Bonsoir les agneaux !

Alors comme je l'ai déjà dit, les trois ou quatre prochains chapitres font partie de mon top 3 de fun que j'ai eu en l'écrivain. Il y a des tas de références à des trucs que j'aime énormément : Full metal alchemist, Constantine, les nouvelles aventures de Sabrina (même si je suis sûr que les scénaristes de cette série ont un peu pompé dans mon cerveau u_u * quelle mauvaise foi*). Il y a aussi des refs ésotérique.

Voilà, voilà, je n'ai rien à ajouté :D, ah si…Bonne lecture !

Ce chapitre est corrigé par Titou Douh.

BBLLL : Haha navrée pour la lettre ^^. Concernant les horcruxes, je crois que sept est déjà un nombre vraiment, vraiment atroce en séparant ses âmes, je suis pas sûr que Voldemort puisse faire plus. Mais ça ne sera pas « facile » ^^. Oh et Voldemort ne vas pas se laisser faire non plus :p. Moi aussi j'aime bien le Blaise/Ginny. Haha, on lâche pas on est là :p. J'espère que tu aimeras la suite ! Koeur !

Hellehaare : Neville fait bien partie de la liste des horcruxes mais Harry ne se voit pas lui dire ça X). Yep maintenant qu'Harry et Draco sont réunis je vais plus les décoller…enfin…J'espère que tu aimeras la suite ! Koeur.

Aussidagility : XD, bonne fête !

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LE LIVRE NOIR

« Still it's hard

Hard to see

Fragile lives, shattered dreams. »

The kids aren't alright. The offspring

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Severus Rogue observa la petite maison avec beaucoup d'intrigue.

Elle n'avait rien de particulier si ce n'était qu'elle était perdue au milieu de nulle part et ressemblait presque à la cabane de Hagrid, en plus soignée. Avec son joli parterre de fleurs et sa petite clôture en bois, rien ne disait que vivait ici une créature qu'il n'avait aucunement envie de fréquenter.

- Tu es sûre de toi ? finit-il par dire.

- Certaine, répondit Louve.

Severus la crut, son attitude était bien celle d'une jeune femme déterminée. Alors il fit le premier pas, poussa la barrière et marcha sur les pierres brutes qui pavaient le chemin vers l'entrée de la maisonnette, Louve derrière lui. Ils n'eurent pas besoin de toquer ; la porte s'ouvrit presque immédiatement sur le visage granuleux et affreux du gobelin.

- Vous avez… Très exactement huit minutes de retard, Miss Lupin. Si c'est comme cela que vous avez l'intention de devenir une bijoutière magique, vous vous y prenez mal… Très mal.

Severus fut sur le point de lui rabattre le caquet mais Louve posa sa main sur son épaule pour le réduire au silence.

- Je suis sincèrement désolée, cela ne se reproduira plus.

Le gobelin grommela quelque chose dans sa propre langue avant de reprendre dans un anglais haché au couteau :

- Vous pouvez entrer. Votre chambre est à l'étage, vous avez cette journée uniquement pour flâner. Dès demain, nous commencerons votre apprentissage.

Le gobelin disparut et Louve se tourna vers Severus qui fulminait de colère.

- Il fallait que ça soit lui... Je peux te trouver des sorciers prêts à…

- Mais ce n'est pas un sorcier que je veux ! L'épée de Godric, les bracelets de Harry et l'auror Chester, mon propre collier, tout ça… Ça a été créé par des Gobelins ! Et c'est le seul qui a décidé de partager ses secrets de fabrication et qui a été exclu pour ça ! C'est une chance unique, Parrain, et je ne la laisserai pas passer. Tu devrais être satisfait, je ne vais pas jouer les médiums !

Severus pinça les lèvres et dut admettre qu'il n'avait aucun argument contre ça. Mais... Laisser Louve voler de ses propres ailes, choisir ce qu'elle voulait faire de sa vie, ne plus avoir besoin de lui... Ça le rendait fou.

Fou de chagrin. Et pourtant, il n'avait jamais été aussi fier.

- Je ne le fais pas uniquement pour l'auror Chester ou pour trouver Voldemort. J'aime créer des objets, des bijoux que tout le monde peut porter. En faire des magiques était juste la suite logique, tu ne penses pas ?

Louve lui prit la main sur laquelle brillait la chevalière qu'elle lui avait offerte.

- Tout va bien se passer.

Severus retira sa main pour la passer dans les cheveux noirs et bouclés de la jeune fille. Ses vrais cheveux, ceux de sa mère.

- Je suis tellement fier de toi, Louve Lupin.

La jeune femme sourit et se pressa contre Severus pour le prendre dans ses bras.

- On se revoit à Noël, finit-elle par dire.

Elle se détacha de lui et rentra dans la maison. Severus resta bêtement à regarder la porte fermée durant quelques secondes avant de faire demi-tour.

Il avait un chien à consoler.

OooooooooooooooOoooooooooooooooO

Louve fixait le plafond de sa chambre. Le silence régnait en maître dans la petite maison, excepté le grondement du four qui ne s'éteignait jamais.

Cela faisait seulement une semaine qu'elle était ici. Une semaine qu'elle passait ses journées à réapprendre des bases qu'elles pensaient déjà connaître sur le bout des doigts, mais pour Vermck ce n'était pas assez.

Le gobelin était une teigne qui ne manquait pas un seul instant de la rabaisser. Mais Louve était elle aussi butée et mauvaise quand il fallait l'être et son devoir méritait amplement qu'elle se laisse marcher sur les pieds par le seul être qui pouvait lui apprendre le secret du bracelet.

Aussi, elle avait appris des meilleurs pour ravaler sa colère quand il le fallait. Et il lui suffisait de se remémorer du sacrifice de certains pour se motiver à supporter cet apprentissage... Et se souvenir de la raison pour laquelle elle se trouvait ici.

« Où penses-tu aller comme ça, petite idiote !? »

Louve se força à ne pas sursauter, même si elle fut incapable de refréner le bon affolé de son cœur.

Pourtant, ce n'était qu'un stupide souvenir. Ici, dans cette pensine, il ne pouvait pas la toucher. Et c'était une chance. Une chance qu'elle ait pensé à quelque chose comme ça. Parce qu'à présent, elle avait sa réponse.

Elle se força à sortir de ses souvenirs et s'empressa de monter les marches de la cave. La porte s'ouvrit sur son parrain qui la regarda, extrêmement surpris.

- J'ai trouvé, dit-elle dans un souffle.

- Trouver quoi ?

- Pourquoi Voldemort a pu me voir !

Le visage de Severus s'assombrit et Louve s'attendit à un énième sermon sur sa faculté aussi épuisante que celle de Harry de se mettre en danger. Puis l'homme soupira.

- De quoi as tu besoin ?

Un sourire illumina le visage de Louve.

- De l'auror Chester, de Sirius et de toi, évidement.

Severus acquiesça et fit comme la jeune fille avait demandé. Le soir même, Louve faisait plonger ces trois hommes dans les souvenirs de sa recherche.

- Est-ce possible ? s'étonna Sirius.

- Tu le vois bien, je crois.

Effectivement, ils le voyaient tous. Ils voyaient le lieu richement décoré, le feu de cheminée, le fauteuil et la silhouette d'Adams.

Louve, qui avait presque oublié ce détail tant elle été captivée par Voldemort lui-même, eut du mal à comprendre le brusque retour à la réalité quand elle vit tous les autres sortir brusquement du souvenir.

William Chester était pâle comme la mort et Sirius avait fui dans le premier coin pour vomir.

Et son parrain tremblait de tout son corps.

Jamais elle ne les avait vus comme ça. Jamais aussi perturbés et horrifiés. Et peut-être ne l'avaient-ils pas réellement crue au départ ? Peut-être avaient-ils pensé que c'était une vaste blague ? Mais Louve, qui connaissait déjà presque une partie de la vérité, avait déjà eu du mal à se faire à cette image. Celle de Harry… Pas vraiment son Harry. Mais Harry tout de même, chétif, maigre, dont les cheveux noirs avaient été teints en blond et lissés.

- C'est… C'est un cauchemar, grogna Sirius d'une voix rauque.

Il avait les yeux rouges et s'essuya la bouche du revers de sa manche, son autre main agrippée à une étagère pour soutenir son poids.

- Ce n'est pas… Ce n'est pas Harry, murmura Severus. Ce n'est pas… Harry.

