Les hurlements résonnent dans la tête de Carrie, son corps s'agite, ses sourcils se froncent. Des gouttelettes de sueurs perlent le long de ses tempes, des larmes commencent à se former aux coins de ses yeux. Elle se réveille en sursaut, Carrie regarde autour d'elle, il fait si sombre, elle pensait que la nuit allait passer mais comment aurait-elle pu être rapide, avec tous ces événements épouvantables qui se sont produits ?

Après avoir tué sa mère, elle s'était enfuit de chez elle, la jeune fille avait passé la nuit à errer dans les rues sans but précis, le cœur anéanti...Toute sa vie n'avait été que souffrance, douleur et humiliation. Souvent, elle s'est demandé, pourquoi existe t-elle ? La pauvre enfant s'était endormie sur des cartons sales qu'elle avait trouvé sur son chemin, son corps lui faisait atrocement mal et elle avait tremblé de froid durant les quatre heures de son maigre sommeil.

Elle ne sait pas où elle se trouve mais elle sait qu'elle n'est plus à Chamberlain, elle a réussi à mettre de la distance entre elle et cette ville... Se relevant le plus doucement possible pour ne pas réveiller la douleur de ses membres, Carrie s'avance vers un réverbère d'un lampadaire. Illuminée par la lumière artificielle, elle regarde tristement sa robe de bal qui est couverte de sang, son visage semble dégouliner taché de cette même substance rouge.

Des larmes salées coulent sur les joues de la jeune fille, ici, loin, seule et débarrassée de tous ceux qui la mépriser et qui se moquer d'elle, elle se sent encore plus mal.

Carrie se laisse tomber à genoux contre le sol de gravier, sa peau se blesse un peu, seulement elle s'en fiche, elle pose ses mains contre ses yeux et continue de sangloter :

- Maman...Maman...Aide-moi, je t'en supplie...

Sa mère ne peut pas l'entendre là où elle est...Il n'y a que le vent qui lui répond et qui souffle fort contre elle, ne l'épargnant pas, n'ayant pas pitié d'elle et de sa détresse. Carrie continue d'implorer le pardon de sa mère :

- Maman, excuse-moi, je ne voulais pas, tu étais la seule qui était avec moi...Je t'en prie pardonne-moi ! Je ne voulais pas te tuer...Reviens, j'ai besoin de toi.

Carrie n'a pas fait attention à où elle s'était assise, elle est tout près d'une bouche d'égout. Deux yeux jaunes apparaissent dans l'obscurité du drain, le monstre arbore un visage amusé, il se moque du désespoir de la fille qui appelle celle qui n'est plus en vie. La proie parfaite se trouve devant lui, affaiblie, il n'a plus qu'à tendre le bras pour l'atteindre.

Alléché, le monstre décide d'attirer sa proie, il prend l'apparence de l'être qui est le plus chère aux yeux de la jeune fille et l'appelle de sa voix :

- Carrie...

La jeune fille tourne sa tête en direction du drain, son cœur accélère dans sa cage thoracique. Elle reconnait cette voix :

- Maman ?!

- Oui c'est moi, sors-moi de là, je suis coincée.

- Mais...Mais, je t'ai tué, tu ne peux pas être là.

- Dieu en a décidé autrement. Il a vu tout ce qui s'est passé, il a su que je ne pouvais t'abandonner à ton triste sort. J'ai survécu et mes plaies se referment doucement mais je suis tombée ici en te cherchant désespérément. La tempête m'a emporté jusqu'à ce drain.

- Vraiment ?

- Oui.

- Tu dois être furieuse contre moi.

- Non c'est moi qui a été une mauvaise mère, je me suis comportée comme tous les autres, j'ai eu peur de ta différence et j'ai cherché à m'en préserver, à rejeter la faute sur toi et à me dire que le Diable t'avait offert ce don. Pardonne-moi ma chérie, je te supplie de me pardonner.

- C'est à moi de te présenter des excuses, je t'ai fait du mal.

- Je ne souffre plus, parce que je t'ai retrouvée, viens à moi Carrie. Approche.

