Coucou, tout le monde!

Alors, oui, je sais ce que vous vous dites : "Pourquoi tu commences une nouvelle fanfic alors que ça fait des mois que t'as rien écrit?!"

Bah, déjà, ne me criez pas dessus, merci. Ensuite, eh bien, je fais ce que je veux.

Et enfin, cette fanfic est un peu particulière. En effet, j'ai décidé de l'écrire en m'inspirant très fortement du jeu de société "Les Loup-Garous de Thiercelieux", que vous connaissez sûrement si vous avez moins de quarante ans et que vous avez fait au moins une colo de vacance ou une pyjama party dans votre vie.

Le principe du jeu est assez simple, même si on peut le compliquer ad nauseam pour rendre les choses plus intéressantes : d'un côté, il y a les loup-garous, qui veulent manger tous les villageois, et de l'autre, il y a les villageois qui veulent tuer tous les loup-garous. Toutes les nuits, les loup-garous tuent une personne, et tous les jours, les villageois parmi lesquels les loups sont dissimulés doivent se suspecter et condamner l'un des leurs en espérant qu'il s'agisse d'un loup.

Or, ce jeu est également une activité classique de ma convention française préférée, la Yaoi-Yuri Convention, ou Ycon, où il est renommé "les incubes et succubes de Thiercelieux". Et comme j'ai rejoué à ce jeu récemment avec mes amis, j'ai été prise d'une envie épouvantable d'écrire une fanfiction bien débile, bien smutty, bien lemon, bien yaoi, sur ce concept.

Et comme c'est un jeu, ça veut dire que c'est une fanfiction interactive! En effet, c'est vous, chers lecteurs, qui voterez par commentaire à chaque fois pour sélectionner la prochaine victime des incubes, mais aussi le prochain condamné parmi les garçons! Tout le reste des actions et décisions individuelles est tiré entièrement au hasard.

Pour vous aider à prendre votre décision, vous aurez droit, à chaque chapitre, à la liste des garçons encore en lice et ceux qui ont été éliminés, et vous devrez aussi faire attention aux détails que vous apprendrez sur chacun pour deviner leurs rôles, certains étant plus évidents que d'autres.

Ouvrez l'oeil, j'espère que vous vous amuserez bien!


On m'a fait remarquer que ce serait plus pratique pour vous d'avoir la liste des rôles utilisés cette partie. Voici donc! Sachant que, bien sûr, certains rôles sont plus ou moins altérés pour s'adapter à ce format.

- Loup
- Loup blanc
- Grand méchant loup
- Infect père des loups
- Chien-loup
- Villageois
- Petite fille
- Sorcière
- Voyante
- Chasseur
- Cupidon
- Voleur
- Maire
- Idiot du village
- Salvateur
- Bouc émissaire
- Ancien
- Joueur de flûte
- Enfant sauvage
- Servante dévouée
- Comédien
- Chevalier à l'épée rouillée
- Chaman


Registre des membres de l'institut religieux Tiercelieux

Dylan, 24 ans

Laurent, 24 ans

Clément, 24 ans

Jean, 23 ans

Lou, 23 ans

Clark, 22 ans

Pierre, 22 ans

Alexandre, 21 ans

Daniel, 21 ans

Gilbert, 21 ans

Célestin, 20 ans

Charles, 20 ans

Richard, 19 ans

Théodore, 19 ans

Clotaire, 18 ans

Jacob, 18 ans

Marin, 18 ans

Antoine, 17 ans

Thomas, 17 ans

Hugues, 16 ans

Wallace, 16 ans

Jeremiah, 15 ans

Valentin, 15 ans

Michaël, 15 ans


C'était une nuit d'orage, sombre et effrayante, lorsque le drame commença à l'institut religieux pour garçons Thiercelieux. On n'aurait pu faire plus cliché, mais c'était ainsi. Dans cette petite retraite perdue dans les montagnes, vingt-quatre garçons s'apprêtaient à endurer une nuit retentissant du tonnerre, du vent et de la pluie frappant le toit.

