À la recherche du temps perdu...

Disclaimer : Heureusement, tout est à Tolkien, sans qui nous n'aurions pas ces histoires merveilleuses pour inspirer les nôtres.

Cadre spatio-temporel : A vous de me dire !

Avertissement : O.S. pas très joyeux (vous devez commencer à vous en douter !).

Les retrouvailles d'Elrond avec ses parents ont toujours été un moment qui m'intrigue, m'inspire... Je l'ai lu à plusieurs reprises chez d'autres auteurs et l'ai imaginé tantôt grave et triste, tantôt violent, avec ou sans Celebrian, toujours empreint de gêne. Le voici donc dans une version plutôt introspective...

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Elrond n'avait aucun souvenir d'Ëarendil. Bien sûr, il avait écouté Glorfindel parler de l'enfant blond de Gondolin il avait admiré le Marin vaillant que chantaient les Elfes et les Hommes – et même un vieil Hobbit il avait levé les yeux vers l'Étoile de Haut-Espoir, Gil-Estel, dans les nuits noires.

Mais ni le petit prince de la cité perdue, ni le héros de légende franchissant la mer interdite, ni l'étoile lointaine et froide dans le ciel ne pouvaient combler le vide laissé en son cœur par l'absence d'un père.

Ce n'est pas qu'il ne comprenait pas ses actions. Les Âges et les guerres avaient veillé à lui apprendre le poids des choix difficiles. Elrond admirait Ëarendil il était fier de lui, fier de lui être apparenté. Mais il n'avait pas d'amour personnel pour lui. En réalité, Elrond pensait rarement à lui comme à un être de chair et de sang, comme à son père.

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Elrond avait quelques souvenirs d'Elwing. Des souvenirs doux-amers où se trouvaient aussi Elros, et la mer. Il se souvenait qu'elle s'habillait toujours de blanc, et que ses mains étaient froides sur sa peau, et de la lumière étrange de son regard gris (Il se souvenait aussi de mains chaudes et caressantes, de bras qui savaient apaiser et consoler, d'un sourire tendre – mais ce n'était pas ceux de sa mère).

Il se souvenait du vent emmêlant ses mèches sombres, du cri plaintif des mouettes et du rire insouciant d'Elros ramassant des coquillages alors qu'une voile blanche disparaissait à l'horizon.

Il se souvenait du rythme lent et résigné d'une berceuse, du corps souple et chaud d'Elros contre lui, sa respiration paisible, du mouvement régulier d'une main diaphane dans ses cheveux... Et du regard hypnotisé par la pierre brillante sertie dans l'or et qui jette une lumière froide et lointaine dans la chambre (Mais cela non plus, il ne le dit pas. Car Elwing sourit et serre ses mains contre son cœur).

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P.S. : J'ai aussi écrit une version "longue" de ce texte. Si vous voulez la lire, vous savez comment la demander !