Disclaimer: Ni l'univers, ni les personnages ne m'appartiennent.


Hey !

Me revoilà avec un autre petit o.s, du Cherik bien sûr! L'idée m'est venu alors que j'écoutais du Dvorak. J'espère que ça va vous plaire!

Bonne lecture!


Valse

-Je ne te savais pas cet intérêt pour la musique classique.

Charles ouvrit vivement les yeux, pour trouver Erik assis sur le bord du bureau, l'observant le sourire aux lèvres. Quand Charles écoutait de la musique, cela avait généralement pour but de l'aider à vider totalement son esprit, de se déconnecter du flot de pensées ne lui appartenant pas qui l'envahissait sans cesse. Peut-être était-il parvenu à ce déconnecté un peu trop du monde qui l'entourait, car il n'avait pas entendu Erik entré et encore moins remarqué que celui-ci, c'était approché si près de lui.

-Ça m'aide à me détendre, avoua Charles en se redressant dans son fauteuil. Remarquablement bien, je dois dire.

-Je vois ça. Tu en perds ton attention mon ami. Ce n'est pas très prudent.

Charles haussa un sourcil amusé et croisa ses jambes devant lui.

-Je ne risque pas de me faire attaquer ici; tu ne crois pas?

Ce fut le tour d'Erik d'hausser les sourcils. Puis avec une moue ironique, il ouvrit les bras comme pour se designer lui-même.

-Pourtant tu as laissé entrer une grande menace.

Le rire du télépathe raisonna dans toute la pièce.

-Voyons Erik, je te l'ai déjà dit, je sais tout de toi.

-Donc, tu sais également jusqu'où je suis capable d'aller lorsque j'ai l'intention de nuire à quelqu'un.

L'expression de Charles s'assombrit un peu.

-Oh oui, malheureusement, je le sais. Mais j'ai également conscience que tu n'as jamais eu l'intention de me nuire.

Il essaya de reprendre sur un ton plus léger pour continuer :

-Mais bien sûr, je peux me tromper et, si tel est le cas, je te serais gré de me prévenir, si tu n'y vois pas d'inconvenant.

Le sourire d'Erik s'étira un peu plus. Il sembla hésiter un instant et après avoir fixé le tourne-disque qui plongeait la pièce dans des mélodies de valse qu'il connaissait bien, Erik tendit la main vers Charles. Celui-ci l'interrogea du regard.

-Promis, mes intentions sont louables.

-Je préfère m'en assurer, marmonna le télépathe en posant deux doigts sur sa tempe sans quitter Erik des yeux.

-Tu peux tout aussi bien me demander ce que j'ai l'intention de faire, s'agaça-t-il.

A croire que c'était réellement compliqué à comprendre…Mais de toute évidence, il venait de déstabiliser Charles qui cherchait à gagné du temps pour reprendre contenance.

- Cette méthode est plus rapide et plus efficace.

Je pourrais croire que tu as peur de mal interpréter mes intentions, Charles.

Erik savait qu'il y avait peu de chance pour que Charles n'est pas entendu ça, mais le télépathe fit comme si de rien n'était.

-Bien, dit alors Erik à voix haute, sans bouger sa main, comme si cette position n'était pas du tout inconfortable. Cherche ce que tu veux chercher, et fait moi le plaisir de répondre à ma question quand tu auras fini.

- Quelle question ? demanda Charles.

Il évitait désormais son regard, confirmant les suppositions d'Erik : il était mal à l'aise et avait peur de mal interpréter quelque chose.

-Si déjà tu es dans ma tête, tu n'as qu'à chercher par toi-même, sourit-il en tendant un peu plus sa main vers lui.

Charles qui avait toujours eu, en grande partie grâce à sa télépathie, la capacité à décoder les expressions des gens, pouvait voir que l'air décontracté et cette attitude agaçante d'Erik servait en réalité à cacher un léger malaise. Il n'était pourtant pas homme à rougir facilement ; mais actuellement n'en était pas loin. Peut-être même qu'il n'en avait pas conscience. Charles n'en eu que plus envie d'aller s'aventurer dans son esprit et il ne mit pas longtemps à trouver la fameuse question, bien qu'il eu déjà de fort doute sur sa nature.

Elle tournait en boucle dans sa tête ; douce, hésitante :

Tu veux bien danser? C'est honteux de rester immobile sur une telle valse.

Cette interrogation mentale un peu nerveuse était très loin de la main pleine d'assurance et sans la moindre once de tremblement qu'Erik lui tendait.

Charles ouvrit la bouche, la referma, l'ouvrit à nouveau, ne sachant pas vraiment comme réagir.

-Je…Voyons, je ne sais même pas valser…

-Moi si.

