Yo les bro
Jour 13 du confinement, hier j'ai cru qu'on était lundi et aujourd'hui je suis persuadée qu'on est jeudi. On vit de drôles de semaines. N'oubliez pas, demain on change d'heure !
Les personnages appartiennent à J.K. Rowling sauf Daisy qui n'est rien qu'à moi.
Tchou
Il fallait qu'ils s'en aillent, le plus loin et le plus vite possible. Si jamais Rusard les rattrapaient, ils seraient bons pour une nouvelle retenue et leur mère les avaient prévenus. À la prochaine retenue, ils recevraient une beuglante chacun. Que leur mère les enguirlande en public passe encore mais entendre ses cris à l'heure du petit déjeuner, gâchant ainsi le repas le plus important de la journée, ça il n'en était pas question !
Ils arrivèrent après de nombreux tours et détours à leur salle commune qui se trouvait au septième étage de la tour Gryffondor. Ils se dirigèrent directement vers le dortoir, ne s'attardant pas sur les regards curieux des autres élèves. Ils n'y trouvèrent que Kenneth Towler et Lee Jordan. Ils s'empressèrent de virer le premier de leur chambre partagée, sans aucune délicatesse, avant de se diriger, ravis, vers le second. Ils arboraient un sourire si grand et semblaient si contents d'eux-mêmes que Lee sut que les jumeaux Weasley avaient encore frappés et qu'ils devaient avoir trouvé quelque chose de grandiose.
- Qu'est-ce que vous avez fait ? À qui avez-vous joué un tour ?
Lee sentait monter en lui une certaine excitation en voyant que la joie des jumeaux ne s'affaiblissait pas comme après un méfait bien accompli.
- Mon cher Lee...
- Comment peux-tu...
- Comment oses-tu...
- Penser que nous ayons pu...
- Jouer un quelconque tour...
- À qui que ce soit...
- Avant de revenir ici ?
George et Fred Weasley venaient une nouvelle fois d'exécuter ce tour de force qui fascinait et faisait rire tant d'élèves, celui de finir les phrases de l'autre en tapant à chaque fois dans le mille.
Lee secoua la tête et patienta. Les jumeaux avoueraient tout lorsqu'ils seraient prêts. Ils étaient bien trop fier d'eux après un mauvais coup pour ne pas en parler. Surtout à Lee, considéré depuis qu'ils s'étaient rencontrés comme leur troisième comparse.
- Disons juste que nous étions en train de nous amuser...
- En faisant tourner Rusard en bourrique...
- À coup de bombabouses explosées...
- Et après nous avoir attrapé...
- Il nous a emmené dans son bureau...
- Nous menaçant alors de...
- Punitions corporelles...
- Retenues éreintantes...
- Alors que nous faisions semblant de l'écouter...
- Un casier a retenu notre attention...
- Un casier nommé « objets dangereux confisqués »...
- Il n'a suffit que d'une bombabouse...
- Servant à détourner l'attention du vieux...
- Bien joué Gred !
- Merci Forge.
- Un bras tendu et...
- Un objet récupéré ! Bravo Forge.
- Merci Gred.
Le récit fini, les trois garçons se regardèrent avant de tourner leur attention vers le fameux objet que les jumeaux venaient de voler. Un vieux bout de parchemin. Ce vieux bout de parchemin ne payait pas de mine de prime abord mais ils sentaient qu'il devait cacher un secret fort intéressant. Ils allaient commencer à l'étudier lorsque Kenneth Towler revint dans le dortoir accompagné du capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, alors en sixième année, source d'admiration pour la plupart des jeunes élèves de Poudlard.
- Salut Charlie.
- Comment ça va aujourd'hui ?
Le dit Charlie regarda ses petits frères d'un air las. On pouvait apercevoir au fond de ses yeux une lueur de malice. Il devait être celui de la fratrie Weasley qui appréciait le plus l'humour et les blagues de ses cadets.
- Est-ce que je pourrais savoir pourquoi vous terrorisez vos camarades de chambrée ?
- Nous ?
- Terroriser des gens ?
- Nous n'oserions pas...
- Tu nous connais grand frère...
- Nous sommes de vrais petits anges.
Charlie secoua la tête, ses frères ne changeraient jamais. Il s'approcha lentement des garçons pour voir ce qui avait bien pu retenir l'attention de ces trois fauteurs de trouble. Il releva un sourcil en voyant le vieux bout de parchemin. Fred essaya de le cacher derrière son dos mais Charlie, connaissant bien son frère et doué d'une vivacité digne d'un grand et agile attrapeur lui prit le parchemin des mains avant que ce dernier ne disparaisse de son champs de vision.
- Qu'avons-nous là ? Un parchemin vierge ? S'il a retenu votre attention il doit être bien plus intéressant que ce que l'on pourrait croire au premier regard. Je vais vous l'emprunter pendant un petit moment si vous le voulez bien.
Charlie se retourna et marcha vers l'entrée du dortoir. Un concert de protestation s'éleva dans son dos alors qu'il passait la porte. Il se retourna et regard les jumeaux arborant alors un sourire mesquin.
- Vous préférez peut-être que je parle de vos visites quasi hebdomadaires dans le bureau de Rusard à maman ?
Les voix se turent et Charlie continua sa route. Alors qu'il fermait la porte, il passa la tête dans l'embrasure ce celle-ci.
- Au fait, arrêtez de martyriser ce pauvre Kenny.
- Kenneth...
- Ah oui. Désolé. Arrêtez de l'embêter, je suis sûr que vous avez d'autres choses à faire.
Il ferma ensuite la porte et rangea précieusement le parchemin dans une poche intérieure de sa robe.
