et se cala contre lui en souriant.

- Et où le fun dans tout ça? répondit-il mollement.

Draco reposa sa main sur son ventre et resta silencieux un bref moment.

- Il n'y a pas de fun si je ne peux pas t'entendre crier de plaisir...

Harry écarquilla les yeux face à tant d'aplomb mais Draco venait de les plonger dans le noir.

- Espèce de pervers, fut sa seule remarque.

Bien sûr, Draco ne répondit que par un reniflement dédaigneux.

OoooooooooooooOooooooooooooooO

Ses doigts jouaient machinalement avec les perles du collier.

Sa première pensée fut de se dire que ses doigts auraient encore pu avoir des traces de brûlure mais la peau était intacte et sa couleur caramel, une délicieuse preuve qu'il était le garçon qui serait toujours le mieux soigné tant que sa mère restait en vie.

Doucement, Harry cessa son petit manège et Regulus revint sur le visage du jeune homme.

Il lui semblait que cela faisait des années qu'il ne lui avait pas parlé. Cette impression s'était intensifiée à cause des derniers jours troubles de la fin des vacances.

Ils avaient énormément de chose à se dire.

- J'ai du révéler plus que ce nous avions prévu de dire.

Harry hocha la tête puis croisa les jambes et les bras et s'installa plus confortablement dans le fauteuil du petit salon du professeur.

- Ce n'est presque plus important. J'ai dit à William ce dont je me souvenais, Draco a avoué à ses parents, à ma mère et à William ce qu'il savait lui aussi.

Regulus se massa les yeux avec les doigts avant de fixer de nouveau son regard sur le brun.

- Je n'ai pas dit que tu savais pour Adams. Sirius ne le sait toujours pas, Severus non plus, mais je suppose que Louve le sait?

Un sourire fatigué étira les lèvres d'Harry. Regulus avait tout de même l'impression que le garçon s'en sortait bien, physiquement et mentalement.

Harry traça les bribes d'une réponse.

- C'est drôle, tout de même, la manière dont j'apprends mes leçons. Je ne suis pas comme Hermione : même si je comprends, je mets très longtemps à accepter. L'année où Sirius est mort – Regulus plissa les yeux mais Harry ne le remarqua même pas – tout le monde me cachait tout. Spécialement ce qui me concernait. Voldemort était revenu, personne ne me croyait et Dumbledore m'ignorait royalement... Pour avouer bien plus tard que s'il m'avait fait confiance, s'il s'était ouvert à moi, Voldemort ne se serait pas servi de moi avec autant de facilité. Après réflexion, je me suis dit qu'il me reprochait à moi d'avoir été trop émotif.

Regulus garda pour lui l'insulte qu'il avait pour Dumbledore.

- Quelle mauvaise habitude, n'est-ce pas ? J'ai détesté qu'on me mente et je me suis obstiné à faire pareil pour tout le monde, tout le temps.

- Est-ce que ça veut dire que tu vas m'expliquer ce qu'il s'est passait avec Lucius ?

Harry leva un visage contrit vers lui.

- Je sais que…

- Je vous avais strictement interdit d'essayer de mettre la main sur ce livre ! Et vous m'avez désobéi. Une chance que Lucius ait eu le bon sens de se débarrasser du livre et de demander à Archibald de lui effacer la mémoire à ce propos.

Harry fronça les sourcils mais Regulus n'avait pas l'intention de laisser passer ça. Il avait été furieux d'apprendre l'escapade d'Harry et le fait qu'il avait mis sa vie en danger plus que de raison. Bien sûr, personne n'avait anticipé un retour d'Abraxas mais au-delà de ça, Harry faisait des choses derrière son dos et Regulus n'était pas le genre d'homme à fermer un œil.

Il n'était pas Dumbledore.

- Alors nous allons avoir un problème, répondit Harry.

Sa réplique eut le même impact qu'un coup de poing pour Regulus. Parce qu'avec cette simple phrase, c'était comme si Harry venait de le renvoyer en arrière.

