Chapitre 9 : Lí
13 Mars 2013
Taïwan; Taichung; Central Ditrict; Moon Lake Hotel
Razu, c'est la meilleure personne que j'ai jamais rencontrée.
Exceptionnellement, je vais vous partager quelques morceaux de ma vie personnelle afin de vous expliquer mon fond de penser sur elle.
Si vous ne connaissez rien sur moi, autant partir de ce qui a fait ma réputation.
A savoir une série de meurtres similaires qui ont frappé plusieurs villes de mon pays natal, et principalement sa capitale, voilà pourquoi l'on a fini par me surnommer la Terreur de Taipei.
Je n'ai jamais aimé ce surnom puisque celui allait à l'encontre de mes intentions qui étaient nobles.
Cependant, ils étaient tous trop cons pour pouvoir le comprendre.
Je suis une taoïste convaincue, ayant lu tous les textes de Lao Tseu et Tao Tö King.
Il me fallait juste trouver un moyen de suivre la voie du Tao, c'est à dire suivre la voie naturelle avec son cœur et son esprit afin d'atteindre l'harmonie.
Il y a aussi la plénitude du vide, la passivité productive ou encore la préférence de l'état naturel à la civilisation.
Tout ça m'a accompagné durant une grande partie de mon adolescence sans que je sache exactement comment l'exploiter, jusqu'à mes études en biologie où j'ai faussement compris ce que je devais faire.
C'est le moment où tout à basculer et où j'ai mené ma carrière de criminelle nationale.
J'étais convaincue qu'il fallait de je purge notre planète des âmes qui étaient trop portées sur la technique, la technologie, et qui donc ne pourraient jamais atteindre cette paix éternelle.
Je devais donc les aider à y parvenir, en séparant leur corps dont on ne pouvait plus rien tirer de leur force vitale à l'intérieur.
Voilà donc la philosophie que je menais d'une main de fer à l'époque et qui a entrainé à la mort de 7 personnes différentes.
Toutes des jeunes femmes ou adolescentes de nationalités étrangères qui venaient passer leur vacance dans ce pays sans ce qui allaient les attendre.
Au final, j'ai quelques regrets à les avoir éliminé avec le recul car comme vous le verrez, je m'étais trompée sur la façon de voir la chose exactement.
En fait, je m'étais planté sur la route à entreprendre et sur ce que l'harmonie allait être, et j'ai même failli m'en priver par mon aveuglement.
Quelle idiote j'ai été.
Le moment où j'ai compris que quelque chose n'allait pas, c'est quand je m'en suis prise à ma huitième victime.
La seule à avoir survécu.
Vous savez déjà de qui ça va parler.
Si vous n'avez pas pigé, cela va venir.
Une nuit, alors que je me promenais au Fengjia Night Market dans le discret de Xitun, j'ai aperçu un visage dans la foule et c'était le sien, d'une beauté si magnifique que j'ai été vraiment conne de ne pas m'en rendre compte à ce moment là, trop obnubilée par ce que je voulais déjà lui faire subir et qu'elle ne méritait tellement pas.
Tout ça parce qu'elle était en train de s'amuser sur son téléphone en faisant partager ses exploits à ses amies.
Que je pouvais être bête à me laisser guider par une foi sans réfléchir plus murement à ce que je faisais.
Je faisais honte aux penseurs que j'osais essayer de salir leur écrits en les dénaturant en réalité.
Avant que je me foute une baffe, revenons à elle si vous le voulez bien.
Ma petite fleur de cerisier.
Razu Berī dans cette robe rose scintillante, plongée dans un océan de paillettes qui trahissait sa vraie nature, à savoir une gentillesse inégalée et qui est extrêmement rare, tellement qu'elle est la seule à ma connaissance à l'avoir à ce degrés là.
Rien que sa présence peut redonner foi en l'humanité aux plus nihilistes d'entre nous.
J'ai juste une envie, c'est de sauter aux meilleurs moments, mais avant cela il faut vraiment que j'aborde les pires.
Ce qui fait que j'ai failli tout gâcher.
Ne jamais trouver l'harmonie alors qu'en réalité, c'était elle l'harmonie.
On y reviendra.
Je l'ai observé tout le long du trajet comme je le faisais habituellement, en étant à une distance parfaite pour ne pas être trop proche et se faire griller, ni trop loin et la perdre.
