Notes d'auteur : Cette histoire est juste un truc que j'ai écrit vite fait un soir. Je n'ai pas fait de recherches très poussées sur les lois du 19e siècle pour l'écrire.
Perdue dans ses pensées affolantes, Marinette se réfugia dans un petit salon sombre et désert. Luttant pour retrouver son souffle, cachée derrière les pans d'un rideau, une pensée obsédante lui vint à l'esprit : «Je ne me serais jamais retrouvée dans cette situation si j'avais épousé Luka.»
Aujourd'hui âgée de 23 ans, Marinette avait depuis longtemps atteint l'âge où les filles des alentours pouvaient chercher un mari. Pourtant, le premier à se présenter pour demander sa main à son père l'avait fait alors qu'elle était encore bien jeune. Elle avait tout juste atteint son 12e anniversaire lorsque Luka, le fils du meunier avait mis son plus beau costume pour faire sa demande.
Monsieur Dupain était ravi! En tant que principale boulanger de leur petite ville en effervescence, le père de Luka était son ami et son principal fournisseur. Tom Dupain avait une grande fille aînée et un petit garçon vigoureux qui promettait de faire une excellente relève. Monsieur Couffaine savait déjà que Luka reprendrait le moulin à sa suite.
Du haut de ses quatorze ans, il travaillait déjà aux côtés de son père. Lui-même espérait trouver un bon partie pour sa fille plus jeune et était ravi que son fils ait jeté son dévolu sur la jeune Marinette.
Naturellement, ce n'était pas une surprise. Les trois plus vieux rejetons avaient grandi ensemble. Ce qui en fut toute une, fut la réaction de Marinette. «Je ne veux pas me marier. Je ne veux pas passer mes journées à m'occuper de la maison d'un homme et je ne veux pas avoir d'enfant. Je veux faire quelque chose d'utile de ma vie. Sois avoir ma propre boutique de modiste ou venir en aide aux plus démunis.»
Les trois hommes et la jeune fille discutèrent longuement.
«Marinette est jeune, c'est encore presque une enfant, et Luka aussi. Ils ont bien le temps de se marier et nous mon cher sommes encore assez vaillant pour tenir boutique pendant encore de nombreuses années. Si mon cœur à bien hâte d'être grand-père, ma tête est encore assez jeune pour attendre.» avait temporisé Monsieur Dupain.
Mais à seize ans, alors que la patience de tout le monde s'amincissait, Marinette sortait seule dans la nuit, habillée en garçon, elle se mêlait aux groupes de contestataires.
La grogne de la population gonflait. Les salaires étaient trop bas pour faire vivre les familles et les conditions de travail trop mauvaises pour assurer leur sécurité. Les très longues journées de travail causaient des accidents et les familles de la région se retrouvaient démunies une fois le père de famille invalide ou décédé. Et ce même si plusieurs des enfants prenaient dès lors le chemin de l'usine.
Un jour, Marinette fit un vœu et une petite fée toute rouge vint la voir.
À 18 ans, Marinette partie sur les routes allant là où la population avait besoin d'elle. Sous couvert de vendre de jolis bonnets brodés et de magnifiques mouchoirs qu'elle pouvait broder en marchant comme une bohémienne, elle se promenait d'une campagne à l'autre. Confondant la corruption et aidant les travailleurs.
Mais surtout, elle encourageait ceux qui pouvaient faire quelque chose à le faire. Pour chaque médecin qui offrait de la soupe aux orphelins, pour chaque personne qui apprenait à compter grâce à elle, elle déclarait une petite victoire et un jour son voyage la ramena dans la grande ville tout près de la boulangerie de ses parents, à une demi-journée de Paris.
Sur place, le travail ne semblait jamais vouloir se terminer. La corruption et la misère étaient partout.
Elle ne rentra pas chez ses parents. Elle était une femme indépendante et elle s'installa dans une chambre au-dessus d'un commerce.
Un jour, elle croisa la route d'un très bel homme qui lui acheta des mouchoirs. Comme il passait souvent devant l'endroit où elle vendait sa marchandise, il ne manquait jamais de la saluer.
Un jour où un orage éclata subitement, il la fit monter dans la voiture qu'il avait prise plutôt que de marcher et la raccompagna chez elle. Le cheval à l'abri sous un demi-toit, ils ne purent se résoudre à interrompre leur conversation et ils apprirent à se connaître.
