Bonjour cher lecteur,

Tu l'attendais, le voilà. Hikaru est à nouveau de retour pour une nouvelle aventure; une histoire en deux parties pleine de remises en questions, de drama, de tribulations philosophiques. La seconde partie sera bien plus sombre que la première mais j'espère qu'elle te plaira autant que les 2 premiers tomes et que tu prendras autant de plaisir à lire cette histoire que moi à l'écrire !

Il y aura en tout 14 chapitres et un épilogue, de quoi nous occuper jusqu'à cet été!

Merry Archer: Merci mille fois pour ta review sur le dernier chapitre du tome 2! Ça me va droit au cœur, j'espère que tu apprécieras autant cette dernière aventure!

KptnZéphi


Chapitre 1 : Nouvelle mission

« …C'est dans ce cadre que nous sollicitons votre participation active en collaboration avec le corps des forces spéciales. Vous avez, croyez en notre sincère estime, toute notre confiance pour remplir cette mission de grande importance. Espérant que vous saurez apporter à notre demande une réponse favorable, soyez assuré de nos plus respectueux hommages.

Marenoshin Ōmaeda »

Je froissai la missive dont le papier, d'une qualité exemplaire, crissa dans ma main sous le coup de la colère. Je fis presque un bon de trois mètres au-dessus du sol quand je pris connaissance de l'ordre de mission, rédigé de la main de mon supérieur, qui l'accompagnait. Je quittai mon bureau et montai un étage en faisant un bruit d'éléphant dans les escaliers. Sans attendre quelque forme d'autorisation d'entrer dans la pièce qui représentait le plus haut niveau d'administration de ma division, je me précipitai à l'intérieur. L'homme, assis derrière son bureau, était en pleine activité de remplissage de paperasse.

« Hikaru, tu m'as fait une de ces peurs ! On ne t'a jamais dit de t'annoncer avant d'entrer dans le bureau d'un collègue ? J'ai failli avoir une crise cardiaque.

Je sentais que le vice-capitaine de ma division était d'humeur taquine. D'ordinaire, c'était moi qui lui faisais ce genre de remarque. Il répliquait généralement en me faisant remarquer que j'étais trop à cheval sur l'étiquette, ce à quoi je répondais qu'il était encore plus collé monté que moi. Seulement, cette fois, je n'étais pas vraiment dans les bonnes conditions pour rentrer dans le genre de petites joutes verbales que nous affectionnions.

- Shūhei, peux-tu me dire ce que c'est, ça ? L'agressai-je en plaquant la lettre et l'ordre de mission associé sur le bureau.

Son visage redevint complètement sérieux. Il ne paraissait pas très surpris par ma réaction. Pourtant, j'étais plutôt du genre à ne pas m'énerver facilement.

- Je savais que tu réagirais comme ça. Observa-t-il, simplement.

- Et ? L'encourageai-je.

- Ces ordres viennent d'en haut. Le capitaine Komamura a mandaté la neuvième division pour répondre à cette requête. Il est de notre devoir de remplir cette fonction. Une mission d'escorte, c'est dans tes cordes, Hikaru. Démontra le vice-capitaine.

Je ne répondis pas, mais je restai debout, devant lui, avec le regard qui voulait dire que j'attendais davantage d'éclaircissements.

- Comme tu le vois, j'ai beaucoup de travail. Si tu veux bien m'excuser… Ajouta-t-il en désignant les nombreux dossiers qui gisaient un peu partout autour de lui.

Je me fis une réflexion que je m'étais déjà faite plusieurs fois. Shūhei passait presque toutes ses journées, enfermé dans le bureau de la capitainerie, ne mettant presque plus les pieds en dehors de nos murs sauf quand il était envoyé sur une mission qui demandait le concours d'un officier supérieur ou quand il se rendait dans la division du capitaine Komamura. Pourtant, ses corvées de paperasse n'avançaient pas très vite. Même si nous héritions d'une partie de celles de la septième division, tutelle oblige, je doutais sérieusement que le capitaine de ladite division se déchargeât autant sur Shūhei. Les responsabilités administratives qui incombaient à un capitaine étaient-elles si complexes qu'elles mettaient un esprit brillant comme le sien en difficulté ?

