Bien le bonjour, bien le bonsoir !
Nous voilà partie pour un nouveau recueil pour fêter l'arrivée du Printemps ! Ce petit évent' est né de l'organisation et du travail de Arthygold et Sea-Rune qui se sont encore une fois, démené.s pour nous pondre un évent de qualité ! (et surtout une récompense de qualité) Un tout grand merci à vous deux !
J'ajoute donc ma participation à ce grand évent coloré ! Je me suis également amusée à m'ajouter une contrainte : faire des os de moins de 1000 mots. Comme vous le remarquerez, je l'ai directe raté avec celui ci ! Mais pas ma faute, comment faire court quand on écrit sur ces deux best boi ? Enfin, fermons les yeux sur cela. Donc oui, on commence ce receuil avec mon OTP, oblige : du camilo. Avec un thème pareil, je pouvais décidément pas ne pas écrire sur eux !
Bonne lecture !
Disclaimer : la série Saint Seiya appartient à Masami Kurumada
Texte n°1 : Lundi 23 mars
Couleur : Rouge
Thème choisi : Amour
Rating : K
Personnages : Camus & Milo
Quelque chose n'allait pas.
De sa place assise, c'était le constat qui tournait en boucle dans l'esprit de Milo depuis déjà vingt-cinq bonnes minutes. Maintenant qu'il y repensait, cette découverte lui semblait évidente. Il y avait eu des signes. Si le commun de la population du sanctuaire était dans l'incapacité total de les discerner, Milo connaissait son collègue du verseau assez bien pour savoir quand quelque chose clochait.
Et définitivement, quelque chose clochait.
Il était arrivé en retard. Un simple détail, qui pourtant était alarmant. Camus n'arrivait pas en retard. A la limite, pile à temps, mais l'homme de glace prenait soin de toujours être à l'avance. Une vanne de la part de Deathmask, un regard compatissant de la part de Aioros et la réunion avait commencé. Une vingtaine de minutes maintenant que Shion exposait les points centraux de la vie au sanctuaire et Camus n'avait pas participé. Il n'était pas quelqu'un de volubile, préférant écouter toute la tirade et intervenir au moment le plus pertinent. Mais rien. Aucune intervention. Camus semblait s'être perdu dans ses pensées à la seconde où Shion avait lancé le début de la réunion. Le simple fait que le verseau ne semblait pas avoir réalisé être le sujet de son attention depuis tout ce temps était assez éloquent.
Peut-être s'inquiétait-il inutilement ? C'était une possibilité qu'il pouvait entendre, mais pas quand cela concernait Camus. Il le connaissait par cœur, ce français au pragmatisme absolu. Alors oui, il en était sûr. Assis sur son siège, alors que la réunion mensuelle touchait doucement à sa fin, Camus n'allait pas bien.
Il prit néanmoins le temps de se concentrer un minimum afin de prendre notes des grandes lignes. Camus risquait d'en avoir besoin. Il se concentra sur les mots d'Aldébaran tout en gardant une part d'attention envers son plus vieil ami et aujourd'hui bien plus.
« Ça sera tout pour aujourd'hui. Je vous laisse vous occuper de vos tâches, vous pouvez disposer. »
Oui ! Enfin, le moment de délivrance, Milo d'un geste, se saisit de son cahier et de son bic et alors qu'il se levait dans l'intention de rejoindre Camus, il se fit interpeller par la voix grave de Shion.
« Milo, pourrais-tu t'occuper d'envoyer ces documents ? »
« Oui, grand pope. Je m'en occupe. » fit-il presque trop solennellement. Il salua son supérieur et se tourna vers le groupe qui quittait la salle. Un rapide coup d'œil lui fit comprendre que Camus s'en était déjà allé. Il s'avança rapidement vers la dite sortie, saluant chacun de ses collègues dorés présents sur son passage, ignorant du regard que posait sur lui Aphrodite et Kanon, discutant non loin de là.
Le grec dévala les marches en pierres deux à deux pour rattraper le onzième gardien. Très vite, il le vit. Marchant tout simplement vers les quartiers privés de son temple.
« CAMUS ! »
Milo vit la chevelure rousse tressauter, puis d'un geste trop pressé, il se tourna rapidement, le regard surpris vers l'origine du cri. Il ne fallut pas plus que croiser son regard pour calmer le chevalier d'or. Paradoxalement, cet instant inquiéta d'avantage Milo. Camus n'était pas du genre à baisser la garde aussi facilement.
Il descendit le reste de marches qui le séparait de lui. « Tu pars sans même me saluer, maintenant ? »
Il vit Camus froncer des sourcils, légèrement. Signe qu'il réfléchissait. « Je ne t'ai pas saluer ? »
« Non, monsieur. On a débuté la réunion dès ton arrivé. »
« Désolé, ce n'était pas mon intention. »
Milo écouta son excuse, ne prenant pas le temps d'y répondre, il se saisit de sa main, l'attirant doucement vers lui. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »
Camus ne montra aucun signe de résistance, au contraire. Se laissant suivre le mouvement initié par son pair, il déposa son menton dans le creux de son épaule. Le grec sentit l'un des bras se glisser dans son dos. La prise n'était pas réellement présente, il la sentait à peine. Les mains tombaient mollement dans le creux de ses reins. Il n'y avait aucune force dans ce câlin.
