Heeeeello, me revoilà avec une nouvelle fic ! J'ai prévu qu'elle fasse environ 25 chapitres mais c'est probable qu'elle soit un peu plus longue. J'avais prévu de faire des chapitres assez courts (2.5k à peu près) pour que ça me donne une fic de 50k à la fin du mois de novembre vu que c'était mon projet du Nanowrimo 2019. Finalement j'ai pas du tout fait comme prévu et certains chapitres sont déjà plus longs que ça donc vous voyez à quel point mes plans sont fiables lol

Du coup le pairing principal de cette fanfic est le Ushijima/Tendou, puis y'aura du Semi/Shirabu et sûrement un peu de Sakusa/Akaashi on verra à quel point j'aime me compliquer la vie.

Chaque chapitre sera du point de vue d'un personnage du début à la fin et ça variera selon le scénario, la plupart seront sûrement du point de vue d'Ushijima et pas mal du point de vue de Semi aussi, où en tout cas c'est ce que j'ai prévu, who knows.

Du coup j'espère que ça vous plaira, c'est quand même plus sérieux que la plupart des fics que j'ai écrites jusque là 8) J'adore la SF et j'espère que cet univers vous plaira. J'ai été inspirée par l'univers des jeux vidéos Deus Ex et globalement pas mal de références cyberpunk.

Grand merci à Sherma83 qui a relu mes premiers chapitres, love ya

ENJOYY


CHAPITRE 1 : USHIJIMA


Ushijima détestait son plafonnier. Sa lumière blanche était si agressive pour les yeux qu'elle donnait à son appartement un air de salle d'opération, malgré les nombreuses plantes qu'il mettait un point d'honneur à maintenir en vie. Il avait ordonné maintes fois au système automatisé qui gérait tous les appareils électriques de son appartement d'en changer la couleur et l'intensité, mais il se déréglait sans cesse. Il aurait dû appeler un technicien depuis des semaines. Pourtant, à chaque fois qu'il rentrait chez lui, Ushijima se contenait de la lumière de sa lampe de bureau et remettait sa tâche au lendemain. Il y passait si peu de temps ces derniers jours que la chose n'avait rien d'urgent.

Cela ne l'empêcha pas de lancer un regard agacé à l'appareil défectueux en se rendant compte qu'il avait enfilé le mauvais manteau dans la pénombre. Les deux qu'il possédaient avaient presque la même forme, mais l'un était noir, molletonné et pourvu de multiples poches intérieures, tandis que l'autre était un bleu marine et plus simple. Il portait le premier pour se rendre au quartier général de la police chaque matin et pour aller sur le terrain au cœur de l'hiver. Le deuxième ne servait jamais.

Il éteignit toutes les lumières avant de s'engouffrer dans le brouillard épais qui s'infiltrait dans les rues de son quartier à cette heure matinale. Le soleil ne se lèverait pas avant deux bonnes heures au-dessus des tours noires de Tokyo, et d'ici là Ushijima aurait sûrement deux ou trois affaires de plus sur les bras.

Il laissa le pilote automatique de sa voiture l'emmener jusqu'à son lieu de travail à contrecoeur. Au-delà du fait qu'il appréciait sincèrement le fait de conduire, il préférait garder le contrôle sur son véhicule plutôt que de le laisser à une machine, même si les accidents étaient très rares depuis leur mise en circulation. Il n'avait guère le choix ce matin-là, pourtant. Washijo, le chef de la police et son supérieur direct, lui avait envoyé une longue liste de pièces à conviction à étudier dans le cadre d'une affaire urgente. Ushijima ne se souvenait que vaguement d'un temps où les incidents que son équipe et lui devaient traiter n'étaient pas toutes urgents, très importants ou à mettre tout en haut de votre pile – cette dernière expression étant la préférée de Washijo.

Semi manifestait son mécontentement par des froncements de sourcils agacés et quelques injures marmonnées trop bas pour que quiconque devine ce qu'il baragouinait, Shirabu soupirait, mais ne communiquait sa lassitude que par la force de son regard assassin, Reon haussait les épaules avec l'air de celui qui s'était résigné. Goshiki était le seul que chaque nouvelle affaire rendait plus enthousiaste et avide de faire ses preuves. Ils avaient tous pensé que cette énergie finirait par lui manquer au bout de quelques mois, qu'il ploierait comme eux tous sous le poids des crimes toujours plus nombreux et des ordres de la hiérarchie. Ce moment n'était pas encore arrivé et Ushijima avait bon espoir qu'il ne vienne jamais. Lui même ne s'était pas plaint une seule fois en dix ans. Il avait entendu certains murmurer dans les couloirs qu'il était forcément un robot ultra perfectionné, mais il ne s'était jamais donné la peine de leur donner tort. S'ils avaient assez de temps libre pour se consacrer à des réflexions si stupides, ils n'étaient pas dignes du sien.