Très loin.

Trop loin.

Au moment où Harry Adams… Harry Potter en savait déjà trop.

Il était vieux. Beaucoup trop vieux. Et Regulus en revenait à sa première constatation : Harry allait mieux physiquement et mentalement.

Le jeune serpentard plissa les yeux et soutint le regard de Regulus.

- A partir de maintenant, et ce sûrement contre ta volonté, je vais tout mettre en œuvre pour poursuivre mon seul et unique but.

- Qui est ?

- Survivre à Voldemort.

Regulus sentit son cœur battre un peu trop fort dans sa poitrine.

- Tu as un plan, souffla-t-il.

Ce n'était pas vraiment une question mais Harry se détendit et sourit.

- Ça serait une première, n'est-ce pas ? J'ai toujours agi au dernier moment, dans la précipitation. Même Adams n'a jamais essayé de voir plus loin. Choisir Voldemort, ouvrir le Cycle d'Argos, abandonner tout le monde… Suivre Quirell, s'enfoncer dans la Chambre des Secrets, pénétrer dans le Ministère… Un lot d'actions résultant d'une pulsion souvent justifiée par ma colère et le fait de ne pas être entendu ou compris. Mais ça a changé : tout le monde m'écoute et tout le monde sait quand il faut remettre ma parole en question. Regulus, j'ai appris ma leçon. Je vais arrêter de courir dans tous les sens.

Regulus se redressa légèrement, étouffé par une bouffée de fierté mêlée d'une inquiétude sans nom. Il laissa échapper un rire.

- Même aujourd'hui, j'ai l'impression de ne pas faire le poids contre toi.

Harry lui sourit avec une indulgence qu'il ne connaissait que trop bien.

- Dis moi à quoi tu as pensé, s'il te plaît ?

- Tu as détruit un horcruxe. Nagini… J'ai quelques suppositions sur la raison pour laquelle le serpent était enfermé : Voldemort a un autre animal de compagnie.

Regulus serra le poing et grimaça. Harry parlait du corps d'Adams.

- C'est une chance que ça soit toi et l'auror Chester qui y soyez allés, poursuivit Harry. Et une autre chance que Louve ait tenté de le trouver.

Regulus ne voyait pas où il voulait en venir et lui fit part de son incompréhension.

- C'est pourtant simple : pour le moment, Voldemort n'a aucune idée que moi et bien d'autres sommes au courant pour les Horcruxes. Il doit être focalisé sur toi et penser que tu veux juste le retrouver lui. Pour peu que l'on sache, il doit supposer que seul Dumbledore était au courant. Et Voldemort fait partie de ces personnes qui savent comment fonctionnait le directeur.

Regulus écarquilla les yeux.

- Nous avons commencé à retrouver des Horcruxes, plus de cinq ans après la mort de Dumbledore, donc rien qui n'inquiéterait Voldemort. Ce qui signifierait qu'il n'a sûrement pas vérifié l'état de ses autres Horcruxes. Il a sûrement su pour la bague ou l'a supposé mais son ego est incommensurable !

Regulus se leva d'un coup et se mit à faire les cents pas dans le petit salon.

- Pour lui, tu es Adams ! Mais Voldemort ne sait rien de ce que savait Adams !

- Et Adams n'a jamais montré un quelconque signe qu'il s'intéressait aux horcruxes, continua Harry. En faisant en sorte qu'Abraxas soit le plus enclin à s'en emparer, cela épargnait Adams d'être pointé du doigt devant la disparition du livre.

- Donc… Voldemort ne se doute pas que l'on cherche les Horcruxes, sa seule certitude est qu'on le cherche lui et qu'on le cherchera lui encore plus, maintenant que tout le monde sait qu'Adams est avec lui !

Regulus se tourna vivement vers Harry. Le brun le regardait très sérieusement.