Charles le dévisagea ahurit, comme s'il s'attendait à le voir éclater de rire, fier de l'effet de sa blague. Mais Erik semblait on ne peut plus sérieux. Charles réfléchit au meilleur moyen de se sortir de cette situation. Il pouvait difficilement se lever sans se heurter à Erik, quant à faire le tour du bureau pour s'éloigner…non seulement Erik risquait d'être affreusement blessé, mais en plus Charles n'en avait aucune envie ! Il restait troublé par cette main qui l'invitait à danser, toutefois, la solution la plus simple n'était-elle pas de s'en saisir ?

Charles effleura à nouveau l'esprit de son ami et ce qu'il y trouva lui fit regretter son hésitation.

Mauvaise idée. Stupide de lui avoir demandé ça. Qu'est-ce qui m'a prit ? Il va comprendre…Pourquoi devrait-il accepter ?

Et Charles fut secoué par la déception qu'il ressentit chez lui. Alors il prit une profonde inspiration :

-Je t'aurais prévenu, je n'y connais absolument rien, soupira-t-il finalement.

Une expression d'agréable surprise illumina le visage d'Erik et s'il était parvenu à garder un petit sourire de façade pour maquer sa crainte de la réponse de Charles, ce dernier ressentit immédiatement que ce sourire était à nouveau pleinement sincère.

-Raison de plus pour me laisser t'apprendre.

Essayant d'ignorer son cœur qui s'emballait dans sa poitrine, Charles tendit à son tour la main pour se saisir de celle d'Erik. Les doigts calleux se refermèrent autour des siens pour l'aider à se relever avec un stupéfiant mélange de douceur et de fermeté. Lui tenir ainsi la main avait quelque chose d'incroyablement réconfortant.

Erik l'entraîna jusqu'au milieu de la pièce ; ils échangèrent un long regard un peu mal à l'aise et l'allemand finit par détourner les yeux, faisant mine de se concentrer sur la position qu'ils devaient adopter.

-Ces mains, on les garde liées, dit il en désignant celles qu'aucun des deux n'avait jugé nécessaire de lâcher. Ton autre main, pose-là sur mon épaule.

Charles s'exécuta sans rechigner, bien qu'il eu conscience de la douce rougeur qui commençait à colorer ses joues. Il ne s'était jamais sentit aussi troublé.

-Et ta main à toi, quelle est sa place ?

Pour toute réponse, Erik glissa son bras autour de la taille de Charles. Le frisson qui le parcourut ne lui échappa pas, il le serra un peu plus près de lui.

Et maintenant ? projeta le télépathe, parce qu'il ne faisait plus confiance à sa voix.

Erik paru soudain hésiter. Pendant quelques secondes, il n'y eu d'autre son dans la pièce que les notes de la valse.

-Je…Je n'ai plus pratiqué depuis très longtemps.

-Quelle importance, je n'ai aucun moyen de comparaison.

Les yeux d'Erik se perdirent dans les siens, comme s'il avait voulu sonder son esprit pour savoir ce qui se passait dans sa tête. Charles serait volontiers retourné faire un tour un peu plus lois dans les pensées d'Erik pour savoir ce qu'il cherchait précisément, mais il avait le sentiment que faire ça maintenant serait comme violer son intimité encore plus qu'il ne l'avait déjà fait. Il ne voulait surtout pas prendre ce risque. Charles avait l'habitude de provoquer une sorte de crainte envers ceux qui connaissait l'ampleur de ses dons. Même Raven, alors que jusqu'à peu ils avaient cru être les seuls au monde à pouvoir se comprendre, n'avait jamais baissé sa garde face à ses pouvoirs de télépathe. Combien de fois lui avait-elle fait promettre de ne jamais regarder dans sa tête ? Il avait arrêté de compter…

Il fut arraché à ses pensées parasites en sentant le corps d'Erik commencer à bouger contre le sien sur le rythme lent de la valse qui emplissait la pièce.

- Laisse-moi te guider, murmura celui-ci toujours un doux sourire aux lèvres.

Charles se contenta de répondre par un petit hochement de tête.

Les premiers pas furent un peu maladroits, mais Erik finit vite par se calquer au rythme de la musique. Charles suivait de son mieux, cherchant à ne pas trébucher sur ses propres pieds. De plus, se concentrer ainsi lui donnait une bonne excuse pour regarder le sol. Mais Erik fit en sorte que cela ne dur pas.

-Tu ne devrais pas regarder tes pieds. Ça rend ta posture déséquilibré.

Alors Charles releva la tête. Son souffle se bloqua dans sa gorge lorsqu'il réalisa à quel point son visage était proche de celui d'Erik.