- Qu'est ce que c'est alors !? s'insurgea Chester. Si ce n'est pas Harry, qu'est ce que c'est que ça !?

- Une aberration ! proclama Louve. S'il vous plaît, concentrez-vous !

Louve les regarda avec une telle urgence dans les yeux qu'ils se forcèrent à replonger dans le souvenir.

- Là ! Regardez son poignet !

Louve pointa du doigt la main qui avait l'avait agrippée, celle de Voldemort, et ce qu'il y avait autour.

- Non... C'est… Non…, fit la voix tremblante de l'auror.

Un simple bracelet.

Un simple bracelet noir, qui aurait pu passer inaperçu aux yeux de n'importe qui. Mais pas aux yeux de ceux qui en avaient vus des similaires.

Certes, ce n'était pas des crocs comme sur celui de Chester, ni des crochets comme pour celui de Harry, mais des griffes.

- C'est lequel ? demanda Severus. Quel est son pouvoir ?

- Le bracelet d'Obsidienne : éloigne la peur, renforce les sorts de protections… Sûrement aussi la protection de l'esprit, et… Ouvre le troisième œil.

- Donc, fit sombrement Sirius, Voldemort vient d'améliorer ses dons de médium.

- Est-il possible qu'il puisse voir l'avenir ?

Tous les regards se tournèrent vers Louve. La jeune fille croisa les bras.

- Il peut voir l'avenir, dit-elle. S'il fait certains sacrifices… Innommables, mais s'il est intelligent, il saura que peu importe ce qu'il fait, ça n'aura aucun impact. On ne peut pas changer l'avenir, on ne peut pas changer ce qui n'est pas arrivé, juste en être témoin.

Sauf, si on s'appelle Harry Potter, pensa sombrement Louve.

- Pourtant, toute sa foutue vie dépend d'une prophétie ! s'énerva Sirius.

- Je ne suis pas certain qu'il prenne autant à cœur cette prophétie vu qu'elle ne s'est pas encore réalisée. C'est peut-être même une vaste blague qui a coûté la vie à trop de personnes, gronda Severus

Louve avala de l'air pour ne pas avouer ce qu'elle savait sur la prophétie et sur la possibilité qu'elle était sûrement toujours d'actualité.

- Dumbledore avait l'air d'y croire, tenta Chester.

Louve le fixa en plissant les yeux et l'auror fit un bref mouvement de tête. Rien ne lui disait que Chester en savait autant sur Harry et Neville mais elle supposait que oui. Seulement, il devait avoir conscience que ce combat là n'était pas exactement le sien.

- Qu'est ce qu'il peut faire avec ça, alors ?

- Il peut faire comme moi, trouver ceux qu'il désire trouver. Ou trouver des objets. Et si ça améliore ses sorts de protections, alors le trouver lui risque d'être… Problématique.

- Donc au moins, on sait à quoi s'en tenir concernant une envie soudaine de le chercher avec des moyens magiques. Tout ça ne nous fait pas grandement avancer.

- Ou peut-être que si.

Le regard de l'auror Chester s'illumina en observant Severus et Louve.

- Nous avons une créatrice de bijoux. Et je suis persuadé que je peux obtenir le secret de fabrication des bracelets… Après tout, j'ai déjà une partie des ingrédients.

Louve écarquilla les yeux.

- Vous voulez sacrifier votre propre bracelet ?!

L'auror Chester passa son doigt entre son bracelet et sa peau et le regarda avec douleur.

- Je suis sûr que Harry ne m'en voudra pas pour ça. Tu penses que tu serais capable de le faire ?

- De faire quoi ? De fabriquer un objet d'une telle puissance qu'il me permettrait de tout voir et tout savoir ?

Louve étira ses lèvres en un sourire sarcastique.

- Regardez-moi, fit-elle avec amusement.

William Chester parut satisfait et retira son bracelet pour le tendre à Louve. La jeune fille perdit son sourire goguenard au moment où les cheveux noirs de l'homme se mirent à devenir blanc au niveau de ses tempes.

- Will…, couina Sirius.

L'homme passa une main dans ses cheveux en soupirant.

- Je suppose qu'éloigner la douleur finit par avoir un coup.

- Bon sang, on dirait que tu as pris dix ans ! s'exclama l'animagus.

Chester se pâma d'un sourire et Louve le trouva encore plus beau qu'avant.

- J'ai enfin ton âge, plaisanta le brun.

- C'est bien beau tout ça mais comment est-ce qu'on procède, maintenant ? intervint Severus.

Le procédé était simple, en théorie, pensa Louve. En pratique, elle était loin de pouvoir en dire autant.

OoooooooooooOoooooooooooO

- Ta forme est bâclée ! Il y a des coupures qui ne sont pas nettes du tout, on voit les hachures de ta lame ! Bon sang, stupide sorcière ! Comment penses-tu fabriquer quoi que ce soit de décent et magique avec une maîtrise aussi mauvaise !?

Louve avala de l'air et retint les insultes qui lui venaient de justesse.

- J'ai fait exactement comme vous m'avez montré.

- Non, tu as fait exactement comme tu le faisais chez toi, avec ta baguette. Créer des objets magiques ne veut pas forcément dire tout faire par magie. Celle-ci réside aussi dans un travail fait de tes mains !

Vermck attrapa ses doigts et Louve se laissa faire avec réticence.

- Tu as de bonnes mains, pourtant. Tu pourrais faire de grandes choses. Mais tu es trop…

- Trop quoi ?

La créature plissa les yeux, du moins c'est ce que Louve crut.

- Trop pressée, souffla-t-il. Tu travailles comme si tu n'avais pas le temps.

- Et si c'était le cas ?

Le gobelin lâcha ses mains et claqua des doigts dans un geste agacé.

- C'est un art, mademoiselle, et l'art, même si tu as le talent, ça se travaille avec de la patience. Tu as choisis un métier délicat. Je ne tolérerai pas ton insolence et ton envie de faire vite et mal longtemps. Je t'ai choisie parmi des tas d'autres sorciers ! Je veux de l'excellence et tu me la donneras !

Louve écarquilla les yeux et en resta bouche bée.

- Vous… M'avez choisie ?

Le petit être grogna.

- Si tu penses êtres la seule à vouloir les secrets d'un ancien maître forgeur gobelin, laisse-moi te dire que tu te trompes. Je pourrais te virer demain qu'il y en aurait cinquante des comme toi devant ma porte. Alors ne gâche pas ta chance.

Un frisson d'horreur lui parcourut le dos et Louve se mordit la langue avant de baisser la tête.

- Oui, monsieur.

- Bien… Prends une nouvelle plaque.

Louve s'exécuta.

Cela prendrait le temps qu'il faudrait, mais elle le trouverait.

OoooooooooooooOoooooooooooooooO

- « Hamilton Reagar Ekrizdis, ou plus communément appelé « le sorcier fou », était un homme d'une immense cruauté. Selon les témoignages des quelques moldus retrouvés vivants après de la mort du sorcier dans sa forteresse nommée Azkaban... Enfin, vivant est un bien grand mot parce qu'aucun des survivants n'avaient encore la capacité de prétendre être un esprit sain... Ils avaient tous pratiquement perdu la vue et leurs mots n'étaient que des plaintes, des cris et des sanglots. Mais il ne faisait aucun doute sur le calvaire atroce que ces pauvres âmes avaient subi. D'Ekrizdis, il ne reste rien, si ce n'est cette tour impassible qui trône au milieu d'une mer déchaînée et des êtres plus froids que le linceul des morts, gardiens éthérés et diaboliques de cette détestable prison. Le mystère autour de ce sorcier demeure toujours. On ne sait de lui que sa haine sans commune mesure des moldus, des nés-moldus et des sang-mêlés. Certains de ses écrits ont été retrouvés près de son corps et il aurait semblé que sa folie meurtrière et son amour pour les arts sombres n'avaient aucune limite. »

Draco, Harry, Neville et Nolan étaient subjugués. Hermione n'avait pas une seule fois repris son souffle.

- Bien, fit Draco. Nous possédons donc entre nos mains le livre d'un homme aussi dangereux que Voldemort. La preuve d'une certaine intelligence serait de confier ce livre aux autorités compétentes et de ne plus en parler, reprendre une vie normale et attendre que le pire nous tombe dessus. Prier Merlin seul sait de ne pas mourir dans d'atroces souffrances.

