Note de l'auteur :
Petit OS lié à Mais tu ne voyais rien et focalisé sur Martine. De nombreux headcanons sont présents, notamment sur la famille et la ville d'origine de Martine. L'anime n'apporte aucune information à ce sujet, j'aime penser qu'elle vient de Romant‑sous‑Bois. J'ai l'impression d'avoir inclue plus d'headcanon que de canon, la fanfiction permet cet liberté et j'ai vraiment pris plaisir à l'écrire.
Je l'ai déjà mentionné dans Mais tu ne voyais rien, il est canon que Martine aime dessiner, cela est montré dans des mini épisodes bonus.
Avertissement :
Pokémon est la propriété de Nintendo. Seuls le scénario et l'AU (Alain fils du professeur Platane) m'appartiennent.
Ses doigts agrippent le papier vert pomme et tirent dessus. La feuille se déchire sous la pression et la protection cède peu à peu. Les motifs qui se situent sur la rupture deviennent méconnaissables et morcelés. Le papier cadeau est finalement retiré et tombe au sol, permettant au contenu de se dévoiler à elle. Une boîte de crayon de couleur. Et il ne s'agit pas d'un produit de premier prix, attrapé au hasard dans un rayon. Non, ils sont de qualité, au nombre de trente, alignés en ordre et lui évoquant immédiatement un arc‑en‑ciel.
Ses doigts glissent sur les crayons. Chaque couleur symbolise quelque chose pour elle.
Rouge. La teinte de ses cheveux.
Très tôt Martine s'est démarqué physiquement par sa taille. Elle a toujours été au premier rang sur les photos de classe. Mais sa stature n'est pas l'unique caractéristique physique qui attire aisément l'attention sur elle. Ses cheveux roux également. Jusqu'à ses sept ans, elle les détestait. La faute à des camarades de classe qui se moquaient d'elle, l'insultaient. Un jour, sa grand‑mère l'a aperçue avec une paire de ciseaux, prête à les couper, les larmes aux yeux. Elle l'a alors prise par la main et menée à sa cuisine. Martine adorait ce lieu, toujours rythmé par le son du tic tac d'une grosse horloge antique et dont l'air portait des odeurs gourmandes. Sa grand‑mère l'avait fait s'installer sur une chaise, pour lui servir un morceau de ses fameuses tartes aux fraises. Avec beaucoup de douceur, elle s'était mise à lui brosser sa chevelure, lui apprenant qu'avant que le temps ne déverse sur elle son emprise, elle était rousse, comme elle. Puis, sa grand‑mère s'était penchée sur elle et lui avait murmuré qu'il s'agissait d'un cadeau du roi des fées, Xerneas.
Depuis, Martine n'a plus eu une seule fois honte de son apparence. Même de sa petite taille que sa grand‑mère comparait à celle d'une fée. Bien sûr, Martine sait maintenant que ce n'était qu'une histoire pour qu'elle gagne confiance en elle. Sa grand‑mère adorait les contes.
Orange. Dracaufeu.
Le Dracaufeu d'Alain est le premier Pokémon dont elle a assisté à la méga‑évolution. Un phénomène incroyable qui avait attiré toute son attention. Cette rencontre a bouleversé son existence. Martine l'a vu de nombreuses fois se transformer et combattre. Un combattant fabuleux, et plein de tendresse. Avant de le caresser pour la première fois, Martine s'attendait à un contact désagréable et froid. Mais c'est tout le contraire. Les écailles du dragon sont lisses et d'une chaleur offrant un contact rassurant. Martine aimerait bien un jour imiter Alain et s'endormir contre Dracaufeu pour goûter à sa chaleur apaisante. Les siestes contre lui doivent être si confortables. Surtout si elle en juge les sourires qui se dessinent sur les lèvres d'Alain lorsqu'il sommeille blotti contre lui. Elle devrait lui demander un jour. Dracaufeu doit être comme un gros oreiller chauffant et protecteur.
Jaune. La fleur de Bébé.
Bébé, le premier Pokémon qu'elle a capturé, et cela grâce aux conseils d'Alain. Longtemps, Martine croyait que c'était un Pokémon de type plante, comme Marisse. Lorsqu'elle a commencé son voyage initiatique, Martine a décidé qu'elle donnerait un surnom à tous ses Pokémon. Beaucoup de dresseurs trouvent qu'il s'agit d'une pratique ridicule. Martine ne partage pas cette avis. Surnommer un Pokémon, c'est lui montrer qu'il est unique. Cela permet d'engendrer les premiers liens d'affection et de confiance. Si Martine a choisi de l'appeler Bébé, ce n'est pas par facilité, mais tout simplement parce que les Flabébé sont de petites créatures adorables. Martine apprécie beaucoup dessiner Bébé, aimant tracer et colorier chacun des pétales jaunes de sa fleur. Mais Bébé éprouve des difficultés à ne pas bouger. Comme un enfant humain qui s'agite au moment de prendre une photographie. Bébé a toujours été très agitée.
Vert. Comme Marisse, son adorable Marisson.
Certains affirment que chaque personne est liée à une autre depuis sa naissance. Si elles parviennent à se rencontrer, ce serait alors pour elles le bonheur absolu. Dans plusieurs régions, telles que Kanto, Johto, Hoenn ou Sinnoh, il est dit que ces amoureux sont reliés par un fils invisible rouge. A Kalos, nul ne croit en l'existence de ce filament pourpre. En revanche, beaucoup de kalosiens pensent avoir une âme sœur Pokémon. Que tous ont quelque part une créature avec laquelle ils pourront vivre une amitié éternelle. Une croyance provenant d'une vieille légende au sujet d'un roi kalosien et de son Floette. Les mythes se contredisent à ce sujet, mais tous s'accordent sur le fait que le souverain serait devenu fou à la mort de son précieux Pokémon.
