Une bête blessée.

[Challenge de mars 2020. UA Éléonora] : "Peter Pan avait tué sa fille. Et pour cela, pour ce crime, elle allait le tuer. Dans chaque version de l'histoire." Ou : Éléonora Cassidy et ses aventures dans différents univers parallèles. Genderbend, fem!Neal, fem!Hook & Dark!Neal. Hookfire. SwanQueen en fond.

ND'A : Alors, c'est un UA où Peter Pan a réussi à enlever Maïa et il l'a tuée parce que… parce que je voulais écrire une fic dark, encore. (Bon en fait Maïa remplace Henry ici.)

Ne tient pas compte des révélations de la saison 6 concernant la fée noire.

Qui est-ce qui écrit un OS UA de son UA au lieu d'avancer sur la fic principale ?

C'est Angie !

Ce texte a été écrit dans le cadre du challenge mensuel du Collectif NONAME, pour le défi de Nalou « L'animal que je suis devenu. »

T'arrive-t-il de ne pas te reconnaître, de perdre le contrôle de toi-même ? : Rarement.

Maintenant, Éléonora Cassidy savait parfaitement ce que ça faisait que de se faire arracher le cœur.

Oh, pas littéralement, non, mais ici et maintenant, alors qu'elle voyait son propre grand-père arracher le cœur de la personne la plus importante de sa vie, de sa propre fille, elle eut l'impression terrible que c'était sa cage thoracique à elle que l'enfant immortel était en train de fouiller, de triturer, impitoyablement, c'était comme si l'emplacement où aurait dû se trouver son cœur était vide désormais.

Comme si plus jamais elle ne réussirait à respirer normalement.

Et c'était le cas de son point de vue, ses poumons ne fonctionnaient plus à l'heure actuelle, oh que oui, c'était véritablement le cas, elle avait l'impression de brûler, d'étouffer, de suffoquer, et elle commença à se demander comment exactement ils en étaient arrivés là.

Elle était allée à Storybrooke, avec Emma et Maïa, elle y avait retrouvé son père, avait dû serrer les dents de nombreuses fois à cause des actes de Regina et de l'obstination d'Emma à ne pas croire en la magie (mais pouvait-elle vraiment la blâmer pour ça ?), avait suivit une thérapie (contrairement à Henry, elle, elle en avait vraiment besoin), avait aidé son amie à briser la malédiction, avait appris la mort de Hook par le biais de Smee – avait fait comme si ça ne l'affectait pas, n'avait jamais dit à Maïa qu'il était son père. C'était mieux comme ça – et s'était réconciliée avec son père.

Tout allait bien, Cora, la mère de Regina avait certes fait des siennes, mais elle avait été rapidement arrêtée par le Ténébreux, et tout était rentré dans l'ordre.

Et puis...

L'ombre était revenue.

Et cette fois-ci, elle lui avait pris Maïa...

Grâce au géant Anton, ils étaient parvenus à utiliser un des haricots magiques qu'il avait faits pousser (prévoyant d'en utiliser un autre pour le retour), pour se rendre à Neverland, et affronter Peter Pan, mais...

Mais ça n'avait pas été suffisant...

Cette fois-ci, les choses étaient différentes.

Cette fois, Peter Pan avait trouvé l'enfant qu'il cherchait...

Et il n'allait certainement pas la laisser partir.

Si Éléonora avait cherché à savoir pourquoi elle précisément, elle aurait probablement entendu ce que Peter avait dit à Maïa elle-même, une histoire d'enfant possédant le cœur du plus pur des croyant, l'enfant qui pourrait sauver Neverland et la magie...

Tout ça, c'était des foutaises, rien de plus.

Rien que des conneries...

Parce que Peter Pan était beaucoup de choses, et surtout, c'était un menteur.

Il n'avait pas besoin du cœur du plus pur des croyants pour pouvoir continuer à survivre pour toujours, seulement d'un enfant qui soit un de ses descendants, avec un fort potentiel de magie (et si ce dernier était le produit du véritable amour, alors c'était encore mieux), il lui fallait son sang, sa chair pour ne pas mourir, et ça rendait tout ça encore plus terrible, d'autant plus monstrueux...

Il fallait quelqu'un qui puisse croire en la magie, aussi, et Éléonora avait été bien trop meurtrie à cause d'elle à l'époque où elle se nommait encore Isadora pour en être encore capable, voilà pourquoi il l'avait laissée en vie, l'avait laissée repartir.