Ils se jetèrent tous des coups d'œil hésitant.

- En clair, finit par dire Harry, si quelqu'un veut faire marche arrière, c'est maintenant.

Personne ne répondit.

- On a tous l'air d'être d'accord, conclut Nolan.

Hermione referma son livre des « Sorciers les plus dangereux du monde » avant de se lever pour le ranger.

Il ne leur restait rien pour s'opposer à leur mission. Même Nolan, qui aurait du être la voix de la raison, avait l'air bien décidé à ouvrir ce livre. Aussi il laissa Harry, Hermione et Draco tracer un cercle de protection autour de lui et du grimoire sous le regard mitigé de Neville.

Pour l'occasion, ils avaient vidé la pièce à laquelle ils faisaient appel dans la Salle sur Demande, ne laissant qu'un espace de la taille dans salon, carré sans rien pour leur barrer le chemin.

- Nolan ?

- Je suis prêt, fit le jeune homme.

- Nous aussi, souffla Hermione.

Les trois jeunes gens s'agenouillèrent autour du cercle et Nolan étendit ses bras, avec dans l'une de ses mains sa baguette. Il commença à invoquer en Aymara un dieu du nom de Paryaqaqa, dieu de la création à tête de faucon.

Aussitôt, un masque doré couvrit sa tête et Nolan serra les dents dans l'effort. Les protections du livre n'étaient pas comparables aux sorts sur lesquels il avait travaillé durant l'été. Elles étaient plus fortes et il avait l'impression que le masque était lourd à porter. Mais son invocation fonctionna : il entendit la voix du dieu.

Un « bang » sonore se fit entendre. Du coin de l'œil, il vit Draco et Neville sursauter. Il voyait les lames noires entourant le livre se fissurer une à une. C'était l'apparence des protections du grimoire qu'il devinait à travers le masque et il sentait sa magie ronger le métal de plus en plus. Il avait juste besoin d'un peu plus de force.

- Maintenant ! parvint-il à grogner.

Les trois jeunes posèrent leurs mains sur le cercle que Harry avait mis au point.

Même si c'était l'idée de Nolan, ce dernier avait totalement fait confiance à Harry pour dessiner un cercle de partage de magie. C'était expérimental, tout ce qu'ils faisaient de toute manière était totalement expérimental... Mais ils étaient les seuls à en avoir les facultés : lui était un briseur de sort, Hermione la sorcière la plus brillante de sa génération, Harry avait des connaissances hors du commun et Draco une véritable faculté d'apprentissage et de création de sorts indéniable. Ils avaient les capacités de faire ça bien.

Nolan sentit le souffle de magie l'étreindre avec force et son propre corps l'absorber avec avidité.

Un autre « Bang » et les morceaux de métal explosèrent littéralement. Une épaisse fumée noire sortit alors du livre. Avec elle, un rire. Un rire monstrueux.

Il lui sembla alors entendre une voix dans sa tête. Et celle-ci n'avait prononcé qu'un seul mot.

« Maudit. »

Nolan fut projeté en arrière avec une force incroyable.

- NOLAN !

Harry se précipita sur lui.

- Ça va, grogna le brun. Je pense que c'est une preuve plutôt évidente que sa protection est brisée.

- On va devoir tester ça, fit Draco.

Nolan se redressa avec l'aide de Harry pour voir qu'ils étaient tous en nage.

Hermione, elle, avait tendu le bras en direction du livre. Nolan se mit à genoux, baguette en main, prêt à la défendre contre il ne savait quoi.

- J'y vais, dit-elle d'un ton implacable.

Sous l'œil angoissé des garçons, elle frôla du bout des doigts la couverture. Rien ne se passa. Hermione sourit et prit le livre à pleines mains avec un petit cri de triomphe. Nolan sentit Harry se détendre à coté de lui et eut du mal à réprimer son propre sourire satisfait.

- Maintenant, poursuivit Hermione en s'adressant à l'ouvrage, prouve-moi que les livres valent tous le coup d'être lus.

La jeune fille ouvrit le grimoire d'un coup sec et ses yeux s'agrandirent d'horreur.

- Quoi !? s'exclama Harry.

Il s'était presque jeté sur elle et Nolan put voir sur son visage une totale incrédulité.

- Vide…

- Quoi ? Comment ça, « vide » !?

Bientôt, ils furent tous au centre du cercle, autour d'Hermione et du livre, qui était effectivement vide. Vide de lettres, de dessins, de runes ou d'une quelconque écriture.

- Qu'est ce que… Qu'est ce qu'on a mal fait ?

Nolan secoua la tête. Il ne comprenait pas. Il avait vérifié encore et encore avant de se lancer dans le projet de briser la protection, il n'avait rien vu qui aurait pu suggérer que le livre perde son contenu.

Il se sentit tout d'un coup misérable.

- Je suis désolé, dit-il.

Harry secoua la tête avant de rire nerveusement.

- Je dois être un putain d'optimiste pour croire qu'on pouvait gérer ça de nous-mêmes.

- Je suis vraiment désolé, répéta Nolan.

- Peut-être que c'est provisoire... D'ici quelques heures ou sûrement demain, les lettres seront réapparues, tenta Hermione.

Draco leva les yeux au ciel.

- On ne va pas se mentir : c'est un échec, sauf si quelqu'un veut écrire quelque chose à l'intérieur. Je suppose qu'il faudrait dire bonjour au journal avec notre sang…

Hermione invoqua une plume et de l'encre et se pencha sur le journal pour y écrire quelque chose. Le livre se contenta d'absorber l'encre sans rien offrir en retour. La déception était immense et se lisait sur tous les visages.

- Je vais… Le récupérer, fit tristement Neville.

Le reste du groupe le laissa faire. Neville prit le livre et sortit de la Salle sur Demande.

- Je vais l'accompagner, murmura Hermione.

Restèrent seuls Harry, Draco et Nolan, mais le Serpentard blond décida de tirer sa révérence pour laisser les deux cousins ensemble.

- Harry…

- Ce n'est pas de ta faute.

Harry se leva et, d'un coup de baguette, effaça les cercles dessinés au sol. Nolan le laissa faire, jamais de sa vie il ne s'était senti aussi embarrassé. Aussi inutile.

Puis, d'un coup, des bras l'entourèrent avec force. Harry l'avait pris contre lui.

- Nolan, je sais à quoi tu es en train de penser et c'est faux.

Nolan laissa un rire nerveux s'échapper de ses lèvres.

- Quand tu étais petit… Tu as lâché ma main dans la foule. Et pendant quelques minutes, je t'ai perdu. Je me suis promis que je ne te laisserais jamais tomber. Et je me rends compte que je n'ai jamais rien fait d'exceptionnel pour te protéger.

Harry resserra son étreinte, sa tête contre son épaule.

- Je ne te le demande pas, répliqua Harry. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. Ce livre était une mauvaise idée dans la grande liste de toutes mes mauvaises idées.

- Mais au moins, c'était une idée ! Au moins, tu penses à quelque chose ! Tu réfléchis, Harry, pour aider tout le monde. Moi, j'essaie juste de ne pas te lâcher la main

Harry se recula un peu et le fixa intensément.

- Et tu ne sais pas à quel point ça m'aide. Écoute-moi, Nolan : tu sais que je suis impressionné par tout ce que tu fais ?

- Quoi ?

Le blond vit la gêne dans le mordillement de lèvre de son petit cousin.

- Tu sais ce que tu veux, tu sais comment tu as envie d'évoluer. Tu as accepté des choses qui m'auraient rendu fou furieux. J'envie ton calme et… Je suis content que tu saches tout. J'ai été un imbécile de ne pas t'inclure dans cette histoire. J'ai été le plus idiot de nous tous. Si quelqu'un doit être désolé ici, c'est moi. Toi… Tu es parfait.

Harry et Nolan se regardèrent en silence un long moment avant que le Poufsouffle ne passe une main dans la chevelure ébène pour l'ébouriffer.

- Ta façon de me remonter le moral est incroyable, plaisanta-t-il.

Harry rit doucement.

- C'est quand tu veux !

- Qu'est ce qu'on va faire, alors ?

- Laisse-moi un peu de temps pour, hum, réfléchir.

Harry lui offrit un clin d'œil puis ils rirent tous les deux.

