La petite fille aux yeux vairons était assise en tailleur dans son jardin. Elle chantait une comptine qu'elle avait inventée, et riait aux éclats.

Elle se mit soudain a chercher sa mère, mais ne la trouva pas. Elle fouilla chaque pièce de la maison, mais pas de tracede sa mère. Ses petites jambes montèrent avec difficulté l'escalier de bois, personne dans la chambre. Elle décida de monter dans le lit de sa mère, non sans difficulté. Elle aimait faire cela quand sa mère n'était pas là, le lit sentait son odeur, elle s'imaginait que cette dernière la prenait dans ses bras. La petite se recroquevilla dans les couvertures.

Elle se redressa d'un coup, mais ne reconnu pas la pièce, elle tourna la tête et croisa le visage d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Elle eu un léger mouvement de recule, puis s'approcha de l'inconnu au yeux bleu.

- Qui êtes vous, chuchota l'enfant.

L'homme sembla étonné de cette demande, il approcha sa main du front de l'enfant et la retira aussitôt.

- Je sais que l'on ne se connait pas depuis longtemps, mais c'est moi, Jaskier. Tenta le barde.

- Jaskier ? Je ne connais pas de Jaskier... Vous êtes un ami de maman ? Répondit l'enfant en penchant la tête.

- De maman ? Dyrane qu'est ce que vous racontez ? Lui lança Jaskier en fronçant les sourcils.

- Qui est Dyrane ? Demanda l'enfant en regardant autour d'elle, pensant qu'il s'adressait à une autre personne.

Jaskier commençait à comprendre ce qu'il se passait. Il souffla doucement et plongea un linge dans un bol d'eau.

- Dyrane, c'est votre prénom. Répondit gentiement Jaskier en posant le linge sur le front brûlant de fièvre de la femme.

- Un prénom ? Mais je n'ai pas de prénom... Maman n'a jamais voulu m'en donner... Les gens m'appelle juste la fille du démon...

Les yeux de Jaskier s'élargir de surprise. Qui ferait cela à une enfant? Il trempa une nouvelle fois le tissus dans l'eau froide. Il détailla la femme assise dans le lit, elle jouait avec ses cheveux et regardait attentivement ce que Jaskier faisait. Il ne pu s'empêcher de lui poser une question.

- Quel âge as tu ?

- Je ne sais pas... Dyrane se mit à compter sur ses doigts. Je crois 8 ans, mais je n'ai jamais fêté mon anniversaire, alors c'est difficile à dire.

Le cœur de Jaskier se serra, et une profonde tristesse l'envahi à cet instant où il commençait à comprendre dans quelles conditions avait grandit cette femme.

- Il va falloir dormir maintenant. Lança-t-il.

- Mais si maman voit que je suis dans son lit elle va se fâcher. Répondit Dyrane en commençant à s'affoler.

- Je surveillerais, ne t'en fais pas. Dors tranquille. Chuchota Jaskier en essayant d'arborer un sourire rassurant.

En disant ses mots, Jaskier l'aida à s'allonger dans le lit, et posa le linge sur son front. Les yeux de Dyrane papillonnèrent un instant puis elle sombra dans le sommeil.

Geralt ouvrit la porte le maisonnette peu de temps après, un lièvre sur l'épaule. Il le posa sur la table de la cuisine et s'approcha de Jaskier. Ce dernier se leva en le voyant, l'air perturbé, il déclara :

- Prend le relais Geralt, je n'ai clairement pas le cœur assez accroché pour faire ça.

- Que s'est il passé? Demanda Geralt de sa voix basse.

- Elle délire. Et si tu veux mon avis, je n'aimerais pas avoir vécu ce qu'elle à vécu, n'y être contraint à le revivre à cause de la fièvre. Maintenant, si tu veux bien m'excuser je vais aller m'aérer. Bon courage.

Geralt regarda le barde disparaitre par la porte d'entrée, son luth à la main. Il s'assied à son tour, regardant Dyrane lutter contre la fièvre. Il changea le linge.

Après plusieurs heures de calme, Dyrane commençait à s'agiter dans ses couvertures. Geralt s'approcha d'elle pour vérifier que tout allait bien, il posa une main sur son front, qui était de nouveau brulant. Il vit la femme ouvrir les yeux.

- Qui êtes vous?

La voix de la femme était roque. Elle s'était redressé, et guettait la moindre réaction de la part de Geralt. Ce dernier avait un mauvais pressentiment.

- Qui êtes vous, où est Ygdrelle ? Répéta Dyrane.

- Je ne sais pas de quoi vous parler. Se contenta de répondre Geralt.

Soudainement le regard de Dyrane changea. Elle semblait se souvenir que quelque chose. Ses yeux s'emplirent littéralement de rouge. Geralt se leva mais trop tard. Un puissant souffle télékinésique balaya la pièce, renversant l'homme sur son passage.

- Vous l'avez tué ! Hurla la femme en se levant du lit.

Geralt se redressa, et réalisa rapidement un mouvement de la main, en s'approchant de Dyrane.

- Tu es fatiguée, endors toi.

Il rattrapa la femme de justesse quand celle-ci s'effondra, endormie et la posa sur le lit. Il se retourna pour voir l'état de la maison.

- Parfait. Gromela le Sorceleur.

Jaskier ouvrit la porte, interpellé par le bruit.

- Mais que s'est il passé ! S'affola le barde en voyant la table renversé et l'état de la maisonnette.