Les sourcils d'Ushijima se froncèrent imperceptiblement alors qu'il parcourait les documents envoyés par Washijo sur sa tablette. Il s'agissait essentiellement de rapports de l'activité sur des serveurs et de témoignages d'employés d'Itachiyama Corp., menant en tout point à croire qu'ils avaient été piratés dans la nuit. Ushijima leva les yeux juste au moment où sa voiture dépassait un immense panneau publicitaire vantant les mérites de la dernière prothèse ultra-perfectionnée cette même entreprise titanesque. Il comprenait mieux le caractère urgent de l'enquête, à présent.

Ushijima put ressentir la pression qui pesait sur l'entièreté des bureaux au moment même où il franchit les portes vitrées qui le menaient aux quartiers de la division antiterroriste de la police de Tokyo. Semi se rongeait l'ongle du pouce, une habitude qu'il tentait par tous les moyens de délaisser, mais dans laquelle il venait visiblement de replonger.

- Ushijima-san, le salua-t-il. J'imagine que Washijo vous a appelé.

Ushijima acquiesça en déposant sa veste sur le porte-manteaux de l'entrée. Les quatre bureaux installés dans la salle encombrée de caisses et d'armes se faisaient face, si bien que les membres de son équipe n'avaient aucun mal à échanger leurs informations au fur et à mesure de l'évolution des enquêtes. Ushijima avait toujours regretté que le sien se trouve derrière une porte vitrée au fond de la salle, mais il savait qu'il serait inutile de le mentionner à la hiérarchie. Les apparences comptaient plus que tout, à l'intérieur d'une organisation aussi stricte que la police de Tokyo.

- On a pas pu tirer grand-chose des documents d'Itachiyama, lança Shirabu. Ils sont tellement obsédés par la confidentialité de leurs fichiers qu'ils n'ont rien voulu nous donner de plus.

- Reon n'a pas fini son décryptage, fit remarquer Semi. Laisse-lui un peu de temps.

- On aurait pas besoin de passer par là si ces abrutis voulaient bien nous laisser jeter un œil à leurs serveurs.

- Tu sais comment ils sont. Même leurs employés doivent passer par dix codes d'authentification. Ils n'allaient pas nous filer tous les accès sans rien dire.

- Oui, c'est vrai que ça nous amuse tellement de fouiner dans leurs affaires… C'est pas comme si on faisait ça pour les empêcher de se faire pirater une deuxième fois, mais chacun ses priorités, j'imagine…

- J'aurai moins de mal à me concentrer si vous vous taisiez tous les deux, marmonna Reon d'une voix calme.

Ushijima les laissa à leurs chamailleries et se dirigea vers son bureau sans émettre le moindre commentaire. Il se retourna toutefois pour lancer à Reon :

- Dis-moi quand tu auras terminé.

- Sans faute, répondit-il avec un hochement de tête.

Ushijima s'apprêtait à refermer la porte de son bureau, mais il scanna la pièce du regard. Shirabu répondit à sa question avant même qu'il ne l'ait posée.

- Goshiki est au stand de tir, si vous le cherchez.

- Son dernier rapport est terminé ?

- Si on peut appeler ça comme ça, marmonna Semi.

- Oui, répondit Shirabu en l'ignorant.

Ushijima referma sa porte et s'installa à son bureau, dos à une baie vitrée qui ne montrerait qu'un paysage sombre de tours détrempées par la pluie pendant quelques heures encore.

Il passa une bonne demi-heure à lire la dizaine d'e-mails qui clignotaient en rouge sur son écran. Le constat fait par l'entièreté de son équipe était qu'à chaque enquête qu'ils classaient, dix autres apparaissaient sur son écran, avec le même intitulé Urgent. Les attaques terroristes n'avaient jamais été aussi élevées que depuis les cinq dernières années et la tendance ne risquait pas de s'inverser.

Pourtant Ushijima savait pertinemment ce qu'il en coûterait pour que le calme revienne à Tokyo. Son regard glissa vers un tableau aimanté qui faisait face à son bureau, où une quantité astronomique de photos et de notes écrites à la va-vite étaient entassées comme une nuée de corbeaux sur un toit. Un mot écrit au feutre rouge, d'une écriture soignée, mais légèrement penchée, ce qui indiquait l'état de nerfs dans lequel il était le jour où il l'avait tracé en travers de son tableau dans un espoir d'y voir plus clair.