Elle savait déjà depuis longtemps qu'il faisait partie du gouvernement mais elle apprit ce jour-là qu'il était un très jeune Ministre des finances pour tout le pays. Il habitait en fait à Paris et visitait sa mère qui souffrait de pneumonie et habitait dans cette ville.
Ils se dirent l'un à l'autre qu'ils se plaisaient et il lui demanda la permission de la courtiser. Elle lui dit qu'elle ne souhaitait pas se marier et il lui dit qu'il respectait cela. Il n'en retira par moins sa demande et elle lui donna sa permission, amusée et flattée.
Afin de conserver leurs réputations, ils gardèrent leur histoire secrète et elle prit l'habitude de se faufiler dans ses appartements privés chez ses parents pour le visiter lorsqu'il était en ville. Elle lui expliqua qu'elle savait faire des choses extraordinaires dont grimper sur les toits.
Elle ne lui cacha rien de sa vocation d'aider les autres. De ses voyages dans les compagnes où des occasions où elle entrait dans les bureaux privés des propriétaires d'usine pour y voler les renseignements sur leurs malversations.
Il lui raconta que lui-même faisait aussi tout ce qu'il pouvait pour aider les pauvres et les travailleurs mais qu'il aurait aimé en faire plus.
Adrien était en ville ce soir-là. Elle aurait mieux fait d'aller le voir plutôt que de se rendre chez le maire Bourgeois pour l'espionner. Elle n'aurait alors pas su que le père d'Adrien était la personne qui menait Monsieur Bourgeois par le bout de ses pots-de-vin.
Le fait était qu'en fait, Monsieur Agreste était l'homme de plus riche de la région et l'un des plus riches de France. Il prêtait même parfois des sommes à l'État que le pays lui remboursait ensuite, une fois les impôts perçus.
Marinette fut tirée de ses pensées en entendant un couple entrer brusquement dans le salon.
«Nous y sommes, Chloé. Nous sommes fin seuls. Qu'est-ce qui était si secret que tu ne pouvais me le dire devant mes parents?» fit une voix polie et patiente.
Surprise par la voix qu'elle reconnue comme étant celle d'Adrien, Marinette passa le visage par le rideau. Elle vit Chloé, la détestable et dépensière fille du maire accrochée à la veste de son Adrien… qui ne se défendait pas très fort.
«J'ai entendu une terrible nouvelle qui m'a complètement affolé.» minauda-t-elle. «J'ai entendu dire que les catins de Paris donnaient des maladies. Du coup, je me suis tellement inquiétée pour vous. Un homme aussi viril que vous, doit avoir levé plus d'un jupon!»
«Je vous assure que je…» Le regard cordiale d'Adrien croisa celui de Marinette et son visage blanchi de quelques tons. «…Que je ne fréquente pas ce genre de vils établissements.» minauda-t-il à son tour. «Qui a pu tenir de tels propos devant une tête aussi propre de toute pensée impure que la vôtre?» reprit-il avec un adorable petit bruit de langue charmeur en s'approchant tout près de Chloé pour relever son menton du bout des doigts et enligner son visage près du sien.
Chloé sembla fondre de bonheur face à ce geste et Marinette au contraire sentit son cœur la glacer de l'intérieur.
Comme Adrien changea de sujet pour parler des endroits qu'il voulait faire visiter à Chloé lors de sa prochaine visite à Paris, Marinette devint rouge et s'enfuit par la fenêtre.
Il était beaucoup plus tard que l'heure à laquelle elle rendait normalement visite à Adrien lorsqu'il rentra chez lui pour la trouver qui l'attendait dans sa chambre. En d'autre circonstance, elle se levait quatre heures plus tard pour aller vendre sa marchandise.
À la voir marcher en long et en large dans la pièce, Adrien pouvait dire qu'elle était furieuse mais lui aussi en avait autant à son endroit : «On peut savoir ce qui t'as pris de t'introduire chez le maire?» ouvrit Adrien le premier.
«On peut savoir depuis quand tu courtises Chloé?» lui retourna-t-elle sans répondre.
