Après l'épisode de la licorne, la lumière va t'elle continuer à guider Draco vers la guérison?

Draco roula la lettre entre ses doigts puis l'attacha à la patte de son Grand Duc à l'aide d'un ruban argenté. Une fois sa tâche accomplie, il posa sa tête sur le plumage moucheté de l'oiseau et caressa distraitement son cou. Puis il murmura dans son oreille la destination familière et s'écarta.

Le Grand Duc secoua ses ailes et s'envola geste majestueux. Draco le regarda s'éloigner jusqu'à devenir un point à l'horizon, saisi de nostalgie.

Il espérait que sa lettre rassurerait sa mère. Depuis son retour à Poudlard, il avait laissé celles de sa mère sans réponses, ne pouvant se résoudre à raconter ce qu'il traversait. Les lettres maternelles étaient devenues de plus en plus inquiètes, jusqu'à le supplier de lui donner un signe de vie.

Mais là, il avait enfin eu une belle anecdote à coucher sur le papier. Sa mère ne comprendrait sûrement pas son émerveillement devant l'accueil de la licorne, quelque chose qui lui avait semblé aller de soi jusqu'à il y a peu. Mais Pomfresh lui avait assuré qu'elle serait heureuse de lire quelque chose de lui. Et il se plaisait à imaginer son visage triste s'illuminer d'un sourire lorsqu'elle lirait comment Mc Gonagal avait réagi quand elle avait vu le quatuor improbable avec la licorne, puis quand elle avait compris que les trois jeunes filles étaient allées chercher la créature dans la Forêt Interdite et l'avaient attirée en badigeonnant les troncs d'arbres de phéromones de licorne dérobées par Pansy dans la réserve.

A ce souvenir, Draco sourit légèrement. Il remplit ses poumons de l'air froid de l'hiver et laissa ses pensées dériver vers le Manoir et sa mélancolique mais aimante occupante. Un hibou de l'école se planta devant lui et lui donna un petit coup de bec, le tirant de cette rêverie. Il avait un grand bouquet de fleurs accroché aux pattes. Le visage du Serpentard s'assombrit, mais il détacha le bouquet de fleurs avant que le hibou ne l'attaque à nouveau.

Il y avait une fleur de lys au milieu, comme toujours. Et cette fois, des immortelles l'entouraient, dans un ensemble élégant. Avant que Draco ait pu décider s'il allait les garder ou les abandonner sur la tour, Pansy apparut en grognant.

« Bon, tu viens ? Ou tu me laisse affronter seule nos ennemis jurés? »

Elle marqua une pause et ajouta :

« Et qu'est ce que c'est encore que ces fleurs ? Tu sais toujours pas qui te les envoie, ou pourquoi ? »

Le jeune homme secoua la tête. Recevoir de si belles fleurs d'une personne inconnue le mettait profondément mal à l'aise. Le lys avait toujours été sa fleur préférée, et il sentait confusément qu'il y avait un message. Pour autant, il n'était pas sur de vouloir son contenu.

Pansy lui jeta un regard scrutateur, puis elle lui arracha le bouquet des mains et le fourra dans son sac.

« Il fera très bien dans mon dortoir... Maintenant viens, on va faire l'Histoire ! »


Un silence suspicieux accueillit Pansy lorsqu'elle pénétra dans la Salle sur Demande. La sorcière sourit d'un air moqueur aux membres de l'AD, visiblement satisfaite de son petit effet. Lorsqu'elle ouvrit la bouche, Draco sut qu'elle allait déraper.

« Salut les nazes, en tant qu'ancienne membre de la Brigade d'Ombrage, grande spécialiste en sorts de combat et en guerre psychologique, je viens rehausser le niveau de votre petit cluclub. »

De méfiante, l'audience devint franchement hostile.

« Bonjour Pansy, fit Hermione d'une voix fatiguée. Je venais justement de prévenir tout le monde que je t'avais invité à nous rejoindre. »

- Eh bien me voici, aussi ravie que vous d'être ici ! » Chantonna la sorcière.

Elle s'avança d'un pas décidé dans la pièce et serra la main d'Hermione, dédaignant les regards furieux de Harry et Ron. Contre toute attente, Luna sauta vers la Serpentarde et l'accueillit d'un « Bonjour » suraigu avant de la traîner au fond de la pièce pour lui montrer un nid de Nargoles.

Hermione fit un petit signe de la main vers Draco et l'invita à les rejoindre. Il s'approcha avec hésitation du trio Gryffondor, effrayé à l'idée que quelqu'un lui demande pourquoi il avait soudain arrêté de venir. Mais au lieu d'un interrogatoire, il reçut un hochement de tête poli de la part d'Harry, un petit « Salut » de Ron et un grand sourire chaleureux d'Hermione. Il se détendit un peu et sortit sa baguette noire.

Pansy, au fond de la salle, réussit à se débarrasser de la Serdaigle et jeta un coussin sur Draco qui lui renvoya d'un sort. Il constata avec soulagement que sa magie se plia à sa volonté et qu'aucune flamme noire n'accompagna son sort, même si le coussin s'écrasa avec un peu plus de violence que prévu sur la jeune femme. Pansy fit un cri indigné puis se jeta sur lui. Les deux amis échangèrent sorts et insultes amicales, comme lorsqu'ils étaient enfants, et le cœur de Draco se réchauffa un peu. Autour d'eux, les autres élèves avaient repris leur entraînement, semblant tolérer la présence de la Serpentarde.