Fred, George et Lee se tournèrent vers Kenneth, cible parfaite pour se venger de la perte du parchemin dont ils n'avaient pas encore eu le temps de découvrir le moindre secret. Kenneth réussit à s'échapper avant qu'ils ne puissent l'attraper et la mauvaise humeur du trio ne fit qu'augmenter.
- Demain, on met au point un plan pour le récupérer.
- Ouais. On est pas passés à deux millimètres de la retenue pour perdre notre trophée aussi rapidement.
Demain ou au plus tard à la fin de la semaine, le parchemin serait de nouveau entre leurs mains.
Deux jours passèrent pendant lesquels les jumeaux Weasley et Lee passèrent tout leur temps libre à observer le sixième année qui leur avait dérobé leur bien. Ils échafaudèrent alors un plan en fonction de ses lieux de fréquentation. Ils récupéreraient leur trophée quoiqu'il leur en coûte.
Ils remarquèrent que le Weasley fan de dragons qu'ils suivaient passait beaucoup de temps à la Bibliothèque et s'ils ne s'attardèrent pas sur la raison évidente de sa présence en ces lieux ils notèrent tout de même dans un coin de leur tête les rougissements soudains de le frère dès que son regard croisait celui d'une jolie Serdaigle de cinquième année. Ils pourraient utiliser cela contre lui en cas de besoin.
Après une intense réflexion, cachés derrière une rongée de vieux livres poussiéreux dans la section « alchimie » qui ne semblaient pas avoir été lus depuis bien longtemps, les trois premières années mirent au point les dernières parties de leur plan.
Alors qu'ils étaient concentrés sur les derniers détails, voulant savoir qui se chargerait de surveiller Madame Pince, qui s'occuperait de dérober le parchemin à Charlie, comment ils feraient pour sortir de la Bibliothèque sans attirer l'attention, ensemble ou séparément, ils ne firent pas attention à ce qu'il se passait à quelques mètres d'eux. Ce fut là une grave erreur de leur part et cela ne servirait pas leurs affaires.
Charlie Weasley était debout, à seulement quelques pas de la fille qu'il convoitait depuis plusieurs mois et ne faisait attention à rien d'autre qu'elle. Elle occupait toutes ses pensées. C'est pourquoi il ne remarqua pas le trio de joyeux lurons qui se trouvait dans la Bibliothèque alors qu'ils n'y mettaient jamais les pieds. Il ne remarqua pas non plus la petite sorcière de première année qui se trouvait derrière lui, marchant lentement et veillant à ne pas renverser l'encre qu'elle tenait dans sa main droite sur les parchemins qui se trouvaient dans la gauche.
Charlie tourna la tête sur la gauche, dans ce qu'il croyait être un mouvement discret et croisa les yeux amusés de la Serdaigle que son cœur avait pris pour cible. Dans une vaine tentative de fuite, Charlie recula pour retourner d'où il venait espérant échapper à la gêne qui s'installait en lui. Il percuta alors la première année qui passait derrière lui. La fillette laissa tomber ses parchemins et son encrier, se rattrapant à un étagère pour ne pas chuter à son tour. Un air surpris pris place sur son visage alors qu'elle assistait à la catastrophe qu'elle essayait d'éviter, une encre noire coulait tranquillement sur ses parchemins.
Charlie se baissa et tenta de réparer son erreur en lançant un récurvite. Malgré le sortilège, toutes les traces d'encre ne s'effacèrent pas complètement. Il se releva penaud et tendit ses affaires à la jeune fille tout en s'excusant platement. L'enfant rougit en entendant le capitaine de l'équipe de Gryffondor, un des garçons les plus populaires de l'école, s'excuser et balbutia lamentablement, essayant de former une phrase cohérente. Elle récupéra ses affaires et continua son chemin vers la table où elle était installée. Charlie la regarda s'asseoir, gêné et désolé. Il passa la main dans les poches de sa robe, cherchant quelque chose permettant de réparer ses tords. Il ne trouva qu'un parchemin et décida de le lui donner. Celui-là ne serait pas taché. Il ne réfléchit pas plus et s'avança jusqu'à elle.
- Excuse-moi.
L'enfant qui rangeait ses affaires, dépitée et n'ayant plus du tout envie de travailler, releva la tête et attendit que le garçon parle.
- Je suis désolé pour le parchemin. Tiens, en voilà un des miens en dédommagement.
Alors qu'elle s'apprêtait à refuser, Charlie Weasley le glissa dans son sac et lui fit un dernier sourire avant de repartir vers sa table.
La jeune fille ne demanda pas son reste et parti de la Bibliothèque.
Quelques instants plus tard, elle vit deux têtes rousses accompagnées d'une noire la dépasser en courant, riant à perdre haleine. Elle n'eut le temps que de cligner des yeux avant qu'une autre tête rousse, celle-là même appartenant à celui qui l'avait bousculé, n'apparaisse, coursant les trois élèves qu'elle ne connaissait que de vue.
Elle secoua la tête et continua son chemin, se dirigeant vers sa salle commune, tout en se demandant si elle n'allait pas faire un arrêt aux cuisines avant de travailler dans le calme de son dortoir, à l'abri de roux maladroits. Après tout, toutes ces péripéties, ça lui donnait faim.
- Daisy, tu viens ? C'est l'heure de manger.
L'appelée releva la tête et sourit à celle qui venait de l'appeler.
- Non, j'ai déjà mangé, c'est gentil.
Tout en parlant elle pointa du doigt l'assiette vide et sale qui se trouvait sur sa table de nuit, prouvant ses dires. Son amie secoua la tête avant de rejoindre les autres filles. Elle ne comprenait pas pourquoi Daisy ne respectait jamais les horaires des repas pendant les weekend, ni comment elle faisait pour manger autant.
