Garbhini
Prologue :
" S'imprégner d'une personne, c'est comme... comme si tout changeait.
Au moment où tu l'as voit, ce n'est plus du tout la force de gravité qui
te maintient au sol, c'est elle... Rien d'autre n'importe. Et tu ferais tout
pour elle. Tu pourrais être n'importe qui. " _Jacob Black
Et si la personne imprégnée luttait de toutes ses forces contre la personne qu'elle aime seulement parce que cela parait impossible. Si l'amour était la chose la plus compliquée au monde au point de déclencher une lutte sans Mercie entre deux espèces. Les sangs chauds et les sangs froids. Parfois la vie réserve bien des surprises et contre le destin on ne peut rien faire.
Destinés, nous étions tous les deux destinés... Chacun est-il maître de son destin ou sommes-nous les jouets de la fatalité... Comment savoir ?
A c t e_I
e_I
A _L' e_d 'un _regard
Des bruits de pas se faisaient entendre dans la longue rue vide en cette heure attardée de la nuit. Seul le claquement de talons sur le bitume était distinguable, pressés ils avançaient à une allure accélérée comme s'ils étaient poursuivit. Brusquement alors que leurs souffles se faisaient de plus en plus irréguliers et que l'angoisse était de plus en plus présente, tout se stoppa dans la plus macabre des façons.
La jeune femme prise de panique tomba au sol sous l'émotion tandis que son compagnon continuait sa route surement, car il ne l'avait pas remarqué. La vie de cette femme fut alors écourtée ce soir-là et sans jugement dernier. Dans une dernière flamme d'espoir, une créature des bas-fonds, aussi belle que les ténèbres lui attrapa le cou sauvagement et y planta ses crocs comme dans un vulgaire bout de viande. La femme surprise hoqueta et tout doucement ses yeux se fermèrent à tout jamais laissant échapper une seule larme brillante à la lueur mesquine de la nuit. Elle n'avait pas crié, elle n'en avait pas eu le temps.
Son compagnon eu le même sort voir légèrement plus sadique avec quelques tortures en plus. Ceux- là, ils prenaient plaisirs à tuer et cela se voyait amplement dans la lueur rougeoyante de leurs prunelles d'habitude, aussi claires que l'or lui-même.
_ Bon, allons- nous- en d'ici, ils vont nous attendre, je ne voudrais pas les laisser s'inquiéter de notre retard, tu sais comment ils sont.
_ N'aies crainte père, nous serons là-bas dès l'aube naissante répliqua la jeune fille en léchant les restes, de son dîné sur ses longs et fins doigts de poupée porcelaine.
L'autre acquiesça et ils se remirent vivement en route vers leur destination.
_ Eh Paul, dépêches- toi sinon Jacob va encore tout manger !
Des éclats de rires se firent entendre alors. Ledit Jacob fit un sourire en coin et se précipita vers la petite maison en bois suivi de près par Paul qui avait l'air aussi affamé que lui.
Une femme incroyablement belle et élégante soupira gentiment à tous ces jeunes hommes ne vivant que pour manger et repartit aussi vite aux fourneaux.
_ C'est délicieux Emily dit un des jeunes hommes avec un grand sourire.
_ On ne parle pas la bouche pleine Embry. Répliqua Sam qui vint tendrement enlacer sa fiancée.
Paul s'assit doucement et prit lui aussi un cookie, aujourd'hui quelque chose le tourmentait et il ne savait pourtant pas d'où cela pouvait bien venir. Jacob lui tapa discrètement dans les côtes et lui intima un sourire contrarié. Paul soupira et fit un geste de la main. Lui-même ne savait pas ce qu'il avait et c'était là tout le problème.
_ Bon les gars, ce soir je dois aller chez les Cullen, ils ont quelque chose à nous dire, soyez sage et profitez- en pour m'éliminer tout ça dit –il en désignant toutes les corbeilles vides sur la table.
Il embrassa ensuite tendrement sa bien-aimée et partit en coup de vent à l'extérieur. Paul fut le dernier à partir ce soir -là, trop plongé dans ses pensées. Emily le retint et lui sourit amicalement.
_ Que ce passe- t- il Paul, tu es soucieux depuis tout à l'heure, quelque chose te tracasse ?
N'importe qui aurait eu envie de se confier à une voix si douce, mais hélas aujourd'hui il ne préférait pas. Il voulait tout garder pour essayer de discerner pourquoi il sentait que quelque chose se préparait.
_ Tout va bien Emily, ne t'inquiètes pas.
Bien plus grand qu'elle, il n'eut aucun mal à l'embrasser affectueusement sur la tête et partit ensuite retrouver ses congénères.
Dans la forêt il retrouva tout naturellement sa bonne humeur perdue. Il se sentait tellement libre lorsqu'il se métamorphosait. La truffe dans le vent il humait l'air de cette forêt qui était comme chez lui. Courant et filant à travers la brise il décida se s'éloigner un petit peu de ses amis. De toute façon, ils étaient en contact constant, il n'aurait aucun mal à les faire venir jusqu'à lui en cas de problème ou autre.
L'odeur des pins et de la terre mélangés, voilà tout ce dont il avait besoin. Cette forêt représentait tout pour lui, c'est elle qui l'avait accueilli lorsque tout allait mal dans sa vie quatre ans auparavant.
Il jeta encore un coup d'œil un peu partout, il lui semblait avoir entendu quelque chose. Qu'est- ce que cela pouvait bien être ? La forêt était vide à cet endroit habituellement. C'était son repère, qui osait venir ici ?! S'exclama t- il furieux. De nature très curieux Paul partit en flèche explorer les environs. Il s'arrêta à quelques mètres et retroussa ses babines sous l'odeur, un vampire se tenait là et semblait attendre quelque chose.
PDV Paul
Mes yeux s'attardèrent sur cette femme qui se tenait de dos, elle était brune et semblait grande. Cette sangsue pourtant je n'en ferais qu'une bouchée, elle paraissait impatiente. Bien que j'aurais dû intervenir aussitôt, car le temps qu'elle était seule, j'avais le monopole sur elle, je ne le fis pas. Pour une raison que j'ignorais mon mal être recommença et m'empêcha d'avoir les idées claires. Comme si je pouvais les enlever telle une puce sur le dos d'une vache, je secouais la tête et soufflai. Je m'apprêtai à attaquer lorsque la voix de Jacob m'arracha tout mouvement.
*N'y vas pas Paul, attends-nous ! Nous sommes juste, à cinq kilomètres*
Mais ne les écoutant pas je sortis de mon bosquet et me dirigea vers elle avec une vitesse non négligeable. Fonçant droit devant moi, la seule idée de la réduire en pièce me comblait d'une force que je n'avais que rarement durant mes patrouilles. Enfin un peu d'action à la Push, cela faisait du bien. La créature bien que surprise au début se ressaisit bien vite. Elle feula et tenta de ses griffes de m'attraper la gorge. Je devais me rendre à l'évidence, elle était très douée. Je me demandais d'où elle pouvait venir lorsque je me fis tirer en arrière. Elle n'était donc pas seule, j'aurais dû m'en douter...
Il me relâcha sans douceur et retombant sur mes pattes je leur fis face en leur montrant qu'ici le maître c'était moi. Ma rage fit sourire le plus ancien, tant mieux je n'aimais pas les peureux. J'allais donc m'amuser en attendant mes amis. On contourna la clairière. Il me sembla qu'il me parlait, car il répéta sa question. Bien que d'habitude je n'aime pas parler aux parasites, je fis cet effort, je hochai la tête en guise de réponse.
_ Alors, la légende était vraie, les modificateurs existent vraiment, c'est intéressant... vraiment très intéressant.
Il ponctua sa phrase avec un geste révérencieux de la main. Geste que je trouvais parfaitement ridicule. Cela n'étant pas étonnant, car les vampires sont ridicules et je le regrette, mais mon point de vue est universel.
_ Père, s'impatienta la jeune fille de tout à l'heure, ils vont nous attendre.
Tout se passa tellement vite que je ne pus me rendre compte des événements que bien plus tard. Mon regard dévia vers la sangsue fille qui me fixait avec un air indéchiffrable. Moi je ne pus que difficilement enlever mon regard sombre du siens, comme hypnotisé, quel pouvoir exerçait donc t– elle ? Qu'elle emprise maléfique prenait possession de mon corps ? Je me sentais comme, attiré dans un gouffre sans rien pour me raccrocher. Luttant de toutes mes forces, je réussis néanmoins à me contrôler et hurla avant de foncer vers celle qui m'avait distrait. Tel une bête affamée je fondais sur elle. Elle, elle parut quelques instants, troublée.
Presque parvenu à destination je me fis brutalement bousculer sur le côté. Avec un hurlement à peine audible mon corps de loup alla s'écraser lamentablement le long de la falaise, celui là je l'avais oublié. Légèrement sonné, je tentai de me remettre debout quand l'autre m'attrapa diaboliquement par la peau de mon cou, essayant de me débattre je ne réussis qu'à battre de l'air. Quelle honte... Tout se passa en une seconde. Il m'enroula ses bras autour de la taille. Non je ne pouvais mourir, pas maintenant. Me débattant comme le diable je réussis légèrement à lui faire lâcher prise, mais il était fort, très fort.
_ Jeune louveteau tu ne sais pas à qui tu avais à faire, dit –il en appuyant sur mes côtes qui craquèrent sous la pression.
Le souvenir de Jacob subissant la même torture l'année dernière m'envahit et le mal commença à se faire ressentir. J'entendis dans la même foulée, une voix féminine au loin.
_ Non ! Cria t- elle en s'approchant.
Son père fut surpris d'une telle opposition. Il arqua un sourcil en me laissant là, souffrir dans la neige glacée alors qu'il s'avança d'un pas pressé vers sa fille.
_ Ils nous attendent, aurais –tu oublié ? Dépêches toi et arrête de jouet avec ce sale bébé loup dit –elle hargneusement avant de tourner les talons.
_ Si on ne peut plus s'amuser... répliqua ce dernier avant de la suivre.
Tandis que je souffrais en silence émettant de simples plaintes, mon corps se retransforma et mon cri retenti alors dans toute la clairière. Je ne pensais plus qu'à mourir et qu'on achève ma douleur. Mon corps avait déjà commencé le processus rapide de guérison et mes côtes cassées entaillaient ma peau de l'intérieur.
Au loin quelqu'un s'était retourné surpris en essayant de distinguer quelque chose à travers les hautes herbes de la forêt.
Les autres arrivèrent alors, mais je ne les regardais pas, j'avais trop honte de leur réaction. C'est Embry qui réagit le plus vite, il dit à Jacob d'aller prévenir Carlisle et qu'eux allaient s'occuper de me ramener chez moi. Tout était vague, tout était flou, je luttais littéralement contre cette douleur qui m'assaillait dans tout mon corps.
_ Dans quel état t'es tu mis Paul ? Me dit mon ami d'un air grave.
Mais déjà je ne l'écoutais plus. Sa voix me semblait loin comme si rien n'avait plus d'importance que cette douleur.
C'était une impitoyable erreur de jugement, que c'était –il donc passé pour que je ne réagisse pas tout de suite en arrachant la tête de cette sangsue...
PDV Miriana
Dans ma tête tout c'était bousculé en un seul instant. Ce loup me semblait proche, pourtant ma haine envers lui n'avait cessé de s'accroître au fur et à mesure qu'il s'approchait. Des loups, ils avaient oublié de nous préciser ce petit détail, on s'en serait bien passé. Ils allaient nous devoir quelques explications.
_ Tout va bien ? M'avait demandé mon père alors qu'imperceptiblement je m'étais retournée en entendant cet horrible cri qui me vrillait mes pauvres oreilles sensibles.
Il avait dû se transformer. Tant mieux, un loup en moins sur cette terre. Mon peuple était maître, ils ne devaient en aucun cas l'oublier.
_ Très bien mais, et vous ? Vous auriez pu être blessé père, c'est impardonnable. Ne faites plus l'enfant désormais.
Il hocha de la tête, je détournai mon regard et regardai droit devant moi en essayant d'oublier cette atroce aventure. On nous avait dit que cette région était étrange et particulièrement agréable pour des gens comme nous mais, cet épisode avec ce louveteau m'avait mise hors de moi.
Bientôt nous arrivions sur un petit chemin de terre, entouré de fougères toutes plus hautes les unes que les autres, j'aimais cet endroit, non entretenu pourtant il dégageait une Aura apaisante. La forêt humide nous entourait, j'étais comblée, décidément j'aimais beaucoup Forks. Le chemin s'éclaircit alors en laissant place à une petite prairie bien trop fleurie à mon goût, je n'aimais que les lys blancs et cette étendue était couverte de couleurs allant du fuchsia au rouge passant par le rose, quel cliché abominable.
Il faisait sombre heureusement, mon père aussi semblait se réjouir. Nous avançâmes alors encore un bon moment, je commençais à m'impatienter, ils ne faisaient pas dans le compliqué pour aller se réfugier dans des endroits impossibles.
_ Intéressant... très intéressant chuchota mon père en pleines réflexions.
Cet endroit lui plaisait surement autant qu'à moi. Tous ces arbres crochus étaient pour nous un délectable spectacle. On se sentait vraiment dans notre élément. Toute cette humidité, toute cette mousse sur les arbres...
Mon père se stoppa soudain et je m'arrêtais quelques millièmes de secondes après être revenue de mes nombreuses réflexions inutiles. Je m'étais attendue à quelque chose d'un peu plus
_...antique dit mon père comme s'il avait lu dans mes pensées.
J'acquiesçai doucement, il est vrai que cette villa n'avait rien à proprement parlé de vampirique. J'esquissai un sourire avant de m'avancer. Cette habitation était purement magnifique, mais ce qui me surprit le plus fut les grandes baies vitrées éclairant toute la maison par temps ensoleillé. Ceux- là ne manquaient vraiment pas d'originalité.
Ils sortirent alors, Edward ayant surement entendu nos plus sombres pensées. Il vint à nous suivi de toute sa famille au grand complet dont une jeune fille que je ne connaissais que de réputation.
_ Mes amis, soyez les bienvenus dans notre demeure nous dit Carlisle avec son éternel sourire enjôleur.
_ Carlisle je suis tellement heureux de vous retrouver enfin mes a... Commença mon père.
Mais il s'arrêta en pleine course et plissa le nez, je m'étonnai puis vint vers lui pour essayer de découvrir ce qu'il avait. Ma surprise fut plutôt assez violente. Je feulai et reculai brusquement. Cette odeur était absolument épouvantable. Qu'était- ce dont que cette pétrifiante odeur de pourriture ?
_ Mon ami, il faudrait peut- être penser à évacuer les corps dont vous ne vous servez plus, cela commence à sentir... répliqua mon père en se tenant le nez impérialement.
Les autres sourirent, je ne voyais pas du tout ce qui pouvait les faire sourire.
_ Mes très chers amis, vous savez parfaitement que nous ne nous nourrissons pas de sang humain, non en fait depuis peu nous sommes comment dire, associés aux loups de notre région.
Je pris un air choqué intérieurement, dans ma tête c'était absolument le chaos total. Mon air neutre en apparence était resté intacte et tant mieux. Je laissais Carlisle s'expliquer.
_ L'année dernière, nous avons reçu la visite d'une de nos semblables avec qui nous avions eu quelques différents, Victoria, peut- être l'a connaissiez- vous ?
Je fis non de la tête, cette histoire était grotesque.
_ Et bien disons qu'une vague de meurtres perpétuée à Seattle n'avait pour but que de créer une armée de nouveaux nés afin de nous détruire...
Mon père porta ses mains à sa bouche, horrifié. Moi, cela ne m'atteint pas plus que cela.
_ ... ils en avaient après Bella continua t-il en nous montrant la jeune inconnue de tout à l'heure.
Je la fixais tandis qu'elle souriait, c'était troublant de voir autant de gentillesse dans une personne. Alors que je réfléchissais, l'odeur revint chatouiller mes narines et je pressai Carlisle de terminer son récit au plus vite.
_ Nous avons fait un pacte avec les loups qui nous ont aidés dans cette bataille et je ne les remercierais jamais assez.
J'étais complètement stupéfaite pour cette histoire, une alliance ? C'était absolument ridicule, les loups sont nos ennemis jurés.
C'est alors qu'un homme sorti de derrière la véranda et plus il avançait, plus je sentais son odeur de chien puant m'entourer de partout, quelle horreur !
_ Je vous présente, Sam Uley, le chef des loups.
Il nous fit un signe de tête, son regard dur se posa sur nous et je distinguai surement ce qu'il se disait.
Nous nous fixâmes longtemps avant qu'il ne décide à détourner son regard, quel grossier personnage que ce Sam Uley.
_ Ainsi c'est vous l'homme à la puanteur.
_ Je vous retourne le compliment Monsieur...
_ Addison, Adisson mon petit, répondis mon père.
Moi je n'aurais même pas répondu, c'était tellement une perte de temps.
_ Votre « odeur » n'est pas mal non plus. Finit –il par dire
Il nous défiait, très bien, je venais de trouver mon nouveau jouet. Ce Sam Uley venait de se faire une ennemie. Edward à côté de moi, rit doucement, je levai les yeux au ciel.
_ Ce petit me plaît bien dit mon père amusé.
J'étais littéralement choquée. Que se passait –il donc dans cette région ? Quelles forces magiques opéraient ? Je repensai soudain au loup que nous avions trouvé dans la forêt et qui nous avait défiés. Quel imprudent, je me demandai subitement ce qu'il lui était arrivé après lorsque quelqu'un fit irruption dans l'habitat et vu son odeur je ne fus pas surprise de voir un autre loup arriver.
Ses traits étaient aussi durs que ceux de son maître, ce clébard- là ne me dit rien qui vaille. Je me tins droite et attendis la suite. Il s'arrêta puis nous dévisagea avant de parler à son maître qui plissa le front. J'étais un vampire, je pouvais très bien entendre, ce chien- là était vraiment un imbécile.
_ Merci Jacob dit le Sam en commençant à courir avec un air affolé.
_ Je viens avec vous dit Carlisle en commençant à les suivre.
Le Jacob me fixa encore et partit comme une flèche en se métamorphosant et courant plus vite que jamais à travers les longues herbes.
Edward se tourna vers nous et son regard fut peiné. J'en fus toute étonnée.
_ Je suis tellement navré nous avions oublié de vous le dire plus tôt.
_ Je suis navré que votre ami soit... mon père n'acheva pas sa phrase, chose étonnante, il semblait atteint.
_ Paul est aussi très impulsif, un de ses compagnons lui avait dit de ne pas s'approcher, il n'en a fait qu'à sa tête expliqua Edward avec une teinte de déception dans la voix.
_ C'est bien fait pour lui répliquai-je, il n'a que ce qu'il mérite. Edward au risque que cela te surprennes, mon père et moi- même ne sommes pas comme vous et nous n'avons pas fait de pacte nous, si un loup nous attaque encore une fois, je lui réglerai son compte moi-même.
Il approuva doucement mes dires.
_ Même pas un petit effort ? Dit Bella
_ Non, aucuns, je déteste par- dessus tout, ces bêtes immondes et sans cervelle.
Je l'affrontai du regard, cette Bella n'allait pas me plaire du tout. Finalement nos « vacances » allaient peut- être, être écourtées.
Elle me fusilla du regard et son bras s'accrocha un peu plus à celui d'Edward. Je décidai de m'éloigner. Je rebroussai chemin et m'accorda une petite pause pour mon pauvre cerveau engourdit à force d'avoir emmagasiné trop de choses.
« Sans cervelle » je divaguais, cette bête tout à l'heure dans la forêt était un homme, c'était un modificateur, les hommes ne sont pas sans cervelle. Je m'égarais complètement dans mes songes ma parole.
_ Il n'a pas intérêt de revenir sur mon chemin sinon sa mort sera lente et douloureuse dis-je d'une voix menaçante au corbeau qui me fixait, c'est un conseil que je lui donne à ce louveteau.
Je décidai de me lever et d'explorer les environs. Tout paraissait irréel lorsque l'on regardait bien. Une odeur que je ne connaissais que trop bien, mélangée à d'autres m'envahit alors au bout d'un moment de marche. Je plissai le nez mais, ma nature curieuse me rattrapa et je décidai sans bruit de m'approcher. Chose risquée, car sans doute allais-je me retrouver, devant de nombreux loups, je ne savais combien ils étaient dans cette meute d'incapable.
Je distinguai de plus en plus entre les hautes branches une maison, une petite maison en bois qui n'avait rien de comparable avec la demeure des Cullen. Je me posai agilement sur une branche à l'abri des regards. Et quels regards, des hommes que je distinguai comme des Indiens se tenaient l'air grave devant la maisonnette. Je soupçonnai qu'ils craignaient pour la vie de leur ami. Je souris sadiquement, car j'espérais de tout mon cœur que l'autre meurt dans d'atroces souffrances pourtant lorsque le cri de l'homme à l'agonie retentit dans toute la clairière, je ne sais pourquoi, mais c'est comme si mon cœur mort depuis longtemps se fendait en deux.
~.~
A c t e_I
e_II
Une _Maudite _ Conscience
PDV Miriana
Je ne sais pas ce qui se passait dans ma pauvre tête en ce moment, mais le sursaut que j'eus me fit presque tomber à la renverse. Me traitant mentalement de tous les noms d'oiseaux, je craignais que quelqu'un m'ait vu. Me redressant agilement je ne pus qu'être soulagée lorsque je vis qu'ils n'avaient pas bougés.
Les cris s'étaient tus depuis un bon moment déjà et Carlisle venait juste de sortir de la maisonnette beaucoup trop calme maintenant. J'avais une envie monstre d'aller explorer les environs. Le docteur Cullen avait une mine sombre, serait-il mort le louveteau ? Je savais qu'au fond de moi, l'idée qu'il soit mort ce loup ne me réjouissait pas tant que ça. Je voulais qu'il souffre tout simplement. Comme vous auriez pu vous en douter, j'étais un traqueur et je ne m'arrêtais jamais avant d'avoir eu ce que je voulais et je le voulais ce maudit loup.
Quel était son prénom déjà ? Paul, un prénom de pauvre, d'incapable, de chien. Rien que le nom me fit faire une grimace. Je décidai alors qu'il était temps pour moi de repartir d'où je venais. Rebroussant chemin je ne m'attardais pas.
PDV Paul
Bon sang ce que j'avais mal. Qu'est ce qui m'avait pris. Je ne devais pas être mon état normal sinon rien de tout cela ne serait arrivé. Et comme me l'avait très clairement dit Jacob.
_ Paul, tu n'es qu'un abrutit tu le sais ça ? M'avait –il sévèrement réprimandé
Tout ce que j'avais réussi à faire c'est lui tourner le dos, enfin du mieux que je le pouvais, car cette atèle de malheur me serrait de l'épaule jusqu'aux côtes, comme un saucisson.