-C'est plutôt... intime, comme position.

L'espace d'une seconde, il vit se refléter le doute dans les yeux de son ami. Ils échangèrent un long regard et Charles entendit ses questions silencieuses. Erik se demandait si cette soudaine proximité le gênait. S'il souhaitait s'éloigner à la première occasion, mais n'osait pas, par peur de le blesser. Le fait de le savoir si désemparer permis à Charles de se débarrasser d'une partie de sa gêne. Il lui sourit en agrippant un peu plus fermement son épaule.

Ça ne me dérange absolument pas, mon ami; bien au contraire.

Est-ce qu'il aurait osé lui dire à voix haute ? Il n'en était pas sûr. Pourtant, il y avait quelque chose de bien plus intime à partager ainsi sa pensée. Mais entre eux, il s'agissait de quelque chose qui fonctionnait à merveille depuis le début. Le visage d'Erik s'illumina et d'un habile mouvement de hanche, il guida Charles dans une autre direction. Leurs mouvements se faisaient de plus en plus fluides et synchronisés.

Erik les faisaient tourner, toujours tourner. Charles s'étonnait de plus en plus de ne pas voir leurs pieds s'emmêler. Avec quelqu'un d'autre, il se serait probablement déjà retrouvé étaler sur le sol. Mais d'un autre côté, il y aurait eu peu de chance qu'il accepte de partager un tel moment avec qui que ce soit si ce n'est Erik. Il commençait à avoir un peu le tournis et sans s'en rendre compte, ses yeux se posèrent à nouveau sur ses pieds. Il vacilla, mais les bras d'Erik le maintenaient dans une position correcte.

La voix douce de son ami raisonna dans sa tête. C'était agréable de communiquer ainsi, ça lui permettait de rester concentré sur la musique :

Regard- moi plutôt dans les yeux, Charles. Crois-moi, tu suivras mieux les pas.

Il obtempéra à nouveau. Erik eu l'air un peu troublé ; il ne s'était pas attendu à parvenir à projeter ses pensées vers Charles aussi facilement.

Il est presque impossible pour moi d'ignorer une pensée qui veut être entendue, d'autant plus s'il y a une telle proximité et…un lien fort avec la personne.

Toutefois, Charles chercha tout de même à fixé un point derrière Erik. Il essaya de ne pas projeter vers lui que c'était le fait de se regarder dans les yeux qui le déstabilisait tant. Mais Erik insistait.

Ce n'est pas une vraie valse si tu détournes le regard.

Alors, un peu résigné, et surtout, voulant lui faire plaisir, Charles obéit, releva la tête, plongeant ses yeux bleus dans le doux vert de ceux d'Erik.

Un délicieux frisson lui parcouru la colonne vertébrale. Il n'aurait pas su dire si son ami s'en était rendu compte, mais le bras qui encerclait sa taille resserra un peu son étreinte. Erik accéléra la cadence et Charles se surprit à suivre ses pas beaucoup plus facilement maintenant qu'il le regardait dans les yeux, comme si un simple regard d'Erik suffisait à guider tout son corps.

-Tu apprends vite, murmura celui-ci.

Son souffle chaud effleura les lèvres de Charles dont la tête se mit à lui tourner et il eu beau se dire que c'était à cause de la dance, son subconscient lui susurrait qu'il en était tout autre.

-J'ai un bon professeur.

Erik fronça le nez.

-Ce titre te va définitivement mieux qu'à moi.

Charles laissa échapper un petit rire nerveux.

-Je ne pense pas que les cours que je serais amené à donner se révèlent être aussi…Agréable.

Jamais il n'avait vu son ami aussi radieux.

-Tu me fais confiance ? demanda Erik en souriant de plus belle.

-Est-ce que j'ai le choix ? répliqua Charles en appréhendant un peu ce qui allait arriver.

Erik n'en sembla que plus amusé.

-Pas vraiment.

Et d'un geste habile, il fit basculer Charles vers le sol avant de le faire remontrer contre lui, le tenant un peu plus près qu'avant. Celui-ci avait eu du mal à retenir le petit cri de surprise qui s'était mué en un nouveau rire nerveux alors qu'il s'agrippait à Erik. La posture qu'ils avaient n'était probablement plus du tout adaptée à la pratique d'une valse digne de ce nom, mais aucun d'eux ne semblait s'en soucier.

-Où as-tu appris à danser comme ça ?