- Je n'ai pas menti, Regulus : ma priorité est Neville, ma priorité est les Horcruxes. Tant que nous restons dans le secret, nous avons encore une longueur d'avance. Mes parents, Sirius, Severus, les Corgan et les Malfoy… Tous des cibles, mais des cibles uniquement vis-à-vis de Voldemort en personne. Il y aura des attaques, il y aura une autre guerre sûrement. Ça sera la pire des couvertures mais ça restera une couverture.

- Mais toi ! s'exclama Regulus. Tu es en danger ! Il en a après toi !

- Voldemort a pris le temps de me dire qu'il me prendrait tous ceux que j'ai pris soin de sauver. Je doute qu'en ce moment son envie principale soit de me tuer moi.

Regulus frissonna d'horreur. Que Harry décrive parfaitement les sombres désirs de Voldemort lui donna la nausée. Il savait que ce que Harry disait avait du sens mais la colère, l'inquiétude et la culpabilité le faisaient grincer des dents.

- Non, ce qu'il va faire… C'est essayer de s'en prendre aux autres… Toi plus que quiconque peut-être, mais…

- Mais c'est une diversion suffisante, répondit Regulus à sa place. C'est aussi ta façon de me dire : « ne te mêle pas de ce que je fais pour le moment. »

La tristesse et la colère donnaient à sa voix des intonations étranges mais Harry acquiesça positivement.

- Regulus, tu es au centre de tout ça. Tu es la tête à abattre parce que tu es celui qui en sait le plus, des deux cotés. Et je ne parle pas uniquement des Mangemorts ni de ce qu'il reste de l'Ordre. Je parle aussi de ce que tu sais à propos de moi. Voldemort sait que s'il t'atteint, il m'atteint moi. Ça me tue de l'avouer mais l'envie que tu ressens de m'enfermer pour mon propre bien, je la ressens pour toi et pour beaucoup d'autres personnes. Mais j'ai conscience que je ne me facilite pas la tâche. Il y a des événements que je serais incapable de contrôler. Mais je vais faire en sorte de contrôler ce que je peux. C'est pour ça que je te dis tout ça. Je veux que tu comprennes que si je fais des choses qui dépassent ta compréhension, ce n'est pas par pur désir de me rebeller, c'est réfléchi… Longuement réfléchi.

Regulus s'empressa de rejoindre Harry et de s'agenouiller devant lui. Il lui prit les mains et les serra avec force.

- Écoute-moi, Harry…

- Non, toi écoute moi.

Harry retira ses mains pour les poser sur les épaules de Regulus et le regarder droit dans les yeux.

- Tu es mort… Dans un lac, oublié de tous, détesté par ton propre frère, tu avais mon âge. Regulus, tu avais mon âge. Tu auras beau souhaiter que je ne vive pas ça, je l'ai vécu et je le vivrai encore. C'est comme ça. Toi et moi, nous n'y pouvons rien. On ne peut pas se cacher éternellement – Harry esquissa un sourire – Essaie de trouver ton âme de maraudeur.

- Tu sais que je n'en suis pas un…

- Non, tu es mieux que ça. Tu es plus que ça. Toi et moi sommes aussi stupidement braves l'un que l'autre. Tu ferais pareil à ma place.

Regulus fut incapable de démentir. Il était ce garçon qui agissait lui aussi au dernier moment. Harry entoura ses épaules de ses bras et posa sa tête contre son cou, Regulus l'enlaça complètement.

Harry était son frère. Harry était son père. Harry était son fils. Il était le garçon qui lui avait donné de la force, qui lui avait donné une autre vie. Il était celui qui avait les réponses.

Et Harry était comme lui. Stupide et brave.

- Je trouverai les horcruxes, souffla Harry contre son oreille. Je les trouverai et quand l'un de nous frappera Voldemort, ça sera pour le tuer… Définitivement.

Regulus souhaita de tout son cœur être là le jour où ça arriverait. Mais l'avenir n'avait jamais été certain pour personne. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était croire en Harry.

Et il croyait en lui.