Et puis une main s'écrasa sur le bas du dos de Draco en une tape suggestive et son sang redevint glacé. Le jeune homme sursauta et fit volte face, le visage blême, l'esprit rattrapé par un flot de souvenirs désagréables. Sa baguette délivra un jet de flammes noires sur le responsable de ce geste qui s'écarta d'un bond, évitant de justesse le feu maléfique.

« Wow Draco, je sais que j'aime bien les trucs qui explosent mais tes flammes m'inspirent pas confiance ! »

Le Serpentard lâcha précipitamment sa baguette et les flammes disparurent. Seamus se mit à rire d'un air bon enfant, mais Draco resta paralysé, terrifié à l'idée que sa magie lui avait encore échappé et avait manqué blesser l'irlandais.

Ce dernier approcha une main du visage défait et releva son menton avec douceur, l'approchant du sien au point de le frôler. Il planta ses yeux pétillants dans ceux du Serpentard et chuchota :

« Je suis content que tu sois de retour. Tu m'avais manqué. »

Draco écarquilla les yeux, traversé par une foule de sentiments contraires. Bonheur de retrouver ce jeune homme bienveillant et plein d'humour, honte qu'il ignore ses secrets et le considère comme quelqu'un de fréquentable, malaise d'être ainsi regardé et touché.

Hermione le sauva en annonçant que la séance était terminée. Seamus le lâcha et Draco retrouva ses moyens. Avec un sourire timide, il lui offrit de l'aider à ranger, et les deux garçons entreprirent de rassembler les coussins épars dans un silence complice. Puis Pansy les rejoignit et le Gryffondor les salua, ajoutant avec un regard appuyé vers Draco qu'il espérait le revoir la semaine prochaine. Pansy le regarda partir en fronçant les sourcils, puis elle haussa les épaules et déclara que Blaise devait probablement être rentré de la bibliothèque et les attendre à la Salle Commune.

Sur le chemin, Draco lança son amie sur le sujet de son arrivée fracassante puis la laissa parler avec enthousiasme pendant que ses propres pensées dérivaient. Revoir Seamus l'avait profondément ébranlé. Sans le vouloir, le jeune homme lui avait rappelé qu'il n'était pas ce que Pansy, Seamus et les gens de l'AD croyaient. Il n'était qu'une "petite pute", comme lui disait chaque matin son poignet lorsqu'il le recouvrait du baume de Rogue. Il n'avait pas sa place parmi ces personnes lumineuses, insouciantes et innocentes. Peut-être que c'était parce qu'il s'en était enfin rendu compte que Blaise disparaissait chaque soir avec une nouvelle excuse, pour ne revenir qu'après le dîner, le fuyant jusque dans leur lit en s'endormant trop vite.

Draco se rendit soudain compte que Pansy s'était arrêtée de parler et le regardait. Il s'efforça de gommer l'amertume et la tristesse de ses traits pour afficher une expression détendue. La sorcière eut un petit sourire triste. Puis elle secoua sa tête et glissa sa main dans la sienne.

« Allez, on va retrouver Blaise. » murmura t'elle.

D'une voix plus décidée, elle ajouta :

« J'ai hâte qu'on lui raconte ce moment historique. Poudlard n'oubliera jamais l'entrée fracassante de la princesse vert et argent dans ce repère de chatons mal léchés, blaireaux patauds et oisillons pathétiques. »

Draco rit doucement :

« On commence par le moment où je t'ai assommé avec un coussin ou celui où Loufoca t'a demandé pourquoi t'avais des Nargoles plein les cheveux ? »

Pansy lui tira la langue.

Arrivés dans le Salle Commune des Serpentards, ils se laissèrent tomber dans un grand canapé noir en cuir. Draco passa en revue les quelques élèves présents, tiquant lorsque son regard glissa sur Astoria Greengrass. Blaise n'était pas là.

Il sentait la vibration sombre de sa nouvelle baguette, dans la poche de son pantalon, il sentait les cicatrices sous le baume magique et il sentait l'absence de celui qu'il aimait, plus douloureuse encore. Mais il sentait aussi la petite main tiède de Pansy entre ses doigts, bien décidée à ne pas le lâcher.

Il ferma les yeux et posa sa tête sur l'épaule de son amie. Les cheveux noirs piquaient son front et son cou tirait un peu, mais il se sentait bien.

« Merci » murmura t-il.

En réponse, la main libre de Pansy se posa sur sa tête et lui caressa doucement les cheveux.

C'est progressif, mais après tout ce qu'a vécu Draco, ça ne peut pas aller bien du jour au lendemain. Il y a forcément beaucoup à digérer, à affronter pour reprendre. Mais il est entouré par Pansy... et Blaise?

Que fait Blaise en effet, fuit-il vraiment Draco? Pourquoi cette absence? La réponse dans les chapitres suivants... (par contre, me demandez pas quand ceux ci arriveront, je ne le sais pas xD mais un petit commentaire d'encouragement ne ferait pas de mal)