_ N'en rajoutes pas, je suis assez mal comme ça et puis, t' as été dans la même situation que moi alors fermes- là !
Je sentais son sang bouillir en lui. Moi et mon éternelle mauvaise humeur l'avions mis en colère. Je ne désirais voir personne, alors pourquoi restait –il ? Il voulait me voir souffrir c'est ça ? Quel sadique...
_ Oui mais moi c'était pour sauver Leah qui, elle aussi est aussi têtue que toi, vous n'êtes pas possible vous deux, vous iriez très bien ensemble bougonna t- il.
J'ouvris mes yeux en grands, moi et Leah ?! Cela relevait de l'impossible, je ne la supportais pas plus d'une minute. Il faudrait d'ailleurs que je demande un jour à Seth comment il faisait pour supporter sa sœur vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Plongé dans mes songes je ne sus que quand Jack se mit pour de bon en colère, qu'il me parlait.
_ Mais qu'est-ce qui t'arrive, Paul ? Déjà aujourd'hui tu étais étrange ! Dis-le-nous si quelque chose ne va pas, on est là pour t'aider avec la meute, on est tes frères…
Une vague de culpabilité me submergea. Il avait raison, je devais éclaircir quelques points. Déjà, cette sangsue devait mourir, il était clair et net qu'on ne brutalisait pas Paul sans n'avoir quelques dommages en retour, ça c'était ma première devise. La deuxième, que je me devais de découvrir était, pourquoi cette monstruosité de vampire me troublait au point de me distraire durant un combat ? Carlisle m'avait expliqué entre deux cris qu'ils étaient des amis de la famille. Il fallait que je la vois. Je voulais en savoir plus, pourtant je savais que ce serait une erreur. Remarque au point où j'en étais, je pouvais bien faire une connerie de plus.
_ Peux-tu me laisser seul s'il te plait ? J'ai besoin de repos. Dis-je à mon ami sans me retourner.
Il me fit sa mine contrariée et soupira avant de refermer doucement la porte de ma chambre. C'est quelques minutes plus tard lorsque je n'entendis plus aucun son que je sus qu'ils étaient partis. Je décidai de me lever le plus doucement possible, ce que je fis avec beaucoup de mal. Rester dans une chambre à rien faire n'était pas mon habitude. J'avais mal, terriblement mal, mais jamais au grand jamais je l'avouerais, plutôt mourir, ou bien non, même sous la torture je ne le dirais pas. Qu'ils aillent tous au diable. Et voilà j'étais de nouveau en colère alors qu'ils voulaient m'aider. Je décidai de souffler pour me calmer, ce qui marcha un tantinet. Paul, le retour. Je détestais par-dessus tout qu'on me donne des ordres, chose plutôt difficile sachant que je faisais parti d'une meute de loups modificateur…
*Restes couché au moins six heures et prends tes antidouleurs, tu iras beaucoup mieux après*
Foutaise, comme si j'allais me plier aux ordres d'un vampire. Bien que nous les ayons aidés l'année dernière cela ne voulait pas dire que je les appréciais, loin de là même. Depuis que Bella était devenue vampire, je les avais encore plus haïs, Jacob avait tellement souffert que c'était dur pour moi de me concentrer lorsque j'entendais ses plus noires pensées. Bien qu'il soit passé à autre chose et qu'il vivait dans le plus parfait des mondes avec Renesmée, mon point de vue n'avait pas changé. Mon devoir en tant que loup était de tous les écraser, surtout ces deux sangsues là…
PDV Miriana
L'odeur recommença, je venais de me mettre au piano lorsqu'il déboucha dans la pièce. Ma fausse note retentit dans toute la maison comme une longue plainte. Mon doigt écrasait littéralement la touche et je fis un effort surhumain, ce que j'étais bien évidemment, pour me concentrer sur autre chose et ne pas sauter à la gorge de cet idiot de louveteau.
Bella que je ne supportais toujours pas s'avança vers lui avec la petite Renesmée que je trouvais malgré moi, adorable. J'aurais voulu avoir des enfants moi aussi… Mais désormais il ne servait à rien de remuer le passé, c'était là une requête impossible, ma vie m'avait été sauvagement arrachée.
_ Jacke ! S'exclama la petite en lui sautant dans les bras.
Plus choquée que moi à ce moment, il n'y avait pas, voir cette petite s'enticher de ce clébard me mettais hors de moi. Je détournai le regard encore une fois et commençai mes notes. Je sentis le regard perçant du loup et j'esquissai un sourire en coin.
Ne pas pouvoir l'attaquer alors qu'il était dans la même pièce que moi, cela relevait d'un courage rare que je n'avais pas toujours. Celui–là il avait de la chance d'être chez les Cullen, à l'extérieur je l'aurais…
_ Miria !
Je me retournai brusquement vers Edward qui fronçait les sourcils par- dessus le livre qu'il tenait entre ses mains.
_ Tu n'avais qu'à pas écouter aux portes lui répondis-je malgré moi.
_ Tes pensées sont pourtant difficiles à esquiver lorsque tu les cris à moitié.
_ Oui mais ça me révolte complètement de voir ça, et toi tu ne dis rien ? Je ne te pensais pas comme ça Edward, il fut un temps où tu étais moins réticent que ça… J'appuyai bien, sur mes dernières paroles.
Je sentis alors subitement Bella qui contournait la table pour me faire face et je souris doucement. Edward s'approcha d'elle et la tint tendrement dans ses bras.
_ Les temps ont changé Miria me répondit –il d'une voix froide.
Après tout je m'en fichais bien moi. Il ne m'intéressait pas ce vampire. Par contre, un qui m'intéressait c'était mon louveteau. Que pouvait –il bien faire en ce moment ? Essayer de ne pas mourir lamentablement ? Ce serait dommage. Je décidai de m'excuser même si je n'aimais pas ça, mais je n'aimais pas les discordes pour des broutilles non plus, donc je le fis malgré tout.
_ Pardon Bella, je ne voulais pas, je suis juste un peu, je ne sais pas, c'est étrange, ce n'est pas mon mode de vie. Expliquai –je doucement
_ Ce n'est rien, c'est vrai qu'il faut s'y habituer, mais tu verras, tout ira pour le mieux. Me dit –elle en me gratifiant d'un sourire à en faire tomber plus d'un.
Je ne pouvais que, hocher positivement de la tête en reportant mon attention sur la nounou de Renesmée. Des vampires et des loups dans une cohabitation parfaite. Mais comment ce chien en était venu à adorer tellement cette petite ? Cela me rendait perplexe. Décidant de les laisser « en famille » je m'éloignai en essayant de retrouver mon père.
Il discutait tranquillement avec Esmée et Carlisle. Je décidai de m'approcher.
_ Tiens Miria, veux-tu te joindre à nous ? Me proposa mon père
_ De quoi parliez –vous ? Demandai –je en me plaçant près d'Esmée.
_ De tes frères qui arrivent demain.
Je fis un sourire à fendre l'âme, oui mes frères devaient venir, cela allait véritablement me réjouir, eux au moins, prenaient mon parti, les loups devaient être exterminés, mais attention, ce loup, Paul, était à moi et rien qu'à moi. Personne n'avait le droit d'y toucher.
Je m'étonnai presque de penser cela, il est vrai qu'il était rare que j'attache une importance aussi accrue à une proie. Ce loup, avait quelque chose, je ne saurais dire quoi mais, son regard lorsque nos yeux se sont croisés… C'est comme si, il n'y avait plus eu que lui… Je me frappai mentalement. C'est surement, car je n'en avais jamais vu auparavant, oui c'est ça, c'est parce que j'avais été surprise.
_ Je suis pressée de les voir, dis- je sérieuse, ils me manquent.
Ce qui était totalement faux, j'avais appris à vivre sans les autres, ma vie m'avait été prise sauvagement et depuis des années je vivais avec ce poids. Je n'aimais personne et personne ne m'aime et alors ? C'était très bien comme ça. Je n'avais plus de cœur, lui aussi était parti, comme un écran de fumée. Je n'étais plus cette innocente âme. Désormais je me vengeais, car c'était mon seul objectif. Oh pauvre petite vampire qui est égoïste. Oui, certes j'étais égoïste, mais qui ne le serais pas après tout ça ?
Et voilà j'étais encore dans mes pensées, Edward devait bien rire. Je décidai de retourner au salon, je voulais malgré moi, aller voir Renesmée, cette petite me plaisait bien.
Lorsqu'elle me vit, c'est tout juste si elle abandonna son loup pour se jeter dans mes bras.
_ Tatie Miria ! Cria t- elle à travers la pièce.
Je souris, le premier sourire franc depuis des siècles, oui, je m'étonnais encore une fois de l'emprise qu'elle avait sur moi. Je m'avançai vers elle alors, en remarquant à peine le regard pesant de ce Jacob sur ma personne.
_ Alors, princesse, tu t'amuses bien ?
_ Très bien me dit- elle avec un énorme sourire, Jacke me fait bien rire, mais je veux rester avec toi maintenant ! Continua t- elle boudeuse.
Alors, le chien n'était même pas capable d'assurer ses fonctions ?
_ Oh vraiment ? Demandai-je amusée, en arquant un sourcil.
_ Oui ! S'exclama t- elle, toujours aussi joyeuse.
_ Et bien, je me demandais si Alice serait partante pour un peu de shopping, j'ai à refaire ma garde-robe…
Un cri aigu retentissant de joie nous parvint du premier étage, à la seconde suivante, Alice était devant nous prête avec ses lunettes de soleil dans une main et ses clés de voiture dans l'autre. Et bien, les bonnes habitudes ne changeaient pas.
_ Oh oui je veux venir ! Cria la petite avec une petite plainte suppliante destinée à sa mère.
_ Tu peux venir si tu veux Bella, dis-je poliment.
_ Non merci, je n' aime pas trop le shopping, mais vous pouvez emmener Renesmée, Jacob ça ne te dérange pas trop ? Concéda t- elle quand même à lui dire.
_ Non, d'ailleurs Sam va avoir besoin de moi, ce soir il y a une patrouille, j'étais censé être de garde avec Paul… Dit- il tout en me jetant un regard appuyé.
Je feignais l'innocence pure et dure. Non mais pour qui se prenait –il ? Mes yeux à ce moment précis de l'action, lançaient des éclairs. Je n'avais qu'une envie le réduire en bouillie. Edward fut à mes côtés en une seconde. Il me mit amicalement sa main sur mon épaule.
_ Jacob, je serais toi je ne l'a provoquerais pas. Ce qui est arrivé à Paul était de la faute de son père, ils ne savaient pas pour le pacte. C'est ce pourquoi nous avons appelé Sam ce soir- là, nous voulions vous le dire mais, il était trop tard…
C'est comme s'il venait subitement de comprendre qu'une forêt était composée d'arbres. Je riais intérieurement. Je décidai ensuite d'y aller, n'ayant rien à rajouter je tournai les talons, suivie des deux filles que « j'appréciais » le plus. Il est vrai que je pouvais presque considérer Alice comme ma meilleure amie.
On s'installa et Alice démarra la voiture. A la vitesse où nous roulions, nous risquions d'arriver à Port Angeles en deux minutes. La petite semblait être habituée, car elle ne cessait de rigoler en s'agitant.
Je souris encore.
_ Tu l'aimes bien ? Me demanda Alice
Pouvais-je mentir ? Non, il était clair je l'aimais, je la considérais comme ma…
_ Oui, elle est comme l'enfant que je n'ai jamais eu. Répondis-je seulement en détournant le regard.
Je devinais aisément le regard compatissant d'Alice dans mon dos. Elle semblait réfléchir à ce qu'elle allait dire et cela me fit légèrement regretter mes paroles.
_ Oh il y a un moyen pour toi d'en avoir, me dit- elle comme, amusée de ce qu'elle venait de dire.
Etait-ce une blague ? Bien que je sente qu'elle plaisantait, je savais au fond de moi qu'elle était mortellement sérieuse. Tremblante à l'intérieur je bouillonnais d'envie de lui demander comment cela était possible…
_ Et… comment ?
_ Oh je te le dirais peut- être, un jour ou l'autre me répondit- elle en souriant.
Là sur le moment je l'a détestais, si elle savait, elle devait me le dire, au moins pour soulager ma curiosité. Nous descendîmes alors de la voiture, soudain, plus joyeuses, ah toutes ces boutiques, qu'elles m'avaient manquées.
Nous passâmes trois bonnes heures à faire seulement deux boutiques et l'avantage d'être un vampire, nous ne sommes jamais fatiguées.
_ Alice, Alice ! Dis tu crois que Jacke aimerait cette robe ?
Je faillis m'étouffer. Je me repassais la scène, X fois pour essayer de savoir si ce n'était pas mon imagination qui me jouait des tours, mais non…
_ Comment ?! M'exclamai-je hors de moi faisant reculer quelques passants.
_ C'est une longue histoire Miria me dis Alice gênée.
_ Dis-moi !
C'était bien évidemment un ordre.
_ Renesmée est comment te dire…
_ Amoureuse de lui ?!
Deuxième coup de pieu dans mon cœur. Je ne pouvais croire une chose pareille, c'était absolument contre-nature.
_ Non c'est encore plus compliqué que ça, Renesmée et Jacob, sont…liés pour l'éternité. Il s'est comment dire…
_ N'en dis pas plus, si j'avais été humaine, j'aurais surement vomi. Dis- je écœurée
_ Tu sais, cela ne se choisit pas, cela peut très bien t'arriver dans…
Pour la deuxième fois, je lui coupai la parole avant qu'elle ne finisse de dire sa bêtise.
_ J'espère sincèrement que tu n'as pas vu ce genre de choses immonde.
_ Non me répondis t- elle sérieuse, je ne perçois pas les loups, ils brouillent mes visions.
Je hochai la tête. Cette histoire aurait pu me donner la nausée si je n'étais pas déjà morte. Subitement je pensai au louveteau, ce soir il aurait dû patrouiller, donc il était chez lui, une petite visite s'imposait, juste histoire de voir comment il allait pensai-je sadiquement.
A c t e_I
''''''''''''''''''''''''''''''''
e_III
Second _contact _virevoltant
PDV Miriana
Je ne pensais qu'à la même chose depuis une heure, le voir, j'étais complètement obnubilée. Chose étrange, certes je suis un traqueur, je ne m'arrête jamais avant d'avoir tué ma proie mais là, ça frôlait l'incompréhension, pourtant je savais très bien que cette gêne en moi ne disparaitrait, que quand je le verrais.
La petite Renesmée, qui avait bien l'apparence d'une petite fille de huit ans, essaya plusieurs robes de soirée avant que je ne remarque justement ce détail.
_ Pourquoi donc veux- tu une robe de soirée ?
_ Pour mon anniversaire bien- sûr me répondit- elle comme si c'était évident.
Je ne répondis pas me contentant d'acquiescer. Son anniversaire, effectivement je devais aussi me trouver une robe. J'en avais des centaines mais comme les grandes aristocrates, je n'aimais décemment pas porter à deux soirées de suite, la même robe. Je me dirigeai donc vers les allées pour femmes adulte et essayai de trouver mon bonheur parmi toutes ces robes aux parures extravagantes.
Revenant contente de moi avec la perle rare, une question me vint subitement à l'esprit.
_ Combien serons- nous ? S'enquis-je avec un regard noir comme la braise.
_ Oh ne t'en fais pas, nous seront en petit comité, juste la famille et les amis.
_ Et qui sont- ils ?
Je sentais la ruse jusqu'au bout du magasin.
_ Jacke ! S'écria la petite avec son éternel sourire enfantin plaqué sur le visage.
_ Et la meute dit Alice en baissant brusquement les yeux.
Je m'en doutais, pourquoi n'y avais- je pas pensé avant ? Je me traitai mentalement d'idiote et fis un de mes plus beaux sourires.
_ Te rends- tu compte chère Alice, des conséquences que cela pourrait avoir ? Je suis un traqueur dis- je plus bas.
_ Je sais mais es- tu certaine de ne pas pouvoir te contrôler juste une soirée ? Pour Renesmée. Me dit- elle avec des yeux suppliants.
_ Bien sûr que si je peux Alice, j'attendrais... le bon moment. Répondis- je avec un sourire de prédatrice.
Après toutes nos emplettes nous nous dirigeâmes vers la voiture et Alice nous reconduisit à Forks. Je prétextai une excuse pour pouvoir m'échapper.
_ Tu comprends, il faut que je me nourrisse avais- je dis derrière la vitre de la voiture tandis que mes deux compagnes de boutiques allaient partir.
_ Bien, ne tardes pas trop me dit- elle avant d'appuyer à fond sur l'accélérateur de sa décapotable.
« Ne tardes pas trop », j'avais tout le temps... j'étais immortelle. Un petit coup d'œil vite fait sur la ville et je m'aperçu malheureusement que personne n'était à mon goût. Trop pâles, trop maigres, trop corpulents. Non vraiment aucun, vexée je décidai de retourner chez les Cullen par la forêt tout en faisant un petit détour du côté de mon louveteau.
Une drôle de sensation s'imposa en moi, j'étais comme euphorique à l'idée de voir à quoi il pouvait ressembler. Car certes, je ne l'avais vu que sous son apparence animale. D'après ce que j'avais pu observer, il vivait dans une réserve Quileute et tous ses petits amis loup avaient des origines indienne, ou l'étaient tout naturellement, donc j'en conclu que lui aussi devait ressembler à un monsieur muscles typé indien.
C'est donc d'un pas pressé que je me rendis vers la petite maisonnette en bois que j'avais vu la veille. Je m'arrêtai soudain, quelque chose n'allait pas. Mon odeur... Quelle idiote je faisais, comment avais- je pu omettre une telle chose ? Brusquement l'idée d'y aller m'enchantait beaucoup moins.
Y aller, ne pas y aller, là était la question et je devais faire vite car j'étais sur son territoire. Je ne pouvais décemment pas rester plantée au milieu d'une forêt à attendre que le Dieu des enfers me dicte la voie à suivre.
Je décidai tout de même d'y aller, ma curiosité poussée à l'extrême, je ne pouvais pas reculer.
Contournant discrètement la maison je m'arrêtai devant une fenêtre, la fenêtre de ce qui devait être sa chambre. Pas très luxueux remarquais- je déçue. J'inspectai du regard cette petite pièce seulement meublée d'un lit deux places un peu trop long pour une personne de taille normal. J'arquai un sourcil, toujours curieuse de voir à quoi il pouvait bien ressembler. Il y avait ensuite, une table de chevet, avec une photo sur laquelle je distinguai une jeune fille indienne avec de longs cheveux noirs soyeux et des yeux marron très clairs. Je fronçai les sourcils, alors comme ça mon louveteau avait quelqu'un ? Une once de colère me traversa.
Je fis vite le tour, un bureau, une chaise et une armoire, pas de déco sauf cette maudite photo.
J'étais énervée, super. Je ne l'avais pas encore vu et déjà mon envie de le tuer me reprenait. J'entrai par la fenêtre tant pis, je voulais savoir. Pas un bruit dans cette foutue maison pourtant je savais qu'il était là, je sentais sa présence jusqu'au plus profond de moi.
Je fis un sourire dont seule moi, avais le secret et descendis tout doucement le petit escalier étroit. J'humai l'air à la recherche de...Je m'arrêtai.
Il était là, devant moi, allongé dans un petit canapé, dormant à points fermés et... je fus bloquée, au sens propre du terme. Il était si...
Je commençai vraiment à tourner pas rond, il fallait que je parte et vite. J'avais toujours su au fond de moi que c'était une mauvaise idée. Et mes yeux qui ne voulaient se détacher de ce corps. Soudain il bougea et je pus voir son atèle, mon père ne l'avait pas loupé, même ce « modificateur » pouvait donc être gravement blessé. Je fis une moue et rebroussai chemin. S'il se réveillait je n'aurais su comment réagir. Bien que je veuille le tuer, je voulais le faire bien, dans les règles du jeu, et pas là tout de suite où j'aurais eu plus d'un avantage sur lui.
Je réagissais vraiment étrangement, bien sûr que non, il était à ma portée, je pourrais en faire ce que je voulais.
Et là ce fut le drame, il se réveilla, sous mes yeux alors que j'étais en proie à mes réflexions tordues. Il ouvrit lentement ses yeux pour s'habituer à la faible lumière qui inondait la pièce. Je ne fis aucun bruit, ce qui ne servait fichtrement à rien soit dit en passant et plaquai vite sur mon visage, mon sourire enjôleur et j'attendis patiemment qu'il me remarque.
PDV Paul
Je me réveillai doucement, il me semblait qu'une odeur venait me chatouiller les narines. Odeur pas forcément désagréable, mais étrange.
Quelle fut ma surprise de voir la sangsue...chez moi. Chez moi ?! Il me fallut bien dix secondes avant de réaliser ce qui se passait. Malgré mon bras qui me lancinait toujours je pris mon courage à deux mains et me levai péniblement.
Elle ne semblait pas vouloir bouger, qu'elle idiote ! Je pris mon air dur, mieux valait ne pas jouer au malin, je n'étais pas encore en état de me battre.
_ Dégages d'ici, tu empestes ! Lui dis- je de vive voix.
Oui il était clair que je faisais exactement le contraire de ce que je venais de me dire. Elle ne bougea pas d'un pouce. Je commençai sérieusement à en avoir marre.
_ Peut- être faut –il que je te le dise dans une autre langue ? Fis- je avec dédain.
Elle ne faisait que me fixer, seulement ça, on aurait pu croire à une statue de cire, si à ce moment là, elle ne m'avait pas parlé d'une voix à la fois froide et envoutante.
_ Alors c'est toi le louveteau de la forêt me dit- elle avant de faire quelques pas vers moi.
Je ne reculai pas, je l'affrontai littéralement du regard, même avec un bras invalide il fallait que je fasse mon héros... Elle finit par descendre les quelques marches et vint tout doucement à ma hauteur. Mon regard dur la fit sourire.
_ Tu es fort mentalement jeune loup, mais physiquement que vaux- tu face à moi ?
Elle avait littéralement susurré ces paroles. Je fermai les yeux quelques secondes puis les rouvris couverts de haine.
_ Je t'ai demandé quelque chose la sangsue, ce n'est pas dans mes habitudes de le redire deux fois. Si tu tiens réellement à ta « vie » un conseil ne fais pas l'idiote.
_ Et comment ferais- tu ? Tu n'es pas vraiment en position de force dit- elle en venant me cracher ces mots doux au creux de mon oreille.
Je frissonnai soudain. Elle me contourna ensuite, je bouillai intérieurement et elle le voyait bien, elle en jouait et je n'aimais pas ça.
_ Ne me sous-estime pas, je suis plus fort que tu ne le penses.