«Depuis jamais. J'ai dit tout ça pour la distraire. Tu sais pendant combien d'année tu serais restée en prison si on t'avait trouvée là-bas? Toutes! Tu n'en serais sortie que pour mourir sur le trottoir! Les Bourgeois font ce qu'ils veulent avec la loi.»
«Et apparemment, ton père fait ce qu'il veut avec Monsieur Bourgeois.» lui apprit-elle.
«Oui, j'avais déjà remarqué. Mais je sais que mon père n'est pas un dangereux malfaiteur. Il manipule André Bourgeois uniquement pour qu'il ferme les yeux sur ses importations commerciales. La loi l'oblige à acheter les tissus sortant des usines de la région mais il l'aime pas trop qu'on lui dise quoi faire. Il ne veut que le meilleur pour lui-même et les clients huppés qui se fournissent chez lui.»
«Tu trouves peut-être ça banal, mais ça nuit tout de même à l'économie. Si les propriétaires d'usine ont moins de commandes, ils ont moins de travail à donner!»
«Sauf qu'en contrepartie, je touche une généreuse rente que je reverse directement aux travailleurs et à leurs familles. J'essaie d'atteindre ceux qui en ont vraiment besoin mais je ne suis pas aussi proche d'eux que tu peux l'être.»
«Peu importe les motivations de ton père. Bourgeois et surtout sa fille se servent dans la caisse destinée aux orphelins et aux hôpitaux que les propriétaires d'industries versent à la ville. J'en ai la preuve maintenant. Cette excursion a été TRÈS instructive. Et ce à plus d'un titre. Je peux savoir combien de jupons tu as soulevé précisément ou bien ta réponse serait-elle trop pour pouvoir les compter?»
«Crois-moi, j'ai fait largement moins de conquête que la plupart des hommes! Ma réponse serait plus proche d'aucun. Comme pratiquement tous les hommes avec un peu de fortune, j'ai été initié par une femme d'expérience lorsque j'étais plus jeune. Mais, non. Je ne fréquente pas les lupanars de la capitale et je n'ai pas de femme entretenue dans une coquette maison de ville. La dame de mes pensées est une indépendante et risque-tout entêtée qui préfère travailler un nombre pas très catholique d'heure chaque jour plutôt que d'accepter que je paie sa note chez le maraîcher.»
«C'est là où je suis sensé m'excuser d'avoir été jalouse?» défia-t-elle.
«C'est là» reprit avec douceur Adrien «Que tu vas m'embrasser pour me remercier de t'avoir sauvée en faisant du charme à une dame qui n'attends que ça depuis dix ans pour devenir encore plus entreprenante et que tu vas gentiment t'allonger quelques heures dans mon lit pour prendre du repos. Je suis certain qu'il n'y a que ton caractère volontaire qui te garde encore debout.»
En effet, dès qu'elle posa la tête sur l'oreiller, elle était déjà presque endormie et Adrien en profita pour lui demander : «Viens à Paris avec moi. Je te montrerai une façon de sauver les gens qui ne te mènera pas en prison.»
«D'accord, Adrien, tout ce que tu veux.» répondit-elle sans être capable d'y réfléchir d'abord.
Mais même si elle ne voulait pas vraiment le suivre à Paris, elle n'avait plus vraiment d'excuse pour rester sur place. Le mieux était qu'elle disparaisse quelques temps.
Adrien avait immédiatement ordonnée une enquête dans toute la France pour savoir ce qu'il en était des services de pensions versées aux veuves et aux orphelins des accidents du travail. Qu'est-ce qui était fait dans chaque région? Y en avait-il suffisamment? Étaient-elles efficaces? Seraient-elles mieux encadrées avec des lois nationales?
«C'est chose-là prennent du temps!» avait plaidé Adrien lorsque Marinette avait levé un sourcil septique.
Alors, Marinette avait remis les livres de compte qu'elle avait volés dans le bureau personnel du maire à un journal qu'elle savait indépendant, avant de suivre Adrien. Et lorsqu'elle posa ses sacs contenant sa marchandise et toutes ses possessions dans une chambre d'invités de la demeure d'Adrien, le lendemain soir, les grands titres de ce journal avaient déjà poussé les riches propriétaires d'usines à demander des comptes au maire.
Durant les deux semaines suivantes, Marinette et Adrien établirent une confortable routine. Il passait au ministère le matin pendant qu'elle travaillait à sa broderie. Il déjeunait parfois avec elle, parfois avec des relations. Puis, il lui consacrait tout le reste de sa journée.
