Bonjour à tous ! Je reviens aujourd'hui avec une nouvelle traduction, d'une fic écrite par DiscontentedWinter sur AO3. J'ai eu la permission de la traduire, bien sûr, alors on va se retrouver chaque semaine pour un nouveau chapitre ! J'espère que cette histoire vous plaira autant qu'elle m'a plue.
Merci à Sloebalm pour la correction rapide et efficace ! Toute éventuelle erreur restante est de mon fait, j'ai la fâcheuse habitude de changer des choses au dernier moment x)
« Papa ! », hurle Stella en dévalant les escaliers. « Stiles a laissé entrer un loup-garou ! »
Stiles se fige une seconde, ses pop tarts lui brûlent les doigts alors qu'il les sort du grille-pain. Puis, son cerveau se souvient que ça fait mal et il entre ses dents en les mettant sur une assiette tout en se retournant pour voir la réaction de son père.
« Vraiment ? » demande celui-ci d'une voix calme alors que Stella déboule dans la cuisine. Il ne relève même pas les yeux de son téléphone. « Pas de loups-garous dans la maison, fiston. »
« Okay. », dit Stiles en faisant un rictus à Stella. « Pas de loups-garous dans la maison. »
« C'est vrai ! », beugle-t-elle. « Papa ! C'est vrai ! »
Stella a huit ans. Elle a une imagination débordante, et peut s'accrocher à ses mensonges pendant des semaines. Le shérif doit probablement penser que c'est comme la fois où elle a affirmé avoir mangé douze donuts d'un coup, ou que Mme Sanders, de l'autre côté de la rue, est une braqueuse de banque, ou qu'elle a mit un uppercut à un zombie tellement fort que la tête en est tombée.
Stella Stilinski est une vilaine petite menteuse.
Stiles lui fait une grimace, son cœur battant la chamade, et il se sauve avec son assiette dans le salon.
« Tu ne manges pas des pop tarts pour dîner, j'espère ! », lui lance son père.
« Bien sûr que non ! », répond Stiles de la même manière.
Stiles Stilinski est lui aussi un vilain petit menteur.
Ils ont ça dans le sang.
OoOoOoOoOoOoO
Le shérif travaillant de nuit cette semaine, Stiles doit coucher Stella. D'habitude ils avaient une babysitter, Mme Levinson, mais elle a déménagé en Floride il y a quelques semaines. Même avant cela, elle avait des soucis de genoux, alors c'était souvent Stiles qui s'occupait de coucher sa sœur pour lui épargner les escaliers. Quand elle a pris sa retraite, son père a parlé d'engager quelqu'un d'autre mais Stiles a seize ans maintenant, et ce n'est pas comme s'il est incapable de surveiller sa sœur la nuit, n'est-ce pas ? Et puis comme ça, il lui augmente son argent de poche.
Mais c'est sans compter les loups-garous. Les loups-garous sont quelque chose qui existe. Et les loups-garous, ainsi que toutes leurs conneries surnaturelles, n'ont pas compris que Stiles ne peut plus aller gambader toute la nuit maintenant. Pas qu'il devrait aller gambader en premier lieu, mais, eh bien, Stiles et le contrôle de ses impulsions ne se sont jamais très bien entendus. Quand Mme Levinson somnolait devant la télévision en bas, c'était facile pour Stiles de sortir par la fenêtre – comme la nuit où il a traîné Scott avec lui et qu'il s'est fait mordre – mais maintenant ? Il ne peut pas laisser une fillette de huit ans toute seule dans la maison et, s'il dit que ce serait bien d'engager quelqu'un d'autre finalement, son père va forcément vouloir savoir pourquoi. Et Stiles n'a pas la réponse à cette question. Pas du tout.
Alors il ne dit rien, et il verrouille les portes, mais les loups-garous viennent quand même.
Avec persistance.
Les loup-garous ne respectent pas les portes fermées.
Enfin, sauf Derek Hale. Il utilise les fenêtres, lui.
C'est comme ça qu'il est entré la nuit dernière, saignant quelque part sous son T-shirt ridiculement moulant, et rageant sur Scott en indiquant qu'il ferait mieux de s'éloigner des Argent. Comme si Stiles ou un pouvoir quelconque dans l'univers pouvait l'en empêcher ! Derek a grogné, montré ses crocs et fait luire ses yeux. Puis, alors qu'il était en train de saigner sur le sol de Stiles, il s'est soudain arrêté, s'est douloureusement redressé et a dit : « Qui c'est ? »
Stiles s'est retourné pour voir Stella à sa porte, avec son pyjama Mon petit poney et son ours en peluche sous le bras, une expression très suspicieuse sur son visage très suspicieux.