_ C'est ce que j'ai crus voir... me répondit- elle prise d'un fou rire empestant le démon.
Elle se moquait de moi ouvertement, elle ne savait vraiment pas à qui elle avait à faire. Je fronçai les sourcils. La colère commençai à monter, je ne devais pas me transformer, je ne pouvais pas ! Je devais me calmer et vite.
_ Toi non plus tu ne sais pas à qui tu as à faire, louveteau reprit- elle sérieuse.
J'ouvris les yeux de surprise. Comment avait- elle fait ? Lisait- elle dans les pensées comme Edward ?
Elle me fixa droit dans les yeux et je ressentis quelque chose d'étrange. Mes muscles se détendirent soudain malgré moi et c'est comme si je glissai vers un puits sans fin, bercé par du coton ou autre matière douce. J'étais complètement, hypnotisé et à en juger par la tête que faisait mon interlocutrice, elle devait avoir ressentit la même chose surement. Pour la deuxième fois que je la voyais, c'était plutôt réussit pensais- je amèrement.
Elle revint à elle beaucoup plus vite que moi, le regard totalement perdu par cette expérience douteuse.
_ Que m'arrive t-il ? Se dit- elle plus pour elle-même.
Je ne répondis pas, je ne savais pas la réponse. Mais une chose était sûre, je devais trouver la réponse à cette énigme. Brusquement on frappa à ma porte. Je sentais que c'était eux. C'est comme si mes yeux sortaient de leur orbites. Elle aussi venait de les sentir mais ne sembla pas plus préoccupée que ça, quelle idiote !
Il fallait que je fasse quelque chose et vite. Je ne pouvais pas leur dire comme ça, « oh les gars j'ai invité la sangsue... -tiens d'ailleurs je ne sais même pas son nom- à boire le thé, vous voulez vous joindre à nous ? »
Impossible, même si d'habitude je l'aurais même à l'aide d'un bras, achevée sur place il fallait que je trouve une excuse, un prétexte ou...
_ Montes ! Dépêches- toi ! Lui criais- je à moitié en la poussant devant moi.
J'étais absolument conscient que je venais de toucher un vampire, honte à moi, il fallait que je me douche !
Elle fut très surprise de mon initiative, tant mieux, au moins il me restait cette arme à portée de main, l'effet de surprise. Elle prit alors conscience de mes paroles et monta les escaliers en une fraction de seconde.
Nous nous retrouvâmes dans ma chambre, cette situation était vraiment critique... Je pris alors un air blasé.
_ Dépêches- toi de partir avant qu'ils ne te trouvent et te tuent... Lui dis- je sans aucune expression dans la voix.
Je savais que j'allais regretter mon geste. Elle me regarda intensivement, ce regard me transperça jusqu'à mon âme si je puis dire. Je la pressais d'un geste rapide de ma main valide et elle monta sur le rebord de la fenêtre en faisant son petit sourire narquois.
_ On se reverra louveteau et plus vite que tu ne le crois me dit- elle avant de sauter dans le vide.
Je me retrouvai alors, seul, au milieu de ma chambre, complètement perdu.
_ Qu'est-ce que j'ai fait ?! Murmurai- je en sentant soudain une légère peur m'envahir.
Je venais de sortir de ma léthargie. Je soupirai alors. Cette histoire était vraiment étrange. Qu'allais- je leur dire ? Cet endroit empestait le démon. Pour le coup, je la détestais encore plus si cela était possible. Madame avec ses grands airs, je ne donnais pas cher de sa peau le jour où j'irais mieux.
Je décidai que j'improviserai, quand je descendis en bas, ils m'attendaient tous dans la cuisine et à en juger par leur tête, j'allai passer un sale quart d'heure.
Maudite vampiresse. D'autant plus que j'avais de la chance de savoir contrôler à peu près mes pensées car à ma prochaine transformation je risquais de me faire alphatiser pour de bon par le grand manitou.
_ Paul ! Tu vas bien ? S'exclama Embry avant de me prendre dans ses bras.
_ Quelqu'un est mort ? Demandai- je prudemment.
J'entendis Jared rire à côté de moi.
_ Tu as vu la mine affreuse que tu as ? Me dit gentiment Jacob.
_ Bah j'ai toujours la même tête que d'habitude répondis- je faussement vexé.
_ Ah c'est pour ça que les vampires s'enfuient en te voyant ?
Je ris intérieurement, moi je dirais plutôt qu'ils aiment bien me rendre visite...
_ Très drôle Embry, bon vous venez pour faire quoi ?
_ Bah pour te voir ! Me dit Jacob, mais t'as pas l'air de bonne humeur vieux, on va te laisser finalement continua t- il en riant.
Ils se dirigèrent tous vers la porte en me tapant amicalement l'épaule, quand ce fut au tout de Sam je savais que quelque chose de pas si agréable que ça allait m'arriver, et mes doutes furent confirmés quand il me dit.
_ Paul, il faut qu'on parle.
~.~
A c t e_I
e_IV
Révélations
PDV Paul
A l'entente de ces paroles, mon corps se rétracta violemment et je déglutis difficilement.
_ Je t'écoute Sam fis-je avec une voix que j'espérais, neutre.
_ Tout va bien en ce moment ? Me demanda t-il soucieux.
J'étouffai un soupire avant de répondre d'un ton peu chaleureux. Je me tenais droit devant mon alpha tandis que lui, me scrutait avidement, les sourcils froncés.
_ Bien, à par mon épaule peut-être mais elle se remet doucement en place. Répondis-je avec un petit sourire.
Mais comme je l'avais prédit, ce n'était pas le vrai sujet de sa venue chez moi. Il l'avait senti comme tout le reste de la meute d'ailleurs, eux n'avaient rien dit et je les en remerciais pour ça. Ils avaient voulu surement laisser le soin à Sam de m'en parler.
_ Je vais être franc avec toi Paul… commença t-il.
_ Oui il y avait bien un vampire chez moi dis-je d'un ton sec malgré moi conscient des dangers que cela prodiguerait.
Il parut choqué et à sa place je l'aurais été tout autant. D'ailleurs, je l'avais été aussi, comment avais-je pu faire une chose pareille ? C'était insensé … je crois que je devenais fou, oui ça devait être cela.
_ Co…comment ?
Oui il était énervé et pas qu'un peu, je ferais mieux de lui expliquer avant qu'il ne se jette sur moi comme un loup affamé.
_ Je ne sais pas ce qui c'est passé Sam, tout a été très vite, je crois que c'est ces médicaments qui me font faire n'importe quoi… mais la raison de la venue de la sangsue me reste encore inconnue Sam. Dis-je en essayant d'être convainquant, car c'était en tout cas de mon point de vue, la vérité. Foutus médicaments !
Il se tut pendant des interminables minutes. Finalement lorsqu'il bougea, je soufflai un coup.
_ Hum, je vois, fais attention Paul on dirait bien qu'elle en a après toi. Me dit-il d'un air inquiet
Je hochai de la tête, que cette histoire était étrange…
_ Ah le temps que j'y suis, n'oublies pas l'anniversaire de Renesmée, Jacob tient absolument à ce que nous y allions tous. Elle sera là, tâche de ne pas te laisser impressionner.
Je ris d'un rire franc, non mais attendez, moi impressionné par un vampire ? C'était une belle plaisanterie.
_ Tu plaisantes j'espère ?
_ Non, je suis sérieux, tu sais aussi bien que moi que ces vampires là sont vils et incroyablement sadiques. Je vais me renseigner auprès de Carlisle pour avoir un peu plus de précisions, toi en attendant, ne fais pas de bêtises, on sait tout deux que tu t'enflammes à la moindre remarque. M'expliqua t-il sagement.
Ma réponse fut un mélange assez étrange constitué essentiellement d'un grognement. Dès qu'il fut parti, je m'affaissai sur mon canapé pour réfléchir à tout ça. Il est vrai que j'étais plutôt impulsif mais cela nous avait toujours aidés dans nos missions...
PVD Miriana
Quel idiot ce loup, mais quel idiot ! Pourquoi avait-il fait ça ? Il m'avait à sa portée et il me laisse partir comme ça ? Je ne comprenais plus rien ! Cette ville est vraiment trop étrange, jamais je n'avais vu pareille chose dans toute ma vie et pourtant, cela faisait bien longtemps que j'étais vampire.
Je rentrai alors énervée et passai devant le salon sans m'arrêter. Je sentis Alice me suivre mais je ne dis rien, de toute façon, elle savait tout. Je m'assis à ma coiffeuse et entrepris de démêler mes cheveux emmêlés par la bourrasque de vent que je venais de me prendre.
Alice derrière moi attrapa l'objet et doucement le passa dans mes cheveux couleur ténèbres. Elle attendait surement de voir ce que j'allais dire. Il n'y avait rien à dire pourtant. Je ne pouvais pas lui dire pourtant quelque chose me disait que tout temps que je ne lui avais pas avoué quelques petites choses, elle ne me lâcherait pas. Je la connaissais que trop bien malheureusement.
Je fermai les yeux et elle commença alors par me poser cette question aussi embêtante qu'excitante.
_ Pourquoi sens-tu le loup ?
Je ne répondis pas tout de suite. Que pouvais-je répondre à cela ? Oui je suis effectivement partie voir un des loups, tu sais le grand et le beau brun là ? Attendez ! Que venais-je de dire ?!
Alice remarqua mon combat intérieur et crut me soulager en disant que je pouvais tout lui dire car j'étais sa confidente et que cela devait se passer de même pour moi. Lentement, très lentement j'acquiesçai de la tête.
_ J'ai été voir le louveteau que mon père a attaqué répondis-je d'un air blasé.
Etrangement, elle ne parut pas surprise de ma réponse. Elle sembla réfléchir aux mots qu'elle allait employer car je voyais ses yeux regarder dans le vide. Elle arrêta enfin son regard sur moi et me transperça avec un sourire à fendre l'âme. Qu'avait-elle encore en tête ?
_ Il te plaît n'est-ce pas ?
Je faillis vomir, choquée qu'elle m'annonce cela de but en blanc, qu'elle saugrenue et dégoutante idée ! Pourtant je doutai que ce soit une blague de part son petit air sérieux qui me fixait intensément.
_ Attends, tu n'es pas sérieuse tout de même ? M'exclamai-je les yeux noirs.
Elle se rapprocha tellement près de moi que je dû reculer. J'étais affreusement mal, je ne sais pas ce qui se passait en moi. Elle devait m'aider ! Elle vivait ici elle !
_ Je suis tout à fait sérieuse et tu me connais assez Miria pour savoir que ce que je dis est toujours fondé. Répliqua t- elle.
J'avais un mal de tête horrible ! Heureusement pour moi que j'étais assise.
_ Alice, il m'arrive tellement de choses étranges depuis que je suis arrivée ici, aides-moi, je n'ai pas l'habitude de demander de l'aide mais tu es la seule à qui je fais confiance ici. Lui annonçai-je d'une petite voix ce qui n'était pas mon habitude.
Elle parut extrêmement touchée par ma révélation. Elle me prit dans ses bras et je répondis avec chaleur à son étreinte. Cela me fit un bien fou.
_ J'ai toujours crus que tu étais quelqu'un de froid et passif Miria, je me suis lourdement trompée, tu es à la fois douce et sensible. Bien sûr que je vais t'aider, mais d'abord racontes- moi tout depuis le début d'accord ?
_ Très bien.
Elle s'installa à mes côtés et attendit avidement que je commence mon récit. J'étais un peu réticente, elle avait toujours eu un pouvoir d'analyse vraiment développé, j'avais peur de ce qu'elle pourrait me dire.
_ C'est depuis que je l'ai vu…
Voilà déjà je me sentais mal, elle venait de me regarder bizarrement.
_ Je ne sais pas, je suis un traqueur certes mais on dirait qu'il arrive avec je ne sais quel pouvoir à m'attirer, j'ai l'impression de ne vouloir que le tuer, rien d'autre ne m'importe, il est une véritable obsession, Alice je ne sais plus quoi faire ! Même le sang n'est plus aussi important que mon désir !
Sur cette dernière note je m'affaissai sur mon siège, totalement désemparée.
_ Miria' je sais quel est ton problème déclara Alice après quelques secondes de silence.
_ Quoi ? Demandai-je soudain plus vive en me redressant de mon siège.
_ Malheureusement je ne peux te le dire, c'est quelque chose que tu dois trouver par toi-même. Je suis désolée, mais je sais que tu trouveras ne t'inquiètes pas Miria' et puis tu pourras toujours compter sur moi !
Pourtant après cet aveux je me sentis encore plus abandonnée, elle savait quel était mon problème mais cela ne m'avançait en rien. J'étais totalement perdue ! En cinq cent ans d'existence jamais cela ne m'était arrivé. C'était une hécatombe.
_ Même pas un petit indice ? Demandai-je pourtant parfaitement sûre de la réponse.
_ Non, c'est comment dire assez délicat.
_ Pourquoi vous avez déjà vécu ça vous aussi ?
_ Non pas vraiment m'avoua t- elle avec un petit sourire.
_ Bon je sens que je vais déprimer ! M'exclamai-je avec moue désespérée.
Elle me prit tendrement dans ses bras et essaya de me consoler, mais comment consoler un vampire ? Telle est la question, moi qui avais toujours eu un moral d'acier, voilà que ce loup venait le transpercer en une seule seconde. Je le maudissais, je le haïssais pour ce qu'il était, saleté de vermine de loup !
J'essayai de me calmer mais ce feu hardent en moi ne voulait s'éteindre, je voulais le briser pour ce qu'il me faisait ! Je passais indéniablement les pires minutes de ma vie.
Quelques heures plus tard, on annonça l'arrivée de mes frères. Enfin un peu d'amusement... pensai-je sadiquement avec un sourire ornant mes lèvres. Je n'avais pas encore chassé, comme cela, ils viendraient avec moi !
Lorsque je les vis, mon sourire s'intensifia et je me jetai dans les bras de Conor, qui me prit dans ses bras et huma mon parfum. C'est ainsi que je me sentais le mieux, dans ses bras... Rien que sa présence me donna un peu de bonheur. Lorsqu'il me relâcha, il me fit un sourire béat.
_ Je suis tellement heureux de te revoir enfin ma très chère sœur me déclara t-il avec son sourire toujours aussi séduisant tout en me baisant la main.
_ Moi de même, depuis tout ce temps…
_ Mais le temps ne compte pas, il s'écoule lentement pour nous, c'est comme si le temps à tes côtés n'avait jamais cessé me dit-il accompagné d'une courbette et d'un sourire charmeur.
Bon je devais l'avouer tout de même, il m'avait affreusement manqué. Il était celui que j'aimais le plus, je pouvais le dire, j'aimais quelqu'un c'est vrai. Mais malgré certains dérapages, nous étions comme frère et sœur même notre relation n'était pas vraiment sérieuse. Conor était légèrement plus grand que son frère, tout deux d'un brun presque effrayant, Cornor avait des yeux bleu comme la lapiz lazuli lui-même tandis que son frère avait plutôt le regard aussi clair que l'émeraude. Ils étaient tout deux terriblement différents pourtant la même haine pour les non-puissants était aussi grande chez l'un comme chez l'autre.
_ Emerich tu n'as pas oublié quelque chose ? Dis-je en me tournant vers le frère de Connor, un sourire carnassier sur mes pâles lèvres.
Son regard sombre se posa sur moi et je souris, il l'avait. Il sortit de sa poche un magnifique collier couvert de rubis et autres pierres précieuses. Le collier de la Reine Sophie était enfin à moi. Ce collier que je convoitais tant m'était enfin remis. Un sourire démoniaque vint se coller sur mon visage.
_ Je te remercie infiniment Emerich.
_ Mais de rien Princesse me dit-il tout aussi charmeur que son frère.
Je sens qu'on allait bien s'amuser décidément. Ils allaient me faire oublier ce stupide loup pensai-je froidement. Un frisson me parcourut l'échine lorsque je repensais à Paul allongé négligemment dans ce canapé. Et voilà que je divaguais complètement encore une fois… Je devais couver quelque chose, j'étais malade c'est ça !
Ils partirent dire bonjour à tout le monde et je remontai dans ma chambre pour aller poser mon coffret dans ma boîte à bijoux. La parure la plus célèbre était enfin entre mes mains. J'aimais posséder des reliques rares, c'était une passion chez moi. Dans une de mes villas à Florence, je possédais le sceptre d'Anubis. J'avais dû employer la force pour celui-là mais personne ne me résiste vampiriquement parlant.
Tandis que je refermai le couvercle je senti une présence près de moi qui m'attrapa la taille ensuite et posa sa tête dans mon coup. Je fermai les yeux et m'abandonnai à cette attention qui m'avait, il faut l'avouer… manquée.
Mais pourtant, ce n'est pas l'image de Connor qui m'apparut mais bien celle de mon loup. Que venait-il faire en plus de mes pensées ? Un tremblement de colère me pris soudain. Connor surpris se redressa.
_ Que ce passe t-il ? Tu n'aimes plus ?
Sa voix était voilée d'incompréhension. Il m'aurait presque fait de la peine.
_ Non excuses-moi c'est en ce moment je n'en ai pas trop envie dis-je en partant subitement. Arrivée à la porte je me retournai et lui fit un petit sourire.
_ Allons chasser lui annonçai-je.
_ Je te suis ma belle, il se trouve que mon frère et moi avons une faim de loup. Me déclara t-il avec son sourire éternellement enjôleur.
Je déglutis difficilement, à bannir… toutes les expressions contenant le mot loup ou s'y rapprochant.
On descendit et on vit Emerich qui nous attendait impatiemment, il n'avait pas changé. C'était bon de les revoir quand même.
Notre chasse fut bonne, mais j'épargnerais les détails. Ce sang coulant dans ma trachée m'avait fait le plus grand bien. J'étais repu pour au moins deux bons jours.
Tous les Cullen s'activaient à décorer la maison pour le grand événement. Alice m'avait joyeusement virée en disant que les invités ne devaient toucher à rien. Donc j'étais partie me reposer tranquillement dans ma chambre. Connor vint me rejoindre quelques minutes plus tard.
Il s'assit à mes côtés et me pris doucement dans ses bras puissants.
_ Mon ange que ce passe t-il ? Tu as l'air soucieuse. Depuis que nous sommes là avec Emerich nous avons constaté que la flamme qui jadis ornait tes yeux n'était plus…
_ Je vais bien, c'est passager disons. N'en parlons plus s'il te plait.
Je détournai le regard pour ne plus à avoir à affronter le siens aussi perçant que des lames aiguisées.
Il m'annonça après quelques minutes qu'il avait apprit pour les loups. Je me raidis imperceptiblement. Oui j'avais omis ce détail.
_ Nous allons devoir être fort Connor ! Annonçai-je sachant que pour moi ce serait pire.
PDV Paul
Je m'énervai depuis quelques minutes déjà sur ce nœud de cravate que je n'arrivais pas à faire quand elle arriva dans ma chambre.
_ Paul, ne t'énerve pas voyons, il va ne pas se faire plus facilement de cette manière !
Je soupirai, j'étais légèrement nerveux il est vrai.
_ Désolé, tu peux m'aider s'il te plaît ? Lui demandais- je avec un petit sourire
_ Bien sûr me répondit-elle avec un sourire chaleureux.
_ Tu es un ange tu le sais ça ?
_ Hum oui ! Tu me le dis assez souvent comme ça me dit-elle en riant.
Une fois le nœud fait, j'allai me contempler dans la glace, pas mal mais pourtant, je n'aimais pas cela sur moi. J'arrachai presque le nœud et le jetai sur mon lit. Je regardai la photo posée sur la table de chevet et sourie.
_ Elle t'allait bien cette coiffure je trouve lui dis-je.
_ Tu sais bien que je n'étais pas coiffée ce jour-là plaisanta-elle
_ Oui mais je trouve que libres ils sont encore plus beaux.
_ Tu deviens romantique Paul, attention, ton image va se dégrader me dit-elle en allant s'asseoir sur mon lit.
_ Avec toi, toujours voyons, aller je vais y aller, sinon Jacob va me tuer !
_ Je ne comprends toujours pas pourquoi tu es obligé d'y aller, après tout tu n'as pas plus d'affinité que ça avec les Cullen.
_ Jacob est un de mes meilleurs amis, je me dois de faire ça… expliquais-je en tentant de me convaincre également.
En fait la raison était tout autre, je voulais des réponses. Je n'avais pas revu Sam alors je ne savais pas ce qu'il avait pu apprendre sur ces deux vampires. Je fermai les yeux, soupirai et me lançai. Je montai en voiture et pris la direction de Forks. Plus j'avançai et plus je sentais un nœud se former dans mon estomac.
Je me concentrai alors un peu plus sur la route et arrivai finalement en un seul morceau et… le dernier. Tout le monde était déjà là.
Lorsque je montai les quelques marches de l'immense villa, je la vis à travers la grande baie vitrée. Je détournai vite mon regard de peur qu'elle ne me voit mais c'était bien entendu trop tard, elle m'avait déjà, comme disent les jeunes à la Push « grillé ». J'étais foutu, ouais.
A c t e_I
e_V
Je le voulais tellement
PDV Paul
Bon d'accord, elle avait un pouvoir incroyablement fort sur moi, son emprise était parfois tel un étau que l'on resserrait autour de moi, mais j'étais Paul bordel ! Qui était –elle pour juger de ma vie comme bon lui semblait ?
Je soufflai un bon coup plus pour me redonner du courage qu'une contenance et je frappai à la porte.
Edward vint m'ouvrir doucement et m'invita chaleureusement à rentrer, ce que je fis sans être trop pressé.
Je repérai vite Sam en compagnie d'Emily et saluai tout le monde...susceptible d'avoir mon bonjour si vous voyez ce que je veux dire.
_ Sam, navré je suis en retard.
_ Ce n'est pas grave nous n'avions pas commencé de toute façon me dit-il avec un sourire.
Je hochai de la tête et regardai autour de moi, voir notre meute en costume avait quelque chose d'hilarant.
_ As-tu des nouvelles concernant ce que nous avons parlé cette après-midi ? Demandai-je prudemment.
_ Non pas encore mais j'en profiterais dans la soirée pour tenir éloigné quelques instants Carlisle me dit Sam.
Très bien, ce soir j'allais avoir quelques réponses. Je bus une nouvelle gorgée et mon regard se posa sur elle. Une main sur sa hanche, l'autre tenant une coupe de champagne, elle riait à gorge déployée avec deux autres sangsues que je ne connaissais pas. L'un m'avait l'air assez proche d'elle. Lorsque justement ce même vampire tourna sa tête de démon vers moi, je soutins son regard. L'affrontement que nous opérions n'avait l'air de ne déranger personne sauf elle, elle nous fixait et bizarrement, l'envie de gagner fut encore plus forte.