Nolan sortit de la Salle sur Demande plus soulagé que jamais. Harry lui, perdit son sourire presque immédiatement quand il se retrouva seul.

OooooooooooooooOooooooooooooooO

Draco suivait Harry à travers le terrain de Quidditch, silhouette brune dont le visage était entouré d'une épaisse écharpe aux couleurs de leur maison. Même dans la nuit, il n'avait aucun mal à le reconnaître, sa démarche raide, sa tête baissée comme s'il regardait uniquement ses pieds pour marcher.

Draco avait supposé que c'était une mauvaise habitude gardée de son ancienne vie, celle de ne pas vouloir se faire remarquer en ne regardant personne dans les yeux. Les seuls moments où Harry ne faisait rien pour se cacher, c'était lorsqu'il était en colère ou en présence des personnes en qui il avait le plus confiance.

Enfin, en ce moment, si Harry fixait l'herbe mouillée, c'était surtout parce qu'il pensait à l'échec monumental du livre. A ce point-là de leur situation, même Draco ne savait pas comment aborder proprement le sujet. Mais Harry avait été clair : il avait besoin de tranquillité. Et ils avaient à présent un endroit pour ça.

Le brun poussa la porte secrète de la tour de l'horloge après l'avoir ouverte et laissa Draco monter les marches en premier.

La pièce n'avait pas changé et le blond trouvait l'endroit nettement plus charmant que la cabane en Espagne. Il se força à ne pas rire en repensant à ce souvenir. Il s'imaginait déjà dans plusieurs années quand la guerre serait terminée, en faire part à Louve et lui dire que son idée du romantisme était digne des romans à l'eau de rose les plus plats. Ici, au moins, les jumeaux savaient prendre soin des jeunes gens aux hormones affolées.

Pourtant, Draco avait la certitude que ce soir, toute tentative de genre ne serait pas la bienvenue. Lui-même savait quand le sujet était sérieux.

Ça ne l'empêcha pas de jeter ses chaussures dans un coin et de se laisser tomber sur le lit dans un « mph » étouffé. Harry fut plus mesuré, tirant une des deux chaises vers le lit pour s'y asseoir, le regard perdu dans le vague.

- Harry ?

Le brun ferma les yeux et Draco se retint de le pousser un peu à bout. Il ne s'était écoulé qu'une après-midi entre le moment du livre et celui où ils se trouvaient à présent. Et rien ne laissait dire que Harry y avait réellement réfléchi.

Draco posa ses coudes sur ses cuisses et croisa les doigts devant sa bouche et attendit que Harry parle de lui-même.

Ce qu'il fit.

- Je ne sais pas quoi faire.

Draco ne répondit rien. Il n'y avait rien à répondre... Pour le moment.

- Si Dumbledore n'a pas trouvé de solution, comment ai-je pu croire que j'en trouverai une ? Il était le sorcier le plus puissant. Voldemort avait peur de lui. Il a enfermé Grindelwald, le ministère le considérait même comme un ennemi. Comment est-ce que moi… Comment ? Comment je vais faire pour sauver Neville sans le tuer ?

- Harry… Tu as vraiment cru que tu pourrais traverser cette guerre sans qu'il y ait un seul mort ?

Harry leva un regard franchement blessé et horrifié dans sa direction.

- Comment tu peux dire une chose pareille !?

Comment ? Draco y avait longuement réfléchi et il avait envie d'en parler.

- Archibald, l'homme que je considérais comme un second père, est mort. Honnêtement, il était vieux et ce n'était qu'une question de temps mais son corps est caché dans un endroit qui doit sûrement maintenant être impossible d'accès. Je ne suis pas aveugle, tous les souvenirs que tu nous as montrés… C'est une guerre, Harry, et je ne crois pas que Voldemort va prendre le temps de se demander s'il doit vraiment être mignon et épargner tout le monde si on le suit docilement. La mort de Neville et de bien d'autres sera sûrement inévitable.

Harry ouvrit la bouche de stupeur. Draco se força à ne pas détourner le regard.

- Tu ne penses pas ce que tu dis ! Les personnes qui peuvent mourir pourraient très bien être tes parents !

Draco ferma les yeux un bref instant. Aussi douloureuse que cette pensée avait été, il l'avait envisagée.

- C'est pour cette raison que baisser les bras ne fait pas partie de mes priorités. Harry… Je suis désolé mais…

Harry agita la main pour lui faire signe de se taire. Draco s'exécuta, impassible.

- Des gens vont mourir, souffla le brun. Ça pourrait aussi être toi. Je ne crois pas… Je ne sais pas si je serais capable de traverser ça… Encore.

Le besoin d'enlacer Harry, qu'il essayait de combattre depuis qu'ils étaient entrés, fut plus fort que tout le reste. Draco se leva et prit Harry contre lui.

- Excuse-moi ! Je n'aurais pas du dire ça !

Harry passa ses bras contre son dos et émit un grognement.

- Non, tu as raison. Tu as raison. Draco… Je ne veux pas que ça arrive !

- Moi non plus.

Mais il pensait que c'était nécessaire. C'était nécessaire pour lui. Il avait eu besoin d'y penser longuement. Il l'avait fait en observant son frère et sa sœur. Il n'était pas né à une époque où sa vie serait tranquille, il était de l'ère où Voldemort avait envie de prendre sa revanche et où il y réussissait presque bien pour le moment.

Draco avait du mal à se consoler de leur victoire sur Nagini et le journal. Mais il était aussi celui qui devait permettre à Harry de se rappeler pourquoi ils devaient se battre.

Le blond se détacha de son petit ami et serra ses épaules dans ses mains en le fixant droit dans les yeux.

- Ne te compare pas à Dumbledore.

- Quoi ?

- Jamais Dumbledore ne se serait approché du livre des Horcruxes, jamais Dumbledore n'a flirté avec ce qu'il y avait de plus noir dans la magie. Il a fait marche arrière dès que Grindelwald a fait mine d'en parler, n'est-ce pas ?

- Où veux-tu en venir ?

- Harry, tu as magiquement fait plus que n'importe quel sorcier fou de ce monde. Toi ou Adams. Tu as usé de l'Imperium et du Doloris. Tu as utilisé un sort que tu as créé et qui est réellement à mettre dans la case magie noire. Tu as aujourd'hui beaucoup plus de ressources que la plupart des sorciers d'Angleterre. Ouvrir le livre d'un mage noire, créer des cercles pour modifier le corps, le sort que tu as utilisé dans la bibliothèque pour arracher un os ! Hermione me l'a raconté.

Harry fronça les sourcils.

- Tu es en train de me comparer à un mage noir, fit-il froidement.

Draco pensa « peut-être ». Il savait que Harry n'aimerait pas l'idée mais il devait reconnaître qu'il marchait sur un chemin plus sombre qu'avant.

- Pense plutôt à ce que tu as appris à Durmstrang ! Tu mets toutes les chances de ton coté. Un mage noir ne s'embarrasserait pas d'essayer de faire en sorte que tout le monde vive. Tu n'as pas non plus envie de tuer quelqu'un, si ?

Harry leva les yeux au ciel.

- Tu connais la réponse à cette question, fit amèrement le brun.

Draco lui fit un demi-sourire.

- Ce que j'essaie de dire, c'est que l'on réfléchit peut-être un peu trop gentiment. Il faut qu'on soit à la hauteur de notre ennemi.

Harry haussa un sourcil.

- En fait, ce n'est pas moi le mage noir… C'est toi.

Draco lui décocha un sourire dangereux.

- Que veux-tu, on ne change pas un sorcier dont le sang pur est atrocement sali par des actes affreux... Et pour te dire la vérité, te voir faire des trucs magiques improbables… Ça m'excite vraiment.

Harry rigola.

- Nous y voilà... Tu peux essayer de penser avec autre chose que ton entrejambe ?

- J'essaie, mais quand je vois que ça te déride un peu, j'ai du mal à m'arrêter.

Harry passa ses mains sur son torse avant de les remonter vers la nuque de Draco en souriant tendrement.

- Donc, je dois me faire à l'idée que je ne sauverais pas tout le monde et je dois apprendre à me concentrer sur mon coté sombre qui pourrait m'ouvrir des portes insoupçonnées... C'est ça ?

- Quoique tu choisisses, je serais là. Même si tu décides de rester un ange.

- Et de tuer ta libido dans la foulée, plaisanta Harry.