Daisy sortit de sa poche une chocogrenouille. Elle mettait toujours des friandises dans ses poches, sacs ou placards, les considérant comme des cadeaux qu'elle se faisait pour le futur. Elle mangea la confiserie et regarda Daisy Dodderidge disparaître de la carte en souriant. Elle la rangea précieusement. Elle n'avait encore jamais eu la carte de la sorcière dont elle portait le nom. En effet ses parents s'étaient rencontrés au Chaudron Baveur et avaient trouvé ça plutôt drôle et attachant de rendre hommage à leur première rencontre en donnant leur fille le prénom de la fondatrice et première propriétaire du Chaudron Baveur.
Elle retourna à ce qu'elle faisait avant que Maëva ne l'interrompe, la rédaction de son devoir de métamorphose. Elle remarqua que son parchemin était rempli et dû plonger la main dans son sac pour en sortir un autre. Elle avisa alors celui que lui avait donné Charlie Weasley et rit légèrement en pensant à ce qu'il s'était passé le matin même. Elle trempa sa plume dans l'encrier avant de continuer la rédaction de son devoir sur les sortilèges de Transfert. Elle mit quelques secondes avant de voir que les mots écrits avaient été remplacés par d'autres.
Mr Lunard tient à signaler à la charmante personne qui tente de faire ses devoirs qu'il va lui falloir utiliser un autre parchemin.
Mr Patmol souhaite rajouter que la Carte du Maraudeur ne tient pas spécialement à connaître la définition du sortilège de Transfert par cœur.
Mr Cornedrue approuve et se dit qu'il mangerait bien des patacitrouilles.
Mr Queudver soutient ses mis et compatis avec vous, la métamorphose c'est pas si facile que ça.
Daisy resta bouche bée. Le parchemin était ensorcelé. Elle attendit quelques secondes, réfléchit à ce qu'elle allait bien pouvoir dire et s'adressa au parchemin, faisant fi de l'absurdité de la situation, une jeune fille seule parlant à un vieux parchemin.
Qui êtes-vous ?
Rien ne se passa dans un premier temps, puis des mots apparurent.
Messieurs Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue.
La réponse ne lui suffit pas.
Est-ce que vous existez réellement ?
Mr Cornedrue souhaite que ce soit toujours le cas, il a prévu de vivre très longtemps auprès d'une jolie rousse au tempérament de feu.
À quoi sert cette carte ?
Mr Queudver ne sait pas si vous méritez de savoir cela. Après tout, il ne vous connaît pas.
Que faut-il que je fasse pour que vous ayez confiance en moi ?
Mr Lunard suggère que vous racontiez la farce dont vous êtes la plus fière.
Une farce ? Mais je n'ai que 11 ans. Je n'ai jamais vraiment fait de farces.
Mr Cornedrue tient à signaler qu'eux, à onze ans, ils avaient déjà un certain historique et plein de farces à raconter.
Messieurs Lunard, Cornedrue, Patmol et Queudver attendent donc un échantillon des vôtres avec impatience.
Daisy regarda le parchemin ébahie et chamboulée. Elle ne savait pas comment fonctionnait ce parchemin ni quels trésors il pouvait renfermer mais elle comptait bien le découvrir. Elle se mit à réfléchir et essaya de trouver une farce relativement drôle qu'elle aurait pu faire. Elle se rappela alors quand un troisième année de Serpentard avait essayé de la piéger dans un couloir parce qu'elle avait osé dire que ceux qui croyaient à la pureté du sang devaient avoir une cervelle plus petite que celle d'un Troll avant de s'enfuir en riant. Le lendemain elle avait suivi le troisième année toute la journée, en prenant garde à ne pas se faire attraper, et s'était exercée au lancé de Flipendo. Tout Poudlard avait donc pu assister au comportement bizarre de ce garçon qui s'arrêtait de bouger pendant 10 secondes sans raison apparente à des moments inattendus. Les élèves avaient beaucoup rit sous cape, ne souhaitant pas essuyer de vengeances de la part du Serpentard.
Daisy sourit à ce souvenir et le raconta à la Carte, se demandant si se serait suffisant pour que l'objet magique lui révèle ses secrets.
Mr Lunard est amusé par votre vengeance.
Mr Queudver pense que ce Serpentard n'a eu que ce qu'il méritait. Il vous félicite.
Messieurs Patmol et Cornedrue approuvent leurs amis mais ne sont pas sûrs que cela soit suffisant pour qu'ils se dévoilent.
- Daisy !
La jeune fille releva la tête et enfouis précipitamment le parchemin avec lequel elle conversait sous sa couette. Maëva était de retour et apparemment décidée à ne pas laisser son amie dans son coin.
- Viens, on va au terrain de Quidditch. L'équipe de Poufsouffle va s'entraîner !
Daisy la regarda, jaugeant son amie pour voir si elle allait pouvoir échapper à cela. Elle adorait le Quidditch mais là, elle avait un mystère à résoudre. Voyant que Maëva n'allait pas abandonner son idée, elle se leva à contrecœur, prit son écharpe et suivit son amie. Demain, elle irait dans un coin calme du château et continuerait son investigation.
- Mais vous allez me laisser tranquille à la fin ! Allez embêter quelqu'un d'autre. Ça devient insupportable.
Charlie regardait ses frères d'un œil torve. Les deux première année ne semblaient nullement terrifiés contrairement aux autres Gryffondor se trouvant dans la salle commune. Personne ne souhaitait voir un Weasley en colère, encore moins Charlie, connu pour son tempérament de feu et de sa ressemblance avec un dragon énervé, on ne savait jamais comment on allait sortir de la confrontation, indemne ou non.
