Disclaimer: Rien n'est à moi, ni l'univers, ni les personnages.


Hey tout le monde! J'espère que vous aller bien! Je reviens avec un nouveau petit o.s. que je viens tout juste de finir de corriger (décidément, First Class m'avait inspiré un sacré parquet d'idées!)

J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture!


La première nuit

La première nuit qu'ils passèrent au manoir, Charles compris qu'il aurait du mal à trouver le sommeil avant même d'avoir rejoint sa chambre. Et pour cause, c'était également le cas des autres.

Il se trouvait seul dans la cuisine, attablé devant une tasse de thé encore fumante. Il se sentait accablé de toutes parts par les pensées des autres habitants de la maison. Il y avait certes de l'excitation ; beaucoup d'excitation à l'idée de se trouver ici, tous ensembles, dans ce décor dont beaucoup aurait rêvé pour enfin apprendre à maîtriser le potentiel de leur pouvoir et être parmi des gens qui pouvaient les comprendre.

Cependant, ce sentiment-là, Charles ne faisait que l'effleurer un peu, tout le reste prenait le pas dessus. Même s'il cherchait à garder ses pouvoirs sur lui, à bloquer les influences extérieures, ça, il ne pouvait pas faire abstraction. Il y a avait d'abord le choc, chez tout le monde. Choc et douleur d'avoir perdu Darwin, de l'avoir vu mourir en essayant de les protéger. Choc d'avoir vu Angel leur tourner le dos pour partir avec l'ennemi.

Il y avait de la haine contre Shaw, et une colère presque aussi forte envers les humains en général. Ces gens qui ne voulaient pas accepter leurs différences et qui, à l'avis général, même si Charles n'était pas d'accord, ne voulaient pas chercher à les comprendre.

Charles ne savait pas si ce sentiment était si fort parce qu'il était partagé par absolument tous les habitants de la maison, ou s'il venait d'un seul d'entre eux, qui était prêt à mourir par vengeance. Il ne savait pas non plus laquelle des deux options l'effrayait le plus. Il fut soudain heureux que Moira soit rentrée au siège de la C.I.A pour la nuit. Il ne pensait pas que ces sentiments soient tournés vers elle en particulier ; tout le monde semblait bien s'entendre avec elle, même Raven qui avait pourtant tendance à montrer de l'animosité envers les femmes avec qui Charles flirtait. Mais tout de même, il était préférable de tout faire pour que cet état d'esprit lui reste étranger.

Parmi la vague de sensations et de sentiments qui s'abattait sur lui, il y avait aussi de la peur ; beaucoup de peur. Rien de plus normal, l'ennemi qu'ils allaient affronter était puissant. Il pouvait entendre les enfants (qui même s'ils ne l'étaient plus vraiment provoquait chez Charles un besoin irrépressible de les protéger) se questionner, sans savoir s'ils avaient réellement fait le bon choix.

Mais cette nuit, Charles sentait que ce n'était pas la seule chose qui leur faisait peur. Il y avait une raison à toute cette agitation. Lorsqu'il s'attardait sur chaque personne présente dans la maison, même sans violer l'intimité de leur esprit, il était soudain assaillit par la crainte d'aller dormir. Celle d'être torturé par des cauchemars. Ils refusaient tous de fermer les yeux, alors qu'ils étaient terrassés par la fatigue.

La décision fut vite prise. Charles fit racler sa chaise sur le sol, abandonnant son thé dans la cuisine. C'était lui qui les avait mené là, c'était donc à lui de les aider. Il n'était pas sûr d'en avoir les moyens, mais il ferait de son mieux. C'était la moindre des choses.


Il ne trouva pas Sean dans sa chambre, et pour cause, il entendait des voix dans la pièce juste à côté ; la chambre occupée par Alex. Ça le fit sourire ; deux jeunes hommes de leur âge qui chahutait bien trop tard dans la soirée en refusant de dormir avaient quelque chose d'incroyablement normal et réconfortant. Cette sensation s'atténua bien vite, au moment où il comprit que l'ombre de Darwin planait sur leur conversation. Il perdit son sourire.

Il frappa doucement à la porte. Le chahut s'atténua et Alex l'invita à entré. Les deux garçons lui adressèrent des sourires coupables lorsqu'il se glissa dans la pièce, comme deux étudiants qu'on aurait surpris à faire quelque chose d'interdit dans un pensionna. Charles s'empressa de leur rendre un sourire rassurant. Il voulait que les garçons considèrent cette maison comme la leur et pas simplement comme un endroit où ils étaient hébergés.