Sur ce point là, j'excellais énormément puisque personne n'a jamais réussi à vraiment ma présence, à tel point que la police nationale ramait à m'identifier et ils étaient loin de pouvoir un jour me choper comme j'étais une ombre que personne n'avait vu, un véritable fantôme digne des histoires d'horreur dont on entend tant parlé.
Ma filature m'a parmi d'arriver à l'endroit où elle séjournait et je m'y suis introduit sans trop de problème, évitant ainsi d'attirer l'attention des employés qui y travaillaient et qui m'auraient surement demander si j'avais une chambre ici ou si j'en voulais une.
Celle où elle logeait avec ses copines était la Chambre N°4, un chiffre loin d'être anodin en Asie de l'Est.
Tellement que dans certains bâtiments, on saute directement du troisième au cinquième étage.
Faut croire que là haut ils avaient un sacré humour qui me dépasse grandement.
Pour la suite de mon plan, il me suffisait juste à attendre, tapis dans l'ombre, qu'une opportunité vienne se montrer à moi, et ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard que celle est arrivé quand celles qui partageaient la chambre avec elle sont sorties afin d'aller chercher de la nourriture pendant que ma cible de son côté préférait rester sur place afin de ne pas louper le début de sa série préférée.
Hanazakari no Kimitachi e.
Une histoire d'amour comme elle les adore.
On l'a regardé l'autre jour.
Ce n'est pas ma tasse de café mais je fais un effort.
Pour elle.
Puisqu'elle était à présent seule dans ce qui aurait pu être son lieu de repos final, et que tous les regards étaient tournées ailleurs, il ne me restait plus qu'à faire mon entrée en scène.
Je me suis mis devant la porte avec le chiffre porte malheur puis j'ai toqué.
Ma capuche fut relevée, de même pour mon bandana au niveau de la bouche, avec en plus des lunettes de soleil rajoutées sur mes yeux.
Bien évidemment que je ne les mettais qu'avant de passer à l'acte car sinon personne ne m'aurait laisser pénétrer au sein de cet hôtel.
Cela me permettait de cacher mon identité, au cas où.
Surtout que la méthode que j'avais choisi pour mettre fin aux jours de mes victimes n'était pas la plus rapide, donc il y en avait des chances pour qu'elles survivent, ce qui n'avait pas été le cas jusque là.
J'ai toujours préféré l'égorgement, je ne sais pas pourquoi.
Ce n'est pas par question de sadisme puisque je m'en vais toujours immédiatement avoir avoir commis l'acte.
Un psy pourrait surement me révéler la raison.
Sauf que je n'irais jamais en voir un.
Les pas se sont approchés innocemment du piège, alors de mon côté je serrais fermement mon épée paillon pour préparer mon attaque.
Je me devais d'être nette et précise dans le geste.
Quand la porte s'est enfin ouverte, j'ai vu son jolie visage souriant se révéler à moi, et sans perdre de temps j'ai balancé mon bras de la gauche vers la droite dans un mouvement calculé qui m'a permis de lui trancher la gorge en un instant, la faisant reculer sur le coup et tomber au sol, apeurée et en train de perdre beaucoup de sang.
Ma mission accomplie, je suis repartie de là où je venais, sans regarder en arrière.
Comme d'habitude.
Rien ne semblait changer de ma routine habituelle, dû moins en apparence.
J'ai réussi à localiser ma huitième victime, à la suivre sans me faire repérer, à la tuer discrètement et repartir sans être vue.
Normalement, tout était fait pour je continue encore longtemps sur cette voie trompeuse, en passant à une neuvième victime.
Or, ce n'est pas comme cela que ça s'est passé.
Déjà, la grosse différence, c'est que la petite japonaise est la première à avoir survécu de mes mains meurtrières, ce qui n'est pas rien, mais n'aurait pas été suffisant pour me faire comprendre mon tort si il n'y avait eu que ça.
Non, il fallait quelque chose de plus fort, quelque chose qui a fait vibrer un organe inerte depuis déjà trop de temps au sein de mon corps.
Ceci s'est produit quelques jours après mon acte, alors que je me reposais dans ma planque en bordure de forêt, j'avais décidé de faire ce que je faisais habituellement, à savoir me renseigner sur les conséquences de mon action et surtout voir si ces idiots de journalistes allaient enfin comprendre la motivation de mes crimes.
A ce moment là, je savais déjà qu'elle avait survécu, et je m'en foutais à vrai dire.