- Tant que tu ne nous aura pas rendu notre parchemin on ne te lâchera pas d'un pouce.
- Mais si ça t'embêtes de nous avoir sur le dos, on peut aller faire la causette avec cette jolie Serdaigle de cinquième année très studieuse.
Les oreilles du capitaine et attrapeur de l'équipe de Quidditch prirent une teinte rouge. Rien ne pourrait être pire que ses deux petits frères se mêlant de ses affaires de cœur. Percy qui passait par là regarda ses trois frères, vaguement intéressé, puis le livre qu'il voulait emprunter à la Bibliothèque se rappela à sa mémoire et il continua donc son chemin vers le lieu béni sans s'arrêter.
- Alors ?
- Que préfères-tu ?
Charlie fronça les sourcils devant les visages réjouis des jumeaux. Il n'avait pas le choix et ces petits démons le savaient. Il mit la main dans la poche intérieure de sa robe, là où il avait mis le parchemin quelques jours auparavant. Il ne rencontra que du vide. Étonné, il réessaya. Il fouilla dans son sac et dû se résoudre, après une fouille minutieuse, au fait qu'il avait perdu le parchemin si précieux pour ses frères.
- Désolé les gars, je ne l'ai plus.
Cette nouvelle fut difficile à digérer. Une fois chose faite, les Gryffondors encore présents eurent la chance d'assister à un concert de cris et d'insultes tous dirigés vers le grand rouquin trapu.
- Calmez-vous ! Par Merlin ce n'est pas grave. Ce n'est qu'un parchemin.
Cette phrase lui valut deux regards noirs qu'il n'était pas habitué à voir dirigés vers lui. Il se mit à réfléchir aux endroits où il aurait pu le perdre quand l'incident de la veille lui revint à la mémoire.
- Je crois l'avoir donné à une fille, hier, quand j'étais à la Bibliothèque. Vous avez dû le voir puisque vous étiez là aussi.
Ce furent Fred et George qui récoltèrent un regard lourd de reproches cette fois-ci et ils eurent l'intelligence de paraître désolés. La seule chose dont ils se souvenaient de cette escapade dans cette Bibliothèque était leur tentative ratée de vol et peut-être aussi le regard indigné et courroucé de Madame Pince à leur encontre. Ils oublièrent bien vite cet épisode et revinrent au sujet principal de leurs préoccupations.
- À quelle fille ?
- Je ne sais pas, je ne la connais pas.
- Quelle Maison ?
- Poufsouffle. Enfin je crois.
- Comment ça tu crois ?
- J'étais légèrement distrait les gars.
Fred et George levèrent les yeux au ciel, qu'est-ce que ça pouvait rendre crétin l'amour.
- Elle était en quelle année d'après toi ?
- Première ou deuxième, elle était vraiment jeune.
- Bon on se contentera de ça.
Les jumeaux se levèrent et se dirigèrent vers la sortie de la salle commune bien décidés à retrouver celle qui avait en sa possession un objet de grande valeur puisqu'il avait été dérobé par les frères Weasley dans le bureau de Rusard.
- Évitez de la traumatiser si vous la retrouvez.
Fred sourit à son frère et George lui adressa un clin d'œil. Ils prenaient bonne note du conseil mais rien ne les arrêterait dans leur quête et ça Charlie Weasley ne le savait que trop bien.
Daisy s'installa derrière le potager, au pied d'un arbre à l'orée de la Forêt Interdite, respectant ainsi les ordres de Dumbledore de ne pas y pénétrer mais lui permettant de pouvoir se cacher rapidement si quelqu'un arrivait par là.
Elle sortit de son sac un sandwich, gentiment préparé par les elfes de maison de Poudlard et se mit à grignoter avant de reporter son attention sur le parchemin qu'elle tenait en main. Elle avait prévu de rester là jusqu'à ce qu'elle perce le mystère de la Carte du Maraudeur. Elle était sortie de son dortoir vers huit heures du matin, avait fait un détour par les cuisines pour avoir des vivres pour la journée et avait longuement réfléchit à l'endroit où elle se poserait avant d'opter pour ce coin du parc du château où peu d'élèves se promenaient le dimanche.
Elle sortit la Carte de son sac, faisant attention à ne pas la tacher avant de reprendre la conversation de la veille. Elle prit une plume et son encrier, l'encrier même qui était tombé dans la Bibliothèque et qui ne la quittait plus. Elle se mit à écrire.
Comment allez-vous aujourd'hui ?
Mr Lunard vous remercie pour l'attention que vous leur portez mais il tient à signaler que pour eux le temps ne passe pas et qu'ils vont toujours bien.
Êtes-vous prêts à me délivrer votre secret ?
Mr Cornedrue pense qu'un secret en vaut un autre et ne trouve pas juste d'annoncer le leur sans une contrepartie.
Vous voulez que je vous dise un secret sur moi ?
Mr Patmol est ravi que vous ayez compris.
Mr Queudver jure que si secret il y a , le leur sera connu après le vôtre, parole de Maraudeur.
Qu'est-ce qu'un maraudeur ?
Mr Patmol rappelle la règle de base, un secret en vaut un autre. Livrez-vous en premier. Il ne faut pas mettre la calèche avant les sombrals.
Daisy resta interdite quelques instants. Devait-elle faire confiance à cette carte et lui confier un secret ou était-ce un tour qu'on lui jouait ? Elle repensa à la manière dont elle avait obtenu le parchemin et vint à la conclusion qu'il n'y avait aucune raison pour que Charlie Weasley ne lui veuille du mal puisqu'il ne la connaissait ni de Morgane, ni de Merlin.
