Je suis désolée du délai mais je viens juste de remettre la main sur la pile de bouts de papier sur laquelle j'avais écrite cette histoire. Mais elle est donc dans un contexte plus vieux, soit au début de la saison trois.


Elle l'accepte

Ladybug étira son bras pour que son yoyo forme un bouclier et bloqua l'arrivée des ballons de baudruche remplis d'acide que le clown maléfique lui projetait. Ce faisant, elle vit ChatNoir du coin de l'œil.

Elle s'irrita un moment en le voyant prendre le temps de cacher quelque chose avec beaucoup de précaution. Avait-il remarqué qu'elle était plutôt débordée à cet instant?

Puis, elle se rappela qu'il était quelqu'un de formidable et se dit que s'il avait prit cette précaution, il avait surement une bonne raison.

Elle lui donna les recommandations de sécurité concernant cet akumatisé précis et le laissant prendre les devants, elle ne profita pour invoquer son lucky charme derrière la sécurité de son bâton.

Un klaxon rouge et noir lui tomba dans les mains. Elle l'utilisa pour que le taureau se mette à charger le clown et empêche celui-ci de les attaquer. ChatNoir détruisit le chapeau avec la fleur qu'il venait de voler au clown de rodéo et un papillon noir en sortit.

Ladybug purifia les ravages faits sur les murs de la ville autour et ChatNoir en profita pour récupérer ce qu'il avait caché.

Lorsque Ladybug lui présenta son point pour célébrer avec lui leur rapide réussite, ce qu'elle vit était ChatNoir, un genou au sol et présentant une petite fleur rouge, aux pétales magnifiquement complexes à sa partenaire.

Bouche bée, elle prit la fleur dans ses mains, en découvrit le parfum et son visage rougit. Ce qui fit qu'elle était rouge des orteils à la racine des cheveux.

« Chaton, je, je… » bafouilla-t-elle. Les mots étaient sur le bout de sa langue mais elle voulait qu'il les connaisse. Pourquoi n'arrivait-elle pas à lui parler?

« Est-ce que ça veut dire que tu m'aimes encore? » demanda-t-elle. En tremblant et sentant les larmes lui monter aux yeux. La dernière fois qu'il lui avait offert une fleur, elle avait refusé et il en avait été blessé.

« Oh! De tout mon cœur, ma Lady! » l'assura-t-il ravi de voir l'émotion qui s'inscrivait sur le visage de sa belle.

Surprise par sa réponse, elle se rendit compte qu'elle avait dit quelque chose (elle ne savait pas quoi) sans en avoir l'intention. Mais avant de pouvoir le découvrir, elle entendit Alya pousser un gloussement de triomphe en les filmant.

ChatNoir voulu l'entraîner à l'écart par les épaules mais sa boucle d'oreille résonna, elle paniqua et s'enfui en criant un au revoir par-dessus son épaule et gardant la corole de la fleur à l'abri contre son cœur.

Panique

Dans l'après-midi, Marinette décida de prendre les grands moyens. Elle retourna à l'école avant le début du cours d'escrime d'Adrien dans l'espoir de lui parler. Mais le cours débuta et Adrien n'était nulle part en vu.

En haut de l'escalier de l'école, elle consultait frénétiquement son téléphone. Était-il manquant à cause d'une alerte akuma qu'elle n'avait pas vu? Se battait-il seul espérant son arrivée quelque part à cet instant précis?

« Salut Marinette, ça va? » fit la voix lumineuse du garçon formidable à qui elle devait impérativement révéler son secret et s'excuser de sa bêtise. Il revenait d'une séance photo apparemment puisque son chauffeur était toujours au bas des marches.

Surprise et paniquée, Marinette lâcha un cri épouvanté et se tassa sur elle-même comme si elle s'attendait à un choc. Son visage avait prit une expression d'horreur, elle le savait. Elle grimaçait même probablement en montrant les dents de sa mâchoire du bas. Tout sauf élégant!

Au moins, elle n'avait pas propulsé son téléphone à l'autre bout de la pièce. Avec le temps, elle avait acquis le réflexe de resserrer la main sur ce qu'elle tenait au lieu de la relâcher sous l'effet de la surprise. Quand votre vie dépend de la corde du yoyo que vous tenez…

Elle ne pouvait pas lui parler. Pas comme ça! Déjà qu'un jour, elle serait obligée de raconter à ses parents, ses amis et même leurs enfants! Qu'elle avait découvert l'identité de son grand amour parce qu'elle s'était trompée de fenêtre et était entrée par celle de la salle de bain des hommes dont il se servait pour se transformer au musée.