Le brun le lâcha pour se lever et se jeter sur le lit à son tour. Draco le suivit et s'allongea à coté de lui.

- J'étais sérieux tu sais, tenta le blond, je sais que tout ne sera pas rose. Peut-être que tu n'aimes pas l'idée d'être mis devant ce genre de fait mais je ne suis pas comme toi, Harry. J'ai besoin de me préparer à ce qui m'attend. Ça n'enlève rien au fait que je suis… Mort de trouille.

Harry tourna la tête vers lui, le considérant avec émotion. Draco se sentit mourir de l'intérieur. Il avait fait des cauchemars après la mort d'Archibald. Des cauchemars sur des corps qui étaient ceux de ses amis, de sa famille. Harry avait vécu ça. Et ça l'avait détruit.

- Je comprends, répondit le brun. Je suis désolé que les choses se passent de cette manière.

- Ce n'est pas de ta faute.

- Je sais. Je sais que je ne vais pas pouvoir tout contrôler. Je ne vais pas pouvoir cacher tous ceux que j'aime aux yeux du danger. Et je sais que des gens ont envie de faire la même chose pour moi. Mais le passé a été modifié et tout est diffèrent... Je ne peux même pas m'assurer que ceux qui sont morts dans ma vie précédente pourront tout de même rester en vie dans celle-ci. Draco… J'ai vraiment envie de sauver Neville.

- Je sais.

- Et j'ai vraiment envie que mes parents restent en vie.

- Je sais.

- Et je suis terrifié.

Draco leva la main pour la poser sur la joue de Harry.

- Je sais.

Il laissa à Harry le droit d'être faible dans cette chambre. Harry se laissa faire et serra Draco contre lui. Personne ne lui avait offert cette alternative... Celle d'avoir peur pour de vrai.

Draco avait besoin de ça aussi.

- Au fait… Est-ce que tu l'as entendu ?

- Quoi donc ? demanda Draco.

- La voix… Quand on a ouvert le livre ?

Draco plissa les yeux.

- « Maudit » ?

- C'est ça. Qu'est ce que tu penses que ça veut dire ?

- Ça m'a l'air plutôt limpide, fit sombrement Draco.

Harry ne répondit rien.

OooooooooooooOooooooooooooO

Tous les livres de la bibliothèque de Poudlard n'auraient pu répondre à sa question... Hermione en était parfaitement consciente. Mais elle avait tout de même essayé, cherchant parmi les ouvrages de quoi satisfaire l'insatiable envie de comprendre où Nolan avait échoué. Elle s'était rendu compte avec horreur que beaucoup de magies étaient laissées sous silence. La bibliothèque n'offrait qu'une connaissance variée mais brève de ce qui faisait le monde magique.

Les connaissances de briseur de sorts étaient transmises uniquement par des briseurs de sorts, de la même manière que les cercles de Harry n'étaient appris qu'à Durmstrang. Poudlard avait beau être une bonne école, elle ne se démarquait pas réellement dans son apprentissage et ça la mettait hors d'elle.

Elle avait lu jusqu'à en avoir mal aux yeux, toute la journée, cherchant d'autres circonstances dans lesquelles un livre aurait pu perdre ses écrits. Il existait des protections pour empêcher quiconque de lire un livre mais Nolan avait été formel à ce sujet : ce n'était pas le genre du bouquin d'Ezkridis et elle lui faisait confiance.

Elle avait aussi prudemment demandé à Nolan s'il lui en voudrait si elle montrait le livre à un autre briseur de sorts. Nolan lui avait dit que c'était ce qu'il y avait de plus intelligent à faire si leur petite aventure n'était pas si secrète. Elle avait aimé sa réponse. Nolan ne s'était pas senti insulté, il n'avait pas haï Hermione de remettre ses capacités en question. Il avait été d'accord avec elle, simplement, trouvant la logique dans sa réflexion et juste pour ça, elle croyait Nolan.

Ça remettait en cause tous ses principes de prudence mais son amour pour Nolan la rendait aussi un peu folle. Ça lui plaisait, en un sens. Sa confiance aveugle lui donnait envie de faire pareil ; ça ne l'avait cependant pas empêchée de fouiller la bibliothèque de fond en comble et de demander à Harry sa cape pour s'engouffrer dans la section interdite et en sortir un ouvrage qu'elle pensa plus qu'intéressant :

L'invisible aux yeux de tous

Hermione l'avait commencé durant la nuit où elle l'avait emprunté, assise sur son lit sous la lumière de sa propre baguette, feuilletant les chapitres pour trouver ce qu'elle cherchait.

- « Il existe un nombre impressionnant de protections magiques. Autant de protections que de choses à protéger : êtres vivants, demeures, objets. Même des liens amicaux, familiaux ou autres pouvaient être soumis à ce genre de sort. Au fil des années, des sorciers avaient fait exemple de beaucoup d'imagination pour empêcher tout étranger de découvrir et briser ce qu'ils voulaient garder secret ou en état. »

« Comme le dragon qui surveille l'or, comme le leprechaun qui détourne l'attention de ceux qui convoitent son trésor, comme le Minotaure qui garde le centre de son dédale ou le Sphinx celui des pyramides, les premiers protecteurs étaient des gardiens. Des créations ou des créatures douées de force redoutable, de parole et d'intelligence. La plupart du temps emprisonnées. La plupart du temps soumises et contrôlées. »

Hermione avait trouvé ça intéressant parce qu'elle avait en mémoire quelque chose d'étrange.

Elle y repensait encore le lendemain matin. Jetant un bref coup d'œil à l'objet de son larcin qui l'avait tenue éveillée presque toute la nuit, elle se rendit dans la salle de bain. Frottant ses yeux fatigués sous l'eau, retournant le mot en sachant parfaitement qu'il y avait quelque chose qui clochait.

Contrairement aux autres, elle avait la certitude que le livre d'Ezkridis n'avait pas totalement tout donné. Elle ferma les yeux et ouvrit l'eau sur son corps.

- Maudit, dit-elle à voix basse.

C'était ce qu'elle avait entendu.

Elle se frotta les bras en frissonnant sous le liquide chaud avant d'ouvrir les yeux... Mais tout était rouge.

Hermione hurla.

OoooooooooooooooOooooooooooooooooO

- Du sang ?

Neville écarquilla les yeux devant le discours sans queue ni tête de Ginny. Même Luna avait l'air pendue à ses lèvres.

- Partout ! s'écria Ginny. Ça coulait de toute la tuyauterie de la salle de bain des filles ! Hermione en était recouverte ! La pauvre, il a fallu lui lancer un sort de mutisme pour qu'elle cesse de crier...

- Est-ce qu'on est sûr que c'était du sang ? Ce n'était pas une plaisanterie… Des jumeaux, par exemple ?

Ginny leva les yeux au ciel.

- Jamais Fred et George n'auraient fait ce genre de blague ! Ils ont des limites et ça c'est réellement d'un goût douteux ! Et l'odeur… C'était l'odeur du sang ! Hermione hurlait... Lavande, qui l'a trouvée, a glissé dedans et elle pleurait aussi quand McGo' a enfin pu accéder aux salles de bains.

- Et le sang coule toujours des robinets ? demanda Luna.

Ginny secoua la tête.

- Non' plus maintenant' mais je peux te dire que McGo' et Black étaient furieux. Apparemment' ils ont pris les baguettes de toutes celles qui étaient dans les chambres à ce moment là pour faire je ne sais quoi.

- Un Priore Encantum, fit Neville.

- Un quoi ?

- Un sort qui permet de savoir quel sort une baguette a jeté en dernier.

- Mais... Et si c'était une potion ? objecta Ginny.

- Ou si c'était autre chose ? ajouta Luna.

- Comme quoi ?

- Oh, je ne sais pas... Un lac en colère, des poissons dans le bassin qui tâchent l'eau, un miracle ou une malédiction !?

Neville fronça les sourcils.

- Ou tout simplement une mauvaise blague..., grinça Ginny. On est dans une école de sorcellerie, mais ça…C'est vraiment pas cool du tout.

Neville secoua la tête.

Après le fameux partage de potin de Ginny, il quitta la salle commune où les chuchotements et les rumeurs allaient déjà bon train. Il se demandait si c'était une bonne idée d'aller trouver Hermione à l'infirmerie mais il fut rapidement mis à l'écart par Pomfresh elle-même. Le message était clair : pas de visite pour la journée.