Il lui faisait visiter la capitale, les plus beaux mais aussi les pires côtés. Autant elle apprécia la modernité et la tendance à faire évoluer les mentalités qui y était valorisé, autant elle fut touché par la misère des pauvres et des démunis et tout le travail qui restait encore à faire.
«Es-tu prête à essayer d'aider d'une autre façon qu'en te promenant sur les toits? Je voudrais te prouver que tu es capable d'être la «championne des opprimés» même en portant la jupe.
«Je veux bien essayer Adrien, mais une robe rose bonbon vraiment?» discutèrent-ils dans un salon privé d'une des meilleures modistes de la ville chez qui Adrien l'avait traînée.
«Fais-moi confiance.»
Il s'avéra que Marinette, une fois vêtue de la magnifique robe rose et coiffée avec excellence dû s'avouer qu'elle était une révélation même pour elle-même.
Elle rejoint Adrien qui l'attendait au pied du grand escalier et ricana en agitant coquettement son éventail : «Qui aurait cru que sous mes jupes de toile se cachait une telle créature!»
«Moi, je le savais!» assura Adrien avec sérieux mais avec encore plus d'admiration dans le regard.
Adrien avait sorti le grand jeu pour présenter Marinette à la bonne société. Il avait engagé une gouvernante originaire du sud de la France qui rentrait tout juste d'Angleterre et lui demanda de se faire passer pour la tante de Marinette qu'il présenta comme sa fiancée.
Marinette elle-même habituée à se mêler aux domestiques des plus prestigieuses maisons pour pouvoir les espionner pour son travail en décoda rapidement les us et les manières.
Elle emboîta aussi le pas d'Adrien lorsque celui-ci lançait de jolis sourires à une vieille dame pour l'encourager à se départir d'une minuscule part de sa fortune pour le bien des plus déshérités.
Après quelques semaines de ce train de vie (Parce que vraiment, inciter les gens à donner généreusement prenait plus de temps que de trouver des preuves d'abus que les riches croyaient naïvement à l'abri dans un coffre-fort.) Marinette n'en pouvait plus. Ses joues l'élançaient à faire de faux sourires et elle ne pouvait plus voir un corset en peinture.
Elle revêtit des habits de femme du commun et attrapa Adrien par la main pour l'entraîner dans une taverne joyeuse où on jouait du violon.
Ils dansèrent, burent et s'embrassèrent sans se cacher jusqu'à ce que l'aube pointe son nez puis, repartirent vers la demeure d'Adrien où il avait bien l'intention de la mettre au lit.
Mais dans une ruelle près de la taverne, ils croisèrent le chemin d'un ivrogne qui y avait trouvé refuge pour y cuver son vin.
« Luka? » fit-elle surprise en le reconnaissant.
Il n'avait pas encore ouvert les yeux que déjà, son nom était sur ses lèvres. « Marinette? »
Puis, il embrassa la scène du regard. Comment Adrien la serrait contre lui, les bras passés autour de sa taille. Ils n'étaient pas en habits de nantis, loin de là, mais comparé à Adrien, Luka ressemblait à une loque humaine. Un déchet parmi les déchets.
« On peut savoir ce que vous faite avec ma femme? » accusa-t-il, semblant mieux supporter l'alcool qu'il n'y paraissait.
« Je ne suis pas ta femme, Luka! » s'exclama-t-elle.
« Ton père m'a donné ta main! Il me l'a promis. Il a même signé le contrat de mariage devant le notaire. » l'informa-t-il.
« Mais nous n'avons jamais été mariés pour autant! » rappela-t-elle.
« Légalement, tu ne peux épouser que moi. Et si tu portes les enfants d'un autre homme, ce seront des bâtards. »
« Luka! Qu'est-ce qui t'est arrivé? Pourquoi tu dors dans une ruelle de Paris, bon Dieu? » s'effara-t-elle.
« À cause de cette foutue modernité que tu aimes tant! Un autre meunier s'est installé au village avec une nouvelle invention et on a perdu toute notre clientèle! J'ai dû venir ici pour trouver du travail. Je suis débardeur. »
« Et… et Juleka? » s'inquiéta Marinette pour la fragile jeune femme.