- Attends une seconde. Ça n'a pas de sens. Tu vas vraiment m'envoyer faire ça ? Une mission d'escorte ? Ils n'ont pas des gardes du clan Fon ou de l'Onmitsukidō pour gérer ces choses-là ? Qu'est-ce que nous on a à voir là-dedans ?

- La famille Ōmaeda requiert l'assistance d'un vice-capitaine. Ils veulent un stratège pour diriger les choses.

- Premièrement, je ne vois pas bien qui voudrait s'attaquer à un convoi nuptial escorté par les forces spéciales. Secondement, je ne sais pas si tu as remarqué, mais je ne suis pas vice-capitaine. M'irritai-je.

- Calme-toi, Hikaru. Ce n'est pas en gesticulant comme ça au milieu de mon bureau que tu parviendras à te défiler. Tu es cotroisième siège. En l'absence de capitaine, c'est toi le numéro deux. Ça fait presque de toi un vice-capitaine. Murazaki est en mission alors il ne reste que toi. Je t'ai choisie pour cette mission alors tu vas la remplir. C'est un ordre, pas une demande. Répliqua-t-il en ne levant même pas les yeux du rapport qu'il rédigeait.

- Ils pourraient demander au vice-capitaine de la deuxième division ? Il est tout indiqué pour ça, n'est-ce pas ? plaidai-je en changeant d'intonation.

J'étais passée de l'énervement à l'imploration. Non seulement je ne comprenais pas l'utilité que je pouvais avoir dans une telle mission — c'était généralement le genre de requête farfelue qui venait de la noblesse qu'on transmettait à un sixième ou un septième siège — mais en plus, je ne connaissais rien aux us et aux coutumes de la noblesse. Shūhei devait m'avoir choisie sur une grave erreur de casting. Il leva enfin les yeux vers moi.

- Ne pense pas que je n'ai pas pris le soin d'explorer les autres options. Tu sais bien que tous les capitaines et vice-capitaines sont consignés dans les murs du Seireitei pour parer à toute éventualité relative à Aizen, Ichimaru et... enfin…

Il laissa sa phrase en suspens, se replongeant dans les piles de feuilles qui garnissaient le meuble auquel il était attablé. Il ne pouvait pas se résoudre à poursuivre sa pensée.

- Vas-y. Dis-le.

S'il voulait aller sur ce terrain, qu'il y aille. Mais il était hors de question qu'il m'y pousse sans y poser le pied en premier.

- Et au capitaine Tōsen. Hikaru, tu es la seule en qui j'ai suffisamment confiance pour mener une telle mission.