Il avança sa main vers la jeune fille changée en statue de marbre blanc, voulant la poser sur son épaule dans un geste de réconfort. Mais en voyant les pupilles d'un bleu azur remplis de panique suivre lentement la progression de ses doigts, il arrêta son geste.

« Marinette? Tu vas bien? Parle-moi s'il-te-plaît. Tu m'inquiètes… » réclama-t-il.

Lui parler? Omg. Réalisa-t-elle soudain. Elle était là pour lui parler. Pour tout lui révéler. Elle allait lui dire qu'elle savait qu'il était ChatNoir et il demanderait comment elle le savait. Forcément.

Et elle : elle n'aurait pas le choix! Elle se retrouverait à devoir lui raconter l'histoire des toilettes!

Non. Définitivement non!

Perfection

Cinq minutes plus tard, alors que l'air parvenait de plus en plus facilement à pénétrer dans ses poumons et à les faire fonctionner, l'idée que la mémoire musculaire était indiscutablement très forte lui traversa l'esprit.

Parce que quand elle avait paniqué devant Adrien (Dans le sens de : encore plus qu'elle n'avait jamais paniqué devant lui.) c'est son corps qui avait réagit. Elle s'était enfuit sans un mot!

Et les mots : «Tikki! C'est affreux! » furent les premiers mots qu'elle prononça.

« C'est vrai que ça aurait pu être mieux. Mais Marinette, regarde l'état dans lequel tu es simplement parce que tu ne lui a pas encore dit que tu l'aimes. Tu en souffre depuis des mois! Tu dois lui dire que tu sais pour son identité secrète. Même si ce n'est pas parfait, même si ça n'écrira pas le plus beau passage de votre histoire. Et même si tu ne peux pas lui dire qui tu es en retour! Tu dois lui dire que tu sais pour reprendre le contrôle de toi-même. Voilà des jours que tu ne dors plus et que tu ne manges presque pas.»

« Je n'y arrive pas Tikki. J'essaie vraiment fort. » déplora Marinette se sentant pathétique.

« Commence par décider qui tu veux être pour lui. Marinette ou Ladybug. C'est toi qui décide mais tu dois faire un choix et agir. »

« Tu as raison, Tikki. Seulement, je voudrais être avec Adrien et je n'arrive pas à lui dire. »

«On ne peut pas toujours avoir un vie parfaite, Marinette.»

Friendzone

Le lendemain matin, lorsque Marinette arriva les traits tirés dans ses plus beaux jeans et avec un joli chandail tout neuf, mais juste sur le coup de la cloche, Adrien glissa un bras sur le bureau de la jeune fille et y déposa une enveloppe.

Mme Bustier ayant très bien vu le geste, Marinette obéie à son ordre muet et rangea la lettre dans son sac pour ne la ressortir qu'une fois seule à la pause.

Chère Marinette,

J'ai remarqué que dernièrement, ma présence près de toi te gênait encore plus qu'avant. Je n'ai jamais comprit la raison pour laquelle je te dégoûtais ou t'effrayais mais j'aimerais le savoir parce que je sais que tu es une fille formidable et que si, ensemble, on pouvait trouver une façon d'aplanir nos difficultés, je pense que nous pourrions être de bons amis.

Si je fais ou dit en ta présence quelque chose qui te déplait, j'aimerais que tu m'en parle et je souhaiterais aussi que tu trouves dans ton cœur la force de me pardonner et de m'accepter tel que je suis.

Tout ce que j'espère, c'est que tu acceptes de m'en parler plutôt que d'endurer jusqu'à ne plus en être capable.

Avec mes plus sincères sentiments, Adrien

Marinette resta hébétée jusqu'au soir. Elle sentait une boule dure et lourde qui l'étranglait et qui ne voulait plus partir de sa gorge.

Alya chercha à connaître le contenu de la lettre parce qu'elle se doutait bien que ce mot était la cause de l'état de Marinette. Et le regard suppliant de son amie la dissuada d'aller en parler directement avec l'expéditeur.

Tom et Sabine cherchèrent aussi à savoir ce qui chagrinait leur fille. Ils la voyaient sombrer de plus en plus dans la mélancolie au fil des jours et tentèrent d'entamer une sérieuse discussion avec elle mais sentirent bien vite que ce n'était pas la bonne journée.

