Bonjour à tous ! Comme un grand nombre de gens, me voici confinée… Mais je n'ai pas plus le temps d'écrire qu'avant, car j'ai deux fois plus de boulot ! Aussi, je remercie tous ceux qui publient plus souvent pour nous distraire !
Et j'apporte ma contribution avec cet OS, qui sera le premier d'une série de petites histoires sans liens les unes avec les autres, et qui seront toutes des hypothèses.
C'est aussi un cadeau pour l'anniversaire de Lily Jem, désolée du retard….
Comme d'habitude, je précise que je ne fais que me servir d'un matériel qui existe et qui n'est pas à moi.
Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser un petit mot à la fin pour me faire plaisir !
Et si…
La mère de Tom n'était pas morte.
Planté sur le quai 9 ¾, le petit garçon s'efforçait de ne pas montrer à quel point il se sentait perdu. Il était furieux. D'abord, les lettres de sa mère auraient pu être bien plus complètes. Il manquait un nombre incroyable de précisions utiles, telles que « pour arriver sur le quai, il faut passer à travers le mur » ou « tu trouveras tes fournitures scolaires à Londres sur le chemin de Traverse ».
A cause de ce manque de détails, il était là, seul, en retard et sans affaires.
Cette femme était complétement incompétente, et la question vraiment importante en ce moment était de savoir comment Dumbledore avait bien pu croire qu'il s'en sortirait sans son aide.
Il avait compris qu'il fallait foncer dans le mur en voyant un flot de parent en sortir. Et lorsqu'il avait réussi à traverser, ça avait été pour voir le train partir. Un homme lui avait alors annoncé qu'il avait loupé le train et qu'il devait à présent attendre le portauloin prévu pour les élèves retardataires.
Et puis il avait levé un sourcil avant de lui demander ou était ses affaires.
C'est à ce moment qu'une angoisse profonde avait envahi le garçon.
Il n'avait PAS d'affaire.
Le foyer ne lui avait pas donné l'autorisation de se rendre seul à Londres, sa mère n'avait pas pu sortir de l'hôpital, et personne ne lui ayant laissé de chouette, il n'avait pas pu prévenir Poudlard.
Il pourrait aller maintenant acheter ses fournitures, s'il savait où aller.
Et puis, il n'avait pas non plus d'argent. En résumé, il était seul, en retard, sans affaires et sans argent. Parfait.
Lorsqu'un employé de la gare l'interpela, il recula d'un pas devant l'œil noir du garçon, avant de se reprendre. Ça n'était qu'un enfant. Malgré tout, il se méfia, le surveillant jusqu'à ce qu'ils arrivent devant le guichet des transports pour Poudlard. Et il le laissa là avec soulagement.
Le professeur Dumbledore s'était douté que la mère de Tom était plutôt négligente face à son rôle de parent. Il n'avait cependant pas pris la mesure de son incurie.
L'enfant n'avait aucun bagage, pas de fournitures, pas de vêtements, pas de baguette. Il avait été laissé seul face à l'inconnu, sans aucune précision utile. Elle aurait aussi bien pu l'abandonner à la naissance, il s'en serait aussi bien sorti.
Heureusement, le chef de gare avait suivi la procédure et lui avait envoyé un hibou.
Mais l'orgueil de l'enfant était profondément atteint. Et voir que c'était l'un de ses professeurs qui devait l'emmener faire ses achats n'avait pas amélioré son humeur. Pas du tout.
Le jeune Tom avait les sourcils froncés depuis déjà une heure. Les mains dans les poches et trainant des pieds, il avait suivi Dumbledore comme à regret.
Il devait avoir froid, sans manteau. Ses cheveux trop longs et ses vêtements vieillots ne l'arrangeaient pas. Madame Guipure allait avoir du travail.
Ding-Ding !
Cela faisait déjà une heure bien tassée que le professeur et l'enfant arpentaient le chemin de traverse en tous sens lorsqu'ils poussèrent la porte qui fit sonner une petite clochette invisible dans le magasin.