Le plus important était plutôt de savoir si mon identité allait sauter, et donc comme je l'ai dit, si mon but allait enfin être découvert.
Ce qui ne fut pas le cas, et à vrai dire c'est un peu ma faute comme je ne laissais jamais d'indice et qu'il n'était pas évidemment de le découvrir en s'en tenant aux profils de celles qui passaient sous ma lame sanglante.
En zappant sur TTV, je suis tombée sur le journal de midi où le présentateur parlait justement de ce que j'avais fait et faisait la transition sur un de leurs reporteurs qui était justement présent au sein de l'hôpital où avait été transportée ma petite framboise afin d'essayer de l'interviewer, ce qui n'était pas facile, étant donné que elle ne pouvait plus parler à cause de son larynx endommagée et n'avait pas encore de moyen pour s'exprimer artificiellement comme elle l'a actuellement.
A la place, elle utilisait la magie d'un logiciel de voix sur son PC portable, en y écrivant ses réponses afin que celles ci puissent être entendues par la suite par le biais d'une voix synthétique.
Voilà enfin le moment où tout a basculé, et qui fut tellement important pour moi que je l'ai rematé un nombre incalculable de fois en replay, et même enregistré et mis sur un DVD afin de pouvoir être relu de nombreuses fois, avec plusieurs exemplaires de faits au cas où cela viendrait à être perdu.
Oui, à ce point là.
Je l'ai même déjà regardé avec l'élue de de mon cœur qui y apparait.
Puisque je connais les lignes dialogue par cœur, je vais pouvoir tout vous mettre.
Reporter : Bonjour Madame Berī.
Razu : Ohayo !
C'est la seule fois où elle s'exprimera en jamais, pour souligner sa langue maternelle, bien qu'elle sache parler une dizaine de langues au total.
Le reste se fera donc en mandarin, ne vous ne faites pas.
Reporter : Vous avez survécu au meurtrier que l'on surnomme la « Terreur de Taipei »et êtres ainsi la première dans ce cas là. Comment vous sentez à l'heure actuelle ?
Razu : Plutôt bien. Sur le moment, j'avais peur de mourir, mais c'est passé, et puis maintenant il faut vivre, c'est le plus important. Ma philosophie de vie est justement de vire au jour le jour sans penser à ce qui pourrait t'arriver, puisqu'on en a qu'une seule de vie et il faut donc la profiter au maximum avant d'arriver au Yomo-tson-kouni,
Reporter : Il est vrai que vous êtes shintoïste.
Razu : Mes amies athées se manquent de moi sur ce côté là car je le prend trop à cœur, mais au moins, je profite de ma vie, ce qui n'est malheureusement pas le cas qu'elles, et j'espère qu'elles le pourront un jour.
Reporter : Vous n'avez pas peur que cet assassin vienne terminer le travail qu'il a commencé ?
Razu : Non. Si cette personne doit le faire, elle le fera. Tout ce que j'aimerais c'est que cela soit plus rapide cette fois ci pour ne pas avoir à trop souffrir, mais je respecte son choix et je ne vais pas imposer le mien.
Reporter : Vous ne lui en voulez donc pas d'avoir essayé de vous tuer ?
Razu : Pas le moindre du monde. Donc si tu nous regardes en ce moment même, n'aie pas peur, je ne te prend pas pour un monstre, tu es humain tout autant que nous.
Ces mots ont résonné fortement dans mon esprit, tout autant que son sourire s'est gravé dans ma rétine.
Je me disais que cette gentillesse cachait quelque chose, jusqu'à entendre ce qui allait suivre.
Reporter : La police nous a dit que vous n'aviez pas accepté de décrire l'apparence du tueur. Pourquoi donc ?
Razu : Je ne veux pas qu'il lui arrive des ennuis.
Reporter : Est ce que vous pensez aux familles des précédentes victimes qui regarderont ça et vous verrons refuser de coopérer ?
Razu : Je comprends qu'elles veuillent le voir finir en prison car la perte de leur proche leur a surement fait beaucoup de mal, mais cela ne les ramènera pas d'avoir cette personne derrière des barreaux. Ce que l'on peut faire, c'est d'essayer de comprendre sa motivation et de parler avec lui, discuter, et si il y a des moyens de faire accomplir son désir avec le moins de mort possible, la convaincre de le faire. Respecter les opinions et choix des autres est important, tout autant que leur parole.
Reporter : Vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de dire !? Vous défendez un meurtrier !