Câlin qui démontrait encore une fois de l'étrangeté de la situation. Camus n'était pas si démonstratif que ça. Lui non plus d'ailleurs. A quelques expressions près, ils n'étaient pas du genre à se jeter dans les bras de l'autre, à la vue de tous. Les deux chevaliers préféraient les gestes plus subtils, une caresse lorsqu'ils se croisaient, un baiser sur la joue en quittant une salle, les doigts qui s'effleuraient au détour d'un couloir.
Cependant, là, Camus se laissait totalement aller contre lui, indifférent de tout. Ce genre de laisser aller où l'amour prenait toute la place émergeait dans l'intimité d'un temple. Pas au milieu de la journée sur les marches du sanctuaire.
« … rien de spécial. » sa voix n'était qu'un murmure un peu las venant s'échouer près de son oreille.
« Si tu essaies de te montrer convaincant, c'est raté. »
Encore un temps où Milo se demandait si Camus réfléchissait à sa réponse ou s'il était juste fatigué de lui répondre. « Je n'ai vraiment rien Milo... je ne suis pas de bonne humeur… je crois. »
Milo exprima un « Oh » silencieux. C'était rare ça, pour ne pas dire inédit.
Sa surprise ne dura pas, tout un plan se construisant dans l'esprit vif du huitième chevalier. Sans plus tarder, il lui saisit une nouvelle fois la mains et le tira à l'intérieur de son temple. Une fois à l'intérieur, il se saisit du sac qu'il déposa dans un coin et invita le maître des lieux à s'installer sur son divan.
« Je connais le meilleur remède contre ton humeur grise ! »
« Qui est ? »
A peine ses mots furent-ils prononcés que Milo se pencha pour lui déposer un baiser. Simple, tendre et profond. Camus suivit le mouvement d'un naturel dont Milo se gargarisait. Quelque secondes et alors qu'il s'éloigna, le blond lui offrit un malicieux sourire. « Moi ! »
Sans attendre plus de réaction de sa part, Milo se leva et se précipita dans la cuisine. « Je gère ! Va donc enfiler quelque chose de plus cosy !»
Il tendit l'oreille alors qu'il sortait les casseroles et verres nécessaires à son plan des plus fastidieux. Un silence avant qu'une série de pas s'éloignait de lui. Camus s'en allait s'exécuter. Simple et efficace, le blond s'attela à la préparation de son idée.
Quelques minutes plus tard, lorsque tout fut prêt et joliment ranger sur un large plateau, il s'en alla rejoindre Camus dans sa chambre où ce dernier s'y trouvait encore. Il tomba sur un camus assis sur son lit, le regard perdu entre deux pulls. Il ferma la porte derrière lui et sans un mots, il s'avança vers lui. Grimpant sur le lit pour enlacer le dos qui lui faisait face. Camus, encore une fois, ne dit rien. Il s'enfonça contre son torse, déposant ses mains sur celles qui l'entouraient. Ils restèrent comme ça un instant et Milo vint déposer un léger bisous sur sa joue, puis sur sa tempe.
« Je n'ai vraiment rien, tu sais. »
« J'entends. »
« Mais es inquiet. »
« Tu ne peux pas me demander de ne pas l'être. »
Camus ne répondit pas. Se laissant bercer par les délicates attentions du scorpion. S'il ne disait rien, le français savait que le blond voulait comprendre. Comme il savait également qu'il ne le presserait pas. Des logiques tacites entre eux qui se connaissaient tant.
Camus soupira franchement. Se préparant mentalement à faire cet effort d'exprimer plus que nécessaire. Les concessions, elles devaient se faire des deux côtés. Il y tenait fort à leur relation. Alors oui, pour ne plus qu'il y ait de malentendus ou de non-dits, pour faire vivre cet amour qu'on leur avait trop longtemps volé, il lui parlerait.
« Je suis fatigué. » Il marqua un temps, construisant précisément le fil de sa pensée, pour rendre compréhensible ce qui lui échappait. « Je ne comprends pas, je … je ne suis motivé à ne rien faire. »
« Tu es triste ? »
« … Pas spécialement… Peut-être un peu ? Mais las surtout...C'est bizarre. »
De son côté, Milo se laissa aller à sourire. Oui, pour le si cartésien chevalier, ne pas comprendre devait lui faire tout drôle.
« Ça arrive, tu sais. Quelquefois, on se réveille avec zéro volonté, zéro envie d'écouter, zéro envie de s'intéresser à tout ce qui se passe dans le monde. C'est pas un mal. C'est important de prendre le temps de ne rien faire. De penser à sois et juste à sois. »
Camus écouta religieusement les mots de Milo. Sans rien ajouter, il tourna son visage vers le sien, quémandant en silence un baiser qui ne tarda pas.
« Quel est le plan ? » demanda-t-il finalement.
« Tu enfiles l'un de ces pulls, je ferais pareil, on prend un couverture, on s'installe dans ton canapé avec thé, chocolat et autres joyeuseté et on glande toute la journée, dans les bras de l'autre. » Il déposa un énième baiser. « Qu'en dis-tu ? »
Camus, qui avait fermé les yeux sous les baisers papillons, se laissa bercer encore un temps. Un sourire que rare lui connaissait aux lèvres « ça m'a l'air d'être un bon plan. »
« Forcément, s'il vient de moi »
« Modeste. »
« N'est-ce pas ? »
Milo laissa un rire sonore égailler l'ouïe de Camus. Une mélodie qu'il aujourd'hui accompagnait ses journées. Les plus belles et les plus moroses. Mais puisque Milo était à présent à ses côtés, chacune d'entre elle était un trésor que Camus vivrait passionnément.