OooooooooooooOoooooooooooooO

Le journal n'avait rien d'impressionnant. C'est ce que Neville s'était dit en le voyant réellement pour la première fois. Mais quand Harry avait sorti une plume et avait commencé à converser avec ce qui se trouvait à l'intérieur, il n'avait plus trouvé ça simple.

L'âme avait donné son prénom : Tom.

Ça leur suffisait à tous.

Et maintenant que le petit carnet noir reposait au centre de la Salle sur Demande, entre Harry, Hermione, Nolan, Draco et lui, Neville n'avait qu'une hâte : en finir.

- Neville ?

C'était la voix inquiète d'Hermione.

- Oui ?

- Comment tu te sens ?

Tous les yeux étaient braqués sur lui mais Neville ne ressentait plus grand-chose. Et il savait pourquoi : ses barrières d'occlumens étaient solides. Il ne s'en était pas départi une seule fois depuis que ses amis avaient fourni des efforts considérables pour les lui apprendre. C'était maintenant comme une seconde peau autour de son esprit. Une coque plus solide que celle d'une noix ou d'une châtaigne. Regulus lui-même l'avait testé à plusieurs reprises depuis la rentrée et Neville ne laissait rien passer.

Ça l'étonnait donc moyennement de ne pas ressentir les fameuses vagues de douleur qu'avait subies Harry dans une précédente vie et pour ça, il lui en était profondément reconnaissant.

Mais par réflexe, il passa sa main derrière son crâne.

- Je ne sens rien.

- Ça devrait nous inquiéter que notre seul renifleur de Horcruxe soit en panne, fit sournoisement Draco.

Neville lui offrit un sourire désolé. Il savait que c'était la façon du blond de détendre une atmosphère tendue.

Il avait, au fil des moments passés avec Draco, compris que le Serpentard exécrait tout type de tension. Quand Hermione émettait des sons de frustration pour essayer de faire comprendre à tout le monde que quelque chose n'allait pas, Draco, lui, se faisait un plaisir de traduire crûment tout ce que tout le monde pensait tout bas.

- Je croyais que c'était une certitude, fit Nolan.

L'anxiété se lisait sur son visage mais il n'avait pas l'air de vouloir faire marche arrière maintenant qu'il avait presque toutes les réponses.

- C'est une certitude, grinça Harry.

Sa voix coupa court au débat.

Neville le vit sortir une poche en cuir qu'il ouvrit délicatement. A l'intérieur se trouvait une dague. Neville savait ce qu'elle était : l'une des quatre dagues fabriquées par le même Gobelin qui avait créé l'épée de Godric Gryffondor. Harry leur avait patiemment expliqué que les lames avaient été trempées dans le venin de basilic qu'Adams avait récolté après le fameux combat contre la créature. De la bouche de Harry, l'auror Chester en avait perdu une en tuant Nagini et il pensait sincèrement que celle-ci ne survivrait pas à la destruction du journal.

Peu importait, il en restait encore deux. Et si le compte était bon, il ne restait qu'un seul Horcruxe. Enfin, deux s'il se comptait dans la liste.

- Bon, reprit le brun. A qui l'honneur ?

Neville ne se précipita pas sur la dague, Hermione non plus. Nolan semblait considérer la dague de la même manière que le journal : comme un objet dangereux. Harry soupira mais Draco fut plus rapide. Il s'empara de la dague et la planta d'un coup sec dans le journal.

Un cri strident se fit entendre et ils bondirent tous en même temps. Hermione fut tirée en arrière par Nolan et Harry passa un bras devant Draco pour le repousser.

Un épais liquide noir s'échappa du livre, comme s'il saignait, Draco poussa Harry et reprit la dague pour l'enfoncer de nouveau avec encore plus de hargne. Mais ça ne cria plus et la lame de la dague avait totalement noirci.

Neville avait à peine senti une brève piqûre à l'arrière du crâne. Il en était certain, ce journal ne ferait plus de mal.

- On pourrait le brûler ? tenta-t-il tout de même.