Elle prit la décision de faire confiance à cette carte magique et décida de révéler le plus gros secret de sa famille. Celui dont elle n'avait pas honte mais qui ne faisait pas bon de partager à tout le monde. Celui qu'on gardait caché de peur d'être jugé. Même Maëva ne le connaissait pas alors qu'en quatre mois, les deux jeunes enfants étaient devenues les meilleures amies du monde et comptaient bien le rester.
Ma mère s'appelle Adhara Fawley. Elle appartient à la famille des sangs-purs Fawley. Dès sa naissance elle a été promise à un avenir respectable de femme de sang-pur. Elle aurait dû faire parti de la communauté magique. Ma mère est cracmolle. Ma présence à Poudlard est pour elle, moi fille de cracmolle, de née-sorcière privée de magie, une revanche. Une revanche sur ceux qui lui ont tourné le dos quand ils ont compris qu'elle n'était pas douée de magie, notamment sa famille qui n'a rien trouvé de mieux que de la cacher avant de la déshériter. C'est injuste mais c'est ainsi.
Elle reposa doucement sa plume après son aveu, un léger sourire aux lèvres. Elle se rendit compte de l'aisance avec laquelle elle avait pu livrer cette information. Une partie d'elle était contente d'en avoir enfin parlé. Il était peut-être temps de partager cette histoire avec d'autres personnes, sa meilleure amie en premier.
Elle reporta son attention sur le parchemin où des mots se formaient.
Messieurs Lunard, Cornedrue, Queudver et Patmol sont ravis de vous dévoiler leur grand secret et une de leur plus grande fierté, La Carte du Maraudeur.
Pour l'utiliser deux règles sont à respecter. Si vous souhaitez dévoiler les mystères qu'elle cache, prononcez « je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises », une fois vos affaires terminées n'oubliez surtout pas de prononcer les mots suivants « méfait accompli ».
Ils espèrent que cette carte vous sera d'une grande utilité.
L'étonnement put alors se lire sur le visage de la petite fille et elle s'empressa de prononcer la phrase clé pour débloquer le parchemin tout en gravant dans son esprit la seconde.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Sous ses yeux ébahis le parchemin sembla prendre vie et de l'encre apparut de nouveau. Elle lut alors :
Messieurs Lunard,Queudver, Patmol et Cornedrue spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter LA CARTE DU MARAUDEUR.
Les mots firent place à un plan détaillé du château dans lequel elle vivait depuis quatre mois désormais et remarqua une multitude de points se déplaçant plus ou moins rapidement, tous accompagnés d'un nom écrit en minuscule.
Daisy mit quelques secondes de plus à réaliser ce qu'elle avait sous les yeux puis son sourire s'élargit. Elle avait en sa possession une carte magique de Poudlard qui lui permettait de surveiller et observer tous ses camarades !
Son regard suivit Dumbledore qui faisait les cent pas dans son bureau. Le professeur Rogue cloîtré dans sa salle de potions, même un dimanche. Son amie Maëva marchant en direction de la Grande Salle en compagnie des autres filles du dortoir. Elle observa les chemins empruntés avant de remarquer différents passages secrets qui semblaient, après réflexion, tous mener à l'extérieur du château.
Elle passa son après midi à observer ses camarades, grignotant de temps en temps quand son ventre se rappelait à elle mais elle ne pouvait pas détacher ses yeux de la carte.
Elle était fascinée par l'objet et par l'intelligence et la puissance magique dont avaient dû faire preuve Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue.
Alors que la fin d'après midi s'installait, Daisy vit que deux points se rapprochaient dangereusement de l'endroit où elle se trouvait. Elle se releva précipitamment et se cacha derrière l'arbre qui lui avait servi de dossier pendant plusieurs heures. Elle aurait aimé se lancer un sortilège de Desillusion mais malheureusement ce sortilège n'était étudié qu'en sixième année.
Elle attendit patiemment et bientôt les deux élèves furent suffisamment proches pour qu'elle puisse entendre leur conversation.
Bien entendu, ils s'arrêtèrent pile devant son arbre et elle tenta alors de se faire encore plus petite et invisible qu'elle n'était déjà, le cœur battant à mille à l'heure alors qu'elle ne faisait rien de répréhensible. Elle se concentra pour écouter ce que les nouveaux venus avaient à se dire.
- Bon, cette journée aura été productive.
- En effet mon cher George.
- Nous avons une Maison.
- Poufsouffle.
- Une année.
- Première.
- Et un nom.
- Daisy Stern.
- Mais impossible de lui mettre la main dessus.
- Et surtout... Nous ne savons pas si elle a toujours le parchemin en sa possession.
- Tout à fait Fred.
- Il va falloir qu'on mette au point plusieurs plans pour découvrir cela et le récupérer si c'est le cas.
- Bien vu les jumeaux. Et me voilà pour vous y aider.
Daisy jeta un œil à la carte en se rendant compte qu'une troisième personne venait de rejoindre les deux premières et vit effectivement trois petits points rassemblés devant l'arbre, à quelques pas de sa cachette.
Ainsi donc, ils la cherchaient. Ils voulaient la carte. Ils la voulaient mais ne semblaient pas connaître ses propriétés.
Elle les écouta mettre au point les différentes manières d'approches et sourit en se disant qu'elle aurait deux fois plus de chance de déjouer leurs plans en les connaissant à l'avance et en ayant la Carte du Maraudeur. C'est ainsi que son après midi se termina.