Le professeur Dumbledore avait laissé Tom entrer seul, arguant que cet achat était le plus personnel de tous.
Un vieil homme parut, lui jeta un regard bref avant de faire venir à lui trois boîtes en carton, de forme allongée.
Il lui fit signe de se saisir de la baguette dans la première boîte, la lui reprit aussitôt des mains et lui en donna une autre. Et le miracle eut lieu, encore une fois, comme à chaque fois qu'un sorcier saisissait sa baguette pour la première fois.
Lorsque Tom ressortit avec la boite bien enveloppée, il la tenait si fort qu'on aurait dit qu'il craignait qu'elle ne s'envole. Et c'était probablement le cas gloussa intérieurement Albus.
« Gaunt, Tom ! »
« Serpentard ! » s'exclama le choixpeau.
Les vert et argent virent un garçon maigre, l'air pas commode avec ses sourcils froncés s'avancer vers eux.
Ils étaient sceptiques. A la fois le gamin venait d'une grande famille et à la fois tout le monde savait que sa mère était folle. Le scandale de sa naissance n'était pas non plus en sa faveur.
Walburga, Lucretia et Alphard Black, ainsi que Abraxas Malfoy avaient décidé d'attendre avant de se faire une opinion de lui. Il pourrait aussi bien être un poids qu'un atout et prendre un temps d'observation serait, quoi qu'il arrive, profitable.
Contrairement à ce qu'ils avaient craint, Gaunt était correctement vêtu, et ses livres étaient neufs.
Il avait des lacunes, bien sûr, mais pas sur les sujets importants. Il ne s'était pas trompé sur les familles sang-purs des élèves de sa maison, il avait de bonnes connaissances théoriques en potion (ce qui faisait ricaner bêtement pas mal de monde, et il avait reçu quelques demandes pour des filtres d'amour…).
A la fin de la première année, il était admis qu'il ne fallait pas chercher à s'approcher du jeune garçon, mais qu'il était encore plus dangereux de se le mettre à dos.
A force de travail et de nuits blanches, il était arrivé à avoir un très bon niveau de pratique et dès les vacances d'été, faisant fi des interdictions du ministère, il avait utilisé la baguette de sa mère pour améliorer sensiblement ses conditions de vie.
A la fin de la deuxième année, familiarisé avec la magie, il devint l'un des meilleurs élèves de sa promotion. Lorsqu'un jour, Abraxas voulut savoir dans quel but il se donnait autant de mal, il s'entendit répondre qu'il avait une revanche à prendre, et qu'il voulait par-dessus tout que son oncle entende parler de lui, qu'il le rappelle dans la famille puisque son grand père était mort et ne pouvait le faire. Il voulait avoir le plaisir de refuser.
C'est lors de sa troisième année que la notoriété de Tom s'affirma.
Il avait découvert assez tôt la passion d'un jeune gryffondor, Rubeus Hagrid, pour les bestioles en tout genre. Avec lui, et sous le nez de Dumbledore et Slughorn, ils avaient introduit des araignées géantes dans la salle commune des serdaigles, puis terrorisé des poufsouffles avec des croups.
Si Tom mettait de la malice dans ces farces, Hagrid était à chaque fois persuadé que les autres élèves pouvaient eux aussi se prendre d'affection pour les animaux qu'ils introduisaient.
C'est ce qui convainquit son aîné de lui accorder un privilège.
Un week-end de Pré-au-Lard, plutôt que de sortir, Hagrid le suivit dans les toilettes des filles et le vit disparaitre dans un étroit passage. Suivant les instructions, il attendit jusqu'à ce que soudain apparaisse devant lui un énorme serpent, avec des crocs saillants et de magnifiques écailles.
Présenter son basilic à cet amusant lourdaud n'était pas un acte désintéressé. En effet, Mérope avait décidé qu'il devait rentrer pour les vacances, et quelqu'un devait bien s'occuper du serpent à présent qu'il était réveillé.
