Bonjour,

Aujourd'hui la suite, désolée pour cette attente j'espère que cela vous plaira. Comme vous l'avez compris Rhad' se réveille.

Bonne lecture et n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé. Si vous le voyiez ainsi ou si vous avez été surpris.

Biz à bientôt Craft.

Prochain chapitre : mercredi 12 février.


Mardi 11 Février.

Quand il ouvre la porte, il tombe sur deux personnes qu'il connaît bien. Et s'il a mal à la tête en plus d'avoir des pensées strictes et orageuses, Rhadamanthe laisse néanmoins un passage pour les intervenants.

Le silence est pesant et pour l'instant aucun d'entre eux n'osent le briser, surtout pas Kanon à dire vrai. Lui, il a été appelé par Camus –l'autre homme et le dernier dans la pièce- quand il a été contacté par Zeus pour le prévenir de l'éveil du Doré et de ce fait, le Bleuté se sent surtout inutile et indésiré. Alors restant en retrait, le Marine ne peut compter que sur lui-même pour désamorcer lentement la situation.

_ Rhadamant-

_ Je ne savais pas que tu connaissais mon adresse Camus, que viens-tu faire ici ? Râle Rhadamanthe d'un regard noir et d'une voix sans appel.D'un timbre qui dit « je ne veux pas être dérangé ».

_ Je sais que…, tes souvenirs te sont revenus. Avoue sans plus attendre le Marine pour ne pas plus énerver son aîné.

_ Alors je redemande, que me veux-tu Verseau ?! Gronde la voix du Blond qui n'a plus l'air amicale.

_ Discuter un peu avec toi, c'est Zeus-sama qui m'envoie. Je dois m'assurer que tout va bien pour toi et que tu comprennes les enjeux de tout ça. Je sais que tu dois te sentir un peu perdu, moi-même c'est ce que j'ai ressenti quand mes souvenirs me sont revenus. Débute le Professeur qui comprend sûrement la peur de Kanon et la réticence du Doré à son encontre. On nous a tous donné une année pour comprendre les humains et parfaire notre jugement sur eux et pour ce faire, Zeus-sama nous a fait tels qu'on aurait dû être si nous n'avions pas eu notre statut. Ça doit être encore assez flou pour toi mais sache qu-

_ Ne me prend pas pour quelqu'un de stupide. Je sais que nous sommes ici à cause d'un pari stupide et d'une envie malsaine. Gronde le Blondin en regardant droit dans les yeux le Chevalier du Verseau qui ne se soumet pas et qui tient tête. Quel est ton travail maintenant ? Me dire quoi faire ? M'empêcher de donner tort à ta Déesse ?

_ Mon travail…, soupire Camus qui comprend cependant qu'il n'arrivera pas à calmer ce Blond et ami de cette façon. Je veux seulement être sûr que tu vas bien, peu importe les enjeux et que tu sois heureux. Le jour du nouvel an, j'ai invité tous ceux envoyés ici pour comprendre et me rendre compte de l'ampleur des actes de Zeus-sama et je suis désolé de ne pas en avoir parlé avant mais je ne pouvais pas. Pour moi, ici ou là-bas, tout est pareil. Tout existe bel et bien. Tout, comme tout ce que tu as pu ressentir depuis. Je suis là avant tout pour te faire comprendre que tu n'as pas été manipulé ou utilisé de-

_ Manipulé ? …Indirectement, vous m'avez obligé à manipuler Hadès-sama ! Coupe le Doré en pensant à son Maître amnésique. J'ai trahi sa confiance pour votre dessein. Et par votre faute, je les poussais dans les bras d'un humain ! …Il ne me pardonnera jamais cet affront et ce jour-là, je serais prêt à accepter son jugement. Décide Rhadamanthe d'un ton ferme et sans appel alors qu'il ne se soucie pas de ce monde, réel ou non. Me faire passer pour son frère…

_ Zeus-sama aura trouvé cela adéquat puisqu'Hadès-sama a confiance en toi et te considère comme sa famille. Cru bon d'indiquer Camus qui comprend sans nulle doute la colère de son interlocuteur et peut-être aussi son angoisse.

_ Ne crois pas le connaître ou le comprendre ! Peste de vive-voix le Doré en jetant un regard noir à ce Marine devant lui. Depuis le début on se joue de nous simplement pour le bon vouloir de Zeus, tsk… c'est inadmissible.

_ Peut-être mais si tu t'es éveillé c'est que tu as réussi à trouver ce qu'il te manquait. Avoue le Chevalier du Verseau d'un ton autoritaire. Tu as trouvé l'amour, aidé ton prochain et tu t'es liée à des humains alors j'aimerais savoir Rhadamanthe-san, que vas-tu faire ?