Elle les regarda s'éloigner et rejoindre leur salle commune qui se trouvait dans la tour Gryffondor. Ce ne fut que lorsque les trois points y furent entrés que Daisy se décida à bouger. Elle sortit de sa cachette, rangea ses affaires et ravie par le tour qu'avait prit cette fin de journée rentra dans sa Maison en gardant un œil sur la carte. Elle allait taper sur le tonneau pour rentrer quand elle se souvint que la carte était toujours visible. Un murmure mit fin au sortilège.
- Méfait accompli.
La carte s'effaça et le parchemin redevint vierge. Elle se promit de faire des recherches sur le type de magie employée pour la conception de la carte dans la semaine.
- Merci les gars.
Elle rangea la carte entra dans sa salle commune. Maëva lui sauta dessus dès qu'elle passa le pas de la porte et lui demanda ce qu'elle avait bien pu faire pour les jumeaux Weasley ne la cherche avec autant d'intérêt durant toute la journée. Daisy lui sourit et au lieu de lui répondre, elle lui confia qu'elle avait un secret à partager avec elle. Les deux jeunes filles continuèrent à parler, rattrapant le temps qu'elles avaient passé séparées et aucune ne vit les mots écrits sur le vieux parchemin.
Messieurs Patmol, Cornedrue, Lunard et Queudver sont ravis d'avoir partagé leur secret avec vous et espèrent que vous en ferez bon usage.
La semaine qui suivit passa très rapidement pour quatre des élèves de première année à Poudlard, l'école de magie et de sorcellerie de Grande-Bretagne.
Toute la semaine, le trio formé par les jumeaux Weasley, Fred et George, et Lee Jordan tentèrent d'approcher, de piéger, de coincer ou de communiquer avec la jeune Daisy Stern.
Toute la semaine, Daisy Stern, parfois accompagnée de Maëva Hopkins, s'amusa à les éviter, à retourner leurs pièges contre eux, à disparaître soudainement alors qu'ils allaient atteindre leur but.
En une semaine, la jeune fille développa un esprit digne des Maraudeurs, ce qui Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue ne manquèrent pas de lui faire remarquer quand elle décida de raconter certains méfaits accomplis. Cela faisait plaisir à Daisy, qui le prenait comme un compliment et avait alors l'impression d'appartenir à un groupe.
En une semaine, elle réussit à mémoriser tous les passages secrets et étudia les rondes effectuées par les préfets, les professeurs, Rusard ainsi que sa satanée chatte, Miss Teigne. Elle remarqua que tous suivaient une certaine logique et la retint pour pouvoir s'en servir si jamais elle se retrouvait un jour hors de son dortoir après le couvre-feu.
Elle passa son temps libre, quand elle n'était pas avec Maëva, qui avait été fortement touchée par la confiance que Daisy lui portait pour lui livrer son secret, à étudier la carte. Elle s'était résolue, au milieu de la semaine à la rendre aux jumeaux Weasley. Même si elle trouvait amusant ce jeu du chat et de la souris elle ne comptait pas continuer comme ça très longtemps, tout ça l'empêchait de travailler ses leçons.
Le samedi suivant, l'acquisition de la Carte, Daisy envoya un mot anonyme aux Weasley. Elle n'entendait tromper personne. Ils sauraient qui les avaient contacté dès qu'ils liraient le mot mais cela retiendrait peut-être les curieux.
Le mot était le suivant :
« Pour récupérer le bien qui vous a été dérobé,
Venez me retrouver derrière le potager.
Ne venez pas accompagnés, je le verrais.
Si c'est le cas, je m'enfuirais.
Retrouvons-nous demain, à 8h30.
Cela sera votre seule chance.
Anonymement vôtre,
La détentrice du parchemin »
George reçut le mot alors qu'il allait enfourner une saucisse fumée dans sa bouche. Il reposa sa fourchette et regarda la chouette, étonné. Il prit la lettre et remercia l'animal en lui donnant la viande qu'il comptait avaler quelques secondes auparavant. Il ouvrit le mot et le lut. Un grand sourire s'étala sur ses lèvres. Il attira l'attention de son frère, alors en train de parler balais avec Angelina Johnson.
Fred lut le mot à son tour et le même sourire que son jumeau apparu sur son visage. Ils tentèrent de repérer dans la Grande Salle la petite Poufsouffle qu'ils avaient poursuivi toute la semaine. Ils ne virent que son dos. Elle se dirigeait vers la sortie. Se sentant observée, elle se retourna et son regard tomba directement sur les deux rouquins. Elle sourit légèrement et leur fit un clin d'œil. Elle était prête à affronter tout ce qu'ils prévoiraient.
Fred et George se tournèrent l'un vers l'autre et leur sourire s'agrandit. On pouvait apercevoir au fin fond de leur yeux une pointe de satisfaction. Cette fille s'avérait bien plus intéressante et surprenant que ce qu'ils avaient d'abord cru.
Le lendemain matin, Daisy Stern se réveilla à 7h. Une demi-heure plus tard, elle était fin prête et avait même pris le temps de passer par les cuisines pour prendre à manger. Si les jumeaux lui inspiraient confiance, elle consentirait à partager son festin de roi.
Elle se dirigea d'un pas rapide vers le lieu de rendez-vous et jetait un coup d'œil de temps à autres à la carte pour savoir si les jumeaux étaient déjà sur place ou non. Elle arriva là-bas avec trois quarts d'heure d'avance, s'assit par terre et attendit en observant les jumeaux roux. Ils ne commencèrent à bouger que dix minutes avant l'heure donnée par Daisy. Elle les regarda se mouvoir et fut surprise de voir le point désignant Lee Jordan rester immobile. Elle attendit que les points soient dans le parc de l'autre côté du potager pour ranger la carte.