Martine est persuadée que cette légende est réelle. Lorsqu'elle est venue chercher son premier Pokémon, elle avait le choix entre Marisson, Feunnec et Grenousse. En arrivant, elle ignorait comment effectuer son choix. Mais lorsqu'elle a vu Marisse, cela a été comme un coup de foudre mutuel. Ses couleurs ont immédiatement absorbé son regard. Vert, comme l'éclat des forêts qu'elle aime tant. Martine et Marisse ont tout de suite su qu'ils étaient faits pour former un duo. Ils veillent toujours l'un sur l'autre et partagent tout ensemble. Marisse est son âme sœur Pokémon, c'est certain.
Bleu azur. Alain, sans hésiter.
Ce sont ses yeux, très expressifs. Son regard communique toujours plus que ses paroles. Son ami peut paraître froid au premier abord à cause de ses tendances silencieuses. Mais il a un cœur un or, c'est son héros.
Même s'il peut se montrer très têtu et s'obstiner. Comme lorsqu'elle lui a dit qu'il devrait faire plus attention à son apparence. Rares sont les fois où Martine l'a vu sans son écharpe à la laine bleu azur. Un cadeau de son père auquel il tient beaucoup. Il la porte avec n'importe quelle tenue, très souvent de mauvais goût. Au début, avec ses vêtements sombres, ses t‑shirts au cols élargis et ses baggys noirs, Martine croyait qu'il était gothique ou émo. Il n'y a que lorsque qu'il travaille au laboratoire, qu'Alain se montre raisonnable. Avec sa blouse et ses chemises, il combine rarement son écharpe. Seule exception. Et avec le temps, le style vestimentaire d'Alain ne s'arrange pas. Il s'obstine à porter son écharpe en même temps que son collier. Depuis que son père lui a offert un pendentif serti d'une gemme‑sésame, Alain ne l'a pas enlevé une fois.
Indigo. L'association peut paraître absurde, mais cela lui évoque les chemises du professeur Platane.
Perdue dans la capitale, Martine craignait d'être en retard pour récupérer son premier Pokémon. Elle a couru pour atteindre le laboratoire. Et la première vision qu'elle a eue du grand scientifique est sa chemise indigo. Parce qu'elle lui ait tombée dessus. Sa partenaire de toujours, la maladresse, lui a fait perdre son équilibre sur l'un des tapis du hall du laboratoire. À moins que ce n'était dû à un manque de concentration. Elle observait avec curiosité l'intérieur du laboratoire. Notamment ses murs recouverts d'une peinture bleue splendide. Sa chute avait beaucoup amusé le professeur Platane qui l'avait rattrapé. Le scientifique est toujours ravi de partager son savoir avec elle au sujet de la méga‑évolution. Dès qu'elle a un souci, le professeur Platane est près à l'aider. Et c'est surtout lui qui lui a confié son cher Marisse. Marisse c'est son partenaire, son trésor.
Violet. Carchacrok.
Dans sa ville natale, Roman‑Sous‑Bois, les Pokémon de type dragon sont rares et peu populaires. Lorsqu'elle a vu pour la première fois Carchacrock, Martine a tout de suite été impressionnée. Peut‑être même un peu intimidée, mais uniquement parce qu'elle est arrivée derrière elle sans prévenir. Voir surgir soudainement une grande silhouette violette aux pattes dotés de griffes acérées était très déstabilisant. Son apparence féroce et redoutable est néanmoins trompeuse. Carchacrok est très douce et veille sur tous ceux résidents au laboratoire, Pokémon comme humain. Elle est la gardienne des lieux. Gare à ceux qui osent s'en prendre à eux, elle ne montre aucune pitié si un membre de sa famille est blessé. Elle devient alors une combattante féroce et redoutable. Carchacrok a un comportement très maternelle, rappelant à certains égards le caractère du professeur Platane. Tel Pokémon, tel dresseur affirme un dicton populaire.
Martine serait bien incapable de choisir sa couleur préférée. Chacune lui évoque quelque chose qu'elle aime profondément. Si quelqu'un devait lui poser la question, sa réponse serait très particulière. Martine a toujours aimé les couleurs, sans elles le monde serait triste et ennuyeux. Ce sont elles qui l'ont poussé à apprendre à dessiner.
– Cela te plaît ?
La voix d'Alain, douce et un peu hésitante, la détourne de sa contemplation. Son ami craint que son cadeau lui déplaise. Bien au contraire. D'autant qu'il s'agit juste d'une petite intention qui ne célèbre rien, si ce n'est leur amitié.
– Je l'adore Alain ! Merci beaucoup !
Martine se rapproche de son ami pour le remercier. Son pied glisse sur le papier cadeau déchiré et abandonné au sol. Martine perd son équilibre et chute tête en avant, en direction d'Alain. Rapide, Marisse fait surgir ses lianes et l'enveloppe rapidement pour l'empêcher de heurter le carrelage dur et froid du laboratoire. Pris de court, Alain rattrape la boîte et parvient à la refermer juste avant qu'elle ne déverse son contenu.
Alain ne peut s'empêcher de lâcher un soupir amusé. Martine a un petit rire gêné tandis que Marisse la redresse sur ses jambes. Un peu plus et ses nouveaux crayons se retrouvaient endommagés en un instant, avec des morceaux de mines répandus sur le carrelage. Sa maladresse aurait martelé le sol de sa couleur préférée. Arc‑en‑ciel.