S'il pensait ne rien laisser paraître de la douleur que lui provoquait la simple prononciation du nom de notre ancien supérieur déserteur, il se fourvoyait complètement. Malgré les semaines qui s'étaient écoulées, la blessure n'avait pas encore commencé à cicatriser, laissant béante une faille dans le cœur du vice-capitaine. Il suffisait de voir comment il parlait d'eux. Il y avait Aizen, Ichimaru et « le capitaine Tōsen ». Dans l'esprit de Shūhei, Kaname Tōsen n'avait jamais cessé d'être son capitaine. Au sein de la division, j'étais probablement l'une des shinigamis les plus affectés par cette trahison. Pourtant, l'état de choc avait laissé place à l'incompréhension et à la tristesse d'avoir perdu un modèle qui s'était révélé être bien différent de ce que je pensais. Mais pour Shūhei, c'était différent. Il avait perdu bien plus qu'un supérieur, bien plus qu'un modèle. Il avait perdu un mentor. Il avait perdu l'homme à qui il aurait confié sa vie sans hésitation. C'était ce qu'il m'avait dit. Kaname Tōsen était à la fois l'homme qui lui avait tout appris en tant que militaire, mais aussi celui qui l'avait forgé en tant que personne. Il lui avait montré le chemin. Celui qui lui avait permis de faire face à ses peurs et à surmonter ses insuffisances. En somme, Shūhei Hisagi avait été abandonné par ce qui se rapprochait le plus d'un père pour lui. Il suffisait de voir son bureau pour se rendre compte des conséquences que cette défection avait entraînées. Même s'il travaillait désormais dans le bureau qui fut celui de notre capitaine, il n'avait touché à rien. Il n'avait déplacé ni la vieille imprimante en braille qui prenait de la place sur le bureau encombré, ni la théière en fonte et ses tasses assorties qui continrent autrefois le fameux thé à la violette impériale que les deux hommes affectionnaient tant. Dans l'autre coin de la pièce, je distinguai même un haori soigneusement plié sur une chaise, exposant le chiffre 9. Le souvenir de la semaine qui suivit la transmission d'un rapport du capitaine Hitsugaya au début du mois de septembre et qui évoquait l'incursion dudit ex-capitaine dans le monde des humains me revint à l'esprit. C'était comme si Shūhei avait enfin pris conscience que notre capitaine avait vraiment déserté. Il était resté enfermé dans son bureau du Journal pendant cinq jours.

Je regrettai immédiatement ma cruauté. J'avais appris à refouler tous les sentiments contradictoires qui se massaient volontiers dans mon cœur à l'évocation de notre capitaine, mais cela m'avait fait oublier que mon droit et raisonnable vice-capitaine n'avait toujours pas fait le deuil de l'illusion à laquelle il s'était accroché pendant un demi-siècle.

- Shūhei… pardonne-moi pour ce que je viens de dire, je…

- Ce n'est rien. Tu as raison. J'aurais dû te consulter avant de te mettre devant le fait accompli. Tu seras brillante. »

Je m'inclinai et quittai le bureau. J'avais beau tenter de mettre toute mon énergie à le cacher, je ne pouvais pas nier que la moindre seconde passée dans cette pièce me coûtait une énergie énorme. Cacher ce que je pouvais ressentir en ces lieux était épuisant.

Les motivations derrière le choix de mon vice-capitaine demeuraient quelque peu nébuleuses. Franchement, je n'avais pas passé six années à l'académie Shino, obtenu la place de seconde à l'examen final, puis gravi les échelons un à un jusqu'au poste de troisième lieutenant pour jouer les gardes du corps d'une nobliaude, à tous les coups, pourrie gâtée, qui devait se marier avec cet idiot ventripotent de Marejōrosaburō Ōmaeda. Je soupirai. Je n'avais pas vraiment de dent contre la famille du vice-capitaine de la deuxième division — que je trouvais d'ailleurs plutôt sympathique — mais c'était surtout la noblesse en général qui avait tendance à m'agacer. C'étaient des intrigants, des manipulateurs de l'ombre qui n'hésitaient pas à se servir de nous pour défendre leurs intérêts et renforcer leur influence. Il y avait bien quelques exceptions, mais j'avais peu d'espoir que la future épouse fasse partie de cette espèce rare. Je me demandais bien à laquelle de ces fameuses familles elle appartenait. Pour se marier avec un Ōmaeda, elle devait au moins provenir de la haute noblesse, voire de l'une des quatre grandes familles. L'ordre de mission ne précisait rien à part le lieu de rendez-vous, la caserne de l'Onmitsukidō qui bordait la division du capitaine Soi Fon. J'étais supposée y retrouver les deux membres des forces spéciales qui accompagneraient le convoi. Cela me rassura quelque peu. Si nous n'étions que trois, c'était probablement une petite palanquée qui traverserait Rukongai.