Seuls, bien sûr. L'institut avait cela de particulier que les garçons étaient considérés comme leur propre communauté. Les professeurs y venaient rarement, pour un cours magistrale exceptionnel. Le reste du temps, les garçons se géraient eux-mêmes, sous la supervision des plus âgés. Ils mangeaient, étudiaient, priaient et entretenaient ensemble le bâtiment à l'écart de tout.

L'institut observait plusieurs règles. Les garçons intégraient l'institut à l'âge de quinze ans et y demeuraient dans une piété exemplaire jusqu'à leurs vingt-cinq ans, âge où ils étaient autorisés à reprendre leur place parmi les séculaires. Ils devaient être vierges et chastes à leur arrivée, et jusqu'à leur départ, tout manquement à cette règle avait pour conséquence une exclusion immédiate et définitive, ainsi que la honte et le déshonneur de leur famille.

Ce qui n'empêchait pas ces garçons de développer et d'entretenir des liens extrêmement forts, que certains d'entre eux avaient hâte de voir prendre une tournure plus charnelle lorsqu'arriverait l'âge béni de la libération.

Hélas, il faut faire attention à ce que l'on souhaite, de peur que cela se réalise…

Mais pour l'instant, aucune règle n'avait été brisée, non. Et si Charles faisait les yeux doux à ses camarades, ce n'était en aucun cas dans le but d'en attirer un dans son lit.

Il était accroupi dans la chambre numéro trois, entre le lit de Richard et celui de Théodore. Ces derniers l'accompagnaient dans sa posture pieuse, comme s'ils faisaient tous les trois leur prière du soir. Ainsi, si Clotaire ou Jacob, les deux autres occupants de la cellule, revenaient de leurs occupations pour aller se coucher, ils n'auraient qu'à prétendre cela.

En vérité, Richard et Théodore étaient bien loin de toute pensée pieuse, leur attention entièrement tournée vers les yeux de chaton joueur de Charles. Il était leur aîné d'un an, et l'un de leurs camarades les plus charismatiques, malgré son apparence banale au premier abord. Il était malin et sympathique, mais aussi très ambitieux, comme en témoignait sa demande, ce soir-là.

— Pourquoi est-ce que c'est si important maintenant ? » l'interrogea Théodore derrière le rideau que formaient ses cheveux roux.

— Parce qu'il ne reste plus que quelques mois avant l'anniversaire de Laurent ! » insista Charles, l'impatience pointant derrière son ton avenant. « Et je sais que tout le monde l'oublie un peu parce que celui de Dylan passe juste avant, alors je veux m'assurer de laisser à tout le monde le temps de réfléchir posément à la question. »

Richard, le plus ouvert des deux, hocha la tête avec compréhension. Laurent était le responsable général de l'institut, un titre qui s'obtenait par vote parmi les garçons lors du vingt-cinquième anniversaire du précédent titulaire. Le responsable, que la plupart surnommaient tout simplement « chef », avait le fin mot sur toutes les décisions prises par les garçons de l'institut, et c'était un grand honneur de l'avoir été. Charles voulait mettre toutes ses chances de son côté en convainquant ses camarades de son aptitude à les soutenir et à les guider. Ce qui n'était pas bien difficile, compte tenu du visage adorable qu'il pouvait utiliser quand bon lui semblait pour les faire tous craquer.

Certes, Richard aurait aimé tenter sa chance, surtout par orgueil, qu'il avait conscience d'avoir en excès. Mais il ne voyait pas l'intérêt de s'investir à ce point pour les autres garçons, cela lui semblait superflu. Quant à Théodore, malgré son visage et son corps d'une beauté presque féminine, il était bien trop ronchon et imprévisible pour s'attirer la confiance de qui que ce soit – à part la sienne, bien sûr. Il y avait un lien qui venait avec le fait de dormir côte-à-côte.