Nagini (il avait fallu donner un nom au basilic pour pouvoir en parler sans effrayer d'éventuels curieux) et Hagrid se prirent d'une très forte amitié, au point que même les araignées géantes passèrent au second plan. Tom voulut bien apprendre quelques mots de fourchelangue au demi-géant, avec une mauvaise grâce apparente.
Et peu à peu, malgré les précautions de l'un et l'autre, la rumeur de leur amitié perça les murs de la chambre des secrets.
Les élèves de serpentards commencèrent une guérilla discrète. Et comme il était dangereux de s'attaquer à Tom, ils attaquèrent Hagrid.
Mauvaise idée.
La colère de Gaunt lorsqu'il s'en aperçut fut telle que le professeur Slughorn dut intervenir pour mettre fin au sortilège qu'il lança dans la salle commune et qui faisait fuir le plafond et les murs, laissant un fond d'eau croupie baigner les pieds des fauteuils.
Les Black prirent une décision radicale dès cet instant. Ils classèrent Tom dans la catégorie « infréquentable ». Des trois, seul Alphard eut des scrupules, parce qu'il lui paraissait insensé de se priver de celui qui deviendrait certainement un grand sorcier. Mais la majorité devait l'emporter, et il se rangea derrières les autres. Officiellement.
Malfoy prit également ses distances. Officiellement.
Mais dans le même temps, l'antre du basilic devint un lieu populaire.
Le basilic en vint même à se plaindre du bruit et du nombre de passage. On pouvait voir Tom et Hagrid discuter d'animaux fantastiques en se partageant le dernier livre de Scamander, Alphard brasser une potion sous l'œil amusé d'Abraxas qui s'entrainait aux sortilèges de défense.
D'autres élèves vinrent compléter l'équipe. Des serdaigles comme des poufsouffles, quelques gryffondors aussi, entrainé par Hagrid.
Les années passant, les affinités se firent moins discrètes. Dans une pièce adjacente à la chambre, les plus âgés dispensaient des cours de soutien aux plus jeunes et bientôt, le nombre d'élève dépassa la capacité d'action des jeunes professeurs.
Tom pris la décision de créer officiellement un club à Poudlard.
Le directeur Dippet accepta sous la pression de Dumbledore.
Sept ans après son entré à Poudlard, alors que Tom Gaunt attendait le train sur le quai 9 ¾ ou il était arrivé à l'heure et sans encombre, accompagné de sa mère et muni de tous ses bagages, arriva l'évènement attendu depuis tant d'années.
Un homme dans le début de la soixantaine, mais paraissant plus âgé, s'avança vers lui. Ses vêtements, passés de mode, avaient l'air sale. Toute son attitude trahissait la gêne, mais il semblait vouloir compenser par une morgue mal placée.
Devant la foule de parents et d'élèves, il interpela celui qui s'avéra être son neveu. Il lui intima de reprendre place dans la famille et de laisser cette folle qui lui servait de mère.
Et devant la foule à présent silencieuse, Tom répliqua en reniant publiquement son oncle. Il assura sa mère de son soutien et donna à ses amis le rang de famille. Puis, alors que Morfin ouvrait la bouche pour lui ordonner de cesser son insolence, il lui tourna le dos, embrassa sa mère et monta dans le train.
Dans un wagon vide, on vit alors s'installer ensemble des élèves de tous âges et de toutes maisons.
Deux ans après avoir quitté la sécurité de Poudlard, Tom était de retour devant le château. Hagrid et lui avaient reçu un courrier leur annonçant qu'ils seraient reçus en entretien par le directeur Dumbledore, suite à leurs candidatures pour enseigner la Défense contre les forces du mal pour l'un et la faune et la flore sorcière pour l'autre.
Ils avaient hâte de commencer.
J'espère que ça vous a plus !
Si vous ne savez pas quoi lire, allez découvrir Ivresse, de Lily Jem !