- Méfait accompli.
La carte trouva sa place dans la poche intérieure de sa robe et elle se leva en entendant les deux garçons s'approcher. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres d'elle et adoptèrent une posture nonchalante. Daisy les observa et fut frappée par leur ressemblance, c'était la première fois qu'elle les voyait d'aussi près. Elle nota quelques dissemblances et se dit qu'elle n'avait plus qu'à découvrir lequel était Fred et lequel était George.
Le temps passa et finalement les jumeaux parlèrent en premier.
- Stern.
- Weasley.
- Je crois que...
- Tu as quelque chose qui nous appartient.
Daisy sourit, ils ne s'attendaient tout de même pas à ce qu'elle leur donne la carte aussi facilement, n'est-ce pas ?
- Comment vous l'êtes-vous procuré ?
- Et toi ?
- Vous le savez déjà. Alors ?
- Comment as-tu fait pour nous échapper cette semaine ?
Le ton intrigué des Weasley plut à Daisy.
- Une information pour une autre. Où avez-vous trouvé la carte ?
- La carte ?
Les jumeaux s'étaient écriés ensemble et Daisy se rendit compte qu'elle avait plusieurs longueurs d'avance sur eux. Ils ne savaient même pas ce qu'ils avaient perdu.
- Vous ne savez donc rien sur l'objet que vous tenez absolument à récupérer ?
- Bien sûr que si !
- C'est une carte.
- Et ?
Les jumeaux échangèrent un regard et semblèrent se mettre d'accord.
- On te dit tout si tu fais pareil.
- Ça me va.
Elle se rassit et sortit la nourriture de son sac. Elle regarda les jumeaux qui semblaient étonnés par son comportement. Elle leur sourit, autant parler autour d'un bon petit déjeuner et elle savait, pour les avoir observé à travers la carte, qu'eux aussi avaient sauté le passage par la Grande Salle.
- On partage ?
Une fois ces mots prononcés, les jumeaux s'assirent et entamèrent avec elles ce qu'avaient préparé les elfes.
- Avant de commencer, je peux savoir où est Lee ?
Fred et George sourirent à cette question.
- Tu as dis de ne pas venir accompagnés.
Celui qui lui répondit lui adressa un clin d'œil tandis que l'autre ne faisait que sourire avec malice. Daisy secoua la tête leur rendant leur sourire.
Ils mangèrent dans un silence confortable et cela étonna les trois première année, même s'ils ne le dirent pas à voix haute. Ils avaient l'impression d'être entre vieux amis et ils appréciaient cette sensation, bien qu'aujourd'hui soit la première fois où ils échangeaient le moindre mot.
Une fois rassasiés, les deux Gryffondors se mirent à raconter comment ils avaient réussi à dérober le parchemin, enfin la carte. Ils parlèrent de la confrontation avec leur frère qui avait confisqué l'objet. Les plans pour le vol de l'artefact furent abordés ainsi que l'assaut raté de la Bibliothèque. Ils lui firent part de la découverte de la nouvelle perte du document, de leur recherche de la personne à qui Charlie Weasley avait bien pu donner leur trésor. Pour finir, ils avouèrent ce qu'ils avaient imaginé pour la coincer, l'attraper et reprendre le bien qu'ils avaient si magnifiquement volé à Rusard.
Ce récit fut entrecoupé de rires du côté de Daisy et de nombreux commentaires des jumeaux pour ajouter sans cesse des détails. Ces interventions lui avaient permis de découvrir lequel des deux jumeaux était Fred et lequel était George ainsi que d'apprécier leur naturel et leur jovialité. Le temps passa rapidement et de fil en aiguille, à force de bavardages, il fut l'heure de manger.
- Tu veux faire une pause pour manger ?
Daisy se tourna vers George qui venait de poser cette question et lut sur son visage un réel intérêt pour sa réponse.
- Moi, ça va. Je pourrais toujours passer aux cuisines après.
- Aux cuisines ?
- On peut y avoir accès ?
Une vague d'excitation traversait les deux rouquins et Daisy ne put que rire face à cette réaction.
- Bien sûr. Il faut juste éviter de le faire tout le temps, après tout c'est interdit normalement.
À ces mots Fred et George échangèrent un regard et se tournèrent vers la jeune fille, les visages espiègles.
- Alors comme ça, toi...
- Daisy Stern...
- Élève de Poufsouffle...
- En première année...
- À Poudlard...
- Tu ne respectes pas les règles ?
Le ton était taquin mais Daisy vit que les Weasley étaient vraiment impressionnées, elle était plus surprenante que ce qu'elle laissait penser.
- Qu'est-ce que vous croyez ? Il n'y a pas que les Gryffondors qui peuvent braver les règles et l'ordre.
Les jumeaux se mirent à rire et Daisy fut fière d'elle. Plus le temps passait et plus elle les appréciait. Elle se prit à rêver d'un futur pas si lointain où ils seraient présents, où ils riraient ensemble après une farce bien réalisée.
- Tu nous y emmèneras ?
- Si vous voulez. Je suis tout de même étonnée que vous n'ayez pas encore découvert l'entrée des cuisines vous qui semblez maîtres en ce château.
- À vrai dire, ça ne nous est jamais venu à l'idée.
- Mais je suppose que nous nous serions penchés sur la question à un moment ou un autre.