Razu : Je suis navrée que vous ne compreniez pas mon point de vue car...
Reporter : Vous allez gâcher votre réputation à sortir de telle chose, et au Japon c'est très important, sans compter sur le fait que vous allez risquer des ennuis judiciaire.
Razu : Je ne changerai pas d'avis. J'ai pardonné celle qui m'a fait ça, et si cela ne vous convient pas, cela est bien dommage. J'aurais aimé que vous puissiez le comprendre.
Trop gentille cette fille.
Si elle avait croisé Hitler, elle aurait essayé de négocier pour que tout le monde, y compris lui, s'en sorte satisfait et libre.
Une perle blanche dans un océan noir.
J'ai alors compris que je devais le coquillage qui allait la protéger des prédateurs qui y rôdent.
Quand ma grosse erreur m'a sauté aux yeux, j'ai voulu de me frapper jusqu'à en crever, car honnêtement je ne méritai même plus de suivre la voie du Tao, tellement j'ai été conne à ne serait que croire que la violence était ce qu'il fallait suivre pour atteindre l'harmonie, alors que le sang n'a jamais pu permettre de telles choses.
Pourtant, je n'étais pas loin de la vérité, j'ai juste dévié sur une fausse route.
Il fallait bien bien que je suive des âmes portés sur la technologie en suivant mes préférences, sauf que ce n'était pas pour les punir mais au contraire, les aimer, afin de trouver mon âme sœur qui est justement l'harmonie recherchée.
Il a fallu qu'on me mettre la personne la plus gentille, honnête et adorable sur cette planète pour que je m'en rende enfin compte !
Je suis le Yin, et elle le Yang.
Moi, j'ai toujours préféré vivre en communion avec la nature, loin de toute civilisation, donc de préférence dans les bois de notre grande île.
Razu quand à elle a toujours adoré la vie dans les grands villes et est accroc à de nombreuses facettes de la technologie créée par l'homme.
Que j'ai été débile quand même sur le coup.
Voilà pourquoi j'ai refusé ce cadeau offert par les esprits.
Ils sont eux aussi gentils mais avec mes fautes, je ne la méritai pas.
Voilà pourquoi j'ai vécu reclus, sans plus tuer une seule personne, pendant un an à repenser à tout ça nuits et jours.
J'aurais dû y finir ma vie, seule.
Pourtant, ce n'est pas ce qui a été décidé par certains qui voulait absolument me voir heureuse il faut croire.
Là, on est même plus sur un coup de chance, on est au-de-là de ça.
C'est ainsi arrivé en 2014, un jour de printemps...
Quand je l'ai vu arriver avec ses vêtement de randonnée avec un air perdu sur son doux visage, j'ai presque cru à un mirage, ce qui aurait été possible vu la chaleur qu'il y avait ce jour ci donc un mauvais coup de soleil aurait pu me taper sur la tête, surtout que j'avais passé ma journée au champ à cultiver des pommes de terre.
Or, sa présence était belle et bien réelle, j'ai encore dû mal à le croire, même maintenant.
Perdue en forêt lors d'un voyage seule cette fois ci où sa naïveté l'a amené à se faire voler une partie de son argent, mais cela ne l'a pas empêché de profiter du voyage au maximum car après tout la vie se doit d'être vécu en profondeur comme elle aime si bien le dire, et elle a fini par me faire croire à sa façon de penser tellement ses beaux yeux sont convaincants.
Un peu comme le Chat Potté dans Shrek.
Ceci est la raison pour laquelle elle a fini par tomber par miracle sur ma maison qui était loin d'être aussi attractive que celle de la sorcière dans Hansel et Gretel, surtout que ce que je produisais avec mon potager n'était pas forcément ce qu'il y avait de plus appétissant dans les légumes, mais au moins ça me permettait de survivre sans être obligé de dépendre d'un village ou d'une ville.
En croisant mon regard pour la seconde fois de sa vie, le pire selon moi à l'époque, ou le meilleur selon moi à présent, est arrivé.
Elle m'a reconnu, immédiatement, malgré le fait que ma visage était masqué lors de notre première rencontre un an auparavant.
Craignant qu'elle se sauve de façon légitime pour aller cherche de l'aide, elle a fait l'inverse de ce que toute personne censée aurait fait, elle a directement sauté dans la gueule ud loup littéralement parlant puisqu'elle a lâché une partie des affaires qu'elle portait sur elle pour bondir sur moi afin de me faire un câlin qu'il m'a laissé pantois.