- Montre-moi ton visage Maman, j'ai gardé le mauvais souvenir de celui qui était ensanglanté et sans vie.

Margaret accepte et approche vers la lumière, Carrie sent de nouvelles larmes arriver, mais cette fois ce sont des larmes de joie.

- Laisse-moi te caresser les cheveux comme je le faisais pour te réconforter. Demande Margaret

Carrie hoche la tête de haut en bas et s'avance à quatre pattes vers la bouche d'égout, elle attend que sa mère plonge sa main dans ses cheveux. Margaret tend une main tremblante d'excitation, sa main attrape une poignée des cheveux de Carrie et elle les tire avec force vers la bouche d'égout, cognant violemment le front de la jeune fille.

Carrie pousse des hurlements de douleur, elle se débat et fait tout pour que son visage n'entre pas à l'intérieur du drain ! Sous ses yeux exorbités, un clown lui fait face, il sourit de toutes ses dents longues et tranchantes comme des lames de rasoir :

- L'odeur du sang m'a appelé, je vais le goûter, le boire, m'en abreuver. Et toi Carrie, tu vas flotter !

La jeune fille tend sa main pour repousser le clown grâce à ses pouvoirs de télékinésie, elle réussit à étourdir légèrement le clown mais assez pour qu'elle se libère de son emprise. Carrie court du mieux qu'elle le peut, cependant elle s'emmêle les pieds dans sa robe, elle maudit intérieurement d'avoir choisi une robe longue !

- Tu ne peux pas m'échapper, Carrie. Dit la voix moqueuse du clown derrière elle

Carrie ne s'arrête pas de courir, son cœur est sur le point d'exploser tellement qu'il bat fort, sa respiration ne cesse de s'accélérer ! Elle ressemble en cet instant à un petit animal effrayé qui fuit désespérément le prédateur. Elle se met à crier pour appeler du secours :

- A l'aide ! Quelqu'un s'il vous plaît ! Aidez-moi !

Carrie tourne sa tête pour voir si le clown la poursuit mais elle s'aperçoit que ce n'est pas le cas. La jeune fille s'arrête alors de courir. Elle essaye de calmer sa fréquence cardiaque, elle croit être enfin débarrassée de cette créature monstrueuse. Une berceuse d'enfant s'élève et un ballon rouge s'approche dangereusement d'elle, Carrie lit d'une voix tremblotante le message inscrit en lettre blanche sur ce ballon :

"Saigne comme un porc, Carrie."

Un sanglot s'échappe de son œil, le ballon éclate révélant le clown tueur qui saisit la gorge de Carrie avec ses mains massives. Il glousse et se moque de sa proie terrorisée par lui :

- Je sens la puanteur de ta peur !

Sur le bord de faire un arrêt cardiaque, Carrie n'arrive même plus à parler pour supplier cette chose de la relâcher. Voyant son manque de réactions, Grippe-Sou inhale le cou tremblant de Carrie.

- Petite fille peu commune, j'arrive aussi à sentir que tu n'es pas comme les autres. Ton shining est si fort que j'ai l'impression qu'il me brûle. Tu vas être délicieuse, oh oui, vraiment délicieuse. Sourit-il en laissant un filet de salive dégoulinait sur son menton

- P...P...Pitié...Bégaye Carrie

- P...P...Pitié ! L'imite le clown

Carrie sent sa vue se brouiller à cause des larmes incessantes.

- Réjouis-toi, tu auras la chance de mourir dans cette robe qui t'a causé tant de problèmes. Se moque t-il impitoyablement

La jeune fille ne se débat plus comme un oiseau prit entre les crocs d'un serpent. Elle sent sa fin venir...

- Viens flotter avec le clown, Carrie, tu seras réellement heureuse ! Flotte !

Et à ces mots, il ouvre sa grande gueule et bondit sur Carrie pour la déchirer avec violence. En léchant ses doigts remplis de sang, le clown déclare avec un sourire tordu :

- On flotte tous ici !

Elle était morte de la plus horrible des façons...Sa mort avait été pareille à sa vie. Cruelle et sans pitié.