— En ce qui me concerne, tu es le choix le plus évident, » assura Richard, et Charles lui offrit un sourire si pur qu'il sentit son cœur faire un raté, et Théodore perdre l'équilibre à côté de lui.

Le rouquin se racla la gorge pour dissimuler sa gêne.

— Oui, bon, bref, tu ferais bien d'aller dormir, maintenant, il est déjà tard.

— C'est vrai. Merci de m'avoir écouté, tous les deux, » murmura Charles. « Passez une bonne nuit. »

Il se leva, passant une main dans ses cheveux bruns tout en s'étirant, et leur fit un petit clin d'œil avant de sortir, pour rejoindre la chambre numéro quatre où se trouvait son lit.


— Valentin ! » pesta Jeremiah à voix basse. « Rends-le-moi tout de suite !

— Je ne sais pas de quoi tu parles, » assura Valentin d'une voix plate, assis sur son lit, lisant un livre « emprunté » à la bibliothèque d'un air suffisant à la lueur d'une bougie.

— Arrête de mentir, je t'ai vu fouiller dans mon tiroir.

— Comme si je m'abaisserais à faire une chose pareille, » se défendit le petit aristocrate.

Valentin avait grandi dans une famille très privilégiée, et n'avait intégré l'établissement que cette année, si bien qu'il avait encore toute l'attitude hautaine et je-pète-plus-haut-que-mon-cul acquise pendant son enfance. Jeremiah ne lui en voudrait pas autant s'il n'était pas également un kleptomane chronique et un menteur invétéré.

— S'il-te-plaît, rend-le-moi, je n'ai pas le temps pour ça… » gémit-il, et ces mots semblèrent attirer l'attention du coupable.

— Pas le temps ? Il doit être bientôt minuit, qu'est-ce que tu as de si important à faire en pleine nuit ?

— Rien ! » mentit vite Jeremiah.

A la lumière de sa bougie, Valentin haussa un sourcil railleur.

— On ne me la fait pas, à moi. Qu'est-ce que tu me caches ?

Jeremiah soupira. Puis il eut une idée, et ses yeux plongèrent dans ceux de Valentin avec une intensité hypnotique.

— Si tu me le rends, je te montre.

— Vendu ! » sourit Valentin.

De toute façon, il n'en avait pas réellement besoin. Il posa son livre et glissa sa main sous son oreiller pour en sortir une grosse chaussette de laine. Il la retourna et un petit médaillon en forme de cœur en tomba. Jeremiah se précipita dessus et serra le bijou contre sa poitrine. C'était le seul vrai souvenir qu'il avait eu le droit d'apporter en arrivant à l'institut, ce pendentif qui avait appartenu à sa mère. Il le glissa dans sa poche, déterminé à ne plus laisser son camarade de chambre lui dérober un objet aussi précieux.

Valentin, loin de ces états d'âme, sortit du lit.

— Bon, alors, ce secret ? Tu me montres ?

— Oui, oui… » grommela Jeremiah.

Il fit signe à Valentin de le suivre et sortit discrètement de la chambre numéro un, emportant sa chandelle pour éclairer son chemin.

A peine furent-ils partis que l'un de leurs deux autres camarades, qu'ils croyaient endormis, se redressa sur son lit.

Michaël était le petit dernier de l'institut, fraîchement débarqué de sa campagne, doté d'une curiosité insatiable et d'une forte tendance insomniaque. Aussi refusait-il que ses camarades partent s'amuser sans lui. Il se glissa hors du lit et pensa une seconde à réveiller Wallace, le quatrième locataire de leur petite cellule. Cependant, ce dernier dormait à poings fermés, et du peu qu'il avait appris de lui, n'était pas du genre à partir à l'aventure.

À son tour, il sortit de la chambre et s'avança dans le couloir, cherchant à l'aveuglette où ses amis avaient bien pu aller.