Finalement l'autre leva les yeux au ciel, et je savourai ma victoire en allant me chercher une autre coupe de champagne.
Je me demandais encore ce qui m'avait pris d'y aller. Et puis cette odeur nauséabonde, quelle horreur ! Je reposai mon verre brutalement sur le buffet.
_ Quelle méchante humeur nous avons là...
Je ne répondis pas, je fronçai les sourcils et serrai les poings. Encore elle... je suis persuadé qu'elle attendait quelque chose de moi.
_ C'est très impoli de ne point répondre lorsque l'on vous parle, le savais-tu jeune loup ?
_ Miria' chérie, tu ne nous as pas présenté il me semble dit un des deux hommes qui était avec elle il y a quelques instants.
J'aurais juré qu'elle était énervée d'être interrompue. Je ris intérieurement. Je me retournai alors vers eux avec mon sourire narquois. Il était évident que tout le monde nous scrutait avidement du coin de l'œil. Sam et Jack les premiers.
L'autre me regardait de toute sa hauteur, sans doute n'était-il pas conscient que j'étais de taille face à lui. Je croisai alors mes bras sur mon torse et attendis que la sangsue fille commence les présentations.
_ Connor je te présente le clébard que mon père à facilement assommé, Paul.
Ledit Connor fut pris soudain d'une quinte de toux. Son rire se propagea à la vitesse de la lumière tandis que je fulminai intérieurement et je sentais mon sang bouillir. D'un moment à l'autre je pouvais exploser. Miriana le rejoint bien aussitôt dans son hilarité. S'en fut trop pour moi et je m'éloignai loin d'eux. Je savais que c'était une sorte de défaite mais et puis non, je me retournai soudain et lui refit face en lançant des éclairs en direction de la fille. Sam et je le savais parfaitement, était sur le qui-vive.
_ Je me présenterais moi-même, ce sera plus approprié je pense, je m'appelle Paul Yiruma et je suis un modificateur, sans doute le plus rapide que tu n'aies jamais vu de ta vie alors si j'étais toi, je ne ferais pas trop le malin. Annonçai-je avec dédain.
C'était un avertissement oui et il le sut lorsque malgré moi je lui tendis la main. Il me la serra au bout un bon laps de temps en n'oubliant pas de me foudroyer du regard.
Je venais de gagner cette bataille mais j'étais sûr et certain qu'il n'en resterait pas là.
Il fit une grimace digne de l'aristocrate qu'il était et tourna les talons, aussi fier qu'il le put. Elle, elle me regarda avec un petit sourire amusé.
Je m'en fichais complètement dirons-nous de se qu'elle pouvait penser et je partis dehors sous le regard fier de mon alpha. L'air était frais et ça faisait du bien. Je m'assis quelques minutes avant de sentir son odeur venir me chatouiller les narines. Son odeur n'était pas comme celle des autres vampires, elle était plus douce et je me demandai comment cela était possible. Oui, j'avais peur de comprendre, comprendre bien des choses. Elle était différente et cela me faisait en réalité, un peu peur.
Tout en elle m'attirait et je devais me faire force pour ne pas laisser ma haine m'emporter. Le moindre faux-pas et j'étais foutu.
_ Dégages ! Lui ordonnai-je les yeux fermés.
Elle ne bougea pas d'un pouce, se contentant surement de me regarder, ce qu'elle m'agaçait !
_ Qu'est-ce que tu me veux à la fin ? M'énervai-je alors en me relevant et en la dominant de ma très haute taille.
C'était la première fois que je perdais autant mon calme devant un vampire. Je devais me ressaisir et vite !
_ Je veux des explications, lorsque je suis venue chez toi, j'ai vu plusieurs petites choses. Commença t- elle doucement en me fixant de ses yeux clairs.
Elle ne manquait pas de toupet celle- là ! Je haussai les sourcils en guise de réponse. Cela la fit rire.
_ Dis-moi, qui est cette délicieuse jeune fille en photo dans ta chambre ?
Je vis rouge. Voulait- elle parler de Sofia ? « Délicieuse » cela aurait pu passer pour un compliment s'il ne venait pas d'un vampire. Elle fit semblant de poser cette question innocemment bien sûr.
_ En quoi cela te regardes t-il ? Répondis-je froidement.
Mon ton était littéralement agressif et elle sembla s'en amuser, je serrai les poings.
_ Elle compte beaucoup pour toi, je me trompe ?
_ Tu la touches, tu es morte et je te ferais subir des tortures que tu n'aurais jamais pu imaginer en rêve !
A ce moment ? Oui, je ressemblais à un monstre, mais personne je dis bien personne n'avait le droit de toucher Sofia ! Foi de Paul !
PDV Miriana
Oui il était évident qu'il tenait beaucoup à cette fille. Dommage d'ailleurs. Je décidai de m'approcher de lui et étrangement, il ne recula pas. Cela faisait la deuxième fois qu'il m'affrontait. Personne n'avait jamais osé faire cela en cinq cent ans d'existence, c'était une situation tout à fait excitante pour moi, délectable même. Je l'aimais bien ce loup finalement, peut-être trop même me dit une pensée me traversai l'esprit. Je frissonnai ensuite en réalisant ce que je venais de penser.
_ Pourquoi es-tu aussi imprudent Paul ? M'enquis-je à lui dire d'une voix trainante.
L'appeler par son prénom m'amusait et d'un côté cela me rendait plus ... humaine si je puis dire. Cependant beaucoup de choses dans mes paroles me troublèrent.
Je sentais son cœur battre plus fort dans sa poitrine alors que je tournai autour de lui en laissant ma main parcourir sa forte carrure. Son torse était impressionnant et lorsque je revins vers lui, je me mis à regarder avidement ses lèvres, si attirantes. Je savais que je n'avais aucun droit de penser cela, mais c'était plus fort que moi.
Il frissonna et mon regard se perdit dans le siens. Que m'arrivait-il encore à la fin ? Etait-ce encore un coup de sorcellerie ?
Je le toisai enfin, pour me redonner une contenance et faire abstraction de ce qui venait de se passer et j'allai partir lorsqu'il m'attrapa la main. Elle était chaude et je fermai les yeux quelques secondes.
Son regard noir me parcourait sur toute ma longueur. Si j'avais pu, j'aurais rougis comme une pucelle. J'étais perdue il fallait le dire, il fallait que je parte et vite sous peine de ne plus pouvoir me contrôler.
Je voulus me dégager et mais il resserra sa poigne autour de mon poignet. J'étais piégée, alors je feulai inéluctablement les lèvres retroussées sur mes proéminentes canines.
_ Elle s'appelle Sofia et c'est l'être le plus important pour moi me confia t-il d'un air impassible.
Une réponse aussi précise que vague. C'était sa petite amie ou sa mère ? Telle était la question. Je déglutie et baissai le regard. Je crois au fond de moi que cette confrontation devait avoir lieu. Je tentai en vain de le faire lâcher prise tandis que lui semblait perdu dans un combat intérieur. A ses traits, je voyais qu'il souffrait. Peut-être que lui aussi était livré à un méchant sort. Il m'annonça alors d'une voix inquiète.
_ Pourquoi fais-tu ça ? Tu es un vampire ! Je suis un loup ! S'exclama t-il.
De quoi voulait-il parler ?
_ Je ne comprends pas fis-je dans le vague.
Pourtant au fond de moi, je savais ce qu'il ressentait car je le ressentais aussi. Ainsi donc nous étions tous les deux dans le même pétrin...
J'avais peur, terriblement peur et le seul à qui je pouvais me confier...était un loup agressif et aussi beau qu'un dieu.
_ Oh que si, mais tu te voiles la face sangsue de malheur ! Dit-il avant de me propulser violemment dans le mur. A ma chute je dû me faire mal mais je m'en fichais, tout ce qui comptait c'était qu'il m'avait énervée.
Il voulait jouer ? Très bien, on allait jouer. Mais je savais qu'il n'en ressortirait pas indemne.
Je me redressai, les yeux rouge sang, je voulais le tuer là tout de suite sans aucune autre forme de jugement. Je voulais qu'il paie ce qu'il venait de m'infliger.
_ Tu n'aurais jamais dû faire ça jeune loup dis-je en lui sautant dessus.
A l'intérieur ce n'est que lorsque Paul se métamorphosa et hurla qu'ils se rendirent compte que quelque chose se tramait dehors. Dommage, je voulais que ça dure.
Paul face à moi et deux fois plus gros que ma personne, me montrait ses crocs aiguisés comme pour essayer de me faire peur. Au moindre mouvement je savais qu'il me sauterait dessus. Je ressentis alors en moi une sorte d'excitation mal dissimulée. Je savais qu'il riait intérieurement. Ce n'était pas vraiment un combat mais plutôt, un jeu. Nous jouions avec le feu et j'aimais ça. Il était le seul qui arrivait à mettre autant de piment dans ma triste et régulière vie de vampire.
Lorsque Sam et les autres arrivèrent, ils tentèrent de calmer Paul, apparemment il avait encore du mal à contrôler ses émotions. Bizarrement cela me parut pas mignon mais presque. Je devenais vraiment folle à ses côtés. Encore quelques minutes et il était de nouveau lui... et nu. Je me surpris à le regarder bien de haut en bas. Lorsqu''il croisa mon regard, le sien passa du dur à l'incompréhension puis au timide. Je venais une fois de plus de gagner cette bataille.
Je devais avouer qu'il était plutôt bien conçu, comme il le fallait du moins. Connor était bien fait aussi mais il ne sentait pas autant cette masculinité. Et je déraillais une nouvelle fois.
Mon père arriva vers moi affolé et je dû, à contrecœur lâcher la délicieuse vision que j'avais devant les yeux. De toute manière, tous ses frères étaient agglutinés autour de lui et on ne pouvait plus le voir. Je me moquais mais de mon côté c'était la même chose. Mon père, mes frères et Alice s'empressaient de me poser les questions qui fâchent pour essayer de comprendre ce qui s'était passé.
Je savais que Paul en avait marre également. Je les bousculais alors et partis vers la forêt. Il me suivrait, j'en étais convaincue.
PDV Paul
_ Mais que s'est- il passé nom de dieu ? S'époumona Sam
Je ne répondis pas, je la regardais elle. C'était comme si nous étions que tous les deux, les autres en bruit de fond ne m'atteignirent pas.
_ Je t'avais dit d'être prudent ! Tu ne m'écoutes donc jamais ! Paul ! Cria t-il de plus bel.
Elle partit, sans doute en avait- elle marre de tout ça. Je voulais partir moi aussi. J'étouffais, c'est ça, c'est comme si on exerçait une pression sur mon corps, qui m'emprisonnait tout entier. Je devais réagir et vite !
Je les bousculai et partis en courant en direction de la forêt sous leurs cris tous plus menaçants les uns que les autres. En revenant je ne donnais pas cher de ma peau...
Et c'est au moment de partir que j'eus juste le temps d'entendre Alice dire à mon alpha.
_ Sam, il faut qu'on parle et sérieusement.
A c t e_II
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Je te veux toi et personne d'autre.
PDV Alice.
_ Je te suis me dit-il en suivant Paul du regard toutefois.
Comment lui dire ? Cela paraissait tellement évident que ça m'avait fait l'effet d'une bombe. Je ne sais comment tout ça avait pu se produire mais une chose était sûre c'était que c'était bien réel. Dès le début, je savais que quelque chose clochait chez elle. Attendez, Miriana cela fait des années que je la connais et jamais elle ne m'avait parue plus…perturbée.
Sam me suivit dans la maison, et nous montâmes jusque dans le bureau de Carlisle. Il semblait songeur, quoi de plus normal après tout. Je lui indiquai un fauteuil et il s'y installa. Moi je restai debout car toutes ces révélations m'excitaient atrocement. J'étais tellement euphorique de la tournure des événements… Pourtant je me calmai car j'étais persuadée que ça ne serait pas du goût de Sam toute cette histoire.
_ Alors ? Demanda t-il d'une voix trop calme.
_ Cela concerne Miriana déclarai-je de but en blanc.
Il fit une légère grimace. Autant le mettre dans le vif du sujet. Comment allait-il réagir si je lui disais cela ? Se mettrait-il en colère au point de ne plus savoir se contrôler ?
_ Et Paul également, Sam, tu sais aussi bien que moi comment marche cette chose-là chez vous… les modificateurs…
Il semblait perplexe ne comprenant sans doute pas ce que j'essayais en vain de lui dire. C'était tellement évident quand on y pensait. J'avais réussis à rassembler toutes les pièces du puzzle. C'était vraiment excitant ! L'histoire de Jacke et Nessie nous avait profondément surpris mais alors là, ça dépassait tout ce en quoi on pouvait croire.
_ Développes… m'encouragea t-il.
Son attitude ne laissait rien paraître pourtant je savais qu'il bouillonnait de savoir au fond de lui, je le sentais pour ainsi dire.
_ Sam, crois-moi je ne pense pas que Paul l'ait voulu, ne le blâme pas pour ça, il n'y est pour rien et Miriana non plus. Elle n'a rien demandé à personne ! M'exclamai-je soudain en faisant de grands gestes nerveux.
_ Alice, mais voyons arrêtes cria t-il ! Calmes-toi !
_ Désolé mais c'est que…
Il attendit les yeux rivés sur moi.
_ Paul et Miriana se sont imprégnés…
Il sembla tomber de haut, de très haut même, ses yeux ne cessèrent de bouger dans tous les sens. Ses muscles se contractèrent brusquement et il fit, une drôle de grimace la seconde suivante. Il était terrifiant…
Je décidai de m'avancer vers lui pour voir si tout allait bien quand même. Il me regarda d'un regard noir et profond à la fois.
_ En es-tu bien certaine Alice ?
_ Et bien, il y a des signes qui ne trompent pas Sam, je suis désolée…
_ N'en parle pas à ta vampirette… et de mon côté je n'en parlerais pas à Paul, il faut que j'éclaircisse ça de plus près. Je me doutais bien que quelque chose se passait, j'ignorais que c'était d'une importance de cette ampleur. Il faut qu'ils le découvrent eux-mêmes Alice tu comprends ?
J'acquiesçai lentement, oui il était évident que je n'allais pas aller le crier sur tous les toits. Mais comment allait réagir Miriana ? Sa réaction pourrait être violente… Enfin les choses commençaient à se délier visiblement, je l'avais vu grâce à la petite scène de tout à l'heure. Ces deux- là avec leur caractère explosif allaient bien s'entendre c'était clair.
Sam sortit encore irrité, je savais à ses muscles durement contractés, qu'il avait encore du mal à encaisser la nouvelle… quoi de plus normal en même temps.
Cela sera un choque pour tous j'en étais certaine. Edward courut alors vers moi et me regarda droit dans les yeux. Il avait lu mes pensées. J'hochai la tête et il sembla réfléchir.
_ Ca va être palpitant déclara t-il avec un petit sourire.
_ On ne doit pas en parler Edward !
_ N'aies crainte Alice. Me dit –il seulement.
_ Merci Edward.
Et je partis rejoindre les autres en bas.
PDV Paul
Je ne contrôlai plus rien, je les bousculai et arrachai les vêtements que Jacke tenait dans ses mains. L'instant d'après, je m'enfonçai dans la forêt. Cette nuit-là resterait gravée à tout jamais comme celle qui était la plus étrange de toute ma vie.
Pourquoi avais-je décidé de la rejoindre ? Après tout, rien ne m'y obligeais ! Mais je voulais des réponses, notre petite discussion de tout à l'heure n'avait pas été achevée, je devais savoir ! Pourquoi toute cette mascarade n'arrivait qu'à moi ? Depuis qu'elle était là je n'avais cessé de la voir dans tous mes cauchemars.
Je courrais depuis un long moment déjà lorsque je sentis son odeur qui comme je l'avais dit auparavant, n'était pas si désagréable… Encore un mystère à éclaircir…
Elle n'était plus très loin maintenant. La forêt avec tous ces arbres qui se côtoyaient dans un foisonnement inextricable de feuilles mortes pourpres à cette heure attardée de la nuit, ne donnait pas l'impression d'être un lieu accueillant.
J'aimais être là pourtant, la forêt était comme mon deuxième chez-moi. Encore quelques mètres et je traversai une rivière glacée. Le froid était intense en cette période de l'année mais tout ce qui m'importait c'était de la trouver.
PVD Extérieur
Il se mit à pleuvoir, l'eau luisant sur son corps juste recouvert d'un short le rendait terrifiant. La faible lueur de la lune se reflétait sur sa peau halée. Ses yeux sombres ne cessaient de gesticuler en tous sens pour essayer d'apercevoir quelque chose. Il ne connaissait pas vraiment cette partie-ci de la forêt de Forks. Où voulait-elle le mener ? Etait-ce un piège ? Paul commençait sérieusement à douter de son choix de la suivre.
Derrière lui, une branche craqua sinistrement et le froid s'engouffra dans une longue allée sinueuse ensuite. Ce lieu était plutôt macabre c'était le moins que l'on pouvait dire.
Un corbeau décida de s'envoler bruyamment faisant reculer Paul par la même occasion. Le jeune homme déglutit et reprit sa marche. Il serait faux de dire que Paul avait peur, pourtant la crainte était bel et bien présente. Miriana ne devait pas être loin pourtant… Il la sentait toujours comme si elle était à ses côtés.
Il ferma les yeux et se concentra. La réponse lui apparut si soudainement qu'il faillit se taper le crane en se traitant d'idiot.
« La où tout à commencé, Ton cœur resplendira.
Et jaillira alors, un amour épineux et sanglant »
Y allant en courant aussi vite qu'il le pouvait, il suivit son instinct jusqu'à en perdre haleine. Pour lui, c'était impossible pourtant.
Une angoisse monta en lui, et si elle n'était pas là ? N'importe quoi ! Elle devait y être… Elle y serait, elle attendrait, elle l'attendrait.
La clairière où son père l'avait sauvagement attaqué. Ce jour-là, il ne l'oublierait jamais. Il avait été le jour du début d'une longue histoire houleuse et incandescente comme la braise.
L'endroit était frais lorsqu'il arriva, le vent s'infiltrait entre les multiples feuilles délicatement retenue par des branches crochues. Paul malgré la situation, sourit. Il sourit car tout cela était grotesque.
_ Tu es venu jeune loup… fit une voix mélodieuse tapis dans l'ombre.
Paul scruta l'obscurité à la recherche de la chose. Un petit rire lui parvint. Un rire cristallin, il se permit de se laisser aller quelques secondes en fermant doucement ses paupières. C'était sa voix. Encore une fois elle l'envoutait, mais il ne se laisserait pas faire cette- fois !
_ Oui, c'est bien ce que tu voulais n'est-ce pas ? Demanda t-il sarcastique.
Elle fut devant lui en une fraction de seconde. Elle était si proche qu'il se demandait pourquoi il ne la frappait pas tout de suite comme il s'était promis de faire depuis si longtemps.
_ Bien sûr susurra t- elle contre lui.
Un élan de macabre décorait cette scène. Perdus au milieu de la clairière pourpre, on aurait pu croire à un couple enlacé si leurs yeux n'étaient pas fixés ainsi froidement dans ceux de l'autre.
_ Que veux-tu de moi ? Demanda t-il alors.
_ Rien que tu ne sois en mesure de m'offrir. Répliqua t- elle doucement en battant des cils.
Paul leva un sourcil interrogateur. La réponse était vague, évasive et il se posa différentes questions. Sa vie ? Son sang ? Lui plus généralement ?
_ Pour avoir quelque chose de moi, tu sais, le prix est extrêmement élevé…
_ Et quel est t-il ? Dit- elle en se rapprochant toujours plus de sa proie.
Paul tourna subitement la tête et Miriana se lécha les lèvres sensuellement. Elle savait qu'il ne tiendrait pas longtemps. Ce loup était sa proie, sa propriété, personne n'avait le droit d'y toucher, elle devait en faire ce qu'elle voulait et c'était ainsi. Mais pourquoi tous ces sentiments pour lui venaient s'y mêler ?
Elle posa lentement sa main sur le torse du jeune homme qui commença par avoir sa respiration qui s'accélère dangereusement. Des frissons le parcoururent.
Que voulait –elle faire encore ? Les yeux mi-clos, Miriana caressa ce torse musclé du bout des doigts. Il ne la repoussa pas, chose étrange. Surtout pour Paul. Complètement sous l'emprise de toutes ces émotions, Miriana ne comptait plus le temps. Ses yeux cherchèrent ceux de sa proie et un long moment s'écoula avant qu'ils ne se lâchent du regard.
_ Je n'ai toujours pas eu ma réponse … murmura Paul pour ne pas briser la douce ambiance qu'ils venaient de créer.
Elle ne répondit pas, elle se contenta de sourire plutôt. Sans demander son reste, Miriana fit une deuxième tentative d'approche. Elle se hissa sur la pointe des pieds et au moment où elle allait toucher ses lèvres…
_ Miriana ? Es-tu là ? Ma chérie ?
Connor ! Miriana vit rouge. Elle se recula brusquement en feulant comme si Paul l'avait brulé et lui intima de vite partir. Connor ne serait pas clément avec lui s'il la voyait avec elle.
Paul comme réveillé de sa léthargie lui adressa un dernier regard et commença à partir en hâte.
_ Demain, 20 h ici ! Lui ordonna t- elle.
Il ne répondit pas mais elle savait qu'il viendrait, il le fallait du moins. Elle finissait toujours ce qu'elle avait commencé. C'était une règle qu'elle n'avait jamais transgressé, pourtant elle en avait bafoué des règles en cinq cent ans d'existence...
A c t e_II
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Trahison
PDV Miriana
Mais que venait-il faire ici bon sang ? Ce n'était pas possible ! J'allai enfin avoir le pouvoir sur Paul ! Il avait tout gâché cet idiot !
Je m'arrêtai brusquement, qu'est-ce que j'étais en train de dire ? Je m'affolai, Moi ? Je venais d'insulter mon frère ! Mon ami ! Ma race de surcroit ! J'écarquillai les yeux, tout cela pour …un loup ? Un fichu louveteau !
J'étouffai un grognement et répondit à Connor qui me cherchait toujours.
_ Je suis là Connor dis-je sans grande animosité dans la voix.
Il n'eut pas grande peine à me trouver ensuite. Toujours de sa démarche féline il s'approcha de moi en me détaillant fort grossièrement des pieds à la tête. Je n'aimais pas ça, je n'aimais plus ça depuis que… depuis quand déjà ?
Je me creusai les ménages lorsque Connor m'attrapa subitement par la taille et entreprit de parsemer mon cou de petits baisers.
Je me laissai faire alors ne pouvant esquisser plus aucuns gestes. J'étais comme paralysée et la raison m'échappait.
_ Mais pourquoi es-tu donc parti comme cela mon amour ? Me demanda t-il affolé.