-J'espère que l'on ne vous à pas réveillé, dit Sean. Parfois, je peux avoir la voix qui porte.

Alex lui envoya un regard aussi méprisant que celui que Charles l'avait déjà vu diriger vers Hank juste pour l'embêter. On aurait pu croire qu'un jeu de mot aussi facile l'avait personnellement outré.

-Je ne dormais pas, les garçons, ne vous inquiétez pas.

Personne ne dort, songea-t-il en prenant bien garde à ne pas projeter son inquiétude. Cela provoquerait l'inverse de l'effet escompté.

Charles n'avait aucun mal à deviner ce qui les poussait à veiller comme des adolescents lors d'une fête improvisée. Il n'était pas question d'une réunion interdire ou d'un couvre-feu brisé. D'ailleurs, personne n'avait songé à établir ce genre de règles et Charles ne voyait aucune raison de le faire. Certes, ils étaient jeunes, il les voyait comme des enfants, mais n'en restait pas moins de jeunes adultes. Des jeunes adultes qui avaient perdu ce qui leur restait insouciance en voyant un de leur ami se faire assassiner sous leurs yeux.

Charles n'avait pas l'intention de leur conseiller de regagner leur lit (ce à quoi les garçons, vu leurs mines penaudes devaient s'attendre) et il n'avait pas eu besoin de se glisser dans leur esprit pour comprendre ce qui les maintenait éveiller, ça se lisait sur leurs visages.

Sean était heureux. Heureux d'être pour la première fois de sa vie entouré par des gens qui pouvait le comprendre, qui ne pensait pas constamment que quelque chose clochait avec lui.

Quant à Alex, il se sentait profondément soulagé. Il n'avait plus à s'imposer une dangereuse solitude simplement par peur de perdre le contrôle et de faire du mal à ceux qui l'entourait. Ici, tout le monde connaissait le danger de ses pouvoirs, et ça n'effrayait personne.

Ils se sentaient tous acceptés, en famille, et avaient peur des faux espoirs ; peur de voir ces perceptives de bonheur qu'ils n'avaient jamais osé imaginer leur être arraché.

-Bien, si tout va bien je crois que je vais aller me coucher. Vous êtes sûr que vous n'avez besoin de rien ? Une tasse de thé ou…

Il se coupa face aux regards amusés que lui envoyaient les garçons. Il s'inquiétait trop. Mais ses deux là iraient bien. Ils s'étaient déjà adapté à leur nouvelle situation, songea Charles, sinon, Sean n'aurait pas été aussi prompt à faire de l'humour.

-Je crois qu'Havok à peur d'être tout seul dans le noir. Si vous avez éventuellement une veilleuse qui traîne quelque part…

Ça lui valu un coup de poing dans l'épaule de la part de son nouvel ami. Charles songea qu'il ne l'avait pas volé.

-Fait attention toi, il se pourrait bien que, inconsciemment, pendant mon sommeil, je fasse exploser ta chambre.

Charles lui jeta un regard sévère; un vrai regard de professeur avait pensé les deux garçons. Alex eut la décence d'avoir l'air penaud.

-Bien sûr, ça ne m'est jamais arrivé, alors je ne vois pas pourquoi cela devrait être le cas maintenant, s'empressa-t-il de marmonner en baissant les yeux.

Charles effleura son esprit, y trouva une crainte de se voir mis à la porte et son expression s'adoucit immédiatement. Il avait le cœur serré à chaque fois qu'il réalisait que tous les mutants qu'il avait croisé sur sa route étaient torturés par un effroyable sentiment de solitude. Sentiment qu'il avait lui-même connu avant de rencontrer Raven. Il s'était souvent promis qu'un jour, il trouvait un moyen pour que les mutants soient acceptés par la société et que tout le monde puisse vivre en harmonie. Son envie de réaliser ce rêve n'en fut que renforcé ce soir-là.

-Essayez de dormir les garçons. Nous commençons les entraînements dès demain et il vous faudra être en forme.

-Ça ne peux pas être une mauvaise idée, soupira Alex, sinon, je risque vraiment de faire exploser tout le monde.

Alors qu'il sortait de la pièce, Charles vit du coin de l'œil Sean se lever, sans doute dans l'optique de rejoindre sa chambre.