Le sourire d'Erik devint soudainement beaucoup plus triste et Charles se sentit envahir par son profond sentiment de nostalgie. Il se demanda s'il avait bien fait de lui poser la question. Mais, en plus de la tristesse, Charles ressentit également une certaine reconnaissance, comme lorsqu'il avait ravivé ce souvenir de sa mère, du plus profond de sa mémoire. Erik ouvrit la bouche, mais sembla soudain ne plus se souvenir comment parler ; alors il pensa :

Mes parents adoraient danser. Je me souviens que je les regardais souvent, assis par terre, au milieu de notre salon. Ça me fascinait, alors je m'amusais à les imiter ou à danser avec eux. Ils avaient l'air tellement heureux. Mais c'était avant…Avant.

C'était quelque chose qui c'était très vite instauré ente eux, dès leur première rencontre. Charles n'avait pas besoin d'aller fouiller dans l'esprit d'Erik pour entendre ses non-dits. Avant la guerre. Charles ne put s'empêcher de s'en vouloir de lui rappeler tout ce qu'il avait perdu.

-Désolé si je…

-Non.

La voix d'Erik claqua fermement dans la pièce, mais ses yeux gardaient une chaleur que Charles n'avait pas l'habitude de voir chez lui. Pas pendant aussi longtemps en tout cas et certainement pas d'aussi près.

Erik se pencha un peu plus en avant, permettant à leurs fronts de reposer l'un contre l'autre.

-Ne t'excuse pas. Surtout pas Charles, surtout pas…

Cédant à une impulsion, le télépathe passa ses bras autour du cou d'Erik, dans une étreinte que la valse (qui n'y ressemblait plus vraiment) rendait maladroite. Erik, bien loin de repousser ce geste, se pencha pour enfouir sa tête dans l'épaule de Charles. Le rythme de la musique s'était calmé, les deux hommes ne faisaient que tourner lentement sur eux même au milieu de la pièce. Charles sentit quelque chose de chaud et humide couler le long de son cou. Il fut surpris l'espace d'une seconde avant de comprendre qu'il s'agissait d'une larme. Erik pleurait. Il le sera plus fort contre lui.

Est-ce que tout va bien ? projeta-t-il dans son esprit accompagné par un sentiment de calme, bien que malgré ses larmes, Erik ne lui sembla pas particulièrement agité.

En réponse, Charles reçut une avalanche de pensées et de sentiments pêle-mêle, troublés, qu'il ne parvint pas à analyser convenablement. Cependant, il en ressortait un mélange de tristesse et de bonheur si contradictoire qu'il ne pouvait pas ignorer.

Je suis confus. Mais je vais bien.

Tu es triste.

Erik s'éloigna un peu pour observer Charles de ses yeux brillants. Celui-ci fut soulagé de voir qu'il n'avait pas complètement perdu son sourire.

-Les souvenirs sont douloureux, mais je suis content de les avoir toujours en moi. Certains…Je me disais même qu'ils s'étaient estompés avec le temps, mais je revois le visage de mes parents lorsqu'ils dansaient ensemble. Je me rappel…Le bruit du feu dans la cheminée, le sentiment de bonheur ; tout semblait si facile…Ce sont des choses que je pensais avoir perdu à jamais ; je ne te remercierais jamais assez pour m'avoir permis de revivre ça.

-Je n'ai rien fait, c'est juste…

-Oh Charles, tu as fait beaucoup, crois moi. Tu n'as pas idée d'à quel point je te suis redevable.

-Tout ce que tu me dois, c'est d'être heureux. Tu le mérites plus que tu ne l'imagine. Alors tu n'as qu'à considérer que tu m'as remercié avec cette dance. J'ai passé un moment merveilleux, Erik.

Alors, comme le fait de céder à ses impulsions ne semblait pas lui avoir desservie jusque-là, Charles se hissa un peu sur pointe des pieds pour appuyer un très bref baiser sur les lèvres d'Erik. Celui-ci eu un léger sursaut de surprise, mais ne chercha pas à s'éloigner pour autant. Quand Charles recula pour l'observer, il se rendit compte qu'Erik avait encore les yeux à moitié fermés et un air un peu rêveur.

-Ce moment n'est pas obligé de se finir tout de suite, murmura Erik d'une voix douce.

-Non, tu as raison.

Charles aurait été incapable de mettre des mots sur le mélange de joie, de soulagement et d'excitation qui déferla en lui. Ils échangèrent un autre baiser, cette fois avec plus d'ardeur, moins de crainte.

Serrés l'un contre l'autre, ils continuèrent à tourner sur les dernières notes envahissant la pièce.

-FIN-


Voilà, ce n'était rien de bien long, mais comme à chaque fois qu'une idée me vient en tête, je ne peux jamais vraiment m'en débarrasser tant que je ne l'ai pas écrit.

N'hésitez pas à me donner votre avis, les reviews me font toujours très plaisir :D

A bientôt!

Feather in Book