- Je suis d'accord, embraya Nolan. Brûlons ce truc.

- Pas maintenant, répondit Harry. Je vais le remettre à Regulus et il le rangera avec les autres Horcruxes.

- La bague, le diadème, la coupe, Nagini et maintenant le journal, soupira Hermione. Il ne reste plus que le collier et…

- Et moi, termina Neville.

Harry entoura le journal d'un tissu avec la dague à l'intérieur.

- On en parlera plus tard. Un seul livre à la fois, vous voulez-bien ?

Hermione essuya son front.

- Dans ce cas là… Tant que nous sommes sur le sujet des Horcruxes, une idée de l'endroit où le loquet pourrait se cacher ?

- Pas autour du cou de ce détestable crapaud rose, s'amusa Draco.

Le blond se laissa tomber en arrière pour s'allonger au sol mais Neville se concentra de nouveau sur Harry.

- J'ai une idée de l'endroit où il pourrait se trouver. Je ne m'en serais pas douté si vous n'aviez pas trouvé le journal. Mais maintenant, je me dis qu'il pourrait très certainement se trouver dans le coffre de Bellatrix Lestrange.

Draco se redressa, Hermione ouvrit la bouche en grand, même Nolan secoua la tête.

- Donc on ne pourra jamais y mettre les pieds.

Harry leur décocha son plus beau sourire.

- Si je l'ai fait une fois, je peux le faire une deuxième fois.

- Harry ! Nous n'avons pas les cheveux de Bellatrix !

- Nous n'en aurons pas besoin. Nous avons beaucoup mieux que ça.

Harry fit un geste en direction du journal et de la dague soigneusement emballés. Hermione fit un « oh » qui sembla montrer qu'elle avait tous compris. Mais Neville avait besoin d'être mieux éclairé.

- Est-ce que tu pourrais être plus précis ?

- Adams a appris le Gobelbabil, nous avons en notre possession l'épée de Gryffondor et un livre qui peut sûrement nous offrir de quoi mettre quelques gobelins dans notre poche.

Harry se releva tout en ramassant les restes de l'Horcruxe. Les autres en firent de même.

- Donc si ça se passe comme dans tes souvenirs, on va entrer récupérer le loquet parmi des tas d'autres loquets et s'enfuir à dos de dragon.

Harry ignora le ton cynique de Draco.

- Rien ne dit que ça sera pareil, répondit Harry.

- Rien ne dit que le collier de Salazar s'y trouve vraiment, objecta Hermione. Tout ce que nous avons, ce sont des suppositions.

- Mais notre meilleure piste, concéda Nolan. Harry a raison : on devrait se concentrer sur une chose à la fois. Pour commencer, nous avons le livre d'Ezkridis et ça c'est une certitude. Ce qui ne l'est pas, c'est ce que tu comptes en faire, Harry…

Harry haussa les épaules. Neville comprenait que c'était la partie ou ils tâtonneraient dans le noir.

Il fit le chemin du retour vers les dortoirs de Gryffondor avec Hermione et Nolan dans le silence le plus total, enfin, jusqu'à ce que le blond ouvre la bouche.

- Je vais faire de mon mieux pour aiguiser un peu plus mes compétences de briseur, je pense que je peux venir à bout de la protection du livre mais je pense aussi que tu devrais le cacher dans la Salle sur Demande, Neville.

Il fit « oui » de la tête : il y avait déjà pensé. Il ne se sentait pas de se retrouver en présence du grimoire et il n'avait qu'une hâte : que ça aboutisse à quelque chose.

- Tu le prends plutôt bien, tenta Neville.

- Quoi donc ? répondit Nolan.

- Toute cette histoire. C'est de la folie, non ?

Nolan haussa les épaules.

- Tout ce qui concerne Harry a toujours été de la folie. Mais maintenant, ça a du sens. Et j'ai enfin l'impression de pouvoir servir à quelque chose.