Neville tourna en rond un petit moment sans savoir quoi faire. Il aurait aimé retrouver Harry mais il avait du mal avec l'idée que le brun le regarde comme s'il était une cause désespérée. Il préférait l'espoir plutôt que le désespoir et Harry avait cru dur comme fer que les choses seraient possibles avec les bons outils entre les mains... Leur seul outil était plein de désillusion.

Quelque chose frôla ses jambes et Neville sursauta presque avant de rire nerveusement en découvrant Funambule. Son fléreur s'était doucement remis de sa possession et reprenait ses petites habitudes de sortir sans lui de la salle commune de Gryffondor. Harry avait été formel : ça serait un miracle si son animal vivait le temps qui lui était compté.

- Décidément, on ne peut pas te garder enfermé, plaisanta Neville.

Tout en ramassant l'animal ronronnant et en le tenant d'un seul bras, le garçon passa une main derrière son crâne, caressant sa cicatrice du bout des doigts.

Elle avait la forme d'un éclair.

Il s'était arrêté devant l'une des fenêtres du château et posa son front dessus. En bas, il pouvait voir malgré la pluie l'étendue du parc de Poudlard.

L'échec du livre lui avait fait reconsidérer certaines choses, notamment sa propre vie.

Harry Potter avait marché vers la mort dans le but unique de se sacrifier parce qu'il avait compris que c'était son devoir. Peut-être que lui-même était bien égoïste de s'accrocher à ça... Peut-être devait-il faire comme Harry ? Mettre fin à ses jours, supprimer le Horcruxe qui était en lui. Mourir pour faire chuter Voldemort.

Un miaulement plaintif le fit sortir de ses sombres pensées. Mais Neville eut du mal à se convaincre que rester en vie était une solution viable. Il porta sa main sur la poignée de la fenêtre et s'apprêta à l'ouvrir quand quelque chose tomba juste devant celle-ci.

Neville fit un bond en arrière. Funambule feula en retombant sur ses pattes.

D'autres choses se mirent à tomber. C'était beaucoup trop gros pour être juste de la pluie. C'était plus… Des grenouilles ? Le blond écarquilla les yeux. Des grenouilles tombaient devant la fenêtre. Neville l'ouvrit et constata qu'elles tombaient partout autour du château.

Et ce n'était pas des chocogrenouilles.

- Qu'est ce que…

- Oh, les pauvres ! fit une voix derrière lui.

- LUNA !

La jeune fille leva sa baguette, essayant de sauver le plus de batraciens en les ramenant à l'intérieur du château. Neville recula et maudit son animal de bondir pour chasser les animaux visqueux.

- Qu'est ce que c'est que ça !? s'écria Neville.

- Je crois que ce sont des grenouilles.

Luna cessa son sauvetage et se pencha vers la fenêtre.

- Je n'aimerais pas tomber de là-haut... La chute doit être mortelle, tu ne penses pas ?

Neville était trop abruti par la situation pour lui répondre.

- Essaie de ne pas jouer la grenouille Neville, je serais très peinée que tu ne retombes pas sur tes pattes.

Le jeune homme se sentit rougir jusqu'à la racine.

- Je… Je n'en avais pas l'intention…

Luna lui sourit.

- Je préfère ça, dit-elle. Devons-nous reporter cette étrange situation à un professeur ?

Neville fit vivement « oui » de la tête. Luna se baissa pour attraper Funambule puis poussa Neville loin de la fenêtre. Le garçon la suivit, non sans jeter un dernier regard à la fenêtre.

Il devait vraiment se reprendre... Harry serait sûrement furieux s'il apprenait ce à quoi Neville avait pensé.

OooooooooooooOooooooooooooooO

La nouvelle des douches de sang et des grenouilles tombantes était le sujet principal des conversations ce soir là dans la Grande Salle.

Hermione n'était évidement pas au repas et Harry et Draco avaient eu une brève discussion avec Neville qui leur avait parlé de la pluie de grenouilles. Bien sûr, les professeurs avaient fait un discours sur les blagues de mauvais goût et sur le massacre de plusieurs petits êtres innocents.

Tous les regards s'étaient tournés vers les jumeaux Weasley mais les deux jeunes avaient la mine sombre.

- Ce n'est pas nous, inutile de nous regarder comme ça.

- Vous avez entendu, avait grogné Draco. Ce n'est pas eux.

Harry, lui, n'avait pas quitté son parrain et Severus des yeux. Les deux hommes avaient l'air déterminé à trouvé qui s'amusait à jouer ce genre de petit jeu. Pour Harry, la plaisanterie pesait peu dans la balance des choses réellement dangereuses. Même s'il imaginait très bien l'état dans lequel Hermione avait dû se trouver. Il n'avait pas pu la voir à l'infirmerie mais Nolan lui avait subtilement demandé sa cape pour la rejoindre durant la nuit.

- Ne me dis pas que tu penses que c'est totalement normal, souffla Draco contre son oreille.

Harry était mitigé. Ça pouvait très bien être juste une vague plaisanterie... Même si l'idée du sang, qui apparemment était du vrai sang, était une terrible chose à faire. Draco avait raison : il ne pouvait pas juste croire que c'était le fruit d'un travail d'adolescent s'essayant à la magie pour se moquer du monde. Cependant, Harry n'avait pas la tête à courir après les mystères de l'école.

- Honnêtement, répondit Harry, je ne vois pas qui pourrais faire ça. De toute manière, ce n'est pas ce qui me préoccupe.

Harry en était toujours à ruminer sa frustration. Pourtant, il avait pris le temps de mettre en place quelques solutions alternatives et il avait envie d'en parler aux autres.

Il se tourna vers Draco.

- Ne m'attends pas ce soir, je pense aller voir Sirius.

Draco fronça les sourcils.

- J'aurais vraiment dû essayer d'être un animagus.

Harry lui sourit.

- Ce n'est pas trop tard... Si je passe par la serre, je te ramène une feuille de mandragore, mais ça veut dire pas de baiser durant trois mois, plaisanta le brun.

Draco le fixa avec horreur, ce qui le fit rire.

- Bien, va donc courir seul avec ton parrain dans les bois, pesta-t-il.

Harry lui caressa gentiment la cuisse en riant. Il ne ferait pas marche arrière, il avait vraiment hâte de se dégourdir les pattes.

OooooooooooooooOoooooooooooooooO

- Plus vite ! Velossee Vulpesss ! Bondis, glisssse ! Furtiff animal sssournois !

Harry grogna et tenta de rouler des yeux. Il n'avait pas cru en emmenant Apophis que le serpent serait aussi heureux d'être transporté autour de son cou et de chevaucher à dos de renard... Mais apparemment l'animal à sang froid était extrêmement ravi de cette petite sortie nocturne.

Tout en courant, Harry gardait un œil sur ses cotés. Il avait perdu Sirius de vue parce que les deux canidés s'étaient éloignés l'un de l'autre. Harry supposa avec amusement que son parrain détestait perdre quand ils se coursaient et préférait donc jouer à cache-cache. Cela dit, ce petit jeu pouvait durer des heures. Ils avaient tous les deux un pelage noir et se fondaient parfaitement avec le décor dans la nuit.

Soudain, quelque chose de lourd s'abattit sur son arrière train et Harry entendit le sifflement d'indignation de son serpent tandis qu'il chutait dans un couinement ridicule. Deux secondes plus tard, Sirius lui mordillait la queue en bloquant la moitié de son corps avec ses pattes.

Harry jappa, tenta de mordre avec véhémence le cou du chien, mais la bête semblait totalement ignorer ses petites canines qui attrapaient brièvement ses longs poils. Le renard épuisé reposa sa tête au sol tandis qu'Apophis ne se gênait pas pour l'insulter.

- Miserable vermine trop lente ! Animal Sssstupide… Assasssssin sans vitessse !

Harry grogna une nouvelle fois sous l'aboiement joyeux de Sirius. Quand, enfin, aucun des deux ne bougea, se contentant de respirer en douceur et d'écouter le bruit des alentours, Harry se risqua à fermer les yeux.

Sirius était une source de chaleur plus que réconfortante contre lui et même Apophis amenait de quoi lui vider l'esprit. Il aurait pu s'endormir ici si son parrain ne lui avait pas mordillé le flanc pour le presser de se lever.

Harry bondit sur ses pattes et lui mordit la patte avant de se remettre à courir. Ils retournèrent vers les abords de la forêt et se transformèrent au niveau du parc.