Ce que j'avais vu à la TV était vrai, elle était vraiment la fille la plus adorable et gentille du monde.
Mon corps n'a jamais atteint autant de chaleur qu'à ce moment là, tellement que j'aurais bien voulu la repousser afin qu'elle s'en aille loin de moi, car je ne la méritai pas, je ne méritais absolument pas tout cette attention, mais...
Mais je n'ai pas pu, j'ai été trop faible, et je me suis résignée à suivre ma voie même si je m'en étais déviée en cours de route.
Les Esprits ont voulu que je l'ai à mes côtés pour pouvoir racheter mes fautes, alors je les remercie pas cela.
J'en profite bien de cette harmonie pour être vraiment une meilleure personne.
Depuis cette réunion, nous vivons heureuses, ensemble, à passer notre temps ensemble jusqu'à ce que nos dernières pétales finissent par tomber.
Si seulement j'avais pu découvrir que j'étais dans l'erreur avant de lui faire ça.
On ne peut pas changer le passé et celui ci reste avec moi pour toujours.
Je pense que si ils me l'ont l'ont remis sur ma route, c'est aussi pour que j'apprenne à vivre avec ce que je lui ai fait subir, marqué par cette grande cicatrice qu'elle arbore au niveau de sa gorge et qui n'a pas disparu avec le temps.
Il y a aussi un petit appareil qui va avec son éléctrolarynx qui lui parlait de parler, même si sur le champ de bataille ce n'est pas pratique du tout.
Pour palier à ça, j'ai prévu de lui payer une opération pour son anniversaire qui arrive prochainement afin de lui greffer un implant phonatoire, ce qui lui permettra de parler de façon plus fluette et moins fatigante.
Je lui dois bien ça, puisque je lui ai causé ce fardeau.
Ma petite Shǔ.
Tous t'ont abandonné, mais pas moi.
Je ne t'abandonnerai jamais.
Je t'aime.
Vivement qu'on quitte cet endroit de merde.
On aurait jamais dû venir ici.
25 Août 2019
États Unis; Louisiane; Bayou Barataria; Redmoon Island
Une maison perdue sur une île quasi-déserte, produit de la lumière et peut être repéré à des centaines de mètres au loin.
A l'intérieur de cette demeure sont regroupée plusieurs personnes dans une même pièce, à savoir le salon haut en couleur où l'on s'était amusé à y décrire chaque pièce d'architecture qui le composait, sans y oublier le moindre détail même le plus anodin. L'immense portait affiché au dessus de la cheminée semble scruter du regard, d'un air renfrogné, les différents invités qui occupent son habitation qui restera toujours la sienne et celle de sa famille bien évidemment. On pourrait même avoir l'impression que ses yeux bougent à la manière d'un épisode de Scooby-Doo, sauf que là les monstres sont réels, à l'instar de Zombie Island.
Les membres l'Équipe Juliett qui ont échappé à une vie éternelle d'errance en tant que cadavre ambulant, sont à présent installés sur les différents reposoirs où l'on peut y poser ses fesses pour un peu plus de répit au niveau des jambes, même sur certains n'ont pas cette chance et sont obligés de reste debout jusqu'à nouvel ordre.
Décrivons l'état dans lequel chacun se trouvent, et ce qu'ils font à l'heure actuelle, sachant que tous sont affectés par ce qui s'est passé un peu plus tôt dans ces bois trop silencieux visibles à travers la fenêtre dont les rideaux ne sont pas tirés.
Lí fait partie des heureuses chanceuses à êtres assises, plus précisément sur l'un des deux fauteuils, avec son harmonieuse chérie sur les jambes afin de lui permettre à elle aussi de profiter de la place déjà occupée. La taïwanaise caresse ses cheveux qui sentent et ont la couleur de la framboise, tout en s'inquiétant pour sa vie car elle ne veut pas que l'innocente jeune femme reste dans un territoire aussi dangereux que celui ci, avec cette menace qui les dépassé complètement et où en plus ce n'est pas à eux de s'en occuper. Dưa était sympa mais ses beaux yeux ne valent pas le coup qu'on tente vainement la venger pour ensuite la rejoindre dans la tombe.