L'alerte akuma qui résonna au début de la nuit arriva comme un soulagement. Marinette était étendue sur son lit prête à passer une autre nuit à se tourmenter de ne pas avoir réussit sa mission pour une autre journée.

Désolée

Comme à chaque fois qu'elle croisait ChatNoir lors d'un combat depuis qu'elle savait qu'il était aussi Adrien, elle resta un instant interdite avant d'inspirer lentement et de foncer au combat en étant aussi efficace que depuis le début de sa carrière.

Les coccinelles ayant balayé tous les dégâts, les héros se félicitèrent et fort de son dernier succès auprès d'elle, (elle avait accepté la fleur) ChatNoir tenta un baisemain sur la main gantée de rouge de sa Lady. Il n'avait auparavant réussit ce geste qu'avec un succès mitigé. Elle retirait normalement sa main en vitesse. Mais, bien qu'elle la lui ait retirée une fois de plus ce soir-là, elle le fit doucement, après qu'il eu complété son geste et avec un regard douloureux.

Il savait qu'elle devait partir rapidement. Elle avait utilisé ses pouvoirs et son miraculous clignotait. Mais plutôt que de lui dire au revoir avant de s'enfuir dans la nuit, Ladybug éclata en sanglot : « Je suis désolée! Tellement désolée! »

« Mais, mais- allons ma Lady. Pourquoi serais-tu désolée? » bafouilla ChatNoir devant cette réaction totalement inattendue.

« Parce que je dois te dire quelque chose de très important. Quelque chose qui t'affecte toi, et nous aussi. ... Et je n'y arrive pas! »

« Allons, Buguinette » encouragea-t-il « Tu sais bien que tu peux tout me confier. »

« Je n'y arrive pas! Je ne sais pas comment faire! C'est si majeur, important et cruciale! »

Les boucles d'oreille sonnèrent une nouvelle fois tout comme la bague de ChatNoir.

« Ladybug, écoute. Nous devons nous séparer mais prends le temps de te calmer, d'accord? Et à notre prochaine rencontre nous en discuterons calmement ensemble. Pourquoi on ne se verrait pas demain soir? Ça t'irait? »

Mauvais sort

« Ah là là, Tikki. J'arrive pas à y croire! T'y crois toi? Comment il est formidable? Qu'il soit ChatNoir ou Adrien, il est toujours là pour moi! Il m'a encore protégé aujourd'hui! » s'émerveilla la jeune fille de retour dans sa chambre où elle pouvait contempler son portrait.

« Oui, mais tu l'as sauvé aussi, n'oublie pas. C'est normal dans une équipe. » lui répondit la kwami.

« Oui, mais justement. Ça fait des années qu'il a eu le courage de me dire qu'il m'aime. Tandis que moi, j'essaie de lui parler depuis deux ans sans résultats! »

« Techniquement, ça ne fait que trois mois qu'il t'a dit qu'il t'aimait. À lui aussi, il a fallu du temps pour réunir son courage. C'est normal d'avoir peur d'être blessé. »

« Oui, mais, tu vois, lorsqu'il m'appelle sa Lady, je crois, enfin, je ressens une chaleur qui circule entre nous. Tu vois ce que je veux dire? Et il m'a fallu des mois pour lui retourner cette plus-que-de-l'amitié-pas-de-l'amour chaleur. »

« Oui, de la tendresse quoi! » s'amusa Tikki.

« Oui, mais même si j'aime Adrien de tout mon cœur depuis deux ans. Même si j'ai de la tendresse pour ChatNoir, même si le garçon qu'il est en étant les deux ne cesse de m'émerveiller. Je. n'arrive. Pas. à. Lui dire! Et pourtant j'ai été capable de parler de mon béguin à ChatNoir. Et en plus, il a le droit de savoir que je connais son secret! Il le mérite et moi, je ne suis pas capable de faire ça pour lui. Je ne suis même pas capable de dire au garçon que j'aime que je le met en danger. Mais quel genre de personne est-ce que ça fait de moi? »

« Tu t'inquiète pour ton ami, tu en fais simplement un peu trop. Tu es une bonne personne, Marinette. »

« Tikki, tu sais ce que je crois? Et si j'étais victime d'un mauvais sort? Penses-y, il y a que devant Adrien que je tombe ou que je bafouille. Je ne pourrai jamais lui dire tant que je n'aurai pas été désensorcelée. »

« Ne t'inquiète pas Marinette. Comme tous les kwamis, je suis liée par une règle qui m'empêche de divulguer ton identité. Et crois-moi, si tu subissais la même chose, je le saurais. »

Lacheté

Le secret qu'elle devait révéler à Adrien n'était pas le seul souci de Marinette. L'alliance que Lila semblait vouloir former avec Chloé était elle aussi une inquiétude pour plusieurs raisons.