_ …Ce qu'il me manquait…, soupire le Blond en fronçant les sourcils. Ce que je vais faire ? Suivre Hadès-sama évidemment. Je suivrais son jugement, ma loyauté sera sans faille.

_ Comme moi je serais toujours loyal envers ma Déesse. Sourit doucement Camus qui comprend les paroles de ce Spectre. As-tu d'autres questions ?

_ Je n'ai pas l'intention de t'écouter plus longtemps, toi qui travailles pour Zeus. Siffle le Blondin d'un regard bien senti et sans aucun doute.

_ Tu peux le voir comme ça mais si je fais cela c'est pour Athéna-sama, bien qu'il m'ait chargé de cette mission, cela contribuera à la réussite de ma Déesse. Rectifie sans plus tarder le Professeur tout en se levant de ce fauteuil. Sur ce…, je vais vous laisser.

Pourquoi dit-il « vous » ? Parce que Kanon est encore bel et bien là et même s'il n'a pas encore dit un mot, bientôt ça sera son tour et pour cela, Camus croit bon de les laisser en tête-à-tête, pour lui, seul ce Bleu peut calmer et raisonner cet entêté. Il a bien sûr promis à ce Bleuté d'être là en cas de besoin mais pour l'instant, ils ont surtout besoin d'être seuls et de se donner une chance de se comprendre et de réfléchir ensemble à leur situation.

Toujours dans le salon en désordre de ce Doré, les deux ex-amants pour l'instant, se font face et si le silence règne, seul Kanon ose poser son regard sur son vis-à-vis. Ses poings accrochés à son pantalon noir, il réunit tout son courage et s'il cherche ses mots, un grognement le rappelle à l'ordre, tout autant que des pas qui grimpent jusqu'à une fenêtre.

_ ça fait longtemps ? …Que tu te souviens de tout ? Demande difficilement Rhadamanthe qui est de dos à ce Bleuté.

_ Non… et, je ne pouvais rien te dire. Je suis désolé de t'avoir caché la vérité Rhadamanthe, soupire le Gémeau qui reste à sa place et fixe ce dos droit et fort.

_ Pourquoi tu es resté ? Interroge-t-il d'un ton bas, presque en murmurant. Après avoir retrouvé la mémoire, pourquoi es-tu resté ? Par pitié ? Ou alors pour répondre aux ordres d'Athéna et m'éveiller dans les meilleurs auspices possibles ? Continue-t-il et en attendant la réponse même si celle-ci ne lui plaît pas.

_ Rien de tout ça. …J'étais perdu, je ne savais pas quoi faire mais je ne voulais pas non plus m'éloigner de toi. Je… je suis amoureux de toi alors tu vois, je ne pouvais pas rayer ça de ma vie. Se justifie le Bleu non sans mal et gêne de se dévoiler ainsi, même à celui qui fait battre son cœur.

_ Amoureux. On s'est entretués.

_ Je sais. Je le sais mais l'un n'empêche pas l'autre n'est-ce pas !? Souffle Kanon en laissant ses phalanges blanchir. Et même, on ne s'est jamais détesté toi et moi, on se battait simplement pour des choses différentes. En ayant des convictions opposées. …Moi, je ne t'ai jamais détesté en tout cas. Se surprend-t-il à dire et en repensant et ressentant tous le respect qu'il a pour ce Doré toujours dos à lui.

_ Ici j'ai appris à te connaître et rien de ce que j'ai vu ne m'a fait te détester. Admet Rhadamanthe en laissant son visage se montrer à demi, l'air pensif et contrarié. Mais nous ne pouvons pas-

_ Nous ne sommes plus en guerre et puis-, coupe le Bleuté en faisant un bond hors du canapé et en arrêtant sa phrase pour réfléchir à la suite de ses mots. Pourquoi ne pourrions-nous pas continuer ? Tu as entendu Camus n'est-ce pas ? Il se pourrait très bien qu-

_ Je préfère ne pas l'écouter. Claque comme un ordre ce Doré en serrant les poings et en faisant face, cette fois, à ce Bleu non loin de lui. J'ai passé de bons moments avec toi et en dehors de notre statut tu es plutôt pas mal, soupire-t-il en faisant deux ou trois pas en direction de son invité.

_ Mais, …tu préfères que ça se termine c'est ça ? Tu ne veux pas nous donner de chance, pas vrai ? Continue pour lui ce Gémeau à la fois triste mais aussi compréhensif. Pour lui, cette rupture était inévitable depuis le début, depuis son réveil… .