-Qui sait, s'esclaffa celui-ci, tu n'es pas capable de viser correctement lorsque tu es bien réveillé, alors elle est peut-être là ta solution…Outch !

Il venait de se prendre un oreiller en pleine figure.

Charles sourit en s'éloignant dans le couloir, avec le sentiment que ces deux-là ne dormiraient pas de sitôt. Mais ils se distrayaient, un moyen si ce n'est d'éviter, de retarder les cauchemars pour peut-être finir par être si fatigué que leur sommeil serait sans rêve. Charles songea que ce n'était pas une mauvaise chose.


Charles était repassé par la cuisine, jugeant nécessaire de faire une autre tasse de thé. Pas pour lui cette fois ; d'ailleurs la sienne se trouvait toujours abandonnée sur la table, désormais complètement froide.

Il n'avait pas eu de mal à détecté la présence d'une autre personne éveillé. Le cerveau d'Hank était en ébullition. Cela n'avait rien à voir avec le chagrin dû à la perte de Darwin, même si celui-ci était très présent autour de lui, ou de l'angoisse de se retrouver dans ces lieux inconnus. Non, c'était de l'excitation. Il voyait des projets se concrétiser.

Ils avaient tous été d'accord en faisait le tour de la maison pour désigner l'endroit idéal à l'installation des laboratoires. C'est donc sans grande surprise qu'il y trouva Hank. Celui-ci était plongé dans des piles de notes et de calculs, tant et si bien qu'il n'entendit pas Charles approcher. Le scientifique sursauta lorsqu'il déposa la tasse de thé près de lui.

-Oh…C'est vous. Vous m'avez fait peur.

-Excuse-moi, sourit Charles, je ne voulais pas te surprendre.

Il poussa la tasse de thé un peu plus près de lui.

-Dit-moi, depuis combien de temps es-tu enfermé là, à te bousiller des yeux sur ces notes ?

Hank lui offrit un petit sourire penaud.

-A vrai dire, je ne sais pas trop. Je réfléchissais au meilleur moyen d'installer le Cerebro ici. Et il faudrait peut-être penser à un système de reconnaissance, vous savez, pour que vous soyez le seul à pouvoir y entrer.

Charles réfléchit un instant puis hocha la tête.

-En effet, il s'agirait d'une mesure de sécurité non-négligeable. Qui sais les dégâts que cela pourrait causer si quelqu'un de mal intentionné avec les mêmes capacités que moi parvenait à y accéder.

Hank acquiesça vivement, content d'avoir une oreille attentive pour prêter attention à ses préoccupations.

-Toutefois, ajouta Charles, je suis certain que tout ça peut attendre demain. En attendant, tu as besoin de repos. On en a tous besoin.

-Et pourtant vous êtes là.

Il marquait un point. Hank lui fit un sourire sincère bien qu'un peu timide.

-C'est bien ce que vous faites, pour nous tous. Merci.

Charles ne put s'empêcher de se sentir flatté. Lui qui avait toujours fantasmé le jour où il rencontrerait d'autres mutants, ou il les aiderait, il se savait sur la bonne voie. Il tapota l'épaule de son nouvel ami.

-Bonne nuit Hank, dit-il en s'éloignant.

-Bonne nuit, professeur.

Charles se figea, lui adressant un regard surpris. Cela fit sourire Hank.

-Eh bien, vous l'êtes désormais, et je ne dit pas ça seulement à cause de votre diplôme universitaire. Ce que vous êtes en train de faire de cet endroit en nous accueillant tous ici, c'est plus qu'une maison, c'est un peu…une école. L'école dont on avait tous besoin.

Il avait raison. Charles sourit encore plus. Il trouvait que ça sonnait juste.


Charles connaissait bien Raven. Presque par cœur, aurait-il aimé dire. C'est pour cette raison qu'il n'avait pas besoin de s'aventurer dans son esprit pour savoir qu'elle était actuellement réveillée, alors qu'elle cherchait à lui faire croire le contraire.

Il avait frappé quelques coups légers à sa porte pour voir comment elle allait. Ils n'avaient pas vraiment eux le temps de parler rien que tous les deux depuis leur retour à la maison. Raven n'avait pas répondu, Charles était tout de même entré.