Razu Berī ne partage pas du tout l'avis de celle qui prend soin d'elle, puisque au contraire elle veut avant tout rester ici pour essayer de comprendre et discuter avec le vilain garnement qui l'a privé des siens, sans juger maladroitement ou sévèrement ses actes car d'après les infos qu'ils ont eu, ce n'est pas un mauvais bougre en soin et il y a matière à le raisonner. En plus, même si c'était un mauvais bougre, elle essayerait tout de même d'essayer de négocier avec lui car elle est trop gentille, tellement qu'elle pourrait faire un pacte avec le diable avec le sourire afin de respecter les décisions de ce dernier.
Níng Méng est posée sur l'autre siège, dans visage dans ses mains à se ressasser le trépas d'une personne importante à ses yeux dont elle a été incapable de sauver alors qu'elle est la médecin du groupe et se devait de faire quelque chose, comme ce jour là avec Jie, tandis qu'une main sur son épaule tente de la rassurer vainement que ce n'est pas sa faute. La chinoise aux cheveux blonds affiche bien plus d'autres émotions que l'énervement et montre en réalité une facette qu'elle n'aurait pas voulu autant dévoiler, à savoir celle de la riche fille qui a fini dans la pauvreté et aimerait revenir dans une vie où tout semblait plus facile, et ou la les problèmes de ses semblables ne l'affectaient nullement.
Budō Yami serre sa camarade qui traverse un très mauvaise moment, afin de lui montrer qu'il est là pour elle, comme i lest là pour les autres, et qui ne laissera pas de sombres papiers envelopper son cœur et en faire devenir un corps dénué d'âme, n'attendant qu'une chose, que les Shinigamis viennent la cherche afin de l'emmener dans un autre royaume que celui des vivants. Pour rien au monde, il ne voudrait laisser un membre de sa famille se résilier sur son sort à ce point, car trop de ceux qui comptent le plus pour lui ont disparu à tout jamais, alors il fera de son mieux pour protéger celles qui restent et constituent chacune un fragment de son propre cœur en manque d'amour paisible.
Güzeel Zgenii est quand à elle sur le canapé soyeux en train de poser son menton sur ses deux mains, réfléchissant à la manière d'agir à l'avenir, maintenant qu'elle reprend les rennes laissées par Orange après qu'il se soit fait dévorer par une bande d'alligators en pleine poursuite face à des zombies qui ne l'auraient pas croqués eux, ce qui est assez étonnant à souligner. L'ingénieure mongole a le visage le plus sérieux de la salle, et étant donné que la partie droite de celui ci est marqué au fer rouge, cela lui donne vraiment une aura de chef droit dans ses bottes et qui va sortir ses subordonnés de ce bourbier dans lequel ils sont en train de s'enfoncer.
Karla Hermosospies est à sa gauche et est en train de d'exploiter ses bonnes intentions à fond, en voulant à tout pris tomber sur son employeur, Shüen Yaho, afin de la convaincre avec des arguments que éliminer autant de gens ne l'aidera pas à ramener sa fille, et qu'il devrait juste se concentrer sur le sort de résurrection au lieu de partir à la dérive comme ça. La femme latino se doute très bien que Saiko n'aurait jamais souhaité de son vivant que la situation prenne ce mauvais virage, et ce que son fantôme est en train de faire est juste une conséquence négative des motivations du bon frère et de ce retour imprévue par elle de l'au-de-là.
Émile Loubard est sur le côté le plus à gauche du sofa et il est complètement épuisé par tout ce qui qui a pu se passer en l'espace seulement d'un jour, et il aimerait juste rejoindre sa femme à la maison qui doit être morte d'inquiétude à l'heure actuelle. Cette mission a duré un peu trop longtemps à son goût et tout ce qu'il veut c'est que le plus de vie soit sauvée, même si pour cela il faille buter le principal responsable de ce chaos ambiant qui a voulu jouer contre les Lois de Dieu en étant lui même un usurpateur au trône qui mérite juste d'être châtié.
Tembi Kai est dans un coin de la pièce à dévisager leur sauveurs car elle ne sait pas trop quoi penser d'eux et s'en méfie grandement, surtout que ses camarades de combats sont déjà assez tombés cette nuit, et elle veut à tout prix éviter de revire la même chose qu'il y a vingt ans de ça à Singapour, quand elle a tout perdu en l'espace de si peu de temps. Les ravages de la guerre, elle ne souhaite cela à personne, et surtout pas à eux, eux qui ont été si gentils avec elle depuis son arrivée et qui lui pardonnent ses accès de colère si facilement, elle veut prendre soin d'eux à sa manière en allant jusqu'à se sacrifier si nécessaire.
