Dyrane se retourna, pour sentir la lame froide d'une épée contre son cou. Elle détailla l'homme en face d'elle. Deux épées, des yeux jaunes. Un Sorceleur.

Il n'ajouta pas un mot, continuant de la regarder de son air menaçant, qui très objectivement, ne faisait pas peur à la femme aux cheveux bruns.

Tout en maintenant le contact oculaire, elle avança d'un pas, et la lame tranchante de l'épée s'enfonça dans la chair du muscle joignant son cou et son épaule. Du sang commença a couler légèrement sur l'épée, mais elle ne perdit pas sa concentration.

- Si vous étiez venu pour me tuer, vous l'auriez déjà fait. La forêt l'aurait senti et vous ne seriez pas là, en face de moi. Je vous propose donc de ranger les armes et de discuter de votre venu ?

L'homme en face d'elle la regarda un instant, lâchant ses yeux pour poser son regard sur le sang coulant le long de son épée. Il soupira bruyamment puis retira son arme.

- Bien ! Voulez vous entrer, prendre une tisane ?

L'autre homme, celui avec la Luth, regarda son compagnon avec de grand yeux. Il semblait complétement dépassé par la situation, mais il était claire qu'aucun d'eux ne faisait confiance à Dyrane. Compréhensible.

- Très bien. Je vais chercher un bandage, attendez moi ici, nous discuteront dehors.

Une nouvelle fois la jeune femme disparu dans la maisonnette. Elle réapparu quelques minutes plus tard, un bandage posé sur son épaule, une tasse à la mains. Elle s'assied dans un des sièges posé à l'extérieur.

- Il y en a un deuxième si l'un de vous veux s'assoir.

Elle était souriante. L'homme au luth sembla hésiter, mais visiblement la fatigue fut plus forte que la méfiance, et il finit par prendre place en face de Dyrane, les jambes croisé sur le coussin, son luth posé dessus. L'homme aux cheveux blanc resta debout, le visage fermé, les bras croisés sur sa poitrine.

- Je m'appelle Dyrane je disais, et à qui ai-je l'honneur ?

Voyant que son compagnon ne prendrait pas la parole, l'homme au Luth se lança:

- Julian Alfred Pankratz de Lettenhove, mais appelez moi Jaskier. Et l'homme en face de vous se nomme Geralt de Riv, Le... Jaskier se stoppa net en voyant le regard de reproche de Geralt se poser sur lui. Geralt De Riv. Conclut le Bard.

- Hé bien enchantée. Que me vaut l'honneur de votre visite ? Même si je pense en avoir une vague idée, soupira la femme en prenant une gorgée de tisane.

- Les habitants du village ont publié un avis pour d'yaeblewedd.

- Cela faisait des années que je n'avait pas entendu ce nom. Soufflât tristement Dyrane. Et donc, vous êtes venu tuer la fille de diable ? Et vous, compter l'histoire de l'épique réussite du Sorceleur n'est ce pas ?

Jaskier tressaillit devant tant d'aisance de la part de la femme. Cette dernière posa son intense regard dans celui du Sorceleur, un air de défit sur le visage, qui voulait dire, essaye toujours.

- Je suis venu voir si une telle femme existait. Je ne tue que les monstres.

- A vous d'en juger, Sorceleur. Que savez vous de cette fille du diable?

- Hm. Elle à tué sa propre mère, a brulé l'ancien village, et aujourd'hui, elle provoque faim et maladie sur les terres avoisinantes.

- C'est un résumé sommaire et très peu objectif, mais soit. Tout cela c'est passé il y a presque un siècle, ces villageois ne peuvent pas passer à autre choses. La femme passa une main sur son visage. Et je suppose que vous les croyez ?

- J'ai vu de mes propres yeux ce que vous avez fait.

- Vu ?

Dyrane pencha la tête sans réellement comprendre ce que le Sorceleur lui disait. Comment avait il pu voir.

- L'ancien village à été maudis, il est resté dans le même état que la nuit du massacre. Et je pense que la malédiction se répand petit à petit.

- Oh. Ceci expliquerais bien des choses. Songea la femme.

- J'ai dis aux habitants que je lèverais cette malédiction, et , le cas échéant de les débarrasserait de d'yaeblewedd, s'il monstre il y a.