« Père l'a marié à un homme qui l'amène avec lui à l'usine. Elle… elle n'a pas encore d'enfant, elle les a tous perdus. » raconta-t-il avec des larmes dans la voix.
Marinette se couvrit la bouche pour contenir un cri d'horreur. Mais le couple incrédule vit ensuite Luka se jeter sur Adrien, un pavé à la main. « Elle est à moi! » hurla-t-il en renversant Adrien qui ne résista pas à cause de la surprise.
Le premier réflexe de Marinette fut de se battre comme une femme. Elle tira sur la veste de Luka puis donna de faibles coups sur les muscles de son large dos de meunier / débardeur qu'il sentit à peine.
Adrien peinait à maintenir le pavé loin de son visage pour ne pas être assommé mais Marinette se ressaisit rapidement.
Elle n'avait jamais eu à se battre. Elle se contentait de se faufiler par les toits comptant sur l'armure magique pour la protéger en cas d'impact. Son pouvoir n'avait rien d'offensif, il était défensif. Mais n'ayant rien sous la main pour intervenir, elle appela son pouvoir et se servit de ses mains jointes pour frapper Luka à la base du crâne, comptant sur la protection magique pour éviter de se blesser elle-même.
Luka s'effondra sur Adrien mais le jeune homme était assez costaud pour se défaire rapidement. Il prit Marinette dans ses bras pour s'assurer qu'elle n'avait rien mais elle était surtout catastrophée de ce qu'elle avait fait.
Ils rentrèrent chez Adrien et elle ne voulu plus en sortir durant une semaine de peur que Luka ne retrouve sa trace.
Le septième jour, Adrien s'assit devant le fauteuil où elle avait trouvé refuge depuis le soir dans la ruelle, regardant par la fenêtre qui donnait sur le jardin à l'arrière, l'un des chats de la maison sur les genoux ou travaillant à la broderie d'une grande tapisserie pour la chambre d'Adrien qui représentait un des félins.
« J'ai toujours cru qu'un jour, toi et moi, nous deviendrions amants et que si jamais j'attendais un enfant, tu accepterais de m'épouser pour lui offrir un nom. » fit-elle tristement.
« C'est aussi ce que j'avais envisagé à la différence que j'espère toujours que tu acceptes de m'épouser que nous ayons déjà des enfants ou non. »
« Et le contrat de mariage avec Luka? » lui retourna-t-elle.
« Si déjà tu me juges digne d'être ton époux, je serais très heureux mais si j'ai des enfants, je veux qu'ils soient en sécurité. Je n'en ai pas encore et je suis déjà inquiet pour eux. » raconta-t-il.
« Tu connais une loi qui me permettrait de défaire ce contrat? »
« Je suis légiste, Marinette. Je connais des tas de lois. Et oui, j'en connais une. Mais tu ne l'aimeras pas. Tu dois renier ton père. »
« Mais, ça reviendrait à dire que je le déteste! » déplora-t-elle.
« Depuis combien de temps est-ce que tu ne l'as plus revu? » s'enquit Adrien.
« Lorsque je me suis installée au village, je suis allé devant la boulangerie. Ils avaient l'air d'aller bien. » raconta-t-elle.
« Tu m'as dit que c'étaient des parents aimants. S'ils ne t'ont pas revu depuis cinq ans, ils doivent être morts d'inquiétude. » pointa-t-il.
Le dimanche suivant, Marinette enfila une tenue neuve mais très simple. Adrien fit de même et il conduisit lui-même le cabriolet jusqu'à la boulangerie de Tom Dupain emportant des pots de la meilleure confiture de Paris en cadeau.
Mais une rue plus tôt, Marinette pressa Adrien d'arrêter la voiture et sauta dans la rue sans prendre la peine de descendre le marchepied.
La voyant courir vers trois garçons qui se battaient avec des épées de bois, il allait abandonné la voiture maudissant sa tendance à vouloir sauver tous ceux qui avaient besoin d'aide même lorsqu'elle n'était pas mieux lotie qu'eux. Mais, en même temps c'était pour cela qu'il l'aimait.
Finalement, il abandonna le projet de la rattraper dans sa course folle en l'entendant crier avec une joie enfantine le prénom de son frère. « Mathurin! »
Comme ils revenaient lentement vers la voiture après une longue étreinte, Adrien pu entendre la suite de leur conversation : « Mais où t'étais passé, sœurette? » demanda le jeune homme.