Elle semblait paisiblement endormie. N'importe qui y aurait cru. Mais pas Charles, qui savait qu'elle ne parvenait pas à garder le contrôle de sa forme bleue pendant qu'elle dormait, ce qu'elle s'obstinait à faire.

Il retint un soupir, s'assit au bord du lit et passa brièvement une main dans sa frange blonde. Elle fit comme si de rien n'était.

-Raven, je te connais depuis longtemps. Je sais quand tu fais semblant de dormir.

Elle ouvrit un œil agacé pour dévisager son frère adoptif. Un petit sourire étira finalement ses lèvres.

-Je voulais juste savoir si tu avais perdu la main, s'amusa-t-elle en se redressant sur un coude. Tu as toujours su quand je voulais que tu viennes me voir sans que j'aie besoin de te le demander.

-C'est mon rôle de grand frère.

Raven lui fit un petit sourie, mais il n'atteignit pas complètement ses yeux.

-Et c'est également pour ça que je sais quand tu ne vas pas bien, murmura Charles. C'est ce qui est arrivé à Darwin qui te tient éveillé ?

Elle détourna le regard, son expression soudain très sombre et hocha lentement la tête.

-Ça a été une dure soirée.

-Nous n'aurions jamais dû vous laisser seuls là-bas, dit Charles d'une voix pleine de culpabilité.

Raven lui saisit la main.

-Tu ne pouvais pas savoir.

Peut-être, mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait dû prévoir que quelque chose risquait d'arriver. Il les avait tous mis en danger, plus que ça même…Darwin était mort. Et dire qu'en regroupant ces jeunes mutants, il pensait les protéger.

-Arrête de te flageller Charles Tu n'aurais rien pu faire. En faite, je suis presque heureuse que tu ne te sois pas trouvé avec nous. Shaw s'attendait à t'affronter, qui sait ce qui aurait pu arriver…

Charles appuya une pression un peu plus forte sur ses doigts.

-Mais il ne m'a rien fait et il ne me fera rien. A vous non plus, je ne le laisserais pas le faire, promis.

Raven ne dit rien, mais Charles savait que, malgré la confiance qu'elle lui portait, sa sœur voyait cette déclaration comme une promesse naïve. Et il savait également qu'elle avait raison…

-Je m'étais attendu à ce qu'on soit attaqué par les humains, murmura-t-elle finalement pour elle-même, mais pas par les nôtres. On est déjà si peu Charles…Shaw est prêt à tuer des mutants pour assouvir son pouvoir sur le monde.

Il en avait conscience. Erik l'avait averti depuis le début et il avait lu dans l'esprit d'Emma Frost jusqu'où ce monstre de Shaw était capable d'aller. Ça le terrifiait bien plus qu'il ne voulait le montrer.

-Est-ce que tu peux rester jusqu'à ce que je m'endorme, Charles ? Comme quand ont été enfants. Je n'ai jamais fait de cauchemar quand je m'endormais près de toi.

Il lui sourit tendrement et pressa un baiser sur son front avant d'arranger correctement les couvertures autour d'elle.

-Bien sûr que je reste près de toi.

Elle ne m'y pas longtemps avant d'être happé par le sommeil. Un vrai sommeil cette fois, qui lui fit reprendre son apparence naturelle. Charles patienta tout de même auprès d'elle jusqu'à être sûr qu'elle ne se réveillerait pas, puis finit par quitter la chambre le plus silencieusement possible.

Ce n'est qu'une fois seul dans le couloir que Charles réalisa que ce n'était pas uniquement le fait de s'assurer que tout le monde aille bien qui l'avait poussé à faire le tour de la maisonnée. Lui aussi avait ressentit le besoin de leur compagnie et d'une certaine manière, se montrer rassurant envers eux le rassurait lui-même.

Raven n'était pas la seule à craindre les cauchemars dès qu'elle fermait les yeux. Il avait presque voulu se glisser dans le lit à ses côtés pour sentir sa présence toute la nuit, mais alors, elle aurait comprit que lui non plus n'allait pas bien et il ne voulait pas l'inquiéter ; ce n'était pas son rôle d'être un fardeau, il devait réconforter les autres, pas l'inverse.

Il prit une profonde inspiration et projeta son esprit pour voir si quelqu'un avait encore besoin de lui. Mais il avait laissé Raven dans un sommeil profond, Hank avait finalement quitté les futurs laboratoires pour aller se coucher et même les garçons avaient fini par s'endormir dans un sommeil qui apparemment était sans rêve, grand bien leur face.