Ces raisons concernaient majoritairement Marinette plutôt que Ladybug, mais elle avait fait remarquer à Tikki que si une autre personne qu'elle-même avait été la cible de ces filles, elle n'aurait pas hésité à se transformer pour les surveiller. Elle pouvait bien s'accorder le droit d'abuser, un peu, de ses pouvoirs pour sa protection personnelle.

Du coup, elle était sur le toit des appartements derrière le grand Paris avec une vue sur la chambre personnelle de Chloé où Lila avait été invitée pour le goûter d'après les cours.

Et, allez savoir ce qu'était ses propres raisons, ChatNoir avait tenu à être présent près d'elle pour faire cette surveillance même si elle lui avait déjà promis de le rencontrer durant la soirée.

Depuis l'écran de son bâton qui grossissait sa vision, son partenaire suivait les interactions des deux filles et de Sabrina également présente. Mais l'héroïne n'était pas du tout concentrée. Elle, elle regardait ChatNoir.

Et si elle lui disait qu'elle l'aimait, là, tout de suite? Si elle l'embrassait, lui disait qu'elle savait tout et que la raison pour laquelle elle l'avait toujours repoussé avec le masque était son immense amour pour lui lorsqu'il n'en portait pas?

Les héros de Paris seraient un couple. Des tas de personnes seraient heureuses. Probablement que ChatNoir le serait aussi. Mais d'un autre côté, il y avait le Papillon. Et peut-être aussi que ChatNoir serait déçu de découvrir qu'il n'y avait finalement que Marinette, son amie sous le masque et pas Ladybug, la fille qu'il aimait. Et elle l'aimait depuis si longtemps sans jamais avoir rien dit! Et si jamais il lui en voulait de l'avoir laissé à se morfondre. Elle avait elle-même insisté pour garder leur identité secrète auprès de lui.

Soyons réalistes, il y avait plus de chance pour l'un et l'autre d'être akumatisé en étant séparé qu'un formant un couple. Si par exemple, les deux chipies qu'ils observaient réussissaient à former une alliance et faisaient de sa vie un enfer, elle savait pertinemment qu'elle se tournerait vers ChatNoir ou Adrien.

Et il avait été contrôlé trois ou quatre fois durant les combats, mais jamais, même lorsqu'il n'était plus que haine n'avait-il quitté le combat pour aller chercher un otage comme Alya ou un parisiens qu'elle avait pour mission de protéger. Ce n'était simplement pas lui de faire ça.

Tout était si logique dans sa tête, tout plaidait pour qu'elle lui parle, mais ce blocage, ce bouchon ne voulait pas sauter.

« Est-ce que tu m'aimerais toujours si je n'étais pas courageuse? »

Seul un minuscule pincement de lèvres de ChatNoir fit comprendre à Ladybug qu'elle avait encore verbalisé ses inquiétudes suffisamment fort pour qu'il les entende.

« Je n'arrive simplement pas à imaginer que tu ne sois pas courageuse. Le courage, ce n'est pas l'absence de peur. C'est la capacité à les affronter. Si un jour, tu avais peur et que tu refusais d'y faire face. Si tu cessais de chercher comment la vaincre, que tu refusais mon aide. Je crois que je t'en voudrais mais je ne sais franchement pas si je cesserais de t'aimer parce que je ne l'ai pas encore vécu. Je crois que c'est la réponse la plus honnête que je pouvais te faire mais permet-moi d'ajouter que mon souhait le plus cher est d'être là lorsque tu as peur. D'être à tes côtés pour affronter les difficultés. »

Bruits et perturbations

Adrien était dans la cour de son école. Il écoutait Nino discuter avec Ivan des Zombies de la mort, le groupe préféré d'Ivan.