Après cette petite aparté, ils revinrent au sujet principal de leur rencontre en ce dimanche de décembre. Ce fut au tour de Daisy de raconter aux jumeaux comment l'objet qu'ils avaient volé était arrivé entre ses mains. Elle parla de la Bibliothèque et de son devoir de métamorphose. Elle évoque Charlie et sa bousculade, les parchemins tachés et celui qu'il lui avait donné, désolé et penaud face à sa maladresse. Elle mentionna le retour dans son dortoir et son envie de finir son devoir. Elle révéla sa rencontre avec Lunard, Patmol, Cornedrue et Queudver. Elle ne mentionna pas le secret partagé, ils n'avaient pas à le connaître pour l'instant, peut-être qu'elle le révélerait plus tard s'ils devenaient amis. Enfin, elle arriva à la découverte de la Carte du Maraudeur, à l'espionnage non voulu de leurs stratagèmes visant à l'approcher et à l'aide apportée par la Carte pour leur échapper facilement.
- C'est mieux si je vous montre.
Et sous les yeux ébahis de George et Fred, la Carte s'ouvrit à eux. Ils observèrent les nombreux points qui se déplaçaient dans le château s'attardant sur ceux qu'ils connaissaient avant de tomber sur les leurs, immobiles, derrière le potager. Daisy les observa et fut ravie de l'émerveillement qui se dessinait sur leur visage. George pointa du doigt quelque chose et son frère se mit à rire. Elle les regarda, les sourcils relevés et le rire de Fred devint plus fort encore.
- On comprend juste mieux pourquoi tu sais où se trouvent les cuisines. C'est littéralement à deux pas de votre Salle Commune.
Daisy sourit.
L'avantage d'être à Poufsouffle. Pour moi, Helga était la plus sage des fondateurs. Aucun sorcier ne peut bien apprendre ou travailler s'il n'a pas les moyens de se sustenter. Vous, vous avez une vue magnifique de vos fenêtres au septième étage, nous, nous avons un accès rapide et facile à la nourriture.
Les trois élèves se regardèrent avant de rire ensemble. Oui, définitivement, Daisy était sûre qu'ils étaient faits pour s'entendre. Cette idée commençait aussi à faire son chemin dans l'esprit des deux Gryffondors.
Ils passèrent l'après-midi à discuter de ce qu'ils voyaient sur la carte. Ils notèrent les passages secrets et les pièces qui ne semblaient jamais fréquentées. Les heures défilèrent et ils ne furent rappelés à la réalité que lorsque leurs ventres gargouillèrent.
- Pour que la carte s'efface et que le parchemin redevienne vierge, il faut prononcer les mots « méfait accompli », comme ça personne ne peut avoir accès aux trésors renfermés par celle-ci.
- C'est grandiose.
- C'est magique.
Elle laissa George prononcer les mots et le parchemin redevint vieux, vierge et sans attrait particulier.
- Comment on fait alors ?
Fred regarda son frère et la jeune Poufsouffle, un sourcil levé, attendant de leur part une réponse au dilemme qui leur faisait face.
- Comment on fait quoi ?
- Pour la carte. Qui la garde ?
Les jumeaux se tournèrent vers Daisy. Étant celle qui avait percé le mystère de l'artefact magique, c'était à elle que revenait la décision finale pour savoir qui garderait la carte.
- Et bien, vous pouvez la garder. Après tout, c'est vous qui l'avez trouvé.
- Mais tu ne veux pas y avoir accès ?
- Bien sûr, mais elle vous sera plus utile à vous pour vos farces en tout genre. Et puis j'ai mémorisé les endroits où se trouvent les passages secrets alors tout va bien.
Les jumeaux la regardèrent en souriant et la prirent dans leurs bras, pour la remercier.
- Si jamais tu en as besoin, demande-nous.
- Elle est autant à toi qu'à nous.
Daisy hocha la tête et rougit de plaisir, si ça, ça ne promettait pas une belle amitié, elle ne s'appelait pas Daisy Stern.
Ils rangèrent leurs affaires, les garçons aidant Daisy à remettre les les assiettes sales dans son sac.
- Direction les cuisines !
Les Gryffondors poussèrent un cri de joie. Ils avaient hâte de découvrir une nouvelle partie de Poudlard. Ils marchèrent vite, sans se préoccuper du regard des autres qui était pourtant tourné vers eux. En effet, on n'avait jamais vu les jumeaux Weasley si calmes et encore moins en présence d'un Poufsouffle, qui plus était une fille. Leurs camarades se demandèrent si cela voulait dire qu'ils avaient mis au point une nouvelle farce mais laissèrent vite tomber en voyant les visages des jumeaux Weasley complètement dénués de malice. Jamais Fred et George Weasley n'avaient paru aussi innocents.
Percy qui passait par là se demanda ce que pouvaient bien trafiquer ses frères. Il ne s'en inquiéta pas longuement et parti vers la Bibliothèque où il souhaitait passer la fin d'après midi. Charlie, lui, les observa, l'air surpris. Il se demanda ce que ses frères pouvaient bien faire en compagnie d'une Poufsouffle avant de reconnaître la fille qu'il avait bousculé une semaine plus tôt. Il s'apprêtait à les approcher quand quelqu'un lui adressa la parole. C'était la jeune fille de Serdaigle. En quelques secondes il oublia les trois enfants et tourna toute son attention vers celle qui l'intéressait depuis plusieurs semaines.
Après avoir parcouru le parc puis une partie du château, les trois comparses arrivèrent enfin à destination. Daisy leur montra comment ouvrir le passage en chatouillant une poire verte, située dans une coupe en argent, pour qu'elle glousse et se transforme en poignée de porte. Elle entra la première, rapidement suivie du duo. La porte se referma sur les exclamations pleines de joie des deux Gryffondors et le rire franc, naturel, sincère de la jeune Poufsouffle.
Je ferais bien un petit tour aux cuisines de Poudlard, elle doit regorger de trésors !