Buh̄rī̀ H̄el̂ā, dit Kl̂wy, est en train de fumer l'une des dernières clopes du paquet qu'elle a entamé, et j'en profite ainsi pour vous révéler enfin son nom étant donné qu'elle ne l'a pas fait dans sa partie à elle dont il manquait aussi sa carrière de prostitué qu'elle avait exercé avant que Umbrella ne vienne s'installer dans sa vie, alors qu'elle était encore dans son pays natal. Cette thaïlandaise toujours avec le mot pour rire est actuellement en train de mater d'un regard étrangement complice les deux êtres aussi poilus qu'elle quand ils sont dans leur vraie forme, et fait même un clin d'œil au plus vieux d'entre eux histoire de lui dire qu'il lui plaît.
Sara Atsee est quand à elle la plus mouvementée comme à son habitude,en se promenant dans les quatre coins de la pièce afin de regarder tout ce qui s'y trouve, étant donné qu'elle n'était pas là lors de la première visite et elle est trop heureuse d'y découvrir les secrets d'histoire que cette pièce renferme. Nous pouvions nous douter qu'elle serait celle la plus déconnectée de l'enjeu actuel puisqu'elle est toujours un peu dans son monde sans trop savoir ce qui est réel ou pas, et même un bon psy n'a pas réussi à l'en extirper donc je ne sais pas si un jour elle pourra revenir à la raison, mais après tant qu'elle ne souffre pas, ce n'est pas trop dérangeant.
Vous remarquerez que j'en ai profité pour décrire deux personnes qui ne font partis de leur groupe techniquement, mais comme ça c'est fait.
Reste plus qu'à faire la même chose avec trois individus que nous allons découvrir sous un nouvel angle dans peu de temps.
Jean LeFromager se trouve juste devant les buches en train de se faire consumer par des flammes ardentes, afin de pouvoir faire face au plus de monde possible puisque c'est lui qui va devoir se démerder pour expliquer le plus de chose possible, étant donné que les deux autres êtres surnaturels n'ont pas forcément un aussi bon parlé que lui, un peu trop local pour aller avec de sérieuses explications. En plus de ça, il sait garder son sérieux plus facilement qu'eux, et puis il est une grande figure d'autorité par son statut de Shérif, par rapport à son subordonné et à la propriétaire de cette plantation.
Billy Bob qui est à l'entrée de la pièce, en train de mâcher son chewing-gum si particulier comme à son habitude, tout en concentrant son regard si celle qui a fait vriller son organe le plus important à ce jeune homme en manque d'amour et qui n'a pas vraiment de succès au après des filles, alors pour le coup il aimerait bien avoir plus de chance de ce côté là. Il fera donc tout pour bien se faire voir d'elle, quitte à calmer son phrasé un peu particulier, et évidemment ne faisant en sorte qu'elle ne finisse pas par une victime que la malédiction qui frappe ce lieu si on appelait ça comme ça, vue que ce n'est pas vraiment ça.
Emmylou Brown pour finir, en train de servir différents sodas variés en couleur à ses nombreux invités, afin qu'ils puissent se désaltérer après avoir couru le marathon dans ces marais, montrant à quel point elle est vraiment cette sympa cette vampire autoproclamée dont on en saura surement plus dans les minutes qui viennent. Une fois les boissons servies, elle s'absente avec le plateau dans la cuisine, laissant à ses deux amies de la police du comté le plaisir de tout expliquer sur ce qu'ils sont vraiment car ces derniers ont été moins honnêtes qu'elle sur leur véritable nature, ce qui peut toutefois se comprendre.
Cessons de nous attarder encore plus longuement sur la description des actions de tous les acteurs de cette scène de théâtre grandeur nature, car le reste est plutôt futile, alors passons directement à la partie la plus intéressante. Celui qui doit tout expliquer le simplement et rapidement possible, afin de ne pas trop perdre de temps inutilement pour ensuite passer à l'élaboration d'une stratégie afin de faire tomber durant cette nuit le fauteur de troubler derrière tout ça avant qu'il n'y ait encore d'autres pertes.
Pour se faire, il ne passe pas par quatre chemins et emprunte directement l'autoroute.
Jean : Je suis un loup-garou
Billy : Emmylou est une vampire Quahuno pure sang.
Jean : Ce terme ne doit rien vous dire.