« Oh merde. », a dit Stiles.
« Je suis Stella. », a annoncé Stella. « Es-tu un loup-garou ? »
Derek a regardé Stiles.
Stiles a regardé Derek.
« Oh merde. », a répété Stiles.
« Tu as dit un gros mot ! », l'a informé Stella. « Deux fois ! »
Donc, les loups-garous existent, ce que Stiles sait depuis des semaines, mais maintenant, Stella le sait aussi. Parfois, quand Stiles se dit que sa vie ne pourrait être plus bordélique, il a l'impression que l'univers lui rit au visage et lui demande 'Vraiment ? T'en es certain ?
Stiles termine ses pop tarts, les pieds sur la table basse. Il peut entendre Stella marcher à l'étage, probablement encore énervée que le shérif ne l'ait pas crue. Pour une gamine de huit ans, elle peut être rancunière.
C'est probablement génétique, ça aussi.
Stiles attrape la télécommande et zappe un moment. Il lève les yeux quand son père apparaît.
« J'y vais. Essaie de te coucher avant minuit, d'accord ? »
« Aucun problème ! », ment Stiles. « Travaille bien ! »
Il lui fait un sourire fatigué. « Stella ? Je vais au boulot ! »
Stella dévale les escaliers, se jette dans les bras du shérif pour un câlin puis, quand il s'en va, elle s'assied sur le canapé à côté de Stiles pour le fixer du regard.
« Va prendre une douche. », lui dit-il. « C'est presque l'heure pour toi. »
« C'est pas toi qui commande. », marmonne-t-elle. Elle soupire et s'enfonce dans les coussins. « Tu viendras me lire une histoire ? »
« Bien sûr. », répond-il comme s'il meurt d'envie de savoir ce qui va arriver dans Matilda et pas juste pour lui faire plaisir.
Qui essaie-t-il de tromper ? Il meurt d'envie de savoir ce qui va se passer. Matilda est géniale.
Stella lui sourit et va prendre sa douche.
OoOoOoOoOoOoO
Il y a une photographie encadrée dans la chambre de Stella. C'est leur père qui l'a prise. Dessus, il y a maman, Stiles, assis à côté d'elle, et Stella, bébé – bizarre, toute ridée – dans ses bras. Cette photo était sur le bureau du shérif, mais il l'a mise dans la chambre de Stella après la mort de Claudia. Sur le cadre, une belle écriture mentionne « Claudia, Agnieszka & Mieczysław ». À huit ans, Stiles se faisait déjà appeler Stiles. Quand sa sœur est arrivée, il l'a appelée Stella ; ses parents lui ont dit qu'il allait avoir une petite sœur dès qu'ils l'ont su, et Stiles a voulu qu'elle ait un nom qui ressemble au sien.
Les surnoms sont restés.
Sa mère l'appelait Mischief.
Il se demande comment elle aurait appelé Stella mais au bout d'à peine quelques mois, Claudia ne se souvenait parfois plus qu'elle avait un bébé.
Son état s'est dégradé très rapidement, le diagnostic et le décès ont eu lieu dans la même année.
Parfois, Stiles se demande si lui ou Stella ont une bombe à retardement dans le crâne. Il s'inquiète parfois, quand il oublie quelque chose de simple, ou trébuche sur un mot, que ça lui arrive à lui aussi, qu'il soit déjà trop tard.
Quand Stella arrive dans la pièce, il détourne les yeux de la photographie, la gorge serrée. Elle porte un vieux T-shirt appartenant à Stiles qu'elle a volé et déclaré sien, - même s'il va encore à son grand frère, merci beaucoup - , et une serviette autour de la tête.
Stiles soupire et prend la brosse sur la commode. S'il n'en tenait qu'à Stella, elle irait dormir les cheveux mouillés et se réveillerait avec un sac de nœuds sur la tête. Stiles le sait d'expérience.
Il s'assied sur le lit de sa sœur, se tourne pour qu'elle puisse le rejoindre et commence à lui brosser les cheveux.