- C'est déloyal ! pesta Harry. Je pensais que tu courrais devant !

Sirius éclata de rire et passa une main dans les cheveux de son neveu.

- Tu n'étais pas assez attentif...

- Je le serai la prochaine fois. Tu auras du mal à m'attraper !

- J'ai hâte de voir ça. Je préfère savoir que personne ne peut t'attraper.

Harry leva les yeux vers son parrain qui avait enfoui ses mains dans ses poches et observait le château vers lequel ils avançaient.

- Je suis étonné que Syracuse ne soit plus là, fit Harry.

- Ah, ça… William et Severus se sont mis d'accord pour lui faire prendre sa potion et lui donner des cours de magie intensifs. Syracuse pensait à tort qu'il aurait du être un cracmol ou quelque chose comme ça mais il a fini par lancer un Lumos ! Si tu l'avais vu bondir comme un chiot heureux !

Harry réfléchit à la situation du loup garou qui était peu envieuse. Au moins, le garçon n'était pas comme Remus : il avait grandi entouré de personne qui l'estimait et ne l'avait pas abandonné.

- Et Louve, tu as pu la voir ?

Sirius grogna.

- Elle ne revient pas durant les week-end, je n'arrive toujours pas à savoir si c'était une bonne idée.

- Mais c'est ce qu'elle veut faire.

Harry pensa aux dernières lettres de Louve et quelque chose lui vint à l'esprit.

- Tu savais que l'or des grandes familles était sous enchantement ?

Son parrain rigola.

- Crois-le ou non, je l'ai su de la plus mauvaise des manières.

- Comment ?

- En volant mes parents.

Harry écarquilla les yeux et Sirius lui donna un coup d'épaule qui se voulait gentil.

- J'ai appris que l'or des Black revenait à son propriétaire au bout d'une semaine si il n'y avait pas de contrat de don. En d'autre cas c'était un emprunt et s'il n'était pas remboursé et bien l'argent revenait dans le coffre des Black. Mais je ne suis pas sûr que ça concerne toutes les familles. C'est Louve qui t'en a parlé ?

- Elle m'a dit qu'elle étudiait les enchantements sur les trésors familiaux. Et que c'était Barbant.

- Je n'en doute pas une seule seconde.

Harry redevint silencieux l'espace d'un instant. Il avait la délicieuse sensation de vivre quelque chose de simple et incroyable en même temps. Être prêt d'un Sirius libre, parlant d'autre chose que de mettre sa vie en danger pour lui.

- Sirius…

- Mh ?

- Je sais que tu es inquiet pour moi. Mais… Ça va aller.

L'homme finit enfin par revenir sur son visage, un sourire abîmé étirant ses lèvres.

- Bien sûr que ça va aller, Harry. Je suis là pour ça.

Le cœur de Harry rata un battement. Même si Draco lui avait dit qu'il ne pouvait pas sauver tout le monde... Même si c'était là l'affreuse vérité... Harry soupira et se promis d'essayer...

D'essayer tout de même.

OoooooooooooOoooooooooooO

La semaine qui suivit le retour de Hermione se transforma en une véritable épopée pour trouver un moyen d'aider Neville. Jamais autant de livres n'avaient été empruntés par les cinq adolescents.

- Voilà ce que j'ai trouvé. Il y a des lieux dans le monde entier, des sortes de, hum… Tombes ? Je crois, qui permettent à des sorciers de revenir à la vie s'ils y sont enterrés, à condition de le faire dans une situation bien précise.

- Donc, tuer Neville, l'enterrer dans un de ces lieux et attendre qu'il revienne à la vie ?

- Et comment on peut s'assurer que c'est bien Neville qui reviendra ?

Nolan ferma son livre et le jeta dans la pile des livres aux méthodes incertaines. Parmi celles-ci figurait la plupart du temps l'unique solution de tuer et tuer encore.

L'idée de Harry était sûrement ce qu'ils avaient de plus proche pour réussir.

- Il faut juste qu'on trouve un moyen de ne pas abîmer le corps... On pourrait le plonger dans un coma artificiel ?

- On pourrait l'emmener à Azkaban !

- Comment s'assurer que Neville revienne dans son corps, alors ?

- Il faut essayer, souffla Harry.

Tous le fixèrent avec incrédulité.

- Pardon !? s'égosilla Hermione.

Harry se leva et commença à faire les cents pas dans la salle de la pensine.

- Quand j'étais en Russie, Dimitri a émis l'idée que Neville savait peut-être déjà déplacer son corps. Pas consciemment, bien sûr : Voldemort l'a expulsé de son propre corps mais ça veut dire que c'est possible ! S'il n'a pas eu le don de parler aux serpents, le changement de réalité a dû faire de lui quelqu'un ayant la même capacité de Voldemort de voyager de corps en corps.

- Alors il faudrait juste que Neville s'entraîne à sortir de son corps ! Mais tu as dit que les hôtes des âmes en perdition voyaient leurs vies condamnées ?

- On pourrait faire comme Voldemort, intervint Draco. Créer un homonculus et s'en servir comme hôte le temps de l'entraînement de Neville.

- Bon sang ! Est-ce que tu sais ce qu'il faut pour créer ce genre de chose !? Draco, ça pourrait nous prendre des années ! il faut lire des tas de choses sur le sujet, on ne peut pas juste… Même Voldemort a à peine réussi à créer un bébé… Qui était immonde ! S'emporta Hermione. En plus de ça, rien ne dit que Neville pourrait garder ses capacités magiques !

- Mais ça vaut mieux que d'être le réceptacle d'un tueur, tenta Neville.

- Non, c'est non ! pesta Hermione. Je refuse de fabriquer ça ! Cela signifie faire exactement la même chose que Voldemort, fabriquer une nouvelle potion de régénération, avec le sacrifice d'un serviteur et le sang de l'ennemi !

Harry, Draco et Nolan eurent la décence d'être mal à l'aise.

- Ouvrir le livre d'Ezkridis n'est pas éloigné de ça.

Hermione se massa les tempes.

- Je suis d'accord pour qu'on apprenne à Neville à essayer de sortir de son corps mais trouvons une solution pour qu'il puisse regagner son corps, son propre corps, sans rien ni personne d'autres dedans.

- Donc..., traîna Neville. Je dois apprendre le voyage astral ?

- Apparemment.

- Et comment on fait ça ? Est-ce qu'on connaît quelqu'un qui voyage de cette manière ?

- Louve, répondit Nolan. Ce genre de voyage, c'est le propre d'un médium.

Harry leva les yeux au ciel.

- Louve est en apprentissage chez un gobelin bijoutier, ce qui veut dire qu'on ne pourra rien faire avant Noël.

- Oui, mais au moins on a un début de quelque chose. Très honnêtement, Harry, l'état de Neville n'est pas le plus alarmant. Ses barrières d'occlumens sont de plus en plus puissantes, c'est comme si son corps était une prison pour Voldemort. Qui sait combien de temps il pourra vivre comme ça... Je ne crois pas que sa vie soit en sursis… Pour le moment.

Harry se mordit la lèvre, il devait avouer que la logique d'Hermione était implacable.

- Donc qu'est-ce que tu suggères ?

- Travailler, dit-elle en claquant des doigts. Draco doit améliorer le sort d'Aguange, Nolan ses dons de briseur de sorts, toi les cercles magiques, moi les sorts de soins et Neville étudiera le voyage astral. Il doit déjà y avoir des méthodes pour lesquelles nous n'avons pas besoin de Louve. Je vais chercher ça et Neville sera avec moi ! De plus, nous devons aussi nous améliorer sur nos sorts de duel : Harry est le seul ici qui serait capable de tous nous battre !

Hermione emporta Neville dans sa folle course sans que personne n'ait le temps de dire quoi que ce soit.

- Par Salazar… Harry, je crois que je suis vacciné de la gent féminine à vie, grinça Draco.

- Je t'assure, Draco : toutes les filles ne sont pas comme Hermione.

- Et c'est totalement préférable ! s'indigna Nolan. Elle est au moins unique !

Draco pouvait dire ce qu'il voulait, pensa Harry, la tirade de Hermione avait eu pour effet de leur donner un but et de ne pas tourner en rond en se cognant contre des murs imaginaires. Aussi, ils obéirent aux ordres de la Gryffondor.

