Bonjour
Aujourd'hui, je vous propose une fic toute courte, de trois chapitres, qui j'espère vous plaira.
Je publierai un chapitre une fois par semaine, en général le week-end.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, bien sûr. Ce sont ceux de J. K. Rowling.
Attends ! Tu parlais de qui ?
Chapitre 1
Poudlard est très agréable en été. Le lac brille sous les rayons du soleil, les feuilles bruissent sous l'action du vent, les oiseaux pépient, se déplacent à plusieurs, les fleurs recouvrent le sol de leur tapis. Tout est calme, apaisant, harmonieux. Je ferme les yeux et profite. Tout à coup, Blaise se met à grogner à côté de moi et j'entends une cavalcade se diriger vers nous. Alors que j'ouvre les yeux, j'ai juste le temps de voir les eaux du lac se fendre en deux pour engloutir une chevelure de feu. Ronald… Il ressort bien vite la tête de l'eau, à coup de gestes grandiloquents pour écarter les cheveux de son visage, avant de se laisser doucement, sensuellement glisser hors de l'eau, révélant son torse musclé couvert de taches de rousseur. De ses yeux bleus pétillants, il fixe Blaise qui déglutit difficilement et lutte vaillamment pour ne surtout pas laisser paraître que cette vue lui remue les sens. Je ne me prive pas, moi. De toute façon, Ronald est concentré sur Blaise.
Ca doit bien faire plus d'un an que Ronald se laisse pousser les cheveux. Longs et fins, ils virevoltent autour de ses épaules aujourd'hui. Cette longueur leur fait perdre leur ondulation. Je n'ai pas arrêté de le taquiner avec ça l'année dernière. Lorsqu'ils n'étaient pas encore assez longs pour qu'il les attache, sa seule façon de ne pas les avoir dans les yeux avait été de les plaquer avec du gel. Eh bien, croyez-le ou non, ça lui allait très bien ! Il faut dire que la petite barbe de trois jours rajoute pas mal de choses. Ca ne m'a pas empêché de lui rappeler qu'il ne m'avait pas demandé la permission d'arborer la coiffure brevetée « Draco Malfoy » mais j'ai été magnanime. Je l'ai même conseillé sur une bonne routine capillaire. Le regard éberlué de tout le square Grimmaurd valait le coup, je peux vous le dire ! Hermione, toute timide, s'est même jointe à la conversation pour ses propres cheveux. Là, je dois dire que j'ai fait des miracles. Mais Harry s'est montré intraitable. Ses cheveux à lui n'avaient besoin d'aucun changement, ils lui convenaient tout à fait comme ça. Je n'ai pu qu'acquiescer. Après tout, il ne pouvait détruire impunément la demeure du corbeau qu'il hébergeait depuis des années ! On a tous bien ri. Il a fait mine de rien mais, le soir, dans la chambre, au creux de mes bras, j'ai dû le rassurer. Ses cheveux étaient très bien. C'était une simple boutade.
Enfin bref, là n'est pas le sujet. Je ne sais pas comment Blaise fait pour se retenir. La cour de Ronald est, il est vrai, non verbale mais très efficace. Ronald se dirige vers nous, charmeur, la voix suave.
« J'espère ne pas troubler votre quiétude, mes chers. »
Il fait le malin en plus. Il se positionne au-dessus de Blaise, encore à demi-allongé, surélevé sur les coudes, et pose un genou au sol à ses côtés, s'appuyant d'un bras sur l'autre. Il plonge dans son regard et je me lève pour les laisser seuls, faisant mine d'accueillir les deux nouveaux arrivants. Harry et Hermione ne sont en effet pas très loin derrière, marchant tranquillement, ramassant les vêtements que Ronald a semés derrière lui pour plonger à demi-nu dans le lac et nous surprendre. Les lèvres d'Harry sont pincées de contrariété, il me lance un regard d'avertissement. Je l'ignore et réponds au salut d'Hermione. Il attend d'ailleurs qu'Hermione s'éloigne pour installer leur nappe de pique-nique non loin, contre un arbre, pour me rabrouer à mi-voix. Il m'a très bien vu mâter Ronald. Un sourire en coin est ma seule réponse. Je suis un peu surpris qu'il pense que je m'intéresse à Ronald et surtout que ça semble le déranger. Je lui demande alors s'il a peur que je m'accoquine avec son meilleur ami. Il rougit avant de lâcher un rire qui sonne faux à mes oreilles.
Ron n'est pas « comme ça ». C'est le genre de réponse qui m'agace plus que tout. Comment ça, « comme ça » ? Intéressé par un autre mâle, peut-être ? C'est vrai qu'il n'a pas du tout l'air intéressé par ce beau gosse là-bas. Malgré l'évidence même, il nie la tension sexuelle entre Ronald et Blaise. Ron est juste taquin et tactile avec ses amis, c'est tout. Mais bien sûr… Harry refuse obstinément de voir l'attirance de Ronald pour un certain serpentard. Au début, j'ai pensé que c'était parce qu'il ne voulait pas assumer sa propre attirance pour un certain serpentard. Maintenant, je me demande s'il n'est pas lui-même attiré par Ronald et désespéré à l'idée que ses sentiments ne lui soient jamais retournés. Mais j'avoue que je n'ai pas envie de creuser plus avant cette hypothèse. Et il a beau se montrer jaloux lorsque je me laisse aller à apprécier la vue du rouquin - il se donne à fond pour Blaise alors j'en profite ! – je ne saurais dire s'il est jaloux que je mate quelqu'un d'autre ou s'il n'apprécie juste pas que quelqu'un mate son précieux rouquin, qu'il n'aura jamais, et qu'en attendant, il se console avec un blond qui passait par là. Je ferme les yeux de douleur, une seconde, avant de me reprendre et de rejoindre Harry et Hermione, déjà installés sur la nappe de pique-nique.