Miracle.

Le surnom du chef des Spectres, une cellule terroriste qui semblait gagner en influence à chaque jour qui passait, une présence insaisissable, mais qui revenait inlassablement comme une empreinte fantôme sur les trois quarts des dossiers que Washijo empilait sur son bureau.

Il suffirait de mettre la main sur un seul homme pour démonter ce réseau pièce par pièce et arracher ce cancer qui se propageait à une vitesse qui alarmait autant les médias que les services de police.

Le piratage d'Itachiyama n'était pas un incident isolé. Ushijima n'avait même pas besoin de parcourir tous les documents envoyés par Washijo pour y reconnaître l'œuvre de Miracle. Leur propagande était on ne peut plus claire. Ils haïssaient Itachiyama et tout ce que cette entreprise surpuissante représentait.

Il suffisait de lever les yeux vers l'un des nombreux panneaux publicitaires qui enlaçaient les gratte-ciels de la ville pour apercevoir la main jaune pâle reconnaissable par tous comme le logo d'Itachiyama, l'entreprise qui avait sauvé le Japon tout entier d'un fléau auquel moins de cinq pour cent de la population échappait. Et Miracle et son groupe avaient juré de la détruire pièce par pièce, en l'accablant d'un tissu de mensonges éhontés.

Ushijima referma lentement son poing gauche, une lueur orageuse au fond des yeux. Il ne se passerait pas un seul jour sans que son équipe et lui fassent tout ce qui était en leur pouvoir faire tomber ces criminels qui menaçaient la sécurité des civils. Et s'il devait convaincre Itachiyama de les laisser accéder à leurs fichiers confidentiels pour y parvenir, il en serait ainsi. Il ferait tomber Miracle, peu importe le temps que ça lui prendrait, et il pourrirait au fond d'une cellule jusqu'à la fin de ses jours.

Trois coups légers résonnèrent contre sa porte vitrée.

- Entrez.

La silhouette massive de Reon franchit sa porte.

- J'ai terminé le décryptage. La méthode opératoire correspond à celle des gars de Miracle. Tout est sur le serveur, si vous voulez voir par vous-même.

Ushijima acquiesça sans une once de surprise.

- Merci.

Reon ne quitta pas l'entrebâillement de la porte, mais il n'ajouta rien, comme s'il hésitait.

- Autre chose ? lui demanda Ushijima en arquant un sourcil.

- Euh, Goshiki n'est toujours pas revenu du stand de tir et il y est depuis un moment…

Ushijima hocha la tête.

- Tu peux retourner à ton poste, je vais m'en occuper.

- Un de nous quatre peut y aller, vous avez sûrement beaucoup de travail –

- Ça ira.

Ushijima se leva sans lui laisser le temps d'insister. Il traversa le bureau jusque dans les couloirs du poste de police, nimbés d'une lumière bleue diffusée par des néons. Cet endroit fourmillait d'activité à toute heure du jour et de la nuit. Un drone dépassa Ushijima à toute vitesse, transportant une caisse de matériel informatique. Les hommes comme les machines avaient tendance à perdre la notion du temps, à l'intérieur. Et le ciel éternellement larmoyant au-dessus de leurs têtes n'aidait pas à y voir plus clair.

En dépassant les bureaux de la section qui s'occupait du crime organisé, le regard d'Ushijima s'attarda un instant sur le visage d'une femme, encadré par une chevelure noire d'encre. Concentrée sur le briefing qu'elle donnait à son équipe, elle ne le vit pas passer.

Tous les agents qu'il croisa dans les couloirs lui adressèrent le même salut poli, avec une pointe de crainte mal dissimulée. Ushijima connaissait sa réputation et ne ferait rien pour la changer. Il ne savait que trop bien que les gens penseraient ce qui les arrangeait de lui. Plongé dans ses pensées, il entendit à peine une voix l'interpeller, jusqu'à ce qu'une main se pose sur son épaule.

- Alors, paraît que tu t'occupes d'une affaire qui concerne Itachiyama ?

- Tu ne devrais pas laisser traîner tes oreilles partout, Futakuchi.

Ce dernier éclata de rire.

- Allez, vous vous en sortez ? Washijo était dans tous ses états hier…

- Ça avance, répondit laconiquement Ushijima. A plus tard, je suis pressé.

- Vous laissez pas déborder surtout ! cria Futakuchi dans son dos, d'un ton moqueur.