_ Je n'en pouvais plus de toute cette ambiance Connor, je voulais rester un peu seule répondis-je essayant de paraître convaincante.
Il parut se satisfaire de ma réponse et j'en fus grandement soulagée.
_ Tu empestes le chien répliqua t-il avec une grimace de dégout.
Si j'avais pu, j'aurais rougit jusqu'à la racine de mes cheveux heureusement j'avais une parfaite maitrise de moi-même et c'est avec un calme olympien que je lui répondis.
_ Nous avons passé toute une soirée avec des loups tu ne crois tout de même pas que ta veste Forzieri allait rester indemne ?
_ Certes mais il va probablement falloir que je la jette, je ne sais si le dégât pourra être réparé dit-il en faisant une autre grimace et époussetant sa veste d'un geste de la main plutôt impérial.
Nous marchions jusqu'à la villa des Cullen tout en parlant. Connor m'expliqua alors dans les moindres détails son voyage jusqu'aux Etats-Unis et j'hochai juste de la tête en guise de réponse. Tout ce qu'il me racontait ne m'intéressait pas pour la bonne raison que j'avais fait ce voyage avant lui. Je repensai plutôt à mon loup, celui qui hantait mes pensées dans une continuité affolante. Que faisait –il en ce moment ? Etait-il rentré ? Etait-il avec cette Sofia ?
Un feulement m'échappa malgré moi à cette dernière pensée. Connor s'arrêta brusquement en me regardant bizarrement. Je baissai les yeux, honteuse. Il me releva soudain le menton.
_ Que t'arrives t-il Miria' ? Tu es étrange depuis quelques heures mon ange, à tout les coups, ce nouvel air ne te réussit pas m'annonça t-il d'un ton nonchalant.
Je me renfrognai alors. Et bien c'était un peu compliqué vois- tu ? Il y a un loup dans mes pattes donc l'air comme tu dis n'y est absolument pour rien espèce de crétin !
Et voilà que je recommençais, Connor était pourtant celui que je désirais… pourquoi sa présence auprès de moi m'horripilait à ce point ? Il y avait tellement de mystère à élucider que s'en devenait presque fatiguant.
Connor était tout ce que j'aimais chez un homme, il était fort, sadique, charmant, il avait de la répartie et il était un redoutable partenaire.
Je me mis soudain à chercher ses innombrables qualités chez mon loup, et il les avait toutes…sauf la dernière bien entendu…
Aussi bizarre que celui puisse paraître, sa présence me manquait, il y avait comme un vide en moi que j'avais peine à combler…
Au moment même où nous rentions dans la villa, je parti directement m'enfermer dans ma chambre. Un peu de lecture me ferait du bien. Après tous ces événements je voulais être tranquille et c'était la meilleure chose à faire.
PDV Paul
Je courrai, je m'en contrefichai d'où mais je courrai. Mon cœur battait encore à cent à l'heure ? C'était quoi ça ? Mais quel idiot j'avais fait de l'avoir laissé m'approcher de la sorte ! Maintenant elle allait vouloir recommencer.
Je grognai une énième fois, en essayant de me calmer. Demain ? Elle était folle de vouloir me revoir ! C'était une drôle de façon de m'inviter à un rendez-vous pensais-je amèrement.
Je n'irais pas, non ce n'était pas de la lâcheté mais c'était trop tôt. Je ressentais encore son corps froid tout contre le mien, sa voix susurrant des mots doux et tranchant à la fois dans mes oreilles, sa main parcourant mon torse sous toutes les coutures. Un long frisson me parcourut l'échine à cette pensée. Je ne pouvais penser à des choses pareilles bon sang ! C'était un vampire ! C'était contre nature ! Pourtant, au fond de moi je l'avais aimé ce contact… et j'en avais évidemment honte.
Et ma conduite avec Sam et la meute ?! Qu'est-ce que j'avais fait ?! Je me mordis violemment ma lèvre inférieure et m'arrêtai. Je les avais trahis… Une soudaine envie de me cacher loin sous terre m'envahie. J'allais passer un sale moment… Jacke et Embry allaient m'en vouloir à mort de ne leur avoir rien dit.
Oh et puis je verrai ça demain, pour l'instant j'avais une extrême envie de dormir. Je rentrai vite chez moi et vis que la lumière était encore allumée. J'esquissai un sourire.
Lorsque j'ouvris la porte, je fus heureux d'être de retour dans un endroit familier. Mes problèmes me semblaient moins pesants tout d'un coup.
Elle était dans la cuisine et alors je m'approchai doucement d'elle, elle se retourna en m'entendant et me sourit, j'étais heureux tout simplement, heureux de l'avoir près de moi.
_ Paul, tout va bien ?
_ Oui pourquoi me poses-tu cette question ? Demandais-je décontenancé.
_ Nous sommes jumeaux Paul, si quelque chose se passe, tu peux être sûr qu'une part de moi le saura, quelque chose te tracasse, dis-le moi…
Sa voix était implorante.
_ Je…je ne sais pas si c'est le bon moment pour en parler Sofia répondis-je hésitant.
Elle s'approcha de moi, je savais qu'elle allait me supplier, et comme à chaque fois, je céderais.
Ma sœur avait réellement une emprise horrible sur moi. Elle était la seule qui m'importait, la seule que je voulais protéger même si pour cela je devais mourir. Elle était tout pour moi.
Ses yeux de biche larmoyants finirent par me convaincre et je décidai de tout lui avouer. Peut-être cela me soulagerais du poids que j'avais sur les épaules. Car sans mentir, je me sentais horriblement mal depuis quelques jours.
_ Tout à commencé il y a quelques jours, chez Emily j'ai eu comme un sentiment bizarre, c'est comme si…je savais que quelque chose se préparait. Et il y a eu cette attaque avec deux vampires étrangers. Depuis que je l'ai vu Sofia, elle me hante…
Sofia semblait perplexe, mes mains entre les siennes je voyais bien qu'elle réfléchissait à vive allure.
_ C'est celle qui est rentré chez toi ? L'autre jour ? Me demanda t- elle.
_ Comment tu sais ça ? Fis-je les sourcils froncés.
Ses joues se rosirent à vue d'œil à l'entente de ma question.
_ C'est Sam qui m'a interrogé l'autre jour… il…il ne voulait pas que je te le dise Paul mais, il s'inquiète beaucoup pour toi tu sais, il dit que tu as changé depuis quelques temps.
La colère m'envahit soudain, Sam me surveillait ? Et par l'intermédiaire de ma sœur en plus ! Je tournai la tête pour cacher mes yeux noirs de fureur et continuai de lui raconter.
_ Oui c'est elle qui est venue, Sofia, gardes pour toi tout ce que je te dis, c'est important ! M'exclamai-je.
_ Je comprends répondit Sofia compatissante.
_ Et ce soir, je … je l'ai suivis, contre les ordres de Sam je ne sais pas ce qui m'a pris…
Elle posa sa paume de main contre ma joue brulante.
_ Paul, tu découvriras bien assez tôt toutes les réponses à tes questions j'en suis persuadée.
_ Je l'espère dis-je sans grande animosité en baissant la tête.
_ Allons dormir Paul, demain sera un autre jour dit- elle avec un grand sourire.
PVD Extérieur
Paul dormit mal cette nuit-là, son sommeil fut agité par des sombres rêves qui le torturaient. Tout ce qu'il vivait en ce moment, était à peine croyable. C'est comme s'il était dans un jeu dont on déplaçait le pion qu'il était, à volonté. Il n'avait plus aucun contrôle sur lui-même lorsqu'elle était près de lui.
Chaque pensées, chaque mots prononcés étaient une douce torture tant il était obsédé par elle.
Et c'est là qu'il eut peur de savoir, peur de comprendre. Car il n'y avait jamais réfléchit auparavant, cela ne se produit pas chez tous les loups… Pendant longtemps il avait abandonné l'idée que ça lui arrive aussi à lui. Jacke, Sam, et Quil mais pourquoi pas lui après tout ?
C'est brutalement qu'il se réveilla, hors d'haleine. Couvert de sueur et les yeux sortant de ses orbites comme s'il avait vu un revenant, il essaya de reprendre son souffle durant quelques minutes interminables.
_ C'est pas possible… je suis imprégné ! Dit –il soudain d'une voix extrêmement roque.
Sa voix s'étrangla dans sa gorge devenue si sèche. Il se sentit affreusement mal et eut la nausée. Luttant contre ses démons intérieurs il voulut se lever mais retomba sur le lit derechef.
Ayant une atroce envie de pleurer il mit sa tête entre ses mains et essaya de refouler ses sentiments contradictoires.
Sa respiration devenue haletante ne voulait se calmer car tout cela lui semblait invraisemblable, incohérent, contre-nature. Pourtant, en croyant cela, nombreuses de ses questions trouvèrent une réponse. Il grogna soudain, était-il devenu fou au point de croire ce genre de choses ?
Mais il redescendit vite sur terre car ses espoirs étaient vains, il était imprégné c'était un fait… et comme le voulait cette bénédiction transformée spécialement pour lui en malédiction, il ne pourrait y échapper.
Une larme, une seule s'échappa malgré lui et vint tout doucement s'écraser contre terre. Ses yeux devinrent noirs de colère et il décida de changer d'air. Sortant le plus discrètement possible pour ne pas réveiller Sofia, une fois dehors, il se transforma et partit en toute hâte dans la forêt. Courant comme si le diable était à ses trousses, il ne s'arrêta que lorsqu'il fut loin de toute vie. A quatre pattes sur le haut de la falaise, la tête levée vers les étoiles, il hurla tout le désespoir et le chagrin qui l'animaient.
A c t e_II
e_III
Angoisse
PDV Extérieur
Paul se réveilla avec un mal de tête terrifiant le lendemain. Faisant une grimace, il ramena son bras sur ses yeux pour cacher la lumière trop vive qui l'essénaillait. Un grognement lui échappa malgré lui et doucement, tout doucement il entreprit d'ouvrir les yeux.
Comme il s'y attendait, il était dans la forêt. Les événements de la veille lui revinrent, soudain en mémoire et un nœud se forma dans son estomac. Aujourd'hui il y avait une réunion avec les autres, il allait devoir s'expliquer. Mais comment expliquer quelque chose dont il n'était pas sûr lui-même ? Parce qu'il lui semblait être imprégné mais il ne le saurait que lorsque qu'il en aurait parlé avec Miriana or, comment savoir si elle ressentait la même chose ? Il se voyait bien arriver devant elle « euh salut, tu vas bien aujourd'hui ? Sinon je voulais savoir si tu ressentais des genres de palpitation en toi lorsque j'étais près de toi ? » Complètement idiot se dit –il avec amertume.
Il se leva vivement, s'épousseta, et rentra chez lui. Sofia était au travail, tant mieux il n'aurait pas à lui expliquer son absence de la veille, c'était un souci en moins se dit –il en s'asseyant.
Il mit sa tête entre ses mains et tenta de réfléchir le plus vite possible. Trouver une réponse devenait difficile dans cette situation. Il repensa à Miriana, hier dans sa robe en soie rouge, épousant parfaitement les formes dans son corps, ses longues jambes… il secoua énergiquement sa tête. Pas de doute il y avait quelque chose. Sa haine envers cette sangsue s'agrandit instantanément. Tout ça c'était à cause d'elle, si elle n'était pas venue…
Mais il ne pouvait y échapper, les esprits Quileute en avaient décidé autrement, il devrait faire avec. Il essaya de chercher s'il avait fait quelque chose qu'il ne fallait pas pour être punit de la sorte mais rien ne lui vain à l'esprit.
Il se résigna, de toute façon c'était ainsi, point barre. Paul compta alors les minutes qui passaient terriblement vite. Dix heures sonna et il sentit son cœur exploser dans sa poitrine.
_ Voilà le moment de vérité dit –il d'une voix roque.
Il s'apprêtait à sortir lorsqu'une masse s'appuya de toute sa force sur la porte d'entrée. En vérité Paul l'avait senti mais pour une raison qu'il ignorait, il avait envie de l'écouter.
_ J'ai à te parler le clébard.
_ Ce serait avec joie mais on m'attend et … commença Paul avec ironie
Mais l'autre lui barra le passage avec son bras. Paul se dit que ça ne présageait rien de bon tout ça. Il préférait rester sur ses gardes, au cas où.
_ Ne joues pas au héros avec moi, ça ne marche pas, ce que je suis venu te dire est très important, alors ouvre bien grand tes oreilles.
Paul était resté stoïque face à cette provocation, il enleva le bras de Connor non sans faire une légère grimace et attendit patiemment la suite.
_ Miriana est à moi et seulement à moi vermine, que je ne te vois pas l'approcher où sinon ta vie sera réduite à néant dans les minutes suivantes.
_ Minutes seulement ? Oh je te croyais vraiment plus fort que ça. Répliqua Paul absolument conscient qu'il était en train de l'énerver.
L'autre empoigna violemment Paul par le col et la tête du jeune loup alla claquer brutalement contre la porte. Paul pouvait sentir son souffle sur sa joue et il réprima un léger rictus.
_ Je suis terriblement sérieux tu sais, tu ne sais pas à qui tu as à faire.
_ Toi non plus !
Paul dû lui tordre le poignet pour lui faire lâcher prise. Les sourcils froncés il lui fit face, les bras croisés sur son torse.
_ Ne t'es tu jamais demandé ce qu'elle pouvait te trouver ? Je n'ai rien à te dire car la sangsue et moi c'est une histoire de rivalité rien de plus.
_ Bien sûr, j'ai vu ton regard chez les Cullen, le regard que tu lui portais, ce n'était pas celui d'un simple adversaire. S'écria presque Connor les yeux noirs de fureur.
Paul ouvrit grand les yeux, il déglutit difficilement et l'autre sembla le voir et s'en amuser. Connor s'approcha de plus bel vers Paul qui ne cilla pas. Le vampire se délecta de son malaise.
_ Aurais-je percé à jour ce que tu tentes de cacher ? Susurra l'autre d'un air affreusement sadique.
Paul se sentait mal terriblement mal par ce que l'autre venait d'annoncer et ses yeux trahissaient amplement son anxiété. Connor esquissa un sourire un peu espiègle.
_ Je le savais, comment réagira t- elle quand elle apprendra qu'un loup s'est épris d'un vampire ?
Et il partit dans un grand éclat de rire exagéré. Paul se raidit instantanément, pour qui se prenait –il celui-là ? Il se retourna et plaqua violemment Connor au sol. S'approchant ensuite de son oreille il lui dit ces quelques mots, sous les feulements agressifs du vampire.
_ Tu n'imagines même pas les choses affreuses que je pourrais te faire pour avoir osé m'insulter de la sorte. Persiffla Paul menaçant en lui tenant fermement la tête et le bras.
Connor tenta en vain de se débattre mais Paul était plus fort que lui, il devait l'admettre. Paul écrasa toujours plus son ennemi sur les graviers de la cour.
_ Cette sangsue n'est rien pour moi, j'espère que tu piges et que je ne te revois pas par ici, la prochaine fois ce n'est pas le bras que je te casserais soit en sûr le menaça Paul les yeux noirs en exerçant une forte pression sur le bras du vampire qui émit une longue plainte de douleur une fois un sinistre craque sonore passé.
Paul ne voulait plus se laisser faire, il avait été faible ces derniers jours et ça il ne le voulait plus. Tout allait redevenir comme avant et ça personne n'aurait le droit de s'y opposer. Les vampires allaient tous périr s'ils approchaient d'un peu trop près le jeune homme.
Connor se releva lentement en se tenant le bras et détala comme une flèche. Content de son effet il partit à son rendez-vous avec la meute un peu plus confiant.
Confiance qui retomba aussitôt lorsqu'il les vit tous de front, l'attendant impatiemment, Jacke et Embry avaient la tête baissé ce qui ne présageait rien de bon pour lui.
PDV Paul
Inutile de dire que j'avais une peur terrible pour mon matricule… Sam était au centre et ses traits durs finirent de m'achever sur place. A quelques mètres d'eux seulement, je m'arrêtai.
C'est Jacke qui s'avança le premier vers moi. Arrivé à ma hauteur il me gratifia d'un petit sourire qui me fit faire un rictus.
_ Tu sais Paul, Sam n'y est pour rien, il a seulement mal camouflé ses pensées et… ce n'est pas ta faute non plus ça se commande pas, je le sais…
Je le poussai soudain et passai devant lui. Je m'avançai et me plaçai face à eux.
_ Je ne sais pas si c'est vrai, je suis au courant et moi aussi ça me perturbe cette histoire. Je vais essayer de ne plus y penser c'est tout annonçais-je froidement.
_ Mais… commença Jacke
_ Non c'est mon choix Jacke s'il te plaît, je ferais tout pour lutter contre, je…je sais que ça sera difficile mais malgré le fait que je sois peut-être imprégné, je ne ressens rien pour elle sauf de la haine.
Sam acquiesça doucement de la tête. Moi-même je n'étais absolument pas convaincu de mes paroles mais il fallait que je m'en persuade un minimum. Je savais très bien comme allait le dire Jacke que je ne pourrais pas lutter longtemps si j'étais effectivement imprégné… mais une part de moi voulait terriblement s'accrocher à l'idée que ce n'était qu'une passade.
_ Paul, ton choix sera le bon me dit Sam.
Je ne sus dans quel sens prendre sa phrase mais en guise de réponse je hochai juste de la tête. Finalement ça ne c'était pas si mal passé. Maintenant que tout le monde était au courant de ma pseudo-imprégnation ça allait être plus difficile de régler mes comptes avec la sangsue.
PDV Miriana
J'attendais depuis de longues heures déjà dans cette chambre. Pourquoi étais-je si euphorique de m'expliquer avec lui ? J'allais enfin mettre les points sur les « i ». La petite scène d'hier j'y avais longtemps songée et cela ne devait pas recommencer c'était clair.
Comment avais-je pu faire cela ? J'avais faillis céder à la tentation. Ce trophée- là était précieux en son genre. Comment avais-je pu ? Je devais le préserver, attendre le bon moment…
Les aiguilles tournèrent lentement ce matin-là et j'avais peur pour le soir. Je ne cessais de vagabonder entre le lit et le fauteuil de ma chambre.
Personne n'était venu me voir et tant mieux, je ne voulais pas parler aujourd'hui. Soudain, une odeur vint me chatouiller les narines, du sang et une odeur que je ne connaissais que trop bien. Ni une, ni deux, je descendis les escaliers en quatrième vitesse et atterris souplement sur le pallier.
Emerich déjà était aux côtés de son frère. Connor, mon Connor couvert de sang et sentant le chien à deux kilomètres à la ronde. J'écarquillai les yeux de surprise.
_ Que s'est-il passé ? M'exclamai-je malgré moi.
_ Ce loup, m'a attaqué sauvagement, je ne lui avais rien fait pourtant, Carlisle n'avez-vous pas un traité pourtant ?
Le docteur prit de court ne sut pas vraiment quoi répondre, c'était la première fois que je le voyais aussi déboussolé.
_ Mais Paul ne t'a pas attaqué sans raison voyons ! M'enquis-je à dire trop vite.
Je portai vivement mes mains à ma bouche. Prononcer le nom du loup comme s'il m'était familier n'était pas la meilleure chose à faire selon moi. Les autres se retournèrent vers moi perplexes.
_ Je…je veux dire, tu ne t'as pas un peu provoqué ? Les loups sont susceptibles tu sais…
Essayer de me rattraper envenima les choses, je pris un air hautain et les toisai, celui qui me ferait une seule réflexion s'en mordrait les doigts pendant un siècle.
Heureusement pour moi, ou eux on pouvait le prendre dans différents sens, personne ne tint rigueur de se que j'avais dit. Je laissai Connor aux soins du Docteur et remontai dans ma chambre pour y passer les plus longues heures de toute ma vie.
Je m'ennuyais comme un rat mort, c'était le cas de le dire, je n'avais rien à faire c'était désolant. Si quelqu'un m'avait dit que Miriana Addison s'ennuierait un jour, je lui aurais rit au nez croyez-moi.
J'entendis quelques instants plus tard, les pas de Connor dans l'escalier et priai tous les saints qu'il ne s'arrête pas devant ma chambre. Lorsque ses pas s'éloignèrent plus loin dans le couloir, je soufflai un grand coup. Voilà qu'étrangement, je ne voulais plus voir mon amant. Je fronçai les sourcils et continuai de fixer attentivement l'horloge au tintamarre stressant.
Cela faisait deux jours que je n'avais pas chassé et les effets s'en ressentaient. J'avais mal dans tous mes muscles, je devais aller chasser avant d'y aller, c'était capital si je ne voulais pas réduire mon loup en bouillie.
Je m'apprêtai à sauter par la fenêtre lorsque quelqu'un fit irruption dans la pièce, je le maudis intérieurement et me retrouvai face à Alice.
Je descendis de mon perchoir et vins vers elle, elle semblait en grand combat intérieur. Passant une de mes mains devant son visage fermé, j'attendis qu'elle me donne signe de vie.
_ Ne vas pas le rejoindre ce soir Miria' me dit –elle de but en blanc.
Je pris cela comme un coup, comment avait-elle pu le deviner ? Les loups ne bouillent-ils pas les visions ? Je me mordis la lèvre inférieure et attendis patiemment.
_ Connor te surveille Miria', il doute que tu ais toute ta tête, si tu sors tout sera perdu... dit-elle d'une voix faible.
_ Comment ça perdu ? Ce n'est pas vraiment un rendez-vous, je veux juste mettre les choses au clair Alice dis-je plus froidement que je ne l'aurais voulu.
_ S'il te surprend avec lui, Miriana, il te tuera une fois qu'il en aura fini avec Paul dit-elle en ne prenant pas compte de ma dernière remarque.
_ Connor est mon amant, mon frère, il n'a rien à craindre de Paul…
_ En es-tu certaine ?
Bizarrement je sus que cette question ne se posait pas par le fait que Connor serait capable de me faire du mal mais plutôt au fait qu'il était mon amant. L'était-il toujours d'ailleurs ? Cette palpitation que je ressentais lorsqu'il était près de moi s'était envolée depuis peu je devais l'admettre…
Peut-être était-ce de la lassitude après toutes ces années… j'aime la nouveauté, la routine très peu pour moi…
Je réfléchis à ce qu'elle avait dit, je ne pouvais pas ne pas y aller, ce serait…pas possible tout simplement, j'attendais ce moment depuis hier soir, repousser l'échéance n'était pas possible, non !
_ J'irais Alice, que tu le veuilles ou non déclarais-je tranchante.
Elle me fit une petite moue à laquelle je ne répondis pas. Elle pouvait m'attacher, me torturer, m'enfermer mais j'irais coûte que coûte.
_ Bien mais…je t'aurais prévenu Miriana me dit-elle en partant par où elle était venue.