...
Ronald est un excellent adversaire d'échecs. On joue souvent l'un contre l'autre. C'est bien la première fois que je trouve un adversaire à ma taille. On a même notre table attitrée dans la salle commune des huitième année. Il faut pouvoir s'occuper durant ces quelques mois d'été enfermés à Poudlard avant la rentrée. Mais je ne me plains pas. Ces quelques mois de répit, après la guerre, nous ont fait le plus grand bien. McGonagall nous a offert cette bulle de répit pour nous reconstruire, loin de tout. Cette bulle n'était qu'artificielle, j'en suis bien conscient. Mais elle était nécessaire.
J'ai passé des heures et des heures à jouer aux échecs ici, avec Ronald, sans dormir de la nuit, durant toute la semaine qu'a duré le procès de mes parents. Le sujet n'était jamais abordé mais Ronald est resté avec moi jusqu'au bout. Et quand je tombais de fatigue sur mon fauteuil, Harry me portait dans ses bras jusqu'à mon lit, faisait mine devant les autres de me laisser seul et revenait dormir auprès de moi lorsque personne ne faisait attention.
Le jour du jugement, je me suis levé, la mine défaite, en pyjama, les cheveux en pétard. Je ne suis pas passé par la salle de bain, ne me suis pas habillé, je me suis assis dans la salle commune avec la Gazette posée devant moi, repliée de telle sorte que je ne vois pas la première page. Je ne sais combien de temps je suis resté prostré ainsi à fixer cette Gazette. Je ne pouvais pas l'ouvrir, c'était trop dur. Tout allait devenir réel si je l'ouvrais, si je la lisais. J'étais terrorisé par ce bout de journal. J'ai fini par donner un coup de pied dans la petite table basse devant moi qui a basculé, jetant au sol ce maudit journal. Je me suis enfoncé dans mon fauteuil, les jambes repliés, les bras encerclant mes tibias et le front posé sur mes genoux.
Puis, j'ai entendu des bruits autour de moi. Blaise fermait le journal au sol – j'ai bien fait attention de ne pas en voir le titre – Harry remettait la table sur ses pieds, Hermione apportait un plaid qu'elle a enroulé autour de mes épaules et Ronald est arrivé avec le jeu d'échecs qu'il a posé sur la table devant moi, en silence. Ils se sont tous pris des sièges, des fauteuils et se sont installés en cercle autour de moi. Une dernière bulle. Jusqu'à ce que je sois prêt. J'ai serré le plaid autour de moi et j'ai tendu la main vers le jeu d'échecs. Je ne me sentais pas capable d'utiliser ma voix en cet instant. On jouerait en version moldue pour cette fois. Harry s'est précipité pour rapprocher la table de mon fauteuil et Ronald a avancé le sien. On a joué pendant un moment, ni l'un ni l'autre vraiment concentré sur le jeu. Au bout d'une énième partie alors que Ronald allait relancer le jeu, j'ai relevé la tête du plateau pour les fixer tous, un à un. Ronald a stoppé son geste et a attendu. Tout le monde s'est tu et m'a fixé. J'étais prêt. J'ai enlevé le plaid de mes épaules, j'ai pris une inspiration et je me suis levé pour ramasser le journal laissé au sol.
Lucius Malfoy, en tant que mangemort avéré, était condamné à Azkaban à perpétuité à compter de ce jour. Narcissa Malfoy, sa femme, pour avoir aidé l'Ordre, était acquittée mais tous les biens de la famille Malfoy reviendrait à l'héritier à sa majorité.
Mes mains tremblent. Ma mère est sauvée. Je n'avais jamais espéré quoique ce soit pour mon père mais ma mère était sauvée. Je ne me rends même pas compte que je pleure mais des larmes de soulagement coulent le long de mes joues. Quelqu'un vient m'encercler par derrière et m'enserre le poignet fortement. A la pâleur de la main masculine, je reconnais Ronald. Je lâche le journal au sol, attrape sa main et repose mon dos contre son torse. Il me serre davantage contre lui, sa tête se nichant dans mon cou. Blaise, en face de moi, n'ose pas s'avancer. Pudeur serpentarde. Je lui souris au milieu de mes larmes et tends le bras vers lui pour l'attraper. C'était le déclic qu'il attendait. Il a vécu la même chose au procès de son père, il comprend tout à fait. Il me prend dans ses bras de face et pose son menton sur l'épaule opposée que celle qu'occupe Ronald. Bloqué entre eux, je vois tous les autres nous rejoindre pour un câlin collectif. Hermione, Harry et même Ginny. Ce que j'ai ressenti à ce moment-là était tellement fort. Tellement inattendu. Ca peut paraître fleur bleue. Mais j'ai ressenti tellement d'amour pour eux tous à ce moment-là. Comme ça ne m'était jamais arrivé.