…du moins en apparence. Parce que depuis qu'il avait vu Marinette éclater de rire en parlant avec Mylène quelques minutes auparavant, il était persuadé qu'il n'existait rien au monde de plus joli à regarder que ce rayon de soleil qui frappait intensément sa chevelure brillante.

Et lorsqu'elle riait, les battements du cœur du jeune homme s'accéléraient pour suivre le rythme des éclats cristallins de ce son joyeux.

Mais, non. Il n'était pas amoureux. Impossible. Son cœur appartenait tout entier à sa Lady. Elle était partout autour de lui. Chaque éclat de couleur rouge lui rappelait la fille qu'il aimait. Elle était aussi dans tous les souvenirs qu'il partageait avec elle de chacun de ses amis qu'ils avaient sauvés ensemble. Même les murs de cette école lui rappelaient leurs combats.

Pourtant, les murs de cette école racontaient aussi tous les moments qu'il avait partagés avec Marinette. Le jour où il l'avait rencontré. Le jour où elle avait accepté son amitié. Le jour où il avait décoré les balustrades de la galerie avec elle.

Même le jour où ils avaient balayé le sol l'un près de l'autre sans dire un mot mais en échangeant des petits sourires timides avait une importance particulière pour lui.

Il n'avait aucune difficulté à la regarder du coin de l'œil sans être découvert mais deviner ce qu'elle pensait maintenant était plus compliqué.

Elle parlait avec Alya maintenant mais, elle ne riait plus. Elle semblait soucieuse tout en le regardant.

Adrien aurait pu penser qu'elle était encore blessée si son attitude était un indice mais, Alya, pour sa part, rigolait. Adrien en déduisit qu'elles parlaient à nouveau de lui. Et qu'elles préparaient probablement une autre déclaration amoureuse.

C'est que Marinette entretenait un sentiment amour-haine envers lui. D'une certaine façon mystérieuse, Adrien était presque certain que Marinette aimait une partie de lui mais en détestait tout de même une autre partie. Comme si elle détestait le fait de l'aimer malgré elle.

Peu importe, pour sa part, Adrien était déjà amoureux et en aucune façon, il ne pouvait succomber à ses sentiments pour Marinette. Plus il se tenait loin d'elle, mieux son cœur se portait. En particulier lorsqu'elle s'apprêtait à le couvrir de compliments juste avant de se dédire et de faire ainsi chavirer son cœur sur les pire montagnes russes.

Heureusement pour Adrien, malheureusement pour Marinette, Nino reprit avec enthousiasme la conversation avec son meilleur ami, interrompant ses pensées sombres et les intentions de la jeune fille.

La professeure de science l'accapara une partie de la pause suivante et Chloé pour le reste.

Il rentra chez lui pour le dîner et il dû aller à la bibliothèque, à la salle de bain et à son casier à la pause suivante. Et donc, Adrien quitta ensuite le collège jusqu'au lendemain où l'histoire se répéta de nouveau.

Adrien était toujours entouré, occupé ou accaparé.

Et Marinette serrait les dents de frustration. Qu'importe qu'elle réunisse son courage ou non, l'occasion se ne présentait jamais.

Besoin d'aide

« Oh mais, me battre aux côtés d'une belle, formidable et géniale jeune fille vaut bien de se salir un peu. » répondit ChatNoir à Ladybug tout en retournant des balles de peinture avec son bâton vers l'envoyeur.

Par contre, les projectiles étaient si fragiles que le plus souvent, ils explosaient et les héros se retrouvaient couverts d'éclats multicolores.

L'akumatisé avait décidé d'entraîner la population parisienne dans une épique partie de paintball.

Chaque passant touché par une balle de peinture s'écroulait au sol comme si les balles étaient réelles et qu'elles les éliminaient de la partie.

« Comment tu fais ça? Ça semble si facile pour toi de déclarer tes sentiments. Moi, je ne sais plus du tout comment faire. J'ai déjà demandé de l'aide partout ailleurs.» se plaignit l'héroïne.

'Alors, c'était ça' pensa ChatNoir. Ce qu'elle voulait lui demander si désespérément sans pouvoir le dire. Elle voulait lui demander son aide pour se déclarer envers l'autre garçon.

Mais lui, l'aimait-il assez pour l'aider à aller vers un autre?

Ou se détestait-il assez pour ça?

ChatNoir était confus et agité. Il retourna à quelque chose de plus simple : bâton, balle de peinture, akumatisé.