Ce fut pour cette raison que Draco Malfoy se retrouva torse nue dans la Chambre des Secrets.

- Détends-toi, siffla Harry.

- C'est ça ! grogna Draco. Il fait froid comme la mort ici !

Draco serra ses mains autour de ses cotes, essayant de ne pas claquer des dents pendant que Harry dessinait l'un de ces cercles dans son dos. C'était son idée, pourtant : impressionné qu'il avait été par la métamorphose opérée sur Natasha lors du Tournoi des Six Sorciers, Draco avait proposé d'être le cobaye de Harry en matière de cercle de transformation. Ce n'était pas le plus idéal dans un combat mais il avait usé d'un de ses fameux caprices qu'il avait vu faire l'autre Draco Malfoy dans les souvenirs de Harry pour obtenir ce qu'il désirait. Ça avait tellement choqué le brun qu'il en avait explosé de rire et avait finalement accédé à sa requête.

- J'espère que ça va valoir le coup...

- Oh oui, soupira Harry.

Draco tourna la tête uniquement pour capter le visage de son petit ami dont les lèvres étaient entrouvertes et le regard concentré sur ce qu'il faisait.

- Tu ne vas pas me briser les os ?

Harry plissa les yeux et le nez.

- Bon sang, Natasha aurait bondi de joie si je lui avais proposé ce que je t'ai proposé.

- Tu noteras que je n'ai aucun putain de point commun avec ta meilleure amie !

- C'est vrai… Elle a plus de… Testicules que toi.

Draco fut frappé par l'insulte et son air parfaitement indigné n'empêcha pas Harry de sourire.

- Oh, Potter..., susurra Draco. Je crois que tu n'as pas du bien voir les miennes... Laisse-moi te montrer de nouveau à quoi elles ressemblent.

Harry plaqua sa main dans son dos.

- Expecto ala !

Draco sursauta et l'effet du sort fut presque quasi immédiat. Il sentit la peau de son dos s'étirer avec force, craquer et deux coups de vents frapper contre ses oreilles. Les nouveaux membres d'une lourdeur qu'il ne soupçonnait pas l'entraînèrent en arrière et il tomba dans les bras de Harry.

- Putain… PUTAIN !

Draco avait les yeux écarquillés devant ses nouveaux appendices. Harry tenta de le remettre sur pied et il lui fallut un peu de temps pour trouver un équilibre parfait. Puis le brun le lâcha et fit le tour de son corps. Draco écarta les bras, s'amusant de la facilité avec laquelle ses ailes bougeaient.

- Magnifique, soupira un Harry, ébahi.

- N'est-ce pas ? ironisa Draco.

Le brun passa une main dans l'une des ailes et l'étira le plus possible. Draco frissonna : c'était bon, comme détendre ses muscles.

- Tu peux battre des ailes ?

Le blond se força à bouger l'une et l'autre avant de les battre toutes les deux en avant. Il fut propulsé en arrière et Harry, soufflé par la bourrasque, tomba sur les fesses.

- Incroyable !

Draco recommença plus doucement. Cette fois-ci, il sentit ses pieds quitter le sol.

- Je vole ! Harry !

Harry le regardait avec un ébahissement total tandis que Draco prenait presque la position d'un ange tombant du ciel, un sourire narquois dessiné sur ses lèvres. Les bras écartés, une jambe légèrement repliée, il toisait Harry de sa toute nouvelle supériorité.

- Alors Potter, c'est comme ça qu'on salue une créature divine ?

Harry rit en se relevant puis avança d'un pas déterminé vers lui avant de l'embrasser fougueusement. Draco ressentit tout le plaisir de ce baiser jusqu'à la pointe de ses plumes.

- Tu es…

Un baiser au coin de ses lèvres.

- Foutrement…

Un autre sur son menton.

- Beau…

Et la bouche de Harry termina dans son cou. Draco attrapa les hanches de Harry tandis que le brun couvrait sa peau de baisers. Le blond soupira avec force mais sa respiration se bloqua au moment où Harry mit genoux à terre. Draco leva la tête en fermant les yeux. Son amant avait déboutonné son pantalon d'une main experte et il fallut peu de temps à Harry pour avaler son sexe entre ses lèvres.

Il laissa ses mains parcourir le crâne de Harry et serrer ses mèches noires puis ses hanches décidèrent de ne plus lui obéir. Il rouvrit les yeux et les baissa sur son brun favori qui le regardait avec tellement de passion que Draco en eut le tournis.

Les doigts de Harry avaient agrippé son pantalon au niveau de ses cuisses et Draco comprit que Harry lui laissait tout le plaisir d'user de sa bouche sans restriction. Il se fit un devoir d'honorer ses lèvres, s'enfonçant dans cette bouche chaude avec lenteur, ondulant des hanches dans de doux mouvement, ressortant son sexe, passant le bout de son gland sur les lèvres de Harry... Et tout ça sans jamais rompre le contact visuel qu'il avait avec ce dernier.

Harry était une parfaite image de débauche et d'indécence. Draco éjacula sur son visage en se mordant la lèvre, savourant l'expression d'extase du brun alors que sa langue léchait le sperme qui coulait contre sa bouche.

Draco en avait le souffle coupé. Tout s'était passé à une vitesse incroyable...

Harry lui sourit.

- Si tu voyais ce que je vois, lui dit-il d'une voix rauque.

Draco caressa le front de Harry avec tendresse.

- Si tu voyais ce que je vois.

Harry se releva. D'un mouvement de baguette, il nettoya son visage tandis que Draco remettait son pantalon correctement.

- Tirons-nous d'ici, que je puisse te montrer comment je sais dire merci...

Harry se contenta de lui lécher les lèvres. L'effet de ses ailes se rétractant dans sa peau fut aussi bref et surprenant que lorsqu'elles en étaient sorties.

Draco était encore en train de reboutonner sa chemise quand son attention fut captée par un bourdonnement.

- Tu as entendu ?

Harry, qui était presque au niveau de l'entrée du tunnel, se tourna vers lui. Son visage montrait qu'il avait bien entendu.

- On dirait que ça vient de la bouche de la statue.

Harry fit marche arrière baguette en main et se rapprocha de Draco qui avait rapidement remis sa robe par-dessus sa chemise. Tous les deux étaient tournés vers la tête en pierre de Salazar Serpentard, le bourdonnement se fit plus intense. Plus fort.

Quand Draco vit ce qui en sortit, un frisson d'horreur s'empara de tout son corps. Harry, lui, fut bien trop vif.

- INCENDIO !

Une énorme bourrasque de flamme ardente carbonisa la nuée d'insectes qui s'était échappée, ce qui eut juste pour effet de perturber le reste de l'essaim mais pas de l'arrêter. Draco s'apprêtait à lancer le même sort de flamme que Harry mais le brun le prit par le bras.

- On se tire !

Harry avait vu ce que Draco n'avait pas remarqué : les insectes étaient des moustiques. Ceux qui commençaient à sortir de la bouche de Salazar en étaient des plus gros encore, de la taille d'une main.

Harry poussa Draco à travers le tunnel et grogna quand il sentit quelque chose sur son visage. Il se tourna vers le brun pour voir la peau de son petit ami se faire attaquer par les quelques insectes qui avaient échappés aux flammes. Draco s'empressa de sortir du tunnel et Harry de lancer un autre sort enflammé jusqu'à ce qu'ils se retrouvent enfin dans les toilettes.

Le cœur battant, la sueur coulant le long de son dos et le souffle court, Draco fixa l'entrée de la Chambre des Secrets, attendant craintivement que le bourdonnement s'amplifie.

Mais il ne se passa rien : il n'y avait plus d'insectes.

- Est-ce que… Est-ce que je viens de rêver ?

Il se tourna vers Harry et vit que ce dernier se frotter le visage où quelques boutons étaient apparus.

- Je ne crois pas. On vient d'échapper à une nuée de moustiques... Ça fait trop de coïncidences pour que je ferme les yeux.

Draco était on ne peut plus d'accord. Il tira Harry vers l'infirmerie pour s'assurer que les piqûres ne cachaient pas d'autres dangers potentiels. Il dut l'abandonner là.

Draco Malfoy passa la pire nuit de sa vie depuis qu'il était revenu à Poudlard.

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Voilà pour ce soir! J'espère que vous avez aimé! Koeur sur vous et à Lundi (pas le prochain mais l'autre si tout va bien :p).