Ce texte a été écrit en une heure pendant la 120ème nuit du Fof (Forum francophone) sur le thème "ésotérique". N'hésitez pas à venir faire un tour sur le forum et à lire les autres textes de la nuit !
Bon. Quand j'ai vu le thème, j'ai surtout eu envie d'écrire sur un projet original que je traîne depuis, genre, 7 ans ? Mais finalement, je me suis rappelée du personnage de Toki et de ma déception à la fin du passé d'Oden... Je suis persuadée qu'il y a encore beaucoup de choses à comprendre sur elle, d'où l'envie de disserter sur l'étrangeté qui se dégage du personnage. J'aurais pu écrire sur Ym-sama, aussi, mais dans le genre personnage énigmatique dont on ne sait rien, iel se pose là. Le texte est peut-être un peu bancal, je vous laisse en juger, mais j'espère que l'ambiance y est.
Disclaimer : à Goda. Spoilers de l'arc Wano Kuni.
Bonne lecture !
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Les Arcanes.
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Oden avait toujours été fasciné par les femmes ; il en avait connu beaucoup, des douces comme des tempétueuses. Il y avait toujours quelque chose de profondément étonnant, quasi intangible, qui se dégageait de ces créatures. En bon gentleman – et bon coureur de jupons (les hommes ne cachaient pas leurs épouses sans raison, quand Oden se trouvait sur leur passage) – il avait cette délicatesse toute particulière, à leur égard, qui ravissait souvent ses conquêtes.
Quand il fit preuve du même dévouement auprès de dame Toki, la main de sa fiancée trouva peut-être un peu trop facilement la peau rouge de sa joue.
Les femmes étaient fascinantes.
Sa femme l'était sûrement un peu plus.
Outre le fait qu'elle avait plusieurs centaines d'années – il avait fini par comprendre que, non, personne de normal n'atteignait cet âge dans leur univers – et qu'elle détenait beaucoup des secrets de ce monde, il y avait quelque chose, dans sa gestuelle, d'insaisissable, un détail infime dans sa manière de s'exprimer, de se mouvoir, qui lui donnait l'aura d'un être intouchable, autrement plus sage que le commun des mortels.
Il aimait la suivre des yeux, quand elle traversait son champ de vision avec l'air étrange de flotter au dessus du sol, les pans de ses kimonos traînant à sa suite. Il aimait la voir saluer ses fidèles fourreaux rouges, choisir toujours le bon mot pour les encourager ; elle avait appris à les connaître, à les protéger, même, pendant les années d'absence de son mari, parti poursuivre ses rêves à bord de l'Oro Jackson. Et elle faisait une épouse de Daimyo irréprochable.
Pourtant, parfois, dans le clair de lune, Oden la trouvait là, debout au milieu le patio, à contempler les astres avec l'air de souffrir à en crever, de porter un poids soudain trop lourd, pour ses épaules si frêles. Elle se tournait parfois vers lui, plongeait son regard illisible dans le sien ; et dans le silence, ils parlaient.
Je sais que tu sais.
Il y avait un accord tacite, entre eux, depuis le tout début.
Je sais ce que tu as vu là-bas, sur cette île que tu appelles Laugh Tale.
Et, en fin de compte, est-ce que Oden pouvait vraiment affirmer connaître celle qui partageait sa vie ?
Je ne peux rien te dire.
Elle avait fait bâtir une statue de bronze, au milieu du patio, une statue d'un petit homme sans visage. Il lui arrivait souvent de s'agenouiller devant, de la toucher du bout des doigts, de danser ; gestes ésotériques, presque sensuels, dont elle était la seule à en connaître la signification. Oden s'était dit qu'il s'agissait sûrement d'un dieu d'un autre temps, que sa femme priait pour se donner le courage de vivre.
Elle avait ri, quand il lui avait dit.
Et maintenant qu'il se laissait bouillir dans l'eau de l'oden, l'héritier du shogun eut la conviction profonde que Toki saurait mener les autres au bout du chemin qu'elle avait tracé pour eux.
Et Oden Kozuki n'aurait pu rêver meilleure compagne que dame Toki, ni meilleure mère pour ses enfants.
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Une review = une tournée d'oden générale pour tout le monde :D