« Dernièrement, je n'étais pas très loin, j'habitais dans la ville la plus proche. Mais je viens de déménager à Paris. Si tu savais ce que j'ai vu, Mathurin! »
« C'était quoi? »
« La France, frérot. J'ai vu la France. » répondit-elle d'un ton rêveur.
« Si j'avais su que tu aimais autant les voyages, j'aurais demandé un poste d'ambassadeur aux prochaines élections! » ricana Adrien.
« Et tu as demandé quel poste alors? » fit-elle curieuse.
« Ministre de l'éducation. Je veux offrir de meilleurs écoles pour les démunis. » lui avoua-t-il en souriant.
« L'école c'est endormant! » se plaignit le petit frère accroché à l'essieu arrière.
« C'est important de savoir lire et compter pour ne pas se faire avoir par les filous. » commenta Marinette. « Toi, tu sais peut-être mais, d'autres personnes n'ont pas ta chance. »
« Tu parles encore d'abus et d'oppression après toutes ces années? » s'étonna le plus jeune.
« J'en ai déjà défait des tas mais il en reste encore tellement! » fit-elle très sérieuse.
Adrien comprit alors que Marinette n'accepterait jamais de laisser sa vocation de justicière derrière elle pour se consacrer pleinement à un époux.
Tom Dupain était une montagne de muscle aux cheveux blancs mais Sabine, sa femme, avait toujours les cheveux aussi noirs que ceux de ses enfants.
L'un comme l'autre serrèrent leur grande fille sur leur cœur et ils accueillir le couple dans le chaleureux salon au-dessus de la boulangerie.
« Maman, Papa. Je vous présente Adrien Agreste. » fit Marinette.
Le couple de parent fut passablement impressionné. Le nom prestigieux était connu jusqu'à ce village. Néanmoins, Tom Dupain fronça tout de même les sourcils et gonfla ses muscles. Il n'aimait pas la façon dont cet homme se tenait trop près de sa fille. À une distance trop possessive. « Et est-ce que vous êtes mariés? »
« Non, Monsieur. Je tiens à faire les choses de la bonne façon. Je suis venu vous demander la main de votre fille. » le rassura-t-il poliment.
Le père qui craignait que sa fille ait été entraînée dans une vie de pêcher fut heureux de ces intentions.
« En fait, on prend vraiment notre temps. Adrien et moi, nous fréquentons depuis un an et demi et on ne fait que commencer à parler de mariage. » expliqua Marinette.
« Oh! C'est très bien dans un couple de discuter et de s'expliquer. Beaucoup trop de jeunes gens ne font que demander la main d'une jeune fille qu'ils ne connaissent même pas simplement parce qu'ils ont vu ses jupons! » commenta la mère avec une désapprobation en général.
« Oui, mais moi, tu sais maman, je montre les jupons que je veux vendre à beaucoup de gens mais je ne peux pas marier tous mes clients! »
Et l'assemblée éclata de rire.
Tom Dupain écouta sa fille et son prétendant leur parler du problème de Luka et il leur donna sa bénédiction.
« Marinette, si j'ai fait ça, c'est parce que je voulais m'assurer que tu sois heureuse. Je n'aurais jamais pensé que les Couffaine connaîtraient de telles difficultés. Après tout, les gens aiment le pain depuis la nuit des temps et ils l'aimeront toujours! Si tu dois oublier mon nom pour être heureuse, je ne veux pas t'en empêcher. Mais n'oublie pas de m'amener tout mes petits enfants à chaque Noël! »
Sur la route qui ramenait Adrien et Marinette vers Paris au couché du Soleil. Le bel homme stoppa soudain la voiture au milieu de nulle part. Il fit descendre Marinette et au beau milieu de la route qui les menait vers leur futur, il mit un genou en terre et lui demanda sa main, ne voulant pas perdre une minute de plus.
« Marinette, je sais que tu ne veux pas abandonner ta vie de justicière. Et je ne te le demande pas non plus. Je te demande seulement de faire en sorte de rester à mes côtés. Promet-moi d'être prudente et je te promettrai de t'aimer et de te chérir jusqu'à la fin de nos jours. »