Il pouvait faire ça un bon bout de temps. Il penserait à ses sentiments, ceux de sa Lady et ceux qu'elle avait envers quelqu'un d'autre plus tard.

Du moins c'est ce qu'il aurait voulu mais Ladybug semblait décidée à ramener le sujet sur le tapis pendant le combat. Pourtant ce n'était pas son genre, elle était plutôt concentrée sur son objectif normalement et pour une fois, il se dit que c'était ce qu'elle devait ressentir lorsqu'il déviait de la ligne droite pour viser leur objectif par un chemin détourné.

« Écoute » l'interrompit-il finalement à contrecœur « Si c'est important ou que ça te tient vraiment personnellement à cœur. Tu trouveras facilement la force de tout dire. »

« Mais c'est important, et ça me tient à cœur. Et ça changera complètement nos vies. Mais je n'y arrive juste pas! Il y a un blocage, comme un bouchon dans ma gorge. »

L'akumatisé lança une plus nombreuse giclée de peinture au hasard avant de s'enfuir pour couvrir sa retraite.

Ladybug, pour une fois dérangée dans sa concentration, réagit trop tard, pour toutes les stopper.

Heureusement, ChatNoir, habitué à réagir malgré toutes les distractions autour de lui, choisit de la plaquer au sol et toutes les balles passèrent au-dessus d'eux.

« Si une peur ou un doute te bloquent ma Lady, rappelle-toi que c'est ce qu'ils sont de la peur et du doute pas de vrais obstacles. Des illusions. Ton objectif se trouve derrière, c'est ça qu'il faut viser. Tu ne dois pas mettre le focus sur l'obstacle, ignore-le plutôt et fonce comme s'il n'existait pas.»

L'akuma vaincu et la ville purifiée, les boucles d'oreille et la bague émirent un premier avertissement.

Les héros se félicitèrent et ChatNoir captura la main de Ladybug mais pour une fois, il ne la porta pas à ses lèvres. Il ne fit que la serrer.

« J'accepte. Je vais t'aider. »

Le regard calme et fort de ChatNoir croisa celui incrédule et ému de Ladybug. Elle hocha la tête et travailla très fort pour garder ses larmes.

« Fais un jeu de mot. » dit ChatNoir.

Ladybug le regarda incrédule. « Quoi? » demanda-t-elle avec un sourire détendu.

« Je sais que tu n'as pas beaucoup de sens de l'humour mais d'inventer un jeu de mot pour toi-même juste avant de te déclarer fera tomber ton stress. »

Le sourire de Ladybug s'épanouie : « Je tiens à ce que tu saches que j'ai un très bon sens de l'humour …mais je déteste les jeux de mots. Ils n'auront jamais autant de classe que les blagues!

ChatNoir croisa les bras prêt à entrer dans son jeu. « Vraiment? Alors, dis-m'en une si c'est si bien? » défia-t-il.

« Qu'est-ce qui monte et descend les marches du matin au soir? » questionna-t-elle.

« Je ne sais pas. Dis-moi tout. » obtempéra le garçon qui pensait marches, escaliers et troisième avertissement de sa bague.

« Un chat qui trouve que sa gamelle est trop loin de son coin sieste préféré. » dit-elle triomphalement.

Le rire qui émana de ChatNoir ressemblait plus à une toux mais son sourire était définitivement présent. « D'accord, d'accord c'est pas mal. Mais tu ne m'as toujours pas convaincu sur la supériorité des blagues face aux jeux de mot. »

« Alors, que dis-tu de celle-ci? » demanda-t-elle avec son dernier avertissement en tapant sur son épaule. « Touché! C'est toi le chat! » et elle s'enfuit en riant.

'Qu'est-ce qu'elle est mignonne!' pensa-t-il. Et il réalisa que c'était la première fois qu'il le pensait d'elle. Il la trouvait belle, formidable, parfois joli mais normalement lorsqu'il pensait à une fille mignonne, il pensait plutôt à Marinette.

Je te connais

Tout le groupe était en classe de sport, dans la cour intérieure de l'école, deux équipes s'affrontaient au volley ball. Adrien était juste devant Marinette.

La jeune fille pensait à son chat qui montait et descendait l'escalier. Elle rêvassait en imaginant Adrien se rouler dans une montagne de coussin envahie par le soleil puis descendre l'escalier pour aller prendre une collation avant de retourner faire la sieste. L'image était adorable et réconfortante.