- Comme tu dis si bien, elle délire. Grommela le Sorceleur

- ça va durer encore longtemps cette histoire Geralt ? Soufflât Jaskier.

- Aucune idée.

- Non mais je veux dire, on devait venir terrasser la fille du démon. Je devais avoir un conte épique pour ma prochaine ballade ! Et on se retrouver à soigner cette, probablement, dîtes fille du démon. Tout cela n'a aucun sens ! Râla le barde.

- Tu es libre de partir. Gronda Geralt, agacé par le comportement de Jaskier.

- Ce n'est pas ce que j'ai dis. Je dis simplement que la situation commence à me dépasser. Soupira ce dernier, tout en ouvrant la porte pour sortir de nouveau.


Dyrane se redressa péniblement. Elle avait les paupières lourdes, sa tête tournait. Dans la pénombre de la pièce, elle apperçu le barde, assis sur une chaise, endormi. Est ce qu'il la surveillait ? Et que faisait-elle dans le lit de la salle à manger?

Soudain la mémoire lui revint. Le poison. La potion du Sorceleur. Il lui avait sauvé la vie.

Elle posa doucement ses pieds sur le sol, attendant quelques instants avant de se lever. Elle essaya une premier fois mais ses jambes tremblait, et sa tête tournait. Elle attendit plusieurs minutes ainsi assise, puis se leva doucement. Elle se dirigea vers la cuisine et avala une gorgé de miel, qui l'aiderais à ne pas faire défaillir.

Elle laissa le barde endormi et ses dirigea vers la porte d'entrée. Elle avait besoin de voir si Lux allait bien. Elle ne mit pas longtemps à trouver la jument Palomino, même dans la nuit. Cette dernière vint à sa rencontre et posa la lourde tête contre son épaule.

- Je suis là ma belle, tout va bien. Chuchota Dyrane dans la crinière de son amie.

Le vent souffla doucement sur les deux êtres, les enveloppant d'une douce chaleur. Elle respira la douce odeur du pelage de la jument, cela l'apaisa.

- Je vois que Jaskier sait toujours aussi bien monter la garde. Soufflât une voix derrière elle.

Dyrane se retourna doucement, faisant face au Sorceleur.

Elle n'attendit pas un instant de plus pour prendre la parole, ignorant ce qu'il venait de dire:

- Merci à vous. Je ne serais pas là à l'heure actuelle sans votre aide. Merci, Sorceleur. Déclara Dyrane, une expression sincère sur le visage.

- Geralt. Se contenta de grogner ce dernier.

- Très bien, Geralt. Se corrigea Dyrane. Je vous remercie sincérement. Vous n'étiez pas obligé de faire cela.

Geralt ne répondit pas, et se dirigea vers la maisonnette pour s'assoir devant cette dernière. Dyrane le rejoint et fit de même. Après un court instant, elle reprit la parole:

- Vous n'êtes pas obligé de monter la garde... Les loups s'en occupent très bien.

- Alors comment expliquez vous que vous ayez été empoisonnée.

Dyrane marqua une pose. Effectivement, cela était bien étrange. Elle avait fait passer le mot dans la forêt, chaque individu aillant une attitude hostile envers elle devait périr. Ainsi, Les assassins étaient dévorés, et les gens perdus ou de passage n'avaient rien à craindre. C'est pour cette raison qu'elle ne s'était pas méfiée du Sorceleur et du barde. S'ils avaient pu arriver jusqu'à elle c'était qu'ils n'étaient pas un danger. Le loup qui avait voulu les attaquer a dû sentir leurs doute quand ils l'on rencontrée, tout simplement. L'espace d'un instant elle se demande s'il pouvait s'agir du Sorceleur. Elle ne les connaissaient pas et n'avait aucune raison de leur faire confiance. Mais quel en aurait été l'intérêt ? L'empoisonner, puis la sauver, dans quel but ? Qu'elle leur fasse confiance ? Encore une fois dans quel but ? Il n'y avait rien à tirer de sa confiance, s'il avait pour mission de se débarrasser de la fille du démon. C'était incompréhensible.

- Je n'ai rien a voir là dedans et Jaskier non plus. Finit par dire Geralt, voyant que Dyrane réfléchissait. Il s'agit d'un mercenaire probablement, j'ai retrouvé son corps non loin de la rivière, une fiole à la main. Il à certainement attendu que vous buviez pour verser le poison. Il fut égorgé par un loup.

- Excusez moi d'avoir pu penser cela, mais je ne vous connais pas. Je n'avait pas de raison de vous faire confiance. Et pour l'homme et bien, je suppose qu'il a su déjouer la sécurité de ses lieux.

- Vous ne l'avez pas entendu ? Il ne devait pas être loin pourtant.

- Non. J'étais... Distraite.

La femme repensa à sa découverte, au fait que Geralt était en réalité le Loup Blanc. C'est à cause de cette information qu'elle n'avait pas entendu l'homme, ni Hugin, elle n'avait même pas senti l'odeur du poison. Elle soupira longuement puis se leva.

- Ma chambre est à gauche du couloir, il y en a une autre à droite, plus le lit de la salle. Il y a largement de quoi dormir pour tout le monde.

Elle se dirigea vers la porte de sa maison, et soufflât :

- Bonne nuit, Geralt.

Puis elle s'enfonça dans la maison, laissant Geralt seul dans la pénombre.