— Ne fais pas de bruit ! » parvint à gronder Jeremiah d'une voix si basse qu'elle se mêlait au bruit du vent qui raclait le toit.

Valentin se contenta de hocher la tête, se faufilant derrière lui sur la pointe des pieds sans trop faire craquer le parquet.

Ils se rapprochaient lentement de la porte de la salle d'étude qui était entrouverte. Une lueur vacillante s'en dégageait, indiquant qu'une bougie y était encore allumée. Plus ils approchaient, plus Jeremiah semblait impatient, fébrile, comme un félin sur le point d'attraper sa proie.

Il fit signe à Valentin de ralentir, puis s'agenouilla de façon à ne faire dépasser que son œil par la porte entrouverte. Sans comprendre, Valentin l'imita, se penchant au-dessus de lui pour espionner à son tour qui se trouvait dans la salle.

Il faillit pousser un hoquet de surprise.

Lou, un des garçons les plus âgés, était assis sur une chaise vers le fond de la pièce. Sa silhouette large et musclée encadrait le corps svelte d'Hugues, un de leurs camarades plus jeunes, assis à califourchon sur ses jambes, sa bouche scellée à la sienne et ses mains graciles dansant un tango enthousiaste dans ses cheveux cendrés. L'autre n'était pas en reste, ses doigts épais perdus dans la coupe au bol d'un noir de jais.

Valentin se couvrit la bouche d'une main, stupéfait. Jeremiah, lui, avait le visage fendu d'un immense sourire.

— Ils sont pas adorables ? J'ai vu tout de suite qu'il y avait quelque chose entre eux, » se vanta-t-il silencieusement.

— Mais on n'a pas le droit de faire ça ! » chuchota Valentin.

— Techniquement, tant qu'il n'y a rien de sexuel, on peut faire ce qu'on veut, » contra Jeremiah narquoisement.

Pour être honnête, avec la façon qu'avait Hugues de soupirer entre deux baisers, la limite entre romantique et sexuelle était déjà bien floue. Mais qui était Valentin pour chipoter ?

— Ils font ça souvent ?

— Presque tous les soirs, » sourit Jeremiah.

— … Est-ce que tu fais ça souvent ?

Jeremiah rougit légèrement et hocha la tête.

— J'ai le droit, c'est moi qui aie convaincu Hugues de se déclarer. Oh, regarde !

Les deux amoureux venaient de s'écarter légèrement et reprenaient leur souffle, les yeux dans les yeux, un sourire niais traversant leurs visages.

— Tu m'as manqué, » susurra Lou.

— Et toi donc, c'est horrible de ne pas pouvoir faire ça de la journée…

— Un jour, soit patient.

— Dans deux ans, » fit Hugues en se mordant la lèvre.

— Oui…

— De quoi ils parlent ? » murmura Valentin.

— Lou a promis d'emmener Hugues avec lui lorsqu'il quittera l'institut, » expliqua Jeremiah, comme s'il parlait d'idées de vacances, et pas d'abandonner un établissement extrêmement sérieux et respecté dans toute la région.

— Mais oui, bien sûr… » soupira Valentin en levant les yeux au ciel.

Peut-être qu'il ferait bien d'écrire à ses parents que ses camarades étaient tous complètements loufoques et qu'ils devaient le sortir de là en vitesse…

Les ardeurs des deux amoureux semblaient s'être calmées, et ils se contentaient de rester là, blottis dans les bras l'un de l'autre. Valentin ne comprenait vraiment pas pourquoi Jeremiah aimait autant regarder ça tous les soirs. Puis Lou murmura quelque chose à l'oreille d'Hugues qui hocha la tête, aussi vif et enthousiaste qu'à l'ordinaire.

Il descendit de ses genoux et sortit de sa poche une petite boule de cristal qu'il tint du bout des doigts dans la faible lumière.

— Je fais qui, ce soir ? » demanda-t-il à son amant.

— Hmmm… Pourquoi pas Dylan ?

— Entendu !