Pourtant, Charles réalisa rapidement, et sans grande surprise, qu'il n'était pas le seul encore éveillé. Il sentait très clairement l'activité mentale d'Erik. Agité, comme toujours, pleine de haine, de chagrin et de mauvais souvenirs. Rien d'inhabituel jusque-là ; Charles avait partagé suffisamment de chambres d'hôtels avec lui pour le savoir.

Avant qu'il n'ait pu y réfléchir, son inconscient avait guidé ses pas devant la porte de la chambre d'Erik. Pourtant, il resta là un moment sans esquisser un geste. Il n'aurait pas su expliquer pourquoi il hésitait tant à manifester sa présence. Peut-être parce qu'Erik était bien plus capable que les autres habitant de la maison de déceler que son sourire rassurant était en partie de façade. C'est finalement la voix étouffée de son ami provenant de l'intérieur qui le fit sortir de son inertie.

-Tu vas camper devant ma porte toute la nuit ou tu comptes entrer un jour ?

Il eu un léger sursaut de surprise, mais entra enfin, n'ayant désormais plus de raison de rester planté là. Erik était assis dans son lit et feuilletait distraitement un vieux livre qu'il avait attrapé dans la bibliothèque. Il le mit immédiatement de côté, comme si ce livre ne lui avait servi que de distraction en attendant la venue de Charles et leva les yeux vers son ami en étouffant un ricanement.

-Qu'est-ce qui te fais rire ? s'agaça Charles en s'approchant du lit la mine pincée.

Il jeta un coup d'œil autour de lui à la recherche d'une chaise, mais il n'y avait qu'un vieux fauteuil au fond de la chambre. Pas des plus commodes pour discuter. Erik fit un signe de tête en direction du matelas, l'invitant à s'asseoir à ses côtés.

-Je savais que tu ferais ça.

-Que je ferais quoi ? demanda Charles en prenant place à côté d'Erik, le dos appuyé contre la tête de lit.

- Jouer les mères poule avec tout le monde.

-Je ne joue pas les mères poule, c'est jute que…En nous suivant, ils ont accepté de prendre des gros risques. Je m'assure que tout va bien pour eux. C'est la moindre des choses.

Erik dut comprendre qu'il n'avait pas envie de continuer sur un ton aussi grave, car il fit un effort pour répondre toujours aussi légèrement:

-Je suis sûr que tu es allé les border.

-Non…Enfin, uniquement Raven, grommela Charles comme s'il avait été pris sur le fait dans une situation embarrassante.

Le silence s'installa entre eux. Charles gardait les yeux rivés de l'autre côté de la chambre pour ne pas avoir à regarder Erik. Il savait avant même d'entrer que celui-ci ne montrerait aucune faiblesse face à lui ; mais si Charles n'avait personne à réconforter, alors il se retrouvait irrémédiablement confronté au fait que son esprit n'était plus assez occuper pour oublier que, lui aussi, avait besoin de réconfort. Il n'aimait pas ça.

Un léger coup de coude dans le bras le força à tourner la tête.

-Arrête de t'en vouloir, ordonna Erik sur ton un peu plus dur. Rien de ce qui s'est passé n'est de ta faute.

Charles pressa un instant ses paupières l'une contre l'autre. Etait-il si mauvais à masquer ses émotions, ou pire encore, projetait-il sans s'en rendre compte ?

-Qui de nous deux est le télépathe, finit-il par marmonner dans un soupir las.

- Charles, je ne suis pas aussi prompt que les enfants à te croire quand tu dis que tout vas bien et je n'ai besoin de me trouver dans la tête de personne pour comprendre certaines choses.

Dans le fond, il n'avait pas à être surprit. Erik s'était trouvé à ses côté dans l'avion qui les ramenait de Russie lorsque Moira avait reçu des informations du quartier général et qu'elle leur avait annoncé ce qui était arrivé. Erik l'avait vu bondir d'inquiétude pour Raven puis ne plus tenir sur ses jambes lorsque Moira avait prononcé les mots fatidiques : « Un des garçons…Darwin…Il a été tué et Angel est partie avec Shaw… », il était resté près de lui, un soutient silencieux quand Charles avait essayé de reprendre ses esprits le temps qu'avait encore durée le voyage.