« Je te connais. » dit-elle dans son dos. Et Adrien se retourna pour savoir à qui parlait Marinette pour découvrir que c'était à lui qu'elle s'adressait.

« Je te connais. » répéta-t-elle plus fermement maintenant qu'elle s'était lancée. « Je sais qui tu es. Mais toi, tu ne me connais pas. Tu ne sais pas qui je suis. »

Les joueurs autour d'eux, intrigués arrêtèrent le jeu. Pour une fois, Marinette parlait calmement à Adrien. Mais comme toujours personne n'y comprenait quoi que ce soit.

« Et je le voudrais vraiment au fond de mon cœur. Je voudrais arrêter de me cacher derrière un mur. Mais il y a quelque chose qui m'empêche de te dire qui je suis. Et tout est ma faute, parce que j'ai honte d'avoir gardé mes distances avec toi. J'ai moi-même placé cet obstacle entre nous. Mais, je devais vraiment, vraiment beaucoup te dire que je sais qui tu es. Tu vois, c'était vraiment injuste que tu ne le saches pas. Je suis désolée d'avoir hésité avant de te dire que je savais qui tu étais. »

« Ne le soit pas. Il n'y a aucun mal. Parce que, et bien parce que c'est toi. Et, qu'on est amis, amis proches. Tu vois, c'est simplement, que j'ai confiance en toi. Et je préfère être honnête avec mes amis. Je suis content que tu me vois tel que je le suis plutôt que celui que je montre aux médias. Mais je dois t'avouer que je te connais plus que tu ne le penses, parce que même si tu gardes tes distances avec moi, je te vois tout de même de loin.» lui assura-t-il chaleureusement.

« Oui » lui répondit Marinette, les yeux dans le vague pendant que les élèves reprenaient la partie. « Euh, non, attends, tu n'as pas compris. » bafouilla-t-elle faiblement.

Mais Alya près d'elle lui souffla : « Hey! C'était très bien. C'était un beau moment touchant. Laisse ça en état et tu ressaieras plus tard. »

Facilité

ChatNoir était honteux et nerveux. Pour éviter de blesser une vieille dame durant le combat, il s'était retourné en plein vol et s'était mal réceptionné. Du coup, l'akumatisé avait profité de sa chute pour l'atteindre et le changer en statue vivante et inanimée comme les autres victimes. Par contre, il avait entendu tout ce qui se passait autour de lui. En le voyant inoffensif, le vilain s'était moqué de lui et ce qu'il avait dit l'avait humilié devant Ladybug. En moins d'une minute, le papillon blanc repartait et le lucky charme de Ladybug ramenait tout le monde à la normal.

ChatNoir passa une main dans son cou, ayant une fois de plus l'impression d'être inutile à Ladybug et qu'il ne méritait pas ses félicitations. Mais elle atteignit sa main pour la serrer et ils ses regardèrent dans les yeux.

« Je t'aime. » assura-t-elle. Et ses mots changèrent la vie de ChatNoir de plus d'une façon.

« Tu, tu m'aimes bien ou amicalement ou… » s'enquit le héros.

« Non » fit-elle avec de la surprise dans son expression. « Je suis réellement amoureuse de toi. Waow. Je n'aurais jamais cru. Jamais en mille ans. » rougit-elle d'émerveillement.

« Je ne suis pas si difficile à aimer… » se rembrunit ChatNoir.

« Non, euh, je n'aurais jamais cru que ce serait si simple, facile et naturel de te dire ce que je ressens. Je n'ai jamais été capable de le faire avant. C'est si… libérateur. »

« Peut-être qu'avec cet autre garçon, c'était moins vrai… Ou peut-être que c'est avec moi que c'est moins réel. Est-ce que tu es certaine que c'est vrai? » s'inquiéta ChatNoir. Et si c'était un faux espoir?

« Je n'avais même pas l'intention de te le dire, c'est sortit tout seul. » précisa-t-elle en guise de preuve. «Et maintenant que je l'ai dit, c'est si évident et impossible à nier.»

« Et est-ce que ça veut dire qu'on peut être ensemble maintenant? » demanda-t-il avec espoir.

« Non, il reste encore un dernier obstacle à franchir avant. Sauf que puisque je n'ai pas pu attendre pour te parler de mes sentiments, ça va être encore plus compliqué que prévu pour être avec toi, j'imagine. Le plan que j'avais conçu ne fonctionnera pas. Et il me reste toujours à découvrir comment réussir à dire à ce garçon, ce que je dois absolument lui dire sinon, on ne pourra pas être ensemble toi et moi.» expliqua-t-elle très embarrassée de la situation.