Il se concentra sur le cristal qui, Valentin aurait pu le jurer, commença à émettre une faible lumière qui se reflétait dans le regard ambré du petit voyant. Il ne savait pas ce que Hugues pouvait y voir, ni s'il pouvait y voir quoique ce soit, mais son camarade souriait d'un air satisfait.

— En ce moment, il est en train d'arranger son futur départ, après son anniversaire. Il reçoit beaucoup de courrier de son village, je pense qu'il a déjà tout prévu. Qu'il est responsable !

— Pas très étonnant, il était facile, celui-là, » dit doucement Lou.

Un brusque roulement de tonnerre tout proche fit sursauter Hugues et son amant s'empressa de lui frotter les épaules pour le rassurer.

Pourtant, Hugues ne lâchait pas sa boule de cristal du regard, les yeux écarquillés comme si c'était sur lui que la foudre était tombée. Lou se rendit vite compte que quelque chose n'était pas normal, et s'empara de la boule de cristal qu'il cacha à nouveau dans la poche d'Hugues tout en lui caressant le dos et les cheveux.

— Qu'est-ce qui t'arrives ? Qu'est-ce que tu as vu ? » demanda-t-il tandis que le plus jeune reprenait ses esprits.

— Un désastre, » répondit-il à mi-voix. « Je ne sais pas exactement quoi, mais quelque chose d'horrible va se produire !

— Est-ce que tu as une idée de quoi ?

— C'est… Des traîtres. Il y a des traîtres dans l'institut… » expliqua-t-il sans comprendre vraiment lui-même le sens de ses propres paroles.

Lou le regarda, ne sachant pas trop quoi faire.

— Aller, calme-toi… Tu as peut-être mal vu… Et puis qu'est-ce que des traîtres feraient ici ? Des traîtres à quoi ? Des athées ? On est beaucoup à être ici juste à cause de nos parents.

Hugues avait envie de protester, de dire qu'il se trompait rarement, mais s'il ignorait lui-même ce qui se tramait exactement, il semblait ridicule de paniquer.

— Oui, tu as raison… J'ai juste eu peur…

Alors Lou le serra dans ses bras forts, rassurant. Peu importe ce qui se produirait, il serait là pour le protéger.

Et peut-être qu'en passant il mettrait une torgnole au voyeur qu'il entendait fanboyer de l'autre côté de la porte, s'il arrivait à le démasquer…


Bientôt, toutes les bougies furent éteintes dans l'institut, et tous les garçons dormirent plus ou moins bien, au gré des coups de tonnerre.

Tous sauf six, mais pouvait-on vraiment les appeler des garçons ? Ils s'étaient levés dans le silence le plus total, couverts par la nuit et les éléments, si discrets que, même s'ils s'étaient réveillés, leurs camarades n'auraient pas remarqué leur absence. Et enfin, ils s'étaient glissés, comme pour se moquer, dans la salle de prière, murmurant des paroles de joie et d'impatience débauchée.

— Enfin, enfin, je n'arrive pas à croire que nous y sommes enfin ! » jubilait l'un d'eux.

— Neph, ne fais pas trop de bruit, » le prévint un de ses compères, alangui sur un banc comme à un banquet romain. « Les humains ne dorment que d'un œil par ce temps.

— Tu crois que ça me préoccupe ? » rétorqua Neph. « D'ici une semaine, ils n'auront plus envie de dormir du tout !

— Irdu a raison, met-la en veilleuse, Neph, » gronda un troisième.

Neph se soumit aussitôt devant son supérieur. Mara n'était pas du genre à plaisanter. Jouer, taquiner, torturer, oui, mais pas plaisanter. C'était d'ailleurs pour ça qu'il était le second de leur chef. Qui fut d'ailleurs le dernier à se manifester, son visage fendu d'un sourire beaucoup trop grand pour l'humain qu'il prétendait être.

— Lilu, » le salua Mara. « On attend tes ordres.