Ushijima atteignit enfin l'ascenseur et sélectionna le troisième sous-sol. Alors que l'engin descendait dans les profondeurs du quartier général, il laissa échapper un soupir.

Ils étaient trop pressés par le temps pour s'éparpiller comme le faisait Goshiki, mais il savait bien que ce dernier l'écouterait plus facilement que les autres.

Le stand de tir était désert à cette heure matinale, à l'exception d'un jeune homme dans la vingtaine qui visait avec précaution l'une des cibles mouvantes. Quelques mèches de sa frange étaient collées à son front par la sueur qui y perlait et Ushijima se demanda depuis combien de temps Goshiki s'entraînait.

Il se racla la gorge afin de manifester sa présence, les bras croisés. Goshiki sursauta et reposa immédiatement son arme d'entraînement. Un sourire éclaira son visage et il s'inclina.

- Ushijima-san.

- Il est huit heures, fit remarquer ce dernier.

Goshiki écarquilla les yeux en relevant la manche de sa veste et regarda sa montre, comme pour vérifier ses dires.

- Je n'ai pas vu le temps passer, je suis désolé, je –

- Inutile d'en faire un drame, trancha Ushijima. Tu t'es amélioré ?

Goshiki glissa un regard vers l'arme qu'il venait de délaisser.

- Vous voulez voir ?

Ushijima se serait fait sermonner pour tant d'impertinence à sa place, mais il n'était pas et ne serait jamais Washijo. Ce dernier avait peut-être l'expérience de quarante longues années dans la police, mais Ushijima n'oublierait jamais comment il avait dû se battre avec lui pour admettre Goshiki dans son unité, décision qu'il ne regrettait absolument pas. Il avait tendance à trop en faire et s'éloignait parfois de l'objectif qu'on lui avait donné, mais Ushijima avait appris à tirer profit de son audace.

- On a pas le temps. Tu aurais dû être à ton poste de travail quand je suis arrivé ce matin.

- Je sais, bredouilla Goshiki, mais je suis encore trop mauvais au tir… L'autre jour encore Shirabu m'a dit que je ferai mieux de mettre les bouchées doubles.

- Il ne voulait pas dire que tu devrais y passer la nuit, dit Ushijima. Et même si c'était le cas, tu ne réussirais qu'à te surmener.

Il posa sa main droite sur son épaule dans un geste qui se voulait un « N'en fais pas trop. » silencieux.

Le regard de Goshiki glissa lentement jusqu'au métal noir qui s'étendait de l'autre main d'Ushijima jusqu'à son épaule.

Le problème était et resterait le même.

« Il ne fera pas l'affaire. » avait dit Washijo. « Trop frêle, trop fragile. On nous en voudra pour ça, quand il se fera tuer. »

Ushijima ne l'aurait jamais laissé recaler une recrue aussi motivée et performante sous prétexte qu'il faisait partie des cinq pour cent de la population du Japon à n'avoir besoin d'aucune prothèse mécanique. Très peu d'entre eux rejoignaient la police et il était même rare qu'ils se portent volontaires.

« Ce serait du gâchis. Avoir un corps en parfaite santé par les temps qui courent…à quoi bon chercher les ennuis et l'esquinter ? Il y a bien assez de gens plus fort et plus abîmés qui feront l'affaire. »

On avait lancé des regards de travers à Ushijima pour l'avoir accepté dans son unité, certains lui avaient même ouvertement dit qu'il devrait avoir honte.

Tant pis pour eux s'ils étaient incapables de comprendre que les gens dépourvus de de la moindre particule d'acier dans leur organisme étaient les plus résistants, et qu'un bras ou une jambe équipée de capteurs ou d'un blindage ne les rendaient pas plus aptes qu'eux à sauver des vies.

- Tu as tout le temps de t'améliorer, ne brûle pas les étapes.

Goshiki acquiesça avec une déception mal dissimulée.

- On s'entraînera ensemble une autre fois. Il faut se pencher sur l'enquête que Washijo nous a donnée. Et on a besoin de toi.

Son subordonné hocha la finalement tête avec véhémence.

- Allons-y, Ushijima-san.


Voilà c'était le premier chapitre, j'espère que ça vous a plu, hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensééé

J'ai pas vraiment d'indication à vous donner pour la régularité des chapitres en vrai, je vais bientôt poster le premier chapitre d'une fanfic kuroshou que j'écrirai en parallèle et on verra comment je me motive pour jongler entre les deux. J'ai quelques chapitres en réserve dans mon ordi pour cette fic en tout cas, je verrai quand je les posterai 8)

AELI