- Qu'est ce que tu racontes ! s'emporta Hermione.

Nolan lui offrit un doux sourire.

- Je dis juste que ça me fait du bien de pouvoir faire partie de quelque chose, d'un groupe, et de me rendre compte que ce que j'apprends à son utilité et que ça me conforte dans l'idée que je ne me suis pas trompé. C'est dur de trouver sa place en tant que sorcier quand on a des parents qui ne font pas partie de ce monde. Il y a des gens qui ne se posent pas autant de questions que moi. Mais c'est une habitude que je vais essayer de perdre. Un peu d'action, ça ne fait de mal à personne, n'est-ce pas ?

Neville le regarda avec des yeux ronds. Il comprenait le sentiment, seulement, que Nolan Corgan l'exprime à haute voix était véritablement impressionnant. Lui qui donnait l'image d'être inébranlable était aussi peu sûr de lui que n'importe qui. Un bref coup d'œil à Hermione et Neville constata qu'elle regardait le préfet avec un regard brillant de fierté.

Neville sourit à son tour. Il y avait de l'espoir.

Beaucoup d'espoir.

OoooooooooooooOooooooooooooooO

Draco avait mal au crâne.

Il regrettait amèrement d'avoir été élu préfet et était à deux doigts de demander au professeur Rogue de le révoquer. Il était sûr que Blaise serait ravi de reprendre son rôle quand il ne passerait pas tout son temps à s'envoyer en l'air avec la dernière des Weasley.

Il avait déjà fait un choix et avait décidé de sacrifier sa brillante carrière dans le Quidditch, uniquement parce qu'il avait plus besoin de se promener comme bon lui semblait dans les couloirs que de rafler une autre victoire. Et il avait du supporter le sermon de Cassidy, sa délicieuse ancienne coéquipière à présent Capitaine.

Donc, oui, il avait mal au crâne et il n'avait qu'une hâte : fermer les yeux et ne plus penser à rien. Et si Harry pouvait être un amour et le couvrir de baisers alors ça serait formidable...

Malheureusement, en arrivant dans son dortoir, il trouva le brun le nez plongé dans un livre, habillé d'un affreux pyjama au dessin ridicule de nifleur.

Draco retint un immense soupir de frustration. Il passa devant le lit de Blaise qui était allongé sur le dos et les oreilles pleines d'écouteurs moldus et un baladeur sur le torse. C'était la mode de la rentrée, introduite en douce par les jumeaux Weasley et radicalement enchantée pour ne pas subir les problèmes de magie sur l'électricité. Draco était presque sûr que celui-ci était à Ginny. Il se retint de grimacer : était-il aussi mielleux avec Harry ?

Apparemment non, vu que le brun ne daigna même pas lever les yeux de son bouquin quand il se laissa lourdement tomber sur son lit.

- Est-ce que je suis transparent ?

Harry ne releva même pas la question, trop plongé qu'il était dans sa lecture.

- Bon sang, Harry, qu'est ce qui te…

Draco cessa de parler. Harry lisait un banal livre d'arithmancie. Harry n'avait pas ce genre de cours... Mais Draco, oui : c'était son livre de cours que Harry lisait. Le brun avait les jambes relevées contre son torse et Draco remarqua en le détaillant un peu plus qu'il avait les lèvres entrouvertes. Draco avait presque la certitude de savoir ce que Harry lisait vraiment. Le brun releva lentement les yeux vers lui et Draco se sentit mourir de honte.

- Écoute… Cette lettre… Est…

- Osée, chuchota Harry.

Draco en fut proprement mortifié, il n'avait jamais pensé l'envoyer. En parler oui, mais son contenu devait être son vilain petit plaisir.

Harry referma le livre d'un coup sec et le posa sur son bureau avant de reposer un regard voilé sur Draco. Et le blond comprit que Harry était loin d'être horrifié. D'un geste sec, il ferma le rideau sur leur lit et Harry lui accorda le droit de le faire crier de plaisir.

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A SUIVRE...