Je hochai de la tête, bien sûr que je risquais beaucoup mais une force invisible me poussait en avant, je ne pouvais plus reculer désormais c'était impossible.
Je sautai par la fenêtre et partis au abords de Forks, je repérai bien vite un homme pas trop maigrichon et pas trop gros, parfait quoi… je me cachai et attendis qu'il passe devant moi.
J'allais me régaler ça c'était sûr. Qu'elle idée avait eu ce pauvre humain de s'aventurer dans une ruelle aussi petite et morbide ? Alors que j'allai bondir, quelque chose me troubla. Un petit garçon s'avança vers l'homme en courant aussi vite que ses petites jambes pouvaient le lui permettre. Il ne devait pas avoir plus de cinq ans, je me mordis la lèvre et sentis comme un nœud dans mon estomac.
_ Papa ! Papa ! Attends, tu m'as pas dit au revoir ! S'époumona le petit garçon.
L'homme se retourna et lui fit un énorme sourire ce qui finit de m'achever. J'assistai à une scène vraiment horrible. Comment pouvais-je être encore aussi sensible après toutes ces années ?
L'homme attrapa son fils et lui fit un énorme bisou sur sa joue rebondie. J'allai m'en aller en n'en ayant trop vu quand une tornade passa devant moi.
_ Connor ! Murmurai-je avec une peur atroce.
Ledit Connor fit le ménage dans la ruelle sous mes yeux exorbités. Le temps que j'intervienne, les deux humains s'étaient faits assassinés et devant moi, Connor finissait son festin en se léchant les doigts.
C'était trop tard, sans voix je m'approchai des dépouilles, comment avait –il pu faire ça ? Je… je ne pouvais pas regarder.
Connor s'approcha de moi et je reculai, surprit il fronça les sourcils.
_ Que t'arrive t-il ?
Je ne pus lui répondre, je me sentais mal, je voulais qu'on me réconforte, où était mon loup ? Avec bien des difficultés je me rendis compte que seul lui pouvait apporter une once de nouveauté dans ma vie.
Après un long moment de silence, une larme s'échappa malgré moi et j'en fus très surprise. Tellement surprise que je feulai brusquement. Voilà que je pleurais, j'étais pathétique.
Connor ne le vit pas et heureusement pour moi.
_ Ce petit avait un père, désormais la mère sera seule avec le poids de leur mort éternellement ancré dans son cœur, laisses-moi tu en as trop fait déclarais-je faiblement avant de m'enfuir aussi vite et aussi loin que je le pus.
Connor et je le vis, resta interdit durant quelques secondes.
C'était presque l'heure, je n'avais plus faim, il m'avait coupé l'appétit. Machinalement, je me dirigeai vers la clairière et une fois arrivée j'attendis assise sur un rocher.
J'avais changé c'était vrai mais d'un côté, cela ne me dérangeai pas, je me rendais compte qu'être un vampire n'était pas obligatoirement synonyme de méchanceté et perversité. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Encore une fois je me sentais ridicule, ce n'était pas dans ma nature de m'apitoyer sur mon sort et de plaider ma cause.
Je sortis ma montre à gousset et regardais le cadran, il était vingt heures passé de cinq minutes et il n'était pas là. Je fronçai les sourcils, il avait peut –être un peu de retard.
Je me levai et regardai un peu les environs, ce coin était plutôt beau. Une demi-heure plus tard, je l'attendais toujours. Et deux heures plus tard également, la boule au ventre que je ressentais souvent en ce moment revint me taquiner.
Trois, quatre, cinq, six heures et déjà la lune était haute dans le ciel, je soufflai bruyamment.
_ Il ne viendra pas déclarai-je avec tristesse.
Je me levai et repartit chez les Cullen. Il m'avait abandonné… Enfin il ne me devait rien, lui et moi n'étions pas amis mais même les ennemis se doivent respect… non ?
Je fulminai et rentrai. Je m'enfermai directement dans ma chambre et attendis. Alice toqua à la porte et rentra après mon faible « rentrez ». Elle s'approcha doucement de moi et me fixa de ses prunelles d'or.
_ Il n'est pas venu.
Et ma voix s'étrangla. Tout doucement Alice vint s'asseoir près de moi et me prit dans ses bras. Moi je me laissai aller tellement j'avais besoin de réconfort.
A c t e_II
e_IV
Illusion fatale
_ Tu le savais n'est-ce pas Alice ? Dit Miriana quelques heures plus tard.
_ Je m'en doutais un peu avoua t- elle avec regret.
Miriana ne savait quoi penser, elle réfléchissait à vive allure. Tout c'était écroulé en moins de deux secondes. Pourquoi ce chien n'était –il pas venu ? La veille il lui avait semblé qu'il tenait à elle, pas d'amitié mais plutôt par la haine.
Elle lui en voulait ça c'était une évidence. Paul était si changeant que ça l'effrayait presque. Il la rendait faible, elle se sentait si petite à ses côtés qu'elle pouvait difficilement s'affirmer en sa présence.
_ Je dois te parler Miriana, c'est extrêmement important, surtout tu dois m'écouter attentivement déclara Alice en la regardant droit dans les yeux.
Miriana prit peur et alla se rassoir dans le canapé de la chambre. Elle attendit patiemment la suite qui elle l'espérait ne serait pas si horrible que cela.
_ C'est un sujet délicat et surtout tu ne dois...
Mais jamais Alice n'eut le temps de finir sa phrase. Miriana alertée par une odeur bien connue, se jeta sur la porte pour descendre le plus vite possible. S'il pensait passer inaperçu, c'était raté.
Il était là pour venir récupérer sa voiture qu'il avait laissé chez les Cullen le soir de l'anniversaire de Renesmée. Il n'avait pas eu particulièrement l'envie d'y aller, pourtant il avait besoin de cette satanée auto.
C'est prudemment qu'il se rendit chez les Cullen avec la ferme intention de ne pas s'y attarder.
Elle était là il le savait et vu le coup qu'il lui avait fait la veille, elle ne devait pas être de très bonne humeur. Elle était si chiante et collante qu'il se demandait comment cela était possible qu'il soit imprégné d'elle.
Il découvrit bien trop vite à son goût, la villa et se dirigea de pas ferme vers sa bonne vieille voiture qui n'attendait que lui.
Il n'eut le temps de mettre la clé dans la serrure qu'il sentit un souffle légèrement piquant dans son cou. Il ferma les yeux en se traitant d'idiot d'avoir crut pouvoir y échapper.
Paul se retourna lentement avant de confirmer ses doutes les plus profonds. Oui Miriana était devant lui et non son visage n'exprimait en rien de la colère. On aurait dit plutôt de l'incompréhension mêlée à de la tristesse. Comment pouvait –elle être triste ?
_ J'ai à te parler déclara t- elle alors dans un souffle.
_ Je n'ai rien à te dire répondit subitement Paul prit d'un élan de panique.
_ Ce n'était pas une question jeune loup, suis-moi !
C'était bel et bien un ordre auquel Paul ne pouvait échapper. Son destin était mêlé à celui de la jeune vampire qu'il le veuille ou non. Tout était fini, c'était trop tard, désormais, elle était lui et il était elle. C'était comme ça et la réalité vint brusquement le frapper de plein fouet.
Elle était son imprégnée, sa compagne, sa moitié. Il ne servait à rien de lutter contre ses sentiments envers elle. Il ne pourra bientôt plus les cacher de toute manière.
Cette façon que Paul avait d'être perdu alerta Miriana qui fronça les sourcils de mécontentement. Elle n'aimait décidément pas qu'il l'ignore.
Comme prévu la veille au soir, elle l'emmena à la clairière qui aujourd'hui luisait sous un magnifique soleil. Miriana grogna légèrement ce qui fit sourire notre loup. Elle n'aimait pas le soleil, c'était à cause de lui qu'elle ne pouvait voyager et se déplacer de surcroit, que la nuit tombante.
Elle se retourna vers Paul une fois son parcours achevé et découvrit qu'il la fixait avidement. Elle en fut vivement surprise. De suite Paul tourna la tête pour masquer sa gêne.
Cet élan de magie fit naître autour des deux créatures une atmosphère reposante.
_ Je t'écoute dit subitement le garçon.
_ Pourquoi n'es- tu pas venu hier soir ?
Paul ne répondit pas, comment lui dire qu'il avait eu peur de ce qui se serait passé ? Elle le prendrait pour un fou certainement.
_ Ton...ami m'a formellement menacé si je te revoyais.
Une réponse qui n'était pas si mensongère que cela. Miriana esquissa un petit sourire. Elle se rapprocha plus près de Paul qui sentit son pouls s'accélérer dangereusement dans sa poitrine.
Il se maudit intérieurement d'avoir ce genre de réactions puériles mais hélas il ne pouvait lutter contre, il l'aimait autant qu'il la détestait. Et rien que pour cela, il se détestait lui-même.
_ Que se passe t-il Paul ? Tu m'as l'air bien nerveux je me trompe ? Susurra la jeune vampire.
Paul déglutit difficilement, il n'aimait pas être percé à jour de la sorte.
_ Pour rien déclara t-il en essayant de paraître convainquant.
_ Depuis quand les provocations de Connor t'arrêtes t- elles ? Continua de demander brusquement Miriana qui venait de reprendre son ton sérieux.
Paul soupira, elle ne le laissera jamais tranquille.
_ Je ne voulais pas venir, tu es contente ?! S'exclama Paul soudain.
Miriana ne fit plus aucuns geste tellement elle venait d'être secouée. Pourquoi l'était –elle d'abord ?
Elle vint se placer devant lui et le regarda droit dans les yeux. Elle essaya de le percer littéralement du regard.
_ Tu me caches quelque chose !
Il fut pris de court, il ne s'attendait certainement pas à ça.
_ Tout le monde ici sait quelque chose que j'ignore ! Dis-le-moi ou tu souffriras louveteau...
Paul sourit intérieurement, elle ne lui faisait pas peur et il n'était pas vraiment en état de lui dire toute la vérité.
_ Je ne te dirais rien, car bien que tu sois concernée, tu ne seras pas en mesure de te contrôler.
Miriana prit cela comme un affront, comment ça elle ne serait pas capable de se contrôler ? Elle grogna et le prit par le cou afin de le bloquer contre l'arbre le plus proche.
_ J'en ai tué pour bien moins que ça tu sais ...
_ Je m'en fiche, tu ne sauras rien !
_ Tu n'es qu'un enfant Paul...
Et elle l'envoya trois mètre plus loin.
_ ... mais j'aime ça.
Paul se releva et fondit sur elle, il ne pouvait laisser passer ça, comment osait –elle s'en prendre à lui sans qu'il ne riposte ?
Sans qu'elle n'ait le moindre moment pour contrer l'attaque elle s'abattit lourdement sur l'arbre le plus près d'elle. C'est dans un énorme craque sonore que le chêne retomba sur le sol poussiéreux de la clairière.
Miriana était désormais énervée et ses yeux couleur sang fusillèrent Paul autant qu'ils le pouvaient. Ce dernier ne s'en formalisa pas, il revint à la charge avec son air le plus froid possible.
_ Tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu t'embarques Miriana !
_ Alors expliques –moi répondit –elle d'une voix douce tout en esquivant une droite de Paul.
_ Je ne peux pas dit le jeune homme avant de recevoir un coup de poings dans le ventre.
Paul eut le souffle littéralement coupé. Elle n'y était pas allée de main morte cette fois-ci. Il plissa les yeux comme si la douleur allait passer plus vite. Miriana fit une petite moue, elle commençait à peine à s'amuser pourtant...
Paul attendit quelques secondes avant de pouvoir se remettre correctement debout, il fit craquer son cou et se mit en position de combat.
_ Pourquoi ne te transformes- tu pas ? demanda Miriana tout en surveillant les faits et gestes de son adversaire.
_ Le combat ne serait pas égal sinon répondit –il naturellement.
Malgré son ton sérieux, Miriana savait qu'il plaisantait. Ainsi donc pour lui, ce combat n'était pas sérieux, il allait voir ce jeune fou ! Elle se jeta à son tour sur lui mais il esquiva son geste aussi facilement qu'il le put ayant anticipé ce qu'elle allait faire. Elle feula d'avoir raté son coup et repartit à la charge. Elle se débattait comme une diablesse et Paul s'en amusa.
Mais hélas pour lui, il ne s'amusa pas longtemps, d'un geste habile, elle le désarçonna et le coucha sur son flanc, Paul bougea autant qu'il le put, il ne voulait pas revivre la même scène que la dernière fois. Il se prit de multiples coups au visage tous plus violents les uns que les autres. Elle était sadique, elle aimait se battre et il le voyait bien. Paul bien que plus fort qu'elle n'essaya pourtant pas de renverser la situation.
Miriana assise en califourchon sur lui le griffait, essayait de le mordre et le battait sans scrupules. La bête avait prit possession de son âme.
Paul n'était pas en position de force et brusquement, tout changea lorsqu'il prononça les quelques mots qu'il n'aurait jamais dû.
_ Nous ...sommes ...destinés Miriana !
Miriana ne comprenant pas sur le champ stoppa tout de même tout mouvement. Elle ouvrit la bouche et la referma aussitôt, comme si elle était en manque de salive.
Le temps passa lentement pendant que Miriana analysait la scène.
_ Que veux-tu dire par... destinés ? Demanda t- elle suspicieuse et prudente en fronçant légèrement les sourcils.
Paul ne savait plus quoi faire, il était piégé, elle le maintenait désormais dans un filet, plantant ses griffes jusqu'au plus profond de sa chair.
Il ferma les yeux, il avait était trop loin. Il avait tout gâché, maintenant il devait lui dire.
_ C'est un peu compliqué dit –il...
_ Mais j'ai tout mon temps Paul répliqua t- elle sur un ton doucereux.
Leur position assez équivoque lui donna le tournis quelque instants.
_ Dans notre tribu, il y a une chose qui se passe parfois lorsque deux êtres se rencontrent...
Il ne savait comment s'expliquer, elle ne savait rien des légendes Quileute et surtout risquait de ne pas vouloir y croire. Il continua tout de même le plus simplement possible.
_ Dès que leurs regards se croisent, il n'y a plus rien d'autre qui compte que l'autre. Il est comme un aimant, il est impossible de se détacher de cette personne. On pense sans arrêts à elle, on veut la voir, la toucher, et tout ça c'est ce que l'on appelle dans notre tribu, l'imprégnation...
Miriana n'avait pas bougé, tout son corps s'était raidit à chaque mots prononcés par le jeune homme. Ce qu'il venait de dire était-il vrai ?
_ Et tu ressens ce genre de chose pour moi ? demanda t- elle tout doucement comme un murmure qui vint s'abattre sur lui comme une caresse.
_ ... Oui avoua t-il à contrecœur.
_ Connor avait donc raison dit –elle avec sérieux.
Paul baissa la tête, ne sachant plus où se mettre.
_ Je dois te tuer Paul déclara t- elle alors.
_ Pourquoi ?! S'empressa t- il de demander décontenancé.
_ Parce que... je ressens la même chose pour toi et ce n'est pas possible...
~.~
A c t e_II
e_V
Aimes- moi
_ Tu ne peux lutter Miriana ! J'ai déjà essayé et... en vain, tout me rapproche de toi.
Paul était absolument désemparé et plus il parlait plus Miriana se mordait violemment la lèvre inférieure. Ainsi donc c'était ça ? Elle était liée à lui, elle ne pouvait y croire pourtant toutes les preuves étaient bien là. Toute cette situation lui donna le tournis et quelques instants elle perdit pied. Comment pouvait- elle aimer à en mourir alors qu'elle était théoriquement morte ? C'était à n'y rien comprendre.
Elle porta sa main droite à sa tête et quelques secondes plus tard replongea son regard perçant dans celui infiniment triste de son ennemi.
_ Ne me regardes pas comme ça ! Cria t- elle.
Que devait –elle faire ? Elle devait le tuer, ce serait plus simple ensuite ou alors la perte serait d'autant plus terrible ? Elle ne savait plus, elle voulait en finir !
_ Je n'aurais jamais dû venir ici murmura t- elle mais Paul l'entendit pourtant.
_ Je suis désolé Miriana...
_ Je pense que t'excuser ne servirait à rien, c'est le destin qui l'a choisi dit –elle las après un long soupir.
Bien que Paul fût du même avis, il était légèrement déçu qu'elle ne le voit autre qu'un chien galeux. Lui-même l'avait longtemps définit comme une sangsue à exterminer au plus vite mais voir qu'elle pensait la même chose que lui, était quelque peu blessant.
Paul essaya de se relever en la poussant doucement mais elle n'avait surement pas dit son dernier mot. Comme sortant de sa léthargie elle apposa brutalement une main sur le torse du jeune loup qui ouvrit les yeux de surprise.
Elle reprit son air froid et impassible.
_ Aurais –tu oublié ce que je t'ai dit tout à l'heure ?
Les yeux de Paul étaient remplis d'incompréhension et elle fit un mauvais rictus.
_ Je ne te laisserais pas faire, crois –tu que cette révélation ait changé quoique ce soit dans notre relation ? Déclara Paul froidement en repoussant la main de la jeune fille.
Elle explosa de rire sous le regard soupçonneux de Paul. Brusquement elle tenta de le refrapper mais il esquiva facilement l'attaque. Il grogna car elle ne le laissera sans doute pas tout le temps qu'elle n'aura pas eu ce qu'elle voulait.
Il lui bloqua le bras et se remit debout avant de s'épousseter quelque peu.
Elle avait cet air qui la rendait si irrésistible pensa Paul avant de chasser cette horrible vision de son esprit. Il refit craquer son cou pour se donner du courage et partit à l'assaut. Il courut aussi vite qu'il le put, sa force égalait largement celle de son adversaire malgré sa non-transformation volontaire.
Miriana était décidément trop têtue. Il allait devoir lui faire mordre la poussière pour qu'elle la ferme. Il allait lui faire ravaler sa foutue fierté de vampire. Il fronça les sourcils et frappa Miriana au visage, une, deux, trois fois. Celle-ci fut légèrement sonnée mais derechef repartit à l'attaque. Paul esquivait tous les coups de Miriana au plus grand déplaisir de celle-ci.
La pauvre clairière devenait débris d'arbre et poussière, chacun s'occupant à frapper l'autre le plus possible. Bientôt le poing de Miriana s'abattit lourdement dans la main de Paul dans un son étouffé. Ils se regardèrent subitement intensément, Miriana était gonflée de rage et essayait de se contrôler face à un Paul parfaitement maître de ses émotions pour une fois. De toute sa grandeur, Paul fixait Miriana, essayant de la bruler de son regard. Il se réjouissait de la mettre dans un tel état de colère.
Il lui attrapa le cou et la fit reculer de force jusqu'à un des derniers arbres restant autour d'eux. Paul était très proche d'elle à présent et elle pouvait sentir son souffle chaud sur sa joue rebondie. Il pouvait autant l'étrangler et mettre fin à sa triste existence qu'il pouvait lui offrir quelque chose qu'elle désirait tant à cet instant... Presque autant que lui... Autant que lui en fait.
Il voulait lutter encore un peu, pour une fois, rester fort !
Seulement son cœur se mit vivement à battre la chamade. Ses doigts tremblèrent légèrement et tout son corps frissonna ... Ce qu'il redoutait le plus était en train de se passer sans qu'il ne puisse rien y faire. Elle le rendait faible. Il ferma les yeux une seconde.
Miriana, elle, était complètement envoûtée, possédée par l'envie de l'embrasser, de goûter aux lèvres encore étrangères de son ennemi. Pourtant elle ne voulait pas, elle voulait lutter mais son désir était pire que son addiction au sang, elle le voulait, elle voulait le posséder, il était à elle.
Ils ressentaient tous les deux un sentiment étrange de désir fulgurant, d'autant plus que ce désir était inconscient, incontrôlé et contre nature ! Miriana n'avait jamais sentit sensation pareille et Paul également, de toute sa vie, jamais il n'aurait cru possible de dire cela. Il l'aimait follement, à en perdre la raison.
Tout près de son visage, leurs lèvres se frôlant presque, Paul fit durer la pression.
_ Tu me rends faible Miya... dit- il en murmurant.
Elle sourit et Paul déposa presque brutalement ses lèvres charnues contre celles gonflées de désir de son adversaire.
Miriana y répondit avec frénésie et ardeur. Elle s'accrocha à la nuque du jeune homme comme si c'était sa dernière minute à vivre avec une telle force qu'il grimaça légèrement de douleur en se cambrant et se détachant un peu de la poigne de sa dulcinée.
Mais Miriana n'en avait pas finis, elle ne voulait interrompre ce baiser tant attendu. Elle reprit possession de sa bouche pour y entreprendre un baiser fougueux presque bestial à l'effigie de leur relation.
Elle passa alors au bout de quelques instants, ses jambes autour des hanches de Paul qui émit un petit gémissement. Non- conscients qu'à chacun de leur pas, de leur brusquerie, les arbres se fissuraient jusqu'à leur racine pour ensuite retomber durement sur le sol boueux, ils continuèrent d'assouvir leur besoin sans se préoccuper de rien d'autre.
Bientôt Paul, oubliant le fait qu'il était humain, eut besoin de reprendre son souffle devenu maintenant haletant. Ses yeux étaient brulants de désir tout comme ceux si sombres de Miriana toujours accrochée à lui. Leur front se touchant, ils se fixèrent pour essayer de voir ce à quoi l'autre pensait.
_ Nous n'aurions jamais dû faire ça Paul...
_ Dans le cas où nous étions tous les deux consentant, il n'y a pas eu d'erreur je pense.
Paul encore sujet à l'émotion qui l'animait quelques instants plus tôt, chuchotait comme ne pas briser l'ambiance.
_ Surprends- moi louveteau...
_ Oh tu serais surprise sur bien des domaines dit- il avec un sourire qui en disait long sur ses pensées.
« Le désir de l'homme est le pire des poisons. Il vous embaume, vous englobe et ne vous lâche jamais. »
_ Comment fais-tu pour être si à l'aise ?
La question de Miriana était presque timide et Paul sourit d'amusement, il était si rare de la voir comme cela que c'était très plaisant de la voir si vulnérable.
_ Je ne le suis pas, je m'efforce de l'être dit –il en rapprochant encore son visage de celui de Miriana.
Si elle avait pu rougir elle l'aurait fait très certainement.
_ Tout cela est contre-nature Paul... Dit doucement la jeune fille en passant une main dans les cheveux de l'indien.
_ Je sais et je ne l'explique pas...
Derrière eux, le feuillage bougea, un léger vent s'infiltra dans la clairière les faisant revenir tout doucement vers la réalité. Miriana se remit debout et ils continuèrent de se fixer intensément. Après cet instant, plus rien ne sera jamais plus comme avant pour sûr.