_ C'est exact, souffle sans trop d'émotion le Blondinet qui arrive face à son amant d'hier. …Je ne veux pas nous donner d'autre chance puisque pour moi, celle-ci n'est pas encore épuisée. Reprend-t-il en attrapant le poing serré de ce Bleu non loin de lui. Je n'ai rien contre toi et si tout ce qui est arrivé est bien réel alors renier ce que je ressens serais injuste. Termine-t-il alors qu'il récupère déjà un large sourire de la part du Gémini face à lui.

_ Rhad'…, je t'aime ! Souffle Kanon en agrippant maintenant l'appelé. Et torse contre torse, il continue cette discussion. …Et si c'est vrai alors…, alors tu peux m'aider à faire gagner Athéna-sama, non ? S'entend-t-il dire alors même qu'il se fait éloigner et fusiller du regard.

_ Ne mélange pas tout Kanon, ça je ne peux pas. Siffle Rhadamanthe qui ne se voit pas une seconde fois trahir son Maître. Je suis-

_ Non c'est moi qui suis désolé, je ne voulais pas dire ça ! S'excuse le Bleuté en volant un baiser à son amant retrouvé. Ça me va aussi, ne t'inquiète pas, après tout c'est sa droiture qu'il l'a en grande partie fait l'aimer.

De nouveau enlacés, le calme revient dans l'appartement et si l'un cajole plus que l'autre et si d'autres questions tournent dans la tête du Doré, les minutes s'égrènent et se ressemblent.

Au milieu du salon, Kanon se sent revivre. Heureux d'être pardonné pour son mensonge, il profite des bras de son compagnon au maximum, et si les doigts de Rhadamanthe caressent encore un peu les hanches du Bleuté, il finit par relâcher sa prise et par se laisser tomber dans le sofa non loin de là.

_ Mes enfants… …que deviendront-ils ? Soupire à présent Rhadamanthe qui n'ose même pas y songer. Ne veut pas y penser.

_ Rhad' ?! …Je ne sais pas. Avoue le Gémeau en rejoignant son compagnon et en lui attrapant la main.

_ Ils… ils sont- ! Zeus a été à ce point cruel ? Pourquoi ? Créer ces petites créatures alors qu'elles sont innocentes de tout. Marmonne pour lui-même ce Blond qui sent son cœur se resserrer quand il songe à perdre Hatsuharu et Inoué. Ça lui brûle la poitrine et le ronge de l'intérieur. Il ne veut pas… .

_ Je ne sais pas pourquoi il a fait ça… . Je… n'en n'ai pas la moindre idée. Confirme Kanon qui essaie de soutenir au mieux son amant. Il voit bien que celui-ci souffre de cette conversation et si la douleur de ce Bleu n'est pas comparable, lui aussi ne veut pas voir ces deux gamins s'enfuir dans le néant.

_ Et il voudrait qu'on épargne les humains alors que lui-même joue avec…, murmure Rhadamanthe l'esprit pensif et le cœur incrédule de toutes ces révélations.

_ Rhad', peut-être que le mieux pour l'instant serait de ne pas y penser et de profiter d'eux au maximum. De chaque moment passé avec eux, non. Suggère le Bleu pour redonner du courage à ce Doré prit dans ses tourments.

_ A quoi bon ? Ils ne sont-. …Peste-t-il comme une évidence et pour se détacher de tout ça.

_ Ne termine pas ta phrase. Ils ressentent des choses et les vivent autant que toi ! Ils ont une conscience et si tu les délaisses, ils te détesteront ! Grogne Kanon qui ne veut pas entendre ce genre de chose. Rhadamanthe, leurs cœurs bats et-

_ Mais jusqu'à quand ?

_ Tu- ! Je n'en sais rien jusqu'à quand, mais si tu dois les laisser ensuite, laisse-les au moins avec le sourire aux lèvres ! Assure Kanon qui attrape le col de ce Blondin pour qu'il le fixe et l'écoute.

_ Mh… tu as peut-être raison.

_ Evidemment que j'ai raison. Rhadamanthe, ça va aller d'accord et puis tu m'as moi, je ne te laisserais jamais tomber même si tu décides de suivre ton seigneur. Se déclare à présent le Gémini d'une lueur à l'œil et d'un cœur sans crainte.

_ Très bien…, murmure le Doré en touchant du bout des doigts la joue de son compère, je te fais confiance.

Un soupir se fait entendre de la part du Bleuté et restant tout contre le Blondin, le silence se fait mais les esprits s'apaisent. Les jours à venir vont être compliqués pour Rhadamanthe mais pour l'instant et rien que pendant quelques minutes, il veut retrouver un esprit tranquille et pouvoir se dire qu'il peut tout de même faire confiance à son amant qu'il veut bien garder pour lui et avec lui.

Resserrant ce Bleu contre lui, Rhadamanthe finit par le fixer et les yeux dans les yeux, ils continuent une conversation silencieuse.