« Stiles ? », demande-t-elle après un moment. « Est-ce que c'est un secret, les loups-garous ? »
Stiles sent son estomac se nouer. « Oui. Un gros secret. »
« Papa dit que les secrets, ce n'est pas bien. », lui rappelle Stella. « Si un adulte demande de garder un secret, ce n'est pas bien et on doit le dire à Papa, Mme McCall ou un professeur. »
L'adolescent soupire. Oui, leur père est le shérif. Il connaît tout de certains secrets que les adultes demandent aux enfants de garder. Les secrets, c'est mal. Les surprises – comme la fête d'anniversaire de Stiles pour ses treize ans – sont bien. Stella ne le savait pas, à l'époque, et avait tout révélé en pleurant au petit déjeuner, le week-end juste avant. Chez les Stilinski, il y a une différence nette entre les secrets et les surprises.
« C'est vrai. », répond-il.
« Tu es presque un adulte. » Elle se retourne pour le regarder. « Et tu veux que je garde le secret. »
Parfois, Stiles se demande si elle sait à quel point elle peut lui faire mal juste avec un regard.
« La plupart des adultes ne sait pas, pour les loups-garous. », explique-t-il en passant délicatement la brosse dans ses cheveux. « Ce serait très dangereux pour les loups, si tout le monde le savait. Les gens pourraient essayer de leur faire du mal. »
Des gens ont déjà essayé. Les Hale en sont la preuve.
Stella fait un petit bruit. « C'est pour ça que le garçon saignait ? »
« Oui. » Stiles pense au T-shirt taché de sang de Derek, tendu sur son abdomen, les trous dans le tissu révélant une peau déjà guérie. Une partie de lui est amusée d'entendre Derek qualifié de garçon, au lieu du spécimen masculin taillé dans le marbre qu'il est. Mais il ne va pas parler de ça, ni du désir qu'il ressent quand Derek est dans les parages. « Des gens font du mal aux loups-garous. Des chasseurs. C'est pour ça qu'on garde le secret. »
« Oh. » Stella reste silencieuse une minute. « C'est comme quand tu sais qui est le super-héros et que tu ne dois pas le dire. »
« Exact. »
« Normalement, les super-héros n'existent pas non plus. », remarque-t-elle. « Est-ce que Batman est réel ? »
« Je suis presque sûr que non. »
« C'est logique. S'il existait, les gens n'auraient qu'à lire le comics pour savoir que c'est Bruce Wayne. »
« C'est un bon point. »
Stella hoche la tête. « Je ne dirai rien à personne pour les loups-garous. »
« Bien. C'est bien. C'est très important que personne ne sache. » Stiles fait une pause et l'enlace rapidement. Puis il termine de la coiffer et fait une natte lâche. Stella lève le poignet et récupère l'élastique qui est autour pour attacher la fin de la tresse. « Voilà, terminé. Tu t'es brossé les dents ? »
« Ouii. »
Stiles la pousse légèrement et se lève pour qu'elle puisse se mettre sous sa couette. « On lit encore Matilda ce soir ? »
Les yeux sombres de la fillette s'illuminent, alors Stiles prend le livre sur la table de chevet.
OoOoOoOoOoOoO
Le couvre-feu de Stella est à vingt heures, alors, une fois qu'elle est au lit, Stiles descend prendre un en-cas. Une boîte de Pringles sous le bras, il remonte dans sa chambre faire ses devoirs. Les devoirs et le baby-sitting : c'est ça, sa vie. Dire que Stiles avait commencé l'année avec un plan pour devenir populaire ! L'argent de poche que lui donne son père sert à mettre de l'essence dans sa Jeep, ce qui est génial, mais il n'a nulle part où aller maintenant. Il aime à penser que, s'il ne passait pas autant de temps à s'occuper de Stella, il serait invité à un tas de fêtes géniales, mais bon. Il n'est pas si populaire que ça, et personne ne veut inviter le fils du shérif aux meilleures fêtes, de toute manière.
Les devoirs, le baby-sitting et les loups-garous.
Seigneur, sa petite sœur de huit ans est au courant de l'existence des loups-garous. Stiles ne sait pas quoi en penser.
Il s'endort devant son ordinateur et son devoir à moitié terminé d'anglais.
OoOoOoOoOoOoO
Mischief est un mot anglais signifiant méfait, ou canaille. C'est donc un jeu de mot entre une abréviation possible du vrai prénom de Stiles, et son comportement turbulent.