_ Tu es beau Paul... pas seulement en apparence... mais aussi ici... dit –elle en venant doucement poser sa paume de main tout contre le cœur du jeune homme qui battait encore si vite.
A son contact, tout le corps du jeune Quileute frissonna.
_ J'ai parfois l'impression avec toi... d'être une autre...d'être meilleure et je te déteste pour ça autant que ça me plaît.
Paul sourit et vint chaleureusement prendre la main si froide de Miriana dans la sienne.
_ Merci.
Ils restèrent ainsi quelques secondes. C'est Paul qui brisa le silence en premier.
_ Je dois y aller, les autres m'attendent Miya' annonça t- il avant de porter la main de la jeune fille à sa bouche pour y déposer un petit baiser.
Elle acquiesça en hochant de la tête et le laissa partir.
Cette histoire était vraisemblablement la plus folle qu'elle n'ait jamais connue. Mais au moins elle venait de comprendre une chose, le lien qui unissait Renesmée et le loup Jacob. Alice avait tenté de lui expliquer il y a quelques jours et elle n'avait rien voulu savoir quelle idiote !
Elle devait se débarrasser de ses vêtements au plus vite, Connor devait être à la chasse, elle aurait le temps de prendre une douche. Elle ne pouvait lui dire, il la tuerait. Jamais il ne comprendrait cela, déjà qu'elle avait du mal...
Elle n'était pas à l'aise du tout, cette situation était très embarrassante pourtant lorsqu'elle était avec lui, plus rien d'autre au monde ne comptait.
Elle partit vivement dans la douche et se savonna plusieurs fois pour bien faire partir l'odeur de son loup que malgré elle, elle aurait bien voulu garder quelques instants encore.
Il lui manquait déjà...
Elle tapa du poing dans la faïence de la salle de bain qui se craquela sous la force du coup porté. Comment avait –elle pu faire ça ? Embrasser un loup... Pourtant elle en avait eu envie.
L'eau coulait toujours sur son corps plus chaud que d'habitude. La tête baissée, elle essayait de réfléchir au problème. Connor était le problème en fait... Emerich aussi mais beaucoup moins, il ne faisait pas le poids contre Paul. Connor était plus malin, plus fort plus...perfide et sadique que son frère. Elle l'avait apprécié pour ça à l'époque, il était celui qui la protégerait. Mieux valait être son amie plutôt que son ennemie...
Désormais tout était différent, elle ne voulait pas abandonner Paul ! En fait si, elle le voulait mais elle ne le pouvait pas, une force immatérielle l'entrainait toujours plus vers l'amour.
Ce mot ayant toujours était inconnu pour elle, jusqu'à maintenant. Miriana feula un coup en termes de désespoir.
Quelqu'un s'introduit soudain dans sa douche et elle se raidit derechef. Un baiser salé dans son cou, des mains froides passant doucement sur ses hanches et elle sut qu'il était là.
Il la fit retourner et elle constata qu'il était crispé. Le regard de Miriana se remplit d'incompréhension.
Connor approcha lentement son visage de celui de la jeune fille, même si cela lui coutait elle devait répondre à cette attention. Pour Paul elle devait le faire ! Comment en était –elle venue à inverser les rôles de Paul et Connor ?! C'était fou !
Lorsqu'il posa ses lèvres sur celles de la jeune vampire ce sont des milliers de sensations qui la traversèrent. Les souvenirs avec Paul lui revinrent en mémoire et elle eut chaud tout d'un coup.
Lorsqu'il eut fini, il partit. Miriana ne comprit pas, il ne s'arrêtait jamais comme ça avant... C'était louche. Elle sortit vivement de la douche, mit un peignoir et rejoignit sa chambre où il l'attendait. Ses traits durs l'alertèrent. Elle referma doucement la porte de sa chambre et vint s'asseoir à côté de son ex-amant.
_ Que dirais-tu d'une balade rien que toi et toi durant de longs jours ?
Sa voix sensuelle était parsemée d'ironie. Il voulait la piéger. Elle ne devait pas se laisser faire, elle allait rentrer dans son jeu et lui montrer qu'ici, c'était elle qui dominait.
_ Je te dirais pourquoi pas répondit- elle avec un petit sourire en coin.
_ Mais...rien que tous les deux Miya'...
Paul lui avait donné ce surnom, il la testait... Ainsi donc il savait, cela n'allait pas être simple de le faire partir de Forks.
_ Comment pourrait-il en être autrement Connor ?
Il la scruta avidement pour essayer de voir si elle mentait seulement Miriana avait revêtu son air froid et impassible. Il était impossible de déceler le mensonge qui animait la jeune fille.
_ Bien.
_ Quand partons –nous ? Demanda t- elle faussement joyeuse
_ Le plus tôt possible...demain sera le mieux.
Tout cela n'allait pas être simple. Elle devait tout expliquer à Paul avant qu'il ne soit trop tard. C'est alors que pendant que Connor discutait avec Carlisle et Esmée, Miriana partit en toute hâte vers une petite maison en bois bien connue.
Elle ne pouvait partir sans lui dire au-revoir. De plus, elle savait que se serait peut-être le dernier souvenir qu'elle aurait de lui...
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A c t e_II
e_VI
Ne me laisse pas
La petite maison était éclairée par une faible lumière. Miriana perchée sur son arbre, n'arrivait décidemment pas à descendre pour aller lui parler. De un elle n'était sûre de rien, elle n'était toujours pas à l'aise avec le jeune loup et de plus, ce n'était pas son truc de dire au- revoir ou quoique ce soit d'autre. Miriana soupira, c'était ridicule.
Elle aimait Paul, enfin elle le pensait. Son machin d'imprégnatruc là, était-ce vrai ou alors était-ce une ruse pour l'attirer dans un piège ?
_ Je deviens complètement parano déclara Miriana avant de sauter les cinq mètres qui la séparait du sol.
Elle se dirigea bien droite vers la porte, tenta de se donner un air sûr d'elle, même si en vrai dans sa tête, c'était le chaos total et frappa trois coup à la porte.
Paul mit quelques secondes avant d'ouvrir la porte. Il fut surpris qu'elle soit là... et qu'elle frappe à une porte...
Pourtant il fut heureux de la voir, elle le voyait dans ses yeux, il s'effaça et elle entra dans l'antre de son loup. Ca sentait atrocement le chien pourtant elle fut soulagée d'être là, elle avait comme l'impression d'être dans un cocon qui pourrait la protéger de toute menace.
Elle alla se poster devant la cheminée dans le salon et soudain, Jacob sortit de la cuisine suivit d'Embry, Quil et Sam... Miriana n'en crut pas ses yeux, comment avait- elle pu ne pas les sentir ?!
Elle fut en alerte derechef, ses yeux ne cessèrent de scruter tous les loups présents. Elle était largement inférieure en nombre dirons-nous... Tout d'un coup l'idée du piège lui revint vivement en tête.
Eux aussi semblaient étonnés de la voir ici, bien qu'ils savaient que Paul s'était imprégné de la sangsue, ils n'avaient cependant pas encore digéré et surtout maintenant qu'ils les avaient devant leurs yeux ensemble, ils savaient que c'était vrai.
Miriana seule devant tous ces prédateurs commençait à perdre le contrôle d'elle –même. Paul vint subitement se poster à ses côtés et il lui fit un petit sourire qui la soulagea un petit peu. Elle était crispée et il le vit bien. Il lui passa ensuite une main autour de la taille sous le regard atrocement choqué des autres.
_ Les mecs, je vous présente Miriana, mon imprégnée déclara Paul d'une voix forte.
Personne ne bougea d'un pouce, tous se regardaient, la scène aurait pu être comique si tout le monde n'était pas sur le qui-vive.
C'est Sam qui s'avança en premier, il fixait Miriana mais personne n'aurait su deviner ce à quoi il pensait.
A la hauteur des deux jeunes il tendit une main un peu réticente à Miriana qui fut extrêmement surprise de ce geste inattendu. Elle se serait plutôt attendu qu'il lui crache toute sa haine ou qu'il l'égorge sur place pour lui avoir volé son Paul...
_ Je suis Sam Uley, l'Alpha des modificateurs, bienvenu dans...la meute...
La fin de sa phrase s'était un peu étranglée dans sa gorge mais Miriana lui en fut reconnaissante. Après quelque seconde elle avança également sa main et serra fort dans la sienne, celle de l'alpha.
Ils l'acceptaient alors qu'elle, n'avait personne de son côté. Connor voudrait la tuer elle en était sûre.
Embry s'avança vers eux également, il fit une tape amicale sur l'épaule de Paul et ce-dernier sentit la bêtise arriver.
_ Et bah Paul, t'as pas choisis la plus moche hein ? Dit l'autre avec un clin d'œil subjectif.
Miriana ancra son regard perçant dans celui gêné de son loup et elle sourit. Elle se sentait bien étrangement.
_ Bon Paul, on doit y aller, à demain ! Salut ! dit Jacob avant de partir et avoir adressé un coup de tête à Miriana qui ne lui répondit que par un minuscule mouvement de tête.
Paul alla refermer la porte derrière eux. Il se retourna avec un grand sourire. Miriana se sentit de nouveau mal, elle allait le détruire...
_ Que me vaut cet honneur ?
_ Je ne serais pas venue si j'avais su qu'ils étaient là... Dit-elle
Paul fronça les sourcils avant de se planter devant elle. Il lui prit ses mains dans les siennes.
_ Il aurait bien fallut que tu les croises un jour de toute façon.
_ Je dois te parler Paul !
_ Ca ne peut pas attendre quelques instants dit –il avant de se rapprocher dangereusement de Miriana.
Celle-ci prit brusquement peur pour une raison qu'elle ignora.
_ Que t'arrives t-il ? Demanda t-il étonné d'être repoussé de la sorte.
_ Je...je...
Paul tenta une fois de plus de se rapprocher mais encore une fois elle recula, elle fut bientôt bloquée par la cheminée derrière elle. Après ce qu'avait fait Connor, elle ne pouvait embrasser Paul c'était impossible.
Ce-dernier la prit par les épaules et la regarda droit dans les yeux.
_ Qu'est-ce qui se passe Miya'...
Elle ferma les yeux avec une atroce envie de pleurer. Elle baissa ensuite la tête, aussi bas qu'elle le put. Il vint tout doucement lui relever le menton et vit son regard honteux. Bientôt il comprit. Il renifla l'air autour d'elle quelques secondes et la colère commença à monter doucement en lui.
_ Sors ... dit –il d'une voix atrocement calme et platonique en tournant la tête.
_ Mais...attends...
_ Sors ! Dit –il plus fort.
Il commençait à trembler légèrement. Comment avait-elle osé lui faire ça ?! Et s'il se transformait devant elle ? Lui ferait- il du mal ? Là n'était pas la question, c'était plutôt elle qui le faisait souffrir à ce moment.
_ Je... attends, je dois te...
_ Tu m'as trompé Miriana ! Sors avant qu'il ne t'arrive malheur ! Hurla t-il avant de frapper dans le mur juste à côté de la tête de la jeune vampire qui fut choquée d'un tel geste.
Le mur se brisa sous le coup violemment porté. L'entendre prononcer ces mots « Tu m'as trompé » lui fit l'effet d'une douche froide.
_ Tu empestes son odeur, tout ton corps le sent, ton haleine porte sa puanteur, dégages d'ici ! Continua t-il sur sa lancée cette fois-ci en la mitraillant du regard.
Ses yeux étaient noirs de fureur, Miriana était tétanisée. Non elle ne l'avait pas vraiment trompé ! Que racontait- elle ? Elle l'aimait ! Elle le faisait pour lui, jamais elle n'aurait cru dire ça un jour...
_ Mais je t'a...
_ Certainement pas, menteuse ! Déclara t-il avant de s'enfuir par la porte de derrière à toute vitesse.
Elle entendit bientôt un grand bruissement comme un éclair zébrant le ciel déjà étoilé et elle sut qu'il s'était transformé. Il pleurait elle en était sûr, elle le sentait dans tout son être ! Il se cachait pour ne pas lui montrer sa faiblesse. Le cœur mort de Miriana se contracta violemment. Elle se mordit la lèvre inférieure. Oui elle était bel et bien amoureuse et le savoir si triste à cause d'elle la rendait en colère contre elle-même. Elle ne voulait pas lui faire de mal. Elle avait tout gâché... ou bien non ! C'était encore Connor qui avait tout fait foirer comme on dit.
Sur le coup, elle voulut le tuer, à petit feu après une longue torture. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle monta machinalement à l'étage et s'assit sur le lit de Paul. La jeune fille mit sa tête entre ses mains et ferma les yeux. Elle était las de tout cela, elle voulait partit loin, seule, loin de tout, de toutes ses histoires futiles. Partir oui c'était ça, tout laisser derrière elle...
Miriana renifla bruyamment et elle sut qu'elle pleurait. Oui, une larme puis deux et trois s'écoulèrent doucement de ses yeux. Elle n'essaya même pas de les arrêter. Elle pleurait, elle, le cœur de glace, la terreur féminine des vampires. Un vampire pleurait pour un loup. Que c'était pathétique... pourtant dieu qu'elle l'aimait ce loup...
Elle entendit soudain des pas dans l'escalier mais ne releva pas la tête lorsque la personne entra dans la chambre.
_ Tu dois être Miriana n'est-ce pas ? Entendit –elle alors.
C'était une voix extrêmement douce qui avait parlé. Miriana releva lentement la tête et essuya ses larmes d'un revers de la main.
La jeune femme qui se tenait devant elle, était la copie parfaite de la femme... parfaite. Cette fille était magnifique avec ses yeux bruns et ses cheveux soyeux couleur ébène.
_ Oui répondit seulement Miriana.
Elle avait honte de se retrouver dans une posture aussi embarrassante. Elle n'essaya même pas de tuer l'intruse.
_ Je m'appelle Sofia dit l'autre d'une voix douce.
Miriana la regarda plus attentivement. Il ne manquait plus qu'elle...
_ Je suis la sœur jumelle de Paul annonça t- elle joyeusement.
Miriana resta interdite quelques secondes.
_ Je...je croyais que...
_ Je sais très bien ce que tu croyais et non, je ne suis pas la petite amie de mon frère dit –elle en riant.
Miriana fut confuse et si elle avait pu être rouge de honte, elle l'aurait surement été à ce moment- là.
_ Tu sais, je connais bien mon frère et il dit beaucoup de choses qu'il regrette aussitôt après...
_ Pourquoi n'as –tu pas peur de moi ?
Miriana ne comprenait pas pourquoi ici, personne n'avait peur d'elle. C'était si inhabituel et en même temps, si plaisant...
_ Je ne sais pas, tu n'es pas méchante.
Miriana eut un rire jaune. Savait t- elle combien de gens innocent elle avait tués juste pour son plaisir personnel ?
Sofia sourit et prit soudain la main de la jeune vampire dans la sienne qui ne la repoussa même pas. Cette main était chaude, comme celle de Paul pensa laconiquement Miriana.
_ Va le retrouver Miriana, tu sais il a besoin de toi. Paul a toujours tendance à faire le gars sûr de lui, le mec impassible que rien de ne peut atteindre pourtant, son cœur a subit bien des dommages et ne s'est jamais vraiment cicatrisé au fil des années.
Miriana hocha faiblement la tête.
_ Je voudrais te dire quelque chose... je dois partir, c'est pour cela plus ou moins que nous nous sommes disputés tout à l'heure... et...
_ Oui ? L'incita gentiment Sofia avec son éternel petit sourire.
_ Je pars avec un autre vampire. Mon ex-amant à vrai dire.
_ Oh je vois... dit Sofia pourtant sans aucun ton de reproches dans la voix.
Miriana en fut très étonnée. Elle décida de se jeter à l'eau. Elle ne pouvait partir sans que quelqu'un ne sache la vérité.
_ Il a tout découvert, il est très jaloux et je le fais simplement pour ne pas qu'il s'en prenne à Paul.
Sofia eut un frisson d'angoisse. Elle fixa Miriana droit dans les yeux.
_ Tu es très courageuse mais peut-être devrais –tu laisser la meute s'en charger non ? Suggéra poliment la jeune Quileute.
_ Non ! C'est mon combat ! Je ne veux en aucun cas qu'il y ait des morts par ma faute !
_ On m'avait dit beaucoup de mal de toi Miriana mais tu es quelqu'un de bien tu sais, tu as un cœur très généreux et c'est rare de nos jour. Dit Sofia avec un sourire amical qui réchauffa le cœur froid de Miriana.
_ Je dois y aller, je dois parler à Paul, lui dire au revoir avant qu'il ne soit trop tard.
_ Non ! Atten... Commença Sofia mais trop tard, Miriana avait déjà sauté par la fenêtre et atterrit souplement sur la terre fraichement mouillée.
Miriana se dépêcha de flairer sa trace. Avec toute cette pluie qui tombait son odeur serait vite masquée. Elle partit aussi vite qu'elle le put à travers la forêt, contournant chaque sentiers, passant entre chaque arbres crochus voulant l'étrangler et tomba sur un Paul nu comme un verre, au bout de quelques minutes. Il s'était retransformé... Bien que la vue ne lui déplaise pas, elle n'était pas venue pour ça. Il était de dos mais elle savait qu'il l'avait senti. Elle avait vu son frisson.
_ Paul...
Miriana s'approcha doucement de lui. Elle défit sa cape et la lui passa sur ses épaules.
_ Je n'ai jamais froid, tu le sais pourtant.
Ce fut sa seule réponse. Miriana commença à paniquer. Elle avait pris une décision qui lui coutait énormément mais c'était le mieux à faire. Il lui en voudrait mais c'était justement cela qu'elle voulait. S'il la détestait de nouveau, il souffrirait moins, enfin c'est ce que Miriana croyait bien évidemment.
_ Je ne peux pas répondre à tes sentiments et tu le sais très bien jeune loup.
_ Tu ne peux pas refouler ce que tu ressens Miriana, même si tu détestes ma race.
_ Si je le peux et c'est ce que je vais faire d'ailleurs, Paul...
Son nom sonnait en elle, comme une douce torture.
_ Restons ensemble, partons, tous les deux, je...je sais que ma compagnie n'est pas la plus agréable mais désormais je ne conçois plus ma vie sans toi, j'ai appris à te connaître, j'ai vue le pire mais également le meilleur de toi Miya'...
_ ... c'est impossible, mes frères te tueraient sur le champ s'ils l'apprenaient, s'ils nous voyaient surtout.
Elle commençait à suffoquer, il se trouvait des défauts, il rejetait la faute sur lui alors que c'était elle qui l'abandonnait froidement.
_ Cachons- nous, répéta t –il amoureusement en venant lui prendre ses mains et en les serrant fort dans les siennes.
Elle secoua violemment sa tête. Jamais Paul ne s'était autant montré en position de faiblesse. Il devait vraiment tenir à elle. Elle s'en voulait, énormément de ce qu'elle allait dire.
_ Ne veux- tu donc rien comprendre ? Je ne t'aime pas ! Connor est et demeurera mon seul et véritable amour pour l'éternité. Tu n'as été qu'un jouet pour me distraire. Lâches- moi sale clébard, cracha t- elle hargneusement avant de s'enfuir.
Des mots qu'elle ne pensait pas du tout. Lui resta là, abattu, meurtri alors qu'elle savait qu'il avait fait d'énormes efforts pour tout avouer. Elle laissa couler ses larmes qui se déversèrent toujours plus nombreuses tout en prenant le chemin de la villa des Cullen. Le cœur lourd elle entra et partit préparer ses affaires. Elle voulait vite en finir, tout cela la pesait.
Alice fracassa presque la porte de sa chambre quelques millième de secondes plus tard, elle semblait terriblement en colère.
_ Comment as –tu pu Miriana ? Lui mentir comme ça ? Sais- tu ce que représente l'imprégnation pour les Quileute ?!
Elle criait et Miriana était sûre que toute la maison était au courant désormais. Elle baissa la tête.
_ Je ne suis pas quelqu'un pour lui !
_ Ca ne se commande pas bon sang ! Qu'est-ce que tu nous fais ?! Tu étais forte, la plus puissante de notre race, la terreur, personne ne pouvait t'atteindre et là tu t'écrases lamentablement à cause de Connor ! Je ne le laisserais pas faire crois-moi, ce ne sont pas des paroles en l'air !
_ C'est trop tard dit faiblement Miriana avant de partir devant, son sac en main.
Elle descendit l'escalier, et vit dans la grande baie vitrée que Connor l'attendait. Elle respira un bon coup pour se donner du courage et le rejoignit.
Mais Alice avait raison, elle était Miriana Addison ! Elle devait être forte, montrer à tous, l'honneur des vampires quoi que ça lui coûte.
Au moment de partir, elle se retourna une seule et unique fois avant que Connor ne passe un bras derrière son dos pour l'aider à monter en voiture.
Elle espérait seulement malgré elle que Paul aurait tout deviné et qu'il l'aimerait assez pour tout lui pardonner...
A c t e_II
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Merci
"Rêver
Et fondre l'or
Faire de nos morts
Des immortellesAimer
Jusqu'à l'aurore
Aimer encore
Gagner le ciel »
_ Où allons- nous ? Demanda Miriana au bout d'un moment.
Connor regardait la route, droit devant lui et n'avait pas cillé. Il ne l'avait même pas regardé depuis qu'ils étaient montés en voiture.
_ A Florence, dans ma propriété privée, nous prendrons le bateau tout à l'heure.
Miriana se renfrogna sur son siège. Elle ne voulait pas aller en Italie, elle y avait trop de souvenir là-bas.
_ Nous n'irons pas là où tu es morte Miriana, nous n'y passerons pas, je te le promets.
_ Quelle délicatesse, merci fit ironiquement la jeune fille.
_ Cesses de faire la tête, ton père était d'accord pour que tu viennes et Emerich n'y voyait aucuns problèmes que je le laisse seul.
_ Ce n'est pas de ça que je parle Connor, tu sais que tout a changé entre nous.
_ Tu ne peux pas me laisser Miriana, chez les vampires, le compagnon choisit est celui pour l'éternité. Pourquoi t'être entichée d'un clébard galeux…. C'est d'un ridicule…
Miriana commençait doucement à sentir la colère monter en elle. Qu'il l'insulte passait encore, mais qu'il insulte Paul de la sorte devant elle lui était insupportable. Rien que de penser à son loup, la faisait souffrir.
_ Ne redis plus jamais ça de Paul, Connor, c'est un conseil que je te donne.
_ Miria' chérie, tu m'appartiens, le jour où nos corps n'ont fait plus qu'un j'ai ancré ma marque en toi…
Miriana grimaça à ce souvenir et tourna la tête vers la vitre.
_ Tues-moi !
Connor fronça les sourcils et serra fort son volant entre ses doigts.