- Je ne vois pas en quoi cela me regarde. Pensez à ne pas faire de promesse à la légère la prochaine fois. Soupira Dyrane.

Mais le regard du Sorceleur était clair sur ses intentions. Il ne la tuerais que si elle représentait un danger. Elle détailla l'homme en face d'elle et son regard descendit sur son médaillon. Elle se leva délicatement et avança vers lui . Il ne bougea pas. Elle prit le médaillon entre ses doigt et le détailla, "Un Loup." Soufflât la jeune femme. Elle leva la tête vers le Sorceleur qui fronça les sourcils, et détailla sa longue chevelure blanche.

- Oui, Geralt de Riv, Le Loup Blanc ! Si certaines personnes me laissaient finir les présentations ! Râlât Jaskier.

Dyrane se recula. Le Loup Blanc. Elle sembla réfléchir un instant puis déclara:

- Très bien. Je lèverais la malédiction. Je reviens.

La femme se leva, laissant les deux hommes derrière elle, s'enfonçant dans la forêt.


Dyrane était assise au bord d'un ruisseau. Si elle levait la malédiction, les habitants cesseraient de tenter de l'assassiner, elle pourrait enfin vivre en paix. Elle n'était même pas au courant qu'une telle malédiction existait, elle avait dû maudire le lieux sans le savoir. C'était tout de même amusant. Il aurait suffit que quelqu'un la prévienne, elle aurait levé cette malédiction de bon cœur.

Le Loup Blanc. Songeât elle.

Elle était distraite par ses pensées, si bien que quand elle mit ses mains en coupe pour recueillir de l'eau, elle n'entendit pas l'avertissement d'Hugin. C'est seulement quand elle pencha les mains sur son visage pour boire l'eau clair qu'elle senti le corbeau tirer ses cheveux avec ses serres. L'eau coula dans sa gorge quand elle se retourna pour regarder l'oiseau noir.

- Kroa ! Kroa!

Poison.

Son sang ne fit qu'un tour. Elle bondit sur ses pieds et ses précipita vers sa maison. Du poison. Mais quel type? Elle avait des herbes qu'elle pouvait utiliser mais elle n'avait qu'un laps de temps réduit, si le poison agissait trop vite elle ne pourrait pas le contrer. Et sans connaitre son origine il serait difficile de faire un remède. Qu'elle mort ironique.

Elle sorti du sous bois en courant, et apperçu enfin sa maison. Ainsi que le Sorceleur et le barde. Elle les avait oublié ceux là.

Elle fit cinq pas de plus mais une violente douleur lui prit l'estomac, la faisant chuter dans sa course. Genoux à terre, une main sur le sol, l'autre crispé sur son ventre. Un cri sorti de se gorge. Elle entendit les deux hommes s'approcher quand du sang jaillit de sa bouche, laissant une trainée sur le sol.

Trop tard pour le remède, le poison commençait à faire effet.

- Qu'est il arrivé ? Demanda le Sorceleur en s'agenouillant prés de Dyrane, une main sur son dos.

- Poison. Réussit à articuler la femme. Elle posa une main sur sa bouche, crachant une nouvelle quantité de sang visqueux au travers de ses doigts.

Le regard si fermé et sûr de lui de la jeune femme s'était fissuré, elle était terrorisée. Elle posa ses yeux sur le Sorceleur qui la fit basculer en arrière pour la porter.

- Jaskier, ma sacoche.

Le barde se précipita vers Ablette. Le Sorceleur souleva Dyrane, la portant jusqu'à la maison. Il ouvrit la porte d'un coup de pied et la déposa avec précipitation sur le lit. A peine posé, la femme pivota sur le côté pour vomir une nouvelle fois du sang, se remettant sur le dos, les mains crispé sur son ventre par le douleur. Sa mâchoire était serrée.

Le barde apparu à la porte, tendant la sacoche au Sorceleur. Ce dernier sorti un flacon contenant un liquide visqueux et noir.

- Tu vas vivre. Mais ce sera douloureux. Bats toi.

Sur ces mots, il versa le contenu du flacon entre les lèvres de Dyrane, posant une main sur sa bouche pour la contraindre à avaler.

Une convulsion secoua le corps de Dyrane et ses yeux devinrent noir, complétement noir. Sa respiration se saccada, et devint roque.

Une phrase retentit dans sa tête "Courage mon enfant, bats toi.".