— Parle pour toi… » grommela le dernier, assis jambes écartées contre le mur à côté de la porte.

Lilu ne se laissa pas impressionner par son ton impertinent. Il se tourna vers lui sans se départir de son sourire.

— Bonsoir, Bawa. Tu n'es pas content? Encore en proie à tes sautes d'humeur, je vois ?

— Je t'en foutrais des sautes d'humeur, » grogna Bawa sans oser protester davantage. On ne défiait pas ouvertement ses supérieurs lorsque l'on n'était qu'un bleu.

— Je n'en attendais pas moins, » plaisanta Lilu. « Les amis, j'aimerais vous présenter un invité surprise.

— T'en a déjà choppé un ? » s'étonna Mara.

— Non, non, » rigola Lilu. « C'était une surprise pour moi aussi. »

Il recula vers la porte et l'ouvrit, faisant signe à quelqu'un d'entrer. Le nouvel arrivant s'avança timidement, l'air un peu hébété. Les autres n'étaient pas en reste.

— Un cambion ? Ici ? » s'étonna Irdu en se relevant de son banc.

— Eh oui ! Quelle chance, n'est-ce pas ? » sourit Lilu.

— Pourquoi est-ce qu'il est là ? Est-ce qu'il sait ce que l'on compte faire ?

— Lilu m'a expliqué, » dit le cambion d'une voix morne. « Vous allez vous emparer de tous les garçons de l'institut en leur volant leur virginité, l'un après l'autre. Je veux en être.

— Pourquoi ?

— Parce que, moi aussi, je suis un incube.

— Un cambion, le mioche, » le corrigea Mara.

— D'accord, à moitié incube. Pour l'instant, cette part de moi ne se réveille que de temps en temps, la nuit, et je ne m'en souviens jamais pendant la journée, » soupira-t-il. « C'est le cas, là, tout de suite. Mais peut-être qu'en vous aidant, je pourrais enfin me sentir entier.

— Il est mignon, alors je lui ai dit que plus on est de fous, plus on rit ! » trancha Lilu. « Et d'ailleurs, en parlant de ça, je me suis dit qu'on rendrait cette opération un peu plus excitante en débattant ensemble de nos cibles, chaque nuit. Les ordres, ça va bien cinq minutes, pas vrai Bawa ? » railla-t-il l'incube rebelle.

— Donc on va choisir au vote ? » s'enthousiasma Neph. « Je vote pour commencer par les plus petits !

— Pourquoi ça ?

— Ils sont plus faciles à attirer, et ça rend les humains complètement fous de voir les plus jeunes en danger, ça va mettre une pagaille magnifique.

— Moi, tu vois, je pense qu'on devrait commencer par les plus âgés, » contra Irdu. « Les plus petits seront complètement perdus, sans chef, donc si on tape dans ceux qui ont le plus d'expérience, ce sera plus facile de les mener comme un petit troupeau de moutons !

— Bien, bien, des arguments valides de chaque côté, » approuva Lilu. « Bawa, qu'en penses-tu ?

Bawa resta silencieux quelques instants avant de soupirer.

— Ce n'est pas l'âge qui est important, il faut viser les plus malins et les plus influents, ceux qui risquent d'essayer de nous arrêter. Le responsable général, bien sûr, mais certains parmi les plus jeunes sont de sacrés fouineurs. Ce ne sera pas facile.

— Bien, tu vois, quand tu veux, que tu peux participer de façon constructive ! » le taquina Lilu.

Bawa se rembrunit et croisa les bras.

— Bon, autre chose ? Personne ? Bien, alors j'espère que vous avez un nom en tête. Je vous laisse encore quelques instants, puis on votera pour notre première… cible, » dit-il se léchant presque les lèvres d'anticipation. « Maintenant… Que le jeu commence… »


J'espère que cette mise en bouche vous a plu! N'oubliez pas de voter dans les reviews, vous avez jusqu'au 4 mars! Merci d'avoir lu, à bientôt!