Güzeel : A vrai dire, nous étions tombé sur un document de UNIT révélant ce que vous étiez vraiment vous trois, mais pas les termes exacts ou alors notre regretté Capitaine qui l'avait lu ne nous l'a pas dit pour ne pas nous encombrer avec ça.
Jean : Bien... Si vous avez des questions, c'est le moment ou jamais, avant qu'on passe à la suite.
Une main se lève avec une énergie démentielle, il s'agit bien évidemment de la pile électrique de cette bande.
Sara :
Billy : Elle m'fait bien celle là !
Tembi : Ferme là un peu.
Billy : C'est mal me connaître ma belle, et je continuerai de l'ouvrir rien qu'pour toi !
Une autre main, plus calme et douce, se montre venant de la fille la mieux intentionnée de l'univers.
Razu : Quel a été votre rôle dans tout ça ?
Lí : Comme ça on y passera pas trois heures.
Razu : Je suis douée pour toujours trouver les meilleures questions.
Jean : Exactement le même que celui que l'on vous a décrit, à quelques différences près.
Billy : On a juste été à moitié honnête avec vous.
Jean : Nous voulions avoir le fin mot de l'histoire depuis des mois, en dissuadant quiconque de se rendre sur l'île pour ne pas y rajouter de victimes, car nous tenons vraiment à la vie des civils.
Níng : Ils disent tous ça.
Güzeel : Où est ce que ça diverge alors ?
Jean : Quand il y a une semaine de ça quand nous avons localiser la base d'opération de la Shén Yā, sans que je ne savais pas quoi faire exactement, et j'en ai parlé à Billy pour avoir son avis.
Billy : J'voulais qu'on y aille avec tout plein de monde mais il n'a pas voulu.
Jean : Quand il m'a dit, je me suis dit que ce serait risquer des vies pour rien, et qu'il valait mieux utiliser nos pouvoirs à nous pour y faire une percée et saboter leur opérations.
Billy : Finalement, c'était pas plus mal de faire comme ça, et au moins on a pu se lâcher sur ces connards là.
Jean : Ce qu'on a fait là bas, vous le savez déjà, mais au final cette opération n'a pas été fructueuse puisque notre cible principale n'y était pas et nous avions aucune idée d'où elle pourrait se trouver.
Karla : La localisation de sa cachette n'était sur aucun doucement, seulement dans la tête de ceux qui savaient comme moi.
Jean : Ceux que nous avions interrogé avaient refusé de nous donner l'information, alors nous les avons aussi tué.
Güzeel : Vous n'avez donc rien gagné à part débarrasser de ce monde ses sbires.
Budō : Et pour Emmylou ?
Billy : Laissez là en dehors de cette histoire de malheur qui aurait jamais dû lui tomber dessus.
Jean : Elle essaye d'améliorer la réputation de sa famille qui était connue jadis pour être beaucoup moins tolérante envers les humains, et certains membres actuels sont encore dans cet esprit là. Je me rappelle encore Benjamin, le renard qu'on l'appelait, et ce n'était pas pour rien car il était plutôt du genre rusé, mais pas assez pour ne pas creuser sa propre tombe en allant trop loin.
Buh̄rī̀ : Je suis contente que cette fille soit réellement sympa, je pourrais donc avoir mes piments comme prévu.
Güzeel :Tout cela explique un peu mieux les légendes entourant ce lieu.
Jean : Emmylou est pacifiste alors traitez là correctement, surtout qu'il n'y a pas tant de vampire que ça qui tuent des humains pour pouvoir y boire leur sang. Il existe d'autres manières de faire moins létales, voir des alternatives.
Billy : D'ailleurs là v'là qui revient !
La propriétaire des lieux revient en effet après une absence remarquée, et là voilà donc les mains vides puisqu'elle a bien débarrassé le plateau de tout à l'heure comme il fallait, pour autant elle n'est pas revenue seule de la cuisine, et c'est bien ce détail là qui fait se lever tout le monde par réflexe, pensant d'abord à une menace avant que les membres de l'Équipe Juliett ne reconnaissent cette silhouette encapuchonnée si particulière qui a sauvé la vie à deux d'entre eux plus tôt dans la soirée.
Seule une mèche en dépasse, alors que des yeux bleus gris les fixent du regard de façon très sérieuse.
? ? ? : Il faut qu'on s'entre aide.
L'incompréhension est totale puisque personne ne sait qui est ce type apparaissant de nul part selon son bon vouloir.