_ Je ne ferais jamais ça ! Décréta t-il avec violence.
_ Tu le feras, je ne t'aime pas Connor, mon seul et unique amour est Paul, tu n'y changeras rien, tu ne peux comprendre un tel lien…
_ Oh je t'en pris, tu ne le connais pas ce sale chien !
Brusquement, Miriana vint prendre le cou de Connor entre ses longs doigts pour l'étrangler.
_ Ne contredis jamais mes paroles on s'est bien compris ?
_ Oui… fit Connor d'une voix plus aigue qu'à l'accoutumée.
Pendant ce temps là.
Un démarrage beaucoup trop accéléré, des virages tous plus nombreux les uns que les autres, une vitesse largement supérieure à la normale dû à une personne trop pressée… Alice filait vers la réserve.
Elle aperçue bien vite Jacob toujours s'occuper de sa voiture et la remettre en état. Elle espérait du fond du cœur qu'il saurait où était Paul. Elle paniquait légèrement. Dès qu'il entendit la voiture, Jacob sortit du garage chiffons et clé à molette à la main. Alice sortit précipitamment de sa Porsche jaune et fut en deux seconde devant Jacob.
_ Que ce passe t-il Alice ? C'est Renesmée ? S'inquiéta t-il subitement en voyant la mine affreuse d'Alice
_ Non c'est…
_ Bella ?!
Visiblement elle n'allait pas pouvoir en placer une, la jeune vampire soupira et enleva son foulard et ses lunettes.
_ Non Jacob elles vont très bien je dirais plutôt que c'est…
_ Jacob ! Cria une voix au loin.
Alice commença à s'impatienter. Sofia Yiruma arrivait à folle allure. Elle avait du courir de bons mètre vu son état, s'arrêtant à un mètre d'eux elle tenta de reprendre son souffle affreusement court.
Jacob les regarda une par une à tour de rôle.
_ Alice, que ce passe t-il ? Répétât –il
_ C'est Miriana…
_ Qu'est-ce que tu veux ça me fasse bon sang ?! S'exclama t-il hors de lui.
A tous les coups, il ne portait la jeune vampire dans son cœur, Alice sourit.
_ Paul, Paul à disparu Jacob !
_ Quoi ?! Fit l'autre avec de grands yeux.
_ Miriana est parti ! S'il te plait aides- moi à retrouver mon frère …
Sofia commençait à pleurer doucement et Alice lui passa une main réconfortante dans son dos.
_ C'est une folle histoire, Connor a tout découvert, il fait chanter Miriana, alors pour épargner la vie de Paul elle est partie mais Connor il la tuera ! Je l'ai vu…
_ Dans combien de temps ? Demanda Jacob sans grande animosité.
_ Demain… dit Alice en baissant la tête.
_ Ce qui nous laisse peu de temps déclara Jacob qui réfléchissait à vive allure.
Alice devait à tout prix convaincre Paul de partir chercher Miriana, elle ne voulait pas perdre son amie….
_ Il y a bien un endroit où nous pourrions le trouver dit Jacob.
_ Montez, allons-y ! Dit derechef Alice déjà installée dans sa voiture.
Jacob et Sofia montèrent dans la Porsche aussi vite qu'ils le purent et Alice fila à toute vitesse faisant crisser ses pneus.
Jacob lui indiqua la route et bientôt ils furent aux abords de la plage en haut de la grande falaise surplombant la mer.
D'immenses récifs trônaient en bas là où la mer claquait violemment après avoir finie sa folle course.
Une silhouette connue leur apparue alors, regardant l'horizon comme perdu.
_ Paul… souffla Sofia qui déjà partait vers lui en courant.
Alice et Jacob s'avancèrent à leur tour, ils entendirent bientôt la voix de Sofia s'élever dans les airs. Elle se trouvait à deux mètres de Paul et faisait des gestes affolés dans leur direction.
_ Paul ne sautes pas s'il te plait, je…je suis là ! S'il te plaît, ne fais pas ça ! Disait la jeune fille totalement tétanisée.
_ Plus rien de m'attend ici déclara Paul d'une voix faible en se rapprochant toujours plus du bord de la falaise sous les yeux larmoyant de sa sœur.
_ Paul arrêtes maintenant, et revient par ici ! Cria Jacob mais Paul ne voulait pas l'écouter.
Il regardait au loin comme si quelque chose pouvait lui apparaître. Une larme puis deux allèrent se mélanger avec la mer.
_ Tu sais, je crois que certaines imprégnations ne marche pas dit Paul en levant la tête vers le ciel maintenant.
_ Descends s'il te plaît répéta Jacob d'une voix autoritaire en lui tendant une main.
Mais Paul ne le regardait même pas, il était dans sa bulle, il parlait mais n'écoutait personne. Sofia pleura de nouveau et cette fois-ci Alice la prit dans ses bras pour la réconforter.
_ Elle ne m'aime pas, elle ne m'a jamais aimé tu sais Jacob, elle m'a dit que je n'étais qu'un jouet…
Paul renifla bruyamment et laissa éclater son chagrin devant tout le monde. Tout le monde avait peur, très peur qu'il saute. Sofia ne pouvait subir un nouveau choque, après celui de ses parents, elle ne pourrait supporter le suicide de son frère.
_ Un jouet, oui, un vulgaire jouet comme je ne l'ai jamais été pour mes parents également … Dit Paul avant de faire un nouveau pas en avant.
Sofia hurla, il ne pouvait pas mourir ! Pas maintenant ! Elle avait besoin de lui, si son jumeau partait c'est une part d'elle même qui partirait, il ne pouvait être aussi égoïste !
Jacob se jeta sur lui au même moment et lui empoigna férocement le poignet.
_ Lâches-moi ! Criait Paul dans le vide.
_ Jamais ! Tellement de gens te pleurerait, tu as pensé à Sofia, abrutit ! Hurla Jacob avant d'essayer de le remonter à l'aide de ses deux mains.
Paul baissa la tête et regarda en bas, les pics de la mort qui l'attendaient n'étaient plus si séduisant finalement. Paul prit alors conscience de son erreur et brusquement s'accrocha à la paroi pour essayer remonter. Au prix de maints efforts il remonta enfin et s'étendit sur le dos après avoir reprit son souffle devenu saccadé.
Sofia se jeta littéralement dans ses bras et Paul ferma les yeux avant de la bercer doucement.
_ Je suis désolé, pardonnes-moi Sofia s'il te plait…
Il répéta cette phrase dix fois avant de caresser les cheveux de sa jumelle qui s'accrochait fort à lui.
Alice qui avait assisté à toute la scène, décida qu'il était temps de tout lui dire car le temps la pressait atrocement.
_ Paul, Miriana ne t'as jamais abandonné ! Déclara Alice de but en blanc.
Lentement Paul releva la tête vers Alice qui le regardait de haut. Le garçon se détacha de l'étreinte de sa sœur et se releva doucement avant de faire face à son interlocutrice. Il la regarda sans comprendre avec des yeux infiniment tristes. Si elle se moquait de lui il était clair qu'il en ferait de la chair à saucisse.
_ N'as –tu donc rien comprit ?! S'exclama la jeune Cullen.
Paul resta interdit quelques secondes ne sachant pas où Alice voulait en venir.
_ Elle s'est sacrifiée pour toi ! C'était un leurre pour que tu la laisses affronter Connor…seule… Expliqua Alice d'une voix étranglée.
Paul mit un certain temps avant de comprendre les paroles d'Alice. Brusquement son visage devint blanc comme un linge. Pourquoi avait- elle fait ça ? Il pouvait l'aider !
_ Où vas –t elle ? Demanda précipitamment Paul dont les yeux traduisaient amplement sa peur.
_ Connor doit l'amener à Florence d'après ce que j'ai vu mais tu sais mes visions sont incertaines… dit Alice.
_ Je ne laisserais jamais personne lui faire du mal ! Déclara Paul avait un air de démon.
Alice lui lança les clés de sa Porsche et il la remercia d'un hochement de tête et d'un petit sourire.
Paul était de retour et Connor n'avait qu'à bien se tenir.
Jacob eut juste le temps de monter en voiture à ses côtés avant que Paul ne démarre et appuie à fond sur l'accélérateur de la voiture.
« Elle s'est sacrifiée pour toi ! »
La Porsche jaune fila à travers les chemins sinueux de la Push, Paul ne se contrôlait plus, s'il arrivait à ses fins ce vampires de malheur… jamais Paul ne pourrait vivre sans elle…
Il était concentré sur la route, regardant droit devant lui. La voiture atteignait une vitesse hallucinante que l'œil humain n'aurait pu suivre.
« _ Mais je t'a...
_ Certainement pas, menteuse ! »
Quel crétin il faisait se dit –il. Elle avait fait exprès, elle voulait qu'il la déteste ! Pourquoi n'avait –il pas comprit plus tôt ? On ne peut défier les lois de l'imprégnation ! C'était évident qu'ils s'aimaient.
Il l'avait traité de menteuse. Paul s'en voulait énormément.
Jacob ne dit rien du voyage se contentant de jeter des regards discrets vers son ami qui était immobile derrière son volant. Aucune émotion n'était visible sur son visage. Jacob se tourna vers la fenêtre et se dit que tout cela était vraiment incroyable, il partait avec un de ses frères pour sauver un vampire qui avait voulu les tuer…
Paul était toujours dans ses pensées tout lui revenait en mémoire par bribes de souvenirs. Il secoua sa tête au dernier souvenir qui lui apparut.
« Je ne t'aime pas ! Connor est et demeurera mon seul et véritable amour pour l'éternité. Tu n'as été qu'un jouet pour me distraire. »
Miriana était décidément une excellente actrice. Paul se concentra un peu plus sur sa route et une demi-heure plus tard ils étaient à Port Angeles. Jacob put enfin reprendre son souffle.
Le bateau allait bientôt partir, déjà la fumée couleur ténèbres sortait des grosses cheminées du navire.
Paul eut peur d'arriver trop tard.
Il se dirigea vers le pont d'embarquement mais au moment de passer on l'arrêta.
_ Avez- vous votre billet Monsieur ?
Paul se traita d'imbécile. Il ne dit rien.
_ Pas de billet, pas d'entrée je suis désolé, veuillez revenir quand vous aurez votre titre de transport. Dit le gros bonhomme.
Paul subissait les colères de Dieu. Il fit un geste à Jacob de le suivre et tout deux allèrent à l'arrière du bateau.
_ Si je crois ce que je pense que tu vas faire je te dirais que tu as complètement perdu la tête…
_ Non… j'ai perdu ma raison de vivre déclara Paul avant de sauter dans l'eau gelée.
Jacob soupira et imita son ami. Tout deux nagèrent jusqu'à atteindre une petite échelle et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne, ils s'engagèrent et atterrirent sur le pont inférieur du paquebot.
Il sentait la présence de la jeune fille, elle était bien sur ce bateau. Il regarda partout s'il ne la voyait pas tandis que Jacob lui se préoccupait plutôt de tous les gens qui les fixaient.
Jacob tira sur la manche de son ami qui revint à la réalité quelques secondes plus tard.
_ Peut –être devrions nous aller nous sécher Paul… passer inaperçu comme ça n'a pas été notre meilleure idée…
_ Tu as raison, allons-y. Fit Paul avant de marcher droit devant lui.
Ils cherchèrent une cabine vide et s'y engouffrèrent l'instant d'après.
Miriana venait d'arriver dans ses appartements de première classe. Elle n'aimait pas le bateau. Elle ne savait pas nager…
Quand elle avait cinq ans, la seule fois où sa mère s'était occupée d'elle, elle l'avait amené à la plage, ce jour là Miriana avait bien faillit mourir noyée.
Connor s'approcha d'elle et elle réprima un frisson à son contact. Un frisson d'horreur bien évidemment. Il l'embrassa dans le cou et Miriana tenta de s'en aller. Il resserra sa poigne et lui chuchota ces quelques mots.
_ Tu sei il mio non dimenticare mai Miriana (Tu es mienne Miriana, ne l'oublie jamais).
Elle ferma les yeux. Comment osez t- elle se laisser faire. Elle repensa à Paul et son cœur se contracta violemment. Brusquement Miriana donna un coup de coude dans les côtes de son bourreau qui lâcha sa prise l'instant d'après.
_ Ne me touches plus Connor ! Dit –elle d'une voix doucereuse.
Connor était plié en deux sous le coup de la douleur, Miriana s'en réjouit.
_ Ne te réjouit pas trop vite Miriana, je n'en ai pas fini avec toi, je veux te faire payer ta trahison envers les tiens !
_ Mais tu n'es qu'un pauvre fou Connor, c'est plutôt nous, notre race qui devrions avoir pitié de toi… regardes- toi, tu n'es qu'un déchet…
Connor lui lançait des éclairs, ses yeux rouge sang n'inquiétèrent pourtant pas la jeune fille.
_ Je vais me promener déclara Miriana.
_ Crois –tu que je vais te laisser seule une seule seconde ? Je viens avec toi dit –il en lui tendant son bras.
A contrecœur Miriana le lui prit. Ils marchèrent deux bonnes heures, Connor jouait le rôle parfait de mari parfait pensa t- elle perfidement. Connor demandait des explications au Capitaine sur le fonctionnement du bateau.
Miriana elle, regardait tous ces couples parfait se tenant amoureusement, se regardant avec un immense sourire, sachant qu'ils allaient vivre heureux ensemble jusqu'à la fin de leur vie…
Miriana soupira, elle aurait aimé vivre un peu ça avec…
_ Paul ! S'exclama t- elle hors d'elle
Connor lui fit un regard mauvais lui intimant de se taire.
Etait – elle folle au point d'avoir des visions ? Elle était pratiquement sûre d'avoir vu Paul passer près des canots de sauvetage.
Sans doute était – elle fatiguée, ou plutôt las de toute cette histoire. Pour ne plus souffrir elle devait accepter son destin et… l'oublier.
Elle savait que cela ne serait pas possible mais elle devait essayer.
Quelques minutes plus tard après que la nuit soit tombée, les deux vampires rentrèrent dans leur cabine.
_ Tu me fais honte Miriana !
_ Et pourquoi cela ? Demanda t- elle en enlevant son chapeau de ses cheveux
_ Ne soit pas si impertinente dit –il en lui tenant le poignet.
Elle le regarda d'un air mauvais et tenta de se dégager de son emprise.
_ Nous aurions pu être heureux ensemble Miriana…
_ Jamais je n'ai été heureuse avec toi annonça t- elle avec un petit sourire.
_ Je ne te crois pas dit –il avant de la coincer sur le grand lit.
_ Si tu fais ça, je te jure que tu le regretteras Connor dit la jeune fille.
_ J'aimerais bien voir cela dit l'autre en partant dans un grand éclat de rire.
Il commença à déboutonner la robe de la jeune fille tandis que celle –ci essayait de le pousser loin d'elle tout en feulant, malheureusement, Connor avait toujours était un peu plus fort qu'elle se rationnant de beaucoup plus de sang humain qu'elle, sa force était considérable.
Miriana gesticulait comme un beau diable et feulait tant qu'elle pouvait encore et encore. Jamais il ne l'aurait, elle ne lui était pas destinée, il n'avait aucuns droits sur elle !
Elle réussit à le frapper mais derechef il lui assena une droite bien placée, Miriana vit des étoiles l'instant d'après.
Paul avait flairé toutes les cabines le plus discrètement possible avec l'aide de Jacob et sincèrement, il s'impatientait. Il l'avait vu sur le pont tout à l'heure mais, elle était avec Connor et de nombreuses personnes étaient également présentes. Jamais il n'aurait pu faire un carnage devant tant d'innocents. Il avait attendu le bon moment, retenu le plus possible par Jacob.
Paul avait des envies de meurtre et Jacob ne pouvait que le comprendre. Lui-même s'il arrivait quelque chose à Renesmée il ne se le pardonnerait jamais.
Comment avait-il pu ne pas le deviner ? La première classe. Il écouta chaque son provenant de chaque cabine et bientôt entendit des cris étouffés ainsi que des grognements et des feulements plaintifs. Miriana était là-dedans il en était persuadé. Paul entra dans une colère si noire qu'il défonça littéralement la porte menant aux appartements de sa dulcinée.
Connor eut juste le temps de se retourner sur le nouvel arrivant que déjà Paul fonçait sur lui. Ne se contrôlant plus, il se transforma en le beau loup qu'il était. Un loup majestueux couleur auburn. Il hurla conscient que la moitié du bateau devait l'avoir entendu et se jeta sur Connor qui fut très surprit au début ne s'attendant surement pas à ça. Jamais il n'avait vu Paul sous son état animal et c'était plus impressionnant que cela en avait l'air.
Paul était fou de rage, le voir comme cela avec Miriana l'avait mis dans un état second. Il ne pouvait le laisser faire. Faisant claquer ses mâchoires, il envoya Connor se fracasser contre le mur d'en face.
Miriana avait les yeux écarquillés par la violence dont faisait preuve son amour. Jacob arriva enfin et sauta également sur Connor qui cria de douleur en sentant les crocs lacérés de Jacob rentrer dans sa chair. Il était clair que les deux loups allaient le tuer. Miriana n'en ressentis aucunes émotions. Elle regarda toute la scène jusqu'à la fin. Les deux loups s'activèrent à démembrer le vampire qui avant de s'éteindre, regarda Miriana une dernière fois avec un regard remplit de haine.
C'était finit, Connor n'était plus et déjà Miriana ressentait une once de bonheur naître en elle. Paul se retransforma aussi vite et ne se fit pas prier deux fois, il courut à l'autre bout de la chambre avant d'étreindre à étouffer sa très cher Miriana. Il la serra fort de peur qu'elle s'en aille, il voulait la sentir, la sentir contre lui pour se prouver que c'était réel, que tout était finit. Vraiment finit.
_ Tu es folle, pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?! S'exclama t- il alors en venant lui prendre sa tête entre ses mains.
La jeune fille posa également ses mains sur celles de Paul et lui sourit.
_ Je ne voulais pas que tu t'en mêles j'avais peur pour toi, s'il t'arrivait malheur je…
_ Mais il ne met rien arrivé Miya' chuchota t- il avant de prendre possession des lèvres de sa tendre moitié.
Ils étaient comme dans leur bulle et Jacob tourna la tête, ça lui faisait vraiment bizarre tout ça. Il ramassa les restes de la dépouille et emmena le tout avec lui en levant les yeux au ciel en passant devant les deux autres.
_ S'aimer pour nous n'était pas possible Paul dit avec chaleur la jeune fille.
_ Notre amour est infini Miriana.
_ Mais il est interdit continua t- elle avec un grand sourire.
_ Je passe mon temps à braver les interdits dit Paul en la reprenant dans ses bras puissants.
_ Je t'aime dit enfin Miriana.
Cette fois-ci elle n'avait plus peur, elle savait qu'il la comprendrait. Elle n'était plus terrifiée à l'idée de montrer ses sentiments au jeune homme. Confiante, elle se laissa un peu plus aller à cette étreinte qui lui faisait tant de bien.
Paul aux anges, lui répondit avec ardeur.
_ Je t'aime aussi Miya' et ce pour l'éternité.
Elle rit doucement du ton un peu fleur bleue de son amant et ensemble partirent rejoindre Jacob qui les attendaient sur le pont. Il avait préparé une chaloupe et déjà s'activait à la mettre en place le plus discrètement possible.
Une fois sur l'eau en direction de Port Angeles, Miriana posa cette question qui lui torturait l'esprit depuis qu'ils étaient partis.
_ Dis-moi jeune Jacob, où as –tu mis Connor ?
Elle fit une grimace en prononçant le prénom de son ex-amant.
_ Dans un des fours dans la salle des machines, c'était le seul endroit où il pouvait bruler tranquillement dit Jacob en rigolant.
Paul sourit et prit la main de Miriana dans la sienne.
_ Je dois te remercier Jacob, tu m'as sauvé dit –elle sans aucune expression sur le visage.
Jacob fut quelques instants mal à l'aise.
_ Il n'y a pas de quoi.
Et il reprit sa tache c'est à dire ramer, ramer et encore ramer.
Miriana se blottit ensuite dans les bras de Paul qui posa délicatement sa tête sur celle de la jeune fille.
Une nouvelle page venait d'être tournée, et malgré tous les interdits de ce monde, un vampire et un loup avaient su trouver le juste milieu pour vivre en parfaite adéquation.
Les secrets de l'imprégnation sont infinis, elle contrôle le monde, elle est presque aussi puissante que le temps et contre elle on ne peut rien faire.
Elle engrange son pouvoir à l'insu de tous réservant bien des surprises parfois. Mais à chaque fois, l'imprégnation fait le bonheur de ses protagonistes même si ceux-ci veulent lutter de toutes leurs forces.
Car vous et moi savons que c'est impossible…
~.~
Epilogue
Une douce mélodie emplissait l'air de la charmante petite maison en bois. Ce matin-là, Miriana avait longtemps attendu l'heure où elle pourrait inaugurer le nouveau piano que Paul avait fait spécialement apporter pour elle.
Il était revenu tard de sa ronde la nuit dernière et Miriana avait décidé de le laisser dormir.
Quand enfin elle sentit qu'il était réveillé, elle s'installa sur le petit tabouret et de ses doigts fins commença à jouer quelques notes.
Qu'il était plaisant de réécouter tous ses morceaux favoris. Elle était aux anges. Elle sentit la présence du jeune homme quelques instants après et lui fit un énorme sourire. Elle était tellement heureuse depuis quelques mois.
Et elle l'était d'autant plus qu'elle devait lui annoncer une grande nouvelle aujourd'hui. La veille elle était allée voir Alice et lui avait expliqué quelques petites choses. Alice avait sourit en lui disant.
_ Je te l'avais bien dit Miriana, il existe un moyen…
Miriana n'en avait pas cru ses oreilles aux premiers abords mais pourtant toute cette histoire était véridique.
Elle se leva et embrassa longuement Paul qui déjà lui passait les mains dans le dos. Elle lui tapa gentiment les mains et ce-dernier fit sa mine boudeuse.
Miriana rit face à la mine enfantine de son Paul et l'amena doucement de l'autre côté du piano. Il se laissa faire et elle le regarda droit dans les yeux. Il ne comprit pas trop où elle voulait en venir ce n'est que quand doucement elle prit une main du jeune homme pour la porter à son ventre qu'il comprit ce qu'elle voulait lui dire.
Ses yeux se remplirent soudain d'une lueur nouvelle. Ils scintillèrent alors de bonheur tandis que Miriana souriait. Il passa une main sur le ventre de Miriana et sourit encore plus.
_ Tu ne pouvais me faire un plus beau cadeau Miya' ! S'exclama t-il avant de la prendre dans ses bras et d'enfouir son visage dans le cou de la jeune vampire.
~.~
FIN