En apprenant la nouvelle, le visage d'Erik n'avait rien exprimé si ce n'est une colère glaciale. Il avait senti la peur que cela provoquait chez Moira, elle avait vu là une forme de dangerosité. Charles, lui, savait. Il savait qu'Erik n'était pas insensible, juste habitué. Habitué à la violence, à la douleur et à la perte. Et il gardait son sang froid et toute son énergie pour le moment de la vengeance. Et pourtant, ce soir quand plus aucun témoin ne gravitait autour d'eux, il mettait cette vengeance de côté afin d'être l'épaule sur laquelle Charles avait besoin de s'appuyer.

-Ils ont vécu des choses terrifiantes, vu un ami mourir…ça ne serait pas arrivé si on ne les avait pas convaincu de se joindre à nous, mais ils l'on fait et…

-Et ils sont toujours là, lui rappela doucement Erik. Ils ont choisi de rester.

-C'est pour ça que j'ai un devoir envers eux, dit Charles en soutenant son regard. J'ai entendu leur panique cette nuit, ils avaient tous peur d'aller dormir et de faire des cauchemars. Il fallait bien que je fasse quelque chose.

-Et qui va agir contre tes cauchemars à toi ?

Charles se mordis la lèvre en détournant le regard. Jusque-là il avait essayé de ne pas trop penser au fait que sa nuit à lui aussi allait être troublé.

-Moi, je vais bien.

Il sentait le regard d'Erik qui continuait à peser sur sa nuque.

-C'est moi qui a des comptes à régler avec Shaw, moi qui le connaît mieux que personne, moi également qui aurait dû savoir les risques auquel on s'exposait tous. Ne prends pas toute la responsabilité sur tes épaules, Charles. Tu peux toujours essayer de faire croire aux enfants que tout va le mieux pour toi, mais je ne suis pas dupe.

Aux enfants. Et dire qu'il y a encore quelques heures, Erik lui soutenait pourtant qu'ils n'en étaient plus. Mais Charles ne pouvait que constater que, cette nuit, il n'était pas le seul à sentir son instinct de protection s'ébranler.

Comme il ne répondait rien, la mine toujours sombre, Erik prit à nouveau une voix plus légère et ajouta :

-Maintenant, si tu penses que ça peut te soulager de m'embrasser sur le front et d'arranger mes couvertures…

- Ça t'aiderait à dormir ? demanda Charles avec beaucoup plus de sérieux.

Le sourire d'Erik se fit plus crispé.

-Va savoir.

Ils s'observèrent à nouveau un long moment comme s'il cherchait à lire dans les yeux l'un de l'autre.

-Les cauchemars, ce n'est pas un bon programme, finit par dire Erik. J'ai d'autres projets pour ce soir.

Et il se pencha sur le côté du lit comme s'il essayait d'attraper quelque chose que Charles ne voyait pas. Il le regarda faire avec curiosité.

- Que cherches-tu, mon ami ?

-De quoi te changer les idées.

Quand Erik reprit sa position initiale, il tenait à la main une mallette que Charles connaissait bien. Elle contenait le jeu d'échec qui les avait accompagnés tout au long de leur voyage de recrutement. Erik sortit le plateau et le plaça méthodiquement entre eux.

-Au moins une petite partie ?

Charles s'autorisa enfin à sourire et attrapa les pions pour l'aider à mettre le jeu en place.

-Il y a des choses que je ne peux pas te refuser.

-Je garde ça en mémoire, s'amusa Erik.

Et à ce moment-là, Charles sut. Il sut que, quoi qu'il advienne, quelque soient les épreuves qu'ils seraient amenés à traverser, lui saurait toujours où trouver la force d'aller soutenir les enfants en cas de besoin. Parce qu'au fond de lui, il aurait conscience que non loin, il y aurait toujours Erik pour le soutenir et lui permettre de flancher lorsque les autres auraient le dos tourné. De la même manière qu'il ne laisserait jamais tomber Erik si celui-ci venait à se perdre. Il fonctionnait bien à deux. C'était une dynamique partie pour durer.

Charles l'espérait.

-FIN-


Voilà, voilà. J'espère que ça vous a plu. Je reviendrais sûrement bientôt avec un autre o.s. x-men, j'en ai encore quelques uns qui ne demande qu'à être terminés. En attendant n'hésitez pas à me laisser une petite review pour me donner votre avis, ça me fait toujours super plaisir :D

A bientôt!

Feather in Book