Elle releva ensuite la tête avec un tendre regard amoureux. «Mais Chaton, tu ne dois pas perdre espoir. Parce que peu importe combien la route est longue et remplie d'obstacle, je sais que toi et moi on sera merveilleusement bien ensemble lorsqu'on sera réunit. Je sais que je serai heureuse auprès de toi. Parce que, si tu es heureux, je le suis aussi. Et mon amour pour toi me donne tellement de volonté pour te rendre heureux. Je t'aime complètement tel que tu es.»

ChatNoir n'en revenait pas d'entendre un tel discourt de sa Lady. S'il devait simplement attendre un peu avant qu'elle puisse être avec lui, il était prêt à attendre. «Ne t'en fait pas, je serai patient. Parce que je t'aime vraiment beaucoup et que j'ai confiance en toi.»

Le dernier avertissement pour Ladybug se fit entendre juste avant qu'elle ne lui réponde.

« Ma boucle d'oreille! Je n'y ai pas prêté attention.» s'épouvanta-t-elle.

« Il ne te reste qu'un point. » prévint-il.

« Je te dis bonne nuit dans ce cas, chaton. »

La fleur

Une nouvelle journée commençait pour la classe de troisième où prenait place Adrien et Marinette. La jeune fille était pleine d'espoir parce qu'elle se sentait calme, détendue et résolue.

Peu importe ce qui se passerait ce jour-là, elle avait l'impression que ce ne pouvait pas être mauvais. Elle se sentait… chanceuse.

Elle arriva dans sa classe où le soleil rayonnait par les hautes fenêtres. Tous ses amis étaient en pleine forme et Adrien lui fit un grand sourire lorsqu'elle entra les rejoindre.

La professeur entre juste derrière elle et débuta la journée en saluant chaleureusement ses élèves.

« Bonjour madame » lui répondirent-ils.

« Je vous laisse quelques instants pour dire quelques mots gentils à vos voisins. » proposa-t-elle comme tous les matins.

Adrien salua Nino d'un bon mot puis, il se tourna vers Marinette mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, elle prit les devants.

« Adrien, j'ai quelque chose de très important à te dire. » fit-elle d'une voix très sérieuse.

Alya sursauta. Mylène attira l'attention d'Alix sur leur voisine mais ce n'était pas nécessaire, Alix regardait déjà également. Contrairement à ses habitudes, Marinette avait parlé à Adrien d'une voix confiante et forte.

« C'est à propos de la fleur que tu m'as offerte. » se lança la jeune fille.

« La fleur? » demanda Adrien confus, ne voyant pas de quelle fleur elle parlait.

« Oui. D'abord, je voudrais te remercier de me l'avoir offerte. Et aussi d'avoir prit soin de la protéger pour qu'elle m'arrive intacte. Ensuite, je voudrais te dire que je l'ai vraiment beaucoup aimé. Je la trouve magnifique et son parfum sent merveilleusement bon. Et elle est tellement belle et tellement délicate! J'adore cette teinte de rouge. Et ce qui est drôle, c'est que j'adore les fleurs mais que je ne connaissais pas celle-là, alors j'ai cherché son nom. »

À ce stade, tous les élèves écoutaient le discourt emprunt d'émotion de Marinette. Tous ceux qui étaient dans la classe n'aurait pu dire pourquoi mais il était clair que l'affaire était sérieuse.

« Alors, ce que je voulais te dire à son sujet, c'est que j'ai tant aimé respirer son parfum que les pétales commençaient à se froisser. J'ai donc utilisé de la résine transparente et j'ai minutieusement replacé chaque pétale dans une position naturelle. Ensuite, j'en ai fait un collier. Et je compte le garder toute ma vie. …En souvenir de toutes ces formidables aventures. Il y a longtemps que je ne serais plus là sans toi. »

Adrien sourit doucement et répondit avec un grand calme.

« Je t'en offrirai d'autres si tu veux. Ou mieux encore tu pourrais venir les voir chez moi. Ce sont celles qui poussent au pied de la statue en hommage à ma mère. Je ne pourrais pas imaginer une plus grande preuve d'amour que ta confiance en moi. Je… Je t'aime moi aussi. »