Alors il avait attendu, attendu que la malédiction soit lancée, attendu qu'enfin sa petite-fille s'échappe de son enfer, puis qu'elle donne naissance à sa fille, et il avait envoyé son ombre pour l'enlever.

Il avait échoué la première fois, Éléonora ayant surpris sa présence, et réussissant à la chasser...

Il y était parvenu la seconde fois, et voilà pourquoi ils étaient ici.

Pour sauver une enfant innocente des griffes d'un monstre.

Et ça n'avait même pas été suffisant.

Que pouvaient-ils faire face au maître de Neverland, là où même Gold se révélait ne pas être assez puissant contre lui ?

Maïa Cassidy avait onze ans, ce n'était encore qu'une enfant, elle n'était pas encore assez puissante pour le battre, alors quand la main de son arrière-grand-père s'était enfoncée dans sa poitrine, elle n'avait rien pu faire.

Il lui avait arraché le cœur...

A elle, son arrière-petite-fille.

Et il l'avait placé dans sa propre poitrine.

C'était à ce moment précis que, alors que Maïa s'écroulait sur le sol, Éléonora Cassidy s'était mise à hurler à plein poumons.

Alors qu'elle restait là, assomée par la douleur et l'horreur de ce qu'il venait de se passer, elle vit Regina et Rumplestiltskin se diriger vers Maïa et lancer un sortilège afin de permettre à son corps de tenir le coup encore un peu malgré l'absence forcée de l'organe vital qui aurait dû battre en elle, tandis que Peter Pan s'éloignait, pas encore habitué à avoir ce corps étranger dans le sien.

Elle l'avait regardé partir, et, l'hébétement finissant enfin par disparaître, ne restait plus que la colère maintenant.

« Combien de temps on a ? Parvint-elle par miracle à demander à son père, sans que sa voix tremble trop.

- Une heure maximum, répliqua le Ténébreux. Son corps ne tiendra pas plus longtemps.

Éléonora avait hoché la tête, essayant de ne pas pleurer.

Soit, une heure...

C'était parfaitement suffisant.

Ça devait l'être, que les Dieux en soient damnés dans le cas contraire.

- Bien, très bien... Je vais reprendre le cœur de ma fille à ce salopard, même si je dois le lui arracher moi-même. »

(Pour la première fois de sa vie depuis ses quatorze ans, Éléonora Cassidy regretta sincèrement de ne pas pouvoir en être capable...)

§§§§

Jamais, depuis qu'elle la connaissait, Emma Swan n'avait vu une lueur pareille dans les yeux de sa meilleure amie et ancienne petite-amie, un mélange de feu, de flammes et de haine pure, qu'elle n'avait vu que chez des gens comme Rumplestiltskin ou Regina, une volonté de se battre plus forte que tout, capable de tout balayer sur son passage, qui en devenait presque dangereuse.

C'était comme si la bête, l'animal qui était en elle était soudainement en train de se réveiller.

Elle ne la reconnaissait plus.

Elle n'était pas la fille du Ténébreux pour rien après tout...

Elle n'avait peut-être pas sa magie, mais elle avait sa colère.

Et gare à Peter Pan si jamais sa colère fondait sur lui.

§§§§

Ça non plus, ça n'avait pas été suffisant...

Rien ne l'avait été en vérité.

La magie de Regina, celle de Rumplestiltskin, de Clochette, d'Emma, en train de s'éveiller lentement, le courage de Snow-White et David, la force d'Éléonora...

Ils n'avaient pas pu...

Ils n'avaient pas réussi à sauver Maïa, à empêcher Pan de s'approprier son cœur pour toujours, à devenir immortel pour toujours, ne dépendant plus de l'île et de son pouvoir, étant désormais capable de sévir encore et encore sur cette île de malheur, et...

Et Maïa était morte.

Éléonora avait hurlé, encore, lorsqu'elle avait senti les bras d'Emma l'enserrer, la forcer à les suivre, tandis qu'ils ouvraient un passage vers Storybrooke pour échapper aux Lost Boys, malgré ses suppliques, tout ce qu'elle voulait, c'était qu'on la laisse sauver sa fille, seulement cela, rien de plus, c'était son enfant, elle ne pouvait pas la laisser rester morte, ne pouvaient-ils donc pas comprendre ?

Oh, ils comprenaient, ils comprenaient trop bien, mais ils étaient les seuls assez lucides et à ne pas être aveuglés par le chagrin pour admettre qu'ils avaient perdu.

Elle avait encore hurlé en tombant dans le portail.

Elle avait hurlé plus tard, à Storybrooke.

Elle avait pleuré, aussi.